lundi 18 avril 2022

Le pétrole russe de "l'amitié", encombrant héritage d'une raffinerie allemande

Le producteur russe de gaz Gazprom a annoncé dans un communiqué avoir continué à approvisionner l'Europe en gaz naturel via l'Ukraine conformément aux demandes de ses clients européens. Ces besoins pour le 17 avril se montaient à 57 millions de mètres cubes, a ajouté Gazprom. Poutine voudrait-il reconstruire le rideau de fer ? Voici en tous cas une explication complète concernant la raffinerie de Schwedt (près de Rostock - ancienne Allemagne de l'Est), parue dans la revue "Actu & Eco" :

Du pétrole russe abreuve depuis des décennies la raffinerie de Schwedt, un ancien combinat est-allemand qui a survécu à la réunification mais pourrait ne pas se remettre d'un arrêt des importations de brut puisé dans les gisements sibériens.

hambourg1"La peur du lendemain est très proche de ce qu'elle était après la chute du mur", décrit Buckhard Opitz pour résumer le sentiment des 1.200 salariés de l'entreprise PCK.

Entré à la raffinerie en 1977, ce sexagénaire n'a pas oublié les turbulences économiques qui ont accompagné la réunification de l'Allemagne en 1990 avec son cortège de sites industriels démantelés et de privatisations douloureuses.

La raffinerie de Schwedt a surnagé, moyennant une sévère restructuration, parce qu'"elle faisait partie des plus modernes, parce que nous avons toujours été au top", affirme M. Opitz, représentant local du syndicat de la chimie et de l'énergie IG BCE.

Depuis l'offensive lancée par Moscou en Ukraine, l'incertitude étreint de nouveau la commune située près de la frontière polonaise.

L'usine a beau se savoir indispensable, puisqu'elle fournit environ 90% du carburant et combustible consommé à Berlin et sa région, y compris le kérosène de l'aéroport, l'argument ne suffit pas à rassurer.

Pour compliquer l'équation, le géant pétrolier russe Rosneft, contrôlé par le Kremlin, est actionnaire majoritaire du site.

- Fin du monde "normal" -

hambourgA la permanence locale du parti social-démocrate (SPD), on évite de s'exprimer "car les craintes sont déjà suffisamment grandes". De nombreuses entreprises locales dépendent de l'activité de la raffinerie.

Même si l'Union Européenne s'est contenté jeudi de décider d'un embargo sur le charbon russe, des sanctions sur le pétrole et le gaz russes viendront "tôt ou tard", a assuré le président du Conseil européen Charles Michel.

L'Allemagne refuse un embargo immédiat sur l'ensemble des énergies russes, notamment le gaz. Mais Berlin veut s'en libérer progressivement et quasiment stopper ses achats de pétrole russe d'ici la fin de l'année.

Or ce pétrole est la raison d'être de la raffinerie de Schwedt où débouche une branche du plus long oléoduc du monde qui part du sud-est de la Russie.

Le pipeline "Droujba" a été mis en service dans les années 1960 pour acheminer du brut de l'URSS vers les pays du bloc de l'Est. Il reste une source vitale de brut pour de nombreuses raffineries d'Europe centrale. "Droujba" signifie "amitié" en russe.

Fin 2021, Rosneft avait annoncé son intention d'augmenter de 54 à 92% sa participation dans la raffinerie PCK, en rachetant ses parts à Shell. Le groupe russe est présidé par Igor Setchine, un oligarque proche de Vladimir Poutine visé par les sanctions occidentales.

"Le monde était encore normal à l'époque. Il n'y avait aucune raison de refuser la participation russe, tout comme il y avait des participations allemandes en Russie", assure à l'AFP Alexander von Gersdorff, porte-parole de l'association allemande des industries pétrolières En2x.

Aujourd'hui il en est convaincu : "Sans pétrole en provenance de Russie, la raffinerie de Schwedt devrait être mise hors service. Il n'y aurait plus d'essence ni de diesel pour Berlin, sa région ou la Pologne occidentale".

- "Irréaliste" -

La gouvernement allemand a reconnu que le cas de Schwedt était complexe. L'option d'une nationalisation temporaire a été évoquée dans les médias.

C'est la mesure exceptionnelle choisie récemment pour la filiale allemande de Gazprom, dont Berlin a pris le contrôle.

