vendredi 21 avril 2017

La « Marine Le Pen » allemande jette l’éponge

Frauke Petry subit exactement le sort qu’elle avait réservé au fondateur du parti « AfD » Bernd Lucke – elle s’est faite désavouer. Maintenant, elle déclare prendre sa retraite.

OK_Frauke_Petry_Harald_Bischoff_Wiki_ccbysa30_620x310

Lorsque l’extrême-droite ne sait pas si elle doit adopter des positions d’extrême-droite ou d’ultra-droite, elle a un problème. Et ce genre de problème est généralement l’occasion pour les extrémistes parmi les extrémistes de tenter un « putsch ». Frauke Petry , la chef de l’AfD, avait réussi le sien lorsqu’elle avait éjecté de son parti, le fondateur de l’AfD, Bernd Lucke. Mais sa joie n’était pas de longue durée – maintenant, ce sont les ultra-extrémistes qui ont eu raison d’elle. Dans la course à la nomination pour les élections législatives au mois de septembre, Frauke Petry s’avoue vaincue et ne sera pas candidate, « ni à titre individuel, ni dans une équipe de candidats ». Comment doit-on comprendre cette évolution ?

Frauke Petry, c’était la « Marine Le Pen allemande ». Tristement célèbre pour des propositions comme celle de tirer sur des réfugiés qui tenteraient de franchir clandestinement la frontière allemande, le reste de son parti estimait qu’elle n’était pas assez radicalement à l’extrême-droite. Ce sont les vieux hommes du parti, souvent avec un passé dans le parti NPD, qui prennent maintenant les commandes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, mais l‘extrême-droite allemande glisse encore davantage vers la droite, se rapprochant ainsi de mouvements comme la « Pegida » qui porte la violence xénophobe dans les rues allemandes. Si Frauke Perty avait récemment essayé d’imiter sa collègue française en tentant de dédiaboliser son parti, cette nouvelle orientation n’était pas du goût des vieux hommes du parti qui eux, défendent des positions ouvertement antisémites, xénophobes et « völkisch », utilisant sciemment une terminologie des nazis, cherchant des votes parmi cette frange de la population qui rêve toujours d’un « Reich » de 1000 ans.

Au niveau électoral, le retrait frustré de Frauke Petry risque d’affaiblir davantage ce parti qui, après un essor fulgurant, commence déjà à s’effriter. Désormais, ce ne seront plus que les électeurs à tendance néo-nazi qui voteront pour l’AfD et les « électeurs de protestation », nombreux, se rabattront certainement sur des partis de la droite bourgeoise.

Dès qu’il faut discuter contenus, l’extrême-droite a un vrai problème. Fort en slogans, l’AfD peine à présenter un programme politique digne de ce nom – mais pour les électeurs, il ne suffit plus d’être simplement contre tout. L’AfD, c’est le parti qui est contre le monde politique, contre les étrangers, contre les médias, contre l’Europe, mais comme dans d’autres pays, ces extrémistes n’ont aucune idée comment diriger un pays.

Après le mauvais score de l’ami néerlandais de Frauke Petry, Geerd Wilders, et après le mauvais score aux élections régionales en Sarre, l’AfD a perdu sa dynamique. C’est rassurant que ce parti s’auto-dévore, car les électeurs n’apprécient pas ce genre de manque d’orientation politique. Maintenant que les vieux qui rêvent d’un 4e Reich prennent les commandes, l’AfD s’auto-disqualifie aux yeux des électeurs et ceci est donc une bonne nouvelle. Il faut croire que sur l’échiquier politique en Allemagne, il n’y a pas vraiment de la place pour des formations qui défendent des idées proche des néonazis. Tant mieux ! (selon "Eurojournalist")

Posté par jl boehler à 02:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 13 mars 2017

La politique. La vraie.

Ce que les médias allemands appellent « l’effet Schulz » perdure. L’arrivée du nouveau candidat du SPD a bouleversé le paysage politique allemand.

spd

Pas de campagne en dessous de la ceinture. Pas de scandales personnels. Pas de casseroles. La campagne pour les législatives en Allemagne prend une tournure surprenante – on y parle de politique en opposant des approches différentes. Et Angela Merkel est de plus en plus sous pression.

