vendredi 15 février 2019

La grande marche des Kurdes

Reçus à la mairie de Metz !

kurdes1Le Centre démocratique du peuple kurde organise son grand rassemblement annuel ce samedi 16 février à Strasbourg (DNA du 12 février). Trois groupes de marcheurs sont ainsi partis ces derniers jours de Mannheim, de Bâle et du Luxembourg pour converger vers la capitale alsacienne.

Vêtus de gilets jaunes fluorescents, ils ne font toutefois pas partie du mouvement populaire portant le même nom. En témoigne l’inscription « Liberté pour Öcalan » sur leurs gilets.

Mercredi matin aux alentours de 10h30, une centaine de manifestants kurdes est partie de Ban-Saint-Martin, pour rejoindre la mairie de Metz.

L’objectif de cette marche : « Attirer le regard des institutions européennes, et notamment celles qui s’occupent des droits de l’homme, sur la situation d’Abdullah Öcalan », explique Malika Voisin, une manifestante. Chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan est emprisonné depuis 1999 sur l’îlot-prison d’Imrali, en Turquie. Placé à l’isolement, ce dernier y purge une peine de prison à perpétuité. La lutte armée qu’il dirigeait contre la Turquie est en effet accusée d’être à l’origine de la mort de 40 000 personnes depuis les années 1980.  

Concernant les violences commises par le PKK, Malika Voisin répond : « Il y a des violences, il y a des discriminations à l’égard des Kurdes. Je l’ai vu, je l’ai vécu. Malheureusement, comme toutes les problématiques politiques, il y a des réponses qui sont violentes en face ».

En rang deux par deux, les marcheurs kurdes sont partis le 11 février de Luxembourg. Leur destination : Strasbourg, qu’ils rejoindront le 16 février prochain. Après une escale à Thionville et à Metz, ils passeront également par Nancy. En tout, près de 19 nationalités sont présentes pour cette grande marche.

La mairie a reçu la centaine de manifestants pour témoigner de sa solidarité. « Nous sommes solidaires de tous ceux qui luttent au nom de la liberté », justifie Nathalie De Oliveira, adjointe au Maire. « Nous ne sommes pas ignorants de la complexité de la cause kurde sur les territoires en conflit. Mais il est important pour nous de dire que parmi ces combattants de la liberté, il y a des personnes qui méritaient d’être accueillis en mairie », poursuit-elle.

Pas le même son de cloche à Cologne, Mannheim et Karlsruhe...

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D’après le site internet du Südwestrundfunk, la marche qui avait démarré samedi à Mannheim a été dissoute par la police mardi à Karlsruhe, car certains des quelque 90 manifestants scandaient à répétition des slogans pro-PKK. Or, le « Parti des travailleurs du Kurdistan » est considéré par l’Union européenne comme une organisation terroriste. Autre entorse aux règles de la manifestation : des tracts non signés ont été distribués. Les nombreuses exhortations de la police de cesser ces comportements ont été ignorées. C’est ainsi que les autorités ont décidé de faire dissoudre la marche. La police a relevé l’identité des participants et sommait les manifestants de se disperser. Certains d’entre eux s’opposaient alors violemment, blessant légèrement 21 fonctionnaires de police.

... ni en Alsace, où la police a usé de gaz lacrymogènes.

kurdes

À Guémar, ce mercredi en fin d’après-midi, vers 17 h, une rixe a éclaté, alors qu’un groupe d’une cinquantaine de militants kurdes marchaient pour la libération de leur leader Abdullah Öcalan.

Alors qu’ils se trouvaient au niveau du rond-point de la zone d’activités du Muehlbach entre Guémar et Bergheim, un homme est descendu de sa voiture, avec à la main un bâton ou un outil s’apparentant à une barre de fer. Il s’est approché des marcheurs et se serait adressé à eux sur un ton provocant, toujours d’après des témoins et les gendarmes, dont trois personnels du Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) étaient présents pour sécuriser la manifestation.

Les militaires ont tenté d’éviter l’affrontement, mais une bagarre a éclaté sous leurs yeux entre plusieurs manifestants et le provocateur, qu’une connaissance aurait ensuite aidé à s’enfuir en voiture. Il était visiblement blessé, en particulier par des coups de poing et de pied. Des tuméfactions ont été observées chez quelques manifestants. Pour disperser les protagonistes, le Psig a fait usage de gaz lacrymogène.

