dimanche 5 juin 2022

Ardèche : Un jeune néonazi soupçonné d'un projet de tuerie de masse

Terrorisme : Le jeune homme a été interpellé mardi par la DGSI en Ardèche

ard_che2Âgé de 20 ans, un jeune admirateur d’Hitler a été interpellé mardi par la DGSI en Ardèche, soupçonné d’avoir fomenté une action violente, de masse ou contre la communauté juive, et cherché à se procurer une arme via les réseaux sociaux. Il a été mis en examen vendredi soir pour «entreprise individuelle terroriste» et écroué.

Il y déversait des propos néonazis, menaçant dans des vidéos de s’en prendre « aux juifs, aux noirs, aux femmes, à la communauté LGBT », a ajouté cette source. Heinrich Himmler était l’un des principaux dignitaires du Troisième Reich, chef de la SS, et le chiffre 88 fait référence à la huitième lettre de l’alphabet H, pour le salut nazi « Heil Hitler ».

Huit projets d’attentats imputés à l’ultradroite déjoués 

L’homme a été arrêté mardi en Ardèche par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui avaient établi qu’il était à « la recherche d’une arme », laissant penser à un passage à l’acte imminent. S’il a assumé en garde à vue son admiration pour l’idéologie nazie, il a « nié vouloir se servir d’une arme » pour commettre une tuerie, selon la source proche du dossier. Sollicités par l’AFP, ses avocats n’ont pas souhaité s’exprimer.

« C’est un profil instable, avec beaucoup de ressentiment à l’égard de plusieurs groupes de personnes qui l’auraient maltraité plus jeune », développe la source proche. Depuis 2017, huit projets d’attentats imputés à l’ultradroite ont été déjoués en France et une dizaine de procédures en lien avec cette mouvance ont été ouvertes au pôle antiterroriste de Paris. C’est une menace « prise très au sérieux » et qui « monte en puissance », selon un magistrat antiterroriste parisien.

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mercredi 12 janvier 2022

Bolloré nomme un ancien d’Occident à la tête de Paris-Match

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Que faudra-t-il retenir de l’année 2021 ? Eh bien peut-être qu’en toute discrétion – ou en tout cas sans ce que ça n’émeuve plus que ça – le nouvel actionnaire majoritaire de Lagardère News, à savoir le groupe Bolloré, a brutalement débarqué le directeur de Paris Match, Hervé Gattegno, pour le remplacer par Patrick Mahé, journaliste chevronné de 74 ans, conseiller municipal de Vannes et ancien d’Occident. Occident ? Mais si, vous savez, Occident, ce mouvement de jeunesse ouvertement fasciste, tellement adepte du coup de poing qu’il finira interdit en 1968 par le pourtant peu souriant ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin. Cette drôle de promotion aurait mérité plus que les quelques lignes que Le Monde lui a consacrées, mais que voulez-vous, personne ne lit Paris Match. Enfin si, 500 000 personnes quand même.

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lundi 27 septembre 2021

Un tribunal de Munich interdit les affiches nazies "Pendez les Verts"

La publication viole le droit à personnalité des Verts, décide le tribunal régional de Munich

vertsLe tribunal régional de Munich I a interdit au parti nazi "Der III. Weg", d'accrocher des affiches électorales avec le slogan "Pendez les Verts !" Un porte-parole a déclaré lundi que le tribunal avait émis vendredi une injonction temporaire interdisant au parti d'utiliser le slogan en public. Si les représentants de la "Voie III" s'y opposent, l'affaire devra être entendue en public.

L'expression "pendre" quelqu'un est généralement comprise comme signifiant pendre, tuer ou blesser physiquement quelqu'un, indique l'ordonnance. La déclaration viole le droit général de la personnalité des requérants, c'est-à-dire les Verts.

"Ceux qui publient des menaces de mort se moquent de notre démocratie", a commenté Michael Kellner, directeur politique fédéral des Verts, à propos de la décision du tribunal. "Un tel style de campagne électorale empoisonne la culture politique, conduit à la brutalisation et décourage les citoyens de s'engager politiquement." Comme le bureau fédéral des Verts à Berlin avait demandé une injonction au tribunal régional de Munich I, le tribunal civil était compétent.

