mardi 25 septembre 2018

La Réunion : Un "week-end No sport"

Contre "les coupes budgétaires et les suppressions d'emploi décidées par l’État". 

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A l'exception des deux stades accueillant deux matches de Coupe régionale de football n'ayant pu être reportés, toutes les installations sportives étaient fermées à l'appel du Comité régional olympique et sportif (Cros). 

Intitulée "week-end No sport", l'action coïncidait avec la Fête du sport lancée dans toute la France par le ministère de la Jeunesse et des sports, sur fond de grogne du mouvement sportif. 
Malgré l'obtention il y a un an des JO de Paris-2024, le sport français fait face à une baisse de ses moyens financiers. Dans une lettre de cadrage envoyée fin juillet au ministère des Sports, Matignon fixe son budget 2019 à 450 millions d'euros (hors investissements pour les JO) contre 480 millions en 2018, en baisse pour la seconde année consécutive, avant la loi de finances qui doit être présentée lundi. 
Alors qu'une pétition nationale a été lancée vendredi par le mouvement sportif pour défendre ses moyens, la Réunion, qui compte 145.000 sportifs licenciés dans 1.400 clubs, était samedi le seul département français à boycotter quasi totalement le week-end sportif. 
"Nous sommes là pour montrer que le sport existe", a souligné Monique Cathala présidente du Cros lors d'un rassemblement devant la préfecture à Saint-Denis en présence notamment de la députée Ericka Bareigts (PS), du député Jean-Hugues Ratenon (LFI) et du président de Région, Didier Robert (ex LR). 
"Il faut montrer que nous sommes là. Signer un papier ne sert pas à grand chose", a-t-elle ajouté,faisant allusion à la pétition nationale "#LeSportCompte" du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) qui a déjà recueilli plus de 100.000 signatures samedi à la mi-journée. 
Une motion demandant que "les inquiétudes soient levées et les réponses apportées" a été remise au préfet à la fin du rassemblement devant la préfecture de Saint-Denis.

AMADR_Stade_de_l_Est_004Et dire que la France organise les Jeux Olympiques en 2024 !

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dimanche 26 août 2018

Mayotte : la mise au ban des étrangers

Mayotte, quatrième île constituant l’archipel des Comores, s’est détachée de ses trois sœurs lors de l’ultime référendum sur l’indépendance de 1976. Elle choisit alors de rester française, contrairement au reste de l’archipel. Les rivalités d’avec les Comores n’ont alors fait que s’aggraver.

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Aujourd’hui une nouvelle étape dans ce combat a été franchie. Depuis quelques semaines, tout un chacun est en mesure de se demander ce qu’il est arrivé au service de l’intégration et de l’immigration de la préfecture de Mayotte. Cela n’aura échappé à personne à Mamoudzou, la foule compacte d’hommes et de femmes se pressant habituellement autour de la porte d’entrée s’est envolée !

Plus personne ne joue des coudes ou se marche sur les pieds dans l’espoir, un jour, d’obtenir le Saint Graal : un récépissé de demande de carte de séjour, a minima. La préfecture de Mayotte serait-elle devenue la plus performante de France, la mieux organisée ? Se serait-elle lassée de jouer la grande dame froide et aurait-elle décidé d’ouvrir son cœur et nos frontières ?

Que nenni ! Elle s’est fait prendre au piège ! Encerclée de toute part, à l’extérieur comme à l’intérieur, elle ne peut faire un pas, faire un geste sans que les foudres de la vindicte populaire ne s’abattent sur elle ! Car la foule garde la grille, elle gronde, elle menace !

« Que les Comores acceptent leurs ressortissants et alors nous libérerons les grilles ! » scande-t-elle.

Une poignée de manifestants impose sa loi à l’Etat

Cette foule révolutionnaire et décidée se compte sur les doigts d’une main, de deux lors des jours fastes. En tout et pour tout, pas plus de dix personnes tiennent les grilles de la préfecture et empêchent quiconque d’entrer au service dit « des étrangers ». Initialement considéré comme un piquet de grève c’est maintenant d’un « siège » que se réclame le Collectif des Citoyens de Mayotte.

Depuis mars 2018, en pleine grève générale, craignant des débordements, la préfecture a fermé ses portes mais recevait sur rendez-vous les personnes pour qui la carte de séjour arrivait à terme. Aucune première demande n’était enregistrée. Cette organisation était déjà absolument scandaleuse et contrevenait au principe d’ouverture et d’accueil des services publics.

