mercredi 3 mars 2021

Orphelin de Trump, Bolsonaro vise un second mandat au Brésil

Pour ne pas déplaire au lobby des camionneurs qui lui est favorable, le président brésilien a limogé le patron de la compagnie Petrobras, faisant plonger la bourse de Sâo Paolo. Une crise qui préfigure une campagne électorale dure à dix-huit mois du scrutin présidentiel. Dans notre empressement à tourner la page de Donald Trump aux États-Unis, on en oublierait presque celui qui prenait plaisir à se voir décrire comme le « Trump des tropiques » : Jaïr Bolsonaro.

br_silComme Trump, le président brésilien gouverne à l’instinct, ce qui le conduit parfois à provoquer des catastrophes par inadvertance. La dernière concerne l’entreprise Petrobras, la compagnie pétrolière nationale, véritable État dans l’État dont les scandales de corruption avaient entraîné la chute de l’ancienne présidente Dilma Roussef.

Bolsonaro a limogé l’homme qui avait remis Petrobras en ordre de marche, Roberto Castello Branco, remplacé par un général à la retraite sans expérience du secteur pétrolier. Aussitôt, l’action à la bourse de Sâo Paolo a perdu 20% de sa valeur, entraînant le marché brésilien dans sa chute, signe d’une perte de confiance brutale. En partie contrôlée par l’État, Petrobras est non seulement la plus grande entreprise du Brésil, mais aussi d’Amérique latine.

La direction de Petrobras avait décidé d’augmenter le prix des carburants à la pompe, relayant ainsi la hausse du prix du baril sur le marché international. Cette mesure avait provoqué la colère de la corporation des camionneurs, qui menaçait de bloquer l’économie, comme elle l’a déjà fait par le passé. Les camionneurs sont acquis à Bolsonaro, et il n’était pas question de se les mettre à dos.

Éviter de peser sur le pouvoir d’achat des Brésiliens pourrait se justifier en période de difficultés dues à la pandémie ; mais le mois dernier, Jaïr Bolsonaro a supprimé les aides « spécial-Covid » à près de 70 millions de Brésiliens les plus démunis, en affirmant haut et fort que « les caisses sont vides ». Un mois plus tard, elles ne sont pas si vides qu’il ne peut pas satisfaire un lobby de ses partisans les plus bruyants. Sans doute n’avait-il pas anticipé la réaction en chaîne dans les milieux économiques.

Mais Bolsonaro a aussi des arrière-pensées électorales : il a déjà les yeux rivés sur sa réélection, dans dix-huit mois. Ce Président d’extrême droite a une cote de popularité au plus bas depuis son élection en 2018, à 31% de soutiens, selon un sondage de janvier, contre 40% ayant une mauvaise image de lui.

Pas de quoi le décourager, ni même renoncer à son déni de la gravité de la pandémie alors que le Brésil a le deuxième plus grand nombre de victimes du covid-19 après les États-Unis, avec près de 250.000 morts ; déni, aussi, du dérèglement climatique qu’illustre sa politique très critiquée en forêt amazonienne.

Son discours populiste, son éloge de l’ordre militaire, le soutien des puissantes églises évangéliques, et surtout l’absence à ce stade de rival politique qui s’impose, lui laissent espérer un second mandat. 

Mais dans l’opposition, beaucoup redoutent qu’à l’image de son mentor Donald Trump, il conteste le résultat s’il devait lui être hostile et tente de rester au pouvoir par la force. Les institutions brésiliennes risquent d’être moins résistantes que celles des États-Unis.

La période jusqu’à l’élection sera donc tendue au Brésil, l’affaire Petrobras n’en est qu’un avant-goût.

Posté par jl boehler à 03:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mardi 8 décembre 2020

Brésil : indignation après la mort d'un Noir roué de coups par des agents de sécurité

La mort d'un homme noir battu par des agents de sécurité blancs dans un supermarché du groupe Carrefour à Porto Alegre (sud) a déclenché une vague d'indignation au Brésil, qui célèbre ce vendredi la Journée de la conscience noire.

br_silUne vidéo enregistrée par un témoin, diffusée par les médias et sur les réseaux sociaux, montre le moment où Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, est frappé de multiples coups de poing au visage par un des agents tandis que l'autre le maintenait.

