mercredi 10 avril 2019

La forêt ivoirienne

Cacao, les enfants pris au piège

De Franceinfo, publié le 10 janv. 2019. Le travail des enfants dans les plantations a-t-il disparu, comme s'y est engagée l'industrie du chocolat en 2001 ? "Envoyé spécial" a enquêté en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao.

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mardi 12 février 2019

Côte d'Ivoire : les enfants du cacao

Le cacao émergent d’Alassane Ouattara, c'est de l’esclavage !

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Le documentaire très attendu de la chaîne française France 2 sur le cacao en Côte d’Ivoire n’a finalement pas été diffusé en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Ce document, revient sur le trafic d’êtres humains qui alimente la filière cacao en Côte d’Ivoire.

En arrivant au pouvoir il y a une dizaine d’année, Alassane Ouattara avait promis faire de faire le ménage dans les principales filières qui portaient l’économie ivoirienne en commençant par la très lucrative filière cacao. Le régime Ouattara a publiquement accusé Laurent Gbagbo, d’avoir organisé dans cette filière un vaste réseau de corruption durant les années de crise militaro-politique. En 2011, un projet de réforme de la filière cacao a été présenté à Alassane Ouattara. Son objectif était d’assainir le secteur. Une condition des bailleurs pour que la Côte d’Ivoire atteigne le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Ce projet était de la poudre aux yeux car seules les anciennes structures de gestion de la filière sous Laurent Gbagbo (BCC, FDPCC, ARCC, FRC) ont été dissoutes. La même corruption, les mêmes passassions de marché gré à gré, l’occupation illégale des forêts et l’esclavage des enfants – pourtant combattu en apparence par la première dame –  ne se sont pas arrêtés. Rien n’a changé dans la filière cacao en Côte d’ Ivoire et le documentaire de France 2 le montre. Le documentaire étrangement indisponible en Côte d’Ivoire à l’heure de sa diffusion en direct est désormais disponible sur Youtube. (selon "Eburnie today")

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lundi 16 juillet 2018

Mexique : les Afromexicains oubliés depuis 200 ans

On estime à 450.000 le nombre d’afromexicains dans le pays, mais le chiffre réel est inconnu, car les autorités n’ont pas effectué un décompte précis.

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Lors de la guerre d’indépendance du Mexique dont les célébrations des 200 ans débutent cette semaine, des milliers d’Afromexicains ont combattu dans l’armée rebelle. Deux des héros les plus illustres du mouvement, José María Morelos et Vicente Guerrero avaient une ascendance noire.

Mais ces faits n’ont pas été reconnus. Et deux siècles plus tard, les communautés afrodescendantes vivent isolées et dans des conditions d’extrême pauvreté.

La majorité des habitants du pays ne sait pas qu’il y a des Noirs Mexicains et même les autorités ne connaissent pas totalement ce secteur de la population, affirme Ricardo Bucio, président de Conseil National pour la Prévention de la Discrimination (CONAPRED), un organisme gouvernemental.

"Il n’y a pas de statistiques fiables émanant du gouvernement, ni de politique publique spécifique en leur faveur. L’information empirique que nous avons, c’est qu’ils sont dans une situation désavantageuse", indique-t-il dans un entretien avec BBC Mundo.

Les études de l’Université Nationale Autonome Mexico (UNAM) estiment à environ 450.000 personnes la population des afromexicains, et selon la Chambre des députés, la moitié environ se trouve dans une situation de forte marginalisation.

La population afromexicaine provient des esclaves emmenés en Nouvelle-Espagne dès 1580, pour remplacer les quelques 10 millions d’indigènes morts suite à une série d’épidémies inconnues sur ce territoire.

Certains historiens évaluent à environ 250.000 le nombre d’esclave arrivés dans le pays.

Les africains se mélangèrent aux peuples autochtones, ce qui fit apparaitre les afrométisses (afromestizos) qui constituèrent une nouvelle classe sociale qui vivait en liberté, mais dans des conditions difficiles.

Il y avait cependant encore des milliers d’esclaves, surtout dans les exploitations agricoles du centre et du sud-est du Mexique.

