mardi 15 octobre 2019

Algérie : la transition politique en suspens

Des foules importantes d'Algériens réclament toujours une transition politique radicale mais le chef d'état-major refuse de nouvelles concessions et tient à l'organisation de la présidentielle le 12 décembre. Les perspectives sont incertaines pour 2020.

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Le régime algérien s'accroche. Les manifestations hebdomadaires de millions d'Algériens ont abouti à la chute d'Abdelaziz Bouteflika en avril, mais pas encore à celle du « système ».

C'est ainsi qu'on désigne l'enchevêtrement opaque de clans affairistes politico-militaires qui tiennent le pouvoir depuis la fin de la guerre civile en 2002, voire l'indépendance en 1962. Le chef d'Etat-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, qui assume le pouvoir de facto depuis la chute de "Boutef", refuse d'entendre les revendications actuelles du mouvement de contestation, le « hirak » (soulèvement). Ce dernier a obtenu un premier report de la présidentielle anticipée, initialement prévue le 4 juillet mais repoussée au 12 décembre faute de candidats.

Demande de transition radicale

Une partie importante du peuple algérien réclame une transition radicale, avec notamment la démission des dirigeants de premier plan, mais ce qui reste du régime joue d'une peur du vide. Et force est de reconnaître qu'un consensus peine à émerger sur un mécanisme de transition au sein du « hirak » au sujet des hommes et des femmes devant la piloter.

L'armée réprime les manifestations depuis quelques semaines, à rebours de sa stratégie du printemps et procède à des arrestations d'hommes d'affaires, de cadres de l'ère Bouteflika et de militants démocratiques. L'impasse politique semble totale avec la perspective fin 2019 d'une élection présidentielle que le pouvoir veut organiser à tout prix, contre l'avis de l'opposition qui n'a pas présenté de candidats et de la rue qui promet de faire capoter le scrutin.

Les perspectives pour l'Algérie en 2020 sont d'autant plus délicates que la situation économique s'avère tendue, avec une croissance anémiée et une chute des réserves de la banque centrale. Les deux tiers des entreprises du BTP ont suspendu leurs activités dans l'attente d'un éclaircissement de la situation politique. (Yves Bourdillon, "Les Echos")

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dimanche 26 mai 2019

Wallis et Futuna : le cri d'alarme de la population

Dans le Pacifique sud, l'archipel français de Wallis et Futuna se meurt peu à peu selon ses habitants. Ils aiment profondément leur terre mais voient les jeunes générations s'exiler de plus en plus hors du territoire.

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"Chaque année, on ferme des classes."

"Les jeunes sont obligés de s'expatrier parce qu'il n'y a pas beaucoup d'avenir ici", constate Nadia Kavakava, institutrice à Wallis et Futuna, un archipel qui se vide inexorablement de sa population. "Les maisons abandonnées se multiplient. Des jeunes reviennent parfois après leurs études en métropole ou à Nouméa mais c'est au compte-goutte", explique cette trentenaire enjouée, qui a étudié quatre ans à Strasbourg.
Wallis et Futuna, des îles perdues au milieu du Pacifique

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Perdu au beau milieu du Pacifique, à 2.100 km à l'est de la Nouvelle-Calédonie, les îles de Wallis et Futuna forment le territoire français le plus éloigné de la métropole (22.000 km) et l'un des plus atypiques. Trois pouvoirs y cohabitent: l'Etat, les monarchies coutumières, et l'église catholique, toute puissante. L'archipel est découpé en trois royaumes - un à Wallis et deux à Futuna -, doté chacun d'un roi et de "ministres". Rétribués par l'Etat, ils perpétuent les us et coutumes polynésiens, qui ont fusionné, depuis l'évangélisation en 1837, avec les croyances religieuses. Représentant l'autorité de la France, l'administrateur supérieur (préfet) gère l'archipel, en étroite collaboration avec le Conseil du territoire, où les rois siègent de droit. L'Assemblée territoriale compte 20 élus, mais la réalité du pouvoir est entre les mains des familles royales et des prêtres.

