vendredi 4 août 2017

Enlèvement d'un opposant vietnamien à Berlin

Les méthodes du KGB ne sont pas mortes

vietnam

Trinh Xuan Thanh était autrefois un homme d'affaires prospère et un haut dignitaire du Parti Communiste vietnamien. Il a dirigé une filiale de la compagnie pétrolière Petrovietnam, et des entrées à un niveau élevé au sein du ministère du Commerce et de l'Industrie. Mais depuis le 16 septembre 2016, la police vietnamienne le recherchait avec un mandat d'arrêt.

Exclu du Parti !

Il y a un an, il a été déchu de son mandat de député et Tanh a dû restituer toutes ses médailles et les primes qui y étaient affectées. Plus tard il a été exclu du Parti Communiste. Les autorités lui reprochent des faits de corruption. Il lui est reproché d'avoir été "irresponsable et négligent". Il aurait réalisé pour 145 millions de dollars de détournements vers les Etats-Unis.

Agé de 51 ans, Tanh a fui en Allemagne où il a obtenu l'asile politique. Le 23 juillet 2017, il a été enlevé. Des hommes armés, devant appartenir aux services secrets vietnamiens, l'ont entraîné vers une voiture dans les allées du Tiergarten en compagnie d'une vietnamienne, et l'auraient emmené à l'étranger.  Cette dernière, blessée à un bras, a été retrouvée dans un hôpital de Hanoï.

Grave incident diplomatique

Le gouvernement allemand a rappelé tous les représentants des services de renseignement vietnamiens leur enjoignant de quitter le territoire allemand dans les 48 heures. Mardi, 1er août, le ministre des Affaires Etrangères Markus Ederer a convoqué l'ambassadeur du Vietnam. Mercredi, 2 août, le porte-parole du Foreign Office a déclaré que l'incident était "une violation sans précédent du droit allemand et du droit international". 

En effet, en marge du sommet du G-20 à Hambourg, la délégation vietnamienne, conduite par le premier ministre Nguyen Xuan Thanh, avait affirmé publiquement que Tanh a été arrêté à Hanoï, ce qui est tout simplement impossible.

14 000 vietnamiens à Berlin

Près de 90 000 vietnamiens vivent aujourd'hui en Allemagne, dont 14 000 à Berlin. Une forte communauté est également établie dans les districts de l'est (Lichtenberg, Marzahn-Hellersdorf). Ceux-ci vivent discrètement et redoutent les représailles dûes à la conduite de leur gouvernement.

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mardi 4 juillet 2017

Allemagne : ce sont les plus faibles qui paieront l’ardoise

La précarité des personnes âgées devient un problème majeur dans la société allemande. Les beaux chiffres de l’économie ont un prix – que payent les plus démunis.

Une étude menée par les instituts de recherche sur le monde économique DIW et ZEW tire la sonnette d’alarme. L’Allemagne se dirige vers une précarité des retraités qui menace un nombre croissant de personnes – et cette évolution est le résultat de différentes mesures prises dès les années 90 pour combattre le chômage. Si, à l’époque, ces mesures avaient un certain succès, elles conduisent un retraité sur cinq vers la précarité. Le « modèle allemand », à bien y regarder, n’est pas aussi efficace qu’on ne puisse le penser.

vieux

Dans les années 90, l’Allemagne avait mis en œuvre des mesures visant à réduire le chômage, comme les « mini-jobs » (avec un salaire ne dépassant pas les 400 €, mais faisant « disparaître » les personnes concernées des statistiques du chômage). Après, l’Allemagne a connu « l’agenda 2010 », qui introduisait les « jobs à 1 euro », le tristement célèbre « Hartz IV » (une sorte de RMI) et toutes les personnes qui « bénéficiaient » de ces mesures, sont concernées par cette précarité des personnes âgées.

