mardi 5 février 2019

Nouvelle-Calédonie : la mangue gagne en goût et en variétés

Star de l’été, la mangue est en pleine récolte. La production commerciale est toujours limitée sur le Caillou, mais elle a gagné en qualité.

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Le Kopéto d’un côté, le Koniambo, de l’autre, le lagon à l’horizon… Depuis l’exploitation de Stéphane Soury-Lavergne, la vue est exceptionnelle, mais l’agriculteur, originaire de La Foa et installé à Pouembout depuis presque dix ans, se concentre sur la terre qu’il a sous les pieds. C’est qu’il y a à faire. Plusieurs hectares d’ananas, de grandes parcelles maraîchères, où se croisent pastèques, concombres ou melons, des ignames et des patates douces un peu plus loin… À chaque fois, un effort pour s’interdire les produits chimiques - certifiée responsable, l’exploitation est à deux pas du bio - et beaucoup de travail pour relever le défi de l’eau, les systèmes de goutte-à-goutte courant sur plusieurs kilomètres sous le paillage. Les manguiers eux, « mobilisent de la terre, mais ne coûtent pas grand-chose en entretien, explique le cultivateur. J’ai voulu en faire parce que c’est un arbre résistant : après quatre ans de grosses sécheresses, j’en ai perdu très peu ». La Broméliade, sa société, alimente depuis la fin novembre les étals du Grand Nouméa, via la Coop1, dont Stéphane est le vice-président et devrait produire jusqu’au mois de mars. Il peut compter sur dix hectares de manguiers, soit près de 2000 arbres, dont une bonne partie a les branches chargées en ce début janvier. Stéphane le sait : comme les letchis, la saison des mangues est attendue avec impatience en été. Et pour conquérir le consommateur, « il faut des produits qui attirent tout de suite l’œil ».

 Ronde ou oblongue, rouge, jaune ou verte…

Car comme les letchis, les mangues causent, chez les Calédoniens qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin, bien des frustrations. « C’est un fruit qui est facile à trouver chez les amis ou sur les bords de route, alors les consommateurs les trouvent souvent trop chers en magasin, note un technicien de la chambre. C’est que l’effort a surtout été fait sur la qualité : les mangues qui se vendent aujourd’hui sont bien plus belles et plus bonnes qu’il y a dix ou quinze ans ». Une affaire de variétés. A Pouembout, Stéphane Soury-Lavergne découpe, non sans fierté, un fruit bien rouge, au noyau fin et à la chair sans fibres. « Celle-là, c’est une Irwin, ma préférée, mais chacun a son goût pour les mangues, sourit-il. Et puis, tous les arbres n’ont pas la même résistance. C’est pour ça que j’ai planté différentes variétés : pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ». Nam Doc Mai, verte et jaune à la forme oblongue, Tommy Atkins, ronde et tachetée, les grosses Van Dyke, Labbé sur les hauteurs… La production calédonienne brille par sa diversité mais le marché est loin de la saturation. Produire plus pour faire baisser les prix ? Oui, mais à condition d’accompagner et d’organiser le zonage de la production, estiment les spécialistes. « La mangue, ça marche bien dans les coins secs. Quand il fait humide pour la floraison, il y a des maladies, et les fleurs coulent », reprend Stéphane Soury-Lavergne. Quant aux mouches de fruits, les pièges ne suffisent pas. « Il faut que le pied reste propre, ne pas laisser de fruits à terre », explique le spécialiste. Or, beaucoup de mangues tombent : « Pour produire un kilo, il faut en jeter un ». Les chutes, Stéphane les confie à son frère Yann, qui valorise les joues et la pulpe pour les restaurants, glaciers ou transformateur. « Il y a d’autres débouchés, mais il faut que chacun développe ses idées », note l’agriculteur, qui espère à terme produire 20 tonnes par hectare. Un travail de longue haleine : certains de ses manguiers, âgés de neuf ans, ne produisent pas encore.

Selon Charlie Réné - "Nouvelles calédoniennes"

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dimanche 25 décembre 2016

Noël à travers le monde

En Nouvelle - Calédonie 

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En Nouvelle-Calédonie, 2 signes annoncent Noël : la saison des letchis et la fin de l’année scolaire.

Ici, Noël est surtout fêté le soir du réveillon entouré de la famille et des amis. L’occasion de faire une bonne « bringue » avec les enfants. Au menu, principalement langoustes, crabes, crevettes, huîtres de palétuviers sans oublier le riz et la sauce soyo pimentée. En tribu, le bougna, plat traditionnel kanak, sera à l’honneur dans les familles. Les Tahitiens et les Wallisiens prépareront le cochon cuit à la broche. Les Asiatiques privilégieront leurs recettes traditionnelles. De nombreuses familles étant métissées, il arrive très souvent que les tables accueillent tous ces plats à la fois côtoyant de plus en plus souvent foie gras et chapon.

