mercredi 1 novembre 2017

Sahel : Macron et Le Drian bottent en touche

Lundi 30 octobre à l’ONU, une réunion ministérielle présidée par le ministre français des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian, a tenté de définir la force d’interposition qui  doit se mettre en place sous l’égide du “G5 Sahel” (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie et Burkina). En réalité, un nouveau mirage.

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Comme il est loin le temps béni où l’ancien président français, François Hollande, célébrait en 2013 le “plus beau jour de sa vie politique” au Mali où l’intervention militaire française “Serval” avait lieu. La majorité de la population noire de Bamako s’était réjouie de l’arrivée des troupes françaises avec l’espoir que les populations Touaregs du Nord, ces éternels dissidents, seraient contraints de déposer les armes. Il faut bien constater l’échec politique qui a succédé à un ratissage du Nord Mali présenté comme une victoire définitive.  Les accords de paix signés en 2015 n’ont guère été respectés, le président malien IBK, adoubé par Paris lors de son élection en 2013, est totalement discrédité; et il ne se passe pas de semaine sans accrochage violent ou attentat sanglant, non seulement au Nord du Mali, mais aussi au centre et au Sud du pays, comme le révèle un rapport de l’ONU dont le Canard Enchainé (25/10) donne de larges extraits. “A Bamako, Tombouctou, Gao et Kidal, lit-on, le nombre d’assauts contre les forces de défense maliennes a pratiquement doublé”.

Sans parler des voix de plus en plus nombreuses au sein même de la classe politique malienne qui dénoncent “l’occupation” des 4000 soldats française au Mali. Ce désarroi politique est une aubaine pour l’Imam Mahmoud Dicko, le président du très réactionnaire Haut Conseil Islamique (HCI), qui fort de la manne séoudienne, est devenu l’homme fort du pays qui pourrait, demain, devenir une République islamique soft.

Tourner la page

Ce tableau là naturellement, Jean Yves Le Drian a été bien incapable de le dresser. Principal artisan de l’opération Serval qui s’inscrit classiquement dans la filiation des quarante huit opérations militaires françaises menées par la France en Afrique depuis les indépendances africaines, l’actuel ministre des Affaires Etrangères semble bien en peine d’en reconnaitre les limites et d’avouer un échec militaire qui fut son titre de gloire. Mais il lui faut pourtant tourner la page, aiguillonné qu’il est par un patron, Emmanuel Macron, pressé d’en finir avec le fardeau financier des interventions militaires à l’étranger.

"La stupide guerre de Libye"

Confronté dès les lendemains de l’opération Serval à de mauvaises remontées du terrain, Jean Yves Le Drian a, dans la foulée, dénoncé les responsables de l’enlisement français. Si les groupuscules djihadistes avaient encore de beaux jours au Mali, mais également au Niger et au Burkina, c’est en raison de la base arrière qu’ils possédaient en Libye. Le ministre de la Défense qu’il fut n’aura de cesse de plaider pour une nouvelle intervention militaire dans le sud libyen mais n’obtiendra pas gain de cause auprès de l’Elysée, absorbé par d’autres théatres d’opération en Syrie notamment.

Ce qui est exact, c’est que “la stupide guerre de Libye”, pour reprendre l’expression du général Desportes sur Europe 1 le 21 octobre dernier, qui a été menée en 2011 par Nicolas Sarkozy et David Cameron, a déstabilisé l’ensemble de la région. Le rapport de l’ONU, daté du 28 septembre dont le Canard Enchainé donne des extraits, recense les résultats terrifiants de la situation actuelle en Libye: multiplication des attentats, appuis logistiques et financiers des groupes terroristes. Pour autant, l’existence de cette aire de jeux et de trafics pour les groupes terroristes n’explique pas à elle seule la situation sécuritaire actuelle au Mali et plus généralement au Sahel. Le rapport de l’ONU, toujours d’après le Canard Enchainé, pointe la responsabilité des pouvoirs en place, notamment en matière d’atteintes aux droits de l’homme: découverte de charniers, viols, exécutions sommaires. Dans le cas du Mali, ces experts renvoient dos à dos les groupes armés terroristes et les forces de défense et de sécurité qui sont coupables, les uns comme les autres, de ces exactions.

