lundi 5 août 2019

Guadeloupe : grève du personnel hospitalier

En soutien, des milliers de personnes dans la rue

guadeloupePlusieurs milliers de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Pointe-à-Pitre, au départ du CHU, a constaté un journaliste de l’AFP, répondant  à un appel à la mobilisation générale lancé par une dizaine d’organisations syndicales pour soutenir le personnel en grève.

Victime d’un incendie majeur le 28 novembre 2017, le CHU de Guadeloupe fonctionne depuis de façon perturbée. Plusieurs services ont été délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés, selon le personnel. Un mouvement de grève générale a débuté au CHU de Guadeloupe le 23 juillet, et même depuis le 10 juillet aux urgences et à la maternité, pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels, ainsi que la vétusté et l’exiguïté des locaux. 

En conséquence, la majorité des services fonctionne en service minimum. 

Jeudi, le cortège est parti du CHU en direction du centre-ville de Pointe-à-Pitre et s’est ensuite rendu devant la sous-préfecture. La radio RCI a annoncé que 6.000 personnes avaient défilé d'après le décompte des syndicats. Le comptage des forces de l'ordre faisait état de 2.500 manifestants. 

En plus de l’Union des travailleurs de la santé (UTS) – une branche de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG) – et de la CGTG, qui sont mobilisés à l’hôpital, onze organisations syndicales avaient invité leurs membres à manifester. 

En soutien, un appel à la mobilisation avait aussi été lancé devant le centre hospitalier de Basse-Terre ce jeudi. 

Les différentes négociations entre la direction du CHU et les autorités sanitaires n'ont pas permis de parvenir à un accord jusqu'ici. Mercredi, le dialogue s'est même tendu après des menaces du directeur, Gérard Cotellon, d'assigner en justice les organisations syndicales qui bloqueraient l'entrée du site à partir de jeudi avec une astreinte quotidienne de 5.000 euros. 

Selon un sondage Qualistat réalisé en juillet 2019, 82 % de la population guadeloupéenne estime que ce mouvement social est justifié et 15% des sondés le juge injustifié. 

Les négociations doivent reprendre vendredi matin. Mercredi, M. Cotellon a annoncé qu'une aide de 20 millions d'euros accordée par l'État, initialement remboursable, ne sera finalement pas à rembourser. De même, l'assurance de 40 millions d'euros débloquée après l'incendie de 2017, initialement déductible des aides gouvernementales, ne sera pas déduite. 

Le CHU fait actuellement face à de grosses difficultés budgétaires, avec notamment une dette fournisseur de près de 49 millions d'euros.

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mardi 30 juillet 2019

Biodiversité marine

Mayotte et ses 25 espèces de requins : un argument touristique

requins

Plusieurs études conjointes ont permis de recenser 25 types différents de requins dans le lagon de Mayotte, selon nos confrères de France Mayotte Matin. Mais contrairement à La Réunion, aucune attaque n'a été signalée depuis le début de l'année. La découverte des requins fait d'ailleurs partie des sorties mer prisées des touristes, à la recherche de sensations fortes ou de découverte marine.

Différentes études ont recensé 24 types différents de requins présents à Mayotte dont le requin gris de récif, le requin de pointe noire ou encore le requin baleine. C'est ce que rapportent nos confrères de France Mayotte Matin. Le requin blanc lui aussi serait passé aux larges des côtes de l'île française.

Il y a quatre ans, une 25ème espèce a pu être recensée : le squale chagrin cagao. Mesurant environ un mètre pour les plus grands spécimens, il peut vivre jusqu'à 800 mètres de profondeur. Davantage connu au Mozambique, aux Comores ou en Afrique du Sud, il a été pêché accidentellement à Mayotte en 2015, ce qui a permis de le classer parmi les espèces repérables autour de l'île. Mais il se fait rare dans le lagon et les plus curieux doivent s'armer de patience.

Un gagne-pain touristique

De nombreux touristes s'aventurent dans les eaux de l'île aux parfums en espérant apercevoir des requins. Mais pour avoir la chance d'en croiser, il faut se rendre à l'extérieur du lagon, en plongée. Dans ces coins, il n'est rare de voir des bancs de requins marteaux. A noter qu'ils ne font pas partie des espèces qualifiées comme dangereuses pour l'homme, contrairement au requin blanc, le requin tigre ou encore le requin bouledogue.

