dimanche 5 août 2018

Plus de 13 000 migrants abandonnés dans le désert du Sahara

L’Algérie accusée !

algerL’Algérie se défend d’avoir abandonné plus de 13 000 migrants dans le désert du Sahara comme l’accuse Associated Press dans une enquête alors qu’une vidéo montre des centaines de personnes marchant dans le désert par près de 50°C. La responsabilité de l’Europe est engagée.

L’Algérie a nié avoir maltraité des migrants en affirmant avoir abandonné plus de 13 000 personnes dans le désert du Sahara au cours des 14 derniers mois, notamment des femmes enceintes et des enfants. Le pays aurait expulsé les migrants sans nourriture ni eau et les aurait obligés à marcher. Une video diffusée par Associated Press montre des gens qui marchent par centaines dans des températures qui atteignent 48°C.

Des nombres incalculables sont morts, mais tous les survivants interrogés par AP racontent comment les gens de leurs groupes ont simplement disparu dans le désert. « Les femmes étaient mortes, les hommes … d’autres personnes disparaissent dans le désert parce qu’elles ne connaissent pas le chemin », explique Janet Kamara, qui était enceinte à l’époque. Les plus chanceux sont finalement arrivés au Niger.

L'Union Européenne sait et se tait !

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis fin 2017, alors que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils éloignent les migrants de la méditerranée. Un porte-parole de l’UE a déclaré qu’il était conscient de ce que l’Algérie faisait, mais que les pays souverains peuvent expulser les migrants tant qu’ils se conforment au droit international.

Les autorités algériennes ont refusé de commenter. Mais l’Algérie a par le passé nié toute critique selon laquelle elle commettrait des abus de droits en abandonnant des migrants dans le désert, qualifiant les allégations de campagne malveillante.

L’Organisation internationale pour les migrations a estimé que pour chaque migrant connu pour avoir traversé la Méditerranée, pas moins de deux sont perdus dans le désert – potentiellement plus de 30 000 personnes depuis 2014.

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 26 juillet 2018

Algérie : un blogueur emprisonné et en gréve de la faim

Soutiens pour la libération de Merzoug Touati

touati2

Le blogueur algérien Merzoug Touati, condamné à sept ans de prison pour « intelligence avec une puissance étrangère » pour un entretien avec un diplomate israélien, a débuté une nouvelle grève de la faim, a annoncé, mercredi 18 juillet, Reporters sans frontières (RSF), réclamant un « réexamen » de son cas. Depuis le 8 juillet, « Merzoug Touati a cessé de s’alimenter (…) pour protester contre sa condamnation qu’il juge injuste », indique l’ONG de défense de la liberté de la presse dans un communiqué. Il « réclame l’annulation de sa peine, sa libération ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires », poursuit RSF qui continue de dénoncer « la disproportion » de cette peine.

Merzoug Touati, 30 ans, avait été condamné en mai en première instance à dix ans de prison pour avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de vingt ans de prison.

Sa peine a été réduite à sept ans en appel le 21 juin. Il lui est reproché d’avoir publié sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère des affaires étrangères d’Israël, Etat que ne reconnaît pas l’Algérie.

Lors de ses deux procès, la cour avait écarté le chef d’incitation à « s’armer contre l’autorité de l’Etat » – passible de la peine de mort – et deux autres crimes et délits d’atteinte à la sûreté de l’Etat, dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook. Depuis son arrestation et incarcération en janvier 2017, Merzoug Touati a mené plusieurs grèves de la faim.

« Merzoug Touati proteste aujourd’hui au péril de sa vie », souligne RSF, qui « rappelle que les autorités algériennes sont responsables de la vie de Merzoug Touati et demande à la justice de réexaminer au plus vite le cas de ce blogueur injustement puni pour avoir exercé son droit informer. »

L’Algérie figure à la 136e sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF, qui estime que « la liberté de l’information (…) demeure fortement menacée » dans le pays.

Posté par jl boehler à 01:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 9 juin 2018

Une vidéo anti-Bouteflika crée la polémique

Le ton monte entre Alger et l’Union Européenne

Bouteflika_Leila_Haddad_320x220

Le ton monte entre l’Algérie et l’Union Européenne après la diffusion sur les réseaux sociaux par la journaliste Layla Haddad d’une vidéo, tournée dans les locaux de l’UE, moquant l’e président Bouteflika. La journaliste a par ailleurs déposée une plainte pour une agression intervenue à Bruxelles le lendemain de la publication de cette vidéo.