Or depuis fin juillet, le petit groupe de militants susmentionné a décidé, à lui seul, que plus aucune carte et encore moins de visas ne seraient édités. Et la préfecture n’a pas bougé pour les en empêcher.

Des conséquences catastrophiques pour les étrangers

Un grand nombre d’hommes et de femmes perdent leur emploi du fait de ne pouvoir renouveler leur carte. Ils perdent également leur droit à la sécurité sociale. Les porteurs du VIH/SIDA par exemple n’ont plus accès à leur traitement, ne pouvant renouveler leurs droits, et redeviennent contagieux. Les personnes en situation de handicap sont de même privées de traitements adaptés. Nombre de professeurs ne pourront plus exercer à la rentrée. Des femmes, des maris, ne pourront pas partir en vacances avec leur époux ou épouse comme ils l’avaient prévu de longue date… 

Non, empêcher les personnes d’avoir accès à leurs droits ne réglera pas la situation éminemment complexe de Mayotte et des Comores. Cela ne fera qu’accentuer la pauvreté, l’insécurité, le chômage, le développement des maladies, la mortalité, la colère, et l’injustice. Comment peut-on se battre pour ce monde-là ? Et surtout, comment est-il possible que l’État accepte un tel état de fait ?

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mercredi 8 août 2018

Enfin le haut débit en Polynésie

Internet : la pose du câble sous-marin Natitua a commencé

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Le câblier l'Île de Batz est arrivé à Hao pour commencer la pose du câble sous-marin qui devrait permettre de procurer l'internet haut-débit dans 20 îles des Tuamotu (anciennement Nouvelles-Hébrides) et des Marquises avant la fin de l'année. La cérémonie d’atterrage du câble a eu lieu samedi matin. 

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Les hommes du câblier L'Île de Batz sont sur le pont. Ils travaillent 24 heures sur 24 sept jours sur sept et ce n'est que le début. Le navire est arrivé ce samedi 4 août à Hao pour attaquer la pose du câble Natitua. Une cérémonie d’atterrage de Natitua était organisée sur place en présence de la ministre en charge du numérique, Tea Frogier. 

La fin de la pose du câble sur l'ensemble de la Polynésie est prévue aux alentours de la première semaine d'octobre. Le câble quant à lui sera pleinement opérationnel à la fin de l'année 2018. 

Le câblier L'Île de Batz tirera les 2800 kilomètres du futur câble sous-marin domestique entre dix îles des Tuamotu et des Marquises. 

Les experts ont décidé de commencer l'atterrage du câble par l'extrémité Est. Les travaux de la première branche de Natitua ont commencé dès l'arrivée du câblier à Hao ce samedi. Le câblier se dirigera ensuite vers Makemo où il devrait arriver ce mardi, puis Fakarava le 14 août. Le navire devrait continuer sur sa lancée et être à Arutua le 20 août et le 24 à Kaukura. Le planning pour cette première branche est prévisionnel et dépendra essentiellement des conditions météorologiques. 

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L'Île de Batz reviendra alors sur Tahiti et plus précisément à Hitia'a, le 3 septembre pour tirer la deuxième branche du câble. Elle partira de la station d'atterrage toute neuve de Hitia'a o te Ra. Le câblier continuera à tirer le câble jusqu'à Rangiroa où il est attendu le 10 septembre. C'est depuis cet atoll que les branches Nord et Sud du câble Natitua seront raccordées. Le 15 septembre, le câble atteindra Manihi et le 20 Takaroa. 

Enfin, début octobre le câblier devrait rejoindre les eaux marquisiennes pour poursuivre sa pose. Ainsi, il connectera Hiva Oa le 1er octobre et Nuku Hiva le 6 octobre. Le temps estimé de tous ces raccordements est de deux mois et demi. 

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Le câble devrait être posé dans sa totalité dès la première semaine d'octobre. Après une période de tests, il devrait être opérationnel à la fin de l'année 2018. 

Natitua n'est pas qu'un câble sous-marin, une grande partie des îles qui pourront bénéficier de l'internet à haut débit seront desservies par un réseau de faisceaux hertziens. Cela concerne les îles Amanu, Faaite, Apataki, Tikehau, Ahe, Takapoto, Tahuata, Fatu Hiva, Ua Pou et Ua Huka. 

A la fin de l'année, une population de plus de 20 000 habitants répartis sur 20 îles des Tuamotu et des Marquises disposera ainsi d’une liaison internet haut débit, grâce à l’installation de ce câble de 2 800 kilomètres.

