mercredi 24 juillet 2019

La CPI acquitte Laurent Gbagbo

Le jugement contredit la propagande occidentale

CPI

L’acquittement de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, constitue une gifle pour les Occidentaux, qui avaient militairement contribué à son éviction du pouvoir. Rappelons-nous, c'est le président Sarkozy qui avait ordonné la destruction de l'aviation ivoirienne.

L’événement est passé assez inaperçu. Il est pourtant d’une grande importance, et constitue un lourd désaveu du camp occidental : la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté l’ancien chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, ainsi qu’un de ses proches. Les deux hommes étaient accusés de « crimes contre l’humanité ».

Le verdict était connu depuis plusieurs mois, mais le 16 juillet, les juges ont publié le détail de leur jugement motivé. Celui-ci sonne comme un désaveu cinglant de ceux qui avaient militairement soutenu le rival de M. Gbagbo à l’élection présidentielle de décembre 2010.

Bref retour en arrière : à l’issue du second tour de ce scrutin, le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire avait déclaré le président sortant réélu. Mais, sur fond d’histoire mouvementée et de conflits exacerbés dans les années précédentes, son adversaire s’est également proclamé élu, s’appuyant sur les décomptes d’une Commission électorale indépendante.

La « communauté internationale » accuse alors le président sortant de fraudes. L’Union européenne menace le pays de sanctions si Laurent Gbagbo ne quitte pas ses fonctions. La tension croît et dégénère en conflit armé en février 2011. C’est également le moment où les Occidentaux – France et Royaume-Uni, soutenus par les Etats-Unis – interviennent militairement en Libye pour « protéger » le peuple de ce pays en cachant à peine leur objectif : se débarrasser du colonel Kadhafi. A Paris, Londres, Bruxelles et Washington, l’air du temps est à la canonnière.

En Côte d’Ivoire, la préférence occidentale va de soi. D’un côté, Laurent Gbagbo, longtemps membre de l’Internationale socialiste, est de plus en plus mal vu par les dirigeants du « monde libre » qui le qualifient de « nationaliste ». En clair, ils le soupçonnent de vouloir préserver les richesses nationales, et donc de ne pas faire preuve d’assez de compréhension pour les intérêts des firmes européennes, françaises en particulier (la Côte d’Ivoire a longtemps été une colonie française).

De l’autre, Alassane Ouattara, une économiste formé notamment à l’université américaine de Pennsylvanie, et qui entra en 1968 au Fonds monétaire international (FMI). En novembre 1984, il prend la direction du département Afrique de cette institution. Accessoirement, il épouse une riche femme d’affaires peu après : la cérémonie a lieu à Paris, avec, parmi les amis, Martin Bouygues, un des plus puissants oligarques français (bâtiment et télécommunications).

C’est donc peu dire que M. Ouattara fait figure de candidat des Occidentaux. En mars 2011 donc, les combats s’intensifient entre les deux camps. Discrètement soutenues par le détachement de l’ONU, les forces pro-Ouattara, qui ne lésinent pas sur les exactions, pénètrent dans la capitale administrative, Yamoussoukro.

Et le 11 avril, elles assiègent puis font prisonnier Laurent Gbagbo et ses proches. Sous couvert de l’ONU, les troupes françaises leur prêtent une aide discrète mais décisive, selon de nombreux témoignages.

Le président sortant – qui continue à proclamer sa légitimité – est alors transféré à prison internationale de La Haye dans l’attente du procès que prépare la CPI. C’est donc le résultat de celui-ci, huit ans plus tard, qui vient d’être rendu public.

Première déconvenue pour les Occidentaux, le président de la Chambre, l’Italien Cuno Tarfusser, affirme qu’un procès n’est pas fait « pour juger l’Histoire d’un pays », et qu’il n’a nullement le droit de « prendre position sur la responsabilité morale ou politique » des accusés.

