samedi 10 juin 2017

Edouard Philippe, premier ministre irréprochable ?

Les mains sales et radioactives

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L’Observatoire du nucléaire dénonce la nomination au poste de premier ministre de M. Edouard Philippe qui n’est en rien le personnage "modéré" que la communication macronienne tente de mettre en scène. Bien au contraire, M. Philippe a les mains très sales, ou plutôt… radioactives. En effet, lorsqu’il travaillait pour la multinationale atomique Areva, il a participé à de sombres manœuvres dans les coulisses uranifères de la Françafrique.

En octobre 2007, Edouard Philippe est nommé directeur de la communication et directeur des affaires publiques d’Areva. Son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome. Il est ainsi en contact rapprochés avec Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée Nationale (*).

Les revenus de l'uranium ne profitent pas à la population du Niger

C’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice, mouvement touareg en rébellion contre le pouvoir central de Niamey (**).

En effet, les maigres revenus de l’uranium, largement sous payé depuis des décennies par Areva, ne bénéficient en rien à la population, et encore moins aux Touaregs, alors que les mines d’uranium sont situées dans leurs zones traditionnelles de vie. 

Il est donc logique de considérer que les manoeuvres en coulisse de M Philippe ne sont pas étrangères aux graves troubles qui ont eu lieu par la suite dans la zone sahélienne (Niger/Mali) et dans le fait que, poussés par la misère, des groupes Touaregs aient fini par s’allier à des mouvements djihadistes.

Mais, surtout, il est légitime de se demander pour qui agit M Philippe lorsqu’il est en charge des affaires publiques, que ce soit auparavant comme maire du Havre et désormais comme premier ministre.

Une première réponse est apportée par le fait que, à peine assis dans le fauteuil de maire du Havre (aimablement offert par son prédécesseur qui a démissionné en cours de mandat !), Edouard Philippe a offert un pont d’or… à son ancien employeur Areva, pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore, projet finalement abandonné piteusement en septembre 2016 : il serait intéressant d’enquêter pour voir ce que la sympathie d’Edouard Philippe pour Areva a finalement coûté aux citoyens-contribuables…

Epinglé par la HATVP (haute autorité pour la transparence de la vie publique)

On notera d’ailleurs que, de 2007 à 2010, M. Philippe a cumulé sans état d’âme son poste chez Areva et son mandat d’adjoint au maire du Havre mais, aussi, que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui a infligé un blâme pour avoir refusé de fournir des informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.

(*) cf Charlie Hebdo, 29 avril 2009
(**) cf AFP, 17 janvier 2008

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mardi 14 juin 2016

Le président du Niger à Paris

Principale préoccupation : Boko Haram

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Mahamadou Issoufou est décidé à mettre tout en oeuvre pour bouter hors de son territoire le groupe islamiste Boko Haram. Après l’appel à la rescousse lancé au président Idriss Déby, voilà que le président nigérien, accompagné de ses ministres Hassoumi Massoudou de la Défense et Ibrahim Yacouba des Affaires étrangères, se rend sur les bords de la Seine, sur invitation du président François Hollande, pour une visite officielle de quatre jours. Ainsi, dès ce mardi 14 juin, les deux chefs d’État auront un important tête-à-tête à l’Élysée sur le coup de 15 heures.  Après cette rencontre, le président Issoufou aura également un dîner officiel, mardi soir à 22 heures, avec Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères.

Loin d’être de tout repos, la visite du chef d’État réélu du Niger le conduira chez Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale. Le clou de cette visite sera assurément la rencontre très attendue avec Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense. En effet, les troupes françaises sont engagées dans la lutte contre le terrorisme en Afrique. Ce sera donc l’occasion pour évoquer l’épineux problème de Boko Haram qui ne cesse de semer la terreur dans les pays du bassin du lac Tchad.

Notons que le président nigérien et son homologue français sont tous deux membres de l’International socialiste et entretiennent depuis belle lurette de très bonnes relations. C’est donc à juste titre que le président Issoufou vient demander l’aide des autorités françaises dans la lutte contre ces terroristes.