Isolées et dépourvues de ressources, ces îles se dépeuplent.

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En dix ans, la population s'est érodée de 20% et ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 12.197 habitants. Parallèlement, le taux de fécondité est passé de 4,5 enfants par femme en 1983 à 2,1, en 2013. "Dans cinq ans, cet archipel est mort, des familles entières partent chaque mois. On crée 15 emplois par an à Wallis, les jeunes sont condamnés à l'exil", confie un commerçant d'origine métropolitaine. Sur les 2.155 salariés, 60% travaillent dans la fonction publique et semi-publique, où les salaires indexés sont confortables, tandis que le secteur privé, dominé par quelques commerces en situation de monopole, est sclérosé. La majorité de la population vit d'agriculture, de pêche et d'artisanat, créant une société fortement inégalitaire, aggravée par une fiscalité reposant uniquement sur les taxes à l'importation et aucun impôt direct.

"On est tous sur Facebook"

Fenêtres sur le monde, internet et la TNT incitent en outre les jeunes, souvent lassés des impératifs de la coutume et de l'église, à plier bagages. "On est tous sur Facebook, on y passe des heures pour faire des connaissance et parler avec la famille en France ou en Australie. C'est triste Wallis pour les jeunes et il n'y a pas de débouchés", lâche Lovaïna, en terminale dans l'unique lycée de ce bout du monde.

Une économie "peu propice au développement"

Chaque année, la France injecte dans ces terres lointaines 120 millions d'euros, dont une grande partie est consacrée au traitement des fonctionnaires d'Etat détachés. Le Fonds Européen de développement (FED) octroie tous les cinq ans entre 10 et 15 millions d'euros mais l'économie ne décolle pas.

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"L'organisation en place ne permet pas d'attirer les investisseurs car on ne peut pas acquérir de foncier. Il faudrait libérer du foncier", a expliqué à l'AFP, Michel Auboin, préfet dans l'archipel. Toutes les terres sont coutumières et, en l'absence de cadastre, elles sont souvent sujettes à des revendications contradictoires, qui paralysent les projets.

En janvier, la Cour des Comptes avait préconisé une modernisation de l'organisation juridique et institutionnelle de Wallis et Futuna, jugeant le statut de 1961 "peu propice au développement".

Une migration vers la Nouvelle-Calédonie et la métropole

Faute d'avenir chez eux, Wallisiens et Futuniens migrent donc en masse en Nouvelle-Calédonie où la communauté est estimée à plus de 25.000 personnes. Amorcé dans les années 1970 par la construction d'un barrage et le "boom" du nickel, leur flux ne s'est depuis jamais tari. Plusieurs milliers de Wallisiens et Futuniens sont également installés en Métropole. (Source : AFP - Mata'Utu) 

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jeudi 20 septembre 2018

Le capitalisme s’auto-dévore au niveau mondial

Après la dégringolade de la bourse de Shanghai, les bourses du monde suivent le pas. En perdant en une journée les bénéfices réalisés en une année. On prend les paris - ce seront nous qui épongerons ces pertes.

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Il fallait s’y attendre – les bourses ne peuvent pas éternellement gagner de l’argent qui vient de nulle part. Et depuis le début de la semaine, c’est la dégringolade. Shanghai, Wall Street, Paris, Francfort, Tokyo – partout, les indices boursiers ne cessent de baisser. La compassion pour ces pertes reste toutefois limitée – même si, comme toujours, ce seront les citoyens et citoyennes qui devront régler l’ardoise. On nous dira une nouvelle fois que les spéculateurs-investisseurs soient «indispensables au système» et cela suffira comme justification pour injecter des milliards et des milliards dans ce système financier et boursier corrompu.

Le CAC 40 à Paris, le DAX à Francfort; Dow Jones et le NASDAQ à New York, les bourses à Athènes, Tokyo, Shanghait – toutes ont vécu un debut de semaine que l’on doit qualifier de «krach».