Par ailleurs, l’accusation formulée par le procureur, selon laquelle ceux-ci auraient mis en œuvre une stratégie visant massivement les civils favorables à M. Ouattara, repose, selon deux des trois juges, sur « des bases incertaines et douteuses, inspirées par un récit manichéen et simpliste ». Dans les mille pages d’attendus, on peut lire que « rien ne permet de penser que Laurent Gbagbo aurait refusé de se retirer parce que son plan était de rester au pouvoir à tout prix ». Ce qui était précisément la thèse autour de laquelle s’est organisée l’intense propagande déployée à l’époque par les médias dominants, en France en particulier.

Au contraire, notent les juges, les forces loyalistes étaient confrontées à « une guérilla urbaine », et étaient en position défensive. Le texte du jugement souligne en outre la non-neutralité des forces onusiennes (dont le mandat n’était pourtant pas de prendre parti), et évoque même la présence de tanks français tirant sur les soldats restés fidèles au président.

Enfin, une révélation s’avère particulièrement gênante pour ceux qui rêvaient de mettre en scène une justice internationale sanctionnant de manière impartiale un auteur de crimes contre l’humanité (crimes dont la réalité a été finalement démentie). Selon les juges, le procureur a pris « de premiers contacts avec certains témoins »... avant même d’avoir été légalement autorisé à enquêter. Une entorse plutôt problématique pour tous ceux qui – à commencer par l’Union européenne – ne cessent de se draper dans l’« Etat de droit ».

On ne peut que se réjouir que des juristes professionnels et intègres aient refusé de jouer le rôle que les dirigeants américains et européens voulaient leur attribuer. Mais si Laurent Gbagbo a été libéré de prison, il reste en résidence surveillée à Bruxelles, au cas où le procureur ferait appel. Surtout, il y a une énorme disproportion entre les tombereaux de propagande occidentale déversés en 2011, justifiant une intervention militaire à peine déguisée, et la discrétion médiatique quant au démenti qui a été finalement apporté à celle-ci.

La CPI avait été créée en 2002 pour légitimer le « droit d’ingérence », concept dont le but réel est de subordonner la souveraineté des Etats au bon vouloir de ladite « communauté internationale », c’est-à-dire des élites mondialisées.

Au-delà de l’honnêteté de quelques juges, qu’il faut saluer, il faut aussi et surtout remarquer que le monde qui s’esquissait « unipolaire » au tout début du siècle, a, depuis lors, quelque peu changé... (Selon Pierre Levy, rédacteur en chef du mensuel "Ruptures").

  • A noter que samedi dernier, des ressortissants ivoiriens ont manifesté pacifiquement en bicyclette dans les rues de Paris pour exiger le retour de Gbagbo à Abidjan. Dans la capitale ivoirienne, plus de 100.000 personnes ont manifesté dans le quartier populaire de Yopougon. La presse française n'a évidemment parlé que des débordements des supporters algériens après la victoire de leur équipe nationale à la CAN, c'est plus facile à justifier.

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samedi 1 juin 2019

Bolloré, l'ami de Sarkozy, puis de Macron, toujours en Afrique

Huile de palme au Cameroun: Bolloré assigné en justice par des ONG et des syndicats

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Dix ONG et syndicats, dont Sherpa, assignent en justice l'entreprise Bolloré pour obtenir l'application de mesures améliorant les conditions de vie des travailleurs et riverains de plantations d'huile de palme au Cameroun, gérées par une société dont le groupe est actionnaire, ont-elles annoncé lundi.

Sherpa, ainsi que neuf autres associations et syndicats français, camerounais, belge et suisse, saisissent le Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre pour demander la mise en oeuvre d'un "plan d'action" conclu en 2013, selon un communiqué.

"Nous demandons au juge français de forcer le groupe Bolloré à exécuter ses engagements pris en 2013 envers les communautés riveraines et les travailleurs des plantations de la Socapalm, entreprise d'exploitation d'huile de palme au Cameroun directement liée au groupe", détaille le communiqué.

Ce dossier remonte à 2010: à l'époque, Sherpa et trois autres ONG avaient saisi un organe de l'OCDE, appelé Point de contact national (PCN), qui avait constaté des "manquements" aux principes directeurs de l'organisation à destination des multinationales. En 2013, Sherpa et Bolloré avaient engagé une médiation qui avait abouti à un "plan d'action" pour la Socapalm, abandonné depuis, indiquent les ONG.