Esquissant un schéma sur un coin de papier, Buckhard Opitz assure que des alternatives au pétrole russe peuvent être trouvées pour la raffinerie, monstre métallique qui se dresse à la sortie de la ville, à une centaine de kilomètres de Berlin.

Un pipeline arrive du port allemand de Rostock, qui pourrait recevoir du brut d'autres parties du monde, dit-il. La Pologne pourraient compléter l'approvisionnement via le port de Gdansk.

"Irréaliste", juge Alexander von Gerstoff, compte-tenu des difficultés logistiques : Rostock ne peut accueillir des tankers suffisamment gros ; la Pologne a besoin de toutes ses capacités pour sa propre diversification. Et les raffineries de l'est de l'Allemagne ont été conçues pour fonctionner avec du brut russe, aux caractéristiques particulières.

"Différents scénarios logistiques et technologiques" sont à l'étude, a indiqué l'entreprise à l'AFP. "La décision finale sera politique", assure Buckhard Opitz. (selon "Actu & Eco")

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jeudi 24 février 2022

Ukraine : Berlin suspend le gazoduc Nord Stream 2. Quelles conséquences ?

Le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé qu'il avait suspendu l'autorisation du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne, après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de provinces ukrainiennes pro-russes. Ce qui ne va pas aller sans poser de problème à l'Allemagne. La sortie du nucléaire et un réseau électrique soumis aux logiques du privé ont maintenu à un haut niveau l’exploitation du lignite. Moins polluant, le gaz naturel russe devait éviter à l’Allemagne de rester la pire soufflerie de CO2 du continent... Explications.

gazLe chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé le 22 février 2022 suspendre l'autorisation du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne, après la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de provinces ukrainiennes pro-russes, et menacé « d'autres sanctions ». Reste que ce choix pourrait également mettre l'Allemagne dans l'embarras.

Le chantier du gazoduc Nord Stream 2 a été lancé en avril 2018. Il est depuis septembre 2021 « entièrement achevé », selon son propriétaire, le géant russe Gazprom. Ce pipeline ouvre une voie de passage sous la mer Baltique, après un trajet sous l'eau de 1 230 km, et doit permettre un doublement des livraisons de gaz naturel russe.

Des pressions tous azimuts

Les États-Unis de Donald Trump avaient à l'époque tenté de faire pression, accusant Berlin de collusion avec l’ennemi russe et sanctionnant les sociétés européennes impliquées dans la pose des canalisations géantes. L’affaire Navalny avait également été l’occasion, pour l’administration Biden, de hausser encore le ton pour exiger l’arrêt des travaux.

Plusieurs pays européens comme la Pologne, vent debout de longue date contre ce projet qui contourne son territoire, avaient enjoint les autorités allemandes à couper les ponts avec Moscou. Même Paris, initialement favorable au gazoduc, dont le groupe Engie est l’un des financiers, avait tourné casaque, se ralliant à Washington. Des pétitions antigazoduc ont circulé outre-Rhin.

Pourtant, Berlin s’est accroché. Et aujourd'hui encore, car suspenssion n'est pas annulation.... Angela Merkel s’était d'ailleurs toujours employée à séparer le dossier « du renforcement des sanctions» contre le régime de Vladimir Poutine de celui de Nord Stream 2. «En dépit de toutes les différences, il demeure stratégique de rester en discussion avec la Russie sur beaucoup de questions», justifiait alors la chancelière.

A raison : le gazoduc n’est pas seulement une bonne affaire pour les exportations russes, il revêt une importance géostratégique majeure pour l’Allemagne.

Sortie progressive du charbon

L’accès au gaz naturel russe est devenu une pièce cruciale de la politique énergétique allemande. Le pays est le plus gros pollueur européen en matière de production d’électricité. Il dépend de centrales au charbon et au lignite, véritables souffleries de CO2. Et l’arrêt définitif de l’exploitation du nucléaire, programmé d’ici à la fin de l’année 2022, menace d’envenimer la situation. Il représente en effet encore 10 % de la production électrique, début 2021. Son retrait promet donc de renforcer le poids des combustibles hautement carbonés. Or, le gaz naturel présente l’avantage d’émettre jusqu’à 40 % de moins de gaz à effet de serre que le lignite, qui reste la principale source d’énergie du pays.

