dimanche 10 février 2019

L'assaut contre le dernier fief du groupe EI en Syrie est lancé

La force arabo-kurde soutenue par Washington a annoncé ce samedi avoir lancé son offensive « finale ».

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La bataille finale lancée samedi par les Forces démocratiques syriennes, les FDS, soutenues par Washington, se concentre sur la dernière poche de quatre kilomètres carrés où sont encore retranchés quelque 600 jihadistes, dont des étrangers, et leurs familles.

La coalition arabo-kurde affirme dans un communiqué que la bataille sera terminée d’ici quelques jours. Le président Donald Trump avait affirmé que le groupe Etat islamique sera définitivement vaincu en Syrie d’ici une semaine.

En parallèle à l’opération militaire, des négociations seraient en cours pour obtenir la reddition des jihadistes, selon des sources de l’opposition syrienne.

Les derniers combattants de l’EI examinent une offre d’abandonner leur dernier fief et de se retirer soit vers la région d’al-Anbar, en Irak, soit vers Tanaf, dans le triangle frontalier syro-irako-jordanien. Les jihadistes seront accompagnés des membres de leurs familles. Les blessés et quelques prisonniers seraient remis aux FDS.

A l’apogée de sa puissance, en 2015, le califat autoproclamé par l’Etat islamique couvrait la moitié de la Syrie et le tiers de l’Irak. Il était défendu par une armée de plus de 100 000 hommes, dont des milliers de jihadistes étrangers. Aujourd’hui, il ne contrôle plus qu’un pour cent de ce vaste territoire.

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mardi 17 avril 2018

Syrie : le coût d'une nuit de frappes

La France a tiré pour la première fois des missiles de croisière navals à 2,86 millions d'euros pièce

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Neuf avions de chasse, cinq frégates de premier rang, et pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals: la France a mobilisé d'importants moyens pour frapper des "sites de production et de stockage d'armes chimiques" du régime syrien, aux côtés de ses alliés américain et britannique.

Paris a tiré douze missiles de croisière sur la centaine ayant visé la Syrie dans la nuit de vendredi à samedi, à partir de 3 heures à Paris, (4 heures en Syrie), selon les informations fournies par l'Élysée et le ministère des Armées.

Parmi eux, trois missiles de croisière navals MdCN, d'une portée de 1000 km et d'une précision de l'ordre du mètre, ont été tirés par une frégate multimissions (FREMM). Une première pour la France qui n'avait encore jamais utilisé cet armement en situation réelle. Paris rejoint ainsi le club fermé des pays disposant, comme les États-Unis (avec le Tomahawk) ou la Grande-Bretagne, de missiles de croisière embarqués sur des bâtiments de guerre.

Ces missiles, développés par la groupe français MBDA, sont très coûteux, souligne BFMTV. D'après la loi de finance de 2015, sur laquelle la commande de ces missiles est enregistrée, chacun d'eux coûte 2,86 millions d'euros, deux fois plus cher que le Tomahawk américain (1,5 million d'euros selon un rapport du sénat américain).

Ce missile, long de près de sept mètres et d'une portée de 1000 kilomètres peut être lancé depuis un navire ou depuis un sous-marin.

Au total, en Méditerranée, Paris a déployé trois FREMM (sur les cinq actuellement en service dans la Marine), une frégate anti sous-marine, une frégate antiaérienne et un pétrolier... (selon le Huffington Post)

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lundi 16 avril 2018

Frappes militaires en Syrie

"Des colonnes de fumées au-dessus de Damas"

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Dans un raid conjoint, les Etats-Unis, la France et de la Grande-Bretagne ont bombardé plusieurs cibles militaires en Syrie. Des cibles essentiellement liées au programme chimique syrien officiellement démantelé depuis 4 ans.

Le site le plus important est situé près de Damas, il s'agirait du centre de recherche de Barzeh, le CERS. Il faisait déjà partie des cibles évoquées par les autorités françaises, en préparation des raids stoppés in extremis fin août 2013.