En Bavière, la police avait déjà retiré les affiches électorales du parti d'extrême droite "IIIrd Weg" avec le slogan "Pendez les Verts !" Le ministère de l'Intérieur a annoncé la semaine dernière que les commissariats de police avaient reçu l'ordre de retirer ces affiches en raison d'une première suspicion d'incitation publique à commettre des infractions pénales.

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mercredi 1 septembre 2021

Récupération politicienne

En Alsace aussi !

philippot2Ce mois d'août aura été fatal aux manifestations antivax, qui se prétendaient "apolitiques" et dont certains dirigeants, comme à Sélestat, refusaient même les slogans anti-Macron. Mais la supercherie a été de courte durée. Très vite on a vu apparaître des dirigeants de l'ultra-droite, tels Florian Philippot (pour qui même le RN serait un parti de gauche), en tête de certains cortèges. Le ton était donné et les slogans n'avaient plus rien à voir avec la covid-19. Ce fut le cas à Saint-Brieuc, Valence (Drôme), Rennes. A Tours, il y  eut même des agressions fascistes.

Et l'Alsace ne fut guère épargnée. Notamment à Mulhouse, dès le 7 août, apparurent en tête du cortège des individus du groupe royaliste "Action Française", ne laissant aucune place aux soignants ! Dans ces conditions, comment à Sélestat l'unique responsable villois peut-il s'étonner le 28 août dernier du lâchage des syndicats hospitaliers qui lui ont demandé de restituer les clés du local mis à disposition ? Et dans ces mêmes  conditions, faudra-t-il s'étonner qu'au mois de septembre à venir le mouvement anti-pass tourne à la peau de chagrin et au discrédit total ?

manifManif anti-vax des prochaines semaines  ?

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samedi 31 juillet 2021

Suède : le gouvernement impuissant face aux gangs mafieux

Par ailleurs paisible, le pays ne parvient pas à enrayer la violence des mafias qui se battent pour le marché de la drogue.

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 Les deux gamins de 5 et 6 ans jouaient en bas de chez eux, dans le quartier de Visättra, une banlieue populaire du sud de Stockholm, quand ils ont été atteints, le week-end dernier, par des balles perdues. Légèrement blessés, ils ont eu plus de chance que l'ado de 12 ans, tuée dans des circonstances similaires, l'été dernier, à Botkyrka, autre banlieue de la capitale. Face à l’émotion, mais presque comme un aveu d’impuissance, le gouvernement social-démocrate a réagi mercredi 21 juillet en annonçant la fin des peines allégées pour les jeunes criminels âgés de 18 à 20 ans.

Cela fait près de dix ans que la Suède peine à enrayer l’envolée de la violence entre mafias pour le contrôle du marché de la drogue. Une violence qui déborde désormais régulièrement, jusque dans les quartiers les plus huppés.
Attaques à la grenade

Le paradoxe est que la Suède reste en bas du classement européen avec à peine un homicide pour 100 000 habitants par an. En revanche, le Royaume est le pays européen où les violences avec armes à feu progressent le plus : 360 faits en 2020, 47 morts et 117 blessés, soit le double d’il y a dix ans. Sans oublier les attaques à la grenade ou à l’explosif (259 en 2019 !), très prisées des mafieux pour intimider leurs rivaux. Grâce à Netflix et sa série Snabba Cash, la notoriété de la guerre des gangs à la suédoise est d’ailleurs devenue mondiale.

Le sujet est d’autant plus sensible que cette violence, même circonscrite aux gangs, déstabilise le modèle suédois d’un État-providence et pacificateur. Une partie des clans mafieux sont constitués sur une base familiale et recrutent dans les populations fraîchement immigrées. Un phénomène évidemment exploité à fond par le parti d’extrême-droite des mal nommés Démocrates de Suède. (selon "Ouest-France")

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mardi 16 mars 2021

Loups noirs : Jean Macé l'a échappé belle

Dans la presse locale du 21 février 2019, le dernier survivant des auteurs d'attentats sous le sigle "Loups noirs" se dit choqué par la profanation du cimetière de Quatzenheim et par la référence qui y a été faite à ce groupe d'extrême-droite dont il fut le chef.

