jeudi 27 juillet 2017

Fécondité en Afrique

La CEDEAO se plie aux desiderata de Macron

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Au sommet du G20 en Allemagne, le Président Macron dénonçait le taux de fécondité comme facteur d’appauvrissement de l’Afrique. Les parlementaires de la CEDEAO semblent donc se résigner à cette assertion en luttant désormais contre la forte démographie africaine.

La capitale burkinabè Ouagadougou accueillait, ce week-end, une rencontre régionale sur la démographie. Outre les 15 pays de la CEDEAO, les parlementaires de la Mauritanie et du Tchad ont tous répondu présent. Il était question, lors de ces assises, d’évoquer la baisse de moitié du taux de fécondité à l’horizon 2030. Et ce, par la limitation à trois du nombre d’enfants par femme africaine.

Ainsi, le président de l'assemblée nationale burkinabè Salifou Diallo, hôte de la cérémonie, a-t-il déclaré : « Les parlementaires de la Cédéao, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d’ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique. » Puis, il ajoute : « Il est urgent de contenir la poussée  démographique dans l’espace Cédéao pour promouvoir un réel développement viable et durable. »

Cependant, certains observateurs s’interrogent sur « l’urgence » alléguée par Diallo. D’autant plus que quelques jours plus tôt, le président français Emmanuel Macron déclarait que les financements des bailleurs de fonds vers l’Afrique seraient englouties par le fait que les femmes africaines avaient en moyenne huit maternités chacune. Propos qui avaient suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Le timing entre la déclaration de Macron et celles des parlementaires de la CEDEAO est très criant. A telle enseigne que cela s’apparente à une dictée de l’Occident aux Africains. Comme si les leaders africains n’attendaient que le signal de leur puissance tutélaire pour prendre conscience de leurs réalités. Ou bien est ce la condition sine qua non pour recevoir le financement de Macron, fervent soutien de la Françafrique ? (Rufus Polichinelle, "Afrique sur 7")

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samedi 10 juin 2017

Edouard Philippe, premier ministre irréprochable ?

Les mains sales et radioactives

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L’Observatoire du nucléaire dénonce la nomination au poste de premier ministre de M. Edouard Philippe qui n’est en rien le personnage "modéré" que la communication macronienne tente de mettre en scène. Bien au contraire, M. Philippe a les mains très sales, ou plutôt… radioactives. En effet, lorsqu’il travaillait pour la multinationale atomique Areva, il a participé à de sombres manœuvres dans les coulisses uranifères de la Françafrique.

En octobre 2007, Edouard Philippe est nommé directeur de la communication et directeur des affaires publiques d’Areva. Son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome. Il est ainsi en contact rapprochés avec Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée Nationale (*).

Les revenus de l'uranium ne profitent pas à la population du Niger

C’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice, mouvement touareg en rébellion contre le pouvoir central de Niamey (**).

En effet, les maigres revenus de l’uranium, largement sous payé depuis des décennies par Areva, ne bénéficient en rien à la population, et encore moins aux Touaregs, alors que les mines d’uranium sont situées dans leurs zones traditionnelles de vie. 

Il est donc logique de considérer que les manoeuvres en coulisse de M Philippe ne sont pas étrangères aux graves troubles qui ont eu lieu par la suite dans la zone sahélienne (Niger/Mali) et dans le fait que, poussés par la misère, des groupes Touaregs aient fini par s’allier à des mouvements djihadistes.

Mais, surtout, il est légitime de se demander pour qui agit M Philippe lorsqu’il est en charge des affaires publiques, que ce soit auparavant comme maire du Havre et désormais comme premier ministre.

Une première réponse est apportée par le fait que, à peine assis dans le fauteuil de maire du Havre (aimablement offert par son prédécesseur qui a démissionné en cours de mandat !), Edouard Philippe a offert un pont d’or… à son ancien employeur Areva, pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore, projet finalement abandonné piteusement en septembre 2016 : il serait intéressant d’enquêter pour voir ce que la sympathie d’Edouard Philippe pour Areva a finalement coûté aux citoyens-contribuables…

Epinglé par la HATVP (haute autorité pour la transparence de la vie publique)

On notera d’ailleurs que, de 2007 à 2010, M. Philippe a cumulé sans état d’âme son poste chez Areva et son mandat d’adjoint au maire du Havre mais, aussi, que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui a infligé un blâme pour avoir refusé de fournir des informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.

(*) cf Charlie Hebdo, 29 avril 2009
(**) cf AFP, 17 janvier 2008

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samedi 20 mai 2017

Emmanuel Macron en chef militaire au Mali

Une Françafrique toujours en marche

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L'association africaine "Survie" communique, à l'occasion de la visite du président Macron aux troupes françaises au Mali : 

Le nouveau Président de la République, qui cherche à aligner les images symboliques depuis son élection, se rend aujourd’hui au Mali pour illustrer son soutien aux forces militaires françaises déployées au Sahel et affirmer ainsi au nom de la "lutte contre le terrorisme" une totale continuité avec François Hollande. Le "bilan africain" de ce dernier étant en grande partie celui de Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères à la faveur du "renouvellement" à la tête de l’État, Emmanuel Macron met ainsi en oeuvre un des piliers de "sa" politique africaine, la prolongation de l’ingérence militaire. Celle-ci n’est toujours pas questionnée, alors même que la situation actuelle au nord du Mali, mais aussi en Libye, en Côte d’Ivoire et en Centrafrique, fragilise chaque jour la vitrine d’un interventionnisme étranger victorieux fournie par Le Drian au nouveau locataire de l’Elysée. 