Sur d'autres images on voit les secours effectuant un massage cardiaque à l'homme allongé devant une entrée du supermarché et qui est mort sur place.

Selon la police militaire, M. Freitas a menacé un employé du supermarché qui a appelé les agents de sécurité. 

Les deux agresseurs ont été arrêtés. L'un d'eux est un policier militaire qui travaille pour la compagnie de sécurité privée en dehors de ses heures de service.

La filiale brésilienne du groupe Carrefour a regretté la "mort brutale" de M. Freitas et a déclaré qu'elle prendrait "les mesures appropriées pour tenir responsables les personnes impliquées dans cette affaire criminelle".

Cet événement tragique a déclenché l'indignation sur les réseaux sociaux et sera au centre des rassemblements prévus pour ce vendredi à l'occasion de la Journée de la conscience noire, jour férié dans plusieurs Etats.

"Tous les jours, la structure raciste de ce pays nous apporte la brutalité comme seule règle", a écrit sur Twitter Raull Santiago, un militant des droits de l'homme très actif dans les favelas de Rio.

"On dirait qu'il n'y a pas d'issue. Même le jour de la conscience noire", se désolait Richarlison, l'attaquant métis de la Seleçao qui évolue à Everton (1ere division anglaise). "Ils ont tabassé à mort un homme noir devant les caméras. La violence et la haine ont perdu toute pudeur", a-t-il ajouté, égrainant les noms des Brésiliens Joao Pedro, 14 ans, et Evaldo Santos, un musicien de 51 ans, ainsi que celui de l'Américain George Floyd, faisant référence à d'autres hommes noirs morts des suites de violences policières.

Au Brésil, le dernier pays des Amériques à avoir aboli l'esclavage, en 1888, plus de la moitié des 212 millions d'habitants sont noirs ou métis.

Selon l'"Atlas de la violence" paru en août dernier, le nombre des meurtres de Noirs a augmenté de 11,5% entre 2008 et 2018, tandis que chez les non-Noirs il a diminué de 12,9%.

Posté par jl boehler à 01:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 12 octobre 2020

40% de la forêt amazonienne risque de devenir savane

Jusqu'à 40% de la forêt amazonienne risque de se transformer en savane d'ici la fin du siècle, à cause du manque de précipitations entraîné par les émissions de gaz à effet de serre, selon une étude parue lundi.

amazonieLes forêts sont particulièrement sensibles aux changements de régimes pluviaux sur de longues périodes, le manque d'eau finissant par tuer les arbres.

Le phénomène n'est pas sans conséquence, avec la perte d'écosystèmes tropicaux, et une capacité réduite à absorber les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine.

Une équipe de scientifiques européens a utilisé les dernières données atmosphériques disponibles pour simuler la réaction des forêts humides à un changement du régime de pluies. Et notamment les conséquences d'une poursuite de l'utilisation de combustibles fossiles jusqu'à la fin du siècle. 

Ils ont calculé que les chutes de pluie en Amazonie sont déjà si basses que jusqu’à 40% de sa forêt pourrait se transformer en système de savane, selon cette étude du Stockholm Resilience Center, parue dans Nature Communications.

Son auteure principale, Arie Staal, a remarqué que les forêts humides créent normalement leurs propres précipitations par évaporation, bénéficiant à la croissance des arbres.

Mais l'inverse est aussi vrai. Quand les pluies se raréfient, la forêt disparaît. "Quand la forêt diminue, on a moins de pluies sous le vent, qui entraîne la sécheresse, et plus de feux et de perte d'arbres: c'est un cercle vicieux", selon elle.

L'étude s'est penchée sur la résilience des forêts tropicales humides dans des scénarios extrêmes.

Dans l'un d'eux, les chercheurs ont conclu que si elles disparaissaient brutalement, les forêts humides auraient beaucoup de mal à se reconstituer.

Outre le bassin amazonien, l'étude a établi que celui du Congo risquait lui aussi de se transformer en savane. 

"Nous comprenons maintenant que les forêts humides sur tous les continents sont très sensibles aux changements globaux et peuvent rapidement perdre leur capacité d'adaptation", selon Ingo Fetzer, lui aussi du Stockholm Resilience Centre. 