Les «traders» sont restés bouche bée devant les courbes sur leurs écrans qui montrent  les transactions effectuées par ordinateur sans aucune intervention humaine, mais pour une fois, ces automatismes n’ont pas généré de l’argent, mais ils en ont brûlé. On estime que le début de cette semaine aura coûté 3 billions d’euros à l’économie mondiale. Est-ce que le capitalisme tel qu’on le connaît, toucherait à ses limites ?

Si les responsables ne pouvaient pas trouver le moyen pour faire payer les autres, selon la bonne vieille devise «on privatise les bénéfice et on socialise les pertes», on pourrait même s’en frotter les mains. Car ce système boursier n’est autre qu’un casino géant où des boutonneux sortant des grandes écoles peuvent parier des sommes inimaginables sur des bénéfices ou des pertes. Tant que ce système fonctionne, «les marchés» sont heureux, encaissent des fortunes sans produire quoi que ce soit, sans donner de vraies impulsion à l’économie réelle, mais dès que la bourse tousse quelque part dans le monde, tout le monde en tombe malade.

Le meilleur moyen pour éviter ces «catastrophes boursières», serait de les abolir. Il est inconcevable que des start-ups n’ayant jamais gagné le moindre cent, soient évaluées plus fort que des entreprises industrielles vieilles de centaines d’années. Ce système est profondément malade et corrompu, et constitue peut être le plus grand fléau de notre époque. Combien de temps encore allons-nous accepter que ce soient ces «marchés» qui décident du bien-être de peuples entiers ? (selon "Euro-journalists")

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mardi 12 juin 2018

Endettement africain

Les dessous de la dépendance

AfriqueLe fléau de la dette africaine fait toujours couler beaucoup d’encre, de mots et de maux. Les « requins » de la finance mondiale sont pointés du doigt à juste titre, mais sont-ils vraiment les seuls responsables ? Certes les financiers ont une responsabilité mais les Etats africains emprunteurs ne sont pas innocents : dépenses expansives ; dépendance aux seules matières premières ; fiscalité dissuasive et mal gérée ; mauvaises habitudes consécutives aux remises de dettes multiples. La liste est longue.

Selon le rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales (2017), le nombre de pays à faible revenu surendettés ou risquant de le devenir est passé de 7 en 2013 à 12 en 2016. Il y en a même qui se sont déclarés en défaut de paiement comme le Mozambique, en janvier 2017. Une histoire qui semble se répéter en dépit des séquelles indélébiles des anciennes crises de l’endettement. Alors, pourquoi les vieux démons de la dette reviennent encore roder autour du continent africain ?

 A qui la responsabilité ?

 Pour beaucoup d’Africains, les « requins » de la finance internationale, de façon générale, et les institutions de Bretton Woods en particulier, sont les seuls responsables de l’endettement sans fin des pays africains. Sans dédouaner ces acteurs de leur part de responsabilité, il est désolant de constater que les premiers responsables du boulet de la dette que traînent les pays africains à leurs pieds depuis des décennies sont avant tout leurs propres dirigeants.

 D’abord, l’augmentation rapide de la dette des pays africains est la conséquence des politiques budgétaires expansionnistes. Il s’agit des dépenses dans des infrastructures pharaoniques (« les éléphants blancs ») pas toujours en adéquation avec les besoins urgents de la population ; de nombreuses subventions distribuées pour des raisons politiciennes, du nombre pléthorique et souvent mal utilisé des fonctionnaires de l’administration, etc. Ces dépenses souvent improductives sans retour rapide sur investissement entrainent inéluctablement des déficits publics et rendent l’endettement incontournable.