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Le refrain de la fin de la Françafrique, brandi successivement par Sarkozy puis par Hollande, n’a pas été repris dans cette campagne présidentielle, à l’exception de la grossière tentative d’instrumentalisation de Marine Le Pen. Mais les déclarations du candidat Macron à certains médias spécialisés et les premiers choix politiques lourds de sens ne laissent guère d’illusion.

Celui qui a promis de faire passer le business franco-africain et la stabilité des régimes en place au nom de la lutte contre le terrorisme avant le respect des droits humains, a choisi un Secrétaire général de l’Elysée issu de l’Agence française de développement, un Premier ministre grand défenseur des intérêts d’Areva sur le continent et un ministre des Affaires étrangères qui était déjà le "ministre de l’Afrique" s’affichant volontiers avec certains des pires dictateurs du continent lors du quinquennat précédent.

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Le Tchadien Idriss Déby peut continuer à faire emprisonner des militants, le Congolais Sassou Nguesso peut laisser pourrir la crise humanitaire dans la région d’un opposant, le Gabonais Ali Bongo peut réprimer sans fin la contestation populaire : ils ne craignent aucune condamnation publique, et encore moins le gel de l’aide bilatérale ou la suspension des relations de coopération militaire et policière qui les unissent à la France. La nomination d’une ministre des Armées interroge quant à elle, avec un tel intitulé de sa fonction, sur la feuille de route donnée à cette juriste de formation face au pouvoir discret mais croissant de la Grande Muette sur la politique africaine de la France, alors même que l’opération Barkhane, déployée depuis 2014, n’a jamais été approuvée par le Parlement, en violation de l’article 35 de la Constitution.

Consciente qu’en matière de politique africaine, plus encore que dans les autres domaines, les vieilles recettes resteront de mise sous ce quinquennat, l’association Survie continuera son travail de décryptage, d’information et de mobilisation pour mettre enfin un terme aux mécanismes tant institutionnels que mafieux de la Françafrique.

Association Survie

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mardi 9 mai 2017

Les rois mages africains font allégeance à Macron

La Françafrique va-t-elle continuer ?

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Le plus jeune de tous les chefs d'état, à la tête de la cinquième puissance mondiale, avait annoncé que la Françafrique serait changée, ce qui est loin en retrait des propos du ministre sarkozyste Jean-Marie Bockel qui avait annoncé la fin de la Françafrique et obtenu ainsi son limogeage.

Dans l'ordre pour adresser les plus sincères félicitations au nouveau président français :

1) Macky Sall (Sénégal)

2) Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire)

3) Roch M.C. Caboré (Burkina-Faso)

4) Faure E. Gnassinbé (Togo)

6) Pierre Nkuruzinza (Burundi)

7) Moïse Katumbi (RDC)

Et chez les personnages marquants sans être chefs de l'Etat : Jean Ping (Gabon). Ces félicitations sont-elles honnêtes, ou attend-on des dividendes du président français ? Ce point reste à éclaircir.

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samedi 8 octobre 2016

Fillon n'est pas allé en Afrique...

... mais il n'en pense pas moins

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François Fillon, troisième candidat des primaires de la droite, de l'extrême-droite et du centre, bien qu'ancien premier ministre de Sarkozy, n'a pas de relais dans la Françafrique. Mais ce qu'il en dit n'est pas moins symptômatique.

Extrait de son discours de Sablé-sur-Sarthe : "Non, la France n’est pas coupable d’avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du nord", a déclaré François Fillon au sujet des années de colonisation, avant de poursuivre : "Non la France n’a pas inventé l’esclavage". En deux phrases, tout est dit ! Seule vérité, la France n'a pas inventé l'esclavage puisqu'il existait déjà dans l'Egypte, la Grèce et la Rome antiques, et que la France n'existe que depuis les Gaulois (même Sarkozy le pense !) Pour le reste, on pense bien que tous les Antillais de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de Haïti ont quitté l'Afrique avec le sourire, sur de magnifiques bateaux de croisière, pour le prix de quelques casseroles prémonitoires offertes aux chefs de tribus (la pacotille du troc contre les esclaves) leur ayant servi de passeport.

"La France, c'est quinze siècles d'histoire depuis le baptême de Clovis à Reims", a insisté François Fillon, reprenant au passage les mêmes références que Marion Maréchal-Le Pen, descendante à la fois des gaulois et de Jean-Marie Le Pen. Comme le souligne l’Express, la députée Front National avait évoqué le même "baptême" lors d’un discours en décembre 2015. Après tout, avec un tel discours, pas la peine de se déplacer. Ces belles paroles ont été reprises par la presse des cinq continents. Et même  le CRAN (Conseil représentatif des Associations Noires) condamne ces propos "révisionnistes et odieux" !

fillonSelon Fillon, la France a fait partager "sa culture" : y compris les avantages sociaux (Sécurité Sociale, retraites, congés payés) ?