Les sondages montrent clairement une tendance en Allemagne – la CDU/CSU d’Angela Merkel n’arrive plus à convaincre les Allemands et Martin Schulz est considéré comme une vraie alternative. Actuellement, le SPD se situe à son plus haut niveau depuis 2006, et talonne avec ses 32% d’intentions de vote la CDU/CSU qui reste inchangée à 33%. Et pendant que le SPD grimpe dans les sondages, ce sont les extrémistes qui en font les frais. L’extrême-droite de l’AfD perd à nouveau un point et obtiendrait 8% des votes, les Verts se situent également à 8% et Die Linke obtiendrait 7%, tandis que les libéraux du FDP pourraient retrouver le Bundestag avec 6%.

Considérant qu’avant la nomination de Martin Schulz comme candidat du SPD, on s’apprêtait à une campagne des plus ennuyeuses avec une CDU/CSU qui menait de 17% dans les sondages, l’évolution est spectaculaire. Refaire ce retard en l’espace de 6 semaines – le SPD a le vent en poupe et en vue des difficultés d’Angela Merkel dans presque tous les dossiers qu’elle doit traiter actuellement, « l’effet Schulz » risque de durer. Jusqu’au 23 septembre ?

Et il est surprenant de constater que le nouveau positionnement du SPD comme « parti de la justice sociale » constitue la meilleure réponse à une extrême-droite qui, en Allemagne comme en France, se plaît dans un discours de haine. Dès qu’une alternative crédible se présente, les électeurs et électrices se détournent de ces « porteurs d’espoir ». Car un candidat et un programme crédible, cela change la donne lors d’une campagne électorale…

Si les chiffres devaient se confirmer, une nouvelle majorité à gauche d’Angela Merkel pourrait voir le jour. Mathématiquement, il y aurait déjà une courte majorité pour une coalition « rouge-rouge-verte », donc pour le SPD, Die Linke et les Verts. Toutefois, l’Allemagne a connu exactement cette situation après les dernières élections en 2013 – mais le SPD refusait alors de se lancer dans une coopération avec Die Linke, préférant le rôle du « partenaire junior » dans la « Grande Coalition » sous Angela Merkel. Mais ce qui passait encore en 2013, ne passerait plus en 2017 – les militants du SPD s’attendent à ce que Schulz vise la gagne.

La campagne pour les législatives du 23 septembre 2017 portera sur plusieurs vecteurs principaux – la justice sociale, la gestion des réfugiés et le rôle de l’Allemagne dans une Europe en pleine mutation.

Ce qui est carrément agréable dans cette campagne en Allemagne, c’est le débat politique. Le SPD oppose une politique sociale à la politique austère de la CDU. Et les électeurs auront un véritable choix à faire. Comme quoi, une élection ne doit pas forcément ressembler à un feuilleton télévisé… (selon Eurojournalist).

Posté par jl boehler à 00:43 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 7 mars 2017

Erdogan crée la crise en traitant l'Allemagne de pays fasciste

 « L’Allemagne », se lamente le dictateur-président turc Recep Tayyip Erdogan, « est un pays fasciste ». Oh. « Un pays, qui viole la liberté d’expression et qui a besoin d’apprendre la démocratie ». Ah. Venant de la part d’un expert en matière de la liberté et de la démocratie, ses déclarations frôlent le ridicule. Le ministre de l’intérieur du Bade-Wurtemberg Thomas Strobl (CDU) a raison, en répondant : « L’Allemagne n’est pas une province turque dirigée depuis Ankara ». Le ton monte entre la Turquie et l’Allemagne…

OK_Recep_Tayyip_Erdogan_in_Germany_pfatter_from_Deutschland_Wiki_ccby20_620x310

Selon les estimations, 3 à 3,5 millions de Turcs vivent en Allemagne, ce qui constitue un nombre important en vue du référendum turc sur le « Ermächtigungsgesetz », cette modification de la Constitution turque qui vise à donner un pouvoir quasi illimité à Erdogan. Surtout dans la mesure où ce référendum est loin d’être gagné. Donc, Recep Tayyip Erdogan avait la bonne idée d’envoyer ses ministres en Allemagne pour y faire de la propagande en faveur de ce changement de constitution qui scellerait le sort de la Turquie en tant qu’état totalitaire. Et, Erdogan voulait venir personnellement fin mars en Allemagne pour intervenir à un grand meeting.