Tour de passe passe

Le véritable tout de passe passe des Français fut de transmettre le relais, notamment au Mali et en Centrafrique, aux forces onusiennes de la Minusma, 12000 hommes au total. Mais  cela ne marche gère. Quatre vingt soldats ont été tués ces dernières semaines, alors même que la situation empire chaque jour.

Face à ce constat qui marque les limites des forces onusiennes dans cette guerre atypique, le nouveau président français, Emmanuel Macron, tente aujourd’hui de mettre les chefs d’Etat de la région face à leurs responsabilités. Organisez-vous, leur dit-il, dans le cadre d’une force d’interposition, dite du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina, Tchad, Mauritanie), et l’Europe comme l’ONU vous aideront financièrement.

C’est cette stratégie que Jean Yves Le Drian a vendu ce lundi à l’ONU. Mais ses interlocuteurs ne sont plus ces présidents africains, les Déby au Tchad, Issoufou au Niger, Aziz en Mauritanie, qu’il avait su mettre de son côté en fermant les yeux sur leur fâcheuses tendances autoritaires et leurs légers penchants prédateurs.

Cette fois, l’état des lieux a été dressé par une délégation du Conseil –formée de la France, de l’Éthiopie et de l’Italie–, qui s’est rendue du 19 au 23 octobre en Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso pour juger des recommandations du rapport « à l’aune de la réalité de terrain ». Et les financements s'avèrent loin d’être bouclés. Quatre cent millions d’euros seraient nécessaires pour que les armées du G5 Sahel soient formées, armées et modernisée. Pour l’instant, cent millions d’euros seulement ont été trouvés.

Les talents de bonimenteur de Jean-Yves Le Drian auront-ils suffi ? Seul l'avenir le dira. (selon Nicolas Beau - "Mondafrique")

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lundi 21 août 2017

Nord du Mali : la force Barkhane accusée !

Barkhane a tenté, le 13 août dernier, de désarmer les soldats de la plateforme Minusma à Tabankorte. Pourquoi ? Mystère.

Barkhane_696x464Textuellement, le porte-parole de la plateforme, Me Harouna Toureh, écrit dans un communiqué : « Les mouvements Républicains du 14 juin d’Alger tiennent à informer le peuple Malien, le gouvernement de la République du Mali et la médiation internationale des faits graves en cours en ce moment au nord du Mali, plus précisément dans le secteur de Tabankorte, lieu de cantonnement de ces combattants. En effet ce 13 août 2017 aux environs de 17h un convoi militaire de la force française Barkhane quittant Gao s’est installé entre nos positions. Aussitôt un entretien s’est engagé au cours duquel la Force Barkhane a informé les combattants de la plateforme Minusma de sa volonté de procéder manu militari à leurs désarmements. Les combattants de la plateforme ayant résisté à la tentative de désarmement, la force Barkhane fit immédiatement appel à sa force aérienne qui ne tarda pas à intervenir en ouvrant le feu sur les positions de la plateforme en même temps que sa force terrestre.

Il est à signaler que ces tentatives de désarmement forcées de Barkhane sont contraires au principe de traitement égalitaire des parties signataires que prône l’accord pour la paix et à l’article 54 dudit accord ».

Cette tentative en dit long sur les prétentions de la France, fort longtemps suspectée de raviver les braises au nord du Mali. Aujourd’hui, au sein de l’opinion, une question taraude les esprits: Pourquoi le France veut-elle désarmer, singulièrement, la plateforme ? La question a tout son sens dans la mesure où les forces françaises n’ont pas mandat à entreprendre de telle action.

La mission de Barkhane est la lutte contre le terrorisme. 