Partis de Bâle voilà quelques jours et de Colmar hier matin, les militants kurdes ont fait étape à Sélestat hier soir, avant de poursuivre leur chemin jusqu’à Strasbourg, où ils seront sans doute plusieurs milliers à manifester samedi. 

La manifestation pourrait avoir plus d’ampleur que d’habitude, parce que Leyla Güven, députée turque HDP pro-kurde est en grève de la faim illimitée, toujours pour réclamer des meilleures conditions pour Öcalan. Son initiative a été suivie : « Aux quatre coins du Kurdistan et d’Europe, près de 300 personnes sont en grève de la faim illimitée », explique Hélène Erin, la porte-parole des Kurdes à Strasbourg.

Rappelons que le cortège partira samedi à 10 h des boulevards de Metz et de Lyon, près de la gare, pour rejoindre le parking des Vanneaux à la Meinau, où se tiendra un grand meeting.

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samedi 5 janvier 2019

Bien avant les gilets jaunes, le "Bundschuh" (1493)

Dans les deux cas, l'exigence d'un droit naturel absolu ?

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Le "mouvement Bundschuh", qui en 1493 a touché le sud de l'Allemagne et l'Alsace, notamment le Centre-Alsace, a débouché sur la Guerre des Paysans (1524-1526). Il marque de curieuses similitudes avec le mouvement et les revendications des Gilets jaunes. Ces deux événements historiques soulignent l'exigence de revendications populaires et la nécessité d'institutions démocratiques robustes pour soutenir et accompagner l'élan du peuple. Les raisons du mouvement Bundschuh et de la guerre elle-même sont inscrites dans les conditions de vie très dures auxquelles étaient soumis les paysans. Les classes populaires étaient assommées d'impôts, de corvées et subissaient les régulières vexations découlant de leur condition de serfs.

Le mouvement Bundschuh présente avec les "Gilets jaunes", manifestant à Paris et occupant à l'heure actuelle différents ronds-points en France, de curieuses analogies. La première de ces analogies est inscrite dans le nom des mouvements. Les "Gilets jaunes" attirent l'attention sur une pièce d'habit généralement utilisée sur les routes pour refléter la lumière et donc signaler la présence d'une personne sur la chaussée ou indiquer un éventuel danger. C'est à la fois un signe d'alarme et une mesure visuelle de protection. Le gilet jaune n'est pas un costume élégant, au contraire il s'inscrit dans un cadre de travail ou d'accident ce qui lui confère un aspect grave et sérieux.

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Le symbole du Bundschuh provenait quant à lui des chaussures en cuir nouées que les paysans portaient dans la zone géographique du Rhin supérieur. Cette chaussure qui référait distinctement au monde paysan et à ses modes de vie contrastait avec les bottes plus raffinées des seigneurs mais aussi avec leurs éperons de chevaliers. Le Bundschuh, comme chaussure, était un marqueur social et l'image de cette chaussure devint, élevée en bannière, un signe de ralliement. Le gilet jaune fonctionne de manière semblable, c'est une pièce de l'habit de travail si l'on est routier, cheminot, maçon ou ouvrier. Son jaune vif contraste avec l'élégance du "costard" costume porté par les professions libérales et la bourgeoisie d'affaires. D'ailleurs Emmanuel Macron, président de la République française, a conféré au costume trois pièces un prestige évident en spécifiant publiquement que c'est grâce à un travail dûment accompli que l'on acquérait un tel costume signe d'adoubement par la société du travail.

Le mouvement Bundschuh et celui des Gilets jaunes présentent bien d'autres analogies significatives ce qui contribue à enraciner ces deux manifestations populaires dans une histoire du temps long qui illustre les luttes idéologiques liées à l'obtention des libertés populaires. Cependant ce qui crée un lien particulier entre ces deux mouvements c'est qu'ils signalent par leur radicalisme un changement d'époque évident. Les paysans révoltés de l'Allemagne du Sud-Ouest entraient de plein pied dans une nouvelle époque spirituelle, celle de la Réforme de Luther; comme dans une nouvelle société européenne, celle générée par les Grandes Découvertes et les innovations scientifiques déjà amorcées par quelques ingénieux savants et humanistes. Un des portes-parole et réformateur de conscience des paysans, Thomas Munzer, illustre cette nouvelle intelligentsia humaniste. Issu d'une famille très pauvre, ayant perdu son père très tôt arbitrairement exécuté par un seigneur local, Thomas Munzer avait pu bénéficier néanmoins d'une solide formation théologique et scientifique ce qui le conduira à la Réforme jusqu'à ce qu'il rompe avec Martin Luther. Rejetant l'indulgence de Luther à l'égard des princes allemands, Munzer prônera une doctrine plus exigeante qui associe revendications sociales et réforme spirituelle.