La suspension de Nord Stream 2 n'est donc pas seulement une sanction à l'encontre de la Russie, mais représente aussi un danger pour la politique énergétique allemande. (selon "L'Humanité")

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jeudi 27 janvier 2022

« Villes vertes » d'Allemagne

Une utopie proposait jadis de construire les villes à la campagne; en Allemagne, c'est la nature elle-même qui s'invite dans les cités de multiples façons : urbanisme vert, architecture durable, mobilités douces, gastronomie végétarienne ou végane… Bienvenue dans les « Green Cities » made in Germany !

fribourg1L'époque où l'on se précipitait pour avaler les kilomètres sans savourer son voyage est bel et bien révolue ! Vive l'ère du ralentissement et l'avènement des villes Cittaslow, qui donnent la priorité à la qualité de vie et au développement durable. Et, surtout, qui nous incitent à prendre le temps. En Allemagne, vingt et une métropoles ont rejoint ce réseau promouvant une autre manière de vivre les villes. L'occasion d'en découvrir certaines et d'en redécouvrir d'autres…

Ainsi, Berlin peut se targuer d'être pionnière en matière de culture écologique – le premier magasin bio y a ouvert en 1978, la capitale accueille une grande partie des mille restaurants végétariens ou végans du pays et est un haut lieu du shopping de seconde main tout comme de l'upcycling –, mais elle n'est pas la seule à se distinguer par ses innovations et par ses éco-hotspots que l'on peut visiter guidé par des Berlinois. Le Krämerbrücke offre un cadre singulier aux amateurs de shopping alternatif. Qu'il s'agisse de produits artisanaux et traditionnels ou de saveurs authentiques, on trouve forcément son bonheur sur le plus long pont habité d'Europe, encadré de verdure…
Les villes de demain… aujourd'hui

fribourgLa reconquête verte des villes passe par un urbanisme plus vertueux, dont les effets s'apprécient dès maintenant. Particulièrement en pointe sur le sujet, Fribourg-en-Brisgau, dans le Bade-Wurtemberg, peut se prévaloir de compter avec l'Héliotrope la première maison à énergie positive au monde ! Les quartiers Vauban et Rieselfeld sont eu aussi précurseurs dans leur approche écologique, on y trouve notamment de multiples installations photovoltaïques. Du côté de Wernigerode, en Saxe-Anhalt, les cours d'eau ont été aménagés afin que les truites puissent circuler librement. En plus des vergers urbains, les façades se couvrent de plantes et les transports en commun sont gratuits pour les touristes.

Hambourg se végétalise aussi en convertissant des toits de parking en potagers d'où l'on peut admirer l'architecture du néo-quartier écoresponsable de HafenCity. Il va sans dire que la ville figure dans le peloton de tête pour le shopping durable : outre de la mode équitable, on y trouve un grand choix de déco fabriquée avec du bois flotté ramassé dans le port. Enfin, Bremerhaven invite à la découverte de la maison du Climat, un musée où l'électricité provient de sources renouvelables et où l'on peut se rendre en toute sécurité à vélo. Car, naturellement, dans les Green Cities, de vastes réseaux de pistes cyclables relient très aisément les villes entre elles, mais les connectent aussi à la campagne environnante.

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mardi 7 décembre 2021

L’Allemagne impose de sévères restrictions aux non-vaccinés

Un nouveau tour de vis avant une obligation vaccinale qui fait désormais consensus: l’Allemagne a décidé jeudi d’imposer de sévères restrictions aux non-vaccinés pour tenter d’endiguer la virulente quatrième vague d’infections.

allemagne« La situation est très, très difficile », a souligné le futur chancelier, Olaf Scholz, à l’issue d’une réunion avec Angela Merkel et les 16 régions du pays. Si les chiffres se stabilisent ces derniers jours, ils restent globalement alarmants, avec des dizaines de milliers de cas supplémentaires chaque jour, une incidence proche de 440 et de nombreux hôpitaux proches de la saturation.

Pour y faire face, les autorités ont décidé de cibler les personnes non-vaccinées, qui représentent à peu près un tiers de la population.

Pas de feux d’artifice

« Nous allons organiser les activités culturelles et de loisirs dans toute l’Allemagne uniquement pour les personnes vaccinées et guéries » du Covid-19, a détaillé Mme Merkel, qui quittera le 8 décembre le pouvoir après 16 années aux commandes de l’Allemagne. Cette règle dite « 2G », vacciné ou guéri, « sera également étendue au commerce de détail, à l’exception des magasins de consommation courante », a précisé la chancelière.

