dimanche 7 janvier 2018

Erdogan énervé devant la presse française

« Tu ne parles pas comme un journaliste »

erdogan

Le président turc s’en est pris vendredi à un journaliste français l’interrogeant sur la livraison supposée d’armes par Ankara à Daech (EI) en 2014, au cours d’une conférence de presse, à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue français.

Le journaliste, travaillant pour le magazine Envoyé spécial de France 2, a interrogé le président Recep Tayyip Erdogan sur l’interception en janvier 2014, révélée en mai 2015, de camions appartenant aux services secrets turcs (MIT) et transportant supposément des armes destinées à l’EI. Lorsque cette affaire avait éclaté en Turquie, Ankara l’avait qualifiée de machination fomentée par Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux États-Unis, ancien allié d’Erdogan devenu sa bête noire. C’est également à Gülen et à ce que le gouvernement turc appelle « l’Organisation terroriste des partisans de Fethullah » (FETO), qu’Ankara impute le putsch manqué de juillet 2016, accusation que rejette catégoriquement Gülen.

« Tu parles avec les mots de FETO, pas comme un journaliste », s’est énervé Erdogan, qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse avec son homologue français Emmanuel Macron avec qui il s’est entretenu dans l’après-midi. « Ceux qui ont fait ces opérations étaient des procureurs de FETO, maintenant ils sont en prison. » La Turquie a lancé de vastes purges depuis le putsch manqué, arrêtant plus de 55 000 personnes et en limogeant ou suspendant plus de 144 000.

Au cours de cette visite à Paris, la plus importante du président turc dans un pays de l’UE depuis le putsch manqué de 2016, la question de la liberté de la presse a été abordée par le président Macron qui a appelé son homologue turc à « respecter l’État de droit ». La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 00:23 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

mardi 7 mars 2017

Erdogan crée la crise en traitant l'Allemagne de pays fasciste

 « L’Allemagne », se lamente le dictateur-président turc Recep Tayyip Erdogan, « est un pays fasciste ». Oh. « Un pays, qui viole la liberté d’expression et qui a besoin d’apprendre la démocratie ». Ah. Venant de la part d’un expert en matière de la liberté et de la démocratie, ses déclarations frôlent le ridicule. Le ministre de l’intérieur du Bade-Wurtemberg Thomas Strobl (CDU) a raison, en répondant : « L’Allemagne n’est pas une province turque dirigée depuis Ankara ». Le ton monte entre la Turquie et l’Allemagne…

OK_Recep_Tayyip_Erdogan_in_Germany_pfatter_from_Deutschland_Wiki_ccby20_620x310

Selon les estimations, 3 à 3,5 millions de Turcs vivent en Allemagne, ce qui constitue un nombre important en vue du référendum turc sur le « Ermächtigungsgesetz », cette modification de la Constitution turque qui vise à donner un pouvoir quasi illimité à Erdogan. Surtout dans la mesure où ce référendum est loin d’être gagné. Donc, Recep Tayyip Erdogan avait la bonne idée d’envoyer ses ministres en Allemagne pour y faire de la propagande en faveur de ce changement de constitution qui scellerait le sort de la Turquie en tant qu’état totalitaire. Et, Erdogan voulait venir personnellement fin mars en Allemagne pour intervenir à un grand meeting.

Après l’annullation fin de la semaine dernière d’une manifestation de propagande avec le ministre de la justice turc Bekir Bozdag à Gaggenau en Pays de Bade, le ministre de l’économie turc Nihat Zeybekci ne pouvait pas, à son tour, intervenir à Frechen près de Cologne – et Ankara est en colère.

Est-ce que le président-dictateur turc a été mal conseillé par ses proches ? Est-ce que personne ne lui a dit que l’arrestation du journaliste germano-turc Deniz Yücel (qu’Erdogan a désigné comme « espion allemand »), a été aussi mal vécue en Allemagne que celle de dizaines de milliers d’opposants, journalistes, artistes, intellectuels ?

Le fait que la Turquie se comporte maintenant en victime en donnant des leçons concernant « la liberté », pourrait presque faire sourire. Bien plus de 100 médias critiques ont été fermés en Turquie après le « putsch » dont de nombreux observateurs estiment qu’il a été orchestré par les hommes de main d’Erdogan. Aujourd’hui, toute conviction autre que celle d’Erdogan, conduit tout droit à la prison en Turquie où de dizaines de milliers de personnes moisissent pour avoir osé exprimer une opinion différente de celle du président-dictateur. Et l’Allemagne a raison de refuser à ce que la Turquie exporte son crédo d’état et sa propagande vers l’Europe.

Se faire désigner de « fasciste » par Erdogan, cela constitue presque un adoubement pour l’Allemagne. Le président-dictateur Erdogan est en train de fermer définitivement la porte vers l’Europe et sa menace d’annuller l’accord honteux concernant les réfugiés syriens, ne fait que souligner que cet homme n’est plus fréquentable. Erdogan, avec sa politique totalitaire et brutale, a mis la Turquie hors jeu. Les grands perdants de cette folie, sont les citoyens et citoyennes turcs qui subissent maintenant l’effondrement du tourisme et qui subiront d’autres mesures en conséquence de cet isolement et de ces violations systématiques des Droits de l’Homme. Les Pays-Bas, par l’intermédiaire du Premier Ministre Mark Rutte, a suivi l’exemple allemand en interdisant également des manifestations de propagande turque. Et il faut espérer que la ville de Strasbourg ne commettra pas une nouvelle fois l’erreur de proposer à Erdogan de l’accueillir – cela s’est déjà produit dans le passé et les responsables de la ville ne peuvent pas permettre une nouvelle fois que la capitale européenne serve comme plate-forme pour une propagande totalitaire. Erdogan et son régime, on ne peut pas les stopper en Turquie. Mais on peut empêcher à ce qu’ils viennent faire de la propagande pour un système totalitaire chez nous. Au moins ça.(Selon "Euro.journaliste")

Posté par jl boehler à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 19 juin 2015

Grèves en Turquie

greve1

En Turquie, le pouvoir d'achat a baissé de 25 % au cours de la dernière année, une catastrophe pour les travailleurs. Cela a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Sur 14 . 5000 salariés de la plus grande usine du pays, Oyak Renault, a commencé une grève dans la zone industrielle de Bursa.