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mercredi 23 mai 2018

Alerte à Mayotte : la terre tremble

Une activité sismique qui dure depuis deux semaines

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L’immense majorité des médias métropolitains semble totalement se désintéresser de l’issue de cette situation. Seuls des médias locaux et quelques médias réunionnais ou comoriens informent l’opinion sur ce qui se déroule là-bas.

La situation géographique de Mayotte dans le canal du Mozambique pourrait expliquer cette situation sismique hors-norme.

En effet, la source de cette activité serait la ride de Davie, qui est la ligne sous-marine de séparation du continent africain et de Madagascar. C’est cet étirement de la plaque qui serait à l’origine des séismes ressentis d’après certains spécialistes comme le docteur en géophysique Jean Roger.

Néanmoins Mayotte n’est habituellement pas soumise à de tels essaims de séismes, c’est-à-dire à une succession de tremblements de terre, comme c’est le cas en ce moment avec cette magnitude anormale. Effectivement, l’île aux parfums se situe en zone sismique modérée et il n’y a pas de grosse faille à proximité.

Une situation inédite et forcément inquiétante

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) suit cette situation inédite de près. Depuis douze jours, chaque jour et chaque nuit, la terre tremble et la population panique.

Depuis le début des événements, les séismes ont généralement une magnitude supérieure à 4 sur l’échelle de Richter. Le pic de 5,8 a été enregistré le 15 mai et dans la nuit du 20 au 21 mai, trois secousses ont largement dépassé les 5 de magnitude. En effet, la plus grosse a été estimée à 5,5 par le BRGM. Le record de 5,2 de 1993 est donc pulvérisé !

Dans tous les cas, sur un territoire où de nombreuses habitations ne respectent pas les normes nationales et sont souvent construites dans des zones instables, la situation est potentiellement critique si de telles secousses se poursuivent. Les gens attendent dans l’inquiétude et les rumeurs enflent.

De son côté, la Préfecture est en alerte et informe le public sur les comportements à adopter. Elle indique par ailleurs sur son site internet que « l’activité sismique reste anormale et perdure, y compris dans la plage de magnitude des séismes pouvant être ressentis à Mayotte. »

Les Mahorais suivent les instructions (pas toutes, comme le fait de ne pas sortir de chez soi au début des vibrations) pour se protéger en cas de secousses et comptent sur leurs prières du Ramadan pour calmer la terre.

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jeudi 15 mars 2018

Mayotte : Les dessous de la visite d’Annick Girardin

101ème département français : pas une réussite ! 

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La ministre française des Outre-mer ne comptait pas se rendre à Mayotte avant les élections législatives partielles de la 1ère circonscription fixées les 18 et 25 mars 2018. Toutefois, après plus de trois semaines de grève générale et un fort emballement médiatique, Annick Girardin a dû avancer sa venue. Sa crédibilité et son poste sont manifestement dans la balance. Analyse de ce premier jour de visite à haut risque.

Mayotte est le 101ème département français depuis 2011 et ce n’est pas une réussite. Les chiffres dont nous disposons et qui sont exposés par les médias métropolitains sont plutôt révélateurs de la chienlit locale mais demeurent toutefois éloignés de la réalité. Effectivement le territoire est le moins bien renseigné de France puisque les études manquent et sont parfois contestables. Quelques exemples : les états-civils sont fréquemment incorrects, les gens ne vont pas porter plainte en raison de l’inefficacité des enquêtes, une partie de la population est clandestine et donc pas répertoriée etc.

 

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Quoi qu’il en soit, les estimations -si incorrectes soient-elles- n’en demeurent pas moins inquiétantes : 41% des habitants sont clandestins, 84% vivent sous le seuil de pauvreté, 26% sont au chômage, plus de 50% de la population a moins de 18 ans, 71% n’a aucun diplôme qualifiant… Grosso modo, tous les voyants sont au rouge mais ce qui rend la situation insupportable pour les Mahorais est avant tout l’insécurité. Cette insécurité souvent expliquée –à tort ou à raison- comme le résultat de l’immigration massive qui touche l’île. A lui seul, le département renvoie plus de clandestins que le reste du pays et pourtant, cela ne suffit pas à arrêter les kwassa-kwassa qui partent majoritairement des Comores et laissent derrière eux de nombreux noyés.