A partir de 2036, un nombre croissant de personnes concernées arriveront à l‘âge de la retraite – et resteront condamnées à ce minimum de survie qui est le « Hartz IV », pas assez pour vivre, trop pour mourir, loin d’être assez pour mener une vie digne pourtant garantie par l’article 1 de la constitution allemande.

Actuellement, pour les personnes atteignant l’âge de la retraite, le risque de précarité augmente de 16,2% à 20,2% – et cette précarité est définie par les institutions internationales comme suit : « Est menacée de précarité toute personne disposant de moins de 60% du revenu médian de la population ».

Mais que vaut une société qui laisse ses vieux en rade ? Que vaut une société qui accepte qu’un cinquième de ses personnes âgées végètent à l’âge de la retraite sans pouvoir participer encore à la vie de société ? Il faudra absolument revoir cette politique d’exclusion qui touche déjà trop de groupes de la population. Une politique sociale digne de ce nom doit assurer un revenu minimum correct aux personnes âgées – un dossier à revoir rapidement. Et un avertissement à tous ceux qui pensent qu’il faille suivre « l’exemple allemand » – les formidables chiffres présentés depuis des années, ne dévoilent pas toute la vérité… (selon "eurojournalist")

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jeudi 18 mai 2017

Berlin : l'extrême-droite terrorise les militants venant en aide aux réfugiés

500 personnes blessées, dont 41 enfants

neukoelln_27_12_2016La France s'est engagée à accueillir 30.000 réfugiés, l'Allemagne un million. Une grande partie se retrouve à Berlin, ils sont aidés par des militants bénévoles d'associations caritatives. C'est à ceux-là en même temps qu'aux réfugiés que s'en prennent les voyous de l'extrême-droite. 

De nombreuses agressions, d'incendies des centres d'accueil ont changé l'ambiance. Dans la Beusselstrasse Moabit, un jeune homme se cache entre des blocs de béton, dans un passage qui mène à une église, où a été aménagé un centre de consultations médicales. Fares Naem, un Syrien qui a été passé à tabac, s'en est bien sorti. Les bleus sur tout son corps ont disparu, sa lèvre ensanglanté est guérie. Mais le traumatisme reste : "J'essaie de ne pas attirer l'attention, car j'ai peur." Un peu plus loin, trois personnes de Berlin. : une jeune femme blonde militante du SPD, un historien qui a fondé une association d'aide aux étrangers. Un ingénieur électricien originaire de Damas. Ce qui les unit, c'est la crainte des extrémistes de droite. Mais aucun ne se décourage. Le nombre de violences depuis 2015 a augmenté de plus de 80 en 2016.Et tous les cas ne sont pas signalés. Les auteurs de ces agressions sont la plupart du temps des néo-nazis. Souvent, les violences ne sont pas organisées, mais les auteurs ont des idées racistes à l'esprit.

Les preuves font souvent défaut

Malgré l'absence de preuves, les indices de la présence néo-nazie sont nombreux. Less personnes interpelées font partie de groupuscules tels "Forces Libres Neukölln", ou même du NPD et de l'AfD.

Le ton des politiques a changé. Le parti "die Linke" estime que l'augmentation des violences est dûe à la dérive droitière de la société, qui renforce l'extrême-droite. 431 agressions ont aussi eu lieu contre les hommes politiques, dont 141 contre les personnalités du SPD. Tout cela a amené à des manifestations de solidarité pour les victimes des attentats.

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vendredi 21 avril 2017

La « Marine Le Pen » allemande jette l’éponge

Frauke Petry subit exactement le sort qu’elle avait réservé au fondateur du parti « AfD » Bernd Lucke – elle s’est faite désavouer. Maintenant, elle déclare prendre sa retraite.

