dimanche 26 mai 2019

Wallis et Futuna : le cri d'alarme de la population

Dans le Pacifique sud, l'archipel français de Wallis et Futuna se meurt peu à peu selon ses habitants. Ils aiment profondément leur terre mais voient les jeunes générations s'exiler de plus en plus hors du territoire.

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"Chaque année, on ferme des classes."

"Les jeunes sont obligés de s'expatrier parce qu'il n'y a pas beaucoup d'avenir ici", constate Nadia Kavakava, institutrice à Wallis et Futuna, un archipel qui se vide inexorablement de sa population. "Les maisons abandonnées se multiplient. Des jeunes reviennent parfois après leurs études en métropole ou à Nouméa mais c'est au compte-goutte", explique cette trentenaire enjouée, qui a étudié quatre ans à Strasbourg.
Wallis et Futuna, des îles perdues au milieu du Pacifique

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Perdu au beau milieu du Pacifique, à 2.100 km à l'est de la Nouvelle-Calédonie, les îles de Wallis et Futuna forment le territoire français le plus éloigné de la métropole (22.000 km) et l'un des plus atypiques. Trois pouvoirs y cohabitent: l'Etat, les monarchies coutumières, et l'église catholique, toute puissante. L'archipel est découpé en trois royaumes - un à Wallis et deux à Futuna -, doté chacun d'un roi et de "ministres". Rétribués par l'Etat, ils perpétuent les us et coutumes polynésiens, qui ont fusionné, depuis l'évangélisation en 1837, avec les croyances religieuses. Représentant l'autorité de la France, l'administrateur supérieur (préfet) gère l'archipel, en étroite collaboration avec le Conseil du territoire, où les rois siègent de droit. L'Assemblée territoriale compte 20 élus, mais la réalité du pouvoir est entre les mains des familles royales et des prêtres.

Isolées et dépourvues de ressources, ces îles se dépeuplent.

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En dix ans, la population s'est érodée de 20% et ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 12.197 habitants. Parallèlement, le taux de fécondité est passé de 4,5 enfants par femme en 1983 à 2,1, en 2013. "Dans cinq ans, cet archipel est mort, des familles entières partent chaque mois. On crée 15 emplois par an à Wallis, les jeunes sont condamnés à l'exil", confie un commerçant d'origine métropolitaine. Sur les 2.155 salariés, 60% travaillent dans la fonction publique et semi-publique, où les salaires indexés sont confortables, tandis que le secteur privé, dominé par quelques commerces en situation de monopole, est sclérosé. La majorité de la population vit d'agriculture, de pêche et d'artisanat, créant une société fortement inégalitaire, aggravée par une fiscalité reposant uniquement sur les taxes à l'importation et aucun impôt direct.

"On est tous sur Facebook"

Fenêtres sur le monde, internet et la TNT incitent en outre les jeunes, souvent lassés des impératifs de la coutume et de l'église, à plier bagages. "On est tous sur Facebook, on y passe des heures pour faire des connaissance et parler avec la famille en France ou en Australie. C'est triste Wallis pour les jeunes et il n'y a pas de débouchés", lâche Lovaïna, en terminale dans l'unique lycée de ce bout du monde.

Une économie "peu propice au développement"

Chaque année, la France injecte dans ces terres lointaines 120 millions d'euros, dont une grande partie est consacrée au traitement des fonctionnaires d'Etat détachés. Le Fonds Européen de développement (FED) octroie tous les cinq ans entre 10 et 15 millions d'euros mais l'économie ne décolle pas.

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"L'organisation en place ne permet pas d'attirer les investisseurs car on ne peut pas acquérir de foncier. Il faudrait libérer du foncier", a expliqué à l'AFP, Michel Auboin, préfet dans l'archipel. Toutes les terres sont coutumières et, en l'absence de cadastre, elles sont souvent sujettes à des revendications contradictoires, qui paralysent les projets.

En janvier, la Cour des Comptes avait préconisé une modernisation de l'organisation juridique et institutionnelle de Wallis et Futuna, jugeant le statut de 1961 "peu propice au développement".