"L'impact ravageur de l'exploitation de l'huile de palme sur la santé, la pollution, la déforestation, ou les droits des travailleurs, est régulièrement dénoncé, mais aucune action ne semble avoir réussi à ce jour à faire bouger les pratiques des géants de l'agroalimentaire", souligne la directrice de Sherpa, Sandra Cossart. "Nos organisations se tournent donc vers le pouvoir judiciaire".

Bolloré détient 38,75% de la holding luxembourgeoise Socfin, qui détient elle-même, par le truchement de deux autres sociétés, une participation dans Socapalm, indiquent les ONG, qui espèrent des "décisions" lors des assemblées générales de la Socfin et de Bolloré, prévues mardi et mercredi.

"Que 10 associations se regroupent pour procéder ainsi, en une salve médiatique concertée, pour asséner des contrevérités est anormal et contre-productif", a réagi auprès de l'AFP l'avocat du groupe, Me Olivier Baratelli, tout en précisant ne pas avoir connaissance du détail de l'assignation.

"Sherpa procède depuis 10 ans par amalgame", a-t-il ajouté. "Bolloré ne possède que 9,35% du capital de cette plantation camerounaise alors que l’État camerounais est actionnaire lui à 27%", a-t-il déclaré, ajoutant que Bolloré "a constamment exercé son influence vis-à-vis de Socfin, mais n’exerce aucun contrôle opérationnel sur ses plantations."

"Contrat non exécuté"

Le plan, que l'AFP a pu consulter, définissait une liste d'objectifs rendus publics par le PCN le 17 mars 2014.

Il visait notamment à "garantir" à tous les travailleurs "la sécurité au travail" et améliorer les "conditions de transport et de logement" afin qu'il soit "décent" et réduire le recours à la sous-traitance.

Le plan prônait le "règlement amiable des conflits" avec les riverains après des "violences" de la part de personnes en charge de la sécurité des plantations, ainsi que l'apaisement des conflits fonciers avec notamment un "système d'indemnisation individuel, juste et équitable".

Il s'agissait aussi de "prévenir tous les types de nuisances existants (gestion des déchets, bruit, qualité de l'air et de l'eau" et "d'accompagner les autorités sanitaires locales dans leurs actions de dépistage des maladies liées aux atteintes environnementales".

Pour Sherpa, Bolloré s'est "engagé de façon formelle": elle demande donc à la justice de reconnaître ce plan comme un "contrat" qui n'a pas été exécuté.

L'entreprise estime, elle, qu'elle ne s'est "jamais engagée à un suivi sur place", mais qu'elle "a simplement indiqué vouloir assumer, comme [elle] l'a toujours fait, ses responsabilités et user de son influence vis-à-vis de ses partenaires", selon une lettre de Me Baratelli de novembre 2018.

Le cas de la Socapalm avait été abordé dans le portrait-enquête du journaliste Tristan Waleckx, couronné en 2017 du prix Albert-Londres, avec des témoignages de sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres.

Dans une tribune en 2018, Vincent Bolloré avait parlé sur ce dossier d'une "chasse aux sorcières". Le groupe, qui a attaqué le documentaire en diffamation, a été débouté à deux reprises et il devait se pourvoir en cassation.

Socfin gère environ 187.000 hectares de plantations, principalement de palmiers à huile et d'hévéas, en Afrique et en Asie. En novembre 2018, dans un communiqué, elle se disait accusée "à tort d'accaparements de terres, de déforestations et de refus de dialogue", en dénonçant des "informations inexactes issues d'enquêtes partiales".

Selon AFP

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mardi 21 mai 2019

Un couple qui sait rebondir !

Elisabeth et Jean Louis Guigou, duo de choc !

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Dès 1997, ce duo s'est rendu célèbre. D'abord, madame qui entra au gouvernement Jospin en tant que garde des Sceaux. Et elle allait ouvrir la voie à Jean-Louis, déjà communément appelé de façon ironique par ses proches "le mari de madame", qui ne tarda pas à assumer la fonction de directeur de la DATAR (direction de l'aménagement du territoire et des affaires régionales), où il était surtout chargé de surveiller "les agissements" de nombreux ministre du gouvernement "pluriel".