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Lorsque l’extrême-droite ne sait pas si elle doit adopter des positions d’extrême-droite ou d’ultra-droite, elle a un problème. Et ce genre de problème est généralement l’occasion pour les extrémistes parmi les extrémistes de tenter un « putsch ». Frauke Petry , la chef de l’AfD, avait réussi le sien lorsqu’elle avait éjecté de son parti, le fondateur de l’AfD, Bernd Lucke. Mais sa joie n’était pas de longue durée – maintenant, ce sont les ultra-extrémistes qui ont eu raison d’elle. Dans la course à la nomination pour les élections législatives au mois de septembre, Frauke Petry s’avoue vaincue et ne sera pas candidate, « ni à titre individuel, ni dans une équipe de candidats ». Comment doit-on comprendre cette évolution ?

Frauke Petry, c’était la « Marine Le Pen allemande ». Tristement célèbre pour des propositions comme celle de tirer sur des réfugiés qui tenteraient de franchir clandestinement la frontière allemande, le reste de son parti estimait qu’elle n’était pas assez radicalement à l’extrême-droite. Ce sont les vieux hommes du parti, souvent avec un passé dans le parti NPD, qui prennent maintenant les commandes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, mais l‘extrême-droite allemande glisse encore davantage vers la droite, se rapprochant ainsi de mouvements comme la « Pegida » qui porte la violence xénophobe dans les rues allemandes. Si Frauke Perty avait récemment essayé d’imiter sa collègue française en tentant de dédiaboliser son parti, cette nouvelle orientation n’était pas du goût des vieux hommes du parti qui eux, défendent des positions ouvertement antisémites, xénophobes et « völkisch », utilisant sciemment une terminologie des nazis, cherchant des votes parmi cette frange de la population qui rêve toujours d’un « Reich » de 1000 ans.

Au niveau électoral, le retrait frustré de Frauke Petry risque d’affaiblir davantage ce parti qui, après un essor fulgurant, commence déjà à s’effriter. Désormais, ce ne seront plus que les électeurs à tendance néo-nazi qui voteront pour l’AfD et les « électeurs de protestation », nombreux, se rabattront certainement sur des partis de la droite bourgeoise.

Dès qu’il faut discuter contenus, l’extrême-droite a un vrai problème. Fort en slogans, l’AfD peine à présenter un programme politique digne de ce nom – mais pour les électeurs, il ne suffit plus d’être simplement contre tout. L’AfD, c’est le parti qui est contre le monde politique, contre les étrangers, contre les médias, contre l’Europe, mais comme dans d’autres pays, ces extrémistes n’ont aucune idée comment diriger un pays.

Après le mauvais score de l’ami néerlandais de Frauke Petry, Geerd Wilders, et après le mauvais score aux élections régionales en Sarre, l’AfD a perdu sa dynamique. C’est rassurant que ce parti s’auto-dévore, car les électeurs n’apprécient pas ce genre de manque d’orientation politique. Maintenant que les vieux qui rêvent d’un 4e Reich prennent les commandes, l’AfD s’auto-disqualifie aux yeux des électeurs et ceci est donc une bonne nouvelle. Il faut croire que sur l’échiquier politique en Allemagne, il n’y a pas vraiment de la place pour des formations qui défendent des idées proche des néonazis. Tant mieux ! (selon "Eurojournalist")

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lundi 13 mars 2017

La politique. La vraie.

Ce que les médias allemands appellent « l’effet Schulz » perdure. L’arrivée du nouveau candidat du SPD a bouleversé le paysage politique allemand.

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Pas de campagne en dessous de la ceinture. Pas de scandales personnels. Pas de casseroles. La campagne pour les législatives en Allemagne prend une tournure surprenante – on y parle de politique en opposant des approches différentes. Et Angela Merkel est de plus en plus sous pression.

Les sondages montrent clairement une tendance en Allemagne – la CDU/CSU d’Angela Merkel n’arrive plus à convaincre les Allemands et Martin Schulz est considéré comme une vraie alternative. Actuellement, le SPD se situe à son plus haut niveau depuis 2006, et talonne avec ses 32% d’intentions de vote la CDU/CSU qui reste inchangée à 33%. Et pendant que le SPD grimpe dans les sondages, ce sont les extrémistes qui en font les frais. L’extrême-droite de l’AfD perd à nouveau un point et obtiendrait 8% des votes, les Verts se situent également à 8% et Die Linke obtiendrait 7%, tandis que les libéraux du FDP pourraient retrouver le Bundestag avec 6%.

