lundi 28 octobre 2019

Chili: la crise sociale perdure

L'ONU envoie une mission d'enquête

chili

Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre les inégalités sociales au Chili où l'ONU a décidé d'envoyer une mission pour enquêter sur de présumées violations des droits humains.

Face à la multiplication des allégations sur le sujet, dans un pays dont plusieurs régions et la capitale Santiago restent placées sous état d'urgence, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, a annoncé l'envoi d'enquêteurs. 
"Les parlementaires et le gouvernement (chiliens) ont tous exprimé le désir d'une mission des droits de l'Homme de l'ONU", a-t-elle ajouté dans un tweet. 
Près d'une semaine après le début de la fronde sociale, quelque 20.000 militaires et policiers restaient déployés dans le pays. Mercredi, le gouvernement avait annoncé le rappel de réservistes de l'armée pour des tâches administratives.
Pour tenter d'apaiser la situation, le président conservateur Sebastian Pinera a entrouvert jeudi la porte à une levée prochaine des mesures d'exception. "Nous travaillons à un plan de normalisation de la vie de notre pays (...) pour pouvoir cesser le recours au couvre-feu et, nous l'espérons, lever l'état d'urgence", a-t-il déclaré.
Le couvre-feu, reconduit jeudi pour la sixième nuit consécutive, avait d'ores et déjà été réduit la veille à six heures, de 22H00 à 04H00 (01H00-07H00 GMT), contre dix heures les nuits précédentes. 
Le gouvernement a également annoncé une diminution des incidents violents au cours des dernières 24 heures pendant lesquelles aucun décès n'a été rapporté. Le nombre d'arrestations, 735, était aussi en baisse 
Mais des affrontements avec les forces de l'ordre et des pillages avaient toujours lieu dans plusieurs villes du pays et en divers endroits de la capitale, en particulier dans la périphérie.
 

"Je vais continuer"

 
Déterminés à maintenir la pression sur le gouvernement, des dizaines de milliers de personnes ont répondu pour la deuxième journée consécutive à l'appel à la grève générale lancé par des organisations syndicales et une vingtaine d'autres mouvements. 
"Les problèmes n'ont jamais été résolus au fil du temps, avec tous les partis politiques c'est la même chose (...) Je suis ici depuis trois jours et je vais continuer à manifester", a déclaré à l'AFP Pamela Rosas, 26 ans, dans le centre de la capitale.
Mercredi, les Chiliens avaient été plus de 400.000 à manifester, selon les autorités.
Les protestataires réclament le retrait des rues des militaires déployés pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que des réponses à la pire crise sociale traversée par le Chili en trente ans.
Depuis le début des troubles, le 18 octobre, dix-huit personnes sont mortes, dont cinq tuées par des tirs des forces de l'ordre, selon des chiffres officiels. L'Institut national des droits humains (INDH) a recensé 584 personnes blessées, dont 245 par armes à feu.
Devant la presse, le ministre de la Défense, Alberto Espina, a déclaré jeudi que l'armée agissait pour protéger les droits humains des Chiliens, non pour les violer. 
Outre la mission onusienne annoncée par Mme Bachelet, le président Pinera a invité sa prédecesseure et José Miguel Vivanco, le directeur de la division Amériques de l'ONG Human Rights Watch, à se rendre au Chili.
Le père de Mme Bachelet, arrêté et torturé après s'être opposé au coup d'Etat de Pinochet, est mort en prison en 1974. Elle-même a également été torturée avant de partir en exil.
 

