vendredi 9 avril 2021

Une lettre à deux chefs d’état pour l’abolition des tests à la frontière

Le Stiringeois Christophe Mouynet, l’un des organisateurs des manifestations de frontaliers le samedi à la Brême d’Or, enverra dans quelques jours une lettre, signée par des élus locaux, à Emmanuel Macron et Angela Merkel pour demander l’abolition des tests nasopharyngés et le retour à l’attestation employeur pour traverser la frontière.

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Regrettant la trop faible affluence lors des rassemblements de frontaliers chaque samedi depuis un mois aux passages de frontière de la Brême d’Or et de Sarreguemines pour réclamer la fin des tests obligatoires pour entrer en Allemagne, Christophe Mouynet, l’un des organisateurs des rassemblements à la Brême d’Or, a décidé de franchir une étape.

 Saignements, migraines voire malaises

Le Stiringeois va envoyer une lettre au président Emmanuel Macron et à la chancelière Angela Merkel « pour leur demander l’abolition immédiate des tests nasopharyngés et le retour de l’attestation employeur pour traverser la frontière, comme c’était le cas lors du premier confinement. Ces tests sont discriminatoires et provoquent pour beaucoup des saignements, de fortes migraines, voire des malaises pour certains ».

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samedi 3 avril 2021

En réa à Saint-Denis

Des jeunes, des femmes enceintes et plus aucun lit

r_a"Les vagues se suivent et ne se ressemblent pas" : au service réanimation de l'hôpital de Saint-Denis, la moitié des patients Covid ont moins de 43 ans. Et deux sont des femmes enceintes. Du "jamais vu", s'alarment les soignants, épuisés.

Dans les vastes chambres entièrement vitrées, des respirateurs maintiennent en vie, parfois depuis plusieurs semaines, des malades aux visages gonflés. Une infirmière et une aide-soignante installent un trentenaire, regard vide, dans un fauteuil : "On l'a désintubé hier, c'est une belle histoire", sourit Daniel Da Silva, le chef de service.

A l'hôpital Delafontaine, situé au coeur du département le plus pauvre du pays, qui affiche aussi un taux d'incidence record, on est passé de 18 à 26 lits de réanimation sous la pression de ce qu'on appelle désormais "la troisième vague". 

Samedi, deux malades ont dû être transférés vers d'autres hôpitaux franciliens, faute de lits disponibles.

Alors que les plus hauts responsables médicaux parisiens ont alerté dimanche sur le risque grandissant de "débordement" des hôpitaux, où les médecins se préparent avec une certaine "colère" à "faire le tri" entre les patients, le docteur Da Silva est plus modéré.

"Même à l'acmé de la première vague, on n'a jamais été confronté à l'impossibilité de prendre en charge un patient", affirme-t-il, estimant que la "dynamique de la situation épidémique en Ile-de-France est proche de celle du premier épisode", "un tsunami" où son hôpital avait accueilli jusqu'à 259 malades infectés par le coronavirus, contre une centaine aujourd'hui.

Pour autant, le praticien s'alarme de voir "de plus en plus de jeunes avec des formes graves, et des évolutions rapides de la maladie". "On a dû intuber et faire une césarienne en urgence à une jeune femme de 23 ans", raconte-t-il, "frappé" de voir arriver des femmes enceintes, "du jamais vu pendant la première vague". 

Selon lui, l'âge des patients pose la question du "décalage" avec la cible actuelle de la campagne de vaccination, ouverte seulement aux plus de 70 ans. 



"Crises d'angoisse" 

"Si la pression continue à augmenter", six lits supplémentaires seront installés dans les blocs opératoires, au prix de nouvelles déprogrammations de "chirurgie non urgente". "Après, on sera au maximum", prévient le soignant.

Un conseil de Défense doit se tenir mercredi pour décider d'un éventuel durcissement des mesures sanitaires. 

"J'ai conscience des ravages d'un confinement strict et, en même temps, je vois ce qu'on vit ici. Ce qui est sûr, c'est qu'avec le confinement, on a sauvé un nombre incalculable de vies", souffle le médecin qui se dit plein de "doutes et d'interrogations", au regard notamment de la situation dramatique des étudiants. 