Une migration vers la Nouvelle-Calédonie et la métropole

Faute d'avenir chez eux, Wallisiens et Futuniens migrent donc en masse en Nouvelle-Calédonie où la communauté est estimée à plus de 25.000 personnes. Amorcé dans les années 1970 par la construction d'un barrage et le "boom" du nickel, leur flux ne s'est depuis jamais tari. Plusieurs milliers de Wallisiens et Futuniens sont également installés en Métropole. (Source : AFP - Mata'Utu) 

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dimanche 21 avril 2019

Polynésie française : Festival de danse aux îles Gambier

Pour la première soirée de chants et danses au festival des îles Gambier, l'honneur est donné aux îles de Hao et de Hiva Oa. Les prestations ont totalement séduit le public...

tuamotouLe groupe de danse de Hao, la délégation la plus importante avec une quarantaine de danseurs et danseuses, a fait le show pour la première soirée de spectacle au festival des Gambier qui couvre toute la semaine de Pâques. Les artistes de l'atoll ont choisi le thème de la culture dans sa généralité. "On a pris différents thèmes de l'île de Hao, celle d'une princesse ou encore d'artisanats", explique Teiki Piriotua, chef de la délégation de Hao.

Pour les Puamotu, la difficulté a aussi été de s'adapter à la fraîcheur des soirées. "Toutes les filles voulaient danser en pull lors des répétitions", confie Maria Kalinski, danseuse de Hao. Les Marquisiens étaient également sur la scène pour cette première soirée. Le feu était au centre de leur show. "Nous avons essayé de vous raconter le don du feu aux hommes par Maui", souligne Patrice Kaimuko, chargé de la culture de la commune de Hiva Oa.

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samedi 16 mars 2019

Parité homme-femme en politique

La Guadeloupe est "le modèle", selon l'Insee.

guadeloupeLa Guadeloupe est "un modèle de parité" homme-femme en politique, note l'INSEE dans une étude parue vendredi, soulignant que "la féminisation des élus y est plus élevée qu'au niveau national".

"Le modèle matrifocal antillais, qui place les femmes au centre de la structure familiale, semble gagner la vie publique. Ceci participe à l’amélioration de la représentation des femmes en politique", estime l'Insee, dans cette étude parue pour la journée de la femme.  
Dans les conseils municipaux, "la parité est quasiment atteinte", souligne l'institut. Dans les 32 communes guadeloupéennes, qui doivent appliquer la parité au sein de leurs conseils municipaux puisqu'elles comptent toutes plus de 1.000 habitants, "on compte 95 femmes pour 100 hommes dans lesdits conseils. Les autres régions françaises affichent entre 82 et 92 conseillères pour 100 conseillers municipaux". 
Par ailleurs, avec, "huit des 32 maires" qui sont des femmes, la Guadeloupe "reste la plus paritaire de France, devant le Centre-Val de Loire et l’Île-de-France qui comptent 20 % de femmes maires", ajoute l'Insee. 
De même, dans les six intercommunalités guadeloupéennes, "où aucune loi n’impose de manière directe la parité, il y a 44% de conseillères communautaires, ce qui est comparable aux autres DOM et bien supérieur au niveau national (31 %)". 
Au 1er mars 2019, "deux des six intercommunalités sont présidées par des femmes, qui représentent également 30 % des vices-présidents. Cette situation reste plus paritaire que dans le reste de la France où seulement 8 % des intercommunalités sont dirigées par des femmes". 
La parité est également respectée au niveau de l’exécutif, puisque le conseil régional de Guadeloupe est présidé par un homme, tandis que le conseil départemental l’est par une femme. Les vice-présidences des deux conseils sont occupées pour moitié par des femmes.  
Enfin, les femmes guadeloupéennes occupent aussi "la moitié" des quatre sièges guadeloupéens à l’Assemblée nationale et "un des trois sièges au Sénat". 
"Au niveau national, avec 39 % de députées et 32 % de sénatrices, la parité est encore loin d’être atteinte même si elle progresse", note l'Insee.

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samedi 2 mars 2019

Il y a encore des rois en France ...

... à Wallis et Futuna

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jeudi 28 février 2019

Une Tahitienne élue Miss Élégance Vosges

Les vahine ne cessent de faire parler d'elles dans le monde des Miss en métropole. Après Vaimalama élue Miss France, Ranitea élue Miss 15/17 National, une autre jeune femme s'est démarquée : Hinerava Tetuaroa.

tahitiHinerava n'avait pas l'âge de se présenter au concours Miss Tahiti lorsqu'elle était encore au fenua. En métropole depuis octobre dernier pour ses études, la vahine, qui a "toujours été inspirée par le monde de la beauté", a décidé de se lancer dans l'aventure Miss Elegance.  Le week-end dernier, elle a été élue Miss Elegance Vosges 2019.  