Ainsi il explique  qu’ils ont soigneusement évité en leur temps les lieux de culte et en veut pour preuve un épisode peu connu de leurs nombreux méfaits : « On avait en vue de plastiquer le monument de Macé à Beblenheim. Quand on a su qu’il y avait les cendres en dessous on a dit, on n’y touche pas (-) On ne touche pas à des choses pareilles. »

Hé oui ! même les pires méchants loups, surtout parmi ces nonagénaires où Alzheimer a eu le temps de faire des ravages, peuvent se transformer en gentils et innocents agneaux qui prétendent n'avoir jamais fait de mal à une mouche.

Et pourquoi vouloir plastiquer le monument d'un sympathique titi parisien, fuyant la dictature napoléonienne, républicain, féministe et laïque, membre de la franc-maçonnerie, devenu président de la Ligue de l'Enseignement, venu habiter à Beblenheim et disant de son village d'adoption qu' "il n'avait d'allemand que le nom" ? insulte suprême pour quelques vieilles têtes brûlées de bas étage ?

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jeanmac_1Qui connaît vraiment Jean Macé (1815-1894) en Alsace ? Qui s’en souvient sinon la charmante commune viticole de Beblenheim près de Colmar, où ce grand républicain et militant de l’enseignement laïc, authentique gamin de Paris, passa une grande partie de sa vie, de 1851 à 1870, et où ses cendres reposent depuis 1946.

C’est que la réputation de Jean Macé est quelque peu sulfureuse. Non pas que cet homme vertueux eût mené une vie scandaleuse, mais avoir été républicain et laïc, franc-maçon et déiste, féministe et anticlérical dans l’Alsace d’avant 1870 dénote un peu. Notre province a davantage la réputation d’être alors plus noire que rouge, plutôt conservatrice dans les campagnes surtout. L’Alsace au temps de Napoléon III reste une province rurale : la majorité de la population y habite. En 1870, seuls 25% des Alsaciens résident en ville. Ils seront majoritaires en 1914.

Le cas Macé

On n’ est pas toujours responsable de sa réputation. D’autres s’en chargent volontiers.  La plupart des historiens d’Alsace au XIXe siècle sont prêtres. Excellents historiens certes, le plus souvent, mais non pas moins marqués par leur formation et leur appartenance à l’Eglise pour qui les idées professées par un Macé sont, au mieux, dangereuses et, au pire, diaboliques.  Ils lui firent donc une réputation en le vilipendant ou en l’ignorant. Comme s’il n’avait jamais existé. Vous avez beau le chercher dans le Dictionnaire de biographies alsaciennes de l’érudit abbé Edouard Sitzmann, paru en 1909, vous ne le trouverez pas. Et pour cause !

Le temps heureusement a passé. Jean Macé est devenu fréquentable. On aime aujourd’hui rappeler qu’il créa, en Alsace, les premières bibliothèques communales. Et pour se donner une bonne conscience laïque, on présente volontiers l’Alsace comme étant la terre natale de la Ligue de l’Enseignement. C’est d’ici qu’il lança son appel visant à sa création, en 1866. L’Alsace, en l’occurrence, se limitant surtout à Beblenheim où sa mémoire est vivante et les traces de sa présence nombreuses.

Un monument, à l’entrée du village, vous y accueille. C’est là que ses cendres ont été réunies. A la mairie, la salle du conseil dispose d’une charmante bibliothèque. Elle est historiquement la plus ancienne bibliothèque communale d’Alsace. Elle date de 1862. Durant l’été, une belle exposition pédagogique rappelle son histoire mais surtout celle de Jean Macé.

