vendredi 21 avril 2017

La « Marine Le Pen » allemande jette l’éponge

Frauke Petry subit exactement le sort qu’elle avait réservé au fondateur du parti « AfD » Bernd Lucke – elle s’est faite désavouer. Maintenant, elle déclare prendre sa retraite.

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Lorsque l’extrême-droite ne sait pas si elle doit adopter des positions d’extrême-droite ou d’ultra-droite, elle a un problème. Et ce genre de problème est généralement l’occasion pour les extrémistes parmi les extrémistes de tenter un « putsch ». Frauke Petry , la chef de l’AfD, avait réussi le sien lorsqu’elle avait éjecté de son parti, le fondateur de l’AfD, Bernd Lucke. Mais sa joie n’était pas de longue durée – maintenant, ce sont les ultra-extrémistes qui ont eu raison d’elle. Dans la course à la nomination pour les élections législatives au mois de septembre, Frauke Petry s’avoue vaincue et ne sera pas candidate, « ni à titre individuel, ni dans une équipe de candidats ». Comment doit-on comprendre cette évolution ?

Frauke Petry, c’était la « Marine Le Pen allemande ». Tristement célèbre pour des propositions comme celle de tirer sur des réfugiés qui tenteraient de franchir clandestinement la frontière allemande, le reste de son parti estimait qu’elle n’était pas assez radicalement à l’extrême-droite. Ce sont les vieux hommes du parti, souvent avec un passé dans le parti NPD, qui prennent maintenant les commandes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, mais l‘extrême-droite allemande glisse encore davantage vers la droite, se rapprochant ainsi de mouvements comme la « Pegida » qui porte la violence xénophobe dans les rues allemandes. Si Frauke Perty avait récemment essayé d’imiter sa collègue française en tentant de dédiaboliser son parti, cette nouvelle orientation n’était pas du goût des vieux hommes du parti qui eux, défendent des positions ouvertement antisémites, xénophobes et « völkisch », utilisant sciemment une terminologie des nazis, cherchant des votes parmi cette frange de la population qui rêve toujours d’un « Reich » de 1000 ans.

Au niveau électoral, le retrait frustré de Frauke Petry risque d’affaiblir davantage ce parti qui, après un essor fulgurant, commence déjà à s’effriter. Désormais, ce ne seront plus que les électeurs à tendance néo-nazi qui voteront pour l’AfD et les « électeurs de protestation », nombreux, se rabattront certainement sur des partis de la droite bourgeoise.

Dès qu’il faut discuter contenus, l’extrême-droite a un vrai problème. Fort en slogans, l’AfD peine à présenter un programme politique digne de ce nom – mais pour les électeurs, il ne suffit plus d’être simplement contre tout. L’AfD, c’est le parti qui est contre le monde politique, contre les étrangers, contre les médias, contre l’Europe, mais comme dans d’autres pays, ces extrémistes n’ont aucune idée comment diriger un pays.

Après le mauvais score de l’ami néerlandais de Frauke Petry, Geerd Wilders, et après le mauvais score aux élections régionales en Sarre, l’AfD a perdu sa dynamique. C’est rassurant que ce parti s’auto-dévore, car les électeurs n’apprécient pas ce genre de manque d’orientation politique. Maintenant que les vieux qui rêvent d’un 4e Reich prennent les commandes, l’AfD s’auto-disqualifie aux yeux des électeurs et ceci est donc une bonne nouvelle. Il faut croire que sur l’échiquier politique en Allemagne, il n’y a pas vraiment de la place pour des formations qui défendent des idées proche des néonazis. Tant mieux ! (selon "Eurojournalist")

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dimanche 16 avril 2017

Le SMS le plus cher du monde : 31000 €

Un assistant parlementaire du FN payé 31 000 € pour un SMS ?

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Laurent Salles, assistant parlementaire du député européen Louis Aliot -le vice-président du Front national et compagnon de la présidente- de juillet 2014 à février 2015, n’aurait échangé qu’un seul SMS avec son "employeur" au cours de cette période.