Après l’annullation fin de la semaine dernière d’une manifestation de propagande avec le ministre de la justice turc Bekir Bozdag à Gaggenau en Pays de Bade, le ministre de l’économie turc Nihat Zeybekci ne pouvait pas, à son tour, intervenir à Frechen près de Cologne – et Ankara est en colère.

Est-ce que le président-dictateur turc a été mal conseillé par ses proches ? Est-ce que personne ne lui a dit que l’arrestation du journaliste germano-turc Deniz Yücel (qu’Erdogan a désigné comme « espion allemand »), a été aussi mal vécue en Allemagne que celle de dizaines de milliers d’opposants, journalistes, artistes, intellectuels ?

Le fait que la Turquie se comporte maintenant en victime en donnant des leçons concernant « la liberté », pourrait presque faire sourire. Bien plus de 100 médias critiques ont été fermés en Turquie après le « putsch » dont de nombreux observateurs estiment qu’il a été orchestré par les hommes de main d’Erdogan. Aujourd’hui, toute conviction autre que celle d’Erdogan, conduit tout droit à la prison en Turquie où de dizaines de milliers de personnes moisissent pour avoir osé exprimer une opinion différente de celle du président-dictateur. Et l’Allemagne a raison de refuser à ce que la Turquie exporte son crédo d’état et sa propagande vers l’Europe.

Se faire désigner de « fasciste » par Erdogan, cela constitue presque un adoubement pour l’Allemagne. Le président-dictateur Erdogan est en train de fermer définitivement la porte vers l’Europe et sa menace d’annuller l’accord honteux concernant les réfugiés syriens, ne fait que souligner que cet homme n’est plus fréquentable. Erdogan, avec sa politique totalitaire et brutale, a mis la Turquie hors jeu. Les grands perdants de cette folie, sont les citoyens et citoyennes turcs qui subissent maintenant l’effondrement du tourisme et qui subiront d’autres mesures en conséquence de cet isolement et de ces violations systématiques des Droits de l’Homme. Les Pays-Bas, par l’intermédiaire du Premier Ministre Mark Rutte, a suivi l’exemple allemand en interdisant également des manifestations de propagande turque. Et il faut espérer que la ville de Strasbourg ne commettra pas une nouvelle fois l’erreur de proposer à Erdogan de l’accueillir – cela s’est déjà produit dans le passé et les responsables de la ville ne peuvent pas permettre une nouvelle fois que la capitale européenne serve comme plate-forme pour une propagande totalitaire. Erdogan et son régime, on ne peut pas les stopper en Turquie. Mais on peut empêcher à ce qu’ils viennent faire de la propagande pour un système totalitaire chez nous. Au moins ça.(Selon "Euro.journaliste")

Posté par jl boehler à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 27 février 2017

Carnaval le long du Rhin

Rosenmontag Zug Köln 

Carnaval De Strasbourg

Basler Fasnacht 2016 -Morgestraich - Vier Uhr

Posté par jl boehler à 00:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 1 février 2017

Schaüble veut abolir l'évasion fiscale

Pour une fois, l’inventeur de la politique d’austérité, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, a eu une excellente idée. Qui pourrait empêcher une bonne partie de l’évasion fiscale des grandes entreprises.