"Le sujet, maintenant, c'est surtout les ressources humaines", ajoute-t-il. "Les gens sont épuisés et le syndrome de stress post-traumatique de la première vague est loin d'être réglé. Quand les malades Covid ont réapparu, des soignants se sont mis en arrêt maladie, d'autres ont fait des crises d'angoisse". 

Alice Auroux, infirmière, "ne s'attendait pas à cette troisième vague". 

"On est fatigué moralement, on a l'impression qu'on ne s'en sort pas. Ca fait un an qu'on n'a pas eu de vraies vacances", souffle la jeune femme en nettoyant le cathéter d'une patiente placée dans le coma. 

Certaines de ses collègues sont en arrêt de travail pour sciatique et lombalgie : "C'est dur, on doit porter, tourner les malades", explique-t-elle. 

Mathilde Azzi, jeune médecin réanimateur, vient elle d'annuler ses vacances pour "doubler ses gardes". 

"Ca va pouvoir se faire, mais c'est sûr qu'on va se sentir vite en difficulté", dit-elle. A ses yeux, "ce sont les patients non Covid qui vont en pâtir. Comme à la première vague, on voit déjà moins d'infarctus, certaines personnes renoncent à consulter ou sont prises en charge trop tardivement".   

Derrière une des vitres, un homme de 30 ans ouvre les yeux. Mathilde Azzi lui prend la main : "Vous vous réveillez là, ça fait trois semaines que vous êtes chez nous et là vous commencez à vous améliorer."

Il a 30 ans, et aucun antécédent. "Lui, il faut qu'il s'en sorte", lance une infirmière à sa collègue. Avant d'ajouter : "J'ai appris à ne plus trop espérer". (selon AFP)

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jeudi 25 mars 2021

Dix mots français que le Vietnam adore

«Gâteaux», «guitare», «œuf au plat», et même «cinéma». Voilà comment l’on désigne ces mots en vietnamien. La langue de Molière est vivace! Elle s’étend jusqu’aux confins de l’Asie, du Cambodge à la Corée du Sud, sans oublier le Vietnam.

vietnamSi le nombre de locuteurs français diminue (ils étaient 623 200 en 2010), le Vietnam est depuis 1970 un État membre de l'Organisation internationale de la Francophonie.

La pérennité des liens linguistiques entre les deux pays est réelle . Il n’y a qu’à tendre l’oreille quand on se promène au Vietnam pour s’en rendre compte: les emprunts au français, colorisés par la langue nationale, pullulent. Saviez-vous que le mot «alcool» se dit «côn»? Ou que la «guitare» et le «champagne» se disent aussi «à la française» ?

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mercredi 24 mars 2021

Dix mots français qu’on entend en Corée du Sud

Quelques termes français émaillent la langue coréenne. Les connaissez-vous?

cor_eIl y a le sempiternel «baguette», le classique «croissant», et le traditionnel «rendez-vous». En Corée du Sud, le français a sa place dans l’espace public. À Séoul, on peut lire au détour d’une rue, sur des affiches, des devantures de commerces ou des vêtements, des mots écrits dans la langue de Molière.

Depuis l’intégration du pays au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie en 2016, en tant qu’État observateur, l’intérêt des habitants pour le français connaît un certain regain.

L'ambassade de France en Corée du Sud souligne sur son site que «la promotion de langue française et de la Francophonie fait partie des priorités du plan d’action pour le partenariat global du XXIème siècle entre la France et la Corée.» Le pays est à ce titre devant le Japon et la Chine «en nombre d’apprenants du français rapportés à la population totale.»

Il suffit pour le vérifier de jeter un coup d’œil dans le vocabulaire quotidien des Coréens, dont environ de 47 500 apprennent le français.