En la matière, la France a un bilan mitigé maigre, après cinq ans de présence au Mali. Le septentrion malien est le théâtre d’affrontement, et surtout d’activités de groupes des djihadistes.  Les attaques récentes le confirment, tout comme les embuscades quotidiennes et les explosions des mines dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao. Pas plus tard que le lundi dernier, neuf personnes, dont un Casque bleu togolais et cinq agents de sécurité maliens, ont été tuées lors de deux attaques distinctes contre la Minusma. Une première attaque d’ « hommes armés non identifiés » a visé des camps de la Mission onusienne à Douentza. Bilan : un Casque bleu togolais et un soldat malien ont été tués. Un autre Casque bleu a été blessé.

Le même jour, dans l’après-midi, des hommes armés ont pris d’assaut le quartier-général de la Minusma à Tombouctou. Cinq gardes et un gendarme (tous des Maliens), et un agent civil contractuel de la force de l’ONU ont été tués. En outre, un garde de sécurité malien et six Casques bleus ont été blessés, dont deux grièvement.

Six assaillants auraient été abattus lors de la riposte.

Au même moment, les hostilités entre groupes armés rivaux connaissent un regain d’intensité dans les régions du nord. Au cœur de cet embrasement, les groupes rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) qui tentent de reprendre pied dans ces localités. Aucun recours, y compris aux « barbus », n’est négligé par cette coordination pour atteindre ses objectifs. Ainsi, les rebelles de Kidal ont pu ranger Ménaka et d’autres endroits sous leur coupe. Selon des sources locales, tous les symboles de l’Etat malien sont à ce jour invisible à Ménaka. Ils ont été remplacés par ceux des Mouvements de l’Azawad.

Cet épisode, qui succède à bien d’autres, traduit la fragilité de la situation sécuritaire au nord du Mali qui se dégrade au rythme des agitations des rebelles de Kidal. Ces deniers nourrissent plus que jamais l’ambition d’étendre leur prise sur l’ensemble du Nord. Ils bénéficient à cet effet de l’appui de réseaux à l’intérieur et à l’extérieur du Mali…

 Stratégie de défense de la CMA

Au-delà, pour l’opinion malienne le doute n’est guère permis : la France a toujours été complaisante à l’égard de la Coordination des mouvements de l’Azawad. Un mouvement qui a pourtant des accointances avec les forces terroristes présentent dans le Nord. Ainsi, ils piétinent le cessez-le-feu, sans que ni la Minusma ni la France ne la rappelle à l’ordre.

A la veille de la prise de Ménaka, les forces de la Minusma et de Barkane auraient été avisées du mouvement des troupes de la CMA vers cette localité. Mais, elles sont restées de marbre.

De l’avis de nombreux Maliens, la tentative de désarmement de la plateforme s’inscrit dans la même logique de sabotage du processus de paix et de protection de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad. Sinon pourquoi vouloir désarmer ce mouvement, alors que les rebelles de Kidal sont toujours en armes ? S’interrogent ces Maliens. Au-delà, le but visé par la France serait d’imposer l’existence de Kidal comme Etat… Un Etat sous le contrôle des rebelles de la CMA. Ce jeu trouble a été découvert à la suite d’évènements qui ont suivi la libération des régions du nord, en 2013.

Les maliens ne cachent pas leur colère et ne mâchent pas leurs mots.

Dans les colonnes des journaux et/ou à travers des manifestations, des Maliens dénoncent le jeu trouble de la France. La dernière manifestation en date : sit-in des jeunes devant l’ambassade de la France, le 3 août dernier. Ce jour-là, ils étaient une centaine à dénoncer ce qu’ils appellent « la partialité de la France » dans le conflit qui opposent l’Etat malien aux groupes armés. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire « France = Mnla », « Kidal avec un autre drapeau différent de celui du Mali sous les yeux de la Minusma et de la force Serval devenu entre-temps force Barkhane ».

L'attitude du nouveau président Macron visitant ses troupes sans passer par Bamako n'a pas calmé la population.