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En Décembre 1810, Miguel Hidalgo abolissait l’esclavage dans la ville de Guadalajara, à l’ouest, où l’on trouvait l’un des rares marchés d’êtres humains opérant au Mexique.

De nombreux afromestizos rejoignirent l’armée d’Hidalgo, particulièrement dans le sud du pays.

Mais il y eut également des esclaves dans les forces adversaires, car les propriétaires des haciendas les obligèrent à rejoindre l’armée du Vice Roi espagnol, explique à BBC Mundo le chercheur Faustino Aquino, de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire.

Leur participation à la conquête de l’indépendance a été oublié. "Le patrimoine noir est resté occulté, il a presque disparu", indique Aquino.

Aujourd’hui, deux siècles plus tard, les afromexicains se tiennent habituellement à part.

Leurs manifestations culturelles sont un mélange de traditions indigènes avec des caractéristiques venant d’Afrique.

Les choses ont toujours été ainsi, indique à BBC la chercheuse Alejandra Luz Cardenas, de l’Université Autonome de Guerrero.

"L’Inquisition disait que leurs vêtements étaient condamnables, et certaines femmes furent accusées d’avoir participé aux pratiques de sorcellerie uniquement pour accomplir leurs rituels".

Aucun ne fut condamné à mort, pour une raison perverse : "Les esclaves coûtaient autant qu’une maison, et personne ne voulait perdre tant d’argent", indique Cardenas.

Beaucoup d’esclaves s’échappèrent des plantations pour se réfugier dans les zones montagneuses, où ils fondèrent des communautés qui existent encore, comme à Guerrero et Oaxaca, au sud du pays.

Et comme à l’époque, leurs conditions de vie sont souvent difficiles.

Près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage, les communautés d’afromestizos sont virtuellement invisibles.

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Par exemple, les recensements de population n’incluent pas de questions visant à mesurer la population noire, ce qui a pour conséquence l’inexistence de statistiques fiables et ce qui entraine à son tour une négligence de la part des autorités, préviennent les organisations de la société civile.

"Les programmes gouvernementaux confinent les communautés noires, car ils semblent avoir été conçues pour une autre population", affirme Israël Reyes, coordinateur de l’association África AC.

En plus, selon le président du CONAPRED, les descendants des Africains sont une minorité qui n’a pas l’habitude de s’organiser pour faire les démarches pour l’obtention de services, ce qui les met dans une situation désavantageuse par rapport aux autres groupes ethniques comme les autochtones.

Dans de nombreuses communautés et selon certaines informations, ils vivent dans des logements sans plancher solide, sans drainage ou entassés. Mais en la réalité, il n y a aucune donnée spécifique.

Alors que l’on célèbre 200 ans d’indépendance du Mexique, les communautés d’afrodescendants ont peu de choses à fêter, ou alors elles le font à leur manière.

À Melchor Muzquiz, Coahuila, au nord du pays, il y a un peuple d’afromexicains qui préfère célébrer le 19 Juin plutôt que l’anniversaire du bicentenaire.

Cette date leur semble plus importante toute la célébration de l’indépendance : un 19 Juin il ya 200 ans, les Noirs Moscongos, comme le nom que porte cette communauté, ont cessé d’être des esclaves et devinrent légalement des citoyens de ce pays.

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vendredi 1 juin 2018

Algérie, Libye : même combat ?

Des migrants vendus comme esclaves !

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Alors que l’Algérie n’a pas fini de s’insurger contre les critiques de l’ONU quant au traitement réservé aux migrants, voilà que ce pays d’Afrique du Nord fait ainsi face à de nouvelles accusations. Il s’agit, cette fois, de migrants subsahariens qui ont affirmé avoir été torturés et vendus comme esclaves par des « passeurs » qui étaient le plus souvent de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset.

C’est du moins ce qu’a rapporté, ce mercredi 30 mai 2018, l’agence de presse Reuters, qui, en plus de témoignages rassemblés par l’agence à Agadez au Niger, cite une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), qui a questionné des milliers de migrants après qu’ils ont quitté le pays dirigé par le Président Abdelaziz Bouteflika.