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mardi 2 mars 2021

Le pied-de-nez d'un boucher lyonnais

Depuis lundi 22 février, un menu unique sans viande est proposé aux élèves dans les cantines scolaires de Lyon (Rhône). Face à cette décision, un boucher de la ville a choisi d'offrir des steaks hachés aux enfants, comme le rapporte BFM Lyon.

boucherC'est peu dire que la décision du maire EELV Grégory Doucet a provoqué un tollé allant bien au-delà des limites de la ville. Depuis lundi 22 février, les cantines scolaires de Lyon (Rhône) servent aux élèves un menu unique sans viande. La mesure, censée "accélérer le service" en tenant compte du protocole sanitaire imposé, a suscité de vives polémiques au niveau national. "Arrêtons de mettre de l'idéologie dans l'assiette de nos enfants !", a notamment supplié Julien Denormandie, le ministre de l'Agriculture, sur Twitter.

Alors que le débat politique autour de ce sujet est particulièrement animé, un boucher lyonnais a, lui, pris une initiative étonnante : tout enfant venant dans sa boutique, située dans le quartier de la Croix-Rousse, se voit offrir un steak haché gratuit. "On a vu que la viande avait été retirée des cantines, donc on essaie de faire ce que l'on peut pour aider les enfants, a expliqué Maxime Falgère, le gérant de la boucherie, à BFM Lyon, mercredi 24 février. Certains d'entre eux n'ont pas les moyens de manger de la viande au moins une fois par semaine."

"Tout le monde se sent trahi" 

Le boucher a ainsi prévu de distribuer 1 000 steaks hachés au total. Et si la situation persiste, il n'hésitera pas à prolonger son offre au-delà du mois de février. "Tout le monde se sent un peu trahi, nous comme les éleveurs, souffle-t-il. Nous sommes dans la ville de la gastronomie, les enfants doivent avoir le choix de pouvoir manger ou non de la viande à l'école."

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samedi 27 février 2021

Laissez les frontières ouvertes ! (Au moins, pour le virus…)

Les différentes stratégies du gouvernement français ne semblent pas fonctionner.

kehl Chaque semaine, lorsque les Castex, Macron ou Véran se présentent devant les médias, ils sont contents. Tout est encourageant, nous sommes les champions. Et puisque nous sommes tellement champions, on se fiche des chiffres catastrophiques et on se vante de mieux gérer la situation que « les autres ». Mais visiblement, on a du mal à lire et à comprendre les chiffres à Paris – les chiffres sont inquiétants et ce n’est pas le comportement auto-satisfait des gouvernants qui y changera quelque chose. Mais actuellement, tout le monde est fatigué de s’occuper de la santé publique : maintenant, on mise tout sur l’économie.

Deux informations du week-end retiennent l’attention. D’une part, la France et la Grande Bretagne allègent les mesures sanitaires à la frontière franco-britannique, histoire de fluidifier la circulation des camions qui s’entassent devant les postes de frontière britanniques, puisque les Britanniques, saouls de leur « libération du joug européen » avaient tout simplement « oublié » de se préparer au Brexit tant réclamé. Mais bon, ils n’avaient que 4,5 ans pour se préparer…

A partir de maintenant, la circulation entre la Grande Bretagne et la France, deux des pays européens présentant le plus fort taux d’incidence, sera facilitée. Une bonne nouvelle pour les chauffeurs de camions, pour les sociétés de transport et – pour le virus qui pourra ainsi continuer à circuler assez librement entre l’île britannique et le continent européen. Les routiers qui passeront moins de 48 heures en Grande Bretagne ne devront plus, à leur retour, présenter un test Covid-19. Une très bonne mesure pour assurer que le variant détecté en premier en Grande Bretagne, ne reste pas enfermé au Royaume Uni. Et puisqu’il est beaucoup plus virulent que d’autres variants, il fallait quand même en assurer une circulation plus juste aussi en France et ailleurs en Europe.

On préfère donc d’assurer la circulation du virus aux bouchons devant la frontière britannique. Dont acte. On y repensera lorsque nos gouvernants s’auto-féliciteront la prochaine fois pour leur gestion exemplaire, beaucoup plus performante qu’ailleurs.