Considérant qu’avant la nomination de Martin Schulz comme candidat du SPD, on s’apprêtait à une campagne des plus ennuyeuses avec une CDU/CSU qui menait de 17% dans les sondages, l’évolution est spectaculaire. Refaire ce retard en l’espace de 6 semaines – le SPD a le vent en poupe et en vue des difficultés d’Angela Merkel dans presque tous les dossiers qu’elle doit traiter actuellement, « l’effet Schulz » risque de durer. Jusqu’au 23 septembre ?

Et il est surprenant de constater que le nouveau positionnement du SPD comme « parti de la justice sociale » constitue la meilleure réponse à une extrême-droite qui, en Allemagne comme en France, se plaît dans un discours de haine. Dès qu’une alternative crédible se présente, les électeurs et électrices se détournent de ces « porteurs d’espoir ». Car un candidat et un programme crédible, cela change la donne lors d’une campagne électorale…

Si les chiffres devaient se confirmer, une nouvelle majorité à gauche d’Angela Merkel pourrait voir le jour. Mathématiquement, il y aurait déjà une courte majorité pour une coalition « rouge-rouge-verte », donc pour le SPD, Die Linke et les Verts. Toutefois, l’Allemagne a connu exactement cette situation après les dernières élections en 2013 – mais le SPD refusait alors de se lancer dans une coopération avec Die Linke, préférant le rôle du « partenaire junior » dans la « Grande Coalition » sous Angela Merkel. Mais ce qui passait encore en 2013, ne passerait plus en 2017 – les militants du SPD s’attendent à ce que Schulz vise la gagne.

La campagne pour les législatives du 23 septembre 2017 portera sur plusieurs vecteurs principaux – la justice sociale, la gestion des réfugiés et le rôle de l’Allemagne dans une Europe en pleine mutation.

Ce qui est carrément agréable dans cette campagne en Allemagne, c’est le débat politique. Le SPD oppose une politique sociale à la politique austère de la CDU. Et les électeurs auront un véritable choix à faire. Comme quoi, une élection ne doit pas forcément ressembler à un feuilleton télévisé… (selon Eurojournalist).

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mardi 7 mars 2017

Erdogan crée la crise en traitant l'Allemagne de pays fasciste

 « L’Allemagne », se lamente le dictateur-président turc Recep Tayyip Erdogan, « est un pays fasciste ». Oh. « Un pays, qui viole la liberté d’expression et qui a besoin d’apprendre la démocratie ». Ah. Venant de la part d’un expert en matière de la liberté et de la démocratie, ses déclarations frôlent le ridicule. Le ministre de l’intérieur du Bade-Wurtemberg Thomas Strobl (CDU) a raison, en répondant : « L’Allemagne n’est pas une province turque dirigée depuis Ankara ». Le ton monte entre la Turquie et l’Allemagne…

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Selon les estimations, 3 à 3,5 millions de Turcs vivent en Allemagne, ce qui constitue un nombre important en vue du référendum turc sur le « Ermächtigungsgesetz », cette modification de la Constitution turque qui vise à donner un pouvoir quasi illimité à Erdogan. Surtout dans la mesure où ce référendum est loin d’être gagné. Donc, Recep Tayyip Erdogan avait la bonne idée d’envoyer ses ministres en Allemagne pour y faire de la propagande en faveur de ce changement de constitution qui scellerait le sort de la Turquie en tant qu’état totalitaire. Et, Erdogan voulait venir personnellement fin mars en Allemagne pour intervenir à un grand meeting.

Après l’annullation fin de la semaine dernière d’une manifestation de propagande avec le ministre de la justice turc Bekir Bozdag à Gaggenau en Pays de Bade, le ministre de l’économie turc Nihat Zeybekci ne pouvait pas, à son tour, intervenir à Frechen près de Cologne – et Ankara est en colère.