OK_Sch_uble_European_People_s_Party_Wiki_CCBY20_620x310

Le système connu sous le nom de « LuxLeaks » fonctionne de manière assez simple. Les multinationales transforment leurs bénéfices réalisés dans les différents pays en « droits de licence de marque » qu’ils versent à leur QG qui lui, est installé dans un pays où il ne paie que peu ou pas d’impôts sur ces bénéfices. Ainsi, les bénéfices réalisés dans les pays se transforment en frais de fonctionnement et l’entreprise en question ne paie aucun impôt sur ses bénéfices. Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble veut maintenant s’attaquer à ce système qui a permis au Luxembourg ou à l’Irlande, d’attirer de nombreux sièges européens d’entreprises multinationales. Tout en privant les états européens des recettes fiscales, tout en permettant aux entreprises les plus riches du monde à se soutirer de la taxation.

Dès mercredi, Schäuble veut présenter une proposition de loi – qui interdit de déduire les frais de licence ou de propriété intellectuelle des bénéfices imposables, lorsque de tels frais ne sont pas ou peu taxés dans le pays où l’entreprise a son siège principal. Puisque des pays comme Malte n’imposent pas les droits de licence ou de propriété intellectuelle, cette mesure mettrait un terme à cette pratique qui prive depuis sa mise en œuvre, les pays européens des impôts des plus grandes entreprises.

« Les impôts devraient être payés dans le pays où l’activité générant des bénéfices est effectuée et non pas dans le pays qui offre le taux d’imposition le plus faible », a expliqué Wolfgang Schäuble en s’attaquant ainsi au système instauré au Luxembourg et dans d’autres pays. Dans ce système, les multinationales ne payent que des impôts dérisoires sur d’énormes bénéfices, et privent ainsi les états européens d’une source de budget importante, au seul profit des actionnaires des multinationales. Est-ce que Wolfgang Schäuble se serait découvert une âme de socialiste ?

Toutefois, pour que ce système puisse réellement être invalidé, il ne suffira pas qu’un seul pays prenne une mesure comme celle-ci. Une telle règlementation ne pourrait être efficace qu’à condition que tous les états-membres de l’Union Européenne y adhèrent – mais ce sera difficile, car des pays comme les Pays-Bas, Malte, le Luxembourg, la Belgique ou, hors-UE, la Suisse profitent de ce système qui garantit des emplois et quelques retombées fiscales chez eux.

Il serait souhaitable que l’Union Européenne se saisisse de ce dossier et que l’Europe agisse de manière solidaire pour faire en sorte à ce que les entreprises les plus riches du monde participent comme les autres au financement des budgets publics. Et il faudra faire vite, avant que Wolfgang Schäuble se rend compte qu’il est en train de défendre un projet que l’on pourrait carrément qualifier « de gauche »… (selon "Euro-journalist")

Posté par jl boehler à 00:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 23 novembre 2016

A Kehl, la presse interdite au congrès de l'extrême-droite allemande

AfD1

La liberté de la presse compte parmi les piliers de la démocratie, elle est indispensable au bon fonctionnement de la société et en Europe, on y attache une importance majeure. Et nous critiquons tous, à juste titre, les atteintes à cette liberté de presse en Turquie où le président-dictateur Erdogan a fermé ces derniers mois environ 170 médias, arrêté de nombreux journalistes considérés comme critiques, abolissant dans les fait cette liberté de la presse. Si toute l’Europe s’est insurgée contre cette violation des principes démocratiques, l’extrême-droite allemande voit les choses comme Recep Tayyip Erdogan. Elle veut museler la presse.

Lors du congrès régional de l’AfD 'Alternative für Deutschland) ce week-end à Kehl, la presse a été exclue – et l’AfD montre ainsi son visage d’un parti qui se fiche des règles démocratiques. C’est l’extrême-droite qui a inventé le terme « Lügenpresse » (presse mensongère) – l’extrême-droite ne veut pas informer, mais manipuler les gens par des communications. L’exclusion de la presse du congrès d’un parti politique, ce n’est pas anodin et montre que cette extrême-droite constitue une vraie menace pour la démocratie.