Mais ailleurs, on suit également l’évolution en France, surtout dans le département Moselle où on atteint aujourd’hui un taux d’incidence de presque 300. Maintenant, on y craint que l’Institut Robert Koch puisse classer la Moselle au niveau 2 (« zone à risque à haute incidence ») ou au niveau 3 (« zone à risque à forte présence de variants »). Cela impliquerait des contrôles beaucoup plus sévères à la frontière et de nouvelles obligations pour les travailleurs et travailleuses frontaliers, notamment l’obligation de présenter un test actuel à chaque passage de la frontière. Mais là, une « conscience européenne » se réveille dans la Grande Région.

Mais il n’y a que peu de chances à ce que la France puisse trouver un accord avec l’Allemagne à l’instar de celui avec la Grande Bretagne. L’Allemagne où le taux d’incidence au niveau national se situe actuellement à 60 (!), n’aura pas trop envie de s’organiser pour permettre une circulation maximale du virus et de ses variants. Inquiet, le ministre des affaires étrangères luxembourgeois Jean Asselborn a lancé un appel émouvant – « Laissez la frontière ouverte ! ». Mais il ne faut pas se tromper – ce n’est pas l’Espace Schengen qui intéresse le Luxembourg, mais uniquement son économie.

« Nous devons tout faire pour que les travailleurs frontaliers puissent arriver à leur lieu de travail et ce, sans encombre », a martelé Asselborn, sans pour autant cacher son véritable intérêt. « 60% des salariés dans nos hôpitaux, EHPADs et autres structures de soins à la personne, sont des frontaliers. Si ces frontaliers ne pourront plus circuler librement, notre système de santé risque de collapser. » Tous les jours, 100 000 Français, 50 000 Allemands et 50 000 Belges vont travailler au Luxembourg. Pour sauver l’économie luxembourgeois, on accepte donc la circulation du virus.

En regardant les deux infos ensemble, on constate que désormais, la voie est libre entre la Grande Bretagne et le Luxembourg – puisque les routiers ayant séjourné moins de 48 en Grande Bretagne, ne seront même plus testés.

Nous sommes aujourd’hui à des années-lumière d’une stratégie européenne – mais ce « tricotage national » ne permettra pas de combattre ce virus. Au bout d’une année de vie avec ce virus, avec ses conséquences sociales, sanitaires et économiques, chaque état continue à ne regarder que son nombril. Avec de telles approches, une seule chose est certaine – ce virus avec ses variants restera encore très longtemps avec nous. Mais puisque nos responsables sont tellement contents de leur travail… (selon "Eurojournalis")

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jeudi 12 novembre 2020

Cette vieille affaire Boulin

Un rapport jette un doute sur la version du suicide

boulinMinistre du Travail de Valéry Giscard-d'Estaing, il avait été retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet en 1979.

La mort par noyade de de Robert Boulin ne peut être établie "de manière formelle", selon un nouveau collège d'experts mandaté pour déterminer les causes de sa mort, a-t-on appris dimanche 8 novembre auprès de la famille de l'ex-ministre. 

Ces conclusions, révélées par Le Parisien-Aujourd'hui en France, constituent "un tournant majeur dans le combat pour la recherche de la vérité", estiment Fabienne Boulin et son avocate Marie Dosé dans un communiqué. La fille de l'ancien ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing "prend acte qu'il est enfin établi judiciairement que les anciens magistrats saisis de ce dossier qui ont conclu au suicide de son père par noyade ont motivé leur ordonnance de non-lieu sur des conclusions d'expertise erronées", peut-on lire.

"Elle prend également acte qu'aucun élément tangible ne peut désormais être avancé pour assurer que Robert Boulin se serait suicidé par noyade", ajoutent les deux femmes. Cette nouvelle expertise démontre également que Robert Boulin "a été victime de violences volontaires ayant provoqué une fracture du nez récente et concomitante au décès".