Les fruits, mangues et letchis, composent généralement le dessert mais on trouve désormais  la traditionnelle bûche généralement glacée, température élevée oblige. Le jour de Noël, les Calédoniens ont l'habitude de passer cette journée sur un îlot en pleine mer, à la plage ou au bord de la rivière.

La décoration est souvent traditionnelle dans les maisons et inspirée de la culture française. Ne soyez pourtant pas surpris de découvrir dans les jardins des particuliers palmiers, frangipaniers et arbustes décorés de guirlandes et boules de Noël !

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samedi 27 août 2011

Une famille du Val de Villé émigrée en Nouvelle-Calédonie en 1857

equat1Le Val de Villé est souvent apparu comme une vallée pauvre, notamment au 19ème siècle, et chaque drame pouvait laisser une famille entière dans la misère. Nombreux furent donc ceux qui émigraient vers les Etats-Unis, ou vers les nouvelles colonies françaises telles l'Algérie, et même la Nouvelle-Calédonie. Ainsi cette famille Hermann de Breitenbach, dont le père, bûcheron, décéde à la suite de la chute d'un arbre, et qui émigre aux Etats-Unis. Les exemples sont nombreux. La vente des maigres biens qui leur restaient leur permettait de payer le voyage à bord d'un paquebot où ces émigrants s'entassaient à fond de cale, dans des conditions similaires à celles des esclaves noirs transportés d'Afrique en Amérique. N'oublions pas que sur les nombreuses familles parties, seules 1% feront vraiment fortune. L'histoire de Maximilien Dillenseger, habitant de Steige, tisserand, père de cinq enfants, dont l'épouse Marie-Madeleine Zing décède à la naissance de son dernier enfant en 1856 en est un exemple. Veuf, Maximilien n'hésite pas longtemps : avec son frère Jean-Joseph de Lalaye, il se joint à la famille Masson et embarque à Marseille en direction de la Nouvelle-Calédonie avec tous ses enfants. Un groupe d'Alsaciens s'était formé en cours de route auquel se joignit aussi la famille Ulm de Wolfgantzen. Arrivés à Nouméa, Maximilien épouse de suite Marie-Madeleine Masson et exerce le métier de facteur, tout comme son frère. Ses descendants se sont établis dans l'hémisphère austral, et j'en ai retrouvés lors de recherches et d'échanges généalogiques dans toute la Nouvelle-Calédonie, mais aussi à Sidney (Australie) et à Port-Vila, la capitale de la République de Vanuatu (autrefois les Nouvelles-Hébrides). D'autres se marient avec d'autres français sur place, souvent autant dans la misère qu'eux-mêmes. Ainsi, Marie-Louise Dillenseger, fille de Maximilien, épouse Dominique Pacifique, enfant abandonné trouvé le 7 août 1837 dans le tour de la Charité à Chateau-Thierry, de sexe masculin, âgé de six à sept mois, portant sur la tête un bonnet brun, sur le cou un mouchoir à fleurs blanches, et sur le corps une brassière d'indienne jaune à fleurs de diverses couleurs, une chemise de toile, une couche, un lange de laine et un mouchoir de gase, le tout en très mauvais état. Arrivé en Nouvelle-Calédonie, il devient gardien de prison. Le couple aura trois enfants, mais Dominique décède rapidement. Marie-Louise se remarie avec Jean-Baptiste Grassin, un marin. Elle l'accompagne dans ses voyages et décède au cours de l'un d'eux en 1893 à l'âge de 40 ans. Ce ne sont là que des exemples de destins tragiques comme beaucoup d'émigrés en connurent.

  • Ci-dessus, la photo du paquebot "Equateur" qui assurait la liaison Marseille - Nouméa.  (longueur : 125 m, largeur : 12 m. 124 passagers en première classe, 66 en seconde, 54 en troisième et 500 émigrants en entrepont. Pendant la guerre de 1914/18, il est transformé en navire hôpital au service de la marine russe, il part à la démolition à Marseille en 1922.
  • Voir aussi les fiches familiales dillenseger_zing - dillenseger_masson - dillenseger_pacifique et dillenseger_halap

Un grand merci à tous ces descendants qui m'ont aidé à retracer l'histoire de la famille Dillenseger aux Antipodes.

Posté par jl boehler à 00:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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