mercredi 17 avril 2019

Incendie à Notre-Dame

La colère des historiens

incendie

Au lendemain du terrible incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, les spécialistes en art tirent la sonnette d'alarme sur l'entretien des monuments.

"C'est l'incendie de trop". Les architectes et historiens sont en colère. Invités sur Franceinfo et BFMTV, au lendemain de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ils estiment que ce drame aurait pu être évité et pointent le manque d'entretien des bâtiments historiques en France.

Alexandre Gady, historien de l'art, estime que l'édifice est malheureusement "perdu".

"On ne va pas reconstruire Notre-Dame, on va la réparer. Mais on l'a perdue. On se dit qu'un tel édifice, dans une ville comme Paris, dans un pays qui est la sixième puissance mondiale, ça a un côté profondément dérisoire d'assister impuissant à ce qu'il s'est passé", se désole-t-il sur Franceinfo.

La problématique de l'eau


Outre la charpente, datant du XIIIe siècle, partie en fumée, l'historien Alexandre Gady s'inquiète de la quantité d'eau qui a été déversée dans la cathédrale par les pompiers pour éteindre les flammes. "Le pire ennemi de l'architecture, ce n'est pas le feu paradoxalement, mais l'eau qui a été déversée pour sauver la cathédrale, qui va se retourner contre elle. Il va y avoir des infiltrations, des champignons, et un taux d'hydrométrie qui va mettre en danger les œuvres qui sont encore à l'intérieur", détaille-t-il sur BFMTV.

L'historien de l'art pointe par ailleurs le manque de budget alloué au patrimoine. "Nous disons depuis des années que le budget des monuments historiques est trop faible, qu'on en fait une variable d'ajustement, mais à un moment, ça devient des problèmes de sécurité graves",estime-t-il au micro de Franceinfo. Et d'ajouter :"L'état du patrimoine n'est pas du tout à la hauteur du niveau d'un grand pays. On a rogné sur les budgets, cherché des pis-aller, jusqu'au dernier, le loto du patrimoine. Tout ça est bien sympathique, mais le patrimoine, c'est une charge régalienne, c'est l'image de la France, c'est notre histoire ! À force de faire des petits bouts de trucs à droite et à gauche, on finit par le mettre en danger."

La responsabilité de l'État ?


Une négligence qui est visible dans d'autres églises parisiennes, selon Didier Rykner, rédacteur en chef du magazine la Tribune de l'Art, à BFMTV."J'ai visité il y a quelque temps l'église de la Madeleine. J'ai pris des photos de prises électriques dans tous les sens... ce n'est absolument pas aux normes. Demain, la Madeleine peut flamber. Il faudrait que madame Hidalgo se rende compte que les églises de Paris sont dans un état désastreux", assure Didier Rykner, qui demande à l'État de "prendre sa responsabilité" dans ce drame. (selon "Orange News")

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mardi 16 avril 2019

Notre-Dame de Paris en flammes

Les images de l'effondrement de la flèche 

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jeudi 28 juin 2018

Inondations en Afrique : arnaqués deux fois

Abidjan. Une opération de déguerpissement des constructions anarchiques et du curage du caniveau principal au niveau de la Rue Ministre (Riviera Palmeraie) a démarré ce samedi suite aux instructions du Gouvernement.

Deguerpissement_Rue_Ministre_0018Les inondations ont passé en Afrique, notamment à Abidjan, où l'une des rues les plus touchées est la "rue ministre" (évidemment pas la "rue des ministres"). Certains habitants avaient déjà été arnaqués à l'achat de leur maison : les raccordements sanitaires, bien que payés, n'ont pas été réalisés, et la construction s'était faite directement sur le caniveau. On imagine le résultat lors de ces fortes pluies.

Et voilà comment sont secourus ces victimes : elles reçoivent une légère obole de 1500 € environ et sont priées de déguerpir.  Leur maison sera rasée. Pour les autorités ivoiriennes le problème est réglé.

Ah j'oubliais : officiellement, les inondations ont fait 20 morts ! Les familles ont touché aussi 1500 € par décès pour frais d'obsèques. L'Etat ivoirien, avec à sa tête un certain Ouattara, a débloqué ces sommes sur une banque suisse où le président possède des comptes personnels. Un généreux donateur qui n'oubliera pas de rappeler son effort personnel lors des élections de 2020.