D’autres réalités ne sont pas chiffrables, comme l’absence de transports en commun, les heures d’embouteillages pour se rendre au travail, la rareté des professionnels de santé, la présence du plus gros bidonville de France, l’absence de cantines scolaires ou encore la non-application de nombreux droits hexagonaux…

Une situation explosive et une population excédée

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Face à une situation globale déplorable et au sentiment d’abandon que ressentent les Mahorais, surtout quant aux questions de sécurité et d’immigration, une contestation s’est organisée depuis le 20 février 2018. En dépit du discours officiel, les Mahorais ont boycotté les Assises des Outre-mer organisées depuis des semaines et ont décidé de s’exprimer dans la rue. Blocages, actions coups de poing, marches. Le tout sous des trombes d’eau, en pleine saison des pluies. L’île est complètement paralysée, les citoyens se ruent dans les magasins, les stations essence, ils retirent de l’argent. Le climat est celui d’un état de siège.

Pourtant et malgré les désagréments engendrés par ce mouvement, plutôt bien encadré pour le moment et sans trop de débordements, les Mahorais restent soudés et veulent être entendus par le gouvernement. Ce gouvernement si lointain qui a attendu trois semaines avant d’envoyer un ministre, peut-être sous la pression de l’opposition et d’un Laurent Wauquiez entreprenant en terre mahoraise.

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Les élus de l’Association des maires ont fait appel à un bureau d’études pour établir un plan de rattrapage de 1,8 milliards d’euros. A leurs yeux, il faudrait investir 480 millions pour mettre à niveau la distribution d’eau potable et l’assainissement, 480 millions pour la construction et la rénovation des écoles, 500 millions pour le logement social, 238 millions pour les routes, 40 millions pour les équipements sportifs et culturels. Sans compter les renforts en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration.

C’est donc une stratégie « à la guyanaise » que tentent d’établir les élus mahorais.

Parallèlement les manifestants organisés essentiellement autour du Collectif des citoyens de Mayotte et de l’Intersyndicale, demandaient la présence du ministre de l’Intérieur, du Premier ministre ou du président de la République. Pour résumer, la venue d’Annick Girardin considérée ici comme un poids léger du gouvernement, n’était pas souhaitée. Cette dernière qui, soyons clairs, joue ici son poste, a pris le moins de risques possibles pour donner l’impression de maîtriser la situation malgré quelques huées dès son arrivée dans la commune de Dzaoudzi-Labattoir.

La réalité d’une visite

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Alors que pendant le week-end les Mahorais ont vu des camions de forces de l’ordre arriver de métropole et des hélicoptères tourner dans le ciel, la ministre a commencé sa tournée ce lundi matin. Il faut savoir que Mayotte n’est pas une île en réalité mais un archipel constitué de quelques îlots et surtout de deux îles : Petite-Terre et Grande-Terre. L’aéroport, la résidence du Préfet et une grande partie des forces de sécurité s’y trouvent. Cette île est bien moins peuplée, beaucoup plus quadrillée, moins touchée par les problèmes de sécurité et finalement moins intégrée à ce mouvement. L’essentiel de la contestation et des problèmes se situe en Grande-Terre. La ministre et les autorités locales ont par conséquent cherché à assurer un premier jour de visite plutôt calme et cadré.

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La visite s’est donc déroulée dans des établissements scolaires où tout se passait normalement alors que la plupart des enfants de Mayotte sont restés chez eux. Annick Girardin a également discuté avec une poignée de manifestants très sympathiques qui ont fini par prendre des selfies avec elle. Une telle scène n’aurait pas pu se passer en Grande-Terre ou avec les bonnes personnes à Petite-Terre. Par ailleurs, elle a palabré (à moins de 2km de l’aéroport) avec eux assise dans l’herbe. Un ministre ferait-il cela en métropole ou est-ce une attitude réservée aux ultramarins ?

Madame la ministre a également enfilé une tenue locale, le salouva. Cette dernière a de même dialogué avec une poignée d’élus locaux assez proches de la mouvance présidentielle, pendant que la majorité des élus a boycotté la rencontre. Enfin, elle est allée un court instant sur Grande-Terre en prenant la barge, mais les manifestants étaient quasi-absents près du Comité du tourisme… Ce qui est très étonnant quand on connaît la mobilisation qu’il y a sur cette place généralement. Peut-être que les renforts des forces de l’ordre ne servaient pas qu’à sécuriser les établissements scolaires pour la rentrée.