Reuters indique que des témoignages ont fait état des détails de travail forcé et d’esclavagisme imposés à des migrants de différentes nationalités subsahariennes. Le cas d’un jeune Guinéen a été évoqué. Il s’agit d’un nommé Ousmane Bah, un ouvrier guinéen de 21 ans, qui a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. « La première fois, ils m’ont vendu pour 100 000 francs CFA », a-t-il déclaré à l’agence de presse. Pour sa part, un migrant togolais a indiqué avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler.

Abdoulaye Maizoumbou, membre d’une organisation caritative à Agadez au Niger, a confié à l’agence de presse qu’une vingtaine des 30 migrants renvoyés de l’Algérie qu’il a rencontrés ont également affirmé avoir été esclaves, la plupart vendus à Tamanrasset, souvent par des passeurs de leur propre nationalité.

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à ces accusations, du reste graves et qui pourraient porter un sacré coup à l’image de ce pays d’Afrique du Nord.

(selon l'agence Reuters)

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vendredi 13 avril 2018

Les zoos humains

Une histoire stupéfiante et peu connue

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L'histoire stupéfiante et peu connue d'hommes, de femmes et d'enfants qui furent exposés, exhibés, au même titre que des animaux exotiques en Europe, en Amérique et au Japon. Depuis la seconde moitié du XIXème siècle jusqu'au début de la première guerre mondiale, cette pratique s'était développée. Elle concerne les populations les plus diverses de chaque continent.

Pendant plus d’un siècle, aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis et au Japon, des êtres humains à part entière ont été considérés comme des attractions. L’Homme est alors exhibé à l’Homme dans le cadre d’expositions universelles ou coloniales, dans des zoos, des cirques ou des villages indigènes reconstitués. On compte entre trente et trente-cinq mille figurants, exhibés devant plus d’un milliard deux cent millions de visiteurs.

Pour la première fois, un documentaire fait ressurgir ce pan oublié de l’histoire de l’humanité en s’appuyant sur les témoignages de six parcours singuliers à découvrir, six histoires emblématiques, six destins incroyables ! Ce film est une occasion unique pour comprendre, grâce à des récits personnels et des images inédites, ce pan de notre Histoire.

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dimanche 4 mars 2018

Les heures sombres de l'esclavage aux Etats-Unis

Quand les enfants noirs servaient d’appât pour alligators

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Des cartes postales officielles pendant la période esclavagiste aux Etats-Unis représentaient des bébés noirs enlevés à leurs parents utilisés comme appâts pour alligators, dans les marais de la Louisiane, Floride et tout le Sud des Etats-Unis. Les esclavagistes avaient besoin de chair et de sang humain afin d’attirer les plus gros alligators.

Peu après la guerre civile américaine, plusieurs images décrivant l’horreur de l’esclavage comme un affront à la population noire furent créées. Elles évoquaient particulièrement les souvenirs des enfants noirs servant d’appâts. Sur ces images, on note à quel point l’image de l’enfant est bestiale.

L’analyse d’une vaste collection d’artefacts appartenant à des racistes, avec des images d’Afro-Américains révèle plusieurs questions d’intérêt commun. L’une d’elle est la représentation de la population noire (souvent nue), en particulier les enfants, comme de la nourriture pour les alligators. On peut retrouver des images des Noirs comme "appât pour alligator" sur des gravures, des cartes postales, et même sur la publicité de produits. Certains articles modernes relient toujours les Noirs aux alligators affamés.

L’homme noir n’était pas considéré en tant qu’être humain. Avant d’être jetés dans les marais par les hommes blancs, les bébés étaient écorchés vif, attachés au cou par une corde pour enfin les laisser à la merci des alligators.

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mercredi 31 janvier 2018

Cacao : le travail des enfants

Tous les enfants aiment-ils le Nutella ?