La justification donnée pour cette exclusion de la presse par l’AfD est surprenante : le parti craint que des militants défendant des « opinions aberrantes » puissent s’exprimer au micro pour se porter candidat pour les élections en 2017. Et puisque les méchants médias risquent de relater ces « opinions aberrantes », le parti craint une mauvaise presse. Conséquence – l’AfD a fermé la porte aux journalistes.

Au moins, par cette exclusion de la presse et cette attaque sur la liberté de la presse, l’AfD vient d’avouer publiquement qu’une partie de ses militants défend des « opinions aberrantes ». Si tous ceux qui ne sont pas sensibles aux slogans populistes de l’AfD avaient déjà cette sensation que les militants de ce parti défendent des opinions aberrantes, il est intéressant que le parti lui-même l’avoue et ce, pour justifier une attaque sur l’un des piliers de la démocratie.

kehl

Les médias auront quand même parlé de ce congrès de l’AfD à Kehl. Ils ont mis l'accent sur l’exclusion de la presse, sur la lettre ouverte que les citoyens kehlois ont adressé aux militants de l’extrême-droite qui se rendront à Kehl ce week-end, sur les manifestations contre l’AfD ce week-end dans la petite ville frontalière. Et plusieurs fédérations de journalistes ont protesté contre ces agissements antidémocratiques – on verra si elles obtiennent gain de cause par le biais d’un jugement en référé.

Et qu’on se le dise lors des prochaines échéances électorales – une extrême-droite qui veut abolir des valeurs fondamentales d’une démocratie éclairée, constitue un vrai danger. Et il ne faut argumenter « bof, ils ne pourront pas faire pire que les autres… » – si, ils peuvent faire pire. La preuve, l’extrême-droite s’attaque aux fondamentaux de la démocratie. Comme Erdogan en Turquie. (Selon "Euro-journaliste")

Posté par jl boehler à 00:25 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 5 octobre 2016

Dresde, ville de l'extrême-droite

Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres hier. Au lieu de célébrer la fête nationale, les « Pegida » & Cie ont montré le visage moche de l’Allemagne. Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres avant-hier. 

dresdeQuelle idée aussi d’organiser les festivités pour la fête nationale allemande dans le fief de l’extrême-droite xénophobe, la ville de Dresde ! Ce qui s’est passé hier dans la métropole sur les bords de l'Elbe, a été une honte pour toute l’Allemagne. Au lieu de célébrer l’unité allemande, la pègre néo-nationaliste a profité pour s’en prendre aux responsables politiques, aux étrangers qui avaient la mauvaise idée de passer par là et aux journalistes. Avec une diction qui est celle des nazis au début des années 30 du siècle dernier.

Le président Joachim Gauck, la chancelière Angela Merkel et le président du Bundestag Norbert Lammert ont du savoir ce qui les attendait à Dresde – l’accueil fut « chaleureux ». « Traîtres du peuple », criait la foule des citoyens bien-pensants qui se sentent menacés par les 0,1 % d’étrangers qui vivent en Saxe, « cassez-vous » et « Merkel doit disparaître ». Un homme de couleur qui passait par là, était accueilli par des cris « renvoyez-le, renvoyez-le », le tout dans une ambiance qui laissait craindre le pire.

Pour les journalistes, la foule aux attitudes néo-nazies avait également réservé un accueil qui cadrait avec cette ambiance néo-fasciste. « Quand on aura gagné, vous pourrez faire comme Thomas Mann », lançait la foule aux représentants des médias, faisant allusion au grand écrivain allemand qui devait fuir les nazis avant le début de la IIe Guerre Mondiale.

Hormis la question pourquoi il fallait organiser ces festivités dans le fief de l’extrême-droite allemande, force est de constater qu’une partie de l’Allemagne semble retomber dans les mêmes idées que les nazis prônaient pendant les années 30 du siècle dernier. Les slogans, toutefois, sont nouveaux – pendant plusieurs décennies, il était impensable d’afficher une telle attitude publiquement.