 La dépendance aux matières premières

 Ensuite, la dépendance des économies africaines rentières aux cours des matières premières apparait comme un facteur favorisant l’endettement. Des indépendances jusqu’à ce jour, les pays africains au sud du Sahara n’ont pas réussi la transformation structurelle susceptible de diversifier leurs économies. Ces dernières mono-productrices restent très vulnérables aux fluctuations des cours de matières exportées à l’état brut. Ainsi, une baisse significative des cours de ces matières premières se traduit par une chute des ressources, de laquelle nait des déficits importants. Pour les financer, les dirigeants africains ont souvent recours à l’endettement. A titre d’illustration il faut noter que à la suite de la chute du prix du cacao en 2017, premier produit d’exportation de la Côte d’Ivoire, le gouvernement ivoirien a sollicité et obtenu auprès de la France un appui budgétaire pour le financement de son déficit budgétaire d’un montant de 65,6 milliards FCFA. Cette exposition aux chocs sur les prix des matières premières est accentuée par l’absence de politique contra-cyclique. En effet, au lieu d’économiser en période de vache grasse, pour financer leurs dépenses en période de vache maigre, les gouvernements africains font l’inverse. Ils dépensent trop lors des périodes de boom en s’engageant dans des projets coûteux et improductifs, et quand les cours des matières premières baissent ils manquent de ressources et sont obligés de s’endetter pour boucler leurs budgets.

 La faiblesse des recettes

 Par ailleurs, la faiblesse des recettes de l’Etat constitue aussi un facteur favorisant l’endettement. Le niveau des recettes fiscales représente moins de 20% du PIB de ces pays ; un niveau largement inférieur à celui des pays de l’OCDE. De plus, la pression réglementaire et fiscale des Etats incite les entreprises formelles à se cacher et frauder pour échapper au poids écrasant de la fiscalité. Elle encourage aussi celles qui sont déjà dans l’informel à y demeurer. Ce secteur est une composante essentielle de la plupart des économies subsahariennes, où sa contribution au PIB s’échelonne entre 25 % et 65 %. Donc au lieu de faire des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et faire sortir les entreprises de l’informel et accroitre leurs recettes fiscales, les dirigeants africains choisissent la voie de la facilité en continuant de s’endetter.

 Les remises de dettes

 Enfin, l’accoutumance aux différents mécanismes de réduction de la dette pourrait expliquer la tendance des dirigeants africains à vouloir toujours s’endetter. Depuis le milieu des années 70, les créanciers des pays africains ont élaboré différents mécanismes de réduction de la dette. Ainsi, les mécanismes comme les Plans Baker et Brady, les Termes de Toronto (1988), les Termes de Londres (1991), les Termes de Naples (1995) et les Termes de Lyon (1996) et plus récemment l’initiative PPTE renforcée et l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) ont été mis en place pour la réduction de la dette. Les dirigeants africains semblent s’être accoutumés à ces mécanismes, dans le sens où même s’ils adoptent de mauvaises politiques publiques ils ont un filet de sécurité permettant de les protéger en gommant leurs erreurs. Ils n’ont plus d’incitations suffisantes pour combattre les causes de l’endettement conduisant toujours au ré-endettement.

 Comment sortir du cercle de la dette ?

Somme toute, pour pouvoir résister à la tentation de la dette, les dirigeants africains doivent d’abord améliorer la qualité des dépenses publiques à travers l’augmentation de l’efficience des dépenses, la redéfinition des dépenses prioritaires et la mise en œuvre d’une politique macroéconomique saine. Il s’agit aussi pour l’Etat de se consacrer à ses fonctions régaliennes en cédant certaines activités au secteur privé. Ensuite, il apparait urgent d’augmenter les recettes fiscales des pays africains. Ces derniers doivent renoncer à la facilité et faire des réformes pour l’accroissement de la base imposable. Il s’agit d’améliorer l’environnement des affaires en réduisant la pression réglementaire et fiscale pour attirer le secteur informel vers le formel et augmenter ainsi les ressources de l’Etat et réduire le recours à l’endettement extérieur. Enfin, il est indispensable de faire de la transformation structurelle des économies africaines la priorité pour amoindrir les effets des chocs consécutifs aux fluctuations des cours des matières premières. Bref, il faut sortir de l’économie de rente et aller vers l’économie productive du marché.

 KRAMO Germain, analyste économiste ivoirien.

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samedi 10 mars 2018

La guerre Bouygues - Bolloré se déplace vers l'Inde

Le très opportun voyage de Macron

bollor_Décidément, quand les frères capitalistes ennemis se disputent, Sarkozy et Macron ne sont jamais bien loin. C'est la raison, semble-t-il, notamment du voyage en Inde de notre président.