Selon l'Obs, hormis cet échange du 5 septembre 2014 à 14h38, aucun courrier, ni même aucun e-mail entre l’assistant et le député n’a été retrouvé par les enquêteurs qui soupçonnent des emplois fictifs du FN au Parlement européen.

Trahi par une "badgeuse"

Par ailleurs, l’analyse de la "badgeuse" installée au siège du parti, à Nanterre, montre que, lors de sa dernière semaine de travail comme assistant parlementaire, Laurent Salles s'est présenté au bureau tous les jours entre 9 heures et 23 heures. Louis Aliot n’a été présent dans les locaux que deux journées au cours de ce laps de temps.

Laurent Salles, rémunéré au total 31 000 euros pour ses fonctions au sein du Parlement, était également, en même temps, conseiller municipal à Suresnes, s’était présenté aux élections cantonales en 2015, et figurait dans l’organigramme du FN comme assistant de Yann Maréchal-Le Pen, une des filles de Jean-Marie Le Pen.

Le cas de cet employé est examiné comme une vingtaine d’autres dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en décembre dernier par le parquet de Paris, pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé.

Dans cette procédure, Marine Le Pen, en pleine campagne présidentielle, a refusé d’être entendue.

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samedi 4 mars 2017

Char de Sundhouse, un coup monté !

Des français de souche avec siège social en Inde !

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Les premiers à diffuser l'information concernant l'affaire sur internet ont été les responsables du blog "François Desouche" ou "fdesouche", d'origine identitaire et d'extrême-droite. Le créateur de ce blog est un certain Pierre Joris Sautarel bien connu dans les milieux du FN et de Marine Le Pen ! Car, il est l'ancien webmaster du site du FN, candidat-suppléant FN aux législatives de 2007 en Seine-et-Marne. 

Fdesouche, c’est lui. Inconnu du grand public, Pierre Sautarel n’en est pas moins le principal animateur du site le plus connu de la «fachosphère». Ancien membre du kop Boulogne au Parc des Princes, passé par le FN et le Mouvement national républicain de Bruno Mégret, Sautarel a aussi été salarié du FN de 2006 à 2011, participant à la cellule Internet du parti. C’est en 2005 qu’il a lancé fdesouche: le site, qui se présente aujourd’hui comme une compilation anxiogène de faits divers liés à l’islam et à l’immigration, revendique un million de visites par mois. 

Pourtant, ce blog professionnel déclare son siège social à New-Delhi en Inde, avec un propriétaire du nom de Tilak Raj. Très certainement d'origine française, voire alsacienne. Mais au FN rien ne nous étonne plus : ne vient-il pas d'envoyer une délégation reçue par un ministre en RDC (République Démocratique du Congo). Il se dit d'ailleurs lui-même originaire de Lakhnau, la capitale de l’Uttar Pradesh où les musulmans représentent 20 % de la population. Il aurait 35 ans et habiterait un appartement de New-Delhi.

Les raisons de cette fourberie ?

Jusqu'en 2009, ce blog était d'ailleurs hébergé en Suède, avant de rejoindre l'Inde. On peut se demander l'intérêt de ces sièges sociaux à l'étranger pour un mouvement qui se veut nationaliste.

La raison est simple à trouver. Elle est d'ordre juridique. Le blog fdesouche fait régulièrement l'objet de poursuites judiciaires. Ainsi, le 1er février 2012, Pierre Sautarel est mis en examen pour diffamation publique contre l'association France Terre d'Asile et son président Pierre Henry. Nouvelle poursuite en mars 2012, où il est poursuivi par Arek Dahmani, président de l'université de Toulon. En juillet 2015, il fait l'objet de nouvelles plaintes, de la part de Pierre Bergé, co-propriétaire du journal Le Monde. Il fait l'objet de perquisitions. Bien sûr, Pierre Sautarel sait qu'avec des sièges sociaux le plus loin possible de la France, ces affaires traînent en longueur, ou, carrément, n'aboutissent pas.