L'histoire ne manque pas de sel lorsqu'on sait qu'en 1999, l'association RN 59 Sécurité avait obtenu du ministre communiste des transports Jean-Claude Gayssot et de la ministre écologiste de l'environnement Dominique Voynet l'accord pour l'incription du contournement de Châtenois à 2x2 voies et d'une nouvelle route Lièpvre - Val de Villé au contrat de plan Etat - Région 2000 - 2006. Et comme par hasard, un soir, nuitamment, le "mari de madame" a atterri à Colmar, emprunté la RN 59 par Sélestat et Sainte-Marie-aux-Mines jusqu'à Saint-Dié (où il a quand même rendu visite au ministre de l'économie Christian Pierret) avant de s'en retourner tout aussi nuitamment à Paris. Il avait rempli son rôle d'espion et le projet RN59 fut retenu. Les ministres avaient bien monté le dossier.

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Mis en veilleuse à partir de 2002 sous la présidence de Chirac, "le mari de madame" rebondit avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Membre de l'IPEMED (institut de prospection économique du monde méditerranéen) il a vite compris l'avantage qu'il pouvait en tirer auprès d'un président qui prônait l' "union méditerranéenne". Ce projet politique fut vite réduit à néant, mais Guigou était dans la place, et y restera en prônant la réussite économique qui devait camoufler l'échec politique. Il restera d'ailleurs à son poste de directeur de l'IPEMED jusqu'en 2017. 

Et c'est tout naturellement que Macron en fit son homme de confiance pour une "nouvelle politique" en Afrique, une politique ressemblant singulièrement à l'ancienne politique de la "Françafrique".

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Fallait-il donc s'étonner si aujourd'hui "l'épouse de monsieur" rejoint les soutiens LREM pour les européennes ? pour obtenir en juin une délégation à Bruxelles ? Voilà qui a déjà de quoi faire courir la blonde. En tous cas voilà aussi un couple dans lequel le carriérisme et l'opportunisme l'emportent sur les convictions qui, de toutes façons, ne doivent pas être bien profondes.

Et comme Balkany, Guigou a 71 ans ! oh pardon, comme Balkany 70 ans ! Ces hommes politiques n'aiment pas qu'on les vieillisse, demandez donc Eric Dupond-Moretti, l'avocat.

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samedi 16 février 2019

Côte d'Ivoire : de quoi se mêle Sarkozy ?

Henri Konan Bédié, ex-président de Côte d'Ivoire, aurait refusé de recevoir Sarkozy.

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Nicolas Sarkozy était annoncé à Daoukro en Côte d'Ivoire pour mener une médiation auprès d'Henri Konan Bédié, l'ancien président, afin de maintenir le contact avec Alassane Ouattara, président en exercice. Mais le président du PDCI aurait refusé de recevoir l'ex-président français lors de son séjour privé en Côte d'Ivoire, fin janvier. On a bien compris, le mandat présidentiel de Ouattara arrive à terme et Henri Konan Bédié risque d'être un sérieux concurrent pour le sortant qui, théoriquement selon la constitution ivoirienne, ne pourra pas se représenter. Mais c'est connu qu'en Afrique, une constitution c'est fait pour être contourné.

Le divorce est bel et bien consommé entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et toutes les tentatives du président ivoirien pour ramener son ancien allié à la table de discussion sont jusque-là restées inopérantes.

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Le joker dont disposait le chef de l'Etat était l'intervention de son ami Nicolas Sarkozy auprès du président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) afin de le convaincre de revenir dans la majorité présidentielle.

Aussi, apprenons-nous que l'ancien locataire de l'Elysée était bel et bien à Abidjan, le 30 janvier dernier, pour un séjour privé. Quoi de plus normal de rencontrer un ami dont l'épouse, française, est une des généreuses donatrices du parti LR ? Alors, il a certes eu un tête-à-tête avec le Président Alassane Ouattara, dont rien n'a filtré.