Hinerava est encore émue de son couronnement "C'est beaucoup d’émotions... Pour une première, je ne réalise pas encore. Je m’y fais petit à petit", confie-t-elle à Tahiti Nui Télévision. Prochaine étape : l'élection de Miss Elegance Lorraine, qualificative pour Miss Elegance France 2020.  

Les concours de Miss sont souvent un moyen de se faire connaître et surtout de se faire entendre sur certaines problématiques : "Ce concours m’apporte de la confiance en moi, mais c’est aussi une chance de pouvoir transmettre un message important, et qui me tient vraiment à cœur. J’aimerai pouvoir aider les personnes dans le besoin, car j’ai été moi même dans ce cas là." 

Hinerava ne pense pas revenir à Tahiti tout de suite. "Je compte continuer mes études en métropole, mais je sais qu’un jour je reviendrai au fenua." 

Le concours Miss Elegance France est ouvert aux candidates à partir de 1m65 de 18 à 26 ans. La Miss Elegance France peut ensuite concourir à des élections internationales telles que Miss Earth, Miss Tourism International ou encore Miss Supranational.  

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mardi 19 février 2019

Guadeloupe : la folle ardoise laissée par une ancienne ministre de Balladur

Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre du gouvernement Balladur, souvent appelée "la dame de fer des Antilles" ou "la reine-mère de Guadeloupe", quitte la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbes avec une facture de 55 millions d'euros d'impayés.

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Elle abandonne la vie politique en laissant une comptabilité en piteux état. À 89 ans, Lucette Michaux-Chevry, qui doit comparaître en juin devant le tribunal correctionnel pour une affaire de favoritisme dans un dossier de transports publics, a démissionné de la présidence de la communauté d'agglomération grand Sud Caraïbes. Et la "dame de fer" de la Guadeloupe laisse derrière elle 55 millions d'euros de factures impayées, comme l'explique le quotidien Le Parisien. La dette de la communauté d'agglomération s'élève à près de 75 millions d'euros. Une situation alarmante pour une administration qui ne doit gérer "que" 80.000 habitants.

La masse salariale (environ 14 millions d'euros) pèse sur la santé financière de la structure, qui emploie 456 agents. Un document dressé par la direction générale des finances publiques conseille à la collectivité de "retrouver une sincérité budgétaire". Le nouveau président, qui sera élu en fin de semaine, devra de toute urgence adopter des mesures de redressement budgétaire, sous peine "d'impacter l'économie de la Guadeloupe toute entière", selon une source proche du dossier interrogée par Le Parisien.

L'ancienne ministre déléguée de l'Action humanitaire et des Droits de l'Homme sous le gouvernement Balladur de 1993 à 1995 a démissionné pour "protéger" sa famille. Et, si sa carrière politique semble désormais terminée, les procédures devant les tribunaux risquent encore de durer.

  • Ci-dessous : extrait du "Canard enchaîné".

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lundi 18 février 2019

En Guyane : la Montagne d'or

Le tribunal administratif annule l’arrêté préfectoral autorisant la Compagnie Montagne d’ Or à exploiter de l’or alluvionnaire.

guyaneRien à voir avec le projet de méga-mine industrielle, le 13 décembre 2017, Patrice Faure, le Préfet de Guyane avait autorisé CMO à ouvrir des travaux d'exploitation d'or alluvionnaire sur le territoire de la commune de Saint-Laurent du Maroni. Aujourd’hui la justice annule l’autorisation.
 La justice a donné raison à Guyane Nature Environnement et Maiouri Nature Guyane, deux associations de protection de l’environnement, qui avaient sollicité l'annulation de l'arrêté par lequel le préfet de la Guyane a autorisé la société Compagnie Minière Montagne d'Or (CMO) à ouvrir des travaux d'exploitation d'or alluvionnaire. Le jugement en date du 11 février 2019 a retenu deux motifs d’annulation.
D’une part : le tribunal a estimé que les travaux d'exploitation d'or alluvionnaire autorisés et le programme d’extraction industrielle envisagée dans le même secteur, connu sous le nom de projet « Montagne d’Or », situés à proximité immédiate l’un de l’autre, constituaient en fait un seul projet d’exploitation minière. Dans ce contexte, l’étude d’impact du programme d’exploitation alluvionnaire aurait dû comporter une appréciation des impacts de l’ensemble des travaux susceptibles d’affecter le secteur Montagne d’Or. Ainsi, le caractère partiel de l’étude d’impact n’a pas permis à l’autorité environnementale puis au préfet de la Guyane de disposer d’une vue précise et cohérente des enjeux et effets du projet dans son ensemble.
D’autre part : le tribunal, se fondant sur la jurisprudence de la cour de justice de l’Union européenne et du Conseil d’Etat, a jugé que l’autorité environnementale, en l’espèce un fonctionnaire de la direction de l’environnement, de l’aménagement du logement (DEAL) de Guyane, en charge de donner un avis sur le programme d'exploitation d'or alluvionnaire en cause, ne disposait pas de l’autonomie requise par rapport à Patrice Faure, préfet de la Guyane, signataire de l’arrêté en litige. (Source : Tribunal Administratif de Cayenne)

