lundi 3 décembre 2018

Partager le siège de la France à l'ONU ?

Jean-Pierre Chevènement : "Ce serait réduire l'Europe à l'impuissance"

(réponse à un commentaire du 30/11)

chevenement

Que pensez-vous de l'idée consistant à partager avec l'Union européenne le siège permanent de la France au Conseil de sécurité de l'ONU ?

Cette idée est contraire à la charte des Nations-Unies de 1945, qui confère à la France le rôle de membre permanent du Conseil de sécurité, avec droit de veto. Elle est de surcroît impraticable. Comment vingt-sept pays pourraient-ils s'entendre pour l'exercice du droit de veto ? Ce serait réduire l'Europe à l'impuissance. Au contraire, la France saura, d'une voix claire, faire valoir les intérêts européens. L'Allemagne doit nous faire confiance.

Comment interpréter cette nouvelle prise de position des Allemands ? Quelle est leur stratégie ?

Le « forcing » allemand s'inscrit dans une longue suite d'initiatives unilatérales prises sans concertation préalable avec la France, comme la sortie du nucléaire en 2011, la règle d'or en matière budgétaire en 2009-2012, la menace de jeter la Grèce en dehors de la zone euro, l'ouverture de l'Union européenne à l'afflux des réfugiés en 2015, etc... L'Allemagne avait déjà imposé, en 2008, la reprise dans le texte du traité de Lisbonne de la « substance » du projet de traité constitutionnel européen rejeté à 55% par le peuple français.

"C'est au Président de la République de mettre les points sur les i"

Cette méthode, qu'ont tolérée en silence Messieurs Sarkozy et Hollande, n'est pas la bonne entre nos deux pays. L'Allemagne ne doit pas donner le sentiment qu'elle renoue avec le vieux dessein de vouloir réduire l'influence de la France en Europe. Le Chancelier Kohl reprenait souvent le mot de Thomas Mann : « Mieux vaut une Allemagne européenne qu'une Europe allemande ». L'Allemagne doit s'accommoder de l'égalité avec la France qui figurait dans le pacte fondateur de la construction européenne.

Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une « bourde » de Olaf Scholtz. Le contrat de coalition CDU-CSU-SPD revendique un siège permanent pour l'Union européenne au Conseil de sécurité. Il n’était pas dit que ce serait au détriment de la France. La réaction française ne peut se borner à un tweet de Monsieur Araud, notre ambassadeur à Washington. C’est au Président de la République de mettre les points sur les i. (extrait de "Marianne")

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 5 octobre 2018

Six extrémistes de droite arrêtés à Chemnitz pour soupçons de terrorisme

Ils auraient planifié des attaques armées contre des étrangers et des dissidents, après avoir déjà frappé à Chemnitz.

chemnitz

Le parquet fédéral a arrêté lundi six hommes en Saxe et en Bavière, soupçonnés de former une organisation terroriste d'extrême- droite. Comme l'a annoncé l'autorité de Karlsruhe, plusieurs appartements ainsi que d'autres locaux en Saxe ont été perquisitionnés, d'autres sont encore recherchés. Plus de 100 fonctionnaires de la police saxonne sont impliqués dans l'opération.

Une association terroriste appelée "Révolution Chemnitz"

Entre autres, les six Allemands arrêtés sont fortement suspectés d’avoir fondé, avec Christian K., 31 ans, une organisation terroriste d'extrême-droite appelée "Revolution Chemnitz". Christian K., considéré comme un dirigeant central, avait déjà été arrêté le 14 septembre par le parquet de Chemnitz en raison de violations particulièrement graves de la paix. Il est en détention depuis cette date.

L'accusé a essayé d'obtenir des armes semi-automatiques

Les informations recueillies indiquent que ces personnes sont déjà connues dans les milieux des hooligans, des skinheads et des néo-nazis. Le 11 septembre 2018 les accusés ont rejoint le groupement "Revolution Chemnitz". Ils auraient prévu des attaques et des attaques armées contre des étrangers et des dissidents politiques, selon le procureur fédéral.