Ah si Marine Le Pen, dont l'immunité au parlement européen vient d'être levée, pouvait bénéficier d'un statut de parlementaire pakistanais  ou nord-coréen ! Voilà qui l'arrangerait bien !

Les relais locaux

Il est évident que ce blog, qui réclame depuis 2009 recevoir 80000 visiteurs/jour, a des correspondants locaux. Le "char de Sundhouse" a été organisé ouvertement par un restaurateur du village, tout comme le "sabotage" de la réunion publique concernant les réfugiés à Villé a été annoncé et organisé par un triste personnage du Val de Villé, qui se cache derrière le pseudo très français de "Karl Hauffen", auteur d'un autre site d'extrême droite "Riposte laïque" avec siège social à Genève en Suisse (comme par hasard ?).

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jeudi 2 mars 2017

Le carnaval de l'extrême-droite à Sundhouse

Le char de la honte 

fdesouche1Sundhouse, un petit village du Ried, fête toujours carnaval le lundi avant mardi-gras. Ce lundi, 27 février, le défilé de chars se serait bien déroulé, si un char à propagande électorale de l'extrême-droite FN ne s'était mêlé avec son idéologie nauséabonde à la fête. Une initiative (tolérée par les autorités locales ?) qui a dû indisposer plus d'un. Certains spectateurs sont même partis écoeurés. Espérons que ce char ne se présentera pas à une autre cavalcade, les confettis pourraient bien être remplacés par des oeufs pourris.

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dimanche 26 février 2017

La bête hideuse et haineuse est toujours présente

L'horreur cotoie la banalité du quotidien. Pour voir où mènent les idées haineuses de l'extrême-droite, une visite du camp de concentration de Dachau est recommandée.

dachauTout semble si normal. Le long des murs gris du mémorial, la circulation sur la Vieille Route des Romains est dense. Un parking. Payant. Un McDo. Un supermarché de bricolage. Des maisons construites dans les années 60. Un arrêt de bus. La vie. Tout semble si normal. A cent pas du lieu d’un des plus horribles crimes contre l’humanité. Rien n’est normal. A Dachau.

A Dachau, petite ville aux portes de Munich, le camp de concentration fait presque office d’une attraction touristique. Le parking est payant pendant les mois d’été, 3 € pour les voitures et motos, 5 € pour les camping cars. Qui l’eut cru qu’un camp de concentration puisse encore rapporter de l’argent en 2017 ? L’idée que les descendants des victimes de la barbarie nazie doivent s’acquitter d’un droit de stationnement pour se recueillir à l’endroit où leurs proches ont été torturés à mort, est insupportable.

Tout est normal dans la petite ville de Dachau, même ce site qui matérialise le mal absolu et qui fait, en quelque sorte, partie du paysage. A Dachau, on vit avec son camp de concentration qui se situe entre des quartiers populaires, un centre de loisirs et une église. Mais comment peut-on vivre dans un appartement avec vue sur les miradors et les barbelés ? Cette normalité est aussi choquante que l’endroit, c’est « la banalité du mal », comme disait Hannah Arendt.

« On n’était pas au courant », telle était l’excuse des générations précédentes, de ces générations qui ont vécu l’époque des nazis et Dachau est la preuve que c’est faux. Un camp de concentration niché au coeur de la petite ville bavaroise, des miradors que personne ne pouvait ignorer, un four crématoire qui tournait quasiment sans cesse. Probablement, dans les années 30, la présence du camp était déjà aussi « normale » qu’aujourd’hui. A Dachau, on a appris à s’arranger avec une horreur indescriptible.