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dimanche 18 janvier 2015

Charlie Hebdo vu d'Afrique

Niger : manifestation contre « Charlie Hebdo », un centre culturel français incendié, 4 morts

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Zinder, deuxième ville du Niger, a connu un « vendredi noir »: le Centre culturel français a été incendié et trois églises saccagées par des manifestants hostiles à la publication d’une caricature du prophète Mahomet en Une de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Juste après la prière de vendredi, « une marée humaine a déversé sa colère dans les rues de Zinder (sud) pour protester contre la caricature du prophète Mahomet », a raconté Amadou Mamane, journaliste indépendant à Zinder. Des SMS circulaient depuis la veille pour manifester à la sortie des mosquées. Le même mot d’ordre, transmis pendant les offices religieux, a été suivi par des milliers de personnes, selon une source officielle.

Les manifestants, qui selon M. Mamane étaient « essentiellement des jeunes, dont certains circulaient à moto en agitant de petits drapeaux blancs », la couleur de l’islam, se sont précipités sur le Centre culturel franco-nigérien (CCFN). Une cinquantaine d’entre eux a « cassé la porte » d’entrée du complexe vers 13H30 (12H30 GMT), malgré des « tirs de sommation » de « deux policiers » présents pour protéger le bâtiment, a déclaré à l’AFP Kaoumi Bawa, le directeur du CCFN de Zinder.

Puis ils ont mis le feu à la cafétéria, puis la médiathèque et des locaux administratifs du Centre, a-t-il poursuivi. « Ca brûle encore. Les pompiers ne sont jamais venus », a regretté M. Bawa, « en colère », qui « essaie de sauver ce qui pourrait l’être ». Le manifestants, qui étaient encore actifs à 18H45 (17H45 GMT), alors que des gendarmes sont venus prêter main-forte aux policiers pour sécuriser la ville, se sont ensuite attaqués à des lieux de culte non musulmans. Trois églises, une catholique et deux évangéliques, ont été saccagées, selon les autorités de Zinder, ville située dans le sud, non loin de la frontière avec le Nigeria.

« On n’a jamais vu ça à Zinder », a indiqué une source administrative. « C’est un vendredi noir ». D’après cette source, le siège d’un parti au pouvoir a également été incendié, ainsi que plusieurs bars et débits de boisson. « Le centre-ville de Zinder est méconnaissable. Au cri de Allah Akbar (Allah est le plus grand), les manifestants en très grand nombre ont brûlé des pneus partout », a témoigné un commerçant joint au téléphone. « Des débris de bouteilles, des pneus enflammés et des blocs de pierre jonchent encore certaines rues », a décrit un autre journaliste. Le Niger, comme le Sénégal, avait pourtant interdit la diffusion du dernier numéro de Charlie hebdo, qualifié de « provocation injurieuse et totalement inacceptable », afin de ne pas heurter sa population en grande majorité musulmane.

Niamey

Mais les manifestants de Zinder ont été violents, contrairement au millier de Sénégalais ayant manifesté vendredi devant l’ambassade de France à Dakar, où un drapeau français a été brûlé. Des milliers de protestataires ont également marché en Mauritanie, ainsi qu’en Algérie. Hors d’Afrique, des manifestations se sont tenues dans plusieurs pays musulmans, dont la Jordanie. Si la bannière tricolore a été brûlée par des Palestiniens à Jérusalem, la contestation a tourné à l’affrontement devant le consulat français à Karachi (Pakistan), où un photographe de l’AFP a été grièvement blessé.

Zinder, ancienne capitale du Niger, avait déjà connu de tels débordements en septembre 2012. Son église catholique, la plus grande du pays, avait été totalement saccagée par des manifestants qui protestaient alors contre un film dénigrant l’islam, réalisé aux Etats-Unis.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, fait partie des six chefs d’Etat africains qui ont participé à la Marche républicaine le 11 janvier à Paris, après l’attaque terroriste qui avait décimé la rédaction de l’hebdomadaire français Charlie hebdo. « Nous sommes tous Charlie », a récemment déclaré M. Issoufou sur les ondes, une prise de position fortement critiquée par des associations musulmanes et des ONG locales. « Sa participation » à la marche « procède de son engagement contre le terrorisme et pour la liberté » et « ne signifie nullement un quelconque soutien aux dérives qui peuvent découler d’une certaine conception de la liberté de presse », avait corrigé jeudi Marou Amadou, le porte-parole du gouvernement.

selon AFP

Aux dernières nouvelles : 

Le bilan est lourd : un gendarme est mort écrasé par un véhicule et trois civils ont été tués. On dénombre par ailleurs 45 blessés, dont 22 membres de forces de sécurité. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur nigérien a indiqué que Zinder avait connu vendredi une « situation insurectionnelle ». Il a également indiqué que le gouvernement était déterminé à défendre l'ordre public. « Nous n'accepterons pas la chienlit », a-t-il martelé. Ce samedi, les troubles se sont étendus à Niamey. Vingt églises chrétiennes ont été incendiées dans le pays. 