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jeudi 1 septembre 2016

Le PS s'enfonce dans le bourbier gabonais

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Élection présidentielle au Gabon : le Parti socialiste espère que la démocratie l’emportera

"28 août 2016

Le Parti socialiste sera d’une extrême vigilance sur les résultats de l’élection présidentielle au Gabon.

Alors que les premières estimations indiquent que le Président sortant Ali Bongo serait battu au profit de Jean Ping, la sérénité doit présider à l’issue du scrutin.

Le vote libre des citoyens est l’outil par lequel la démocratie s’exprime et l’alternance, quand ils le décident, doit fonctionner. Voilà pourquoi la démocratie doit triompher au Gabon comme c’est déjà le cas dans plusieurs états et ce mouvement doit s’amplifier.

Voilà plus d’un demi siècle que la famille Bongo gouverne le Gabon. Une alternance serait signe de bonne santé démocratique et un exemple."

On croit rêver en lisant ce communiqué émanant de l'état-major du Parti Socialiste de France. Où Cambadélis et consorts voient-ils l'ombre d'une démocratie ou d'un vote démocratique ? Le vote du peuple est de toutes façons confisqué au peuple gabonais. Il s'agit d'un simulacre peu crédible de scrutin démocratique entre membres d'une même famille : Depuis 1990 et jusqu'en 2012, Ping était l'homme de main le plus fidèle du clan Bongo ! Et l'annonce du résultat en faveur de Bongo ne va pas faire retomber ce conflit familial dans lequel sont mêlés d'autres pouvoirs, tels celui du président Ouattara de Côte d'Ivoire. 

Finalement, nos dirigeants vont-ils poursuivre la même politique que Sarkozy, dont les interventions en Libye et en Côte d'Ivoire ont été si funestes ?

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jeudi 21 janvier 2016

Les confidences de l'ancien mercenaire Bob Denard

Le 16 Janvier 1977, La République Populaire du Bénin a été victime d’une agression militaire conduite par le très célèbre Bob Denard en vue de mettre fin au pouvoir militaire-marxiste du Colonel Mathieu Kérékou. En ce jour anniversaire de cette agression,votre journal publie ici les confidences de Bob Denard sur cette triste affaire . C’est à travers un extrait de son mémoire publié aux éditions Robert Laffont.

EXTRAIT

denard

.......
Yves Le Bret, qui continue à jouer les ambassadeurs itinérants, le capitaine Gilçou, Ferdinand Serre et Christian Olhagaray me donnent régulièrement des nouvelles des Comores. Ce qui s’y passe est inquiétant.

Ali Soilih s’empêtre dans l’isolement qu’il a provoqué. Incapable de nourrir son peuple, il se contente de l’abreuver de slogans révolutionnaires. Les Lycéens n’ont plus de professeurs depuis le rappel des fonctionnaires français. Des bandes de jeunes gens embrigadés dans des mouvements révolutionnaires régentent la vie de Moroni à la manière des gardes rouges chinois. Les caisses de l’Etat sont vides. Malgré de nombreuses missions de bons offices du président Léopold Senghor, l’homme que j’ai contribué à mettre au pouvoir ne fait rien pour renouer des relations normales avec la France. Il réclame toujours la libération de Mayotte, alors que les Mahorais sont loin de vouloir rejoindre la Grande Comore, Mohéli et Anjouan dans l’indépendance dont ils ont tout à craindre.

Consterné par la faillite de ce pays, je guette le signal qui me ramènera en océan Indien. En attendant, le président Bongo fournit une couverture à mes activités, en me confiant la fonction tout à fait honorifique d’inspecteur de sa garde présidentielle.

Le marché des missions secrètes est si prospère en Afrique que je ne tarde pas à être de nouveau sollicité. Le contact vient cette fois d’un agent marocain. A Paris, où j’ai établi ma base arrière, il me fait rencontrer le docteur Emile Derlin Zinsou, l’ancien président du Dahomey, destitué en juillet 1969 par le lieutenant – colonnel Kouandété. En octobre 1975, Zinsou a tenté de reprendre le pouvoir, mais son complot a échoué et il a été condamné à l’exil. Présidé par le général Mathieu kérékou depuis 1972, le Dahomey est devenu la République populaire du Bénin.

- Mon malheureux pays est un enfer pour ceux qui rêvent de liberté, me déclare le médecin. Le tyran Kérékou vient de faire exécuter onze de mes partisans. Il faut que vous m’aidiez à renverser ce régime marxiste.

Le coup me paraît jouable à plusieurs titres. D’abord, mes contacts du SDECE m’encouragent à me mettre au service du docteur Zinsou, la France ayant tout intérêt à ce que Kérékou soit écarté du pouvoir. Ensuite, le Maroc est très embarrassé par ce général – président, dans la mesure où il a pris parti pour le Front Polisario et vient de reconnaître la République sahaouie. Enfin, les gouvernements du Togo, du Gabon, de la Côte – d’Ivoire et du Sénégal se préoccupent également des menées marxistes de leur voisin béninois. Si je décide de m’engager dans cette affaire, je bénéficierai, de toute évidence, d’appui sérieux et de fonds conséquents.