Secret de bibliothèque

Comme toute bibliothèque, elle recèle quelques secrets. On y a trouvé en 2003, dans une grande enveloppe, un tablier. Pas n’importe quel tablier, mais un tablier maçonnique. Celui que porte le compagnon maçon en séance.  C’est un bel ensemble de soie écru brodé, bordé d’un ruban de soie bleu-ciel. On y distingue aisément quelques symboles connus : Le temple, les deux colonnes, des branchages d’acacia, l’étoile et la lettre G qui symbolise le deuxième degré maçonnique : celui de compagnon.

La découverte fut à la fois inattendue et bienvenue. Hormis les livres, on dispose de peu de choses concernant la présence physique de Macé à Beblenheim. Quelques diplômes, des décorations, quelques manuscrits autographes et des cartes d’abonnement pour les voyages en train que faisait Macé. Un tablier maçonnique c’est autre chose. Cela interroge. Cela vous donne envie d’en savoir plus. Mais qui donc est ce singulier personnage ?

L’enfant du peuple

Un parisien d’origine modeste, né à Montmartre, le 22 août 1815. Son père était « chargeur de voiturettes », sa mère s’occupait des travaux domestiques ; Un étudiant brillant, boursier au collège Stanislas à Paris jusqu’au bac, qui découvrit, après quelques années d’errance, le socialisme de Charles Fourier. Il en fut un de ses prédicateurs, se transformant pendant quelque temps en conférencier ambulant ; Un journaliste d’occasion qui trouva dans l’organe « La République » son bonheur idéologique et son gagne-pain quotidien. Son destin aussi quand en 1850, on l’envoie en Alsace, à Beblenheim pour faire un reportage sur le « Petit Château », un pensionnat de jeunes filles dirigée par Mademoiselle Coraly-Léopoldine Verenet, franc-comtoise d’origine, fille d’un pharmacien lettré de Montbéliard.

Le chemin de Beblenheim

La rencontre aurait pu être un échec. Tout opposait les deux personnes. D’un côté, un enfant du peuple, républicain fervent, qui venait d’épouser une fille d’origine humble comme lui, analphabète de surcroit, à qui il enseigna la lecture et l’écriture ; de l’autre, une femme d’origine bourgeoise, dont l’établissement à Beblenheim était surtout ouvert aux jeunes demoiselles bourgeoises et fortunées. Il fit la classe durant un jour. Le courant passa. On se séduisit mutuellement, on sympathisa. À l’heure du départ, la directrice Coraly Verenet l’invita « à recommencer chez elle la classe un jour, le cas échéant ».  Invitation prémonitoire ? Peu de temps après, le parisien Macé, après la fermeture du journal « La République » par les troupes du prince-président Louis Napoléon, quitta la capitale, avec son épouse, dans la nuit du 31 décembre 1851 pour prendre la route de …Beblenheim ! Il y resta vingt ans, prolongeant sa collaboration jusqu’à Monthiers dans l’Aisne quand l’école s’y installa après avoir quitté l’Alsace devenue allemande après 1870.

La pédagogie inventive d’un professeur de demoiselles

« Le professeur des demoiselles », comme il se désignait lui-même, expérimenta en Alsace une pédagogie active du coeur et de la raison, fondée sur l’amour et la confiance, adaptée à la nature, ne négligeant ni l’éducation physique ni la travail manuel, intégrant les contes, les fables et les pièces de théâtre sans oublier les sciences par une approche concrète aux antipodes de l’abstraction, péché mignon de l’enseignement en général. Cela donna, entre autres, cette merveilleuse « Histoire d’une bouchée de pain » sous la forme d’une lettre à une petite fille sur la vie des hommes et des animaux que l’imprimeur Hetzel, son ancien camarade de collège, publia gracieusement en 1863. C’est à Beblenheim aussi qu’il tint la revue pédagogique La Ruche et collabora au Magazin d’éducation et de récréation de Hetzel et de Jules Verne.