Le bouledogue lui, a déjà été repéré à Mayotte mais il se fait plus rare que dans les eaux réunionnaises. Les grandes stars des excursions plongée ou bateau restent les requins marteaux ou les requins baleines.

Les sorties requins ont du succès à Mayotte. A raison de 70 euros la journée la plupart du temps, ce business équivaut à nos sorties baleines. Assez rares à croiser totalement par hasard, la technique utilisée reste de les attirer en utilisant des leurres, afin de les faire remonter jusqu'à 3 ou 5 mètres de la surface.

Rappelons qu'il existe aussi une nurserie de requins située au Nord de l'île. Elle permet notamment aux associations locales d'effectuer un gros travail de collecte de données sur les requins de l'île aux parfums.

Pas d'accident mortel

Malgré les attaques que nous connaissons à La Réunion, la plupart des requins sont inoffensifs. Et à Mayotte, la présence fréquente des nageurs n'ont pas entraîné pour autant d’accidents mortels.

Le requin à Mayotte est très peu pêché. En 2015, le préfet de l'époque, Seymour Morsy, avait signé un arrêté interdisant la commercialisation de la chair de requins tigres et bouledogues à Mayotte suite à leur contamination par des ciguatoxines, des micro-algues associées aux récifs coralliens. (selon "France Matin Réunion")

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mardi 9 juillet 2019

Mayotte : un nouveau volcan sous-marin

La naissance d'un volcan sous-marin au large de Mayotte a été dévoilée en mai par une équipe de scientifiques coordonnées par le CNRS, chargée d'élucider un phénomène de séismes en essaim qui secoue l'île depuis un an. A l'issue d'une deuxième campagne océanographique sur la zone, présentée lundi, voici ce que l'on sait du volcan. 

Il culmine à 800 mètres

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Né à l'été ou à l'automne dernier, d'après les premières estimations, ce volcan sous-marin se situe à 50 kilomètres à l'Est des côtes mahoraises et à 3.500 mètres de profondeur, a expliqué la physicienne Nathalie Feuillet. D'un diamètre de 4 kilomètres, il culmine à 800 mètres. "On pense que le volcan a grandi depuis que l'essaim de séismes a débuté", selon la scientifique qui a participé à la première mission du CNRS.  

Un mois après, une seconde campagne océanographique a révélé une coulée de lave au sud de l'édifice, d'une surface de 8 km2 et d'un volume de 0,2 km3 de magma, signe d'une éruption sous-marine. Le volcan "n'a pas grossi en taille mais a toujours une activité fluide à son sommet", précise Stephan Jorry, géologue de l'Ifremer. Selon lui, ces fluides n'atteignent pas la surface. 

Lien avec les séismes ? A prouver

Depuis le 10 mai 2018, Mayotte a subi plus de 1.800 secousses de magnitude supérieure à 3,5 dont une trentaine de magnitude supérieure à 5. La fréquence des séismes "tend à freiner" depuis trois semaines, précise Stephan Jorry, même si des secousses de magnitude supérieure à 5 sont encore enregistrées. Cependant, il n'y a à ce jour pas de lien scientifiquement établi entre l'activité magmatique et l'essaim de séismes, a précisé le géologue, même si le gouvernement a jugé en mai que cette découverte permettait "de mieux comprendre les séismes sur l'île". 

En parallèle, l'île s'affaisse

La vidange d'une ou plusieurs poches magmatiques vers le volcan a provoqué l'affaissement de l'île de 13 centimètres en moyenne ainsi que son déplacement vers l'Est par basculement, selon Nathalie Feuillet. Cet affaissement rapide inquiète le géographe mahorais Saïd Hachim. En effet, l'île s'affaisse normalement de 0,19 mm par an, "du fait de son poids", a expliqué le scientifique à l'AFP. Or, "130 mm par rapport aux 0,19 mm (…), c'est comme si en un an, l'île avait fait un bond dans le temps de 684 ans", a-t-il calculé, soulignant que des inondations d'habitations en bord de mer avaient eu lieu en mai dernier, lors de grandes marées. 