Les rapports entre l’Algérie et l’Union européenne sont très tendus depuis la publication d’une vidéo réalisée au siège de la Commission européenne à Bruxelles par Layla Haddad, ancienne correspondante à Bruxelles de la télévision nationale algérienne (l’EPTV). Dans cette vidéo, très critique vis à vis d’Abdelaziz Bouteflika, Layla Haddad s’adresse directement au président algérien en utilisant des formules qui peuvent en effet choquer, « Vous n’êtes plus qu’un amas de chair immobile (...) Les barons du régime dont votre propre frère se sont arrogés le droit de disposer de vous ». Layla Haddad accuse aussi Bouteflika d’avoir fait de la présidence « une fonction vacante », et estime que son état de santé ne lui permettant plus de gouverner il lui faut « tirer un trait » après 19 ans de pouvoir.

Outre la réaction sur le contenu même du message diffusé, les autorités algériennes reprochent à l’UE sa passivité vis-à-vis de l’utilisation de ses symboles dans une vidéo portant atteinte aux la table ornée du drapeau européen.

L’ambassadeur de l’UE en Algérie John O’Rourke a été convoqué mais il a répondu, dans un tweet, q« ue les journalistes accrédités auprès des institutions européennes ne parlent pas au nom des institutions mais en leur propre nom, en ligne avec les principes de liberté d’expression et liberté des médias », réponse qui n’a évidemment nullement satisfait Alger.

Par ailleurs, Layla Haddad a déclaré avoir été agressée au lendemain de la publication de sa vidéo. « J’ai été victime le 4 juin 2018 autour de 07h50 au pied de mon domicile personnel à Bruxelles, d’une agression verbale et physique par deux individus de type maghrébins », a déclaré Layla Haddad précisant qu’elle avait déposé une plainte. Layla Haddad a tenu à réaffirmer sa « détermination à porter haut et fort » son message de citoyenne algérienne qui « ne sera nullement ébranlé par cette tentative d’intimidation » rapporte Algérie Focus.

Posté par jl boehler à 01:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 1 juin 2018

Algérie, Libye : même combat ?

Des migrants vendus comme esclaves !

alg_rie

Alors que l’Algérie n’a pas fini de s’insurger contre les critiques de l’ONU quant au traitement réservé aux migrants, voilà que ce pays d’Afrique du Nord fait ainsi face à de nouvelles accusations. Il s’agit, cette fois, de migrants subsahariens qui ont affirmé avoir été torturés et vendus comme esclaves par des « passeurs » qui étaient le plus souvent de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset.

C’est du moins ce qu’a rapporté, ce mercredi 30 mai 2018, l’agence de presse Reuters, qui, en plus de témoignages rassemblés par l’agence à Agadez au Niger, cite une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), qui a questionné des milliers de migrants après qu’ils ont quitté le pays dirigé par le Président Abdelaziz Bouteflika.

Reuters indique que des témoignages ont fait état des détails de travail forcé et d’esclavagisme imposés à des migrants de différentes nationalités subsahariennes. Le cas d’un jeune Guinéen a été évoqué. Il s’agit d’un nommé Ousmane Bah, un ouvrier guinéen de 21 ans, qui a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. « La première fois, ils m’ont vendu pour 100 000 francs CFA », a-t-il déclaré à l’agence de presse. Pour sa part, un migrant togolais a indiqué avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler.

Abdoulaye Maizoumbou, membre d’une organisation caritative à Agadez au Niger, a confié à l’agence de presse qu’une vingtaine des 30 migrants renvoyés de l’Algérie qu’il a rencontrés ont également affirmé avoir été esclaves, la plupart vendus à Tamanrasset, souvent par des passeurs de leur propre nationalité.

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à ces accusations, du reste graves et qui pourraient porter un sacré coup à l’image de ce pays d’Afrique du Nord.