"Si elles disparaissent, leur restauration à l'état originel prendra des décennies", a-t-il dit. (selon "Tahiti.infos")

Posté par jl boehler à 02:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 6 septembre 2019

Bolsonaro s'en prend à l'ancienne présidente du Chili et fait l'apologie de Pinochet

Le père de Michelle Bachelet, actuelle haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, est mort en prison sous la dictature chilienne.

bachelet

Les ennemis du président brésilien s'accumulent. Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique mercredi en faisant l'apologie du régime Pinochet pour rejeter les critiques de Michelle Bachelet, haut-commissaire aux droits de l'homme à l'ONU et ex-présidente du Chili, personnellement marquée par la dictature. 

Jair Bolsonaro a dénoncé mercredi "l'ingérence, de la ligne Macron de l'ONU dans les affaires intérieures et la souveraineté" du Brésil. Une attaque envoyée en réaction à la déclaration de Michelle Bachelet qui a déploré un "rétrécissement de l'espace démocratique" au Brésil sous sa présidence d'extrême droite.

Jair Bolsonaro a accusé sur Twitter Michelle Bachelet de défendre "les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires" alors qu'elle s'était inquiétée des exécutions extra-judiciaires par les forces de l'ordre. Le président brésilien l'a ensuite attaquée personnellement sur Facebook : "Elle oublie que le Chili n'est pas devenu un (nouveau) Cuba communiste grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, et que son père était un de ces communistes".  

Le père de Michelle Bachelet, Alberto Bachelet, un général d'aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d'État d'Augusto Pinochet. 

Le Chili choqué

Les remarques sur Pinochet ont choqué au Chili où le président Sebastian Pinera a indiqué, dans une déclaration publique : "Je n'adhère en aucun cas à l'allusion faite par le président Bolsonaro concernant une ex-présidente du Chili, et en particulier sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père". 

"Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l'espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme, des restrictions imposées au travail de la société civile", avait déclaré Michelle Bachelet à Genève. Elle avait aussi fait état d'une "augmentation" du nombre des personnes tuées par des policiers au Brésil, soulignant que cette violence touchait surtout les Afro-Brésiliens et les habitants des favelas. 

Le ministère des Affaires étrangères du Brésil a dit avoir reçu "avec indignation" ces commentaires et a demandé à ses services d'éviter "les précipitations, mensonges et citations inappropriées au moment de commenter la politique intérieure d'un pays démocratique comme le Brésil". Ces attaques interviennent trois semaines avant que Jair Bolsonaro ne prononce le premier discours de l'assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre à New York. (Selon "L'express")

Posté par jl boehler à 06:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 16 mai 2019

Le chef indigène brésilien Raoni en Europe

Pour la défense de l'Amazonie

33644057_30950573Le légendaire chef indigène brésilien Raoni est parti dimanche pour Paris où il entamera une tournée de trois semaines en Europe pour y rencontrer des dirigeants d'Etats, des célébrités ainsi que le pape François pour alerter sur la déforestation de l'Amazonie.

L'ancien cacique du peuple Kayapo, qui a acquis une notoriété internationale ces dernières décennies, tentera de collecter un million d'euros pour la protection de la réserve de Xingu, foyer de plusieurs communautés autochtones du Brésil, face aux menaces que font peser sur elle les exploitations forestières et les industries agroalimentaires. 
Raoni Metuktire, dont la lutte pour la défense de l'Amazonie brésilienne est soutenue au plan international par des personnalités comme le chanteur Sting, est accompagné par trois autres dirigeants indigènes qui vivent au Xingu. 
Ils rencontreront notamment le chef de l'Etat français Emmanuel Macron, son ministre de l'Environnement Francois de Rugy, puis iront en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, à Monaco, en Italie et au Vatican, où un entretien est prévu avec le pape, selon l'association Forêt Vierge dont le siège est à Paris et dont Raoni est le président honoraire. 
Les fonds recueillis serviront à l'amélioration du marquage de la frontière de la vaste réserve de Xingu ainsi qu'à acheter des drones et d'autres équipements techniques pour en assurer la surveillance, a expliqué l'ONG. 
Cette tournée intervient quelques mois après l'arrivée -en janvier- à la présidence du Brésil, notamment grâce au lobby de l'agroalimentaire, de Jair Bolsonaro, qui veut en finir avec ce qu'il appelle "l'activisme écologiste chiite". 
Illustration de son approche de la question indigène, le chef de l'Etat, un ancien militaire d'extrême droite, s'est demandé peu après son élection "pourquoi maintenir les Indiens reclus dans des réserves, comme des animaux dans un zoo ?". 
La déforestation, qui avait baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, est repartie de plus belle en janvier : +54% par rapport à janvier 2018, d'après l'ONG Imazon. 
"Poumon de la planète", l'Amazonie compte un nombre impressionnant d'espèces : 40.000 de plantes, 3.000 de poissons d'eau douce, près de 1.300 d'oiseaux, 370 de reptiles.