Que risque Mayotte ?

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Le phénomène sismo-volcanique étant toujours à l'étude, "il serait imprudent de s'avancer sur les risques" que court Mayotte, juge Saïd Hachim. "Il faut informer et rassurer la population", a affirmé le préfet Dominique Sorain. Différentes mesures ont été prises depuis un an pour assurer la sécurité des habitants dont l'élaboration "d'un plan Orsec séismes". La couverture en instruments de mesure sera également améliorée grâce à "des moyens qui vont être affectés", a promis le préfet qui a accueilli fin mai trois spécialistes en sécurité civile. Un "suivi de ce qu'il se passe sur ce volcan" devrait permettre "d'évaluer les risques", notamment en termes de submersion de rivages. 

Il intéresse les scientifiques du monde entier

Ce phénomène "géologique exceptionnel", selon le gouvernement, intéresse la communauté scientifique mondiale, d'autant que "les volcans sous-marins sont assez peu connus", dit Saïd Hachim. "C'est la première fois qu'on documente un volcan (sous-marin) avec des images du fond", se réjouit aussi Nathalie Feuillet. La mission en mer de mai dernier, mobilisant une vingtaine de scientifiques, a notamment permis de draguer le volcan et de ramener des échantillons de lave.  

Ce sera le seul de ses semblables à être nommé

"On a découvert au large de l'île beaucoup de volcans", souligne Nathalie Feuillet. Mais seul le volcan sous-marin actif sera baptisé. La préfecture et le vice-rectorat ont lancé fin mai un concours auprès des écoles primaires et collèges de l'île pour "nommer cet édifice avant la fin de l'année scolaire". (selon AFP et Tahiti-infos)

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dimanche 7 juillet 2019

Suicides d'amérindiens en Guyane

Face à la vague de suicides dans la population amérindienne de Guyane, la ministre des Outre-mer a proposé jeudi de travailler avec "d'autres pays" qui ont eu à surmonter les mêmes crises. 

am_rindiensInterrogée par le sénateur guyanais Antoine Karam (LREM) sur l'action du gouvernement pour enrayer les suicides qui affectent la population amérindienne de Guyane, Annick Girardin a reconnu qu'ils étaient "25 fois plus nombreux que dans l'Hexagone. C'est un véritable drame", a-t-elle dit. 

Dix suicides ont été recensés depuis octobre, majoritairement chez des jeunes. La communauté amérindienne guyanaise a été frappée par plusieurs vagues de suicides ces dernières décennies, les plus récentes remontant à 2011 et 2015. 

Selon Mme Girardin, "les changements sociétaux qui bouleversent profondément et très rapidement, la société amérindienne sont très certainement aussi à l'origine d'une partie de ces gestes de désespoir". 

La ministre a souhaité "que nous puissions travailler avec d'autres pays qui, sur ces sujets ont largement avancé", citant le Canada. 

Alors que le sénateur Karam a rappelé la demande des populations amérindiennes de ratification de la convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur le droit des peuples autochtones, la ministre a précisé que "notre droit national fait obstacle à la reconnaissance d'un droit particulier à des groupes spécifiques".  

Cette convention est le seul texte juridique international contraignant qui donne des droits aux peuples indigènes, notamment des droits sur leurs terres et en matière de respect de leurs culture, coutumes et spécificités, et des garanties de non discrimination. 

"Mais pour autant la France applique largement les grands principes de cette convention", a-t-elle assuré, soulignant que dans le cadre du plan d'urgence pour la Guyane, mis en place en avril 2017 après le mouvement social qui a paralysé le territoire, "il a été décidé le transfert de 400.000 hectares de foncier pour les populations amérindiennes".  

"Je veux qu'on puisse rapidement, avec les peuples autochtones, avec la collectivité, mettre en place ces transferts notamment avec la création d'un établissement public dédié", a-t-elle dit. 