Bibliothèques communales et caisse de crédit

En 1862, Macé y créa à la première bibliothèque communale d’Alsace n’hésitant pas à forcer amicalement la main au maire de la commune en lui offrant, en cadeau de nouvel an, une douzaine de livres pris à son cabinet de travail avec, sur chacun d’entre eux, la mention « Bibliothèque communale de Beblenheim ». Il n’y avait plus qu’à la créer.  L’idée se répandit. La Société des bibliothèques du Haut-Rhin, patronnée par le préfet Odent et présidée par l’industriel philanthrope Jean Dollfus de Mulhouse, est lancée à son initiative en 1863. Trois ans plus tard, 83 bibliothèques communales étaient recensées dans le Haut-Rhin.

Beblenheim, grâce à Macé, ouvre son premier crédit mutuel en 1865. Il s’agit de la  première caisse de crédit mutuel en France, vingt ans avant la naissance des Caisses Raiffeisen dans l’Empire allemand !

Le père de la Ligue de l’enseignement

La Ligue de l’Enseignement reste son œuvre maitresse.  S’inspirant de l’exemple de la Ligue de l’Enseignement belge, Macé lance dans le journal l’Opinion Nationale, le 15 novembre 1866, un appel pour constituer, sur le plan français, une Ligue de l’Enseignement dont le but est de « provoquer l’initiative individuelle en faveur du développement de l’instruction publique, en fondant des cours publics pour adultes, des écoles pour les enfants là où les besoins se feront sentir…»

Cet appel recueillit rapidement une grande audience. Il est vrai que Macé n’avait pas hésité à envoyer 80 000 bulletins et circulaires dans toute la France à partir de Beblenheim. Au printemps 1868, le Bulletin national de la Ligue de l’Enseignement recensait 5319 adhérents, dont une forte majorité en région parisienne et en Alsace.  Ils seront 20 000 en 1870.

A Colmar, les adhérents étaient au nombre de 535, moins d’un an après le démarrage de la section. C’était une des plus importantes associations de la ville. La plupart des acteurs du groupe local appartenaient à la famille libérale, républicaine et laïque, qui se recrutait essentiellement parmi les milieux protestants et juifs. Professionnellement, négociants et commerçants étaient les plus nombreux. Les fondateurs de la Chambre de commerce y étaient en totalité. Les avocats, les « propriétaires » et les fonctionnaires formaient le reste du groupe. L’organisation de cours, la tenue de conférences et surtout la constitution d’une bibliothèque constituèrent l’essentiel de l’activité de l’association colmarienne qui ne survécut pas au rattachement de l’Alsace à la France

Une notoriété tardive

Macé connut tardivement la notoriété. Ses idées avaient fait des émules. Les lois Ferry, de 1881 et 1882, introduisant l’obligation scolaire, la gratuité de l’enseignement et la laïcité doivent beaucoup à la philosophie et à l’action de la Ligue de l’Enseignement. Jean  Macé devint sénateur à vie en 1883 mais ne profitant guère de l’éternité sénatoriale,  mourut un an plus tard.

Contrairement à la réputation qui lui fut faite, Macé, quoique favorable à un enseignement neutre, abordait avec prudence le problème de la laïcité. Pour autant, son engagement maçonnique fut constant. Initié en 1866 à la loge de la Parfaite Harmonie de Mulhouse, il fréquenta la loge de la Fidélité à Colmar avant de rejoindre la loge Alsace-Lorraine à Paris après 1870. Le tablier maçonnique retrouvé à la mairie de Beblenheim témoigne de cette appartenance. Il fera l’objet, grâce à l’opportun soutien de la Fondation du Patrimoine, d’une prochaine restauration. Il viendra, par la suite, enrichir la liste des objets exposés à Beblenheim qui rend fidèlement à Jean Macé tout ce que celui-ci lui a donné, se souvenant de ce qu’il écrivit au soir de sa vie :  «  Beblenheim! Mon coeur se serre quand se remuent en moi les souvenirs attachés à ce mot. Jour béni entre tous les jours de ma vie fut celui où ma course errante me porta dans ce village d’Alsace qui n’avait alors d’allemand que le nom». (Blog de Gabriel BRAEUNER, historien)

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dimanche 7 mars 2021

Dissolution de Génération identitaire

Le groupe d'extrême droite Génération identitaire, proche du Rassemblement national, a été dissous mercredi en Conseil des ministres, après des années de polémiques et d'actions musclées notamment contre l'immigration et l'islam, "des menaces" qu'il appelle à combattre.

identitairesLa procédure avait été lancée mi-février par Gérald Darmanin, après une énième action, fin janvier, de l'association contre des migrants dans les Pyrénées. Action qui avait "scandalisé" le ministre et donné lieu à une enquête préliminaire pour provocation à la haine raciale.