Raoni_Macron

Posté par jl boehler à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 30 avril 2019

Brésil: plus de 2.000 indigènes convergent vers le centre de Brasilia

Pour la défense de leurs terres ancestrales !

brasiliaQuelque 2.000 représentants de tribus indigènes du Brésil ont commencé à occuper mercredi matin le centre de Brasilia pour faire valoir leurs droits à leurs terres ancestrales, encore plus menacés depuis l'arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro. 

Durant trois jours, les indigènes ont manifesté et campé devant les centres emblématiques du pouvoir de la capitale brésilienne, participant à ce "Camp de la terre libre" ("Campamento Tierra Libre") qui rassemble chaque année plusieurs centaines de personnes depuis 2004.  
Les forces de l'ordre étaient très nombreuses dans le centre de la capitale, où des cordons de sécurité ont été mis en place, ont constaté des journalistes de l'AFP. 
Des indigènes en tenue traditionnelle chantaient. Sur des bannières qu'ils arboraient on pouvait lire: "Nos terres sont sacrées. Pas d'extractions minières sur nos territoires", ou "Nous exigeons les démarcations de nos terres". 
Redoutant des troubles, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Sergio Moro a ordonné la mobilisation de la Force nationale sur l'Esplanade des ministères et de la Place des Trois pouvoirs où sont situés le gouvernement, le Congrès et la Cour suprême. 
Il a pris cette mesure après une demande du général Augusto Heleno, chef du cabinet de la Sécurité institutionnelle, soucieux "d'empêcher les actes de violence de la part des manifestants". 
"Notre camp se tient depuis plus de 15 ans de manière pacifique, dans le but de donner de la visibilité à nos luttes quotidiennes", s'est offusquée la Coordination des peuples indigènes du Brésil (APIB) dans un communiqué. "Si le général Augusto Heleno prétend empêcher les actes de violence, qu'il s'occupe des grands propriétaires terriens qui envahissent nos territoires et tuent nos familles". 
"2019 a commencé dans un contexte très lourd", selon l'appel au rassemblement de l'APIB, qui attend au total quelque 5.000 représentants indigènes de tout le pays. 
La liste des doléances des populations autochtones ne cesse de s'allonger depuis l'élection en janvier du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. 
La Funai, organisme public chargé des questions indigènes, s'est vu retirer ses attributions en matière de démarcation des terres et d'octroi de licences environnementales au profit d'un ministère de l'Agriculture totalement acquis à la cause de l'agro-business. 
Selon de nombreuses ONG et associations, les invasions de terres indigènes se sont multipliées sous le gouvernement Bolsonaro. 
Quelque 800.000 indigènes et 305 ethnies vivent au Brésil, pays-continent de 209 millions d'habitants.

Posté par jl boehler à 05:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 29 mai 2018

Brésil : grève des routiers

Malgré la mobilisation de l’armée !

br_sil1

La crise des routiers empire au Brésil, où l'on proteste contre l'augmentation du prix de l'essence. Au sixième jour de grève et de mobilisation nationale, le pays est paralysé par des barrages routiers. Manque d'approvisionnements, pénuries d'essence… Même la décision du gouvernement de mobiliser l'armée pour débloquer les routes n’a pas pu changer la donne.