"La question amérindienne fait pleinement partie, vous le savez, de l'identité guyanaise et il faut en être fier. La France a deux peuples premiers, il faut que nous puissions nous impliquer aux côtés de ces peuples premiers, de leur spécificité, du besoin d'accompagnement", a-t-elle insisté. (selon AFP)

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lundi 24 juin 2019

Wallis-et-Futuna maître de Nouvelle-Calédonie

Une situation inédite, dans un moment politique crucial : en Nouvelle-Calédonie, un jeune parti issu de la communauté wallisienne et futunienne arbitre désormais le face-à-face entre les indépendantistes kanak et la droite loyaliste.   

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 L'Eveil océanien a décroché une poignée d'élus aux élections provinciales du 12 mai sur le Caillou, où un processus de décolonisation est en cours depuis l'accord de Nouméa (1998). Leurs voix au Congrès ont permis l'élection de l'indépendantiste Roch Wamytan (FLNKS) à la tête de l'institution. 

"L'électorat calédonien est enfermé dans une bipolarisation, une sorte de mur invisible entre ceux qui sont pour la France et ceux qui veulent l'indépendance. Il faut briser ce mur", observe Milakulo Tukumuli, leader de l'Eveil Océanien.        
Lassé que sa communauté soit "instrumentalisée depuis 30 ans par les partis loyalistes", il souhaite qu'elle s'émancipe politiquement. "C'était une stratégie électorale, pas communautariste", insiste ce docteur en mathématiques de 35 ans, dont le parti a décroché 4 élus en province Sud et 3 au Congrès. Et chamboulé les équilibres. 
Alors que les indépendantistes disposent de 26 élus sur 54 au Congrès et les non indépendantistes, divisés, de 25, l'Eveil Océanien est en position stratégique.         

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Le 17 mai, lors de l'élection du président de la Province sud, le parti a apporté ses voix à la loyaliste Sonia Backès, cheffe de file de l'Avenir en confiance, proche des Républicains. La formation est arrivée très nettement en tête (20 élus sur 40) dans cette collectivité, qui abrite 75% de la population et de l'activité économique.         
Mais une semaine plus tard au Congrès, M.Tukumuli et ses deux colistiers ont permis l'élection à la majorité absolue (29 voix contre 25) de Roch Wamytan. Pour la première fois depuis l'accord de Nouméa, toutes les commissions du Congrès sont à majorité indépendantiste et une élue FLNKS, Caroline Machoro-Régnier, préside la commission permanente.  
En novembre 2018, un référendum sur l'indépendance a donné une victoire plus courte que prévue aux pro-français (56,7%). Selon l'accord de Nouméa, deux autres référendums peuvent être organisés en 2020 et 2022. Ensuite, quelle que soit la réponse, la Nouvelle-Calédonie, française depuis 1853, aura un nouveau statut.        
Les Wallisiens et Futuniens ont fait souche à partir des années 1950 sur le Caillou où ils venaient travailler à la construction d'infrastructures ou dans l'industrie du nickel. Faute de développement, Wallis et Futuna, deux confettis français à 2.000 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, continuent de se vider. L'archipel compte aujourd'hui 11.500 habitants contre près de trois fois plus sur le sol calédonien. 
     
"Casser les monopoles"

  "J'ai l'intime conviction", explique Milakulo Tukumuli, "que la Nouvelle-Calédonie doit rester dans la France. Mais là n'est pas la question, il y a les référendums pour ça. Il faut construire une société plus juste, qui conviennent à l'ensemble des Calédoniens".        

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Mettant en avant les profondes inégalités sociales dont sont victimes "à 90% les Océaniens", il veut "casser les monopoles, améliorer le logement social et renforcer l'enseignement" des cultures et de l'histoire océaniennes à l'école.     
La prochaine étape du renouvellement des institutions aura lieu le 13 juin, avec l'élection par le Congrès du gouvernement collégial et dans la foulée du président de cet exécutif.       
Si l'Eveil Océanien et les indépendantistes poursuivent leur entente, ils seront en mesure d'être majoritaires au gouvernement et d'en prendre la tête.   
A droite, les deux formations rivales, L'Avenir en confiance et Calédonie Ensemble, se rejettent la faute du sacre de Roch Wamytan au Congrès.        
Dimanche, L'Avenir en confiance a lancé un appel au FLNKS et à l'Eveil Océanien "pour constituer dans les meilleurs délais un gouvernement apte à apporter stabilité, sérénité et confiance".         
Des discussions sont en cours. "Une majorité sociale anti-oligarchie a émergé au Congrès, j'entends dire qu'elle pourrait se poursuivre", confie un observateur. D'autres évoquent la volonté de l'Eveil Océanien de présider le gouvernement, confortant ainsi son rôle d'arbitre. (selon "Tahiti.infos")