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Oui, sûrement...sauf ceux qui sont réduits en esclavage pour le produire. Nous sommes en 2016 et pour accroître ses bénéfices, Ferrero -- le géant du chocolat propriétaire de Nutella -- va jusqu'à tirer profit de l'asservissement de pauvres enfants. Arrachés à leurs familles et vendus aux plus offrants dans le pire des cas, ces enfants travaillent gratuitement dans des conditions extrêmement dangereuses. Le plaisir que nous prenons à déguster les tablettes de chocolat Ferrero a un prix : celui de leurs vies. Si plusieurs entreprises ont déjà pris des mesures pour lutter contre ce fléau, Ferrero ne semble pas s’émouvoir du sort de ces jeunes enfants. Il en sera ainsi tant que ses énormes bénéfices ne seront pas menacés.

Ferrero possède 8,8% du marché mondial du cacao. Avec les quatre autres plus grands groupes du monde, ils se partagent jusqu’à 100 milliards de dollars par an. C’est énorme! Mais au lieu de se servir de cet argent pour payer convenablement les producteurs locaux, Ferrero s’en met plein les poches.

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Au lieu d'aller à l'école et de profiter de leur enfance, nombre d'enfants travaillent dans les plantations de cacao où il doivent manipuler des machettes et appliquer des produits chimiques qui dégradent leur santé. Pire: des trafiquants vont même jusqu'à arracher certains enfants à leurs familles et à les réduire en esclavage. Le travail forcé des enfants est l’une des conséquences les plus graves générées par la filière du cacao.  Ils sont 2,1 millions d'enfants à y travailler -- en Afrique de l'Ouest -- selon le Département étasuniens du Travail. Pour sensibiliser les consommateurs, une ONG étasunienne - Green America - propose chaque année un classement des efforts fournis par les 6 plus grandes marques de chocolat pour régler ce problème. En 2016, l’entreprise Ferrero était encore la dernière de la classe…

Interpellée il y a plusieurs mois sur le sujet, l’entreprise Nestlé s’était engagée à prendre des mesures fermes contre le travail des enfants sur ses plantations de cacao. Au tour de Ferrero !

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samedi 16 décembre 2017

Esclaves africains au Koweit

Une ivoirienne esclave au Koweït appelle son Gouvernement à l’aide

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Alors que les médias sont focalisés sur le retour de l’esclavage en Libye, il ne faut pas oublier que cette pratique a toujours cours dans de nombreux pays de la péninsule arabique, pour preuve, cette vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux où une jeune ivoirienne appelle son Gouvernement à l’aide depuis le Koweït. La video est parvenue le 14 décembre 2017 : avant-hier ! 

Koweït: La défenestration d'une domestique filmée par sa patronne, suscite l'effroi

Le calvaire des jeunes Zimbabwéennes au Koweït

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vendredi 15 décembre 2017

Esclavage en Libye : Les Européens complices, selon Amnesty.

Les gouvernements européens doivent repenser leur coopération avec la Libye.

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Amnesty International (AI) accuse les gouvernements européens, en particulier l’Italie, de soutenir directement ou indirectement les tortures et autres abus subis par les migrants en Libye. "Les gouvernements européens sont sciemment complices de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants détenus dans des conditions épouvantables en Libye", déclare l'ONG dans son rapport.

Elle accuse, par ailleurs, les gouvernements européens d'avoir contribué à l'expansion de ces exploitations dans un souci de limiter l'arrivée de migrants. « Depuis fin 2016, les États membres de l’Union européenne – notamment l’Italie – ont mis en œuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences pour les personnes bloquées », déclare l'Organisation.

Selon AI, l'Union Européenne a fourni ainsi « un entraînement, des équipements et un soutien » aux garde-côtes libyens pour qu’ils interceptent les migrants en mer, mais ce programme a surtout permis d'alimenter les centres de détention où les migrants sont torturés par les gardiens pour leur extorquer de l'argent. « Jusqu'à présent, 20.000 personnes restent confinées dans ces centres de détention surpeuplés et insalubres », précise John Dalhuisen, directeur d'Amnesty pour l'Europe.