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jeudi 7 février 2019

Manifestation à Mayotte

"Ras le bol des prises de parole de Macron" 

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"... Fait semblant de nous entendre" !

Le "journal de Mayotte" rapporte que durant cette manifestation du 5 février, deux accessoires étaient indispensables : le sifflet et le parasol. Les manifestants ont voulu faire le maximum de bruits pour ’atteindre les fenêtres’ du vice-recteur. Ils protestent contre les conditions de travail et indemnitaire des enseignants. Les seuls points communs entre la mobilisation à Mayotte et celle en Métropole sont la date (5 février), et "un ras le bol des prises de parole de Macron qui fait semblant de nous entendre".

En France, c’est la CGT qui a lancé un appel à mobilisation touchant plusieurs secteurs publics. A Mayotte, l’éducation nationale a relayé le mot d’ordre. Toujours selon le média local, pas facile de donner un nombre exact quant aux manifestants. En effet, plusieurs groupes sont éparpillés, mais en somme, les enseignants ont globalement répondu présents. Toutefois, un décompte par syndicat va être réalisé. "C’est une manifestation satisfaisante de l’Education Nationale, avec une configuration différente de la métropole, mais avec le même objectif de dénoncer la politique de Macron", affirme Henri Nouri, SNES- FSU.

Les revendications

Les revendications habituelles sont toujours d’actualités : prise en compte de l’ancienneté générale des services pour les agents qui ont commencé à la collectivité de Mayotte, indexation à 53%, moyens insuffisants en Réseau Education Prioritaire (REP), Indemnité générale des services. "A la suite du mouvement de mars 2018, les promesses n’ont pas été tenues, notamment sur les moyens supplémentaires en poste dans les collèges", indique-t-il, et "nous comptons 27 élèves par classe, c’est 3 de plus que la moyenne de REP".

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mardi 5 février 2019

Nouvelle-Calédonie : la mangue gagne en goût et en variétés

Star de l’été, la mangue est en pleine récolte. La production commerciale est toujours limitée sur le Caillou, mais elle a gagné en qualité.

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Le Kopéto d’un côté, le Koniambo, de l’autre, le lagon à l’horizon… Depuis l’exploitation de Stéphane Soury-Lavergne, la vue est exceptionnelle, mais l’agriculteur, originaire de La Foa et installé à Pouembout depuis presque dix ans, se concentre sur la terre qu’il a sous les pieds. C’est qu’il y a à faire. Plusieurs hectares d’ananas, de grandes parcelles maraîchères, où se croisent pastèques, concombres ou melons, des ignames et des patates douces un peu plus loin… À chaque fois, un effort pour s’interdire les produits chimiques - certifiée responsable, l’exploitation est à deux pas du bio - et beaucoup de travail pour relever le défi de l’eau, les systèmes de goutte-à-goutte courant sur plusieurs kilomètres sous le paillage. Les manguiers eux, « mobilisent de la terre, mais ne coûtent pas grand-chose en entretien, explique le cultivateur. J’ai voulu en faire parce que c’est un arbre résistant : après quatre ans de grosses sécheresses, j’en ai perdu très peu ». La Broméliade, sa société, alimente depuis la fin novembre les étals du Grand Nouméa, via la Coop1, dont Stéphane est le vice-président et devrait produire jusqu’au mois de mars. Il peut compter sur dix hectares de manguiers, soit près de 2000 arbres, dont une bonne partie a les branches chargées en ce début janvier. Stéphane le sait : comme les letchis, la saison des mangues est attendue avec impatience en été. Et pour conquérir le consommateur, « il faut des produits qui attirent tout de suite l’œil ».