Sommet de l'Apec maintenu

 
Parallèlement aux mobilisations, de nombreux habitants de Santiago ont tenté de reprendre leurs activités. Environ 6.000 autobus ont été déployés pour faire face à la paralysie du métro, où seules trois lignes fonctionnaient jeudi. Certains supermarchés ont rouvert quelques heures et la plupart des écoles publiques ont accueilli leurs élèves. 
La crise sociale a été déclenchée par l'annonce d'une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale, mais n'est pas retombée après l'annonce de la suspension de cette mesure.
Le mouvement, hétérogène et sans dirigeants identifiables, s'est amplifié, nourri par le ressentiment face à la situation socio-économique et aux inégalités dans ce pays de 18 millions d'habitants.
L'annonce d'une série de mesures sociales mardi par M. Pinera ne semble pas avoir eu l'effet désiré.
Malgré l'intensité de la crise, le gouvernement a confirmé la tenue du 13 au 17 novembre à Santiago du sommet du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), où sont notamment attendus les présidents américain Donald Trump, russe Vladimir Poutine et le Chinois Xi Jinping.(selon AFP)

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mardi 4 juillet 2017

Allemagne : ce sont les plus faibles qui paieront l’ardoise

La précarité des personnes âgées devient un problème majeur dans la société allemande. Les beaux chiffres de l’économie ont un prix – que payent les plus démunis.

Une étude menée par les instituts de recherche sur le monde économique DIW et ZEW tire la sonnette d’alarme. L’Allemagne se dirige vers une précarité des retraités qui menace un nombre croissant de personnes – et cette évolution est le résultat de différentes mesures prises dès les années 90 pour combattre le chômage. Si, à l’époque, ces mesures avaient un certain succès, elles conduisent un retraité sur cinq vers la précarité. Le « modèle allemand », à bien y regarder, n’est pas aussi efficace qu’on ne puisse le penser.

vieux

Dans les années 90, l’Allemagne avait mis en œuvre des mesures visant à réduire le chômage, comme les « mini-jobs » (avec un salaire ne dépassant pas les 400 €, mais faisant « disparaître » les personnes concernées des statistiques du chômage). Après, l’Allemagne a connu « l’agenda 2010 », qui introduisait les « jobs à 1 euro », le tristement célèbre « Hartz IV » (une sorte de RMI) et toutes les personnes qui « bénéficiaient » de ces mesures, sont concernées par cette précarité des personnes âgées.

A partir de 2036, un nombre croissant de personnes concernées arriveront à l‘âge de la retraite – et resteront condamnées à ce minimum de survie qui est le « Hartz IV », pas assez pour vivre, trop pour mourir, loin d’être assez pour mener une vie digne pourtant garantie par l’article 1 de la constitution allemande.

Actuellement, pour les personnes atteignant l’âge de la retraite, le risque de précarité augmente de 16,2% à 20,2% – et cette précarité est définie par les institutions internationales comme suit : « Est menacée de précarité toute personne disposant de moins de 60% du revenu médian de la population ».

Mais que vaut une société qui laisse ses vieux en rade ? Que vaut une société qui accepte qu’un cinquième de ses personnes âgées végètent à l’âge de la retraite sans pouvoir participer encore à la vie de société ? Il faudra absolument revoir cette politique d’exclusion qui touche déjà trop de groupes de la population. Une politique sociale digne de ce nom doit assurer un revenu minimum correct aux personnes âgées – un dossier à revoir rapidement. Et un avertissement à tous ceux qui pensent qu’il faille suivre « l’exemple allemand » – les formidables chiffres présentés depuis des années, ne dévoilent pas toute la vérité… (selon "eurojournalist")