Pour lui, les États européens connaissaient parfaitement le sort réservé aux réfugiés et migrants, ils doivent ainsi repenser leur coopération avec la Libye. Ils « doivent insister pour que les autorités libyennes mettent fin (…) aux arrestations arbitraires et à la détention de réfugiés et de migrants », a ajouté M. Dalhuisen. (Timothée Jean, Afrique sur 7)

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mardi 28 novembre 2017

La Françafrique en marche

L’immigration et la sécurité au coeur du cinquième sommet

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IMMIGREEL’immigration et la sécurité seront au coeur du cinquième sommet Europe-Afrique qui se tient mercredi et jeudi à Abidjan, où sont attendus 83 chefs d’Etat et de gouvernement. Quelque 5.000 participants des 55 pays d’Afrique et de 28 pays d’Europe doivent prendre part à ce cinquième sommet Union européenne (UE) - Union africaine (UA) dans la capitale économique ivoirienne, ainsi que l’ONU et des organisations internationales. Les quatre sommets précédents n'avaient pas été fructueux, alors cette fois, il fallait trouver un sujet choc ! Et l'affaire des migrants-esclaves en Libye tombe à pic ! Un peu trop même, car l'esclavage libyen était connu depuis belle lurette. On se demande même si CNN n'était pas en mission commandée. Et il y aura forcément consensus sur ce sujet de tous les participants, la Libye n'ayant guère voix au chapitre, son gouvernement étant très affaibli. Merci Sarkozy !

Esclavage/immigration
Le scandale international de la vente de migrants africains comme esclaves en Libye a de nouveau mis sur le devant de la scène (ou mis en scène ?), de façon tragique, la question de l’immigration africaine vers l’Europe. Le président du Niger Mahamadou Issoufou a expressément demandé que la question de la vente aux enchères d’esclaves soit mise à l’ordre du jour du sommet. Cette pratique, grâce au reportage de CNN, a provoqué une vague d’indignation mondiale. Mais cette pratique était déja connue depuis des années par les dirigeants occidentaux et africains, alertés par les ONG.
Et le président du Niger, en évoquant cette affaire, évitera donc bien sagement le problème de l'uranium exploité aux dépens du peuple nigérien par AREVA, dont les affinités avec le premier ministre français Edouard Philippe sont connues.
Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a demandé "des mesures urgentes et coordonnées entre les autorités libyennes, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations Unies". Voeu pieu qui sera exaucé le temps d'une déclaration commune.  et la reprise des "affaires juteuses".

Sécurité/menace jihadiste

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La question de la sécurité et des menaces terroristes devrait aussi être discutée par les chefs d’Etat et de gouvernement, alors que l’Afrique de l’Ouest notamment connaît depuis quelques années une montée en puissance de groupes jihadistes, d’ailleurs en partie liée à la désespérance de la jeunesse africaine, selon des analystes. L’UE affiche son soutien au G5 Sahel, un groupe de cinq pays (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad) qui s’efforce de mettre en place une force antijihadiste dans cette région, mais le financement de cette force est encore largement insuffisant. Seule la moitié du budget de cette force a été réuni, bien qu’il ait été divisé par deux, à 240 millions d’euros. L’UE en a promis 50. Les chefs d’Etat devraient appeler à une plus grande coopération militaire et au niveau des renseignements tout en demandant à chacun (le nord comme le sud) de faire plus d’efforts. Et comme l'UE est en pleines restrictions budgétaires macroniennes, on voit bien ce que cet appel signifie : une plus grande participation financière des pays africains.

L'éclaireur marocain

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Le roi du Maroc Mohammed VI est arrivé le premier dimanche après-midi en Côte d’Ivoire en vue du sommet. Sa présence avait un temps fait débat en raison de celle du Front Polisario, qui a proclamé une République arabe sahraouie démocratique au Sahara occidental, un territoire que Rabat considère comme sien. Mais, on veut bien occulter ce problème si la diplomatie marocaine permet de rapprocher quelques points de vue au profit de l'Europe avant le début des entretiens. Macron va faire jouer toutes ses relations maghrébines.
La liste exacte des chefs d’Etat et de gouvernement participants n’était toujours pas connue en ce début de semaine. Mais sa majesté Macron sera là les deux jours, histoire de tout contrôler et de tout imposer. La Françafrique macronienne serait-elle revenue aux temps les plus colonialistes ? En tous cas, la fin de semaine  fera d'Abidjan la capitale du 3ème Empire napoléonien.

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