Avant de donner mon accord, je charge un jeune officier, le lieutenant Gérard, d’effectuer un petit voyage de reconnaissance à Cotonou. Il se fait passer pour un touriste, séjourne une semaine sur place et me ramène une évaluation précise des forces armées de Kérékou ainsi que des détails sur leur implantation. Selon mon espion, le Bénin serait au bord de l’asphyxie. La politique d’industrialisation engagée par Kérékou est très mal comprise par son peuple, et son armée ne semble pas bien organisée.

Dès lors, il me semble qu’il serait plus aisé d’imposer par la force un changement de gouvernement au Bénin, plutôt que d’y fomenter, après quelques infiltrations de mercenaires, un énième coup d’Etat. Le docteur Zinsou partage mon avis. Un premier versement de cent quarante – cinq mille dollars, effectué par le roi Hassan II, me permet de démarrer l’opération.

Lorsque je lance le recrutement des cent hommes dont j’estime avoir besoin pour investir Cotonou, je me heurte à une situation à laquelle je n’ai jamais été confrontée. Les temps ont bien changé depuis la fin de la guerre d’Algérie. Les anciens de l’OAS ont vieilli, et les partisans de l’Algérie française se sont recasés. Par – delà mon habituel état – major, vite rameuté, je me rends compte qu’il va falloir ratisser très large et dans de nouvelles directions.

Afin de bien marquer le caractère interne en l’Afrique de cette nouvelle affaire, je décide d’enrôler d’entrée de jeu des Africains. Je n’ai pas de mal à m’assurer le service d’une soixantaine d’hommes bien entraînés, des Béninois exilés, bien sûr, mais aussi des Guinéens, dont bon nombre ont été formés dans les Landes par mes soins.

Parallèlement, je fais activer l’enrôlement des Européens en passant des petites annonces dans les colonnes de dix quotidiens français, au nom d’une société que j’ai créée à Libreville. Alors que je m’attendais à recevoir une centaine de réponses, près de cinq mille candidatures me parviennent. Roger Bruni et moi en sélectionnons cent cinquante. Afin de ne pas attirer l’attention, les candidats sont reçus dans des hôtels parisiens par Legrand et André Cau, qui effectuent un premier tri. Ils m’envoient ceux qu’ils ont retenus. Je les questionne sur leur passé et, surtout, sur leurs attentes. Finalement, j’agrée soixante hommes, qui reçoivent chacun une avance de six mille francs correspondant à un mois de solde et l’ordre de se tenir prêts à partir à mon signal.

Les premières recrues quittent la France au début du mois de décembre. Ils voyagent par petits groupes. Accueillis au Maroc par des gendarmes, ils sont immédiatement conduits à Benguerir, près de Marrakech, sur une ancienne base américaine. Un jour où je me rends à Orly afin de veiller au bon déroulement du départ d’une poignée de volontaires, je rencontre Ferdinand Serre. Nous parlons bien entendu d’Ali Soilih, qui se comporte de plus en plus comme un dictateur.

- Il est temps de le renverser, affirme mon interlocuteur.

- Je suis prêt à vous aider, lui dis – je mais pas tout de suite. Je suis occupé par ailleurs. Je reprendrai contact avec vous dès que possible.

Mes volontaires, qui me connaissent sous le nom de « colonel Maurin », ignorent tout de l’opération à laquelle ils vont participer. Ce n’est qu’en recevant leur billet d’avion qu’ils prennent connaissance de la première étape de leur aventure. Je n’ai pas voulu transiger sur le secret. Cela m’a sans doute privé ainsi de quelques engagements de qualité, comme celui de Philippe de Dieuleveult, l’aventurier de la télévision, officier de réserve parachutiste. Devant mon refus de lui révéler la destination finale de l’équipe, il a retiré sa candidature en me jurant de ne pas parler de nos contacts.

Plus les préparatifs avancent, plus je suis confiant. Comme je l’avais pressenti, les ennemis de Kérékou ne se font pas prier pour financer notre mission. Après avoir versé son obole, le roi du Maroc nous garantit par contrat que le docteur Zinsou nous allouera, pour sa part, quatre cent mille dollars. En outre, René Journiac suit le montage de l’opération aux Affaires africaines et malgaches et je sais que le Président Giscard-d’Estaing s’y intéresse de près.

Tandis que je voyage entre Paris, Libreville et le Maroc, où je rencontre deux fois sa majesté Hassan II, Legrand assure à Benguerir la préparation de nos quatre-vingt-dix volontaires. Orfèvre en la matière, l’ancien parachutiste ne ménage pas nos troupes. Elles sont équipés de fusils d’assaut, de mitrailleuses, de mortiers et de lance-roquettes. Comme nous ne manquons pas de munitions, Legrand peut faire tirer ses élèves durant des heures, jusqu’à ce qu’ils acquièrent ou retrouvent des automatismes guerriers.

Mallock, que j’ai mis dans le coup, m’a fourni un avion. Il assurera depuis Gabon le transport aérien du commando. Je décide d’attaquer dans la nuit du 31 décembre 1976. Tous marxistes qu’ils soient, les officiers de Kérékou, ne manqueront pas de fêter la nouvelle année. Leur dispositif de défenses sera relâché et le coup aura toutes les chances de réussir.