En avril, le personnel d'une usine Bosch, entreprise de fournisseurs, avait menacé de démissionner en bloc, et immédiatement la direction a accordé des augmentations salariales de 12 % à 60 %. Cela a encouragé les ouvriers de Renault à continuer la lutte. Après quelques actions, la direction immédiatement réagi avec une grève d'avertissement en réduisant les licenciements envisagés.

Cependant, les salariés ont continué la grève avec occupation d'usine. Leurs revendications étaient: pas de licenciements, suppression des agents surveillants politiques, et une augmentation de salaire comme Bosch (soit environ 130 euros).

Les salariés des autres entreprises de la région qui vivent dans les mêmes conditions de vie, ont rapidement emboîté: (Tofas FIAT , 6500 salariés), Coskunöz (mineurs, 2000 salariés), MAKO (fabrication de phares, 1100 salariés) ... Au total, près de 16000 défient les directions des entreprises.

Les grévistes ont choisi leurs délégués qui ont représenté dans toutes les discussions avec les directions. Ils avaient la consigne, avant d'accepter une décision patronale, de la signaler à tous leurs collègues rencontrés collectivement qui votaient à main levée ou tout simplement en applaudissant. 

greve2

Le patronat était naturellement tenté d'intimider ces jeunes délégués résolus.Ceux-ci, cependant, ne se sont pas découragés . Après une menace du capitaine de district de la police, ils ont décidé de ne plus aller aux réunions décidées par le patronat. S'il voulait parler aux grévistes, il pourrait les rencontrer dans l'usine occupée!

Le risque de propagation du mouvement à d'autres grands centres industriels dans le pays a conduit les entrepreneurs Renault à céder. Ainsi, le 27  mai, un accord a été signé : pas de sanctions contre les grévistes, les délégués des salariés deviennent les seuls interlocuteurs valables, 200 € garantis de prime annuelle, 500 € pour mettre fin aux grèves et de nouvelles négociations salariales en Juin. Les salariés sont conscients d'avoir obtenu une grande victoire.

Néanmoins, ce mouvement ne s'est pas est pas arrêté. Il se prolonge maintenant dans les banlieues de plusieurs villes: Ford Otosan, Valeo, Delphi, Turk Traktor à Ankara, Arçelik dans la ville d'Eskisehir, la raffinerie Petikim et la compagnie d'énergie Izenerji à Izmir ... 

Les grévistes ont appris très rapidement comment s'organiser, comment mener leur mouvement, comment contrecarrer les plans des espions du patronat et de la police. Et ils voient que les patrons n'ont maintenant plus le choix dès lors que les salariés sont décidés à ne pas céder. Une lutte qui rappelle beaucoup celle des ouvriers polonais de Solidarnosk dans les années 80 et qui a mené à la chute de la dictature de Jaruzelski. Avec ces grèves, et la défaite aux élections législatives, Erdogan a des soucis à se faire.

Posté par jl boehler à 00:15 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 4 janvier 2011

Les nouveaux rideaux de fer

39549993_p_590_450Le Mur de Berlin, qui devait empêcher les Allemands de l'Est de passer à l'ouest, est tombé en 1989, alors que le Rideau de Fer s'était ouvert quelques mois plus tôt au niveau de la Hongrie. Les murs édifiés par les hommes ont rarement été efficaces : même la Muraille de Chine n'a pas empêché les invasions mongoles, le "limes romain" a au contraire marqué la décadence et la chute de l'Empire Romain. Nos contemporains n'ont cependant pas retenu la leçon : le "mur" qui sépare Israel de la bande de Gaza n'empêche pas les attentats suicides. Au contraire, il attise la haine sans laisser poindre à l'horizon le moindre effort de paix et de réconciliation. La ligne de barbelés de 1078 km à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, érigée en 2006, n'empêche rien, surtout pas le passage de clandestins, encore moins les trafics mafieux de la drogue. Et voici que la Grèce, membre de la Communauté Européenne, vient de décider de fermer sa frontière avec la Turquie,  qui aspire à y entrer (dans l'Europe). Une frontière longue de 206 km, renforcée par une immense ligne de grillages et de barbelés! "Nous ne pouvons plus accueillir de réfugiés, nos possibilités sont épuisées !" affirme Christos Papoutsis, le ministre grec de la protection civile. "la Turquie ne donne pas de garanties suffisantes pour arrêter le passage de réfugiés clandestins venus d'Afrique et d'Asie." Il estime à 200 à 250 le passage nocturne de clandestins. L'on oublie aussi que ces "réfugiés" sont souvent les "laissés pour comptes" de la civilisation occidentale qui a exploité très longtemps les matières premières à son seul profit, tout comme lors des deux grands conflits du vingtième siècle ils ont fourni "la chair à canon" des armées européennes. Et s'ils viennent vers nous, n'est-ce pas en désespoir de cause pour obtenir un peu de ce qui leur devrait être dû ? Quant à "l'Europe des barbelés" est-ce bien celle que nous voulons ?

Posté par jl boehler à 03:38 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,