Cependant, l'un des actionnaires du groupe hôtelier Accor voulait profiter de sa présence en terre ivoirienne pour rencontrer Henri Konan Bédié. Beau prétexte, mais ce dernier n'est pas dupe et lui a opposé une fin de non-recevoir. L'ancien président français est donc retourné en France sans avoir fait ce détour annoncé par Daoukro.

C'est dire que le leader du vieux parti semble totalement inflexible. La plupart des missions secrètes pour tenter une médiation entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara semblent avoir échoué. Le "Sphinx de Daoukro" s'est d'ailleurs engagé dans la formation d'une nouvelle plateforme de l'opposition.

Mais la question reste posée : de quel droit Sarkozy se mêle-t-il des affaires ivoiriennes ? Surtout que le prochain retour au pays de l'ex-président Gbagbo, chassé par la France de Sarkozy, innocenté par la CPI de La Haye, va encore compliquer la donne pour les élections de 2020 dans ce pays.

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vendredi 4 mai 2018

Sarkozy et Ouattara, les ambassadeurs de Bolloré au Rwanda ?

Un vrai carrousel de rencontres dites d'amitié

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Le 15 janvier dernier, Nicolas Sarkozy effectuait un voyage au Rwanda en compagnie d'hommes d'affaires français identifiés clairement comme membres du groupe Vivendi-Bolloré. D'ailleurs le nouveau "mis en examen" y était représenté par son propre fils Cyrille.

Et cette visite s'est terminée par "un saut de puce" à Abidjan, capitale de Sarkozie en Afrique occidentale. Evidemment, l'effet du pur hasard... Pourtant, à Kigali, les discussions ont tourné autour des opportunités d'investissements français dans plusieurs secteurs économiques où le pays recèle d'importantes potentialités, notamment dans les infrastructures, la logistique, mais aussi le tourisme d'affaires et l'hôtellerie. De quoi intéresser très fortement Bolloré, notamment en matière de routes et chemins de fer. Ne vient-il pas de décrocher le marché des voies de chemin de fer Abidjan - Ouagadougou et Ouagadougou - Lomé !

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Et Ouattara dans cette affaire ? Il se doit évidemment servir de guide pour expliquer à Kagamé le bien-fondé de la démarche de Sarkozy, l'homme qui passe la plupart de ses réveillons de Nouvel An à Assinie ou à Mougins. Le tout bien sûr, pour les intérêts supérieurs de Bolloré.

Et les affaires sont les affaires, qu'importent les pratiques pour arriver au pouvoir dans son pays. Et celui qui a sur sa conscience le massacre de Duékoué dans l'ouest ivoirien est sans-gêne pour aller se recueillir sur les tombes des victimes du génocide rwandais de 1995. Les peuples et leur souffrances, ce n'est pas l'affaire des dirigeants. Juste utilisés, même à titre posthume, dans l'intérêt très financier de quelques-uns. La honte !

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samedi 31 mars 2018

Sarkozy : les Africains mieux informés que les Français

Voici, l'article paru le mardi 27 mars, concernant notre ex-président, dans "L'Eléphant Déchaîné", journal satirique de Côte d'Ivoire correspondant à notre "Canard Enchaîné". Il est vrai que Nicolas Sarkozy a toujours été un grand ami du président Ouattara, que la force Licorne a aidé à porter pouvoir. Et ceci, sans ingérence dans la politique intérieure de ce pays africain ? Non bien sûr, ce n'est pas ça la "Françafrique".

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lundi 26 mars 2018

Sarkozy et ses prétendues preuves dans l'affaire libyenne

Un livre qui sort au très mauvais moment pour l'ancien président

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Sarkozy ayant traité de tous les noms le clan Kadhafi sur TF1, il est donc logique de trouver des preuves ailleurs. La question à se poser : comment Kadhafi, grand ami de Sarkozy en 2007, en est devenu le premier ennemi en 2001 ? Quel processus de désintégration a conduit l’ex-Jamahiriya à une situation aussi préoccupante ? Personne ne l’a encore décrit, mais les deux scènes suivantes nous apprennent comment le drame s’est noué, en décembre 2007. Elles sont dans un livre de Philippe Bohn intitulé Profession : agent d’influence, qui vient de paraître à Paris, chez Plon. L'auteur n'est autre que le directeur du groupe industriel "Airbus Group" (ex-EADS), fin connaisseur de l'Afrique, aujourd'hui directeur de "Air Sénégal", ami proche de Nicolas Sarkozy. Son épouse a même siégé au sein du conseil municipal de Neuilly lorsque Sarkozy en était le premier magistrat.