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Il est vrai que Bouygues était installé dans ce pays depuis 2016, suite à une visite d'un certain Nicolas Sarkozy qui a certes visité le musée Gandhi à New Delhi le 13 avril de cette année (ça c'est pour les medias) mais qui avait aussi mis en avant Bouygues pour la réalisation de deux condominiums à Bombay. 

Alors aujourd'hui, que va faire le nouveau concurrent en Inde, si ce n'est soutenir le concurrent Bolloré. Car, comme par hasard, après l'Afrique où vient de séjourner Sarkozy (Rwanda, Côte d'Ivoire) en compagnie du fils Bolloré, après le passage de Macron et Bouygues pour la construction du métro d'Abidjan, et que Bolloré, en compensation, avait obtenu la construction de lignes de chemin de fer Abidjan - Ouagadougou - Lomé, voilà que le partage français se déplace vers l'Inde. L'équilibre Bouygues - Bolloré va être rétabli, car l'opérateur français va obtenir la concession pour l'aménagement et l'exploitation du terminal portuaire de Tuticorin, juste en face du Sri Lanka (port qui est en plein développement). Il est vrai que Bolloré, en matière portuaire, est un fin connaisseur, puisqu'après l'Afrique (Côte d'Ivoire, Cameroun) le voilà qui après avoir investi dans deux plates-formes portuaires au Bangladesh (Chittagong, premier port de ce pays, et Payra) se retourne vers le voisin indien qui est sur le point de ravir à la France la cinquième place du développement mondial.

Alors, c'est logique : le "made in China" va petit à petit être remplacé par le "made in India", pour des raisons de coût de la main d'oeuvre. La Chine est devenue trop chère dans ce domaine ! Alors, vive l'Inde aux salaires de misère qui va enrichir un peu plus le tandem Bouygues - Bolloré et autres gros capitalistes, au détriment des ouvriers locaux qui resteront pauvres d'entre les pauvres. Et nos gouvernants passés et actuels soutiennent cette politique d'exploitation des peuples.

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samedi 14 janvier 2012

La France perd son "AAA" !

photo_1326467523312_5_0"La France perd son triple A", a souligné cette source sous couvert de l'anonymat, ajoutant que d'autres pays allaient sans doute subir le même sort. L'agence a informé vendredi ces gouvernements de sa décision, selon la source.

Standard & Poor's (S&P) menace depuis le 5 décembre d'abaisser la note de 15 Etats de la zone euro, dont les six notés "triple A" (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Luxembourg et Pays-Bas), une distinction qui leur permet d'emprunter à moindre coût sur les marchés de la dette.

L'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg vont conserver leur "triple A", tandis que la Belgique serait aussi épargnée par cette dégradation collective, selon la même source. Ce pays est actuellement noté "AA", soit deux crans en-dessous du meilleur niveau.

Les places financières européennes sont tombées dans le rouge vendredi en début d'après-midi après la diffusion de ces informations. L'euro a aussi accusé une forte baisse par rapport au dollar.

L'agence d'évaluation financière s'est refusée à tout commentaire. Interrogé par l'AFP, Bercy s'est "refusé à tout commentaire".

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vendredi 6 janvier 2012

La France, maillon faible du club AAA !

70989727Ceux qui croyaient que la zone euro avait été sauvée grâce à l’intervention massive de la Banque centrale européenne (BCE) fin 2011 doivent déchanter en ce début d’année. On sentait en effet hier un vent d’inquiétude à nouveau souffler en raison de plusieurs nouvelles défavorables. Difficile toutefois de faire le tri et de mesurer ce qui a le plus pesé.

Signe évident que la confiance n’est pas revenue : les banques de la zone euro ont déposé 453,18 milliards d’euros auprès de la BCE entre mardi et mercredi, soit un nouveau record absolu, a annoncé l’institution monétaire européenne et ce, malgré ses efforts de fournir les banques en liquidités.