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mardi 24 octobre 2017

Mexique : Un mois après un séisme dévastateur

Une ONG se préoccupe du sort des enfants

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Au moins 226 000 enfants restent directement impactés par le terrible séisme du 19 septembre qui a secoué le Mexique et ces conditions de vie précaires menacent les plus vulnérables un mois après la catastrophe selon l’organisation qui défend les droits de l’enfant à travers le monde, Save the Children.

«En situation d’urgence, les enfants deviennent vulnérables à la maltraitance, à l’exploitation, à la violence ou à la négligence. Il est impératif de mettre en place tous les mécanismes permettant de protéger les enfants», a expliqué María Menéndez de Save the Children.

Plus de 226 000 enfants se trouvent actuellement dans des abris et des camps de fortune, ou encore à la rue selon une enquête de Save the Children.
La représentante exécutive de l’ONG au Mexique, María Menéndez, a averti que le chiffre estimé est peut-être plus élevé encore parce qu’il n’y a pas de recensement officiel du nombre de personnes sans-abri après la terrible catastrophe qui a frappé la population.

La représentante estime que les autorités mexicaines n’ont pas appliqué les protocoles usuels dans ce genre de situation afin d’assurer la sécurité, la protection des mineurs et des familles touchées (plus de 250 000 personnes privées d’un toit sur la tête) après le tremblement de terre.

Ces familles ont été forcées d’abandonner les abris qui sont pour la plupart des tentes de fortune dans le but de se réinstaller dans leurs maisons endommagées de peur d’être dépouillées de leurs biens. Une situation qui les expose à des risques plus importants en raison de la détérioration des zones où ils résident.

L’enquête de l’ONG a également montré que la plupart des écoles sont restées fermées et qu’il n’y a pas de contrôle des allers et venues dans les refuges, ce qui oblige beaucoup d’enfants à rester dans la rue toute la journée.

Save the Children a détecté l’absence de dossiers concernant le recensement des enfants sinistrés, et le fait qu’ils peuvent passer de longues périodes sans la présence d’un adulte.

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Le séisme de magnitude 7,1 qui a frappé le Mexique le 19 septembre a fait 369 morts et 214 blessés et a endommagé plus de 1 500 bâtiments, selon les chiffres des autorités mexicaines.

Les sinistrés désabusés dénoncent les actions du gouvernement d’Enrique Peña Nieto qui ne suffisent pas à combler le manque de logements, les dégâts sont estimés à plus de 8 milliards de pesos (550 millions de dollars environ) seulement dans le centre historique de la capitale. 

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Save the Children affirme dans son rapport« Nous devons réduire les risques encourus par les enfants dès que possible. Pour cette raison, Save the Children cherche à travailler main dans la main avec les autorités et les communautés où nous opérons pour nous assurer que tous les refuges suivent les protocoles pour la protection des enfants ».

Selon les données du gouvernement, plus de 86 657 ménages ont subi des dommages totaux ou partiels dus aux secousses telluriques obligeant les familles à déménager dans des foyers gérés par les autorités, dans des camps organisés par les membres mêmes de la communauté ou dans des foyers familiaux.
L’organisation travaille avec 2 270 enfants et adolescents dans 35 abris ou camps, dans les zones affectées de Puebla, Mexico, Oaxaca et Morelos, transformées en espaces d’échange où les enfants reçoivent un soutien psychosocial et matériel pour couvrir leurs besoins fondamentaux.

Selon un récent rapport publié par le Bureau des Nations Unies, les tremblements de terre qui ont dévasté le Mexique en septembre dernier ont causé la mort d’au moins 400 personnes, endommagé plus de 150 000 maisons, 12 000 écoles et 1 500 monuments historiques.
L’équipe des Nations Unies chargée de l’évaluation et de la coordination des catastrophes (Undac) a été mobilisée pour travailler avec l’équipe mexicaine de protection civile. Elle a également appuyé le lien entre la réponse nationale de l’ONU et celle de la communauté internationale. Alors que le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a fourni un soutien psychosocial aux mineurs pour qu’ils soient préparés émotionnellement à de possibles scénarios futurs.