Les accusés auraient déjà tenté d’obtenir des armes à feu semi-automatiques. Le 14 septembre, cinq d’entre eux auraient attaqué et blessé plusieurs étrangers armés de bouteilles de verre, de gants de quartz et d’un dispositif d’impulsion électrique avec d’autres extrémistes de droite violents sur l’étang du château de Chemnitz. Une victime a été blessée par le jet d'une bouteille de verre à l'arrière de sa tête. Selon l'enquête, l'attaque était censée être un "test" pour un événement prévu par les accusés pour le 3 octobre 2018, mais pas encore complètement compris.

Déjà des attaques de plusieurs étrangers

Le 14 septembre, cinq d’entre eux auraient attaqué et blessé plusieurs étrangers, armés de bouteilles de verre, de gants de quartz et d’un dispositif d’impulsion électrique près de l’étang du château de Chemnitz. Une victime a été blessée par le jet d'une bouteille de verre à l'arrière de sa tête. Selon l'enquête, l'attaque était censée être un "test" pour une attaque plus importante prévue par les accusés pour le 3 octobre 2018.

Les six personnes actuellement arrêtées ainsi que Christian K. ont été présentées lundi et mardi au juge d'instruction du Tribunal fédéral, qui a décidé de les placer en détention provisoire. 

Posté par jl boehler à 03:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 23 septembre 2018

Freddy Quinn

Les Plus Belles Chansons de Freddy Quinn

freddy

Posté par jl boehler à 04:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 22 septembre 2018

Chute mortelle d'un blogueur à Hambach

Un déploiement policier massif se déroule en forêt de Hambach, entre Aix-la-Chapelle et Cologne, pour évacuer des écologistes qui tentent d’empêcher l’extension d’une mine de charbon géante. Mercredi 19 septembre, Steffen, un jeune blogueur est mortellement tombé d’une cabane.

stefen

Proche des milieux écologistes allemands, il couvrait depuis déjà plusieurs mois la vie des habitants de la Zad de Hambach. Ces militants s’opposent à la destruction de la forêt millénaire de Hambach, dans l’ouest de l’Allemagne, menée par la compagnie électrique RWE pour étendre une mine de charbon géante à ciel ouvert.

Ce mercredi 19 septembre, cela faisait sept jours que le jeune photojournaliste suivait l’évacuation surdimensionnée — 3.500 policiers, canons à eau, chevaux, hélicoptères — des quelque 150 militants de la Zad et de leurs 51 cabanes perchées dans les arbres. Peu avant 16 heures, il a chuté d’un pont suspendu entre deux cabanes, à 14 mètres de hauteur. Gravement blessé, il a été transporté en urgence à l’hôpital de Cologne mais n’a pu être réanimé et est décédé. Dans une conférence de presse organisée dans l’urgence, le porte-parole de la police régionale, Paul Kemen, a assuré qu’« aucune opération n’était alors en cours dans le secteur où a lieu l’accident ». Selon lui, un policier serait venu au pied de l’arbre pour donner à Steffen M. une carte mémoire d’appareil photo. Le journaliste serait tombé en tentant de la remonter via un système de câbles et poulies.

steffen1

Mais le collectif de zadistes Hambi Bleibt donne une autre version des faits. « Le SEK [unité d’élite de la police allemande] était en train d’arrêter un militant près du pont suspendu. Notre ami était apparemment en chemin pour filmer l’interpellation lorsqu’il est tombé », écrivent les militants sur leur site internet.

Les opérations d’évacuation de la Zad ont été immédiatement suspendues. Sur place, le deuil et la stupeur règnent parmi les militants et les policiers, selon le journaliste de la Tageszeitung Malte Kreutzfeldt« Nous sommes profondément bouleversés, a réagi le collectif de militants Hambi Bleibt. Nos pensées vont à ses proches, ses amis et tous ceux qui se sentent concernés. »

Les zadistes demandent l’arrêt définitif de l’évacuation. « Nous demandons à la police et RWE de quitter immédiatement la forêt et de stopper cette opération dangereuse. Aucune autre vie humaine ne doit être mise en danger. » De son côté, la compagnie, premier énergéticien d’Allemagne, a déclaré sur Twitter « regretter un accident tragique ».