Aujourd’hui, par complaisance, le pouvoir refuse d’accuser ouvertement Paris de soutenir la rébellion touarègue. Après cette décision unilatérale de la France de désarmer la plateforme, les Maliens espèrent que le pouvoir se réveillera (enfin) de son sommeil profond.

selon Sambou Diarra

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samedi 20 mai 2017

Emmanuel Macron en chef militaire au Mali

Une Françafrique toujours en marche

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L'association africaine "Survie" communique, à l'occasion de la visite du président Macron aux troupes françaises au Mali : 

Le nouveau Président de la République, qui cherche à aligner les images symboliques depuis son élection, se rend aujourd’hui au Mali pour illustrer son soutien aux forces militaires françaises déployées au Sahel et affirmer ainsi au nom de la "lutte contre le terrorisme" une totale continuité avec François Hollande. Le "bilan africain" de ce dernier étant en grande partie celui de Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères à la faveur du "renouvellement" à la tête de l’État, Emmanuel Macron met ainsi en oeuvre un des piliers de "sa" politique africaine, la prolongation de l’ingérence militaire. Celle-ci n’est toujours pas questionnée, alors même que la situation actuelle au nord du Mali, mais aussi en Libye, en Côte d’Ivoire et en Centrafrique, fragilise chaque jour la vitrine d’un interventionnisme étranger victorieux fournie par Le Drian au nouveau locataire de l’Elysée. 

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Le refrain de la fin de la Françafrique, brandi successivement par Sarkozy puis par Hollande, n’a pas été repris dans cette campagne présidentielle, à l’exception de la grossière tentative d’instrumentalisation de Marine Le Pen. Mais les déclarations du candidat Macron à certains médias spécialisés et les premiers choix politiques lourds de sens ne laissent guère d’illusion.

Celui qui a promis de faire passer le business franco-africain et la stabilité des régimes en place au nom de la lutte contre le terrorisme avant le respect des droits humains, a choisi un Secrétaire général de l’Elysée issu de l’Agence française de développement, un Premier ministre grand défenseur des intérêts d’Areva sur le continent et un ministre des Affaires étrangères qui était déjà le "ministre de l’Afrique" s’affichant volontiers avec certains des pires dictateurs du continent lors du quinquennat précédent.

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Le Tchadien Idriss Déby peut continuer à faire emprisonner des militants, le Congolais Sassou Nguesso peut laisser pourrir la crise humanitaire dans la région d’un opposant, le Gabonais Ali Bongo peut réprimer sans fin la contestation populaire : ils ne craignent aucune condamnation publique, et encore moins le gel de l’aide bilatérale ou la suspension des relations de coopération militaire et policière qui les unissent à la France. La nomination d’une ministre des Armées interroge quant à elle, avec un tel intitulé de sa fonction, sur la feuille de route donnée à cette juriste de formation face au pouvoir discret mais croissant de la Grande Muette sur la politique africaine de la France, alors même que l’opération Barkhane, déployée depuis 2014, n’a jamais été approuvée par le Parlement, en violation de l’article 35 de la Constitution.

Consciente qu’en matière de politique africaine, plus encore que dans les autres domaines, les vieilles recettes resteront de mise sous ce quinquennat, l’association Survie continuera son travail de décryptage, d’information et de mobilisation pour mettre enfin un terme aux mécanismes tant institutionnels que mafieux de la Françafrique.

Association Survie

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jeudi 7 mars 2013

Images du Mali

Une compilation des séquences filmées par l'armée du 9 février au 1er mars a également été mis en ligne dimanche dernier.

VIDEO. Des images de l'opération Serval

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samedi 2 mars 2013

Mali : l'arsenal des djihadistes inquiète de plus en plus

Fusils d'assaut américains, roquettes russes, explosifs et uniformes de l'armée malienne afin de s'infiltrer : les caches d'armes jihadistes mises à jour dans le nord du Mali préoccupent les états-majors.

maliObus de chars, lance-roquettes multiples, fusils de précision, M16 : dans la région de Gao (nord), l'armée malienne doit faire face à un ennemi autant, voire mieux équipé qu'elle, la principale menace restant, selon les militaires français, les engins explosifs artisanaux. Alignés sur la base 1 de l'aéroport de Gao, aux côtés de fusils d'assaut américains M16, de fusils de précision de fabrication tchèque, et autres roquettes russes ou chinoises, des explosifs et des détonateurs mais aussi des uniformes de différents corps de l'armée malienne.