Est-ce que le président-dictateur turc a été mal conseillé par ses proches ? Est-ce que personne ne lui a dit que l’arrestation du journaliste germano-turc Deniz Yücel (qu’Erdogan a désigné comme « espion allemand »), a été aussi mal vécue en Allemagne que celle de dizaines de milliers d’opposants, journalistes, artistes, intellectuels ?

Le fait que la Turquie se comporte maintenant en victime en donnant des leçons concernant « la liberté », pourrait presque faire sourire. Bien plus de 100 médias critiques ont été fermés en Turquie après le « putsch » dont de nombreux observateurs estiment qu’il a été orchestré par les hommes de main d’Erdogan. Aujourd’hui, toute conviction autre que celle d’Erdogan, conduit tout droit à la prison en Turquie où de dizaines de milliers de personnes moisissent pour avoir osé exprimer une opinion différente de celle du président-dictateur. Et l’Allemagne a raison de refuser à ce que la Turquie exporte son crédo d’état et sa propagande vers l’Europe.

Se faire désigner de « fasciste » par Erdogan, cela constitue presque un adoubement pour l’Allemagne. Le président-dictateur Erdogan est en train de fermer définitivement la porte vers l’Europe et sa menace d’annuller l’accord honteux concernant les réfugiés syriens, ne fait que souligner que cet homme n’est plus fréquentable. Erdogan, avec sa politique totalitaire et brutale, a mis la Turquie hors jeu. Les grands perdants de cette folie, sont les citoyens et citoyennes turcs qui subissent maintenant l’effondrement du tourisme et qui subiront d’autres mesures en conséquence de cet isolement et de ces violations systématiques des Droits de l’Homme. Les Pays-Bas, par l’intermédiaire du Premier Ministre Mark Rutte, a suivi l’exemple allemand en interdisant également des manifestations de propagande turque. Et il faut espérer que la ville de Strasbourg ne commettra pas une nouvelle fois l’erreur de proposer à Erdogan de l’accueillir – cela s’est déjà produit dans le passé et les responsables de la ville ne peuvent pas permettre une nouvelle fois que la capitale européenne serve comme plate-forme pour une propagande totalitaire. Erdogan et son régime, on ne peut pas les stopper en Turquie. Mais on peut empêcher à ce qu’ils viennent faire de la propagande pour un système totalitaire chez nous. Au moins ça.(Selon "Euro.journaliste")

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lundi 27 février 2017

Carnaval le long du Rhin

Rosenmontag Zug Köln 

Carnaval De Strasbourg

Basler Fasnacht 2016 -Morgestraich - Vier Uhr

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mercredi 1 février 2017

Schaüble veut abolir l'évasion fiscale

Pour une fois, l’inventeur de la politique d’austérité, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, a eu une excellente idée. Qui pourrait empêcher une bonne partie de l’évasion fiscale des grandes entreprises.

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Le système connu sous le nom de « LuxLeaks » fonctionne de manière assez simple. Les multinationales transforment leurs bénéfices réalisés dans les différents pays en « droits de licence de marque » qu’ils versent à leur QG qui lui, est installé dans un pays où il ne paie que peu ou pas d’impôts sur ces bénéfices. Ainsi, les bénéfices réalisés dans les pays se transforment en frais de fonctionnement et l’entreprise en question ne paie aucun impôt sur ses bénéfices. Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble veut maintenant s’attaquer à ce système qui a permis au Luxembourg ou à l’Irlande, d’attirer de nombreux sièges européens d’entreprises multinationales. Tout en privant les états européens des recettes fiscales, tout en permettant aux entreprises les plus riches du monde à se soutirer de la taxation.