Les historiens ont vu dans la doctrine de Thomas Munzer l'expression d'un "droit naturel absolu". En effet ne va-t-il pas jusqu'à associer la parole du Christ avec l'expression de la volonté égalisatrice des revendications paysannes. Il est possible de lire au premier article de la liste des revendications que les paysans feront circuler au plus chaud de leur soulèvement entre 1524 - 1526 cette réclamation :

"L´Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres".

Ce qui indique clairement un éveil de conscience: le message évangélique est réclamé mais on se méfie dorénavant des interprétations délivrées par les nobles et le clergé. Cette situation marque une rupture avec le pouvoir en place, comme les manifestations des Gilets jaunes et leur hostilité marquée à l'égard des journalistes (qui délivrent selon eux la doxa du gouvernement) et politiques illustre une méfiance globale à la narratologie des autorités étatiques. De la sorte, le discours économique est également remis en cause.

gilets

Divers experts, neutres ou rattachés au gouvernement français, ont beau insister sur les spécificités de la conjoncture mondiale, sur les carences françaises en matière économique ou encore sur la difficile résorption de la courbe du chômage, rien n'y fait, ce langage n'a plus prise sur les couches populaires. La crise économique de 2008 de même que l'urgence climatique ont porté un "coup fatal au grand récit néo-libéral". Les rouages de l'économie mondiale, instaurés par les accords de Bretton Woods en 1944, paraissent plus usés que jamais et l'exigence est désormais placée sur des modes de production et de sociabilité axés sur la solidarité et l'écologie.

L'urgence d'une nouvelle définition du commun, revendiquée par les Gilets jaunes, mais aussi par d'autres mouvements comme Occupy Wall Street, Nuit Debout, ou le Podemos espagnol trouve là aussi des résonances historiques auprès de ces paysans allemands, alsaciens et suisses qui à l'aube des Temps modernes revendiquaient que les "eaux doivent être libres", que les "forêts [reviendraient] à la commune" et que les autorités seraient élues de manière démocratique. Le mouvement des Gilets jaunes renoue ainsi spontanément avec les exigences d'un droit naturel radical que l'on croyait obsolète et que l'urgence climatique et sociale dévoile à nouveau.

Analyse parue dans "Médiapart".

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Le manifeste des Douze Articles adopté par les bandes paysannes du Bundschuh :

Article premier. – L'Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres.

Article 2. – Nous ne payerons plus de dîmes, ni grandes ni petites.

Article 3. – L'intérêt sur les terres sera réduit à cinq pour cent.

Article 4. – Toutes les eaux doivent être libres.

Article 5. – Les forêts reviendront à la commune.

Article 6. – Le gibier sera libre.

Article 7. – Il n'y aura plus de serfs.

Article 8. – Nous élirons nous-mêmes nos autorités. Nous prendrons pour souverain qui bon nous semblera.

Article 9. – Nous serons jugés par nos pairs.

Article 10. – Nos baillis seront élus et déposés par nous.

Article 11. – Nous ne payerons plus de cas de décès.

Article 12. – Toutes les terres communales que nos seigneurs se sont appropriées rentreront à la commune."

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lundi 31 décembre 2018

L’Allemagne ferme sa dernière mine de charbon

Une page de l'histoire allemande se tourne : à 16 heures ce vendredi 21 décembre, la mine de charbon de Bottrop (Ruhr) a mis fin à 150 ans d'exploitation. Il s’agissait de la dernière du pays, mais l'extraction du lignite, beaucoup plus polluant, se poursuit, notamment dans l’ex-République démocratique allemande (RDA-Est).

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Pendant six générations, les mineurs de la Ruhr ont exploité le charbon qui a permis le développement de l'industrie « made in Germany ». Pour la région, une page se tourne et l'émotion est vive dans la Ruhr, qui a déjà connu le déclin de la sidérurgie.

Dès jeudi 20, églises et cathédrales ont organisé des messes, les équipes de foot régionales, Schalke 04 et Dortmund, ont rendu hommage aux « gueules noires » avant leur dernier match. Le quotidien populaire Bild Zeitung a publié vendredi 21 un numéro spécial avec en Une un grand « merci pour le charbon ».

ruhr1Mais pour le climat, la fermeture de la dernière mine de charbon n'est pas forcément une bonne nouvelle. Le pays continue d'importer de grandes quantités de charbon d'Australie ou de Chine, nettement moins cher. Et surtout, l'Allemagne exploite au maximum de ses capacités ses mines de lignite, un combustible bien plus polluant que la houille, et ce dans de gigantesques mines à ciel ouvert, notamment en ex-RDA.