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jeudi 19 janvier 2012

Manifestations à Barcelone contre l'austérité

photo_1326916164967_1_0_827497_465x348Des milliers de fonctionnaires du gouvernement catalan, policiers, pompiers, gardiens de prison, personnel de santé ou enseignants, ont manifesté mercredi à Barcelone contre de nouvelles mesures d'austérité en discussion au Parlement régional.
"Non aux coupes budgétaires. Sauvons les services publics", proclamait une immense banderole menant le cortège, qui a défilé dans le centre de la capitale catalane avant de rejoindre le Parlement régional où étaient réunis les députés pour débattre du budget 2012.
Plus de 10.000 fonctionnaires ont participé à la manifestation, selon le gouvernement régional, 30.000 selon les syndicats.
Les pompiers, casqués et en uniforme, arrosaient les avenues de neige carbonique ou distribuaient des tracts portant les mots: "Assez de coupes, ne touchez pas à nos droits", barrés d'une paire de ciseaux.
Les policiers régionaux, les Mossos d'Esquadra, ont déjà affiché leur mécontentement ces derniers jours en s'enfermant dans des commissariats tandis que des gardiens de prison bloquaient les accès à des centres pénitentiaires.
"Corps de sécurité en lutte", criaient les manifestants, portant des pancartes avec les mots: "On ne joue pas avec la sécurité".
Déjà en 2011, le gouvernement catalan mené par la coalition nationaliste CiU avait décidé des coupes d'un milliard d'euros, soit 10% de son budget, qui ont durement frappé le secteur de la santé, relevant en Espagne des compétences régionales, et provoqué de nombreuses manifestations.
Le gouvernement régional dirigé par Artur Mas avait ensuite annoncé en novembre un nouveau plan de rigueur pour 2012, prévoyant des baisses de salaires pour les fonctionnaires ainsi qu'une augmentation des taxes sur l'essence, les inscriptions universitaires, l'eau ou les transports. L'objectif est d'économiser 625 millions d'euros.
Le gouvernement espagnol, qui cherche à réduire le déficit des 17 régions autonomes du pays, leur avait fixé un objectif de déficit de 1,3% du PIB à la fin 2011. Faisant fi de ces consignes, la Catalogne a fixé son propre objectif, pour fin 2011, à 2,66% de son PIB.
Mardi, le ministre espagnol du Budget Cristobal Montoro a annoncé que des sanctions seraient appliquées aux régions qui ne rempliraient pas leurs objectifs.
En exigeant des régions une discipline budgétaire accrue, le nouveau gouvernement conservateur espère réduire son déficit public, qui pourrait finalement dépasser les 8% du PIB en 2011, alors que l'objectif était de 6%. Le gouvernement vise 4,4% en 2012.

AFP

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jeudi 8 décembre 2011

L'exclusion bancaire touche 5 à 6 millions de personnes

banques_300x222«Accès refusé à un conseiller, frais en cascade, parfois jusqu’à l’interdit bancaire, incompréhension des modalités des crédits renouvelables… : « l’exclusion bancaire » toucherait entre 5 et 6 millions de personnes fragiles ou précaires, des bénéficiaires de minima sociaux aux personnes âgées en passant par les chômeurs, les jeunes ou les ménages surendettés.

« Il est urgent d’agir », alertent hier la Croix-Rouge, le Secours catholique et l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) dans un « Manifeste pour l’inclusion bancaire en France des populations fragiles ».

« Illettrisme de l’argent »

Car « l’exclusion bancaire provoque et aggrave la spirale de l’exclusion sociale », a souligné le professeur Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge française, lors de la présentation du document au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Ses conséquences sont « extrêmement graves », a-t-il expliqué : « privations » pour vivre avec un budget réduit par les frais bancaires, renoncement à financer des frais de santé ou un projet d’emploi, « mal-être personnel » qui peut aller jusqu’à la « rupture familiale ».

De fait, la législation n’a cessé d’améliorer l’accès aux services bancaires depuis l’instauration d’un « droit » à un compte en 1984, mais si 99 % des Français en possèdent désormais un, ils ne sont pas tous « égaux » lorsqu’il s’agit de l’"utiliser », souligne le Manifeste.

Problème de compétences : « pour certaines catégories de personnes, il existe un véritable illettrisme de l’argent », a expliqué M. Mattei.

Problème d’information et d’accompagnement aussi de la part des banques : « Le système bancaire est extrêmement performant pour tous ceux qui ont les moyens de rembourser et extrêmement exclusif pour tous ceux qui ne les ont pas », a relevé le président du CESE, Jean-Paul Delevoye. Associations et Unccas reconnaissent que les banques font des efforts, certaines même plus que d’autres, notamment la Banque Postale qui a dit « soutenir » l’initiative, dans un communiqué, mais cela reste « insuffisant », selon les associations.