« Homme de l’ombre », inconnu du grand public, il relate avec talent et souci de la vérité des scènes dont il fut le témoin. Je ne résiste pas au plaisir de vous en donner à lire deux, croustillantes, dont le mérite est de mettre en évidence l'origine du mal qui se répand dans les pays africains du Sahel.

2007 : La "shopping list" du guide libyen, invité à l'Elysée !

 La première se déroule à Paris, fin 2007, à la veille de la très longue visite que rendra le colonel Kadhafi à Nicolas Sarkozy, élu président de la République française au mois de mai précédent. Philippe Bohn relate l’étonnante scène à laquelle il a assisté : « Je suis chargé presque secrètement de convoyer Saadi Kadhafi à l’Élysée, le vendredi 7 décembre à 20 heures, dans le bureau du secrétaire général Claude Guéant. Dans le bureau de Guéant, nous ne sommes que quatre à avoir pris place autour d’une table basse : Saadi Kadhafi, émissaire mandaté par son père, l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-ma­jor particulier du président de la République, le secrétaire général de l’Élysée et moi-même. Ambiance studieuse. Avec Saadi, nous allons, dans un saisissant dialogue, finaliser la “shopping list” du Guide pour sa visite officielle.

Guéant attaque en se tournant vers moi :

— Alors, Philippe, on commence par quoi ?

— Peut-être par les Rafale, monsieur le secrétaire général ?

— Ah, c’est généreux de votre part, ce n’est pas votre maison. Bon, alors, on en met combien ?

Je me tourne vers Saadi qui intervient.

— 14.

Guéant reprend, en s’adressant à Édouard Guillaud :

— Très bien, amiral. Vous notez, 14 Rafale, et maintenant ?

J’annonce :

— Les hélicoptères Tigre ?

Guéant à nouveau :

— Là, c’est chez vous. Cher Saadi, quels seraient vos besoins ?

À l’issue de cette réunion, une liste de possibles achats d’armements par la Libye est établie. »

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En mars 2011, Sarkozy déclenche la guerre qui allait conduire à la chute et à la mort de Kadhafi.  Ce dernier reproche au président français  de ne pas honorer les commandes passées ce soir-là par son fils, qu’il avait mandaté pour cette mission. Estimant, comme il l’a dit lui-même, que « Kadhafi se moque de lui », Sarkozy embrigade le Royaume-Uni, puis les États-Unis, et lance les avions de la République française contre les faibles armées de Kadhafi ; ces dernières sont déjà aux prises avec l’insurrection inspirée par « le printemps arabe ». Nicolas Sarkozy veut la mort, au moins politique, du colonel Kadhafi.

Guerre déclarée et dialogue secret

Après avoir reçu et choyé Mouammar Kadhafi, il est clair que Nicolas Sarkozy veut la mort, au moins politique, du colonel qui règne sur la Libye depuis quarante-deux ans. Nous sommes en août 2011, Sarkozy est proche du but. Affolé, le même Saadi Kadhafi appelle à la rescousse le même Philippe Bohn, qui raconte dans son livre cette deuxième scène tout aussi étonnante que la première.

« — Philippe, C’est moi, Saadi.

On est attaqué de partout mais ça va. Inch’Allah. Tu peux venir à Tripoli ? C’est urgent. Il faut que je te voie. J’ai un message à transmettre et il me faut un ami de confiance pour parler […].