Des soucis de dernière minute m’empêchent de jouer la partie au moment choisi. L’avion qui devait nous transporter n’étant pas disponible, les élèves de Legrand ne quittent leur base marocaine que le 15 janvier 1977. Avant leur départ, je les passe en revue avec le Colonel Dlimi et Gratien Pognon. Ce représentant du docteur Zinsou a décidé de prendre part à l’expédition, accompagné de son secrétaire.

C’est seulement à leur arrivée au Gabon que mes hommes apprennent enfin le but final de la mission. La base militaire de Franceville, où je les installe, est placée, pour l’occasion, sous la protection de la garde présidentielle commandée par mes amis Loulou Martin et son second, Pinaton.

L’escale gabonaise est de courte durée. Les hommes et le matériel sont embarqués dans le DC 7 à hélices piloté par un volontaire américain désigné par Mallock. Je monte à bord avec deux de mes fidèles, Roger Bruni et Jacques Lafaye, plus connu sous le surnom de Carcassonne.

- On ne peut pas décoller, m’annonce alors le pilote, je crois qu’il y a une suite d’huile.

Ce contretemps n’entame pas mon enthousiasme. Je m’inquiète seulement de savoir combien de temps va prendre la réparation. Le mécanicien du DC 7, un Suédois, me laisse entendre qu’il faudra au moins deux bonnes heures. Nous débarquons et patientons sur le tarmac, en observant, du coin de l’œil, les ombres furtifs qui s’agitent autour de l’appareil.

Enfin, le pilote vient m’annoncer que tout est clair. Il est presque cinq heures. J’estime que nous serons à pied d’œuvre dans moins de trois heures.

Le DC 7 réparé se met à rouler sur la piste. Il décolle, pique droit vers la mer et, en volant au ras des flots afin de tromper les radars côtiers, prend la direction de Cotonou, qui se trouve à mille kilomètres de l’autre côté du Golf de Guinée.

Il est environ 7h30 lorsque le pilote me signale qu’il va se poser. Je me poste avec Roger Bruni près de la porte avant gauche. Chacun de mes hommes est à sa place, son arme à la main. Je les devine prêts à jouer, bien encadrés par les anciens, le rôle qui leur a été assigné.

Après le crissement des roues sur la piste, l’homme de Mallock inverse la puissance des moteurs. L’avion décélère brutalement pour s’engager presque à l’angle droit sur une bretelle de dégagement menant directement sous la tour de contrôle, devant les halls d’accueil.

Inlassablement répété à Franceville, le ballet du débarquement se met en branle. Je m’encadre dans la porte avant tandis que des volontaires, installés aux issues arrières, font glisser vers le sol des tiges de métal sur lesquelles mes premiers voltigeurs se laissent glisser comme des pompiers en alerte.

Deux blindés légers – des AML 60 d’origine française – roulent lentement vers nous. J’empoigne un fusil d’assaut armé d’une grenade antichar, vise le premier intrus et l’immobilise au milieu d’un nuage de fumée noire. Alors que Bruni le prend pour cible, le second blindé bat en retraite.

La totalité de mon commando est bientôt à terre. Personne ne semble plus se soucier de nous. Je donne l’ordre de réquisitionner une poignée de civils de service à la tour de contrôle, et de commencer avec eux le débarquement des caisses de munitions. Quelques gendarmes se réveillent. Tandis que les tirs les poursuivent, Jean-Louis s’empresse d’installer son poste radio et se met en rapport avec Marion, son homologue de la garde présidentielle gabonaise, qui se tient aux écoutes.

Quelque peu surpris par la facilité avec laquelle je me suis emparé de l’aéroport endormi, je laisse le Bosco occuper l’extrémité de la piste puis, craignant tout de même une contre-attaque, m’empresse de placer mes mortiers en batterie. Je braque ensuite une mitrailleuse sur le toit de l’aérodrome, afin d’appuyer l’avance des groupes de Legrand, qui n’attendent plus que mon ordre pour filer vers la présidence, et ceux d’André Cau qui, en empruntant un autre axe, doivent mettre hors de combat les factionnaires du camp Guézo tout proche.

La totalité de mon matériel lourd est au sol lorsque soudain, je remarque que notre pilote a laissé tourner ses moteurs, et qu’il a placé le DC 7 dans le sens du décollage. Interloqué, je demande à Jean-Louis de l’interroger en anglais.

- Pourquoi ne coupez-vous pas les moteurs ? interroge ma radio.

- C’est au cas où nous devrions repartir en catastrophe, répond-il sans se troubler.

En dépit de sa logique, cette réponse ne me satisfait qu’à moitié. Je demande à Bruni de surveiller le bonhomme et de le neutraliser s’il faisait mine de filer sans nous. Pour plus de sûreté, je fais garer une jeep devant la roue avant de l’avion, puis prend contact, par téléphone, avec les alliés potentiels que nous avons à Cotonou et dans les casernes béninoises. Gratien Pognon s’agite beaucoup. Il m’assure que l’armée, dans son ensemble, est prête à se rallier.