Aucun site russe touché

Deux autres cibles au moins sont situées près de Homs dans le centre du pays ont été bombardés, peut-être des sites de stockages clandestins. La ministre de la Défense française Florence Parly parle, elle, de « sites de productions ». L'OSDH, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, évoque aussi le bombardement d'une caserne de la garde républicaine dans les environs de la capitale. Aucun site russe n'a toutefois été touché précise Moscou.

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A Damas, la réaction de la défense aérienne syrienne a été modérée, quelques tirs de missiles ont été aperçus mais « aucune perte humaine n'est à déplorer » côté américain selon le Pentagone.

Dans la nuit, l'Elysée a publié une vidéo montrant le décollage de quatre Rafales de l'armée de l'air équipés de missiles de croisière. Le ministère des Armées assure également que les frégates Fremm ont été impliquées dans l'opération. Au total douze missiles de croisière ont été tirés, des missiles à longue portée pour rester en dehors des défenses syriennes et russes. Paris ajoute que la France n' a pas pris part au bombardement du centre de recherche sur les armes chimiques situés prés de Damas, déjà considéré comme une cible il y a cinq ans mais toujours actif, souligne-t-on dans l'entourage de Florence Parly. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian affirme pour sa part « qu'une bonne partie de l'arsenal chimique syrien a été détruit ». « Les Russes n'ont pas été prévenus des cibles retenues, ni même du moment ou elles seraient frappées, mais nous nous sommes assurés que chacun serait dans son coin durant l'opération afin d'éviter, les méprises ou les accidents », a confié un gradé de l'armée française à RFI.

Une centaine de missiles tirés

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Le Pentagone laisse entendre que les frappes occidentales ont porté un coup sévère au programme chimique syrien. Il « mettra des années à s'en remettre », affirme un haut responsable du Pentagone, le général Kenneth McKenzie, ajoutant que les défenses anti-aériennes russes n'ont pas été activées et celles du régime syrien ne l'ont été qu'après la fin des frappes.

Une centaine de missiles aurait été tirés, des frappes donc limitées à des objectifs syriens, limitées dans le temps et destinées surtout à envoyer un message aux autorités syriennes. D'ailleurs l'Elysée précise dans un communiqué, que la France et ses partenaires, vont reprendre dès aujourd’hui leurs efforts aux Nations unies pour la mise en place d'un mécanisme d'enquête sur l'usage de l'arme chimique en Syrie.

Des conséquences limitées

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Sur le terrain, les conséquences de ces frappes seront certainement limitées, comme c'est à chaque fois le cas lors de frappes dites « punitives ». Cela fait une semaine que tout le monde parle de frappes occidentales en Syrie, l'armée syrienne qui est en guerre depuis sept ans maintenant, et qui compte des conseillers russes, a donc certainement dû prendre des mesures pour se protéger, ou déplacer certains équipements importants.

Dès 2013, par exemple on sait que l'état-major syrien à Damas a déménagé. Le site qui a été visé, dans la banlieue de Damas, le CERS est très connu. C'était donc une cible toute désignée. Pas sûr donc qu'il y ait des choses très intéressantes à l'intérieur. (selon "RFI")

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vendredi 30 mars 2018

Des fonds publics syriens planqués au Luxembourg ?

Les affaires louches de Rifaat Al-Assad, l'oncle de Bachar

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80% des affaires traitées par les douanes françaises touchent des fonds d'origine syrienne. Et Rifaat al-Assad, l’oncle de Bachar, en est un des acteurs. Depuis 1984, il vit en Europe où il détient une gigantesque fortune, aujourd’hui dans le collimateur de la justice française. Il possède aussi plusieurs sociétés au Luxembourg.