La route de Tripoli passe par la petite île de Djerba en Tunisie. Le tourisme est en berne. L’avion est vide […] Lorsque l’avion se pose à Djerba, la nuit est déjà tombée. Saadi m’a indiqué que je serais accueilli par des hommes à lui. […] Deux Mercedes aux plaques gouvernementales libyennes patientent, moteur tournant. […] Une escorte fortement armée nous suit dans un second véhicule. Protection dérisoire face aux bombardements des avions de la coalition. […] Dans le sens Djerba vers Tripoli, la voie est libre. Au poste frontière, aucune formalité. Le voyage a visiblement été balisé en amont. […] Après quelques heures de route, rythmées par des arrêts à des barrages toujours tenus par les troupes loyalistes, nous sommes à Tripoli. Nous nous rendons directement au Corinthia, hôtel emblématique de la capitale libyenne. C’est mon point de chute habituel. En cette période troublée, il n’y a pas foule. […] Le bar est désert. Aucun convive au restaurant principal. Personne non plus dans les fauteuils et banquettes qui encadrent les ascenseurs. Saadi m’attend dans l’une des suites des étages supérieurs. Les retrouvailles sont chaleureuses.

"Si l’offensive continue, vous allez mettre des terroristes au pouvoir. Comment peut-on arrêter tout ça ? me demande-t-il, inquiet. Avec l’accord de mon père, je suis prêt à m’engager et à venir parler en personne avec les Français. Car si l’offensive continue, vous allez mettre des terroristes au pouvoir. […] Toi tu peux parler à Sarkozy. Il peut encore sauver ce pays. Et tu es ma garantie de confiance. "

Paris ne donnera pas suite à la proposition de dialogue de Saadi, restée secrète jusqu’à ce livre.

Philippe Bohn conclut son récit : « Après quelques tergiversations, Paris ne donnera pas suite à la proposition de dialogue de Saadi, restée secrète jusqu’à ce livre. La chute de Tripoli est imminente et l’heure n’est plus à la conciliation. Il est cependant accordé au fils Kadhafi un couloir de sécurité pour qu’il puisse s’échapper vers le Niger où il trouvera refuge. » Alors la parole de Sarkozy plutôt que celle de la "bande d'assassins" du clan de "l'illuminé" Kadhafi. Et si on retenait finalement celle de ses amis ?

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mercredi 21 mars 2018

Sarkozy en garde-à-vue

Ce que ni Mitterrand, ni Chirac, ni Hollande n'ont réussi, Sarko le fait.

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L’ancien président de la république Nicolas Sarkozy est actuellement entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illégal concernant sa campagne présidentielle de 2007. Selon Mediapart et le Monde, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce mardi matin dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen de la campagne de 2007. Il est entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre. L’information a été confirmée par une source judiciaire auprès de l’agence Reuters.

C’est « la première fois que Nicolas Sarkozy est entendu à ce sujet depuis l’ouverture d’une information judiciaire en avril 2013 », ajoute le Monde. Cette enquête a été confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire, qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. Nicolas Sarkozy est entendu par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris.

Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen. Les magistrats étudient la piste d’un possible financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans, par la Libye de Mouammar Kadhafi.

L’enquête porte sur des chefs de corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel de ces infractions. Dans la même affaire, l'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, a été interpellé début janvier à Londres, avant d'être libéré sous caution. L’ex-président français, qui a quitté le pouvoir en mai 2012, a toujours formellement démenti les faits allégués notamment par un autre homme de réseaux, le franco-libanais Ziad Takieddine.

Décidément, Sarkozy réussit à aller là où ni Mitterrand, ni Chirac, ni Hollande n'ont jamais mis les pieds.

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samedi 10 mars 2018

La guerre Bouygues - Bolloré se déplace vers l'Inde

Le très opportun voyage de Macron

bollor_Décidément, quand les frères capitalistes ennemis se disputent, Sarkozy et Macron ne sont jamais bien loin. C'est la raison, semble-t-il, notamment du voyage en Inde de notre président.

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Il est vrai que Bouygues était installé dans ce pays depuis 2016, suite à une visite d'un certain Nicolas Sarkozy qui a certes visité le musée Gandhi à New Delhi le 13 avril de cette année (ça c'est pour les medias) mais qui avait aussi mis en avant Bouygues pour la réalisation de deux condominiums à Bombay. 