L’opération de com’ du premier jour a peut-être rassuré la métropole mais vue de Mayotte, elle est perçue comme une provocation supplémentaire. (selon "Petite-Terre.info")

mayottedroitsolDéjà Macron trouvait les femmes africaines trop souvent enceintes. Sa ministre considère que "Mayotte est la première maternité de France" (De quoi remettre en cause le "droit du sol" ?) 

 En lisant la presse métropolitaine du 14/3, les mahorais croient rêver ! La "tension" n'est pas retombée ! Aucun barrage n'est levé, aucune grève n'est suspendue...

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 L'avis d'un journaliste mahorais :

L'argument de vente de Madame Gérardin : "elle est d'outremer"

Madame la ministre française des Outre-mer est venue apporter la lumière, à Mayotte. Son premier argument de vente, est de rappeler « je suis de l’Outre-mer ». Et alors ?

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Oui, géographiquement, Saint-Pierre-et-Miquelon est d’outre-mer, mais à part ça, ce rappel est obscène. Saint-Pierre, 6 500 habitants, qui arrive si peu à remplir ses classes qu’ on y tourne péniblement à 20 élèves, zéro chômeurs, hors période hivernale, durant laquelle tout le monde est fort bien indemnisé, et une Fonction publique hypertrophiée avec une majoration des traitements à ….70 % !

Pour la santé, des norias de médecins spécialistes s’y pressent, certains ayant des salaires de plus de 20 000 euros, et une Caisse de sécurité sociale qui, avec un laxisme pointé par la Cour des comptes, multiplie les évacuations sanitaires.

Difficile d’énumérer ce que la République engloutit sur ce caillou, même pas capable d’exploiter le quota de pêche annuel. Et pour parachever le tout, dans un contexte de xénophobie anti-métropolitains rarement atteint dans les autres DOM-TOM.

Un Outre-mer donc, très très loin des réalités de Mayotte.

Mais assurée de sa connaissance encyclopédique de tous les sujets, la Ministre est venue, les poches vides et la tête vide, enfin plutôt remplie de préjugés et de solutions, qui n’en sont pas. Renforcer un temps les forces de l’ordre est typique d’une mesure de court terme, il y a quelques mois à Mayotte il était plus aisé de pérorer et d’aller faire risette aux tortues dans le lagon.

Dit mille fois par la population, à quoi bon renforcer la troupe sans avoir une politique pénale et une diplomatie adaptées ? De vrais projets économiques, comme le hub maritime de Saint-Pierre, grassement subventionné par la métropole.

Tout cela procède de l’amateurisme…. « Sa venue n’est clairement pas souhaitée (…) Elle a péché par son arrogance et sa méconnaissance du territoire. Ce n’est clairement pas notre interlocutrice privilégiée », les collectifs de manifestants ont raison, quelques selfies, le cul dans l’herbe et la Ministre connait tout de Mayotte.

Devant une telle paresse de la Ministre, comment s’étonner que ses mesures soient d’une indigence extrême ?

Paresse intellectuelle aussi en utilisant dans l’arsenal éculé des fausses bonnes mesures du prêt-à-penser : la coopération avec les Comores.

Expliquer que tout ira mieux, dans ce département délabré dans tous ses services publics, en soutenant le régime ultra-corrompu des Comores par des aides techniques et financières procède d’une vraie méconnaissance du dossier et de la situation régionale, mais cela n’arrête pas Madame «  je sais tout », car « je suis de l’Outre-mer  ».

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mercredi 14 mars 2018

Grève générale à Mayotte

Le déplacement de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin n'a pas convaincu à Mayotte, où la rentrée des classes a été fortement perturbée, notamment par la grève des transports scolaires.

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Depuis quatre semaines, un mouvement populaire d'envergure secoue Mayotte, confetti français dans l'océan Indien. La "grève générale" paralyse l'île, tout comme les barrages routiers.

Le déplacement de la ministre des Outre-mer ce lundi n'a pas permis d'endiguer le mouvement. En vain pour l’instant. Durant la rentrée des classes hier, seulement 110 écoles sur 180 étaient ouvertes selon la ministre, et des barrages continuaient de paralyser l’île.

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Le point pour comprendre la situation 

Le mouvement, parti de l’exaspération de la population contre l’insécurité après une série de violences aux abords des établissements scolaires commises par des bandes de jeunes, s’est élargi à des revendications contre l’immigration clandestine et pour le développement économique et social du territoire.

La ministre annonce des mesures sécuritaires...