Le "boucher de Hama"

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Officiellement, depuis 1984, Rifaat al-Assad est un opposant à son neveu Bachar al-Assad. Il a pourtant été par le passé un fer de lance de la répression du régime, comme en témoigne son implication dans le massacre de Hama en 1982. Longtemps protégé par Paris, il est à la tête d’une immense fortune, notamment immobilière. Il a créé neuf sociétés au Luxembourg où il a été un actionnaire de référence de SES. Mais désormais ce sont les revers de fortune qu’il accumule tandis qu’il semble lâché par ses anciens protecteurs français.

Il convient d’observer qu’une centralisation des sociétés s’est réalisée au Luxembourg», constate un rapport des douanes françaises, lancées dans la traque du patrimoine immobilier de Rifaat al-Assad. Le 4 février 2014, deux ONG, Sherpa et Transparency International France, ont porté plainte contre l’oncle de Bachar al-Assad pour, entre autres, recel de détournements de fonds publics et blanchiment. Les ONG inscrivent leur plainte dans le cadre des dossiers des «biens mal acquis», valant à plusieurs dirigeants politiques et chefs d’État étrangers d’être aujourd’hui poursuivis en France.

AdTech adLes deux associations soupçonnent Rifaat al-Assad et sa pléthorique famille (quatre épouses et au moins douze enfants) d’avoir constitué leur fortune à partir de fonds publics syriens détournés en 1984 : 200 millions de dollars qu’il aurait puisés dans la caisse présidentielle quand il a fui la Syrie après une tentative de coup d’État contre son frère Hafez.

D’autres sources évoquent aussi un pactole au moins équivalent amassé dans divers trafics avec le Liban quand il commandait les Brigades de défense de la révolution. Cette milice, forte de quelque 50 000 hommes, a longtemps été redoutée des Syriens, notamment pour sa responsabilité dans le massacre de Hama, qui a fait entre 10 000 et 40 000 morts en 1982. Son implication dans ces événements vaut à Rifaat d’être surnommé le «boucher de Hama» par les Syriens.

Depuis qu’il a quitté son pays avec sa famille et une suite conséquente, Rifaat se présente en opposant politique au régime syrien, à la tête d’un parti sans rôle significatif. Ce statut le met à l’abri des sanctions internationales visant les dirigeants syriens depuis que le pays a plongé dans la guerre civile en 2011. Néanmoins, des élus français, dont l’ancien maire du XVIe arrondissement parisien, qui a eu maille à partir avec lui, demandent ces dernières années que sa fortune doit être saisie.

Les épouses font ascenseurs à part

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Ce natif de Qardaha, âgé aujourd’hui de 79 ans, a vécu depuis son départ de Syrie entre Paris, Londres, Marbella et Genève. Dans les années 80, et jusqu’à récemment, les autorités françaises voyaient en lui un intermédiaire à même d’apaiser les relations entre Paris et Damas, voire un possible remplaçant de son frère Hafez lorsque celui-ci vivait encore. En France, il est décoré de la Légion d’honneur en 1986 tandis que les services de renseignement hexagonaux le couvent de leurs ailes protectrices.

 Rifaat al-Assad tire profit de ce verni de respectabilité pour prospérer dans les affaires. Au fil des décennies, il acquiert un luxueux parc immobilier en France : un ancien haras avec château à Bessancourt dans le Val-d’Oise, des hôtels particuliers et des appartements dans les arrondissements les plus chics de la capitale française, des ensembles de bureaux à Lyon.

 Il fut notamment propriétaire d’un hôtel particulier de 6 000 mètres carrés avenue Foch dont il avait fait sa résidence parisienne. Ses deux dernières épouses, Line Al Khayer et Raja Barakat, accédaient à leurs appartements personnels par des ascenseurs séparés, spécialement aménagés pour éviter qu’elles se crêpent le chignon, rapportait en 2013 un article de Charlie Hebdo versé à l’instruction.