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vendredi 21 juin 2019

La Marine française persona non grata au Vanuatu

Le d’Entrecasteaux, navire de la Marine basé à Nouméa, qui était en mission humanitaire, a été interdit d’accoster sur l’île d’Anatom. Un nouveau clash entre Paris et Port-Vila avec en toile de fond le conflit qui entoure la souveraineté des îles Matthew et Hunter.

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Il n’a même pas quitté la base navale de Nouméa. Le d’Entrecasteaux a reçu une fin de non-recevoir de la part des autorités vanuataises pour se rendre sur l’île d’Anatom. Balayé par un tsunami en décembre dernier, ce petit territoire d’à peine 1 000 habitants, situé tout au sud de l’archipel, devait recevoir la visite du navire de la Marine nationale, basé à Nouméa, dans le cadre de l’opération Castor dont l’objectif est d’aider les populations qui vivent dans des zones difficiles.

Le Vanuatu revendique la souveraineté de ces îles

Cette mission humanitaire étant un signe fort de la coopération entre les Forces armées de la Nouvelle-Calédonie et le voisin vanuatais, ce dernier prenant ainsi le risque de créer un incident diplomatique en refusant que le d’Entrecasteaux accoste sur Anatom. Le navire devait apporter, entre autres, des matériaux de construction pour rénover une école et un dispensaire. Selon le quotidien Daily post, qui a révélé l’information, le conflit qui entoure les îles inhabitées Matthew et Hunther (lire par ailleurs) et qui oppose la France au Vanuatu serait au cœur de ce clash. Le ministère des Affaires étrangères du Vanuatu aurait ainsi réaffirmé, toujours selon le Daily post, que ces îles stratégiques en termes de zone maritime leur appartiennent. Matthew et Hunther sont pourtant sous souveraineté française depuis 1976… Par ailleurs, évoquant « l’entrée illégale » du patrouilleur La Moqueuse, navire de la Marine, en début d’année, le ministère a annoncé avoir demandé le report de l’opération Castor.

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Cette brouille entre Paris et Port-Vila a été vivement critiquée par le député de la province de Taféa. D’après Tomker Netvunei, cet incident prive l’île d’Anatom d’un développement indispensable, les écoliers n’ayant plus de salles de classe. Interrogé par le Daily post et Radio New Zeland, Ishmael Kalsakau, chef de l’opposition, s’est lui aussi opposé à cette mesure, décrivant la réaction du gouvernement comme puérile. Du côté des autorités françaises, silence radio. Le Quai d'Orsay devrait directement prendre l’affaire en main. Une rencontre entre les deux pays serait prévue à Bruxelles, à la fin du mois, pour échanger sur les frontières maritimes et tenter de trouver une porte de sortie à ce vieux conflit diplomatique.

Un vieux conflit aux enjeux énormes

Ces deux minuscules îles, Matthew et Hunter, sont au cœur d’un très vieux conflit entre la France et le Vanuatu. Car quiconque acquiert la souveraineté de ces petits confettis volcaniques agrandit considérablement sa zone économique et exclusive. Les enjeux sont donc énormes. En mars dernier, l’un des hommes politiques les plus influents du Vanuatu avait, en substance, demandé l’expulsion du premier diplomate français installé à Port-Vila et des excuses de Paris après une « mission de souveraineté » menée par la France sur Matthew et Hunter. Quelques semaines plus tard, une manifestation avait été organisée à Port-Vila pour réappuyer leur revendication. Si les parlementaires Gérard Poadja, Philippe Gomès et Philippe Dunoyer ont récemment rappelé leur opposition « à toute tentative visant à déposséder notre pays d’une partie de son territoire et de sa richesse », le FLNKS a, de son côté, reconnu ces îles « comme patrimoine naturel de la République du Vanuatu ».