La protestation ne faiblit pas et prend chaque jour plus d'ampleur. Six cents barrages routiers ont été dénombrés dans tout le pays. Pour tenter de réduire la pénurie d'essence qui touche notamment les aéroports, l'armée a mis en place des escortes de camion-citerne pour qu'ils aient accès aux raffineries. Supermarchés et restaurants commencent à manquer de produits frais et le prix des denrées explose dans certaines régions.

Les négociations entre les syndicats de routiers et le gouvernement traînent. Elles n’ont pas permis pour l'instant de débloquer la situation. A huit mois de l'élection présidentielle, Michel Temer, déjà très impopulaire, n'a pas réussi à faire lever les barrages, et ce malgré un décret permettant à l'armée d'intervenir et de faire usage de la force. Une décision très critiquée par les syndicats de routiers et jugée « inadmissible » par Amnesty International.

Pour tenter de faire plier les routiers, souvent appuyés par leurs patrons, le gouvernement a également décidé d'appliquer des amendes de plus de 25 000 euros par jour de grève à l'encontre des entreprises de transport. Le mouvement de protestation ne semble pourtant pas prêt de s'arrêter.

br_sil

br_sil3

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 7 avril 2018

Brésil : Lula bientôt en prison ?

L'ex-président reste favori pour la nouvelle élection

lula

Après 11 heures de débats et à six mois d’une élection présidentielle pour laquelle il était donné favori, Luiz Inacio Lula da Silva devrait commencer à purger sa peine de 12 ans de prison dans les prochains jours.

Si le feu vert a été donné, les avocats de Lula peuvent encore présenter des recours, mais seulement sur des aspects techniques, et non pas sur le fond. Cela signifie que Lula devra bien purger sa peine peut-être dans quelques jours, une fois que toute la procédure judiciaire aura été conclue, rapporte notre correspondant Martin Bernard

L'ancien président a été condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l’obtention de marchés publics.

Décision loin d'être unanime

La décision de la Cour suprême est pourtant loin d’être unanime : six de ses membres ont voté contre l’habeas corpus, cinq autres pour sa concession. Elle représente un coup dur pour l'ancien président de gauche, mais une victoire pour les procureurs de l’opération « Lavage-Express », l’enquête qui a mis au jour un gigantesque scandale de corruption impliquant des hommes politiques de tous bords et qui secoue toute l'Amérique Latine.

Elle confirme aussi la jurisprudence datant de 2016 stipulant que toute peine de prison peut commencer à être purgée dès la condamnation en seconde instance. Une décision favorable à l’habeas corpus aurait en revanche pu permettre à tous les condamnés de rester en liberté jusqu’à l’épuisement de tous les recours.

À Brasilia, les manifestants avaient été séparés en deux groupes, comme lors du procès de Dilma Rousseff en 2016. Dès que la tendance contre Lula s’est dessinée, ses adversaires ont commencé à chanter l’hymne national et à fêter leur victoire. Et de l’autre côté de la barrière, c’était la désolation, car Lula reste l’un des hommes politiques les plus populaires au Brésil, même s’il a aussi beaucoup de détracteurs… et surtout la gauche devra trouver un nouveau candidat pour la présidentielle d’octobre prochain.

Lula dénonce un complot

À la tête de son pays de 2003 à 2010, Lula nie farouchement les faits qui lui sont reprochés, invoquant l’absence de preuves et dénonçant un complot pour l’empêcher de briguer un troisième mandat. Cela huit ans après avoir quitté le pouvoir.

L’ancien ouvrier de 72 ans est l’une des personnalités politiques les plus charismatiques de l’Amérique latine et a quitté les reines du pays avec un taux de popularité record. Dans la course pour un retour lors des élections d’octobre, cette décision pourrait arrêter son ambition de pouvoir, alors qu’il était donné favori.

« Je veux juste que la Cour suprême rende justice. Je ne veux aucun bénéfice personnel et qu'elle indique quel crime j'ai commis », avait déclaré Lula à Rio de Janeiro, deux jours avant la séance de la Cour suprême.

Le Brésil reste profondément divisé

Le climat, très tendu partout dans ce pays qui reste profondément divisé depuis les élections de 2014, ne s’est pas amélioré après un message du chef de l’armée brésilienne. Le général Eduardo Villas-Boas a indiqué mardi 3 avril sur Twitter que l’armée « partage le sentiment de tous les bons citoyens qui répudient l’impunité ».