L’époque nazie est révolue, mais on le sent – la bête n’est pas morte. A Dachau, il manque quelque chose. Le regret visible. L’aveu d’une culpabilité collective. On s’attend à ce que la promesse « jamais plus ça » soit proposée aux visiteurs. On espère une volonté tangible de surmonter ce passé par un présent engagé contre la haine, le racisme, le mal. Mais Dachau reste muet. Une ville coincée dans sa banalité.

Est-ce que les gens à Dachau sont fiers d’être des Dachauiens ? Comment disent-ils, lorsqu’ils voyagent à l’étranger, d’où ils viennt ? Est-ce que cette normalité dachauienne ne constitue pas un deuxième mépris des victimes du nazisme ?

On aurait aimé que Dachau soit autrement en 2017. On aurait imaginé cette ville comme un haut-lieu de la lutte contre le fascisme, comme un centre mondial de la sensibilisation contre la barbarie, pour la paix, pour l’entente entre les peuples et les religions et les sexes et tout le monde. Nous sommes tous les juifs, les musulmans, les noirs, les blancs de quelqu’un. Et là où les horreurs de l’humanité se répètent, elles se répètent dans la même normalité, la même froideur.

Mais Dachau se trompe. Son auto-absolution et transformation en « ville normale »  est venu trop vite. Car ce que représente Dachau, est en train de se réveiller. En 2017, un peu partout en Europe, une extrême-droite défendant des idées proches de celles des nazis, sort de ses cachettes. En 2017, elle voudrait à nouveau interner des gens à cause de leur religion, de leurs convictions politiques, de la couleur de la peau. En cette année 2017, au moment d’aller voter, il convient de penser à Dachau. Au Struthof. A Theresienstadt. A Auschwitz. A Buchenwald. A Treblinka. S’opposer à tous ceux qui défendent à nouveau cette haine, n’est pas l’expression d’une opinion politique, mais un devoir civique.

Personne ne devrait s’amuser à jouer avec le feu. On ne peut tout simplement pas voter pour des formations qui aimeraient raviver l’horreur de ces camps. Chaque vote pour une telle formation politique constitue une nouvelle insulte aux victimes du nazisme. Il est temps de se réveiller. (selon Eurojournalist).

Dachau, Struthof : des points de détail, selon Le Pen ?

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vendredi 24 février 2017

Une délégation du FN reçue par un ministre de la République Démocratique Congolaise

C’est le journal télévisé de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) qui a présenté cette rencontre. Une délégation du Front National (FN) a été reçue par le ministre congolais, Lambert Mende. Mais qui sont ces personnes qui font campagne pour le parti de Marine Le Pen dans les capitales africaines? 

RDC

« Une délégation du Front National, parti cher à Marine Le Pen a été reçue par le ministre Lambert Mende. Au menu, la politique actuelle de ce parti en pleine course à la présidentielle française. » annonce la journaliste de la télévision nationale. A l’image, quatre hommes font leur entrée dans le bureau du ministre. Accueilli par le chef des lieux, sourires aux lèvres, les visiteurs du jours sont heureux de leur opération. 

A l’issue de l’entretien, la parole est donnée à l’avocat Frédéric Joachim. « Il était question d’assurer par la communication, une meilleure souveraineté de votre pays,  et d’armer suffisamment votre pays contre les forces obscures, mondialistes qui tendent à essayer de le partager, en le divisant à la fois contre lui-même et en le présentant de façon erroné dans les médias mondiaux et les institutions internationales. » explique le juriste. Pour ces ambassadeurs du FN, la France risque de connaître également « une partition par manque de souveraineté. » Rien que ça. 