Aussitôt, le RN avait dénoncé une procédure "politique" et "une dangereuse atteinte aux libertés fondamentales". Dans la foulée, Génération identitaire avait organisé le 20 février à Paris une manifestation pour protester contre sa dissolution annoncée.

Clément Martin, un des porte-parole de l'association dont le siège est à Lyon, a prévenu que GI allait déposer un recours "pour excès de pouvoir" devant le Conseil d'Etat. "Sur l’aspect purement juridique, nous sommes plutôt confiants. La question est de savoir si le Conseil d’Etat va faire de la politique ou va faire du droit", a-t-il dit à l'AFP. Il a évoqué également un "référé suspension" et le dépôt de deux QPC (questions prioritaires de constitutionnalité).

Le ministre de l'Intérieur a annoncé la dissolution mercredi du mouvement dans un tweet, faisant valoir que Génération identitaire "incit(ait) à la discrimination, à la haine et à la violence".

"Autant qu’un crime politique contre la démocratie, une faute morale contre le peuple français", a réagi sur Twitter Gilles-William Goldnadel, un des avocats de GI, tandis que Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen, a estimé dans un tweet que "cette dissolution arbitraire sign(ait) l'asservissement de la France aux mots d'ordre mondialistes". 

Pour sa part, SOS racisme s'est "félicité", dans un communiqué, de la décision du Conseil des ministres.

"Milice privée"

Le décret de dissolution pointe du doigt les incitations "à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion". "Par sa forme et son organisation militaires", GI "peut être regardée comme présentant le caractère d'une milice privée", y justifie M. Darmanin.

Le décret fait également état des "liens avec des groupuscules d'ultradroite dont (GI) reçoit un soutien logistique et qui défendent une idéologie appelant à la discrimination, à la violence ou à la haine au nom de théories racialistes ou suprémacistes".

Il y est encore noté que l'association a reçu des dons de Bredon Tarrant, le tueur des mosquées de Christchurch (Nouvelle-Zélande) où il avait assassiné 51 personnes en mars 2019.

Lors de son audition, en avril 2019, par la commission d'enquête parlementaire sur les groupuscules d'extrême droite, l'ancien directeur de Tracfin (organisme public chargé de l'action contre les circuits financiers clandestins) Bruno Dalles avait affirmé que Brendon Tarrant était "membre bienfaiteur" de GI.

"Par cette décision, nous mettons fin aux activités parfois violentes d'un groupe qui avait depuis fort longtemps coupé les ponts avec la République", a fait valoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en rendant compte des travaux du Conseil des ministres. "Génération identitaire ne défendait plus des idées, il était le bras armé de l'extrémisme et la xénophobie", a-t-il ajouté.

Créée en 2012, l'association qui revendique 2.800 adhérents, présente "l'immigration et l'islam comme des menaces que les Français doivent combattre" et entretient "délibérément la confusion entre musulmans, immigrants et islamistes ou terroristes", selon le ministère de l'Intérieur.

Il rappelle que son "acte fondateur" avait été l'occupation spectaculaire du toit d'une mosquée en construction à Poitiers en 2017, accompagnée de slogans hostiles aux musulmans. Cinq militants de GI ont été d'abord condamnés en 2017 mais relaxés en juin 2020 en appel pour ces faits, jugés prescrits.

En 2019, GI avait occupé le toit de la caisse d'allocations familiales de Bobigny et déployé une banderole "De l'argent pour les Français, pas pour les étrangers". Pour ces faits, 19 militants ont été condamnés en mars 2020 à des peines d'un à trois mois de prison avec sursis.

A l'actif également de l'association, l'agression de supporters turcs lors de l'Euro 2016 de football en France.