Cette limitation drastique de l’accès à la vie sociale pour les personnes non vaccinées est qualifiée par plusieurs responsables politiques de « confinement » pour ceux qui n’ont pas reçu d’injection. Les personnes non vaccinées sont déjà soumises à des restrictions d’accès à la vie publique mais les règles étaient à géométrie variable et ne couvraient pas l’ensemble des régions.

Pour éviter les rassemblements durant les Fêtes de fin d’années, gouvernement et Länder ont aussi interdit les pétards et feux d’artifice, très prisés des Allemands. Clubs et boîtes de nuit devront fermer à partir d’une incidence de 350, un indice actuellement dépassé dans une majorité de régions. Le port du masque redevient obligatoire dans les établissements scolaires du pays.

Ces mesures doivent permettre une amélioration dans les prochaines semaines, avant le vote et l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale. Cette mesure drastique, déjà choisie par le voisin autrichien, pourrait entrer en vigueur en février, après un avis du Conseil de l’Ethique et un vote du parlement.

L’opinion publique allemande a elle-même largement évolué sur la question. Si deux tiers environ des sondés étaient contre une obligation vaccinale l’été dernier, la proportion s’est totalement inversée, avec 64% d’Allemands désormais favorables, selon un sondage pour RTL et ntv. Dans les rues de Berlin, l’obligation à venir est plutôt bien accueillie.

« En principe, je trouve toujours qu’une obligation est délicate. Mais je pense que nous sommes déjà si profondément dans la pandémie qu’il n’y a pas moyen » de faire autrement, explique ainsi à l’AFPTV Clara. « Dès le début, ça aurait été une bonne idée. Parce qu’apparemment, ça ne marche pas » quand seuls certains font la démarche de se faire vacciner, abonde Alicia Münch.

SOS des hôpitaux

La mesure est également soutenue par les Verts et les Libéraux, pourtant traditionnellement rétifs à toute contrainte, ainsi que les conservateurs d’Angela Merkel, désormais dans l’opposition. Seul le parti d’extrême droite AfD s’y oppose, avec une campagne d’affichage « Le vaccin obligatoire? Non merci ! » reprenant un slogan des opposants au nucléaire.

Le contexte est compliqué par la transition politique en Allemagne, entre une Angela Merkel sur le départ – elle donnera un discours d’adieu jeudi soir lors d’une cérémonie militaire – et un Olaf Scholz qui ne sera élu chancelier que la semaine prochaine par le Bundestag. Les restrictions impulsées par la nouvelle coalition doivent ainsi montrer, espère le futur chancelier, qu' »il n’y a pas de vide du pouvoir, comme certains l’évoquent en ce moment ». La Bundesliga se verra imposer une limitation du nombre de spectateurs dans les stades, évitant, après d’ultimes discussions, le retour au huis clos total.

« Du point de vue de la médecine intensive et d’urgence, la situation de la pandémie n’a jamais été aussi menaçante et grave qu’aujourd’hui », s’alarme l’Association allemande de médecine intensive (DIVI) qui réclame un confinement partiel de l’ensemble de la population. Les autorités allemandes essuient également des critiques sur l’embouteillage constaté pour accéder à la vaccination, avec des difficultés à obtenir un rendez-vous médical. Les pharmacies seront mises à contribution pour élargir la distribution. (selon "Le Quotidien du Luxembourg")

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lundi 1 novembre 2021

Dix ans de prison pour le meurtre d’une enfant yazidie

Une Allemande de 30 ans, ex-membre de l’Etat Islamique, a été reconnue coupable de «crime contre l’humanité ayant entraîné la mort» et d’appartenance à une organisation terroriste.

yazidiAccusée d’avoir laissé mourir de soif une fillette yazidie réduite en esclavage en Irak, une Allemande membre du groupe djihadiste EI a été condamnée lundi à dix ans de réclusion par un tribunal de Munich. Jennifer W., 30 ans, a notamment été reconnue coupable de «crime contre l’humanité ayant entraîné la mort» et d’appartenance à une organisation terroriste, dans l’un des premiers procès au monde à juger un crime de guerre contre les Yazidis, minorité kurdophone persécutée par les djihadistes.