Pour le colonel-major Didier Dacko, commandant opérationnel de la zone, « l'impression qu'on a, c'est qu'eux et nous (armée malienne) avons quasiment les mêmes armes, sauf la troisième dimension, l'aviation, qu'ils n'ont pas ». « Ils ont aussi des engins blindés, mais on s'est rendu compte qu'ils ne savaient pas les utiliser ou les réparer », relève-t-il.

« Ca nous donne une idée d'une armée, en fait des organisations qui ont les capacités d'une armée, la capacité de destruction d'une armée », a déclaré pour sa part le colonel Laurent Mariko, commandant de la zone de Gao, lors d'une présentation dimanche à la presse d'armements saisis depuis le 26 janvier, date de la reprise de la principale ville du nord du Mali aux islamistes armés qui l'occupaient depuis dix mois.

Ces armes, récupérées par les forces spéciales maliennes, l'armée française ou encore par des groupes de « jeunes patriotes », proviennent de « stocks de l'armée malienne -il y a eu des défections massives avec des capacités militaires-, mais aussi de la gendarmerie sénégalaise ou d'autres pays limitrophes », a indiqué le colonel Mariko. Au milieu du stock d'armes, un panier de roquettes de fabrication russe, à monter sur hélicoptère, mais aussi des autocollants du drapeau des Emirats arabes unis, présentés par erreur à la presse comme « libyens ».

 La crainte des IED

Les forces françaises s'inquiètent en particulier de la découverte d'IED (Improvised Explosive Device), qui étaient déjà leur cauchemar en Afghanistan. « Ce qui nous inquiète le plus ce sont les moyens artisanaux mis en oeuvre, avec les roquettes, notamment de 122 », déclare le colonel Denis Mistral. Selon lui, « les groupes armés jihadistes arrivent à mettre en place des systèmes télécommandés avec des téléphones et ils le font pour faire peser une menace permanente sur la ville de Gao ».

« On cherche ces systèmes-là en permanence de manière à les détruire. On en a encore trouvé la nuit dernière. C'est une des choses difficiles à gérer », ajoute-t-il, soulignant qu'« il faut innover en permanence, de jour et de nuit, pour surprendre l'ennemi ». Selon des sources militaires maliennes et françaises, plusieurs des éléments islamistes infiltrés jeudi au centre de Gao étaient porteurs de ceintures d'explosifs. Un IED avait été installé précisément à l'entrée des jardins de la mairie, mais les démineurs français ont découvert que son artificier n'avait pas eu le temps de l'activer. (extrait de "Les Echos.fr)

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dimanche 24 février 2013

Les pseudo-astuces de Al-Qaïda pour échapper aux drones américains

0d066suw_683267699Un document appartenant à Al-Qaida a été retrouvé par des journalistes au Mali. Il contient des consignes précises pour échapper à la surveillance des drones.

C’est une sorte d’inventaire à la Prévert, retrouvé par des journalistes de l’agence de presse américaine Associated Press au Mali. On peut y lire les 22 conseils et autres astuces technologiques recommandés par Al-Qaida pour se prémunir contre les frappes de drones.

 Astuce numéro un : il est possible de connaître les intentions et la mission des drones, grâce au logiciel russe ‘Sky Grabber’, disponible sur le marché pour la modique somme de 2 595 dollars [1 961 euros].

Astuce numéro deux : utiliser du matériel de brouillage radio pour désorienter les drones.
Astuce numéro trois : disposer des bouts de verre sur le toit des voitures ou des immeubles pour réfléchir la lumière.
Astuce numéro quatre : disséminer des snipers expérimentés pour abattre les drones, en particulier les drones de reconnaissance.