La dissolution de Génération identitaire intervient alors que le ministère de l'Intérieur a obtenu, ces derniers mois, celle de trois associations proches de la mouvance islamiste (CCIF, BarakaCity, et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe ultranationaliste turc des "Loups gris".

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mardi 23 février 2021

Des journalistes de la télévision publique ARD expulsés manu militari

En Allemagne, l'ARD c'est l'équivalent de TF1. L'AfD correspond au RN (ex-FN).Une équipe de journalistes de la télévision publique ARD a été expulsée manu militari d'une réunion du parti populiste AfD organisé samedi après-midi à Fribourg-en-Brisgau dans le cadre de la campagne électorale pour les élections au Landtag du 14 mars. Dans la journée déjà, les mêmes journalistes avaient eu maille à partir avec le candidat de l'AfD du secteur de Weil am Rhein, lequel avait refusé de commenter sa récente condamnation par la justice allemande pour avoir aspergé de gaz lacrymogène un cycliste. L'AfD a reproché à l'ARD de vouloir faire du "sensationnalisme ". Les autres médias présents à la réunion ont pu travailler normalement.

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dimanche 11 octobre 2020

Chez nos voisins vosgiens

La France Insoumise demande au département de porter plainte contre Eric Zemmour après ses propos sur les migrants mineurs isolés. 

« Zemmour a déclaré : « les migrants mineurs isolés sont des voleurs, violeurs et assassins ». Après ces propos abjects et sans fondement, douze départements, l’Aude, le Lot et Garonne, la Haute-Garonne, le Finistère, la Haute-Vienne, la Loire Atlantique, le Gers, Les Landes, les Pyrénées orientales, la Gironde, le Tarn et nos voisins de Meurthe et Moselle ont ou vont, et d’autres vont suivre, porter plainte contre l’éditorialiste d’extrême droite.

Nous demandons au Conseil Départemental de prendre ses responsabilités et de porter plainte contre Zemmour car ces propos sont antirépublicains, ils incitent à la haine raciale et à l’obscurantisme. Le Conseil Départemental des Vosges est majoritairement de droite mais nous ne voulons pas croire qu’il adhère à ces propos d’extrême-droite et humainement intolérables qui ne font qu’attiser les divisions au sein des habitants de notre département.

Ces jeunes, ces enfants sont parfaitement intégrés dans leur milieu de vie et suivent des parcours d’insertion exemplaires.

Le polémiste a parfaitement conscience de ces propos et n’a éructer ses propos que pour faire le « buzz ». Nous ne pouvons pas laisser faire de tels agissements qui sont contraire à la bonne marche de notre société. Nous ne devons pas accepter la banalisation de ces comportements qui ne pourront que nuire et diviser dans cette période déjà si compliquée. » (La France Insoumise des Vosges)

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mercredi 18 décembre 2019

Un salut nazi dans un ancien camp de concentration

Le parquet d’Anvers a ouvert une enquête pour incitation à la haine et/ou négationnisme après la visite d’un groupe d’extrême droite au fort de Breendonk, ancienne prison politique nazie devenue lieu de mémoire située dans le nord de la Belgique.

nazi

Cet été, un groupe d’extrémistes de droite aurait visité le fort de Breendonk et un membre du groupe aurait salué Hitler”, rapporte le département de Malines du parquet d’Anvers dans un communiqué. L’enquête fait suite à une plainte reçue par la police et à un article paru dans le quotidien belge néerlandophone De Morgen.

Le journal a publié la photo d’un homme, identifié comme un membre de la section flamande du groupe d’extrême droite Right Wing Resistance, faisant le salut nazi lors d’une visite en août au fort de Breendonk, exploité comme un camp de concentration par le régime nazi pendant la Deuxième Guerre Mondiale, et devenu un mémorial après guerre.

C’est une gifle au visage des victimes et de leurs proches. La moitié des personnes déportées ici n’ont pas survécu à la guerre”, a réagi le conservateur du Fort, Dimitri Roden, cité par l’agence de presse belge Belga.(selon AFP)

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