Le 3 octobre, à Dresde, l’extrême-droite allemande a montré le visage moche de l’Allemagne, ce visage qui fait encore peur de nos jours aux partenaires européens. Et pour cause. Cette extrême-droite qui s’est montré à Dresde, ce n’est pas une extrême-droite nationaliste comme on la connaît dans d’autres pays européens, mais il s’agit d’une extrême-droite qui défend ouvertement des idées et une attitude néo-nazie. Il est grand temps de cesser d’accepter ces attitudes sous le couvert de la « liberté d’expression » – le racisme n’est pas une opinion, mais un délit qui devrait être poursuivi avec toute la force de la loi.

Et en 2017, il serait peut-être mieux de célébrer la fête nationale ailleurs qu’en Saxe… plus jamais ça !

Posté par jl boehler à 00:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 20 septembre 2016

Les Allemands manifestent contre le TAFTA

Pas de traités de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada !

merkel

Les traités sur les libres échanges avec les Etats-Unis (TAFTA) et le Canada (CETA) ne cessent de susciter les critiques des Européens. En l’état, personne ne voudrait que ces traités soient signés, car ils donneraient quasiment les clés de l’économie et de la législation européennes aux Nord-Américains, en échange d’une vague promesse d’une croissance non-chiffrée et non garantie. Samedi, environ 320 000 manifestants se sont mobilisés dans 7 grandes villes allemandes pour dire « Non ! » à ces traités.

Malgré les récentes déclarations du vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (« TAFTA est mort »), les négociations secrètes continuent à Bruxelles et la Commission Européenne n’a toujours pas renoncé à son plan de signer au moins le CETA sans l’aval des états-membres, arguant qu’il s’agit d’un traité européen qui ne nécessite pas le feu vert des états, tout en les engageant à fond.

Différents points clés dans ces traités sont inacceptables, comme la mise en œuvre d’organes d’arbitrage privés auxquels des entreprises nord-américaines pourraient faire appel s’il se sentent mal traités par un état européen et qui opéraient en dehors du système judiciaire européen – contre les décisions de ces organes d’arbitrage, aucun recours juridique ne serait possible. Autre point de critique, le nivellement vers le bas du droit de travail qui risque fort d’être adapté aux conditions américaines et qui sont largement plus défavorables aux salariés que le droit du travail européen. La possibilité accordée aux Américains d’intervenir en amont du processus législatif européen, s’ils estiment qu’une nouvelle loi européenne puisse leur être défavorable, est aussi incompréhensible que l’ouverture des marchés « sociaux » aux entreprises privées américaines – qui pourrait concurrencer des prestataires publics sur des services de santé par exemple, ce qui risque de se traduire par une baisse de l’accessibilité à ces services.

Etrange – la plupart des responsables politiques se sont exprimés contre le TAFTA et le CETA et pourtant, les négociations se poursuivent derrières les portes fermées à Bruxelles comme si rien n’était. Les Nord-Américains ont déjà fait savoir qu’ils ne cèderaient pas sur les points de critique formulés et il est toujours aussi difficile de comprendre les motivations des responsables européens de donner les clés de l’Europe aux grandes entreprises américaines en échange de rien.

Les grandes manifestations de samedi devraient rappeler aux responsables allemands que les gens ne veulent vraiment pas de ces traités. S’ils étaient déjà en place, Apple aurait pu traîner les états européens devant des cours d’arbitrage privés estimant d’avoir été traité de manière injuste en se faisant condamner à payer des impôts…

A Berlin, ils étaient 70 000, à Hambourg 65 000, à Cologne 55 000, à Francfort 50 000, à Stuttgart 40 000, à Munich 25 000 et à Leipzig 15 000, et les manifestations se sont déroulés calmement et sans affrontements avec les forces de l’ordre, ce qui souligne le sérieux des manifestants qui ne sont pas allés dans la rue pour « chercher la bagarre », mais pour exprimer une position politique. Reste la grande question : est-ce que les responsables les entendront ?