Cette publication laisse entendre une rare prise de position de l’armée, qui prend désormais une place inédite dans la vie du Brésil depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985). Un déclaration qui est un « grave affront à l’indépendant des pouvoirs et une menace envers l’État démocratique », selon Amnesty International.

- selon RFI.

Posté par jl boehler à 00:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 25 novembre 2016

Isolés en Amazonie, les Yanomami

Mis en danger pas les mineurs clandestins

yanomami

L'organisation Survival a publié des images aériennes bouleversantes d'une communauté contemporaine isolée évoluant au coeur de la forêt amazonienne qui pourrait réunir une centaines d'habitants.

La communauté a été localisée sur le territoire indigène Yanomami (au nord du Brésil), près de la frontière avec le Venezuela. 22000 Yanomami vivent du côté brésilien de la frontière, et au moins trois groupes n'ont aucun contact avec le monde extérieur. Ils sont extrêmement vulnérables à la propagation des maladies véhiculées par les étrangers.

yanomami3

L’ONG, qui depuis 1969 défend les droits des peuples autochtones dans le monde entier, a déclaré dans un communiqué que la présence de mineurs pourrait constituer une menace fatale pour ces natifs, ils pourraient périr entre autres du paludisme, une maladie contre laquelle les Yanomami sont très vulnérables.

Sur certaines images aériennes diffusées par Survival vous pouvez voir un groupe d’Indiens dans un village Yanomami au milieu de la forêt en train d’observer l’avion qui les survole.

La présence d’un millier de mineurs illégaux d’or sur le territoire ancestral des Yanomami est une épée de Damoclès qui pèse sur cette communauté fragile, les travailleurs illégaux n’hésitant pas à utiliser du mercure qui contamine les cours d’eau et impacte fortement les ressources en poissons, principale source alimentaire de la communauté.

Plus tôt cette année, une enquête a indiqué que 90 % des Indiens d’Amazonie au Brésil souffrait d’un empoisonnement au mercure en raison des activités minières réalisées au milieu de cet espace naturel exploité avec déraison.

yanomami1

Ce territoire est officiellement protégé depuis 1992, et est censé être un foyer sûr au cœur du poumon vert  où de nombreuses tribus, dont au moins trois restent isolés du monde, évoluent, selon Survival International.
Selon le directeur de Survival International, Stephen Corry , »ces images extraordinaires prouvent l’existence de tribus isolées inconnues. Ils ne sont pas sauvages, ce sont des sociétés complexes et contemporaines dont les droits doivent être respectés […] Toute tribu isolée s’expose à la catastrophe si son territoire n’est pas protégé. Nous faisons tout notre possible pour sécuriser leurs terres et leur donner la chance de déterminer leur propre futur… leurs droits doivent être respectés ».

Les Indiens Yanomami représentent une population d’environ 32 000 personnes qui évoluent dans les forêts tropicales et montagneuses du sud du Venezuela et du nord du Brésil. Selon certaines sources, le nombre des orpailleurs qui travaillent illégalement sur leur territoire ne cesse d’augmenter.

L’exploitation illégale de l’or dans cette région, tout spécialement du côté brésilien, introduit parmi les membres de la tribu des maladies qui depuis 1980 ont causé la mort de 20 % de la population. Il est donc temps pour les gouvernements concernés de mettre en oeuvre des politiques efficaces pour protéger les derniers Hommes libres vivant en parfaite autarcie et autonomie sur Terre, ainsi que leur habitat naturel indispensable à leur survie et à leur pérennité. (selon Actu-Latino)

Posté par jl boehler à 00:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 20 août 2016

Jeux olympiques : l'envers du décor

JO de Rio : Vila Autodromo, une favela sacrifiée

rio

Derrière ces logements flambant neufs se cache une des faces sombres des JO de Rio. Luiz Da Silva habite Vila Autodromo, une favela où vivaient près de 600 personnes. La plupart ont été forcées de partir. Leurs logements ont été détruits pour les besoins en infrastructure des Jeux. Luiz regrette amèrement son ancien quartier. "Moins de 10% de la communauté locale est restée", explique t-il "ça a été un déplacement forcé dramatique". Les JO passent, la misère reste.

Posté par jl boehler à 00:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,