S’ensuivent un certain nombre de directives de dissimulation plus classiques : éviter de rester longtemps à découvert en particulier de nuit, s’abriter sous des arbres feuillus, utiliser des abris naturels (grottes, forêts), se servir de la fumée pour se protéger en faisant par exemple des feux de vieux pneus… Et enfin, que les chefs de groupe ou les personnes recherchées n’utilisent sous aucun prétexte du matériel de communication car l’ennemi peut toujours vous identifier puis vous localiser.

Source: Courrier international
 
Problème pour Al-Qaïda : les Français se passent de drones pour leurs missions de nettoyage, envoient la Légion (forces spéciales) au sol, et ce sont les hommes au sol qui informent les avions pour canarder. Et là, toutes ces petites astuces ne servent plus à rien. Même le sky-grabber russe ne vaut plus un clou. Dans toutes les guerres, l'ennemi cherche des parades. Rappelez-vous la bataille d'Angleterre (2ème guerre mondiale). Le seul drone américain efficace dans les montagnes du Nord-Mali est le  Global-Hawk qui évolue à très haute altitude.

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vendredi 18 janvier 2013

2000 soldats tchadiens, un sérieux renfort pour la France

tchadUne partie du contingent promis par le Tchad a déjà quitté N’Djamena pour Bamako. Au dire de Moussa Faki ministre des Affaires étrangères le Tchad pourrait envoyer jusqu’à 2000 hommes pour venir en aide aux forces malienne. Les hommes en armes avaient l’air enthousiastes de s’engager dans ce énième conflit. Ils étaient galvanisés par le ministre de défense Bénaindon Tatola venu leur délivrer un message d’encouragement et de soutien de la part de l’ensemble de la nation.

Dans la journée, l’Assemblée nationale a approuvé le déploiement des militaires tchadiens pour libérer le nord du Mali. C’est une première qui a le mérite d’être relevée, les députés ont voté cette résolution à l’unanimité. Le déploiement du reste du contingent se fera dans la journée de demain nous fait savoir notre source auprès de l’armée.

A noter que le Tchad et le Sénégal sont parmi les seuls pays de cette région d'Afrique à avoir une armée digne de ce nom. En plus, elle est habituée aux stratégies en régions désertiques. Qui plus est, le Tchad ne faisant pas partie de la CEDEAO, ses dirigeants ont les coudées franches.

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jeudi 17 janvier 2013

L'Allemagne et le Mali

transall1BERLIN - La chancelière allemande Angela Merkel a confirmé mardi que Berlin envisageait une aide logistique ou humanitaire pour l'intervention militaire française au Mali, dans une interview à la radio.

Nous réfléchissons si nous allons apporter un soutien logistique ou une aide humanitaire, a déclaré la chancelière dans un entretien avec la radio allemande NDR Info.

C'est la première fois que Mme Merkel s'exprime sur le Mali depuis le début des opérations militaires contre des groupes islamistes la semaine dernière.

La chancelière a exclu toute participation allemande aux combats contre des groupes islamistes qui ont pris le contrôle du Nord du Mali depuis avril 2012, faisant craindre que le pays tout entier ne devienne un sanctuaire pour des extrémistes liés à Al-Qaïda.

Nous ne participerons pas à cette mission de combat, mais nous estimons vis-à-vis de nos partenaires qu'une aide d'ordre logistique doit être quand même être fournie, a-t-elle expliqué.

Mme Merkel a indiqué que l'Allemagne pourrait fournir une aide de soutien à l'offensive française par exemple en (matière de) transport.

Elle a par ailleurs mis en garde contre le danger de laisser le Mali tomber dans les mains des extrémistes.

Selon la chancelière, les Etats en déroute comme le Mali sont potentiellement synonymes de trafic de drogue, d'attaques terroristes et de nouvelle vagues de réfugiés, ceci étant dit cela ne serait pas juste de simplement refuser une demande d'aide internationale.