Le 30 octobre 1979, l'ancien ministre était retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines), à l'âge de 59 ans. Sa mort avait initialement été classée comme un suicide par noyade, après ingestion de barbituriques. Doutant de cette version, sa famille a porté plainte en 1983: l'enquête, ouverte pour meurtre, s'est soldée par un non-lieu en 1991. Sa fille a demandé, en 2002 et 2010, la réouverture du dossier, sans succès jusqu'en 2015, où une nouvelle information judiciaire a été ouverte contre X pour "enlèvement" et "assassinat".

Fracture du nez

Dans son rapport dont des extraits sont cités dans le communiqué de Fabienne Boulin et Marie Dosé, le nouveau collège d'experts estime que "les constatations décrites" à l'époque "ne sont pas suffisantes à une conclusion formelle" de mort par noyade "en l'absence de données anatomopathologiques et biologiques".

Concernant les coups portés à l'ancien ministre qui avait été révélés par la seconde autopsie, "le nouveau rapport d'expertise acte enfin l'existence désormais incontestable d'une fracture de la portion nasale du maxillaire supérieur gauche", notent la fille de Robert Boulin et l'avocate. Cette fracture, dont les experts précisent qu'elle n'a pas pu provoquer à elle-seule la mort de Robert Boulin, "a été provoquée par 'un choc direct' secondaire 'soit à une chute, soit à un heurt par objet contondant'", ajoutent-elles. (selon AFP)

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samedi 7 novembre 2020

Une frontière "ouverte" qui est fermée...

Le nouveau confinement en France est une sorte de fraude aux étiquettes. On nous dit que la frontière entre la France et l'Allemagne restera ouverte - mais en pratique, il n'est pas possible de la franchir depuis la France...

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En pratique, donc, pas beaucoup de changements par rapport au premier confinement entre mars et mai. À l'époque, comme aujourd'hui, les frontaliers pouvaient traverser la frontière pour se rendre au travail et en revenir ; à l'époque, comme aujourd'hui, les visites médicales et les passages frontaliers similaires pouvaient être effectués sur la base d'une "bonne raison", bien que la reconnaissance d'une "bonne raison" reste à la discrétion des fonctionnaires des frontières. Et même s'il n'y a pas de contrôle systématique à la frontière, les autorités allemandes ont déjà annoncé des "Schleierfahndungen" (fouilles avec voile) dans un rayon de 30 km de la frontière, afin de vérifier lors de ces "Schleierfahndungen" (fouilles avec voile) si les règles d'entrée sont respectées. Voilà pour la frontière "ouverte".

L'affirmation selon laquelle ce deuxième "verrouillage" serait moins sévère que le premier n'est pas non plus vraie. C'est exactement la même mesure, à la seule différence que les écoles et les jardins d'enfants restent ouverts afin que les enfants puissent y être hébergés pendant la période où leurs parents sont censés aller travailler. Essayer de répondre à la fois aux besoins sanitaires ET économiques conduira à les mettre au pied du mur. Pendant la journée, le virus peut continuer à circuler joyeusement dans le triangle école-lieu de travail-famille, sinon tout le monde doit rester à la maison.

Dans un élan de conviction, le président Macron et le premier ministre Castex ont tous deux annoncé que ce "lockdown" n'avait rien d'inhabituel, alors que les mêmes mesures étaient appliquées dans d'autres pays européens. Mais même cela n'est que partiellement vrai. Dans la plupart des pays, par exemple, les magasins sont encore ouverts, ce qui assure la survie de nombreuses petites entreprises en cette période de pré-Noël. En France, les petits magasins sont désormais fermés, mais les centres commerciaux géants sont autorisés à continuer d'ouvrir avec tous leurs départements et à vendre non seulement des produits "essentiels" mais toute leur gamme. Et il y a fort à parier que, même si ces centres commerciaux se trouvent à plus d'un kilomètre de l'habitation humaine la plus proche, les policiers chargés du contrôle à proximité immédiate de ces centres commerciaux fermeront les yeux, même si théoriquement personne n'est autorisé à s'y rendre s'il habite à plus d'un kilomètre.