Sur les questions internationales, le Front National, loin des obligations d’Etat a toujours eu un discours de vérité. Oui, la République Démocratique du Congo fait l’objet depuis plusieurs décennies de tentatives de balkanisation.  Oui, l’image de la RDC à l’international n’est pas au beau fixe. Oui, le Congo vit une crise institutionnelle sans précédent. Oui, l’Afrique « économique » pèche dans son développement tant son poumon [RDC] ne réussit pas à se stabiliser et à donner des gages de sécurité aux investisseurs internationaux. Mais est-ce qu'un parti politique victime d’un plafond de verre dans son propre pays peut aider un Congo  malade? 
Avocat de Jean-Marie Le Pen 

Ces visiteurs du jour n’ont rien d’une représentation politique. Contacté par Œil d’Afrique, le service de communication du Front National s’est étonné de cette information. « Aucune délégation du Front est en mission au Congo. Monsieur Frédéric Joachim est l’avocat de Jean-Marie Le Pen [fondateur du parti], mais celui-ci n’est plus membre du parti. » explique notre interlocuteur.  

Un autre personnage sulfureux était également convié. Lorrain de Saint-Affrique, ancien conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen, il apporte son soutien à Nicolas Sarkozy en 2012 lors de l’élection présidentielle. Une trahison qui l’a brouillé avec le fondateur du FN. 

Contacté par le quotidien Œil d’Afrique, Lambert Mende s’interroge : « Avons-nous été floués? » Puis il  explique tout de même les raison de la visite. « Je m’intéresse comme tout le monde à la politique française mais, je ne suis pas un expert du Front National. Je voulais savoir ce que ces gens voulaient me dire. Il n’y a rien de spécial à cela. Ils ont rencontré d’autres autorités au Maroc avant d’arriver ici. » dit le ministre congolais. 

Le journaliste d'Oeil d'Afrique s'interroge aussi : "Alors que le débat présidentiel en France donnera encore une large place aux questions liées à l’immigration, les porteurs de mallettes sont déjà en mission sous couvert de causes « nobles » afin d’aider l’Afrique à sortir de la crise énergétique, de la mauvaise gestion et pourquoi pas du terrorisme.  Cette visite devrait attirer l’attention des autres capitales qui ont pour l’heure échapper à ceux qui témoignent leur amour aux africains uniquement tous les cinq ans.

Mais au fait qu'est venue chercher cette délégation ? L'argent que le père prêtera à sa fille ? Après le Sarkoton en Côte d'Ivoire, verra-t-on les congolais de Kinshasa invités à participer au Lepenneton ? Décidément, même au FN l'argent n'a ni odeur ni ... couleur. Dommage que le journaliste n'ait pu voir ce qu'il y avait dans les mallettes citées.

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Mets le voile, ou mets les voiles

Marine Le Pen au Liban

Tentant d'être reçue par le grand mufti du Liban, Marine Le Pen s'est vue essuyer un refus, sauf si elle accepte de mettre un voile. Un compromis aurait été trouvé : voir ci-dessous.

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samedi 14 janvier 2017

La laïcité, selon le Front National

La secte Moon finance-t-elle le FN ?

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Voyage privé / public aux Etats-Unis

Officiellement, il s’agit d’un «déplacement privé» : à trois mois de l’élection présidentielle, c’est pour «respirer un peu», selon les mots de son directeur de campagne David Rachline, que Marine Le Pen séjournerait depuis mercredi à New York. Discrétion maximum : ni la candidate, ni son parti n’ont pour l’heure communiqué officiellement sur le programme du voyage.

Un voyage qui sent pourtant la politique à plein nez. Jeudi, Marine Le Pen s’affichait ainsi attablée dans un café du rez-de-chaussée de la Trump Tower, quartier général de Donald Trump jusqu’à l’entrée du milliardaire à la Maison-Blanche. Avec elle, son compagnon Louis Aliot ; l’homme d’affaires Italien Guido Lombardi, qui joue depuis plusieurs années les intermédiaires entre les droites radicales américaines et européennes ; et un quatrième larron, au profil plus surprenant encore : Pierre Ceyrac.