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lundi 24 décembre 2018

La police allemande arrête trois suspects de terrorisme en Bade du nord.

Deux hommes et une femme soupçonnés de terrorisme. 

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Déjà mercredi soir, quatre appartements avaient été fouillés à Mannheim et dans le Rhein-Neckar-Kreis. Après des perquisitions domiciliaires visant des terroristes présumés, trois suspects sont donc en détention. Comme le ministère public de Karlsruhe et le Bureau fédéral des enquêtes criminelles du Bade-Wurtemberg ont annoncé vendredi, ils sont soupçonnés d'avoir préparé un acte de violence grave et préjudiciable pour l'État. En outre, ils font l’objet d’une enquête pour possession illégale d’armes à feu. Un juge a émis des mandats d'arrêt. Un homme de 39 ans et deux hommes âgés de 33 et 49 ans ont été arrêtés. Dans un domaine de Plankstadt, les fonctionnaires ont obtenu une kalachnikov et des munitions. L’arme entièrement automatique est régie par la loi sur le contrôle des armes de guerre. L'enquête s'était initialement poursuivie jusqu'à vendredi. Il y a eu d'autres recherches. "Aucune autre arme, munition, objet dangereux ou preuve n'a pu être trouvée lors de la fouille prolongée", a déclaré le représentant de la police. Beaucoup de questions sont encore ouvertes. Entre autres, le motif n'était toujours pas clair, selon les données de vendredi. La relation entre les trois suspects n'a pas été communiquée au début. Il faut également déterminer comment ils ont obtenu l’arme de guerre et à quoi elle devait servir.

  • NB : Aux toutes dernières nouvelles, deux suspects supplémentaires viennent d'être arrêtés à l'aéroport de Francfort.

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jeudi 20 décembre 2018

Pour Noël, pluie de billets sur l'autoroute

Ce mercredi vers midi, la police allemande a fermé pour un court moment l’A98 à hauteur d’Eimeldingen (tout près du Rhin en face de Village-Neuf), pour une raison pour le moins insolite: une pluie de billets de banque qui risquaient de causer un accident. Ces billets voltigeaient sur la chaussée et ont été récupérés après la fermeture de la route. Les policiers ont ramassé quelques centaines d’euros... Mais aussi un porte-monnaie. Il pourrait s’agir d’un automobiliste qui, après une course ou avoir fait le plein, aurait oublié le porte-monnaie sur le toit de sa voiture. Mais ce n’est pas sûr, et une enquête a été ouverte pour retrouver leur propriétaire, aucun papier d’identité n’ayant été retrouvé.

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lundi 3 décembre 2018

Partager le siège de la France à l'ONU ?

Jean-Pierre Chevènement : "Ce serait réduire l'Europe à l'impuissance"

(réponse à un commentaire du 30/11)

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Que pensez-vous de l'idée consistant à partager avec l'Union européenne le siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU ?

Cette idée est contraire à la charte des Nations-Unies de 1945, qui confère à la France le rôle de membre permanent du Conseil de sécurité, avec droit de veto. Elle est de surcroît impraticable. Comment vingt-sept pays pourraient-ils s'entendre pour l'exercice du droit de veto ? Ce serait réduire l'Europe à l'impuissance. Au contraire, la France saura, d'une voix claire, faire valoir les intérêts européens. L'Allemagne doit nous faire confiance.

Comment interpréter cette nouvelle prise de position des Allemands ? Quelle est leur stratégie ?

Le « forcing » allemand s'inscrit dans une longue suite d'initiatives unilatérales prises sans concertation préalable avec la France, comme la sortie du nucléaire en 2011, la règle d'or en matière budgétaire en 2009-2012, la menace de jeter la Grèce en dehors de la zone euro, l'ouverture de l'Union européenne à l'afflux des réfugiés en 2015, etc... L'Allemagne avait déjà imposé, en 2008, la reprise dans le texte du traité de Lisbonne de la « substance » du projet de traité constitutionnel européen rejeté à 55% par le peuple français.