Posté par jl boehler à 02:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 23 juillet 2016

Allemagne : vers un nouveau parti d'extrême-droite

Comme la plupart des partis d’extrême-droite en Europe, le nouveau parti issu du mouvement « Pegida » porte un nom presque sympathique. Sous le nom de « Freiheitlich Direktdemokratische Volkspartei » (FDDV, « Parti Populaire libéral pour la démocratie directe »), ce nouveau parti affiche pourtant une proximité avec l’AfD qu’il compte soutenir lors des prochaines échéances électorales, tout en se positionnant comme le « bras parlementaire » de ce mouvement xénophobe « Pegida » qui lui, est actuellement menacé par une procédure d’interdiction.

Lutz_Bachmann__blu_news_org_wiki_ccsa20_OK_620x310

Le fantasque Lutz Bachmann, leader de ce mouvement est-allemand qui devient de plus en plus une sorte de viviers pour toute la panoplie de groupes et groupuscules ultranationalistes, compte ainsi anticiper une éventuelle interdiction de son mouvement qui se distingue par une agressivité et parfois violence nationalistes observées pour la dernière fois pendant la République de Weimar.

Si la différence entre les xénophobes de l’AfD et ceux de la « Pegida » (et donc à l’avenir, FDDV) sont difficiles à cerner, il semble clair que les deux formations poursuivront les mêmes objectifs – l’AfD en imitant le Front National français en tentant de se « dédiaboliser », le FDDV en tentant d’attirer les xénophobes encore plus agressifs, prêts à passer à l’acte dans la rue. Ensemble, les deux formations comptent rafler toutes les voix à droite de la CDU – et le potentiel de cette extrême-droite réunie n’est plus très loin de celui du Front National.

Toutefois, le rôle du leader de la « Pegida » n’est pas clair. L’homme au casier judiciaire chargé a annoncé qu’il n’occuperait aucun poste au sein de ce nouveau parti FDDV, en déclarant « je reste le Lutz de la Pegida dans la rue ». Avec son casier judiciaire, il est vrai que Lutz Bachmann ne serait pas un candidat idéal, et en vue de son rôle de leader de la « Pegida », il est celui qui sera censé de fédérer les « crânes rasés » et d’autres casseurs qui sèment déjà la terreur depuis un bon moment dans les Länder ayant fait partie de l’ancienne RDA où les structures d’accueil de réfugiés font régulièrement l’objet d’attaques de toute sorte.

Aujourd’hui, certains sourient encore. Mais force est de constater que pendant que la « gauche » reste immobile dans ses éternelles querelles destinées à déterminer qui défend l’idéologie la plus pure, l’extrême-droite s’organise vite et efficacement et ce, même au-delà des frontières nationales. Les différents partis d’extrême-droite ou même carrément néonazis, s’échangent au niveau européen, se soutiennent mutuellement et représentent un danger bien plus important que nous voulons le penser.

Les pays européens doivent faire très attention de ne pas suivre les pas de la Turquie d’Erdogan – tous les indicateurs sont au rouge et il serait temps que la « gauche » européenne se décide enfin de mettre une parenthèse autour ses querelles pour enfin, combattre les vraies ennemis de la démocratie. (Euro-journal.net)

Posté par jl boehler à 21:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 18 juin 2016

Chaînes allemandes interdites

Plus de ZDF sur Canalsat

ard2zdf

Depuis quelques mois, Canalsat a "déréférencé" la chaîne allemande ZDF !!!! Ce déréférencement signifie que Canalsat ne permet plus la réception ZDF. Pourtant la chaîne continue à être diffusée gratuitement pour le satellite ASTRA. Les raisons de ce déréférencement sont connues et il est assez simple d'imaginer que la ZDF fait les frais d'une pression des chaînes sportives présentes sur Canalsat pour voir cette concurrente gratuite sortir bouquet ! En effet la ZDF diffuse régulièrement en HD de bonne qualité des matches que nombre de français suivent !!! Pourtant, le bouquet Canalsat, auquel sont abonnés de nombreux frontaliers, est toujours au même prix ! Merci, Vincent Bolloré, propriétaire, de Canal+, qui ne nous laisse déjà plus les Guignols qu'en crypté !