Avec son secrétaire, il appelle quelques personnalités qu’il tire du lit pour les mettre devant le fait accompli. Mais je n’obtiens aucune des garanties promises.

Pendant que nous multiplions les liaisons téléphoniques, une partie de mon commando file, par le bord de mer, vers la résidence du président Kérékou. Le palais qu’ils doivent enlever s’étale de l’autre côté d’une bande de sable dangereuse à traverser. Le lieutenant Thomas met en batterie l’un des trois mortiers pour appuyer l’avance de mes hommes, qui se lancent à l’assaut en tiraillant. Mais les gendarmes qui gardaient la tour de contrôle ont donné l’alerte avant de détaler, et la garde présidentielle de Kérékou riposte. Ma première vague recule sous son feu nourri.

Les rares messages qui me parviennent me font comprendre que notre affaire n’est pas aussi bien engagée que prévu. De toute évidence, on m’a donné, au départ, des renseignements peu fiables. Kérékou n’a pas passé la nuit dans sa résidence. Mes voltigeurs africains et européens sont à peine infiltrés dans les faubourgs endormis de la capitale, qu’il se précipite à la radio d’Etat pour inviter son peuple à repousser l’odieuse agression dont il est victime.

Les Béninois se montrent peu pressés d’obéir aux injonctions de leur président. Rares sont ceux qui se risquent à sortir de leur maison. Les rues sont libres. Même s’ils sont pris à partie çà et là par les unités béninoises manœuvrant sans ordre bien établi, mes hommes continuent à progresser. Malgré tout, l’affaire s’annonce de moins en moins bien. Gratien Pognon perd progressivement de son assurance. Aucun des notables dont il s’annonçait pourtant si sûr ne s’engage dans la rébellion.

Ni les gendarmes, ni le bataillon de parachutistes sur lequel il comptait tant ne se rangent de notre côté. Au moment où mes hommes se heurtent à la résistance imprévue de militaires nord-coréens, qui accompagnaient des dignitaires de PyongYang participant à un congrès, il me demande de les rappeler, et de donner au plus vite l’ordre de décoller. Malgré la faiblesse de mes transmissions, je commence à organiser en bon ordre le repli de mes sections.

L’alerte est maintenant générale. Tous les bateaux mouillés en rade de Cotonou donnent de la sirène, et les équipages regagnent leurs bords. Comme les officiers de Kérékou ne semblent pas vouloir engager une véritable riposte, j’ordonne un dernier tir de barrage de mes mortiers avant de faire revenir mes voltigeurs à l’aéroport.

J’ai pris place à bord d’une jeep enlevée aux gendarmes lorsque, revenant vers l’avion, je tombe nez à nez avec le premier engin d’une colonne automitrailleuses Ferret. Je m’apprête à le détruire au bazooka lorsque Bruni m’empêche de tirer. Le chauffeur du blindé profite de mon hésitation pour se défiler, et les autres engins suivent son mouvement.

Pendant le regroupement de mes troupes, les échos de la bataille prennent de l’ampleur. Je fais ramener le matériel lourd sous l’avion dont les hélices tournent déjà. Quelques voltigeurs reviennent avec des prisonniers que je fais aussi relâcher ? L’un d’eux, un civil chargé du sac de Legrand, réussit pourtant à monter dans l’avion où se tiennent déjà, Gratien Pognon et son secrétaire.

Une fois mes groupes réunis à l’aérodrome, je m’inquiète de nos pertes. Elles sont moins importantes que je ne le craignais. Deux hommes sont morts et trois autres ont été légèrement touchés. Je fais embarquer mes trois blessés légers, puis ordonne d’abandonner la plupart des caisses de munitions.

Peu après le décollage, le Bosco m’annonce que le sergent béninois qui servait la mitrailleuse placée sur le toit de l’aérodrome n’a pas été embarqué. Il s’est endormi de fatigue. Pour couronner le tout, Bruni ne retrouve pas la caisse de munitions qui contenait les papiers concernant l’opération, et que je n’avais pas voulu laisser au Gabon.

Comme je m’impatiente, il fait rapidement fouiller l’avion. apparemment, l’un des civils réquisitionnés pour débarquer le matériel l’a descendu avec les autres caisses de munitions. Nos documents sont donc restés sur le tarmac de Cotonou.

Au Gabon, après avoir fait hospitaliser mes blessés et installer le reste de mes hommes à Franceville, en attendant qu’ils touchent leur dû et puissent rentrer chez eux, je dresse le bilan de l’opération. Si je considère comme un exploit militaire le fait d’avoir réussir de débarquer en pays hostile, d’être demeuré plus de sept heures dans une ville de trois cent mille habitants en tenant en haleine une armée entière et de m’en être exfiltré sans pertes graves, pour le reste, c’est un échec cuisant.

Afin d’éviter les fuites, le commando est transféré, en accord avec les autorités marocaines, du Gabon au Sud marocain. Au bout d’un mois, les hommes sont rapatriés en Europe par petits groupes.

Les papiers bêtement abandonnés à Cotonou sont trouvés seulement trois mois après, par la commission d’enquête que l’ONU a envoyée sur place. Ils font les choux gras de Kérékou. Mon permis de conduire et ma carte d’identité au nom de Gilbert Bourgeaud, ainsi que mon accréditation au service de la République du Gabon, figurent parmi les pièces saisies.