Dans l’ensemble, l’OCHA a également mentionné que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a mené des évaluations dans les centres hospitaliers et les centres d’hébergement, tout en veillant à la prévention des maladies. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a soutenu les communautés affectées en faisant don de tentes. La Banque mondiale a estimé que le coût de la reconstruction au Mexique atteindrait 2 milliards de dollars avec un impact de 0,2 à 0,3% sur le produit intérieur brut (PIB) du pays. (ActuLatino)

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samedi 29 juillet 2017

Inondations en Afrique

Les sinistrés d'Abidjan se sentent oubliés

abidjanDepuis le début de la saison pluvieuse, au moins vingt personnes sont mortes en Côte d'Ivoire du fait d'inondations ou de glissements de terrain. Dans certaines communes d'Abidjan, les habitants des quartiers sinistrés vivent dans la crainte de nouvelles pluies diluviennes, parfois sans solution de relogement malgré les promesses d'aide financière. Reportage à la cité Coprim, à Yopougon.

Don Paul Kohou regarde avec crainte l’imposante fissure qui strie depuis peu les murs de sa chambre. Si une partie de sa maison, nichée au bord du canal de terre de la cité Coprim à Yopougon, tient encore en partie debout, ce n’est plus le cas de celle de son voisin. Après des pluies diluviennes, une partie de l’immeuble d’à côté s’est brutalement effondrée dans le canal, le 25 mai dernier, entraînant dans sa chute une partie de sa petite villa.

Depuis le début de la saison pluvieuse, le fonctionnaire de 59 ans a vu des pans entiers de deux autres immeubles se fracasser dans le canal, qui a aussi englouti six autres villas basses. Malgré les impressionnants dégâts, Don Paul Kohou « remercie Dieu » : jusqu’à présent, les dommages ne sont que matériels. Seule une femme a été légèrement blessée. Elle était chez elle lorsque sa maison s’est effondrée après un énième glissement de terrain.

Contraints de dormir ailleurs

Dans cette partie de la cité Coprim, l’absence de victimes s’explique d’abord par les réflexes développés par ses habitants. De mémoire de riverain, le premier éboulement remonte à juin 2015. Depuis, à chaque pluie, les occupants des 48 habitations nichées en bordure de canal ont donc pris l’habitude de s’éloigner de leurs maisons par peur de nouveaux glissements de terrain. « Nous ne pouvons pas prendre le risque de dormir chez nous lorsqu’il pleut, nous avons peur que tout s’effondre. Nous sommes contraints de dormir à l’extérieur, en face, ou chez ceux qui peuvent nous accueillir », s’indigne Rigobert Blaka, dont la maison penche désormais dangereusement vers le canal.

La plupart des riverains en veulent à la mairie de Yopougon. Ils assurent que la commune leur avait annoncé en décembre 2015 la réfection tant attendue du canal. Car il y a encore une dizaine d’années, le fossé de terre avait l’envergure d’un petit caniveau que les riverains pouvaient enjamber d’un simple saut. Mais la vigueur des dernières saisons pluvieuses, couplée à la construction d’ouvrages ne laissant pas l’eau s’écouler, ont considérablement creusé le lit de la rigole.

La mairie pointée du doigt

Faute de travaux, le petit canal s’est depuis transformé en un ravin de plus de dix mètres de large par endroit. « Si des travaux avaient été faits pour l’aménager et le consolider, il n’y aurait jamais eu ces glissements de terrain et nos maisons n’auraient pas été mises en danger », déplore Don Paul Kohou, devenu le porte-voix de l’association informelle des habitants de la cité.

Des critiques que balaie la mairie de Yopougon. « La mairie n’a ni les moyens, ni les prérogatives pour effectuer ces travaux, qui relèvent de la compétence de l’État », assure Yaya Coulibaly, directeur de cabinet du maire de la commune, Gilbert Koné Kafana. « Chaque année, le maire demande aux personnes vivant dans des zones à risque de quitter les lieux », tient-il également à préciser.

Reste que les habitants, dont les économies d’une vie ont pour la plupart été investies dans ces maisons, n’ont pas les moyens de se reloger. « On nous dit de quitter les lieux, mais nous n’avons pas les moyens de partir : les logements sont trop chers à Abidjan pour que nous nous logions ailleurs », rétorque Don Paul Kohou.

« Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme »

Des sinistrés que les autorités se sont pourtant engagées à aider. Le 14 juin dernier, une délégation ministérielle est venue promettre des travaux, ainsi qu’une enveloppe financière aux riverains. « Les propriétaires des 48 villas se sont ensuite vus proposer 300 000 Francs CFA [457 euros] pour se reloger provisoirement. Mais pour l’instant nous sommes seulement six riverains à avoir reçu l’argent. Quarante-deux autres attendent toujours. Le dossier traîne, et nous ne savons toujours pas quand commenceront les travaux », déplore Don Paul Kohou, qui fait partie des six premiers bénéficiaires.

En attendant, le canal continue de s’élargir, creusé par les eaux usées et les ordures qui s’y accumulent. Un quatrième immeuble, toujours habité, menace désormais de s’effondrer. « On évoque l’incivisme et l’inconscience des personnes qui continuent de vivre dans les zones dangereuses, mais comment ceux qui n’ont pas l’argent pourraient-ils faire pour en partir ? », s’indigne Don Paul Kohou. Avant de lâcher, amer : « Nous vivons dans nos maisons la mort dans l’âme. » (selon Claire Rinfroy, "Jeune Afrique")

NB : Lors de son voyage à Paris et Berlin, le président Ouattara a sollicité à Strabourg l'aide de l'Europe. Qu'est devenue cette aide ?

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lundi 30 mars 2015

Crash dans les Alpes : remise en cause des low-cost ?

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L'inconcevable tragédie de l'avion de la compagnie low cost allemande tourne en boucle sur tous les médias . L'ensemble de cette presse crie « haro sur le baudet » : à savoir le copilote qui aurait pété des plombs et qui, de dépressif suicidaire est devenu assassin de 149 personnes. Mais personne ne cherche à creuser plus loin, à montrer du doigt les co-responsables (pour le moins  !) de cette catastrophe, à savoir les invraisemblables conditions d'embauche et de travail du personnel et en particulier des personnels navigants des compagnies low cost.

Ces compagnies sont l'illustration caricaturale des dérives de la société ultralibérale dont le seulleit-motiv est : le fric, le fric, le fric ! Le fric à tout prix. Le développement du low-cost se fait partout au détriment du droit du travail et des protections sociales, et par voie de conséquence au détriment de la sécurité, tout en bénéficiant de millions de subventions publiques optimisées dans des paradis fiscaux. Le transport low cost consiste à faire payer à des gens pauvres qui ne prennent jamais l'avion les voyages d'agrément de gens aisés. Ceci à travers des subventions et des frais de marketing s'ajoutant à d'énormes investissements d’infrastructures à la charge des collectivités territoriales (département, région, chambres de commerce, offices de tourisme, etc.). La finalité de ces compagnies est de proposer le transport lui-même gratuitement aux passagers (pour l'image, la pub), sollicités voire rackettés par ailleurs sur tout l'accessoire (billet d'envol, bagages, repas en vol, toilettes, tout, tout est payant). Ces compagnies ne vendent plus des billets de transport mais prétendent amener à leurs « sponsors » un flux de touriste dans la région concernée. Ils ne vendent pas un transport à un passager mais un service à des institutions bien naïves...

crash

Les compagnies classiques comme Air France ou Lufhansa, pour lutter contre ces compagnies nouvelle vague créent elles-mêmes leurs compagnies low cost  : Transavia pour Air France, Germanwings et une autre compagnie pour Lufthansa (en train de regrouper ses deux compagnies pour faire encore baisser les frais, ce qui provoque de longues grèves dans tout le groupe). Pour cela, les compagnies « majors » doivent s'aligner sur les méthodes des low cost les plus « performantes » (celles qui gagnent le plus de fric) à savoir Ryanair et Easyjet. Le patron d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac – passé directement de la direction du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie de Sarkozy, à Air France en 2011 a au moins le bénéfice de la franchise : « Si on pouvait faire du low-cost avec les règles de fonctionnement d’une compagnie traditionnelle, cela se saurait ! Il n’est donc pas possible d’aller travailler chez Transavia aux conditions d’Air France, sauf à tuer Transavia. » Pareil pour Lufthansa et ses propres low cost...