Dans ce climat de fébrilité, de nouvelles rumeurs ont circulé sur un abaissement imminent de la note souveraine de pays de la zone euro (dont notamment la France), qui avaient déjà lourdement pesé sur la devise en fin d’année après les mises en garde successives des agences de notation financière. L’impact sur les changes a été immédiat : l’euro est retombé sous la barre de 1,30 dollar.

Avec son endettement et son niveau de déficit, la France est désormais perçue comme le maillon faible du "club triple A" des six pays de la zone euro qui disposent encore de la meilleure note de crédit possible (Allemagne, Autriche, Finlande, France, Luxembourg et Pays-Bas). Plus que jamais, "la question de l’équilibre des pouvoirs se pose si la France est dégradée la première", estimait hier l’économiste de Deutsche Bank à Londres. Berlin serait dans une position très délicate. Ceci explique sans doute en partie pourquoi l’Allemagne n’a pas fait un tabac mercredi avec son premier emprunt obligataire à 10 ans de l’année, en dépit du statut de valeur refuge du Bund.

Des inquiétudes concernant les pays périphériques ont également surgi hier. La Grèce se prépare à une "très difficile négociation" avec ses bailleurs de fonds pour débloquer le nouveau prêt promis par la zone euro fin octobre, a averti lundi le porte-parole du gouvernement, alors que le Premier ministre, Lucas Papademos, avait mis en garde samedi contre le risque d’une "faillite désordonnée" et d’une sortie de l’euro.

Par ailleurs, selon plusieurs médias espagnols, Madrid est intervenu pour aider la région de Valence (est) qui ne pouvait pas payer une dette de plus de 100 millions d’euros alors que les finances régionales pèsent de plus en plus sur le déficit du pays.

En Italie, ce sont les propos des uns et des autres qui ont pesé sur le moral. "Je crois que le risque le plus grave pour l’Italie n’est pas de devoir faire un autre plan de rigueur mais de devoir demander l’assistance au FMI comme le suggèrent les milieux financiers ou européens", a déclaré Giulio Tremonti, ancien grand argentier du gouvernement de Silvio Berlusconi au "Corriere della Sera".

(article de "La libre Belgique")

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mercredi 7 décembre 2011

Un avis autorisé sur les agences de notation

Jean-Pierre Chevènement était l'invité du matin sur France Info, mardi 6 décembre 2011. Il répondait aux questions de Raphaëlle Duchemin.

 

  • Je pense que les notations des agences ont quelque chose d'ubuesque. Ces agences demandent à la fois la réduction des déficits et son contraire : la croissance
  • Il y a quelque chose de très politique, en fait, dans leur appréciation. Les agences sont la partie émergée d'un système qui oppose les marchés financiers et les peuples et dont l'enjeu est la démocratie.
  • Avec le système globalisé on a supprimé toute entrave aux mouvements de capitaux. Je pense qu'il faut, aujourd'hui, remettre un peu de viscosité dans le système et faire que les peuples retrouvent leur souveraineté
  • A propos du traité européen annoncé par N. Sarkozy et A. Merkel : Ce traité repose sur un mauvais diagnostic de la crise de l'euro. Celle-ci ne vient pas seulement des déficits budgétaires. Elle vient surtout des différences de compétitivité qui se sont creusées depuis 13 ans. On voit, par exemple, que l'Allemagne a gagné 15 points de compétitivité sur la France, grâce à une politique de déflation salariale
  • Ce traité est à contre-sens. Il prévoit une Europe de plus en plus disciplinaire.
  • François Hollande a eu raison de dire que cette idée de traité est mauvaise car elle n'est pas dans les temps. La crise de l'euro menace dans les quelques mois voire semaines à venir. et le traité, dans l’hypothèse la plus favorable, ne sera ratifié que dans 18 mois
  • La seule menace d'une intervention de la BCE ferait reculer la spéculation, mais nous sommes bien obligés de constater que notre partenaire allemand est prisonnier d’une sorte de fixisme idéologique
  • Il faut discuter de tout dans un esprit fraternel avec nos amis allemands. Nous avons des intérêts qui peuvent être différents mais à long terme je crois qu’ils sont géopolitiquement et stratégiquement les mêmes. Nous continuerons ensemble notre histoire ou nous en sortirons.
  • Le propos de François Hollande m’a paru plein de bon sens. La priorité doit être à l’action immédiate et pas à la conclusion d’un traité coercitif qui débouche sur une Europe régressive. On a devant nous les 10 années perdues dont parle Mme Lagarde, avec une récession massive.
  • Concernant le droit de vote des étrangers : Je ne suis pas désireux de me laisser instrumenter dans un débat piégé. Je suis pour l'intégration des étrangers et pour faciliter la naturalisation de ceux qui la demandent. Le saucissonnage de la citoyenneté n'est, en revanche, pas une bonne chose. Il serait plus raisonnable de rester dans la voie classique de la naturalisation mais en accélérant les procédures, contrairement à ce que fait l'actuel gouvernement.