Et jusqu'au 11 juillet, ni ZDF ni ARD !

ard1

Le journal L'Alsace du 17/6 rapporte : "Sous la pression de la chaîne qatarie BeIN sports, qui a acquis les droits de retransmission de l'Euro 2016 en France, Numéricable a coupé la réception des chaînes allemandes ARD et ZDF jusqu'au 11 juillet, même en dehors des matches !"

Pour cause d'Euro, plus de "Immer wieder Sonntag", de Stefan Mross ! et même plus le chanteur alsacien Robin Leon et la célèbre Frau Wäber ! Il va falloir aller à l'Europapark à Rust pour voir le spectacle. Et même pas moyen de regarder la météo allemande souvent plus objective pour l'Alsace que certaines chaînes françaises ! Quant à "Tatort" n'y pensons plus.

Le seul moyen d'avoir ces émissions serait-il de se rendre au Qatar ? ou  de menacer de boycotter les matches des clubs propriétés de millardaires qatari tels le PSG ?

L'article complet de "L'Alsace" 

"Mauvaise surprise pour les abonnés de Numéricable en Alsace. Les Alsaciens câblés sont privés des émissions des deux grandes chaînes de télévision publiques allemandes ARD et ZDF. Ils ne peuvent plus suivre les Krimis du Tatort , les informations de la Tageschau ou les différentes émissions de divertissement dont ils raffolent. Et cela va durer jusqu’au 11 juillet, jusqu’après la finale de l’Euro 2016.

Un message lapidaire, style com pour jeunes, affiché en permanence sur les canaux correspondants à ces deux programmes allemands par l’opérateur SFR-Numéricable, signale : « Oups, votre chaîne ne dispose pas des droits pour une diffusion en France pendant l’Euro 2016. Revenez vite à partir du 11 juillet 2016. »

Une explication tronquée

 Une explication tronquée. ARD et ZDF n’ont, effectivement, pas les droits de diffusion en France des matchs de l’Euro 2016 de football, mais cela ne justifie nullement la coupure de la réception de tous les programmes. Les abonnés de ce réseau câblé, qui paient 33,90 € par mois pour le bouquet contenant les programmes allemands, se sentent floués. À juste titre. Dans la série « On s’en fout du consommateur », le câblo-opérateur contrôlé par le milliardaire Patrick Drahi ne s’embête pas. Au lieu d’arrêter la diffusion de ces chaînes durant les matchs, il les met tout simplement en écran noir pendant un mois.

 Une manière cavalière d’éviter d’être poursuivi par la chaîne qatarie BeIN Sports qui a acquis, pour un montant de 110 millions d’euros, les droits pour la retransmission exclusive des 51 matchs de l’Euro 2016 en France. Des droits que cette chaîne payante, qui revendique 2,8 millions d’abonnés en France, a revendu en licence à TF1 (35 millions d’euros pour 21 matchs) et M6 (25 millions d’euros pour 11 matchs dont la finale).

 « C’est comme ça ! »

 « D’un point de vue juridique, il nous semble très discutable de retirer ainsi deux chaînes, même temporairement, proposées dans le cadre d’un bouquet payant , estime Christian Tiriou, chef de projet au centre européen de la consommation (CNC) à Kehl. Car ce ne sont pas uniquement les programmes concernés par cette question d’exclusivité qui sont retirés, mais bien les programmes en totalité. »

Certains opérateurs ont choisi de « compenser le préjudice » en remplaçant les chaînes concernées par d’autres programmes pendant la durée de l’Euro2016. Ce n’est apparemment pas le cas pour Numéricable. Le CNC conseille aux consommateurs floués d’envoyer une lettre de réclamation à SFR-Numéricable.

 En appelant le service clients de SFR Numéricable (qui a décroché au bout de 18 minutes d’attente) ou en se rendant à l’agence commerciale de Mulhouse, on vous balade avec un « C’est comme ça ».

C’est le bouquet

robinbon

Posté par jl boehler à 00:10 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,