Regardons donc de plus près ce que sont les « règles de fonctionnement » des low cost. Ecoutons le sénateur Bocquet : « Le succès économique de ces compagnies repose sur une réduction drastique de la plupart des coûts, en particulier ceux afférents au personnel. Il n’est donc pas étonnant de constater qu’à l’image de Ryanair, elles soient à la pointe des techniques d’optimisation sociale, en contournant le droit européen voire en y dérogeant. Dans un contexte de concurrence exacerbée, ces pratiques tendent désormais à être mises en œuvre au sein de certaines filiales de grands groupes », analyse le sénateur communiste Éric Bocquet dans un rapport récent sur le dumping social dans le transport européen.

Ces compagnies pratiquent la généralisation du recours aux travailleurs indépendants pour composer leurs équipages. Ce statut leur permet de s’exonérer des charges sociales et patronales. Ryanair est sans doute l’entreprise qui a le plus développé ce système. 70 % des 3 200 pilotes seraient recrutés sous ce statut. 60 % des personnels de cabine », note le sénateur.

 "Si nous ne volons pas, nous ne sommes pas payés", a expliqué le porte-parole des pilotes de Ryanair, modèle rêvé pour toutes les compagnies low cost. Ceux-ci n'hésiteraient donc pas à prendre leur service même s'ils ne sont pas en état - ce qui est explicitement interdit par une législation européenne - pour ne pas perdre de revenus. Christian Fletcher commandant de bord chez Ryanair, dans un livre qui a fait du bruit dans les milieux aéronautiques (Ryanair : low cost mais à quel prix - Editions Altipresse - 303 pages – 19,90 euros - n°ISBN : 9-791090-465206) se contente dans son livre de « relever » et d’expliquer ce qui lui apparaît comme contraire à la sécurité des passagers aériens.

Première constatation : Ryanair – rappelons-le, modèle de toutes les low cost - n’a qu’une ambition, et vraiment qu’une seule, celle de gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Deuxième constatation, qui découle de la première : tout est bon pour réduire les coûts et augmenter les profits. Les personnels navigants techniques et commerciaux payent leurs uniformes, leurs formations (30.000 euros), leur badge, leurs frais de déplacement… Évidemment sans syndicat, employés en contrat précaire de droit irlandais, y compris pour quasiment tous les personnels basés dans tous les pays d’Europe et d’Afrique du Nord, les salariés de Ryanair n’ont droit ni à la retraite, ni à la sécurité sociale, ni au chômage, ni à aucune indemnité…

Les équipages ont « peur », insiste l’auteur à plusieurs reprises dans son livre. Un passage du livre explique : « … Nous dormirons quelques heures, habillés de nos uniformes Ryanair, à même le sol, dans l’agence de handling de Gênes. La compagnie ne nous fournira aucune compensation financière, et bien entendu ni repas ni boissons. A cause d’une fin de service tardive, notre période de repos obligatoire s’est rallongée. Par conséquent, la plupart d’entre nous ne pourra pas assumer les vols prévus le lendemain. La conséquence immédiate est une sanction financière. En effet, en tant que contractants, nous ne sommes pas rémunérés si nous ne volons pas…  ».

Autre constatation, et pas des moindres, qui découle des précédentes : la sécurité est évidemment mise en cause avec de telles pratiques. Notamment à cause de cette peur des équipages, et aussi de la fatigue accumulée. Jusqu’à six vols par jour ! Lisez bien ceci : « Le Cdb (commandant de bord) se retourne vers son copilote et lui demande s’il va bien. Sans réponse, il passe sa main devant les yeux du copilote cachés par des lunettes de soleil. Pas de réaction ! Le copilote est en train de dormir… Le plus grave, c’est qu’il s’est endormi sans s’en rendre compte et donc sans prévenir le Cdb… » L’action se passe en finale, alors que le copilote est pilote en fonction. (selon Agora-Vox)

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Voilà qui éclaire d'un autre œil la tragédie des Alpes : l'état dépressif du co-pilote ne serait-il pas lié aux conditions  de travail extrêmes chez Germanwings ? Il semble qu'il ne faut surtout pas parler des lowcost et de leurs exécrables pratiques. Cela ferait désordre. Et donc les causes de ces crashes ne peuvent être mises que sur le compte de la défaillance humaine ? N'y aurait-il pas de "fautes" humaines ailleurs que dans les cockpits ? La Lufthansa et ses succursales ont connu quatorze grèves en 2014. Et si la direction s'était penchée sur les problèmes des pilotes autrement qu'en rendant ces grèves impopulaires ?

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