 Les magistrats parisiens estiment la valeur du parc immobilier de Rifaat al-Assad en France à 90 millions d’euros et la cour d’appel de Paris en a définitivement validé la saisie le 27 mars. Entendu par les juges en octobre dernier, l’ancien vice-président syrien a assuré ne pas s’occuper de son patrimoine, disant ignorer jusqu’aux documents qu’il signe. Une affirmation contredite par des écoutes téléphoniques ordonnées par la justice attestant au contraire qu’il suit de près ses affaires.

Associé à des avocats luxembourgeois

Sur le papier, ses biens immobiliers sont en grande partie détenus par des sociétés de droit luxembourgeois. Dans le rapport des douanes françaises auquel Le Quotidien a eu accès, quatre sociétés anonymes luxembourgeoises sont citées : Al Jinane, ELM Investment, AYM et Sounoune.

Ces entreprises ont été immatriculées dans les années 90 et 2000 par des avocats luxembourgeois, agissant en qualité de mandataires et membres des conseils d’administration. Ils ont depuis pris leur distance avec un personnage devenu à leurs yeux sulfureux et dont on craint aussi de possibles représailles.

«Nous n’avions aucune raison de nous méfier de lui. Il tenait ouvertement boutique, ne cachait pas qui il était et il était protégé par des services français», dit sous le couvert de l’anonymat un avocat de la capitale qui l’a assisté dans ses affaires luxembourgeoises. «On s’est dit que nous pouvions travailler avec son argent et que de toute façon nous n’allions pas refaire le monde…», justifie le même, affirmant avoir appris bien plus tard son implication dans le massacre de Hama.

Conseils mouvants et adresses changeantes

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En réalité, Rifaat al-Assad, ses épouses et enfants avaient créé jusqu’à neuf sociétés au Grand-Duché. Deux, les plus anciennes, ont été liquidées. Les autres sont maintenant hébergées par un discret domiciliataire, à Luxembourg, dont les gérants goûtent fort peu les questions portant sur leurs relations avec l’ancien chef milicien.

Avant d’être enregistrées au Grand-Duché, certaines sociétés étaient établies au Liechtenstein. D’autres avaient des actionnaires panaméens et suisses. Toutes étaient aux mains de la famille de Rifaat al-Assad. C’est notamment le cas de Al Jinane SA, spécialisée dans les revêtements de sol, immatriculée à Luxembourg en décembre 2005, période à laquelle la famille rapatrie trois entreprises de Vaduz vers le Grand-Duché.

Les sociétés qu’ils possèdent au Luxembourg sont de deux types : les unes semblent avoir été montées dans le seul but d’héberger le patrimoine immobilier tandis que les autres ont été spécialement constituées pour acquérir des actions dans la Société européenne des satellites, la SES.

503 propriétés en Espagne

Les conseils d’administration de ces sociétés sont très mouvants, les membres de la famille s’échangeant en permanence leurs postes d’administrateurs. Dans les documents notariés rattachés à ces entreprises, Rifaat apparait comme vice-président de la république syrienne jusqu’en 1998. Tout ce petit monde change aussi fréquemment d’adresse entre Paris, Londres et le sud de l’Espagne.

C’est dans ce dernier pays que l’oncle du dictateur syrien fait la une des médias le mardi 4 avril dernier. Ce jour-là, la Guardia Civil perquisitionne l’un de ses complexes immobiliers du port de plaisance huppé de Puerto Banus, en Andalousie. L’enquête vise Rifaat al-Assad pour blanchiment de capitaux en bande organisée et fait suite à celle ouverte en France en 2014. La justice évalue le patrimoine immobilier de Rifaat en Espagne à 691 millions d’euros. Les enquêteurs y ont repéré 503 propriétés, dont un domaine s’étendant sur 3 300 hectares, La Maquina, dans la région de Marbella. L’ensemble de ces biens a été saisi par la justice ibérique, qui a par ailleurs bloqué 92 comptes en banque.

assad2Le 4 avril, la Guardia Civil a perquisitionné un complexe immobilier de Rifaat al-Assad à Puerto Banus, dans le sud de l’Espagne. Le lieu est surnommé « Little Damas ».

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