Alors aujourd'hui, que va faire le nouveau concurrent en Inde, si ce n'est soutenir le concurrent Bolloré. Car, comme par hasard, après l'Afrique où vient de séjourner Sarkozy (Rwanda, Côte d'Ivoire) en compagnie du fils Bolloré, après le passage de Macron et Bouygues pour la construction du métro d'Abidjan, et que Bolloré, en compensation, avait obtenu la construction de lignes de chemin de fer Abidjan - Ouagadougou - Lomé, voilà que le partage français se déplace vers l'Inde. L'équilibre Bouygues - Bolloré va être rétabli, car l'opérateur français va obtenir la concession pour l'aménagement et l'exploitation du terminal portuaire de Tuticorin, juste en face du Sri Lanka (port qui est en plein développement). Il est vrai que Bolloré, en matière portuaire, est un fin connaisseur, puisqu'après l'Afrique (Côte d'Ivoire, Cameroun) le voilà qui après avoir investi dans deux plates-formes portuaires au Bangladesh (Chittagong, premier port de ce pays, et Payra) se retourne vers le voisin indien qui est sur le point de ravir à la France la cinquième place du développement mondial.

Alors, c'est logique : le "made in China" va petit à petit être remplacé par le "made in India", pour des raisons de coût de la main d'oeuvre. La Chine est devenue trop chère dans ce domaine ! Alors, vive l'Inde aux salaires de misère qui va enrichir un peu plus le tandem Bouygues - Bolloré et autres gros capitalistes, au détriment des ouvriers locaux qui resteront pauvres d'entre les pauvres. Et nos gouvernants passés et actuels soutiennent cette politique d'exploitation des peuples.

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mercredi 24 janvier 2018

Nicolas Sarkozy de retour en Côte d’Ivoire

Que cachent toutes ces visites éclair de Nicolas Sarkozy ?

bollore

Nicolas Sarkozy a effectué une visite à Kigali (Rwanda) le 15 janvier 2018 avant de gagner Abidjan le lendemain. Ces visites express de l’ancien président dans la capitale soulèvent bien des interrogations. Serait-il devenu le nouveau ministre des affaires étrangères de Macron ? Le Drian a-t-il été viré ? Ou veut-il saboter la politique de Macron au moment où ce dernier réunit des chefs d'entreprise à Versailles ?

On sait que l’ancien chef d’État français Nicolas Sarkozy entretient un lien de confiance avec le président Alassane Ouattara. Il est régulièrement venu en Côte d'Ivoire depuis l'accession de ce dernier au pouvoir et a même décroché d'importants contrats pour certains industriels français.

L’ex-président français a même été coopté par le Chef d'État ivoirien pour le renforcement de la coopération entre Abidjan et Doha (capitale du Qatar). Et lors de la crise postélectorale de 2011, l'ancien locataire de l'Élysée avait fait intervenir les troupes françaises de l'opération Licorne (destinées à protéger les expatriés européens) en soutien aux forces pro-Ouattara pour déloger le président Laurent Gbagbo. Voir donc l'ex-président régulièrement aux côtés du président ivoirien passe mal aux yeux de l'opposition ivoirienne et des milieux politiques français.

Mardi 16 janvier 2018, Nicolas Sarkozy a effectué une visite éclair à Abidjan. Le jet privé à bord duquel il voyageait a atterri dans la capitale ivoirienne très tôt dans la matinée. Il a eu un tête-à-tête à la présidence avec son ami Alassane Ouattara avant d’être rejoint par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko et Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence.

Si l’on ignore concrètement l’objectif de cette rencontre, il apparaît qu’elle avait pour but de connecter les chefs d'entreprises français aux dirigeants ivoiriens pour la signature de contrats d'affaires. À noter que la veille, Nicolas Sarkozy avait rencontré le Président Paul Kagamé à Kigali (Rwanda). Il était accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires français, dont Cyrille Bolloré, fils de l'industriel français bien connu (le grand à droite sur la photo). Bolloré ! Voilà un nom français qui revenait souvent en Côte d'Ivoire au temps de Sarkozy président, remplacé par Bouygues -semble-t-il- sous l'ère Macron. Et si cette visite était tout simplement un épisode de la guerre franco-française pour contrer Bouygues qui vient de remporter, avec l'appui de Macron, le juteux marché pour la construction du métro d'Abidjan ?

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