Vêtue d’un pull noir, sa longue chevelure brune détachée, la jeune femme n’a pas réagi à l’annonce de sa condamnation, plus clémente que la réclusion à perpétuité réclamée par le parquet. «Vous deviez savoir dès le départ qu’une enfant enchaînée sous un soleil de plomb serait en danger de mort», lui a lancé lundi le président de la Cour, Reinhold Baier.

Mais les juges ont également reconnu que l’ex-jihadiste «ne disposait que de possibilités limitées pour mettre fin à l’asservissement» des victimes, selon un communiqué du tribunal.

Fillette «punie»

Cette Allemande originaire de Lohne, en Basse-Saxe (nord-ouest), avait gagné l’Irak en 2014 pour rejoindre «ses frères», comme elle l’a expliqué lors du procès entamé en avril 2019. Pendant plusieurs mois, elle y a patrouillé, armée, au sein de la police des mœurs à Falloujah et Mossoul. Cette force veillait notamment au respect des règles vestimentaires et de comportement édictées par les djihadistes.

À l’été 2015, elle et son mari d’alors, jugé à Francfort dans une procédure parallèle, ont acheté comme esclaves, parmi un groupe de prisonniers, une fillette de cinq ans et sa mère issues de la minorité yazidie. Témoin clé des procès de Munich et Francfort, la mère survivante, qui vit désormais cachée en Allemagne, a livré à la barre le récit des sévices subis.

Après de nombreuses maltraitances, la petite fille a été «punie» par le mari de l’accusée pour avoir uriné sur un matelas, puis attachée, par des températures autour de 50 °C, à une fenêtre à l’extérieur de la maison. La fillette est morte de soif tandis que sa mère était contrainte de rester au service du couple.

Pas d’explication sur sa radicalisation

Accusée d’avoir laissé faire sans intervenir, Jennifer W. a affirmé à l’audience avoir «eu peur» que son compagnon «ne (la) pousse ou l’enferme». Au cours du procès, la jeune femme n’a pas vraiment apporté d’explications sur son parcours de radicalisation.

Timide lors des premières audiences, elle s’est ensuite enhardie. «On va faire de moi un exemple pour tout ce qui s’est passé sous l’EI. Il est difficile d’imaginer que cela soit possible dans un État de droit», s’était-elle défendue, selon des propos cités par le journal Süddeutsche Zeitung.

Elle avait été arrêtée par les services de sécurité turcs en janvier 2016 à Ankara puis extradée vers l’Allemagne. Elle n’a été placée en détention qu’en juin 2018, après avoir été arrêtée en tentant de rejoindre de nouveau, avec sa fille de deux ans, les territoires que l’EI contrôlait encore en Syrie. Durant cette tentative, elle a raconté sa vie en Irak à son chauffeur, qui était en réalité un informateur du FBI la conduisant dans une voiture équipée de micros. Le parquet a utilisé ces enregistrements pour l’inculper.

Crimes commis sur les Yazidis

Ce procès est l’un des premiers concernant des crimes commis sur les Yazidis, minorité kurdophone du nord de l’Irak. En octobre 2020, une Germano-Tunisienne, épouse d’un djihadiste, avait été condamnée par un tribunal allemand à trois ans et demi de prison pour avoir notamment contribué à réduire à l’état d’esclave une jeune Yazidie lorsqu’elle séjournait en Syrie.

Deux autres Allemandes rapatriées depuis 2020 des territoires de l’EI sont soupçonnées de complicité de crimes contre l’humanité en lien avec les exactions commises contre la minorité yazidie.

Cette communauté ethno-religieuse yazidie a été particulièrement persécutée par les djihadistes, qui ont réduit ses femmes à l’esclavage sexuel, enrôlé de force des enfants-soldats et tué des hommes par centaines. (selon "Le Matin" - Suisse -)

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samedi 30 octobre 2021

Non, pas ça !