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé hier à Mamoudzou une série de mesures, notamment sécuritaires. Elle a confirmé le maintien sur le territoire, jusqu’à la fin de l’année scolaire, de 60 gendarmes arrivés la semaine dernière, la présence permanente d’un demi-escadron de gendarmes mobiles sur place depuis 2016, et la création d’une brigade de gendarmerie nationale à Koungou.

... et contre l'immigration clandestine mais elle ne convainc pas.

En ce qui concerne la lutte contre l’abus du droit du sol, la ministre a indiqué que la création d’un statut d’exterritorialité pour l’hôpital, qui est aussi la plus grande maternité de France, ferait l’objet d’un groupe de travail. Des moyens supplémentaires et la création d’un état-major de la lutte contre l’immigration clandestine ont également été annoncés.

Dans un communiqué, le collectif et l’intersyndicale à la tête du mouvement ont dit "refuser de s’associer à cette mascarade", regrettant qu’il n’y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications", et déplorant une "tentative de divisions des élus". 

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Plus de barrages qu'avant

Toute l’île était paralysée lundi, avec douze barrages recensés par la préfecture, plus qu’il n’y en avait jamais eu depuis le début du mouvement, entravant l’accès aux établissements.

Alors que le bon déroulement de la rentrée scolaire apparaissait comme un enjeu majeur de la journée de lundi, Mme Girardin a relevé que 2 000 professeurs et 2 500 élèves étaient présents, dans 110 écoles ouvertes sur 180.

Des services publics pas à la hauteur

Département français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, à seulement 70 kilomètres de ses côtes. La population mahoraise dénonce la saturation de l’hôpital, des services publics ou des écoles, où faute de classes suffisantes, les enfants vont en cours par rotation.

Mayotte, c’est "84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, (...) c’est quatre fois plus de population en trente ans, (...) c’est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (...) c’est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", a reconnu mardi Annick Girardin.

Santé, éducation, immigration... Des revendications précises

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Une plateforme revendicative a été présentée vendredi. Fatihou Ibrahime, un des porte-parole, a réclamé "l’application pure et simple du droit commun, que le gouvernement cesse de justifier son inaction (...) par la spécificité mahoraise".

Les manifestants ont présenté 50 mesures revendicatives, portant notamment sur l’éducation, comme la réduction des effectifs des écoles et le placement de l’ensemble du département en réseau d’éducation prioritaire renforcé. Ils exigent aussi un "plafond d’accueil des mineurs isolés" à Mayotte, et que ceux-ci soient également pris en charge par des communes de métropole.

De nombreuses revendications portent aussi sur l’immigration clandestine, la santé et les aides sociales.

mayotte4Mayotte, le département français le plus pauvre.

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lundi 12 mars 2018

1902 : éruption de la Montagne Pelée à la Martinique

La destruction du « Petit Paris » des Antilles

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Il y a plus d'un siècle, la Martinique vivait un véritable cataclysme. L'éruption finale pourtant prévisible de la montagne Pelée, volcan situé dans le nord de l'île, provoquait la mort de milliers d'habitants pris au piège et la disparition de la magnifique ville de Saint-Pierre. Seuls deux survivants purent témoigner de cette page sombre des Antilles françaises.

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Accostée en 1502 par Christophe Colomb et habitée par les Caraïbes (un peuple amérindien qui aurait chassé les Arawaks de l’île), la Martinique – également appelée Madinina – fut réellement colonisée par les Français à partir de 1635.

La Compagnie des îles d’Amérique, propriétaire du territoire, entreprend la colonisation à partir de la rade de Saint-Pierre. Les premiers colons défrichent les terres et cultivent le tabac, le roucou, le cacao ou l’indigo. Progressivement, les Amérindiens disparaissent (décimés par des maladies exogènes et par la pression des nouveaux arrivants) pour laisser place aux Européens et à leur main-d’œuvre servile d’origine africaine, utilisée essentiellement dans les cultures.

A l’aube du XXe siècle, Saint-Pierre est à son apogée

Par sa position et son commerce, Saint-Pierre est à la fin du XIXe siècle la plus importante ville des Antilles françaises. Elle s’est développé grâce au commerce des esclaves et à l’industrie sucrière (qui a remplacé l’industrie du tabac suite à la crise du XVIIe siècle). Son port accueille des marchands et navires du monde entier.

Ses rues sont toutes pavées, les fontaines nombreuses, les maisons et les bâtiments publics sont imposants et travaillés. La ville est par ailleurs très moderne pour la région : un tramway hippomobile, une chambre de commerce, un réseau d’éclairage urbain, un asile, un hôpital, un jardin botanique et enfin, un théâtre de 800 places sur le modèle de celui de Bordeaux.