Agé de 70 ans, l’homme n’est pas étranger au Front National. Il a même fait partie des 35 députés frontistes de la courte mandature 1986-1988. Élu dans le Nord, le natif de Douai se distingue à double titre. Il est neveu de François Ceyrac, un ancien président du Conseil national du patronat français — l’ancêtre du Medef. Surtout, il est à l’époque le représentant en France de «l’Eglise de l’Unification», plus connue sous le nom de «secte Moon». Dirigé depuis la Corée du Sud par le révérend Sun Myung Moon, messie autoproclamé et affairiste milliardaire, le mouvement revendique des dizaines de milliers de fidèles dans le monde. Il se caractérise en outre par son anticommunisme virulent, un point commun avec le Front national de Jean-Marie Le Pen.

En rejoignant ce dernier, Ceyrac espère ainsi accroître l’influence de son Eglise : «Personnellement, je n’étais attiré ni par Le Pen, ni par la politique, mais il fut décidé que je serais sacrifié pour la cause», racontera-t-il plus tard. Quant au Front national, outre une probable contribution financière (qu’il a toujours niée), il bénéficiera de l’extraordinaire carnet d’adresse international de la secte, mis à profit dans une série de voyages devant souligner la stature présidentielle de Jean-Marie Le Pen.

Ces déplacements connaîtront leur apothéose en 1987… aux Etats-Unis. Cette année-là, un soir de février, Jean-Marie Le Pen réussira ainsi à serrer la main du président Ronald Reagan, avant un banquet présidé par celui-ci. Une brève rencontre due aux réseaux américains de Pierre Ceyrac, et immortalisée par une photo dont les services de communication frontiste sauront faire bon usage. Mais Ceyrac ne durera pas au Front national : mortifié par l’affaire du «point de détail», il quittera le parti en 1994, «suite à l’accumulation des petites phrases de Le Pen». Avant de rompre également avec la secte Moon en 1997.  

Ceyrac semble pourtant ne pas avoir tout à fait coupé les ponts avec le Front national : selon l'historienne Valérie Igounet, spécialiste du FN, il aurait dès 2003 effectué un premier voyage aux Etats-Unis avec Marine Le Pen, déplacement dont aurait également fait partie Guido Lombardi.

Joint jeudi par Libération, Pierre Ceyrac confirme se trouver à nouveau sur le sol américain avec la présidente du Front. «Je me promenais sur la Cinquième avenue quand Marine Le Pen est arrivée près de moi», tente-t-il d’abord. Avant de reconnaître jouer les intermédiaires pour la candidate : «Je suis retiré de la politique, mais Marine est une amie. Nous avons pris part à des entretiens prévus de longue date : depuis son arrivée, elle a vu une trentaine de personnes», assure sans plus de détails l’ancien député. Qui confirme toutefois qu'«aucun rendez-vous n’est prévu avec Donald Trump». Organiser à trente ans d’écart deux rencontres entre un président du FN et celui des Etats-Unis : voilà qui aurait couronné cette longue et étonnante carrière aux côtés des Le Pen. (selon "Libération")

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mercredi 11 janvier 2017

Les amalgames de la honte

Il y en a marre. En amont des élections en 2017, le niveau du débat politique touche le fond. Sur les réseaux sociaux, on voit des images de SDFs dormants dans le froid, avec le texte suivant : « un migrant va avoir droit à un logement meublé, un clochard français et son chien ont droit à une soupe chaude sur un trottoir mes ou va la France !!! ». Les fautes d’orthographe sont d’origine, et il faut croire que le ou les auteur(s) étaient tellement surexcités en rédigeant cette bêtise que des fautes se sont glissées dans ce texte.

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Le message de ce genre de communication est clair : « Si nous ne devions pas accueillir tous ces réfugiés, aucun SDF français ne serait SDF et pourrait habiter dans un logement meublé et chauffé ». Ah bon ? Parce que les municipalités se seraient occupées des SDF avant l’arrivée des réfugiés ? La vérité est bien différente. Dans les villes dirigées par le Front National, comme Hénin-Beaumont, Mantes-la-Ville ou Hayange, des organismes comme le Secours Populaire font état d’énormes difficultés de remplir leur mission – au Mans, on a carrément enlevé les bancs publics pour que les SDF ne s’y sentent pas trop à l’aise. Pour leur offrir à eux et leurs chiens « une soupe chaude sur le trottoir » ?