Le Manifeste « ne prend pas en compte les progrès accomplis ces dix dernières années en matière d’accompagnement des personnes fragiles », répond Pierre Bocquet, directeur Banque de détail à la Fédération bancaire française (FBF).

Les banques font déjà beaucoup, dit-il : microcrédit accompagné, initiative pédagogique « Les Clés de la banque » avec un site internet et des dépliants distribués localement, partenariats dans les départements avec l’Unccas et les associations pour améliorer le suivi des clients en difficultés.

Elles ont aussi développé une « gamme de moyens de paiement alternatifs » (GPA) au chèque, avec « des services essentiels": pour 3 euros en moyenne par mois, le client est informé par SMS de la position de son compte et dispose d’une carte « à autorisation systématique », qui vérifie son solde avant le déblocage du paiement.

Mais pour les associations, il faut aller au-delà. Notamment créer un « institut public indépendant » qui « certifierait » les banques au regard de leurs actions, afin de les inciter à « améliorer leurs pratiques ».

Autre piste : « renforcer l’éducation budgétaire et financière » des clients via des plateformes locales apportant une aide « globale », sociale, budgétaire, juridique et psychologique.

 (Article extrait de "Vosges-Matin" du 8/12/2011)

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mercredi 23 novembre 2011

L'exemple allemand

De plus en plus, nos politiques à court d'idées se réfèrent à l'Allemagne. Voici une analyse de ce modèle trouvée sur le blog de René Heim (Désir d'avenir) :

70268787_p"Jamais le taux de chômage n'a été aussi bas (6,9%) en Allemagne depuis la réunification. Un véritable "miracle économique". Sauf si l'on tient compte des millions de chômeurs radiés ou des précaires dépendants de l'aide sociale, la précarité explose. Dans un pays sans salaire minimum généralisé, les temps sont durs pour les oubliés du miracle. De nombreux chômeurs trouvent du travail en intérim pour 2 ou 3 semaines pour remplacer le personnel fixe en congé. Sur un bon mois ils gagnent environ 850 euros mais dans ce cas ils perdent les allocations, y compris leur loyer payé. Donc ça ne vaut presque pas la peine d’aller travailler. Mais s’ils ne  font rien ils sont radiés de l’aide sociale. Bon nombres vivent d’alternance entre minimas sociaux et travail temporaire, dans des emplois peu qualifiants. Leur rêve est pourtant de trouver n’importe quel emploi pourvu qu’il soit fixe. En Allemagne, où la vigoureuse reprise observée depuis l’an dernier, qualifiée de miracle économique, est allée de pair avec l’augmentation du travail précaire. En 2010, 43 % des emplois créés étaient des contrats intérimaires, 42 % des contrats à durée déterminée (CDD) et seulement 15 % des contrats à durée indéterminée (CDI), selon le syndicat IG Metall. Le modèle allemand, tant vanté à l’étranger, s’accompagne aussi de niveaux de rémunération impensables dans d’autres pays européens. Selon l’Institut de recherche DIW, 1,2 million de personnes travaillaient en 2010 pour un salaire horaire brut de 5 € ou moins, au sein de la première puissance économique européenne. Et 5,8 millions touchaient moins de 8,5 € de l’heure. Il est vrai qu’il y a des gens qui ont deux ou trois emplois et qui ont quand même trop peu dans le porte-monnaie pour vivre. Ce n’est pas concevable dans une société qui se veut humaine. Au-delà du "miracle économique allemand", des voix s’élèvent pour dénoncer un maquillage des chiffres et une précarité institutionnalisée par la dernière législation du travail, des résultats impressionnants, mais en trompe-l’œil. Les réformes Hartz IV la mise en place d’un système qui, par vases communicants, a progressivement fait passer plusieurs millions d’allemands des listes de chômeurs à ceux de quasi-chômeurs ou travailleurs pauvres. Les bénéficiaires d’Hartz IV. Les 4,9 millions d’adultes sont en fait des chômeurs, des quasi-chômeurs qui travaillent moins de 15 heures par semaine ou des précaires. Les plus touchés sont les familles monoparentales et les seniors. Ils ne figurent pourtant pas dans les chiffres du chômage, qui ne prennent en compte que les bénéficiaires de l’Arbeitsolsengeld. Le gouvernement allemand répète qu’il n’y a que prés de 3 millions de chômeurs, ce qui serait effectivement historique. La réalité est toute autre, 6 millions de personnes touchent Hartz IV, ce sont tous des chômeurs ou des grands précaires. Le vrai chiffre n’est pas 3 millions de chômeurs mais 9 millions de précaires. Il faut compter également l’arrivée d’un million de chômeurs supplémentaires dans les années à venir. Suite à la dernière réforme des retraites, l’âge légal de départ a été relevé de 65 à 67 ans. Or, près d’un million de salariés disposent d'un contrat qui leur assure un départ à la retraite à leur 65ème année. Ils vont donc mécaniquement venir grossir les rangs des chômeurs. S’il s’agit d’un ajustement technique, les chiffres du chômage et les comptes sociaux pourraient se retrouver bouleversés pour une période de deux à trois années. Avec pour conséquence un faible niveau de pension une fois à la retraite."