Dès mercredi, Schäuble veut présenter une proposition de loi – qui interdit de déduire les frais de licence ou de propriété intellectuelle des bénéfices imposables, lorsque de tels frais ne sont pas ou peu taxés dans le pays où l’entreprise a son siège principal. Puisque des pays comme Malte n’imposent pas les droits de licence ou de propriété intellectuelle, cette mesure mettrait un terme à cette pratique qui prive depuis sa mise en œuvre, les pays européens des impôts des plus grandes entreprises.

« Les impôts devraient être payés dans le pays où l’activité générant des bénéfices est effectuée et non pas dans le pays qui offre le taux d’imposition le plus faible », a expliqué Wolfgang Schäuble en s’attaquant ainsi au système instauré au Luxembourg et dans d’autres pays. Dans ce système, les multinationales ne payent que des impôts dérisoires sur d’énormes bénéfices, et privent ainsi les états européens d’une source de budget importante, au seul profit des actionnaires des multinationales. Est-ce que Wolfgang Schäuble se serait découvert une âme de socialiste ?

Toutefois, pour que ce système puisse réellement être invalidé, il ne suffira pas qu’un seul pays prenne une mesure comme celle-ci. Une telle règlementation ne pourrait être efficace qu’à condition que tous les états-membres de l’Union Européenne y adhèrent – mais ce sera difficile, car des pays comme les Pays-Bas, Malte, le Luxembourg, la Belgique ou, hors-UE, la Suisse profitent de ce système qui garantit des emplois et quelques retombées fiscales chez eux.

Il serait souhaitable que l’Union Européenne se saisisse de ce dossier et que l’Europe agisse de manière solidaire pour faire en sorte à ce que les entreprises les plus riches du monde participent comme les autres au financement des budgets publics. Et il faudra faire vite, avant que Wolfgang Schäuble se rend compte qu’il est en train de défendre un projet que l’on pourrait carrément qualifier « de gauche »… (selon "Euro-journalist")

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mercredi 23 novembre 2016

A Kehl, la presse interdite au congrès de l'extrême-droite allemande

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La liberté de la presse compte parmi les piliers de la démocratie, elle est indispensable au bon fonctionnement de la société et en Europe, on y attache une importance majeure. Et nous critiquons tous, à juste titre, les atteintes à cette liberté de presse en Turquie où le président-dictateur Erdogan a fermé ces derniers mois environ 170 médias, arrêté de nombreux journalistes considérés comme critiques, abolissant dans les fait cette liberté de la presse. Si toute l’Europe s’est insurgée contre cette violation des principes démocratiques, l’extrême-droite allemande voit les choses comme Recep Tayyip Erdogan. Elle veut museler la presse.

Lors du congrès régional de l’AfD 'Alternative für Deutschland) ce week-end à Kehl, la presse a été exclue – et l’AfD montre ainsi son visage d’un parti qui se fiche des règles démocratiques. C’est l’extrême-droite qui a inventé le terme « Lügenpresse » (presse mensongère) – l’extrême-droite ne veut pas informer, mais manipuler les gens par des communications. L’exclusion de la presse du congrès d’un parti politique, ce n’est pas anodin et montre que cette extrême-droite constitue une vraie menace pour la démocratie.

La justification donnée pour cette exclusion de la presse par l’AfD est surprenante : le parti craint que des militants défendant des « opinions aberrantes » puissent s’exprimer au micro pour se porter candidat pour les élections en 2017. Et puisque les méchants médias risquent de relater ces « opinions aberrantes », le parti craint une mauvaise presse. Conséquence – l’AfD a fermé la porte aux journalistes.

Au moins, par cette exclusion de la presse et cette attaque sur la liberté de la presse, l’AfD vient d’avouer publiquement qu’une partie de ses militants défend des « opinions aberrantes ». Si tous ceux qui ne sont pas sensibles aux slogans populistes de l’AfD avaient déjà cette sensation que les militants de ce parti défendent des opinions aberrantes, il est intéressant que le parti lui-même l’avoue et ce, pour justifier une attaque sur l’un des piliers de la démocratie.