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dimanche 13 novembre 2011

Athènes sera-t-il un nouveau Budapest ?

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Les Grecs manifestent pour protester contre les plans d’austérité qui succèdent aux plans d’austérité dans un pays ruiné. On pouvait penser que les gouvernants avaient compris le message du peuple et allaient en tenir compte. Hélas, non ! Pour toute réponse la Grèce va acheter 400 chars lourds "M1 Abrams" et 20 véhicules amphibie "AA7VA1" pour un montant de 1,28 milliards d'€ aux Etats-Unis, alors même que l'Europe et le tandem Merkel-Sarkozy exigeaient 7 milliards d'économies, et alors que le total des aides apportées à la Grèce par l’Europe et le FMI ont atteint la somme extravagante de 160 milliards d’euros pour un pays de 11 millions d’habitants. A titre de comparaison, l'armée française a en tout 400 chars Leclerc pour 65 millions d'habitants. On peut se demander alors à quoi vont servir ces chars. A remplacer dans le cadre des interventions de l'OTAN des pays comme la France ou l'Allemagne si prompts à imposer des diktats aux Grecs ? ou tout simplement à réprimer le peuple grec qui se révolte contre l'austérité ? Athènes bientôt un nouveau Budapest ? et l'Agora une nouvelle place Tien An Men ? Questions d'autant plus pertinentes que l'extrême-droite vient de faire son entrée au gouvernement. L'Europe avait été dès son départ conçue pour éviter de nouvelles guerres. Mais que nous prépare-t-on donc ? car il ne fait pas de doute que tous les dirigeants de l'Europe et de l'OTAN étaient au moins au courant de cet achat, si toutefois ils ne l'ont pas encouragé.

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lundi 31 octobre 2011

La Chine va-t-elle sortir l'Europe de la crise ?

« Il s'agit d'une visite régulière, pour tenir des consultations de stade préliminaire » précise Klaus Riegling, le directeur du Fond Européen de Sauvetage Financier (FESF), en visite à Pékin. Les micros du monde entier sont tendus vers lui dans une salle de presse des plus combles, mais il n'hésite pas à les décevoir : « Il n'y aucune négociation en cours avec la Chine. »

La Chine entre les lignes

L'annonce qu'ils attendent tous, c'est celle de la participation de la Chine au fond de secours, à hauteur de quelques dizaines, pourquoi pas quelques centaines de milliards d'euros. Mercredi soir, les dirigeants européens ont décidé d'augmenter la « puissance de feu » de leur mécanisme anti-crise.

Pour « éviter la contagion » de la dette, ils ont ouvert les portes du FESF aux entreprises privés et aux pays émergents. Entre les lignes de l'accord, c'est une contribution de la Chine qui est recherchée.

Pour preuve, le Président français a appelé son homologue Chinois dès le lendemain matin. Difficile de savoir ce que M. Hu et M. Sarkozy se sont dit, les médias chinois se limitant à rapporter que «La Chine espère que l'ensemble de ces nouvelles mesures contribueront à stabiliser les marchés financiers européens».