Une bourgeoisie blanche a ainsi façonné la ville sur les standards européens et y coule des jours paisibles. Surnommée « le Petit Paris » ou « la Perle » des Antilles, la commune fait office de modèle de cité idéale aux yeux des voyageurs.

La montagne Pelée, ce puissant voisin

La montagne Pelée atteint les 1 397 mètres et domine la rade de Saint-Pierre. Elle tire son nom, semble-t-il, de son aspect dénudé lors de l’arrivée des premiers colons, quelques temps après une éruption volcanique. D’autres sources affirment que son nom provient de Pelé, la déesse du feu des indigènes Caraïbes. Quoi qu’il en soit, ce volcan a toujours été une menace pour les alentours malgré son activité modérée.

Historiquement les éruptions sont effectivement peu fréquentes et relativement faibles. En revanche son dynamisme magmatique peut être brutal et difficilement prévisible pour son voisinage. Au XIXe siècle, il n’a connu par exemple que deux éruptions : l’une entre 1851 et 1854 et l’autre entre 1889 et 1905 avec son paroxysme… en 1902.

Le jour de l’Apocalypse

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Depuis 1889 donc, la montagne Pelée était en éruption. Or cette dernière va s’amplifier à partir du mois d’avril 1902. Des nuages de cendres, des fumerolles intermittentes, des secousses, une odeur de soufre, des éclairs. Les signes ne manquaient pas pour prévoir la colère imminente du volcan.

Toutefois la veille de la catastrophe, un calme apparent venait rassurer les autorités (préoccupées par l’organisation des élections à venir) : de fait, l’obstruction du cratère par le dôme en surrection bloquait l’expulsion finale.

Dans la nuit du 7 au 8 mai, les évènements s’accélèrent. D’intenses orages provoquent des coulées de boue qui dévalent les pentes et au petit matin, l’explosion du bouchon intervient. Une nuée ardente suit un puissant souffle et déferle à plus de 500km/h, recouvrant la quasi-totalité de la ville en moins d’une minute. Les lahars et les incendies détruiront ce qu’il en reste. Le bilan est extrêmement lourd : presque 30 000 victimes pour seulement deux survivants et le « Petit Paris » est rayé de la carte.

Cette catastrophe, progressivement classée dans les archives, constitue l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXe siècle.

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 L'explosion de la Montagne Pelée (video)

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mardi 7 novembre 2017

Wallis et Futuna : le cri d'alarme de la population

"Dans cinq ans, notre archipel sera mort"

Wallis__1_Dans le Pacifique sud, l'archipel français de Wallis et Futuna se meurt peu à peu selon ses habitants. Ils aiment profondément leur terre mais voient leurs jeunes générations s'exiler de plus en plus hors du territoire.

"Chaque année, on ferme des classes"

"Les jeunes sont obligés de s'expatrier parce qu'il n'y a pas beaucoup d'avenir ici", constate Nadia Kavakava, institutrice à Wallis et Futuna, un archipel qui se vide inexorablement de sa population. "Les maisons abandonnées se multiplient. Des jeunes reviennent parfois après leurs études en métropole ou à Nouméa mais c'est au compte-goutte", explique cette trentenaire enjouée, qui a étudié quatre ans à Strasbourg.

Des îles perdues au milieu du Pacifique

wallisPerdu au beau milieu du Pacifique, à 2.100 km à l'est de la Nouvelle-Calédonie, les îles de Wallis et Futuna forment le territoire français le plus éloigné de la métropole (22.000 km) et l'un des plus atypiques. Trois pouvoirs y cohabitent: l'Etat, les monarchies coutumières, et l'église catholique, toute puissante. L'archipel est découpé en trois royaumes - un à Wallis et deux à Futuna -, doté chacun d'un roi et de "ministres". Rétribués par l'Etat, ils perpétuent les us et coutumes polynésiens, qui ont fusionné, depuis l'évangélisation en 1837, avec les croyances religieuses. Représentant l'autorité de la France, l'administrateur supérieur (préfet) gère l'archipel, en étroite collaboration avec le Conseil du territoire, où les rois siègent de droit. L'Assemblée territoriale compte 20 élus, mais la réalité du pouvoir est entre les mains des familles royales et des prêtres.