Là, ça devient sérieux pour les Allemands : le prix de la bière sera sensiblement augmenté. On s’attend (enfin !) à la Révolution Allemande !

bi_reLa révolution n’est pas vraiment inscrite dans l’ADN des Allemands. Bien sûr, il y avait quelques petites révolutions, comme en 1848, mais généralement, les révolutions en Allemagne étaient importées depuis la France. De leur propre chef, les Allemands auraient plutôt tendance à créer beaucoup de formulaires pour que l’on puisse faire une requête de révolution auprès les administrations. Mais là, les choses pourraient changer – le prix de la bière sera augmenté et on peut se demander comment les Allemands avaleront cette nouvelle…

Les Allemands surnomment la bière tendrement « pain liquide » et une augmentation du prix de la bière constitue une attaque sur l’un des piliers de la culture allemande. Dans un pays où 1492 brasseries produisent environ 85 hectolitres de bière par an, une telle augmentation fait forcément désordre. La hausse du prix du gaz, la hausse du prix de l’essence, d’accord. C’est embêtant, mais une hausse du prix de la bière, c’est le signe qu’il y a des choses qui ne tournent pas rond au pays germanique.

La hausse a été annoncée par les trois plus grands groupes de brasseries en Allemagne, Radeberger, Krombacher et Veltins qui, ces dernières années, ont acquis bon nombre d’autres brasseries plus petites pour forger des « empire brassicoles ». Prévue pour le printemps 2022, il est évident que les autres brasseries suivront l’exemple des leaders sur le marché et cela se traduira par une augmentation de la chope de bière au restaurant ou dans les bars pouvant atteindre 0,50€ à 0,70€. Ceux qui achètent leur caisse de bière au supermarché, doivent compter au minimum avec une augmentation d’un euro. Un tremblement de terre économique en Allemagne.

Oui, il y a des arguments, comme la hausse du prix d’énergie (selon une porte-parole du secteur brassicole, les brasseries doivent gérer une hausse du prix d’énergie de 150% sur les trois dernières années), il y a la pénurie de matières premières (houblon ?), il y a des hausses des prix partout, dans la logistique, dans la distribution, il y a les conséquences de la pandémie, il y a plein de raisons. Mais ça, les Allemands ne voudront pas l’entendre. Si l’état peut sauver à coup de milliards des compagnies aériennes, pourquoi ne pas intervenir sur le prix de la bière ?

Maintenant, que feront les Allemands ? Peut-on s’attendre à une « Révolution allemande » ? Ou est-ce que les Allemands limiteront leur consommation de bière ? Bien sûr que non.

Le printemps 2022 sera chaud en Allemagne, lorsque cette hausse interviendra. Verra-t-on une « marche sur Berlin » ? Est-ce que les consommateurs de bière bloqueront les ronds-points ? Une grève générale ? Motion de confiance au Bundestag ? On verra bien. Mais là, les choses deviennent sérieuses…(selon "Eurojournalist")

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mardi 31 août 2021

Kaboul – l’Allemagne aussi a arrêté les évacuations

Le « pont aérien » de l’armée allemande, comme celui de la France, est terminé. Seul bémol : il reste environ 300 ressortissants allemands et de milliers de collaborateurs afghans sur place. Mais les autorités allemands restent optimistes…

afghanistanPour le gouvernement allemand, la mission d’évacuation de ses ressortissants et de ses collaborateurs afghans des 20 dernières années, est terminée. Du moins, c’est ce que le porte-parole du gouvernement a déclaré devant la presse. Mais quid des 300 ressortissants allemands qui n’ont pas réussi à se frayer un chemin jusqu’à l’aéroport de Kaboul et quid des milliers de collaborateurs de l’armée allemande qui se trouvent aujourd’hui dans le collimateur des Talibans (et d’autres groupes radicalisés et terroristes comme Daesh et Al-Qaïda) ? La réponse du gouvernement est incroyable. Le gouvernement allemand entend « soutenir » ces personnes à trouver un autre chemin pour quitter l‘Afghanistan. Mais comment est-ce que les autorités allemandes souhaitent « soutenir » depuis Berlin les personnes concernées à trouver une autre manière de quitter ce pays en proie des extrémistes et aux frontières fermées ?

Actuellement, le gouvernement allemand estime qu’il faudrait encore évacuer « environ 10 000 personnes » du pays, mais, toujours selon le gouvernement, on ignore combien auraient déjà quitté le pays par leurs propres moyens. Pour aller où? Les pays limitrophes ont fermé les frontières, les Taliban contrôlent quasiment tout le pays et 10 000 personnes, hommes, femmes, enfants, ne peuvent pas circuler au pays sans se faire remarquer par les Taliban.