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Les médias auront quand même parlé de ce congrès de l’AfD à Kehl. Ils ont mis l'accent sur l’exclusion de la presse, sur la lettre ouverte que les citoyens kehlois ont adressé aux militants de l’extrême-droite qui se rendront à Kehl ce week-end, sur les manifestations contre l’AfD ce week-end dans la petite ville frontalière. Et plusieurs fédérations de journalistes ont protesté contre ces agissements antidémocratiques – on verra si elles obtiennent gain de cause par le biais d’un jugement en référé.

Et qu’on se le dise lors des prochaines échéances électorales – une extrême-droite qui veut abolir des valeurs fondamentales d’une démocratie éclairée, constitue un vrai danger. Et il ne faut argumenter « bof, ils ne pourront pas faire pire que les autres… » – si, ils peuvent faire pire. La preuve, l’extrême-droite s’attaque aux fondamentaux de la démocratie. Comme Erdogan en Turquie. (Selon "Euro-journaliste")

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mercredi 5 octobre 2016

Dresde, ville de l'extrême-droite

Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres hier. Au lieu de célébrer la fête nationale, les « Pegida » & Cie ont montré le visage moche de l’Allemagne. Dresde, la ville jumelée à la ville de Strasbourg, était le théâtre d’une festivité pas comme les autres avant-hier. 

dresdeQuelle idée aussi d’organiser les festivités pour la fête nationale allemande dans le fief de l’extrême-droite xénophobe, la ville de Dresde ! Ce qui s’est passé hier dans la métropole sur les bords de l'Elbe, a été une honte pour toute l’Allemagne. Au lieu de célébrer l’unité allemande, la pègre néo-nationaliste a profité pour s’en prendre aux responsables politiques, aux étrangers qui avaient la mauvaise idée de passer par là et aux journalistes. Avec une diction qui est celle des nazis au début des années 30 du siècle dernier.

Le président Joachim Gauck, la chancelière Angela Merkel et le président du Bundestag Norbert Lammert ont du savoir ce qui les attendait à Dresde – l’accueil fut « chaleureux ». « Traîtres du peuple », criait la foule des citoyens bien-pensants qui se sentent menacés par les 0,1 % d’étrangers qui vivent en Saxe, « cassez-vous » et « Merkel doit disparaître ». Un homme de couleur qui passait par là, était accueilli par des cris « renvoyez-le, renvoyez-le », le tout dans une ambiance qui laissait craindre le pire.

Pour les journalistes, la foule aux attitudes néo-nazies avait également réservé un accueil qui cadrait avec cette ambiance néo-fasciste. « Quand on aura gagné, vous pourrez faire comme Thomas Mann », lançait la foule aux représentants des médias, faisant allusion au grand écrivain allemand qui devait fuir les nazis avant le début de la IIe Guerre Mondiale.

Hormis la question pourquoi il fallait organiser ces festivités dans le fief de l’extrême-droite allemande, force est de constater qu’une partie de l’Allemagne semble retomber dans les mêmes idées que les nazis prônaient pendant les années 30 du siècle dernier. Les slogans, toutefois, sont nouveaux – pendant plusieurs décennies, il était impensable d’afficher une telle attitude publiquement.

Le 3 octobre, à Dresde, l’extrême-droite allemande a montré le visage moche de l’Allemagne, ce visage qui fait encore peur de nos jours aux partenaires européens. Et pour cause. Cette extrême-droite qui s’est montré à Dresde, ce n’est pas une extrême-droite nationaliste comme on la connaît dans d’autres pays européens, mais il s’agit d’une extrême-droite qui défend ouvertement des idées et une attitude néo-nazie. Il est grand temps de cesser d’accepter ces attitudes sous le couvert de la « liberté d’expression » – le racisme n’est pas une opinion, mais un délit qui devrait être poursuivi avec toute la force de la loi.

Et en 2017, il serait peut-être mieux de célébrer la fête nationale ailleurs qu’en Saxe… plus jamais ça !

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