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dimanche 13 novembre 2011

Athènes sera-t-il un nouveau Budapest ?

chars

Les Grecs manifestent pour protester contre les plans d’austérité qui succèdent aux plans d’austérité dans un pays ruiné. On pouvait penser que les gouvernants avaient compris le message du peuple et allaient en tenir compte. Hélas, non ! Pour toute réponse la Grèce va acheter 400 chars lourds "M1 Abrams" et 20 véhicules amphibie "AA7VA1" pour un montant de 1,28 milliards d'€ aux Etats-Unis, alors même que l'Europe et le tandem Merkel-Sarkozy exigeaient 7 milliards d'économies, et alors que le total des aides apportées à la Grèce par l’Europe et le FMI ont atteint la somme extravagante de 160 milliards d’euros pour un pays de 11 millions d’habitants. A titre de comparaison, l'armée française a en tout 400 chars Leclerc pour 65 millions d'habitants. On peut se demander alors à quoi vont servir ces chars. A remplacer dans le cadre des interventions de l'OTAN des pays comme la France ou l'Allemagne si prompts à imposer des diktats aux Grecs ? ou tout simplement à réprimer le peuple grec qui se révolte contre l'austérité ? Athènes bientôt un nouveau Budapest ? et l'Agora une nouvelle place Tien An Men ? Questions d'autant plus pertinentes que l'extrême-droite vient de faire son entrée au gouvernement. L'Europe avait été dès son départ conçue pour éviter de nouvelles guerres. Mais que nous prépare-t-on donc ? car il ne fait pas de doute que tous les dirigeants de l'Europe et de l'OTAN étaient au moins au courant de cet achat, si toutefois ils ne l'ont pas encouragé.

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samedi 13 février 2010

Grèce : aide européenne ou diktat ?

grie_f11Alors que nos quotidiens titrent : "L'Europe se déclare prête à voler au secours de la Grèce", la fonction publique grecque entre en grève. Ces salariés ont compris le message : "Le couple diabolique Sarkozy-Merkel veut leur imposer un plan d'austérité dont ils seront les seules victimes". En effet, le secours promis, bien que n'étant pas encore défini, n'aura lieu qu'en imposant au gouvernement Papandreou d'exécuter une politique de rigueur impopulaire, qui doit ramener le déficit budgétaire de 12,7% à moins de 3% en moins de 3 ans. Sarkozy vient d'ailleurs de déclarer : "Le consensus existe entre les 27!" Oui, mais pas avec les salariés qui en feront les frais. Dès la première journée de grève, à l'annonce des premières mesures (augmentation du prix de l'essence de 10%, blocage des salaires, ...), de nombreux secteurs ont été paralysés (écoles, universités, administrations, aéroport d'Athènes fermés, hôpitaux en service minimum, bus circulant sporadiquement), tandis que les agriculteurs bloquaient les grandes routes. A l'appel des partis de gauche, PASOK (parti socialiste) et KKK (parti communiste), et de tous les syndicats, plus de 20.000 manifestants, enseignants, agents hospitaliers, pompiers professionnels, ouvriers des ordures ménagères, techniciens, archéologues, élèves et étudiants ont manifesté à Athènes, alors qu'une autre manifestation d'importance se déroulait aussi à Thessalonique. Leurs slogans : "Non au diktat européen!" Un diktat que le couple franco-allemand et les banques veulent imposer à un pays où les salariés sont menacés par un chômage croissant à une vitesse vertigineuse, et où les lois sociales ne laissent aucune chance de s'en sortir, tel Nicos, cet ouvrier licencié en novembre, qui avec sa famille (le couple a en charge un enfant et la mère sans retraite) doit vivre avec 540 €/mois, alors que le loyer de son appartement est de 515 €! "Tous les salariés de la Communauté Européenne doivent s'unir pour lutter contre cette politique imposée par des dirigeants qui n'ont aucune notion de nos conditions de vie!", conclut Nicos. 