Le concept de "permis de sortie" n'est pas non plus familier dans d'autres pays européens - toute personne qui veut promener le chien le soir doit remplir ce permis, tout comme celle qui veut faire des courses, qui doit aller travailler, ou qui a un rendez-vous chez le médecin ou une autre "raison valable" de quitter la maison. Comme la plupart des Français remplissent ce permis en ligne, un merveilleux outil de surveillance est à nouveau créé - et le gouvernement se demande alors pourquoi la grande majorité des Français refusent d'installer l'application anti-covid sur leurs smartphones ?

L'opinion populaire en France est que même sur la durée du deuxième confinement la vérité n'est pas dite. Beaucoup de gens pensent que ce nouveau "verrouillage" durera deux à trois mois, bien qu'il soit tout à fait compréhensible que le gouvernement ne lâche pas la population les uns sur les autres après que le "verrouillage" ait eu lieu à la fin de l'année. Néanmoins, la question se pose de savoir pourquoi il est si difficile pour la politique française de dire la vérité.

Non, entre les deux "vagues", aucune nouvelle capacité hospitalière n'a été créée (au contraire, des lits ont été fermés dans des hôpitaux comme à Nancy !), non, les professions infirmières et médicales n'ont été en aucune façon revalorisées, non, les conditions de travail du personnel infirmier n'ont pas été améliorées, même si le ministre de la santé Véran se tape sur le dos et est très enthousiaste quant au grand travail que font ses administrations.

Il est clair que le gouvernement français a dû réagir à l'explosion des chiffres de l'infection. Cependant, le fait que le gouvernement dise constamment des demi-vérités à sa population signifie que la confiance déjà fragile de la population dans le gouvernement ne cesse de diminuer. Quel dommage, car beaucoup de choses pourraient être mieux gérées sans trop d'efforts. (selon "Euro-journalist")

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lundi 26 octobre 2020

Le chemin de la radicalisation

Les pensées de la terroriste Ulrike Meinhof qui faisait partie de la première génération de la RAF, expliquent encore aujour'hui le chemin qui mène à la radicalisation.

ulrike « C’est la pensée uniformisée, la recherche d’une opinion commune à ‘nous’ qui remet en question la probité politique et humaine de tous ceux qui pensent différemment, qui rend l’opposition suspecte, tout en évitant la discussion de fond. Je crois qu’il faut résister partout où de telles structures de la pensée et de l’action s’imposent. La perte de la démocratie -qu’elle soit parlementaire ou extra-parlementaire- se fonde toujours sur la defaillance de l’opposition… […] Actuellement, la mission de l’opposition ne consiste pas uniquement en la défense de ses positions et en sa propre protection, mais en la stimulation de la pensée politique des ‘indifférents’… », écrivait Ulrike Meinhof en août 1958. Et malgré le fait que ce texte a été ecrit par une terroriste, plus de 50 ans plus tard, il est toujours d’actualité.

En regardant le paysage politique, que ce soit en France, en Allemagne, en Grande Bretagne ou en Europe, l’analyse d’Ulrike Meinhof est toujours aussi juste. Le monde politique se limite à diaboliser ceux qui pensent autrement, cherche à « fédérer » dans un « centre » politique qui n’existe pas et cela conduit directement à l’indifférence des masses, qui se traduit, entre autres, dans un taux de participation aux élections diverses. La « qualité » du débat politique, la corruption, les scandales de toute sorte font le reste – les gens se déintéressent de la politique et la laissent entre les mains d’apparatchiks médiocres qui ne font que soutenir ce système décrit en 1958 par Ulrike Meinhof.

Il s’agit d’une spirale néfaste – car plus les citoyens décrochent de la « res publica », de la chose publique, plus ils abandonnent leur destin aux populistes, aux extrémistes, aux corrompus qui eux, ne se soucient guère des peuples, mais dans la plupart des cas, de leurs propres intérêts.