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dimanche 26 mai 2019

Wallis et Futuna : le cri d'alarme de la population

Dans le Pacifique sud, l'archipel français de Wallis et Futuna se meurt peu à peu selon ses habitants. Ils aiment profondément leur terre mais voient les jeunes générations s'exiler de plus en plus hors du territoire.

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"Chaque année, on ferme des classes."

"Les jeunes sont obligés de s'expatrier parce qu'il n'y a pas beaucoup d'avenir ici", constate Nadia Kavakava, institutrice à Wallis et Futuna, un archipel qui se vide inexorablement de sa population. "Les maisons abandonnées se multiplient. Des jeunes reviennent parfois après leurs études en métropole ou à Nouméa mais c'est au compte-goutte", explique cette trentenaire enjouée, qui a étudié quatre ans à Strasbourg.
Wallis et Futuna, des îles perdues au milieu du Pacifique

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Perdu au beau milieu du Pacifique, à 2.100 km à l'est de la Nouvelle-Calédonie, les îles de Wallis et Futuna forment le territoire français le plus éloigné de la métropole (22.000 km) et l'un des plus atypiques. Trois pouvoirs y cohabitent: l'Etat, les monarchies coutumières, et l'église catholique, toute puissante. L'archipel est découpé en trois royaumes - un à Wallis et deux à Futuna -, doté chacun d'un roi et de "ministres". Rétribués par l'Etat, ils perpétuent les us et coutumes polynésiens, qui ont fusionné, depuis l'évangélisation en 1837, avec les croyances religieuses. Représentant l'autorité de la France, l'administrateur supérieur (préfet) gère l'archipel, en étroite collaboration avec le Conseil du territoire, où les rois siègent de droit. L'Assemblée territoriale compte 20 élus, mais la réalité du pouvoir est entre les mains des familles royales et des prêtres.

Isolées et dépourvues de ressources, ces îles se dépeuplent.

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En dix ans, la population s'est érodée de 20% et ne s'élève plus aujourd'hui qu'à 12.197 habitants. Parallèlement, le taux de fécondité est passé de 4,5 enfants par femme en 1983 à 2,1, en 2013. "Dans cinq ans, cet archipel est mort, des familles entières partent chaque mois. On crée 15 emplois par an à Wallis, les jeunes sont condamnés à l'exil", confie un commerçant d'origine métropolitaine. Sur les 2.155 salariés, 60% travaillent dans la fonction publique et semi-publique, où les salaires indexés sont confortables, tandis que le secteur privé, dominé par quelques commerces en situation de monopole, est sclérosé. La majorité de la population vit d'agriculture, de pêche et d'artisanat, créant une société fortement inégalitaire, aggravée par une fiscalité reposant uniquement sur les taxes à l'importation et aucun impôt direct.

"On est tous sur Facebook"

Fenêtres sur le monde, internet et la TNT incitent en outre les jeunes, souvent lassés des impératifs de la coutume et de l'église, à plier bagages. "On est tous sur Facebook, on y passe des heures pour faire des connaissance et parler avec la famille en France ou en Australie. C'est triste Wallis pour les jeunes et il n'y a pas de débouchés", lâche Lovaïna, en terminale dans l'unique lycée de ce bout du monde.

Une économie "peu propice au développement"

Chaque année, la France injecte dans ces terres lointaines 120 millions d'euros, dont une grande partie est consacrée au traitement des fonctionnaires d'Etat détachés. Le Fonds Européen de développement (FED) octroie tous les cinq ans entre 10 et 15 millions d'euros mais l'économie ne décolle pas.

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"L'organisation en place ne permet pas d'attirer les investisseurs car on ne peut pas acquérir de foncier. Il faudrait libérer du foncier", a expliqué à l'AFP, Michel Auboin, préfet dans l'archipel. Toutes les terres sont coutumières et, en l'absence de cadastre, elles sont souvent sujettes à des revendications contradictoires, qui paralysent les projets.

En janvier, la Cour des Comptes avait préconisé une modernisation de l'organisation juridique et institutionnelle de Wallis et Futuna, jugeant le statut de 1961 "peu propice au développement".