"C'est au Président de la République de mettre les points sur les i"

Cette méthode, qu'ont tolérée en silence Messieurs Sarkozy et Hollande, n'est pas la bonne entre nos deux pays. L'Allemagne ne doit pas donner le sentiment qu'elle renoue avec le vieux dessein de vouloir réduire l'influence de la France en Europe. Le Chancelier Kohl reprenait souvent le mot de Thomas Mann : « Mieux vaut une Allemagne européenne qu'une Europe allemande ». L'Allemagne doit s'accommoder de l'égalité avec la France qui figurait dans le pacte fondateur de la construction européenne.

Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une « bourde » de Olaf Scholtz. Le contrat de coalition CDU-CSU-SPD revendique un siège permanent pour l'Union européenne au Conseil de sécurité. Il n’était pas dit que ce serait au détriment de la France. La réaction française ne peut se borner à un tweet de Monsieur Araud, notre ambassadeur à Washington. C’est au Président de la République de mettre les points sur les i. (extrait de "Marianne")

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vendredi 5 octobre 2018

Six extrémistes de droite arrêtés à Chemnitz pour soupçons de terrorisme

Ils auraient planifié des attaques armées contre des étrangers et des dissidents, après avoir déjà frappé à Chemnitz.

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Le parquet fédéral a arrêté lundi six hommes en Saxe et en Bavière, soupçonnés de former une organisation terroriste d'extrême- droite. Comme l'a annoncé l'autorité de Karlsruhe, plusieurs appartements ainsi que d'autres locaux en Saxe ont été perquisitionnés, d'autres sont encore recherchés. Plus de 100 fonctionnaires de la police saxonne sont impliqués dans l'opération.

Une association terroriste appelée "Révolution Chemnitz"

Entre autres, les six Allemands arrêtés sont fortement suspectés d’avoir fondé, avec Christian K., 31 ans, une organisation terroriste d'extrême-droite appelée "Revolution Chemnitz". Christian K., considéré comme un dirigeant central, avait déjà été arrêté le 14 septembre par le parquet de Chemnitz en raison de violations particulièrement graves de la paix. Il est en détention depuis cette date.

L'accusé a essayé d'obtenir des armes semi-automatiques

Les informations recueillies indiquent que ces personnes sont déjà connues dans les milieux des hooligans, des skinheads et des néo-nazis. Le 11 septembre 2018 les accusés ont rejoint le groupement "Revolution Chemnitz". Ils auraient prévu des attaques et des attaques armées contre des étrangers et des dissidents politiques, selon le procureur fédéral.

Les accusés auraient déjà tenté d’obtenir des armes à feu semi-automatiques. Le 14 septembre, cinq d’entre eux auraient attaqué et blessé plusieurs étrangers armés de bouteilles de verre, de gants de quartz et d’un dispositif d’impulsion électrique avec d’autres extrémistes de droite violents sur l’étang du château de Chemnitz. Une victime a été blessée par le jet d'une bouteille de verre à l'arrière de sa tête. Selon l'enquête, l'attaque était censée être un "test" pour un événement prévu par les accusés pour le 3 octobre 2018, mais pas encore complètement compris.

Déjà des attaques de plusieurs étrangers

Le 14 septembre, cinq d’entre eux auraient attaqué et blessé plusieurs étrangers, armés de bouteilles de verre, de gants de quartz et d’un dispositif d’impulsion électrique près de l’étang du château de Chemnitz. Une victime a été blessée par le jet d'une bouteille de verre à l'arrière de sa tête. Selon l'enquête, l'attaque était censée être un "test" pour une attaque plus importante prévue par les accusés pour le 3 octobre 2018.

Les six personnes actuellement arrêtées ainsi que Christian K. ont été présentées lundi et mardi au juge d'instruction du Tribunal fédéral, qui a décidé de les placer en détention provisoire. 

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dimanche 23 septembre 2018

Freddy Quinn

Les Plus Belles Chansons de Freddy Quinn

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samedi 22 septembre 2018

Chute mortelle d'un blogueur à Hambach

Un déploiement policier massif se déroule en forêt de Hambach, entre Aix-la-Chapelle et Cologne, pour évacuer des écologistes qui tentent d’empêcher l’extension d’une mine de charbon géante. Mercredi 19 septembre, Steffen, un jeune blogueur est mortellement tombé d’une cabane.

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Proche des milieux écologistes allemands, il couvrait depuis déjà plusieurs mois la vie des habitants de la Zad de Hambach. Ces militants s’opposent à la destruction de la forêt millénaire de Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, menée par la compagnie électrique RWE pour étendre une mine de charbon géante à ciel ouvert.