 Ronde ou oblongue, rouge, jaune ou verte…

Car comme les letchis, les mangues causent, chez les Calédoniens qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin, bien des frustrations. « C’est un fruit qui est facile à trouver chez les amis ou sur les bords de route, alors les consommateurs les trouvent souvent trop chers en magasin, note un technicien de la chambre. C’est que l’effort a surtout été fait sur la qualité : les mangues qui se vendent aujourd’hui sont bien plus belles et plus bonnes qu’il y a dix ou quinze ans ». Une affaire de variétés. A Pouembout, Stéphane Soury-Lavergne découpe, non sans fierté, un fruit bien rouge, au noyau fin et à la chair sans fibres. « Celle-là, c’est une Irwin, ma préférée, mais chacun a son goût pour les mangues, sourit-il. Et puis, tous les arbres n’ont pas la même résistance. C’est pour ça que j’ai planté différentes variétés : pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ». Nam Doc Mai, verte et jaune à la forme oblongue, Tommy Atkins, ronde et tachetée, les grosses Van Dyke, Labbé sur les hauteurs… La production calédonienne brille par sa diversité mais le marché est loin de la saturation. Produire plus pour faire baisser les prix ? Oui, mais à condition d’accompagner et d’organiser le zonage de la production, estiment les spécialistes. « La mangue, ça marche bien dans les coins secs. Quand il fait humide pour la floraison, il y a des maladies, et les fleurs coulent », reprend Stéphane Soury-Lavergne. Quant aux mouches de fruits, les pièges ne suffisent pas. « Il faut que le pied reste propre, ne pas laisser de fruits à terre », explique le spécialiste. Or, beaucoup de mangues tombent : « Pour produire un kilo, il faut en jeter un ». Les chutes, Stéphane les confie à son frère Yann, qui valorise les joues et la pulpe pour les restaurants, glaciers ou transformateur. « Il y a d’autres débouchés, mais il faut que chacun développe ses idées », note l’agriculteur, qui espère à terme produire 20 tonnes par hectare. Un travail de longue haleine : certains de ses manguiers, âgés de neuf ans, ne produisent pas encore.

Selon Charlie Réné - "Nouvelles calédoniennes"

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dimanche 30 décembre 2018

Conditions carcérales inadmissibles

L'Etat condamné pour des conditions de détention dans une prison en Guyane

guyane"Une atteinte à la dignité humaine" : le Conseil d'État a condamné l'État pour les conditions de détention d'un prisonnier dans le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, en Guyane, a-t-on appris mardi.

 Un recours avait été déposé par Christophe B., incarcéré à la maison d'arrêt du 24 mai 2011 au 6 août 2013. Il a été détenu "dans des cellules collectives sous-dimensionnées pour le nombre d'occupants, dépourvues d'un apport de lumière naturelle suffisant, privées d'un système d'aération adapté au climat de la Guyane et dans des conditions d'intimité et d'hygiène notablement insuffisantes", indique la plus haute juridiction administrative, dans une décision datée du 3 décembre, dont l'AFP a obtenu copie. 
    
"Les effets cumulés de ces éléments (...) constituent une épreuve qui excède les conséquences inhérentes à la détention", ajoute le Conseil d'État. "Ils caractérisent des conditions de détention attentatoires à la dignité humaine constitutives d'une faute engendrant un préjudice moral qu'il incombe à l'État de réparer".

L'État est donc condamné à verser 5.500 euros à Christophe B. Ce dernier a été détenu dans des cellules d'environ 12m2, prévues pour deux personnes, mais accueillant en fait trois prisonniers. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a visité en septembre la prison de Rémire-Montjoly. "Ce qui frappe, (...) c'est la surpopulation carcérale et les conditions de détention", avait-elle alors déclaré. La garde des Sceaux a ensuite confirmé qu'une nouvelle prison serait construite en Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni, afin de "diminuer la surpopulation carcérale" dans la prison de Rémire-Montjoly.

Selon les statistiques de la direction de l'administration pénitentiaire, le taux de surpopulation à la maison d'arrêt de Rémire-Montjoly s'élevait début octobre à 144%, avec 422 détenus pour 293 places. 

Plus de 70.700 personnes étaient incarcérées dans les prisons françaises en octobre, pour 60.000 places.

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