Le complot international est ainsi établi. Les journalistes se délectent des suites de mon coup de main. Ils ignorent encore la véritable identité de Gilbert Bourgeaud et du colonel Maurin dont il est souvent fait état dans les discours incendiaires de Kérékou. Mais ceux qui gravitent depuis longtemps dans les arcanes des services secrets savent très bien à quoi s’en tenir.

Le contenu des documents finit par être intégralement publié dans les colonnes d’Afrique-Asie. Des rumeurs commencent alors à courir sur mon compte. Selon certains, Kérékou lui-même m’a fait manipuler par ses services secrets, dans le but de renforcer son pouvoir. D’autres me soupçonnent d’avoir trahi mes commanditaires. Je décide de me taire, de ne pas entrer dans la polémique, et reviens en France.

Après avoir fait le tour de la situation avec mes commanditaires, je conseille à mes fidèles de se mettre en sommeil.

....

Extrait : Bob Denard et Georges Fleury, Corsaire de la République, Robert Laffont, 1998

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lundi 9 mars 2015

Longuet s'intéresse à l'Afrique

 

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Décidément les retraités de la politique française investissent en Afrique, Après Jean-Louis Borloo qui veut électrifier l'Afrique, Gérard Longuet, ministre de la défense de Nicolas Sarkozy lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, a dirigé les opérations de l’armée française qui ont conduit en 2011 au bombardement du palais présidentiel et à l’arrestation de Laurent Gbagbo.

Quatre ans plus tard, l’ex-ministre a été reçu à Abidjan par le président Ouattara, cette fois-ci en qualité de président de Sea-Invest Africa, filiale du groupe belge Sea-Invest, spécialisé dans la gestion de terminaux portuaires.

M. Longuet qui est actuellement sénateur du département français de la Meuse, veut faire d’Abidjan la base de développement de ses affaires en Afrique de l’Ouest. Il annonce pour cela 335 millions d’euros d’investissements « dans le domaine des vracs et du général cargo, avec la manutention des fruits et légumes, le stockage, le transport et la logistique pétrolière. »

Pour mémoire, Ministre des Télécommunications en 1993, dans le gouvernement Balladur, Gérard Longuet avait introduit en France une troisième licence de téléphonie mobile remportée par le groupe Bouygues. (selon l'agence ECOFIN)

Pour mémoire, rappelons aussi son parcours politique exceptionnel qu'il n'a jamais renié :

  • 1964 : fondateur du mouvement "Occident" d'extrême-droite.
  • 1968 : adhère à "Ordre Nouveau", autre mouvement d'extrême droite.
  • 1972 : adhère au Front National, dont il écrit le premier programme économique.
  • 1978 : souhaitant une carrière politique, il adhère à un parti plus présentable, le Parti Républicain. 

M. Longuet, qui, malgré son apparent centrisme, a toujours gardé ses gènes d'extrême-droite, s’est également distingué en 2012 en répondant par un bras d’honneur à la demande algérienne d’une reconnaissance des crimes perpétrés par le colonialisme.

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samedi 15 novembre 2014

Bolloré l'Africain chauffe l'Alsace !

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Tout le monde se rappelle du voyage du président fraîchement élu Nicolas Sarkozy, qui après sa soirée bling-bling  au Fouquet's et avant même son intronisation à l'Elysée, est parti en croisière à Malte sur le super-yacht de son richissime ami bling-bling-bling Vincent Bolloré. Cette promenade sur mer devait rester secrète, mais fut rapidement dévoilée par les journalistes, obligeant le nouveau président à rentrer rapidement pour commémorer la suppression de l'esclavage avec son prédécesseur Jacques Chirac. Il était en effet mal vu en France que le président élu n'assiste pas aux cérémonies du 8 mai. Alors, il a fallu que Chirac le presse de revenir.

Mais intéressons-nous un peu à Bolloré, très présent en Afrique pour ce qui est de la logistique de transports. Mais aussi, dans la plupart des régions françaises. Et d'abord chez nous en Alsace, où Bolloré-Energie a son siège au 23, rue de Rouen, à Strasbourg, c'est-à-dire dans le Port Autonome, deuxième plus grand port fluvial de France après Paris et deuxième plus grand port sur le Rhin après Duisbourg.

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Et Strasbourg, n'est qu'un détail. Bolloré Energie est le premier distributeur indépendant français de fioul domestique, avec une part de marché de plus de 14 %. Avec plus d'une centaine d'agences en France, Bolloré Energie, assure la distribution de fioul domestique et d'autres produits pétroliers auprès de 500 000 clients, particuliers et d'une clientèle professionnelle. 

Le groupe, qui poursuit chaque année l'extension de son réseau, a renforcé ses positions par l'acquisition, en novembre 2013, de Petroplus Marketing France(PMF), filiale du groupe suisse Petroplus spécialisée dans la commercialisation des produits raffinés à Petit-Couronnes, près de Rouen. Au début de l'année 2014, Bolloré Énergie a également aquis les 51 % supplémentaires du capital de LCN (les combustibles de Normandie). En Février 2011, Bolloré Energie avait déjà acquis 49 % de LCN renforçant ainsi sa position dans la distribution de produits pétroliers. Le groupe est également présent en Europe, notamment en Allemagne à travers la marque Calpam, qui exploite un réseau de 56 stations-service et 9 agences de commercialisation.