Ce genre de communication est doublement, triplement honteux. L’extrême-droite xénophobe abuse du triste sort des SDF pour stimuler la haine contre les réfugiés, tout en prenant des mesures contre les SDF et le tout, dans un élan néo-nationaliste des plus abjects. Suggérer aux citoyens et citoyennes que les SDF français iraient mieux si on ne s’occupait pas des réfugiés, voilà un populisme mensonger des plus honteux.

Nous ne sommes qu’en début de l’année électorale 2017 et la qualité des débats se trouve déjà au plus bas niveau. Le « discours » politique n’est plus un échange d’arguments, l’opposition de convictions, la recherche de bonnes réponses, mais la politique se transforme en jugement de valeur et de personnes, en slogans d’une platitude ahurissante, en une sorte de jeu « qui crie le plus fort, a raison ». Pas étonnant que les électeurs et électrices se détournent massivement de la « chose politique » où échanger des arguments de fond, devient l’exception. Cette évolution, stimulée par le monde politique à court de vraies idées, est extrêmement dangereuse. Plusieurs exemples historiques montrent que la « vulgarisation » du discours politique représente l’antichambre d’un extrémisme qui souvent, a viré à la catastrophe.

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mercredi 7 décembre 2016

Les élus régionaux FN se trompent de réunion

La réunion publique concernant l'accueil de réfugiés à l'ancienne gendarmerie a finalement eu lieu. Le site officiel de la commune de Villé, d'habitude peu fourni, avait pourtant bien précisé que l'invitation s'adressait aux villoises et aux villois. Pourtant, dès l'entrée, il fallait se rendre à l'évidence : 70% des personnes étaient inconnues à Villé. 

On pouvait donc se demander qui étaient ces étranges visiteurs d'un soir. Personnellement, j'en ai reconnu un seul : l'animateur local venu de Neubois, ancien guitariste de rock dit identitaire et ancien président du mouvement d'extrême-droite "Jeune Alsace", à savoir Fabrice Lauffenburger. Celui-là même qui en son temps avait tenté de poursuivre mon blog en diffamation, avec un résultat dont il ne se vante pas. Voir : Antifalsace du 30/05/2010

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Quant aux autres qui ont pris le micro pour reprendre à chaque fois le même refrain, il s'agissait selon les renseignements pris d'une délégation de conseillers régionaux FN du Grand-Est, non seulement du Centre-Alsace mais aussi de Haute-Marne et des Ardennes ! J'ai compté : nous avons eu droit à dix fois le même papier (pour un plan d'austérité, c'est réussi). Et avec ces dix, on a appris que c'étaient eux le peuple (nouveau slogan de la Marine). Il ne manquait que le trop célèbre Florian Philipot qui n'a pas dû trouver Villé sur sa carte Michelin.

Et évidemment, ces jeunes élus encore un peu naïfs face à des militants rôdés étaient accompagnés d'un pseudo-journaliste qui témoignait d'un séjour en Syrie, en Irak, et Libye et j'en passe. Idyllique ! Les djihadistes violeurs se farcissaient des dizaines de vierges. A se demander pourquoi ils se faisaient exploser pour rejoindre d'autres vierges au paradis.

Bien que n'étant pas conseiller régional, je me suis permis de parler à mon tour au micro. A ma grande surprise, c'est moi qui ai été le plus applaudi. Les rois-mages patriotes FN en ont profité pour s'éclipser. Seule, la jolie Julie Abraham est restée un instant, pour hurler le seul mot de son vocabulaire de choc : "Menteur". Oui mais qui ça ? on ne le saura jamais.

didelot

luczka

julia

 - NB : bientôt le résumé de la deuxième partie de la réunion.

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