(selon l'agence Reuters)

Posté par jl boehler à 00:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 25 mai 2018

Algérie : Amnesty International demande la libération d'un blogueur

Le blogueur Merzoug Touati est en détention depuis plus d’une année à Béjaïa (Bougie). Ce jeune homme risque une condamnation à mort pour «espionnage».

merzoug

Une accusation infondée, estime Amnesty International (AI) dans un communiqué rendu public hier : «Cette accusation est forgée de toutes pièces sur la base de publications en ligne.» L’ONG souligne que cette affaire ne fera que «ternir un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains». L’organisation rappelle, dans ce sens, que Merzoug Touati «est inculpé de charges liées à un message publié sur Facebook et à une vidéo publiée sur YouTube qui, selon les autorités, ont encouragé les troubles civils».

Une charge qui ne tient pas la route, selon la même source : «Amnesty International a examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de ‘‘preuves’’ les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site internet ne soient supprimés. Elle a conclu qu’ils ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen.»

Pour AI, Merzoug Touati est «un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques». «Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains.

Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort», affirme AI dans son communiqué. Merzoug Touati, lit-on dans le même communiqué, «incarne les rêves brisés d’une génération dans un pays où la liberté d’expression est régulièrement mise à mal»

A la veille du procès, Amnesty appelle les autorités algériennes à «libérer immédiatement ce prisonnier d’opinion dans l’attente de son procès pour ses publications en ligne». Il est à rappeler que Merzoug Touati, détenu depuis le 22 janvier 2017, se trouve actuellement à la prison d’El Khemis, à Béjaïa. Il a observé au moins trois grèves de la faim pour protester contre le prolongement de sa détention.

Posté par jl boehler à 00:01 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 28 février 2018

Le patron français du renseignement militaire : tout va bien au Sahel !

"Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires africains." Ah bon ?

mali

«  Si l’on regarde le nombre d’attaques, on ne peut pas parler de dégradation sécuritaire. Il y a un bruit de fond de harcèlements, mais qui existe depuis la fin de Serval (en 2013) et qui continue  », a déclaré le général Jean François Ferlet, le chef du renseignement militaire au journal "L'opinion". «  La situation n’est pas satisfaisante, mais elle est contrôlée  ».

Et le même d'ajouter: «  Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires (africains), s’ils voulaient  », estime le DRM. «  La balle est dans leur camp et il y a une grosse pression politique sur eux pour la mise en œuvre des accords de paix  ». Mais ceux-ci «  stagnent  » reconnaît le DRM qui n’observe «  pas vraiment de dynamique générale  ». Le G5 ? «  Il faut que ça marche, parce que ce n’est pas Barkhane qui va régler le problème  ». Selon le DRM, le «  point clé  » est «  le contrôle permanent des frontières  », pas des opérations «  one shot  », après lesquelles les groupes terroristes reviennent. Le modèle mis en avant par le DRM est celui du contrôle de la frontière entre le Tchad et du Soudan, avec une coordination entre les deux pays et un «  droit de poursuite de 100 kilomètres  » sur le territoire du voisin.

L'Algérie, partenaire incontournable

Le problème essentiel, pour le DRM, est celui des trafics (armes, drogues, humains, etc.) : une «  gangrène  » dit-il, avec des «  chefs de groupes  » qui privilégient leur intérêt particulier sur l’intérêt général. Là encore, il faut leur «  mettre la pression  », avec des sanctions décidées par les Nations Unies qui les toucheraient au portefeuille. Toutefois, reconnaît le DRM, «  nous ne pouvons pas nous attaquer au trafic de manière désordonnée, parce que cela déstabiliserait l’économie et que nous n’avons pas d’économie alternative à proposer  ». «  Nous nous attaquons aux trafics quand ils servent à financer le terrorisme  » précise le DRM.

Interrogé sur le rôle de l’Algérie, le DRM a estimé qu’ «  elle est un partenaire, jusqu’à preuve du contraire. On a besoin d’elle  » car elle est «  incontournable  ». «  Nous avons des contacts  » a-t-il ajouté.

Alors tout va bien au Sahel ... sauf qu'il y a toujours encore des attentats et des victimes, même chez les soldats français.

Posté par jl boehler à 00:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

lundi 19 février 2018

Prisonniers étrangers en France

Algérie championne, Maroc vice-champion

prison

Selon le ministère français de la Justice, 1954 ressortissants algériens sont actuellement détenus en prison par la France, contre 1895 personnes originaires du Maroc. L’information, révélée cette semaine, a été rapportée par Le Figaro, ce vendredi 16 février 2018.