Ce mercredi 19 septembre, cela faisait sept jours que le jeune photojournaliste suivait l’évacuation surdimensionnée — 3.500 policiers, canons à eau, chevaux, hélicoptères — des quelque 150 militants de la Zad et de leurs 51 cabanes perchées dans les arbres. Peu avant 16 heures, il a chuté d’un pont suspendu entre deux cabanes, à 14 mètres de hauteur. Gravement blessé, il a été transporté en urgence à l’hôpital de Cologne mais n’a pu être réanimé et est décédé. Dans une conférence de presse organisée dans l’urgence, le porte-parole de la police régionale, Paul Kemen, a assuré qu’« aucune opération n’était alors en cours dans le secteur où a lieu l’accident ». Selon lui, un policier serait venu au pied de l’arbre pour donner à Steffen M. une carte mémoire d’appareil photo. Le journaliste serait tombé en tentant de la remonter via un système de câbles et poulies.

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Mais le collectif de zadistes Hambi Bleibt donne une autre version des faits. « Le SEK [unité d’élite de la police allemande] était en train d’arrêter un militant près du pont suspendu. Notre ami était apparemment en chemin pour filmer l’interpellation lorsqu’il est tombé », écrivent les militants sur leur site internet.

Les opérations d’évacuation de la Zad ont été immédiatement suspendues. Sur place, le deuil et la stupeur règnent parmi les militants et les policiers, selon le journaliste de la Tageszeitung Malte Kreutzfeldt« Nous sommes profondément bouleversés, a réagi le collectif de militants Hambi Bleibt. Nos pensées vont à ses proches, ses amis et tous ceux qui se sentent concernés. »

Les zadistes demandent l’arrêt définitif de l’évacuation. « Nous demandons à la police et RWE de quitter immédiatement la forêt et de stopper cette opération dangereuse. Aucune autre vie humaine ne doit être mise en danger. » De son côté, la compagnie, premier énergéticien d’Allemagne, a déclaré sur Twitter « regretter un accident tragique ».

La forêt de Hambach est devenue ces dernières années le symbole de la lutte contre le charbon en Allemagne. Occupée depuis six ans par des militants écologistes, elle est promise à la destruction par son propriétaire, la compagnie d’énergie RWE, qui souhaite exploiter son sous-sol riche en lignite. Sur les 4.100 hectares que comptait la forêt à l’origine, il n’en reste plus aujourd’hui que 200. À la suite du feu vert de la justice allemande, RWE entend en raser la moitié à partir du 1er octobre. Le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a lancé la semaine dernière l’évacuation de la Zad, officiellement pour « risques élevés d’incendie ».

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vendredi 21 septembre 2018

Bavière : croix gammée et AfD dans un champ

Vu d'avion !

afdAprès que des pilotes eurent découvert à Prackenbach, dans le district de Regen en Basse-Bavière, une énorme croix gammée et, à côté d’une inscription AfD, ils ont prévenu les services de l’État. Un fermier est accusé.  

C'est avec du lisier et du fumier qu'un inconnu a peint sur un champ à Prackenbach, le mot " AfD " et une croix gammée. Ceux qui se tenaient devant le terrain ne pouvaient pas reconnaître le message, mais plusieurs pilotes avaient photographié ces graffitis originaux. La photo, largement partagée via les médias sociaux, a fait sensation. L'enquête de police a permis d'identifier un suspect.

L'auteur de 34 ans a déclaré qu’il avait réalisé ces signes début septembre. Il prétend aussi qu'il ne voulait pas utiliser de panneaux. L'homme n'a aucun antécédent judiciaire, mais le propriétaire du champ, qui s'est chargé de faire disparaître ces inscriptions, a porté plainte contre lui.

Il y a plus de 30 ans, une affaire similaire avait eu lieu dans la vallée de Villé, à Breitenbach, où de tristes sires de la même idéologie d'extrême-droite avaient peint au désherbant les mots "Large Rivière" sur le terrain de football et les panneaux du village. L'un d'eux figure aujourd'hui parmi les trois personnalités célèbres de cette commune sur Wikipedia. Incroyable ! 

afd1Personnalités liées à Breitenbach sur Wikipedia :

  • Charles-Emile Freppel (1827 - 1891, né d'une famille de Breitenbach, devenu évêque de Angers, député du Finistère, fondateur de l'université catholique de l'Ouest)
  • Charles-Auguste Frantz (peintre originaire de Breitenbach)
  • Pierre Rieffel, leader du groupe autonomiste des Loups Noirs ! Sans blagues !

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