Logistique pétrolière

À travers SFDM, Bolloré Énergie exploite l'oléoduc Donges-Melun-Metz qui traverse la France d'ouest en est et plusieurs dépôts pétroliers. Il est également propriétaire de la société CICA, qui possède d'importantes capacités de stockage en Suisse, à Genève, à Zurich et à Bâle. En 2013, CICA a renfocé sa capacité de stockage avec l'acquisition de la société S+M Tank à Oberbipp et l'augmentation de sa participation dans le dépôt Tankanlage Rümlang. Par ailleurs, le Groupe détient en pleine propriété les dépôts de Caen, Belfort, Clermont-Ferrand, Mulhouse et Strasbourg ainsi que des participations à hauteur de 20 % dans les dépôts pétroliers de Lorient (DPL) et de 18 % dans ceux de La Rochelle. Au total, la capacité de stockage en France s'élève à environ 1 060 000 m3, à laquelle va s'ajouter celle de PMF.

Et à partir de cette logique pétrolière, Bolloré s'accapare des agences dans tous les recoins du territoire. Le plus proche de Villé se situe à Châtenois. Je ne le nommerai pas, pour ne pas lui faire de publicité. Et Bolloré-Energie entre dans tous les marchés : fuel domestique, bois, charbon, et dans tous les services : ramonage, installation de chaudières, etc... Un nouveau monopole s'installe. 

Déjà très installé en Afrique, voyons à travers un journal africain ce qu'y fait Bolloré qui permettra de comprendre que la Françafrique existe toujours.

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Sarkozy, reviens ! Bolloré va faire faillite !

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lundi 27 octobre 2014

Les remerciements de Guillaume à Claude

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Claude Bartolone, président de l'Assemblée Nationale vient de passer trois beaux jours en Côte d'Ivoire, suite à l'invitation d'un certain Guillaume Kigbafori Soro, qui n'est autre que son homologue d'Abidjan. On peut se demander les raisons de ce beau voyage.

Il suffit pourtant de revenir un peu plus de deux ans en arrière. Soro "ex-chef de guerre" est dans le collimateur de la justice française. Sous le coup d'un mandat d'amener d'un juge d'instruction, suite à la plainte d'un ressortissant franco-ivoirien Michel Gbagbo. Les motifs sont éloquents : "Enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants". Or, en ce début d'été 2012, ce cher Soro se trouve justement en France dans sa somptueuse villa de Saint-Prix, dans le 95. Mais Soro est une personnalité à laquelle on ne touche pas. Le juge d'instruction a convoqué d'abord la victime. Qu'à cela ne tienne ! Les autorités ivoiriennes, très légalistes, lui retirent son passeport. C'est donc un magistrat très fâché qui va s'en prendre à Soro qui malgré son titre de président d'assemblée nationale, est arrivé à titre privé ! Qu'à cela ne tienne encore une fois ! On va transformer ces vacances privées en visite officielle qui interdit au juge d'instruction de faire interpeller ce cher Guillaume Kigbafori Soro. Et c'est Claude Bartolone qui est le mieux placé pour remplir cette gênante mission d'accueillir très officiellement cet "ex-chef guerrier" chef de "FN" (Forces Nouvelles, devenues FRCI - forces républicaines de Côte d'Ivoire - sous le nouveau régime), à ne pas confondre avec le FN français. Un chef qui fila dare-dare vers son avion une fois la réception terminée.

Par la suite, Soro reviendra de nombreuses fois en France, toujours à titre officiel, histoire de narguer les juges français ? Un de ses voyages l'amena même à Strasbourg pour négocier l'achat de vieux bus délabrés de la CTS (compagnie des transports strasbourgeois), ville qui s'était mise au tramway à l'époque de la maire Catherine Trautmann. Mais il fut rarement aperçu à titre privé bien que sa seconde épouse réside de façon permanente à Paris.

Alors quoi de plus normal qu'une visite d'agrément en retour en cet automne 2014. Une visite certes discrète que la presse française ne relate évidemment pas. Et puis il est normal, dans les échanges entre deux démocraties que des personnalités se rencontrent (n'est-ce pas Mr Kennel ?). Et Bartolone a même apporté dans sa besace quelques cadeaux :

- une promesse de formation des fonctionnaires de l'assemblée nationale ivoirienne (promesse déjà faite en 2012 à Paris).

- 9 millions d'Euros pour la lutte contre Ebola (c'est d'actualité)

- une usine à fromage.

Quant à l'ami Claude Bartolone, il a évidemment été gratifié d'une médaille : la grand-croix de l'ordre du mérite ivoirien. De quoi remplir un peu plus la vitrine de son salon. Mais pas de quoi faire une tarte pour une grande nation, c'est surtout Soro qui peut se montrer reconnaissant. Mais peut-être Bartolone aura-t-il au moins obtenu la restitution du passeport pour un citoyen français ? Rien que cela aura mérité le déplacement.

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