Une migration vers la Nouvelle-Calédonie et la métropole

Faute d'avenir chez eux, Wallisiens et Futuniens migrent donc en masse en Nouvelle-Calédonie où la communauté est estimée à plus de 25.000 personnes. Amorcé dans les années 1970 par la construction d'un barrage et le "boom" du nickel, leur flux ne s'est depuis jamais tari. Plusieurs milliers de Wallisiens et Futuniens sont également installés en Métropole. (Source : AFP - Mata'Utu) 

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dimanche 21 avril 2019

Polynésie française : Festival de danse aux îles Gambier

Pour la première soirée de chants et danses au festival des îles Gambier, l'honneur est donné aux îles de Hao et de Hiva Oa. Les prestations ont totalement séduit le public...

tuamotouLe groupe de danse de Hao, la délégation la plus importante avec une quarantaine de danseurs et danseuses, a fait le show pour la première soirée de spectacle au festival des Gambier qui couvre toute la semaine de Pâques. Les artistes de l'atoll ont choisi le thème de la culture dans sa généralité. "On a pris différents thèmes de l'île de Hao, celle d'une princesse ou encore d'artisanats", explique Teiki Piriotua, chef de la délégation de Hao.

Pour les Puamotu, la difficulté a aussi été de s'adapter à la fraîcheur des soirées. "Toutes les filles voulaient danser en pull lors des répétitions", confie Maria Kalinski, danseuse de Hao. Les Marquisiens étaient également sur la scène pour cette première soirée. Le feu était au centre de leur show. "Nous avons essayé de vous raconter le don du feu aux hommes par Maui", souligne Patrice Kaimuko, chargé de la culture de la commune de Hiva Oa.

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samedi 16 mars 2019

Parité homme-femme en politique

La Guadeloupe est "le modèle", selon l'Insee.

guadeloupeLa Guadeloupe est "un modèle de parité" homme-femme en politique, note l'INSEE dans une étude parue vendredi, soulignant que "la féminisation des élus y est plus élevée qu'au niveau national".

"Le modèle matrifocal antillais, qui place les femmes au centre de la structure familiale, semble gagner la vie publique. Ceci participe à l’amélioration de la représentation des femmes en politique", estime l'Insee, dans cette étude parue pour la journée de la femme.  
Dans les conseils municipaux, "la parité est quasiment atteinte", souligne l'institut. Dans les 32 communes guadeloupéennes, qui doivent appliquer la parité au sein de leurs conseils municipaux puisqu'elles comptent toutes plus de 1.000 habitants, "on compte 95 femmes pour 100 hommes dans lesdits conseils. Les autres régions françaises affichent entre 82 et 92 conseillères pour 100 conseillers municipaux". 
Par ailleurs, avec, "huit des 32 maires" qui sont des femmes, la Guadeloupe "reste la plus paritaire de France, devant le Centre-Val de Loire et l’Île-de-France qui comptent 20 % de femmes maires", ajoute l'Insee. 
De même, dans les six intercommunalités guadeloupéennes, "où aucune loi n’impose de manière directe la parité, il y a 44% de conseillères communautaires, ce qui est comparable aux autres DOM et bien supérieur au niveau national (31 %)". 
Au 1er mars 2019, "deux des six intercommunalités sont présidées par des femmes, qui représentent également 30 % des vices-présidents. Cette situation reste plus paritaire que dans le reste de la France où seulement 8 % des intercommunalités sont dirigées par des femmes". 
La parité est également respectée au niveau de l’exécutif, puisque le conseil régional de Guadeloupe est présidé par un homme, tandis que le conseil départemental l’est par une femme. Les vice-présidences des deux conseils sont occupées pour moitié par des femmes.  
Enfin, les femmes guadeloupéennes occupent aussi "la moitié" des quatre sièges guadeloupéens à l’Assemblée nationale et "un des trois sièges au Sénat". 
"Au niveau national, avec 39 % de députées et 32 % de sénatrices, la parité est encore loin d’être atteinte même si elle progresse", note l'Insee.

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samedi 2 mars 2019

Il y a encore des rois en France ...

... à Wallis et Futuna

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