Isolées et dépourvues de ressources, ces îles se dépeuplent

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En dix ans, la population s'est érodée de 20% et ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 12.197 habitants. Parallèlement, le taux de fécondité est passé de 4,5 enfants par femme en 1983 à 2,1, en 2013. "Dans cinq ans, cet archipel est mort, des familles entières partent chaque mois. On crée 15 emplois par an à Wallis, les jeunes sont condamnés à l'exil", confie un commerçant d'origine métropolitaine. Sur les 2.155 salariés, 60% travaillent dans la fonction publique et semi-publique, où les salaires indexés sont confortables, tandis que le secteur privé, dominé par quelques commerces en situation de monopole, est sclérosé. La majorité de la population vit d'agriculture, de pêche et d'artisanat, créant une société fortement inégalitaire, aggravée par une fiscalité reposant uniquement sur les taxes à l'importation et aucun impôt direct.

"On est tous sur Facebook"

Fenêtres sur le monde, internet et la TNT incitent en outre les jeunes, souvent lassés des impératifs de la coutume et de l'église, à plier bagages. "On est tous sur Facebook, on y passe des heures pour faire des connaissance et parler avec la famille en France ou en Australie. C'est triste Wallis pour les jeunes et il n'y a pas de débouchés", lâche Lovaïna, en terminale dans l'unique lycée.

Une économie "peu propice au développement

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Chaque année, la France injecte dans ces terres lointaines 120 millions d'euros, dont une grande partie est consacrée au traitement des fonctionnaires d'Etat détachés. Le Fonds Européen de développement (FED) octroie tous les cinq ans entre 10 et 15 millions d'euros mais l'économie ne décolle pas. "L'organisation en place ne permet pas d'attirer les investisseurs car on ne peut pas acquérir de foncier. Il faudrait libérer du foncier", a expliqué Michel Auboin, préfet dans l'archipel. Toutes les terres sont coutumières et, en l'absence de cadastre, elles sont souvent sujettes à des revendications contradictoires, qui paralysent les projets. En janvier, la Cour des Comptes avait préconisé une modernisation de l'organisation juridique et institutionnelle de Wallis et Futuna, jugeant le statut de 1961 "peu propice au développement".

 Une migration vers la Nouvelle-Calédonie et la métropole

Faute d'avenir chez eux, Wallisiens et Futuniens migrent donc en masse en Nouvelle-Calédonie où la communauté est estimée à plus de 25.000 personnes. Amorcé dans les années 1970 par la construction d'un barrage et le "boom" du nickel, leur flux ne s'est depuis jamais tari. Plusieurs milliers de Wallisiens et Futuniens sont également installés en Métropole. (selon Mata Utu)

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mercredi 16 novembre 2016

Guadeloupe, c'est la France aussi ...

... et la presse de l'hexagone n'en parle pas

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Les habitants de Baillif (Guadeloupe) se mobilisent contre le manque d'eau. Les coupures sont nombreuses et quand l'eau arrive au robinet, elle est impropre à la consommation. Pour marquer leur colère, ils ont dressé un barrage hermétique à la sortie de Baillif en direction de Vieux-Habitants.

A Sainte-Rose, un barrage hermétique a également été érigé sur la N2 à hauteur du Comté de Lohéac par le collectif des terres de Desbonnes. Un différend autour de la propriété de terres entre les agriculteurs de ce secteur et Hubert de Jaham, le petit Bolloré antillais, est cette fois en cause.

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dimanche 17 avril 2016

Après Mayotte, la Nouvelle-Calédonie

" La vie n’a jamais été aussi chère et les pauvres aussi nombreux."

kone_viechere

La Confédération syndicale des travailleurs de Nouvelle-Calédonie, la CSTNC dont le secrétaire général est Sylvain Néa a appelé ses adhérents à une journée de mécontentement général. Elle reproche au gouvernement de ne rien faire pour améliorer une situation qui se dégrade.

Les "exigences" :

  • une plan crédible soit mis en place afin de garantir l’emploi des travailleurs et surtout d’éviter les fermetures de centres,
  •  les provinces doivent mettre la main à la poche pour participer à l’effort
Il dénonce l'exportation des ressources minières qui sert  l’intérêt d’une minorité : les « petits mineurs » (mais « gros les comptes »), c’est-à-dire ceux qui on gagné de l’argent depuis des années, mais qui ont détruit nos  forêts, saccagé nos montagnes, pollué nos rivières et nos rivages, ceci au détriment du peuple calédonien. " Des préavis de grève ont été déposés.

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