La forêt de Hambach est devenue ces dernières années le symbole de la lutte contre le charbon en Allemagne. Occupée depuis six ans par des militants écologistes, elle est promise à la destruction par son propriétaire, la compagnie d’énergie RWE, qui souhaite exploiter son sous-sol riche en lignite. Sur les 4.100 hectares que comptait la forêt à l’origine, il n’en reste plus aujourd’hui que 200. À la suite du feu vert de la justice allemande, RWE entend en raser la moitié à partir du 1er octobre. Le gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a lancé la semaine dernière l’évacuation de la Zad, officiellement pour « risques élevés d’incendie ».

steffen2

steffen5

steffen4

Posté par jl boehler à 02:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 21 septembre 2018

Bavière : croix gammée et AfD dans un champ

Vu d'avion !

afdAprès que des pilotes eurent découvert à Prackenbach, dans le district de Regen en Basse-Bavière, une énorme croix gammée et, à côté d’une inscription AfD, ils ont prévenu les services de l’État. Un fermier est accusé.  

C'est avec du lisier et du fumier qu'un inconnu a peint sur un champ à Prackenbach, le mot " AfD " et une croix gammée. Ceux qui se tenaient devant le terrain ne pouvaient pas reconnaître le message, mais plusieurs pilotes avaient photographié ces graffitis originaux. La photo, largement partagée via les médias sociaux, a fait sensation. L'enquête de police a permis d'identifier un suspect.

L'auteur de 34 ans a déclaré qu’il avait réalisé ces signes début septembre. Il prétend aussi qu'il ne voulait pas utiliser de panneaux. L'homme n'a aucun antécédent judiciaire, mais le propriétaire du champ, qui s'est chargé de faire disparaître ces inscriptions, a porté plainte contre lui.

Il y a plus de 30 ans, une affaire similaire avait eu lieu dans la vallée de Villé, à Breitenbach, où de tristes sires de la même idéologie d'extrême-droite avaient peint au désherbant les mots "Large Rivière" sur le terrain de football et les panneaux du village. L'un d'eux figure aujourd'hui parmi les trois personnalités célèbres de cette commune sur Wikipedia. Incroyable ! 

afd1Personnalités liées à Breitenbach sur Wikipedia :

  • Charles-Emile Freppel (1827 - 1891, né d'une famille de Breitenbach, devenu évêque de Angers, député du Finistère, fondateur de l'université catholique de l'Ouest)
  • Charles-Auguste Frantz (peintre originaire de Breitenbach)
  • Pierre Rieffel, leader du groupe autonomiste des Loups Noirs ! Sans blagues !

Posté par jl boehler à 03:42 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 6 septembre 2018

À Chemnitz, un concert de punk rock contre l’extrême droite

65000 manifestants au concert contre le racisme et la xénophobie

sachsisches_zeitung

Le “Journal de Saxe” est un quotidien régional basé à Dresde. Lancé en 1946, après la guerre, il s’étend sur tout le Land de Saxe avec une vingtaine de rédactions locales. Jusqu’en 1990, le journal était présenté comme l’organe du SED, le parti communiste de RDA, dans la région. En 1991, après la chute du Mur et la réunification, le titre a été racheté et privatisé. Sur son site, il propose des articles en libre accès ainsi que des contenus réservés aux abonnés. En 2014, ces derniers représentaient plus de 92% du lectorat.Plusieurs groupes de rock, dont les vétérans du groupe punk Die Toten Hosen, se sont succédé sur la scène montée à la hâte sur la place Karl-Marx. “Avec ce concert, les musiciens ont voulu envoyer un signal fort contre le racisme et la xénophobie”, écrit le quotidien avant d’ajouter que “deux rassemblements contre la tenue de cet événement ont été interdits par la ville”.

“Des dizaines de milliers de personnes affluent au concert contre l’extrême droite à Chemnitz”, titre le quotidien régional, ce mardi 4 septembre. Selon les estimations, ils étaient entre 50 000 et 70 000 à répondre à l’appel #WirSindMehr (“Nous sommes plus nombreux”) lancé sur les réseaux sociaux en riposte aux manifestations de l’extrême droite, qui se sont multipliées ces derniers jours dans le Land de Saxe.