Après avoir fermé le pont aérien, le gouvernement allemand s’est montré généreux en annonçant que les anciens collaborateurs se verraient accorder un titre de séjour en Allemagne, à condition, bien entendu, d’y arriver par leurs propres moyens. Cette annonce montre une nouvelle fois que les autorités allemandes tentent de cacher leur défaillance dans l’évacuation en faisant confiance au Taliban. Mais comment peut-on faire confiance aux Talibans ?

Pour le dire clairement – le gouvernement allemand, comme certainement aussi le gouvernement français,a eu tout faux. Encore le 13 août dernier, donc 2 jours avant l’entrée des Taliban dans la capitale Kaboul, le gouvernement allemand estimait que cette entrée dans Kaboul ne pouvait se faire pas avant le 11 Septembre. Au mois de juin, les services secrets allemands avaient même estimé que les Talibans n’allaient pas arriver à Kaboul « avant 18 à 24 mois »… Maintenant, la Bundeswehr a stoppé les vols d’évacuation, à un moment où environ 10 000 personnes devraient encore être évacuées. Les inviter à se débrouiller pour arriver aux frontières allemandes, est le summum du cynisme. Depuis des années, les frontières de l’Union Européennes deviennent de plus en plus étanches et recommander à des familles en détresse de se débrouiller, en évitant les postes de contrôle des Taliban, relève de l’irréel.

En promettant aux collaborateurs afghans de les sauver en cas de besoin, l‘Allemagne a condamné bon nombre d’entre eux à la mort. Ces personnes auraient effectivement pu essayer de quitter le pays tant que c’était encore possible, mais elles étaient restées en faisant confiance à la promesse allemande de les sauver en cas de besoin. Si aujourd’hui, l’Allemagne communique fièrement avoir évacué ces derniers jours, 5347 personnes par le pont aérien entre Kaboul et Tachkent, force est de constater qu’elle en a laissé environ 10 000 sur place, livrées sans aucune protection au bon vouloir des Taliban, de Daesh, d’Al-Qaïda et des « seigneurs de guerre » dans les différentes régions.

L’Allemagne n’est certainement pas le seul pays à avoir condamné ses collaborateurs sur place à la peine capitale. Mais l’arrêt du pont aérien n’est pas la fin de l’histoire – il faudra désigner ceux qui portent la responsabilité pour cette catastrophe humaine. (Selon "Eurojournalist")

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lundi 16 août 2021

La bière, carburant des Allemands…

L’Agence des statistiques européens Eurostat vient de publier les chiffres autour de la bière. Peu étonnant, l’Allemagne est et reste le plus grand producteur de bière en Europe, mais les voisins outre-Rhin ne sont ni les plus grands consommateurs, ni les plus grands exportateurs de cette boisson.

bi_reEn 2020 et malgré la crise, 32 milliards de litres de bière ont été produits dans l’Union Européenne. Loin devant, l’Allemagne avec 7,5 milliards de litres, ce qui correspond à 24% de la production européenne. A la deuxième place, la Pologne avec 3,8 milliards de litres, suivie par l’Espagne et les Pays-Bas.

Si l’Allemagne produit beaucoup de bière, elle garde le plus clair de sa production pour elle. Ainsi, le plus grand exportateur de bière en Europe sont les Pays-Bas avec 1,9 milliards de litres exportés, la deuxième place des exportateurs de bière revient à la Belgique avec 1,7 milliards de litres d’exportés et l’Allemagne qui n’exporte que 1,5 milliards de litres sur les 7,5 milliards de litres produits.

Mais est-ce que cela veut dire que les Allemands sont les plus grands buveurs de bière en Europe ? Non. Ce sont les Tchèques qui en consomment le plus, avec 142 litres par personne et an, suivis par les Autrichiens avec 107 litres par personne et an et les Allemands ne viennent qu’à la 3e place avec 100 litres de bière consommés par personne et par an.

Le Général de Gaulle avait dit un jour « comment diriger un pays qui compte 357 sortes de fromage différents ? ». On pourrait transposer cette question en « comment diriger un pays comme l’Allemagne dont les 1500 brasseries produisent pas moins de 6000 sortes de bière différentes ? ».