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jeudi 25 octobre 2012

Uranium : le Niger s'estime mal payé par AREVA

Areva_257x300Le Niger a durci le ton jeudi envers le groupe français Areva, jugeant « très déséquilibré » leur partenariat historique dans l’uranium, dont le pays est l’un des plus grands producteurs mondiaux, et a dit vouloir accroître les retombées du secteur minier pour la population.

« Le partenariat dans l’exploitation de l’uranium est très déséquilibré en défaveur du Niger, et ce depuis 41 ans d’exploitation de ce minerai », indique un communiqué du conseil des ministres. « Ce déséquilibre est corroboré par le fait que les recettes tirées de l’uranium représentent 5% des recettes du budget national » alors que le Niger devrait en tirer « des ressources importantes », explique le gouvernement du président Mahamadou Issoufou, élu en mars 2011. Le gouvernement exprime « sa volonté d’accroître les retombées du secteur minier pour le peuple nigérien, à travers notamment le renforcement de sa participation à la gouvernance du secteur », sans plus de précision. Selon les médias officiels nigériens, le président Issoufou s’est entretenu cette semaine à Niamey avec Luc Oursel, le président d’Areva, de « l’épineuse question de l’exploitation de l’uranium », dont les revenus alimentent la controverse depuis des décennies. Interrogée par l’AFP, une porte-parole d’Areva à Paris n’a pas fait pas de commentaires dans l’immédiat. Présent depuis une quarantaine d’années au Niger, le groupe nucléaire français y exploite deux gisements d’uranium à Arlit et à Akokan, dans le nord désertique du pays. Plus grand employeur privé de ce pays parmi les plus pauvres du monde, Areva doit en outre commencer en 2013-2014 l’exploitation de la mine géante d’Imouraren (nord), présentée comme « la deuxième du monde ». Elle doit produire 5.000 tonnes d’uranium par an à plein régime et représente un investissement de plus de 1,2 milliard d’euros.

Le pétrole aussi

arlitLe gouvernement a aussi déploré le « retard » dans le chantier d’Imouraren, « imputable » à Areva et qui « entraînera un manque à gagner pour l’Etat ». Depuis quelques années, deux (bien: deux) compagnies chinoises, dont la China national nuclear corporation (CNNC), extraient aussi de l’uranium à Azelik, dans la même région. En février, Niamey avait annoncé que le prix du kilogramme d’uranium nigérien avait été fixé à 73.000 FCFA (environ 111 euros), à l’issue de négociations avec Areva, évoquant « une avancée notable dans l’histoire des négociations des prix des matières premières au Niger ». Il s’agit d’un « prix plancher » généralement fixé lors de discussions annuelles avec Areva et censé mettre le Niger à l’abri des fluctuations sur le marché international. Premier produit d’exportation du pays, le minerai représente 5% de son produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement a indiqué, sans plus de détail, avoir la même volonté de changement dans le secteur pétrolier, où « la même démarche est en cours ». Le Niger est devenu en novembre 2011 producteur de pétrole et a ouvert à Zinder (centre-est) sa première raffinerie, pour une modeste production de 20.000 barils par jour. Les prix à la pompe de l’essence produite et raffinée sur place sont jugés trop élevés dans la population et suscitent depuis un an de vives protestations. Le contrat de production et de raffinage attribue 40% de la production au Niger et 60% à la China national petroleum corp. (CNPC), une compagnie publique chinoise. Les ONG nigériennes ont souvent dénoncé le « flou » autour des contrats miniers. « Nous saluons et encourageons cette décision du gouvernement », a réagi Salissou Oubandoma, ex-coordonnateur du Groupe de réflexion sur les industries extractives au Niger (Gren), une ONG locale. « Nous produisons d’énormes quantités de ce minerai stratégique, on ne peut comprendre que les Nigériens végètent encore dans la misère », a-t-il affirmé à l’AFP.

"Oeil d'Afrique" avec AFP

Posté par jl boehler à 21:49 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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