Bien que gratuit, le “minifestival” a récolté des dons en marge des concerts. Les organisateurs ont fait savoir que la moitié des donations serait reversée à la famille de la victime morte le 26 août à la suite d’une altercation qui a entraîné la mise en détention provisoire de deux suspects, un Irakien et un Syrien. L’autre moitié sera destinée à des initiatives citoyennes et à des associations locales.

chemnitz

chemnitz2

chemnitz3

Posté par jl boehler à 02:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mardi 10 juillet 2018

L’Allemagne devient chère pour les camions

Depuis le 1er Juillet 2018, les poids lourds doivent payer un droit de péage non seulement sur les autoroutes allemandes, mais aussi sur la totalité des routes nationales. L’Allemagne devient chère…

camions

Voilà une décision que le monde politique aime bien placer en pleine période de vacances et de Coupe du Monde : le 1er Juillet 2018, le réseau routier payant en Allemagne a été élargi de 39000 km, à savoir la totalité du réseau des routes nationales, en plus des autoroutes. Ainsi, les transporteurs qui laissaient rouler leurs camions sur les routes secondaires allemandes se voient privés de la dernière possibilité de traverser l’Allemagne sans passer par la caisse. Pour l’Allemagne, il s’agit d’une excellente source de revenus.

A l’occasion de l’introduction du droit de péage pour les camions de plus de 7,5 tonnes en 2005, certaines grandes routes nationales faisaient partie des tronçons payants. 2300 km de routes nationales étaient déjà concernées par ce droit de péage (Maut), mais désormais, ce sont les 39000 km du réseau des routes nationales qui sont payants. Le gouvernement allemand table sur des recettes d’environ 7,2 milliards d’euros, un plus de 2,5 milliards.

Le marché du transport, déjà hautement concurrentiel, doit désormais composer avec cette nouvelle donne qui risque d’avoir des répercussions sur les calculs de tous les transporteurs qui desservent l’axe nord-sud européen. Le droit de péage, lui, est assez compliqué. L’état tient compte de la classe de pollution du véhicule (A à F) ainsi que du nombre d’axes du véhicule. Le droit de péage se situe entre 8,1 cent/km et 21,8 cent/km et les transporteurs doivent doter leurs chauffeurs d’une série de nouveaux documents, car ce sont les chauffeurs qui doivent être en mesure de justifier à tout moment de s’être acquittés de la bonne somme.

Avec de tels droits de péage, il est évident que le prix du transport à travers l’Allemagne augmentera, puisque logiquement, les transporteurs passeront ce surcoût à leurs clients. Si on comprend aisément que l’Allemagne cherche à financer la rénovation urgente de son réseau routier par le biais d’un tel droit de péage, la situation est particulièrement ennuyeuse  pour toutes les régions frontalières de l’Allemagne où les échanges économiques avec les pays limitrophes risquent de s’en trouver alourdis. Pourtant, au début de la discussion, plusieurs ministres-présidents de Länder frontaliers  avaient demandé une dérogation dans les régions frontalières, il n’y en aura pas.

A terme, les usagers du réseau routier sur l’axe nord-sud européen choisiront leur itinéraire selon le paramètre du coût – et il y aura davantage de circulation sur le réseau français, si les tarifs devaient se situer en-dessous des tarifs allemands. En tout cas, ce sera un groupe français qui régulera ce flux de la circulation. Outre le GCO à hauteur de Strasbourg, le groupe Vinci s’est également assuré d’un goulot d’étranglement sur l’autoroute allemande A5 entre Malsch et Offenburg. Et qu’importe l’itinéraire choisi par les transporteurs entre les pays scandinaves, baltes et de l’Europe Centrale et les pays du sud de l’Europe : tout le monde paiera chez Vinci. C’est aussi ça, l’Europe… (selon "Euro.journalist")

vinci

Posté par jl boehler à 00:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 23 juin 2018

L’Allemagne au Conseil de Sécurité de l'ONU

Lors de l’élection des membres non-permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Allemagne a obtenu un siège pour la période 2019 – 2021. On se demande à quoi ça sert…

ONU

L’Allemagne politique est contente. Avec 184 voix, l’Assemblée Générale de l’ONU a accordé à l’Allemagne un siège non-permanent au Conseil de Sécurité pour la période 2019 à 2021. Pendant ces deux ans, l’Allemagne y siègera alors avec les 5 membres permanents (France, Russie, Grande Bretagne, Etats-Unis, Chine) et les autres membres non-permanents qui sont la Belgique, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et la République Dominicaine. Et à quoi bon ?