En tout cas, à lire les chiffres d’Eurostat, la pandémie a déclenché un petit changement. Si avant la crise, les bières sans alcool avaient le vent en poupe, leur production et vente à baissé en 2020 de 8% – comprendre : quand les temps sont difficiles, les gens ont plutôt tendance à noyer leurs soucis dans une bière forte… (selon "Eurojournalist")

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vendredi 9 avril 2021

Une lettre à deux chefs d’état pour l’abolition des tests à la frontière

Le Stiringeois Christophe Mouynet, l’un des organisateurs des manifestations de frontaliers le samedi à la Brême d’Or, enverra dans quelques jours une lettre, signée par des élus locaux, à Emmanuel Macron et Angela Merkel pour demander l’abolition des tests nasopharyngés et le retour à l’attestation employeur pour traverser la frontière.

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Regrettant la trop faible affluence lors des rassemblements de frontaliers chaque samedi depuis un mois aux passages de frontière de la Brême d’Or et de Sarreguemines pour réclamer la fin des tests obligatoires pour entrer en Allemagne, Christophe Mouynet, l’un des organisateurs des rassemblements à la Brême d’Or, a décidé de franchir une étape.

 Saignements, migraines voire malaises

Le Stiringeois va envoyer une lettre au président Emmanuel Macron et à la chancelière Angela Merkel « pour leur demander l’abolition immédiate des tests nasopharyngés et le retour de l’attestation employeur pour traverser la frontière, comme c’était le cas lors du premier confinement. Ces tests sont discriminatoires et provoquent pour beaucoup des saignements, de fortes migraines, voire des malaises pour certains ».

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vendredi 12 mars 2021

Ruée sur les tests vendus par Aldi et Lidl en Allemagne

Les enseignes discount Aldi et Lidl ont été dévalisées ce samedi en Allemagne à la suite de la mise en vente de tests antigéniques «à domicile». Ces tests, dont la vente n’est pas envisagée dans les magasins français des deux marques, ne sont cependant pas reconnus par les autorités s’ils ne sont pas réalisés par des pharmaciens ou des médecins.

Aldi_OK_800x450La fréquentation du magasin Aldi de la Brême d’Or côté Sarrebruck était plutôt faible ce lundi matin, mais il en était bien différemment deux jours plus tôt. Le magasin a en effet été pris d’assaut ce samedi, comme les autres magasins Aldi en Allemagne, à la suite de la mise en vente de kits de tests antigéniques «à domicile» pour dépister le Covid-19. «C’était la ruée, nous nous sommes retrouvés en rupture de stock en une matinée», indique Singh Nagra, le manager du magasin, qui précise que «90 % des acheteurs étaient allemands».

DM devrait rapidement s’y mettre

Le supermarché sera réapprovisionné d’ici la fin de la semaine. Les tests sont vendus par paquet de cinq à 24,99 euros le paquet et les clients sont limités à l’achat d’un paquet par jour. «Ces tests ne sont pas reconnus par les autorités, alerte cependant Singh Nagra, mais ils le deviennent à partir du moment où on les fournit au pharmacien ou au médecin qui se charge de la prestation.» Ces tests «à domicile» n’ont donc que très peu d’utilité s’ils sont réalisés… à domicile.

L’enseigne concurrente Lidl a elle aussi été dévalisée à la suite de la mise en vente sur son site internet de «lots de cinq tests antigéniques rapides», au prix de 21,99 euros. Ces derniers sont eux aussi en rupture de stock. L’autre enseigne hard discount allemande DM devrait vendre prochainement les tests. «Nous les proposerons à la vente dans trois jours», affirme l’une des vendeuses du magasin situé à deux pas du Aldi de la Brême d’Or.

Rien de prévu en France

La vente de ces produits ne semble pas concerner les magasins français Aldi et Lidl. «Ce n’est pas prévu dans notre magasin, indique Julien Wisler, manager du Lidl de Stiring-Wendel. On nous aurait déjà prévenus si la mise en vente des tests était envisagée par le groupe.» Même son de cloche du côté d’Aldi. «Même si elle pourrait potentiellement arriver, la vente de tests n’est à ce jour pas envisagée dans nos magasins, informe David Rouhling, responsable des ventes à la direction régionale Aldi, basée à Ennery. Ce n’est pas un sujet autour duquel nous discutons actuellement.» (Selon "Le quotidien du Luxembourg")

Posté par jl boehler à 00:04 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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