Si les rebelles devaient prendre la main sur tout le pays, l'objectif d'un processus de paix politique deviendrait impossible, a-t-elle prévenu.

Mme Merkel a rappelé que l'Allemagne est engagées sur plusieurs théâtres à l'étranger comme l'Afghanistan où elle est le troisième contributeur de troupes, avec un effectif de 4.500 militaires.

L'Allemagne est très active militairement à d'autres endroits, comme par exemple en Afghanistan ou au Kosovo, où d'autres pays ne sont pas aussi actifs, a-t-elle souligné.

Nous devons d'abord nous assurer que nos engagements en cours pourront se poursuivre (en sécurité), et ensuite l'armée aura à décider quelles propositions nous pouvons faire, par exemple, en matière de transporteurs, a précisé Mme Merkel.

De son côté, le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a publié un communiqué pour souligner que les vérifications en vue d'un soutien allemand dans le dossier malien (n'étaient) pas terminées, mais qu'elles se déroulaient en étroite concertation avec la France.

Le ministère réfléchit actuellement à la question d'une assistance dans le domaine du transport aérien. D'autres services ministériels planchent sur une aide humanitaire et médicale, a-t-il précisé.

Le chef de la diplomatie Guido Westerwelle, avait promis lundi que l'Allemagne ne laissera pas seule la France dans cette situation difficile, par la voix de son porte-parole, Andreas Peschke, qui avait déjà évoqué un possible soutien logistique, médical ou humanitaire.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, président de la Cédéao, doit rencontrer mercredi à Berlin la chancelière Angela Merkel et aborder ce sujet avec elle.

(©AFP / 15 janvier 2013 19h24) - Publié par Romandie.com

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mercredi 16 janvier 2013

La guerre du Mali vue d'Algérie

mali_1372416_465x348Quelle que soit la manière dont elle va intervenir, l’Algérie payera certainement cher la guerre qui se déroule au Mali. Ce n’est donc pas pour rien que dans ses prévisions de finances pour l’année en cours, elle a augmenté sensiblement le budget du ministère de la Défense qui a atteint 825 860 800 000 DA, l’équivalent d’un peu plus de 10 milliards de dollars. Une augmentation de 14% par rapport au budget 2011.

Même si l’Algérie n’intervient pas militairement ou directement dans le conflit, la sécurisation de ses frontières, longues de 6000 km avec les pays du Sahel, demandera forcément un considérable effort de guerre. Notre pays aura certainement à mobiliser encore plus d’effectifs, s’il ne l’a déjà fait, le long de la bande frontalière. Il y a quelques mois, pour se prémunir des conséquences d’une intervention militaire au Mali, l’ANP, selon des informations répercutées par la presse, avait préconisé de s’adapter à la nouvelle situation en créant deux sous-régions militaires, l’une rattachée à la quatrième dont le quartier général est situé à Ouargla, et l’autre à la VIe région, Tamanrasset. Engagés depuis longtemps dans la lutte contre le terrorisme, la décision a été prise par anticipation, en 2010, de placer les gendarmes garde-frontières sous le commandement de l’Armée nationale populaire.

Une adaptation qui s’avérera aujourd’hui judicieuse dans la surveillance des frontières, et donc la lutte contre le terrorisme et ses sources de financement, le banditisme et le trafic de drogue.

L’Algérie, qui semble avoir rallié la solution militaire à la crise malienne après avoir privilégié la voie de la négociation, jusqu’à la défection «inattendue» du groupe terroriste Ançar Eddine qui a violé les Accords d’Alger, devra mobiliser désormais plus de moyens financiers et humains. Selon des informations recoupées, elle bat le rappel de ses troupes, des informations que nous n’avons pu confirmer officiellement, en prévision d’éventuels aides au Mali, dont le Premier ministre a séjourné à Alger ces dernières 48 heures. Notre pays est également appelé à payer une facture sur le plan humanitaire.