Le Conseil de Sécurité est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unis, de l’ONU. Sa mission est simple, il porte « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale ». Rien que ça. Pour assurer cette paix et cette sécurité internationales, les fondateurs avaient eu l’excellente idée d’attribuer un siège permanent à 5 nations qui avaient toutes quelque chose en commun : elles font partie du TOP 10 des pays exportateurs d’armes. Est-ce vraiment une bonne idée d’attribuer la sauvegarde de la paix à des pays dont une bonne partie du PIB dépend des guerres dans le monde ? En 1946, lorsque le Conseil de Sécurité a été crée à Londres, les pères fondateurs avaient doté ces 5 pays disposant d’un siège permanent, du droit de veto. Une idée aussi bonne que celle de l’unanimité parmi les 28 états-membres de l’Union Européenne.

Lorsque l’on regarde la paix et la sécurité internationales, force est de constater que le travail du Conseil de Sécurité de l’ONU n’est pas vraiment couronné de succès. Les résolutions de l’ONU concernant les régions en conflit n’ont généralement aucune chance de passer, car dans la plupart des cas, ces conflits concernent de près ou de loin les intérêts des membres permanents de ce Conseil et donc, le veto est utilisé en permanence. Et les rares fois qu’une résolution passe, elle n’est pas respectée sur le terrain.

Les membres non-permanents, eux, ne disposent pas du droit de veto. A vrai dire, personne ne s’intéresse vraiment à ce qu’ils pensent. Si ça fait chic d’avoir sa délégation diplomatique à New York, si les images télévisées de la grande table ronde du Conseil sont toujours impressionnantes, l’efficacité de ce Conseil est nulle. La Russie et les Etats-Unis se bloquent généralement mutuellement par leurs vetos respectifs, à moins que la Chine ne bloque les deux. La Grande Bretagne et la France devraient, en principe, représenter la voix européenne; mais voilà : pour représenter une voix européenne, il faudrait d’abord qu’il y en ait une.

Il faut être lucide – le Conseil de Sécurité de l’ONU ne maintient pas la paix, mais ses membres fournissent les instruments de guerre aux plus offrants. La sécurité internationale a été abolie par le terrorisme international et le Conseil de Sécurité n’a rien pu empêcher. Il serait peut-être temps de revoir le fonctionnement de ce Conseil, ou de l’abolir. Car en l’état, être membre de ce Conseil de Sécurité, cela relève presque du cynisme. Les marchands d’armes comme gardiens de la paix, on aura tout vu.(selon Euro-journaliste)

ONU1

Posté par jl boehler à 00:03 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

lundi 11 juin 2018

Le nazisme, une crotte d’oiseau…

Le chef du groupe d'extrême-droite AfD au Bundestag, Alexander Gauland, a minimisé les années 1933 à 1945 en les désignant comme « une crotte d’oiseau ». L’homme n’est pas à son premier dérapage.

chiureEn France, il y avait Jean-Marie Le Pen et sa tristement célèbre phrase qui réduisait les chambres à gaz à un « détail de l’histoire » ; maintenant, l’Allemagne doit s’occuper d’Alexander Gauland qui, comme beaucoup de cadors de partis d’extrême-droite, a déraillé lors d’une apparition au congrès des jeunes extrémistes de l’AfD, la « Junge Alternative ». Lors de son intervention, Gauland a qualifié les 12 ans du règne nazi de « crotte d’oiseau », sous-entendant que ces années ne pesaient pas lourd face à « l’histoire allemande de 1000 ans ». Là, Alexander Gauland dépasse les limites de la libre expression d’une opinion. L’apologie du nazisme n’est pas une opinion, mais constitue un délit. Et puisque Gauland n’est pas à son premier dérapage de ce type, tous les regards se tournent vers la justice. Qui elle, ferme les deux yeux devant les extrémistes identitaires.