Mais que faire ? La voie empruntée par Ulrike Meinhof et ses amis, était une voie erronnée. Une erreur monumentale, qui virait au criminel dès que la RAF s’est mise à tuer. Pourtant, au fond, Ulrike Meinhof, dotée d’une intelligence exceptionnelle, comme tous ses professeurs l’ont confirmé, avait raison dans son analyse. Il faut, pour sauver la démocratie, mobiliser les « indifférents », les intégrer dans un discours et débat politique qui les motive, il faut dessiner des objectifs et des perspectives que les « indifférents » puissent partager. Ce n’est pas par la violence, mais par des perspectives positives que l’on puisse arriver à changer le discours politique.

Ce sont les partis et les mouvement politiques qui devront changer d’attitude. Pour sauver la démocratie qui, à un moment où les populistes prennent le dessus avec des paroles qui mènent droit à un nouveau fascisme, il faut que les partis s’ouvrent, changent de têtes, cessent de nous présenter toujours et toujours les mêmes représentants d’un monde politique anachronique.

A l’aube d’une année marquée par des élections en France et en Allemagne, il est désolant de regarder la liste des candidats, autant à droite comme à gauche, autant en France qu’en Allemagne. Il suffit de suivre les débats politiques qui sont d’une bassesse incroyable et qui, depuis 1958, n’ont pas gagné en qualité. La conséquence, si ce discours ne change pas, sera la même que dans le dernier quart du siècle dernier – c’est l’extrémisme, la violence et le terrorisme qui marqueront la société de demain. La seule réponse valable à cette évolution sera une nouvelle Europe, une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques, de nouveaux objectifs pour une Europe sociale, humaniste et tournée vers les peuples au lieu de se limiter à oeuvrer comme agent pour des marchés financiers corrompus.

L’exemple d’Ulrike Meinhof devait nous servir pour changer de cap. Autrement, nous risquons de revivre exactement les mêmes évolutions qu’à l’époque. (Selon Euro-journalist)

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jeudi 24 septembre 2020

Fermeture de Bridgestone

Combien d'argent public l'usine avait-elle touché ?

bridgestoneBridgestone a annoncé la fermeture de son usine de pneus à Béthune. Un coup dur pour ses 863 salariés et des centaines de sous-traitants. Ces dernières années, l'entreprise avait pourtant reçu des centaines de milliers d'euros d'aides publiques.

"Ca va être la guerre". Le président de la région des Hauts-de-France ne décolère pas après l'annonce de la fermeture de l'usine  Bridgestone de Béthune. 863 employés sont sur le carreau. Sans compter des centaines de sous-traitants. Pour Xavier Bertrand, la pilule est d'autant plus amère que le site avait reçu à plusieurs reprise des aides publiques. Et même beaucoup d'aides publiques.  "C'est pas "prends l'oseille et tire-toi". ça va être des années de procédure et une guerre de tranchées", prévient le président de la région. Mais de quels montants parle-t-on ?

620 000 euros d'aides régionales. Entre 2008 et 2016, 500.000 euros ont été alloués par le Conseil régional des Hauts-de-France au fabricant japonais. Une somme à laquelle s'ajoutent encore 120.000 octroyés  par la Région lors de l'actuel mandat, depuis 2016. Ces aides ont été validées en octobre 2017. Une subvention totale, donc, de près de 620.000 euros destinée à développer la formation des salariés et moderniser le site. Et l'argent public ne devait pas s'arrêter. 

En 2008, la communauté d'agglomération de Béthune a versé presque 1,2 million d'euros au groupe japonais, en complément du versement de 500.000 euros de la Région mentionné précédemment. A cela s'ajoute 500.000 euros du FEDER (fonds européen) ainsi que 320.000 euros de l'Etat. Au total, les aides publiques depuis 2008 avoisinent donc 2,6 millions d'euros et ce n'est pas tout. Reste en effet à connaître le montant du crédit d'impôt pour la compétitivité emploi (CICE) qu'aurait touché l'équipementier récemment. Le montant d'1,8 million d'euros est évoqué par plusieurs sources. Il a été confirmé par Agnès Pannier-Runacher lors du Grand Jury sur LCI. "1,8 million au titre de l'exercice 2017" a-t-elle précisé, indiquant au passage que le CICE avait, depuis, été supprimé.

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