Depuis que le nord du Mali est tombé entre les mains des groupes terroristes, des civils maliens ont fui les combats d’abord, ensuite les exactions des groupes terroristes et se sont réfugiés en Algérie. Selon des statistiques livrées en mars dernier par le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, ils étaient 30 000 Maliens à avoir traversé la frontière pour se réfugier dans les wilayas du Sud, entre autres Tamanrasset, Ouargla, Laghouat et même dans quelques wilayas du Nord comme Tiaret, où des familles maliennes font la manche pour survivre.
Donc, en plus des moyens militaires qu’elle doit engager dans la bataille, l’Algérie est appelée à parer, par ailleurs, à la crise humanitaire que la guerre au Mali est en train de générer. 

("El Watan" du 15/1/2013)

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dimanche 23 décembre 2012

La prostitution, activité majeure à Bamako

prostitueeDe nos jours, l’argent au Mali se fait aussi rare que l’eau dans le désert, et le projet de tramway par une société alsacienne soutenue par la municipalité de Strasbourg est bien loin des préoccupations des habitants. Pour les quelques personnes qui ont encore un peu d'oseille, l’heure serait plutôt à l’épargne et la thésaurisation. Finies donc les dépenses outrancières, les virées nocturnes dans les bars, restaurants et  hôtels de luxe ! En un mot, crise oblige. Une crise qui a engendré des habitudes si vicieuses qu’elles sont devenues aujourd’hui un sujet de commentaires dans la capitale.

Assou, une jeune de 23 ans un peu « ravagée » par les méfaits des produits éclaircissants, nous donne rendez-vous à 10 heures au bas d’un bâtiment de la Cité administrative. Nous avons eu son contact par l’intermédiaire d’une femme qui travaille  dans un ministère et qui a tenté, durant des semaines, de la convaincre de  témoigner. Assou a finalement accepté de livrer une partie du secret de son activité. Etudiante à la rue à cause de la fermeture des Facultés de l’université de Bamako, touchée de plein fouet par la crise, Assou a réussi à se créer un réseau dans le milieu des cadres. Son succès lui vaut d’être constamment appelée au téléphone pour ses « services ». Assou ne ressemble pas aux prostituées habituelles qu’on rencontre à la « Rue blabla » de l’Hippodrome ou à Badalabougou.

10h 20 : un coup de téléphone. Le « client » agent d’un Cabinet ministériel), s’impatiente. Assou nous laisse en bas et se dirige vers les escaliers devant lesquels se bousculent des visiteurs. Elle redescend 40 minutes plus tard  et nous retrouve là où elle nous avait laissé. Elle nous confie que pour 40 000 FCFA, elle a eu un rapport sexuel avec ledit « client » dans son bureau et nous explique toute la scène de leurs ébats « amoureux » sans omettre le moindre détail. « Je suis entrée sans problème. J’ai juste indiqué que j’étais sa cousine comme il me l’avait conseillé, et on m’a laissée entrer », indique Assou qui, sa phrase à peine finie, se replonge dans son portable en lisant les multiples messages qu’elle a reçus.

« Nous sommes de plus en plus nombreuses à le faire. Moi, c’est une copine qui m’a mise dans le réseau. Actuellement, les hommes préfèrent qu’on se croise aux heures de pause à leur bureau : ça leur revient moins cher. Pas de restaurant ou d’hôtel. C’est parfois embêtant, mais on n’a pas le choix car il n’y a pas toujours des douches. Il faut donc aller se laver aux toilettes », précise Assou. Un autre rendez-vous l’attend à ACI-2000, dans les locaux d’une grande entreprise. Alors nous  laissons partir la jeune femme. Au cours de notre investigation, nous recevrons des informations concordantes indiquant que le phénomène du « coucher au bureau » est bien en pleine expansion à Bamako. Crise ou non, la prostitution constitue aujourd’hui, sinon depuis toujours, un des domaines privilégiés où bien des Maliens dépensent le plus.

("Oeil d'Afrique", Jean-Pierre James)

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