Il y a deux semaines, le parquet de Mühlhausen a demandé un non-lieu à l’encontre d’Alexander Gauland. Plusieurs personnes avaient porté plainte pour « incitation à la haine », suite à une déclaration ouvertement raciste de Gauland qui avait attaqué la Chargée de l’Intégration du gouvernement allemand, la ministre d’Etat Aydan Özoguz. A son adresse, Gauland avait vociféré : « […] Invitez-là au Eichsfeld et dites-lui ce que c’est que la culture spécifique allemande. Après, elle ne reviendra jamais plus. Et nous pourrons – Dieu soit loué – la déposer sur une déchetterie en Anatolie. » Le parquet de Mühlhausen a estimé le 14 mai dernier qu’il n’y avait « aucun intérêt public de poursuivre Monsieur Gauland ».

Samedi dernier, Alexander Gauland était presque euphorique lorsqu’il s’exprimait devant les 1000 délégués du congrès de la « Junge Alternative » à Seebach en Thuringe. Devant les jeunes extrémistes, il a osé ceci : « Hitler et les nazis ne sont qu’une chiure d’oiseau dans les plus de 1000 ans du succès de l’histoire allemande ! ». La salle applaudissait debout.

Hormis le fait que Gauland, du haut de ses 77 ans, ignore visiblement tout de l’histoire allemande, cette phrase constitue carrément une apologie du nazisme. En utilisant ces termes, Gauland ramène le plus grand crime contre l’humanité jamais perpétré à une petite tache que l’on peut essuyer d’un coup de mouchoir. Son public, aussi peu au courant de l’histoire du pays et de son identité qu’il prétend défendre, est réceptif à ce genre de dérapage verbal. A un moment où le « … first ! » inventé par Donald Trump et repris par la quasi-totalité du monde politique dans les différents pays, cette phrase permet aux jeunes crânes rasés de scander fièrement « Deutschland first ! ». Cette auto-absolution pour les crimes des nazis est insupportable.

Et la suite ? La justice allemande fermera à nouveau les yeux, probablement en estimant une nouvelle fois qu’il n’y a aucun intérêt public à sanctionner cet homme haineux. Au lieu de se pencher sur ceux qui invitent la jeunesse allemande à la haine et par conséquent, à la violence, la justice préfère s’occuper, avec la police, de poursuivre au niveau européen des manifestants ayant participé l’année dernière aux manifestations contre le sommet G20 à Hambourg. Ces jours-ci, il fait bon être extrémiste identitaire en Allemagne – plus personne ne pense à vous molester. Mais après, lorsque les excès arriveront dans les rues, il ne faudra peut-être pas s’étonner. A moins que le Bundestag prenne son courage entre les deux mains, vote la levée de l’immunité du député Gauland et porte plainte pour « incitation à la haine ». Car c’est exactement de cela qu’il s’agit. (selon "Euro-journalistes")

Posté par jl boehler à 00:49 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

lundi 23 avril 2018

Allemagne : du nouveau au SPD

Andrea Nahles, première femme à la tête du Parti social-démocrate

spd

En Allemagne, le plus vieux parti du pays, pour la première fois de sa longue histoire, une femme, l'ancienne ministre du Travail Andrea Nahles a été portée ce dimanche 22 avril à la tête du parti social-démocrate.Sa mission sera de sortir le SPD de la crise politique.

Le SPD revient de loin, après une défaite historique aux dernières élections générales en septembre dernier. Il a été secoué par d’importants débats ces derniers mois sur une nouvelle grande coalition avec les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel.

La base est en partie remontée contre une direction à qui elle reproche des volte-face et un style trop autoritaire. La situation n’est donc pas des plus simples. Andrea Nahles, ancienne ministre du Travail d’Angela Merkel durant la précédente législature, a certes été élue à la tête du SPD mais avec un score décevant : les deux tiers des délégués ont voté pour elle.

Séduire les déçus du SPD

Il est vrai qu’elle n’a jamais eu de résultat flamboyant lors du congrès de son parti et qu’elle avait aussi, face à elle, une concurrente qui a sans doute su séduire cette grogne.

Il va donc falloir se renouveler en interne pour essayer de séduire les déçus au sein du parti et à l'extérieur également, pour prouver que le SPD a encore un rôle à jouer en Allemagne.

Andrea Nahles a beaucoup parlé de solidarité dans son discours. Elle est aussi depuis trente ans membre active du SPD et doit donc évidemment prouver qu’elle peut à la fois avoir un pied dans le gouvernement en étant présidente du groupe parlementaire SPD et être capable de renouveler ce parti avec une ligne plus à gauche.

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,