Pékin ne dit pas non

Pas intéréssés les Chinois ? Si, selon le Financial Times, citant des “sources proches du gouvernement de Pékin”. La Chine réfléchirait à investir “entre 50 et 100 milliards de dollars” pour aider la zone euro. La même source ajoute que si les conditions proposées par l'Europe sont suffisamment avantageuses, “quelque chose au dessus de 100 milliards de dollars n'est pas inconcevable”.

Et si le gouvernement chinois n'a pas confirmé vouloir abonder le fond européen, il a plusieurs fois manifesté de l'intérêt pour la question (Voir la Vidéo). Jeudi, un porte-parole du ministère des Affaires Etrangère a de plus indiqué que la Chine “explorait les moyens de renforcer la coopération bilatérale sur la base d'un bénéfice réciproque”. En clair, Pékin s'intéresse mais ne s'engage à rien. Et surtout attend de voir ce qu'on lui offre.

Négociations, quelles négociations ?

Car c'est bien là l'épine du dossier. Difficile pour le moment de savoir à quoi prétendra la Chine autour d'une hypothétique table de négociation, mais le fait est qu'elle s'y installera confortablement. Avec des réserve de change de 3200 milliard de dollars, les pays européen savent qu'elle est la seule à pouvoir rassurer les marchés, qui palpitent déjà à l'idée d'un soutien du géant oriental.

Le président Français s'est d'ailleurs exprimé sur le sujet lors de son intervention télévisée de jeudi soir. « Il faut que la Chine investisse davantage de moyens pour relancer l'économie mondiale », a-t-il déclaré sur TF1. Nicolas Sarkozy aimerait faire passer ce coup de pouce comme un devoir moral devant les Français, mais nul doute que l'argument n'aura que très peu de poids dans une négociation financière.

Des négociations, quelles négociations ? « Si les Chinois, qui ont - si mon souvenir est exact - 60% des réserves mondiales, décident de les investir dans l'euro plutôt que dans le dollar, pourquoi le refuser? Y a rien à négocier! ». Tout va bien, donc, l'« immense partenaire » chinois fait à l'Europe une fleur à 100 milliards.

Risque de dépendance

Un avis qui n'est pas partagé par tout le monde. En France et en Europe, médias et politiques débattent de l'implication Chinoise avec un lexique anxieux : « risque de dépendance », « bradage notre économie » et autres « solution du désespoir ».

Pourquoi tant de craintes ? Philippe Ricard, correspondant du Monde à Bruxelles, explique sur son blog que les diplomates européens n'ignorent pas les conditions de la Chine :
« Elle demande davantage d'ouverture sur le marché européen, elle exige de recevoir enfin le statut d'économie de marché, que les Européens lui refusent depuis des années; elle encourage aussi les Etats à mettre en place des plans d'économie budgétaire et de réformes pour pouvoir se redresser. »

Tout un programme, ajouté à une autre condition, explique lemonde.fr une plus grande implication du FMI, dont l'expertise et le cadre juridique rassurent.

"Mauvaise solution"

Le prix de la manne pékinoise est un peu élevé aux yeux de certains, dont Daniel Cohn-Bendit, sur France-Info. Le député européen parle d'une « mauvaise solution, politiquement dangereuse », et indique que d'autres réponses étaient possibles, notamment via des « eurobligations ». (Voir la vidéo)

Comme la plupart de la gauche européenne, François Hollande émet des réserves. Au micro de TF1, il s'interroge : « Peut-on penser que le fait de se mettre, ne serait-ce qu'en partie, entre les mains de ces nations avec lesquelles nous avons par ailleurs à négocier sur le front monétaire et commercial nous mettra en capacité d'obtenir des résultats positifs pour l'Europe ? »

Les opposants de cet accord dénoncent aussi le manque de clarté des conditions de mise en œuvre de l'ouverture du FESF aux pays étrangers, et des montants exacts du fond spécial qui leur sont dédiés. Un avis partagé par... la Chine. Zhu Guangyao, vice-ministre des finances a indiqué que la Chine « attends des détails techniques pour y voir clair et entreprendre des études sérieuse avant de décider ».

(Claude LELY dans "Aujourd'hui la Chine")

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