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mardi 26 janvier 2010

Chez nos voisins aussi, les communes s'appauvrissent

eineurojobLors des voeux de Nouvel An, aussi traditionnels chez nos voisins allemands que chez nous, de nombreux élus de villes et communes se sont plaint de la situation catastrophique de leur municipalité. La politique de décentralisation de l'Etat fédéral et la crise financière internationale ont supprimé de  nombreux moyens financiers et rendu nécessiteuses les villes et communes. Au total, pour 2009, l'endettement des collectivités locales s'est accru pour 2009 de 5 milliards d'€, alors que les rentrées d'impôts ont baissé de 7 milliards d'€, soit en moyenne un manque de 18% par municipalité. Certaines communes ont même subi une baisse de 60 à 80%. C'est le cas notamment dans les régions à forte industrialisation (automobile, métallurgie, matériaux de construction). En même temps, les dépenses du volet social se sont envolées, avec un record de 40 milliards d'€. Des experts financiers évaluent à 11 milliards d'€ le déficit de ces communes pour 2010. Comme en France où Nicolas Sarkozy a prévu la suppression de la taxe professionnelle, le nouveau gouvernement  ultra-libéral d'Angela Merkel a prévu de nombreux allègements fiscaux sur les entreprises, les gros héritages et les plus-values, ce qui va  encore réduire les recettes locales de 1,6 milliards d'€. Les quelques avantages obtenus par les familles (augmentation des allocations familiales de 20€/mois) vont leur être repris par les impôts locaux. De nombreux projets sociaux ont été abandonnés : foyers de jeunes, piscines, bibliothèques, théâtres et autres bâtiments à vocation culturelle. La "Süddeutsche Zeitung" dresse elle aussi un tableau sans concession : même dans la Ruhr, Leverskusen, une des communes les plus riches, se retrouve cette année dans un déficit de 106 millions d'€. Quant aux autres villes du "Ruhrgebiet", Oberhausen, Essen et Wuppertal, cela fait plusieurs années qu'elles sont dans cette situation. le même journal cite le président de la communauté urbaine et maire de Bautzen, Christian Schramm, qui explique : "Dans la capitale culturelle de Essen, des écoles primaires ont dû être fermées. A Remscheid, les lampadaires publics sont éteints toutes les nuits. Dans d'autres villes, on baisse de quelques degrés la température de l'eau dans les piscines. A Wüppertal, cinq piscines ont été fermées. Ces mesures étaient inimaginables il y a une dizaine d'années." Mais, là où la pauvreté est la plus visible, c'est Berlin. Alors que les aides sociales et les salaires souvent ne peuvent plus être servis ou ont été réduits, le nombre des "Ein-Euro-Job" bat tous les records. Bon nombre d'établissements sociaux sont fermés. Quant aux établissements financiers et aux banques, qui ont touché des centaines de milliards d'€ de l'Etat, les municipalités ne peuvent en espérer aucun soutien. Le triste résultat d'une politique libérale européenne généralisée...

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