Le ministère français de la Justice précise toutefois que « la fiabilité des informations ne permet pas de détailler les prévenus des condamnés ». Sur une population carcérale estimée à 69 077 personnes, 14 964 ressortissants étrangers sont au total détenus actuellement dans les prisons françaises. Il se trouve toutefois que les ressortissants algériens représentent la nationalité la plus représentée parmi les détenus emprisonnés en France, suivis de près par les Marocains (1895 détenus). Ensuite viennent les Roumains (1496 détenus) puis les Tunisiens (1002 détenus). 10 apatrides, 43 personnes dont la nationalité n’est pas renseignée et 23 dont elle est inconnue sont par ailleurs présents dans la liste des détenus en France par ressortissants.

En 2008, indique Le Figaro, le ministère français de la Justice révélait qu’il y avait 11 140 détenus étrangers en 2007, représentant 19,2% de l’ensemble des détenus. Jusqu’en 2007, le nombre de ressortissants étrangers détenus en France a en réalité diminué depuis son pic de 1993, lorsqu’ils étaient estimés à 15 322 détenus, soit 31,1% de l’ensemble.

Posté par jl boehler à 00:45 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 11 février 2018

Guerre d’Algérie : les victimes non françaises indemnisées

Le Conseil Constitutionnel a étendu le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays.

alg_rie

Quelle que soit la nationalité, le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie a été étendu, ce jeudi 8 février 2018, par le Conseil constitutionnel français à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans ce pays d’Afrique du Nord.

Plus de 55 ans après le traumatisme de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel français a décidé que les civils algériens ayant subi des dommages physiques du fait de violences liées au conflit pouvaient désormais prétendre, eux aussi, à des pensions versées par la France. Les sages ont purement et simplement censuré les mots « de nationalité française » qui réservaient jusqu’alors ces avantages aux seules victimes qui avaient la nationalité française après l’indépendance de l’Algérie. Pour ce faire, les sages ont invoqué le principe « d’égalité devant la loi » garanti par la Constitution française.

À l’origine, le législateur avait justifié la création de ce droit pour les victimes françaises par « la carence du gouvernement algérien » à assurer le paiement des rentes à ces victimes prévues dans les accords d’Evian du 18 mars 1962 mettant fin au conflit. Le Conseil Constitutionnel a considéré que la différence de traitement entre victimes françaises et étrangères n’était pas non plus acceptable en ce qui concerne les ayant-droit des victimes décédées.

Posté par jl boehler à 00:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 25 octobre 2017

L'Algérie en colère contre Macron

Depuis son élection à l’Elysée au mois de mai dernier, Emmanuel Macron est attendu en Algérie. Or, cette visite d’Etat est retardée parce-qu’au coeur d’une délicate controverse politique. 

alg_rie

L’ambassadeur de France, Xavier Driencourt, à Alger l’a avoué:  aucune date n’a encore été arrêtée pour la visite du président français, Emmanuel Macron en Algérie. Lors d’un déplacement dans la région de Blida, à une quarantaine de kiloètres d’Alger, Xavier Driencourt a confirmé qu’une “visite est prévue”, en précisant qu’il s’agit d’une visite d’Etat qui suppose encore quelques réglages. “Nous restons à la disposition de nos amis algériens pour arrêter ensemble une date”, a-t-il dit.

Très diplomatiquement, Xavier Driencourt a confirmé la rumeur qui existait: la Présidence algérienne est en colère contre Emmanuel Macron.

 L’Algérie banalisée 

Le ressentiment d’Alger s’explique par la vision politique que semble adopter Emmanuel Macron sur le Maghreb depuis son élection. Lorsque peu avant le scrutin, les réseaux d’Alger s’étaient mis “en marche” pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron, l’Algérie espérait été traitée comme le partenaire privilégié de la France dans la région. L’axe entre l’Elysée et la présidence algérienne qui avait marqué les débuts de la présidence Hollande allait être à nouveau d’actualité. Et un tel choix ne pouvait que peser favorablement sur un appui éventuel des Français au clan Bouteflika, et notamment au frère du Président, Said, dans la guerre de succession que se livrent aujourd’hui les clans en présence en Algérie.

Or, très vite, les autorités algériennes découvrent que le Président français ne veut aucunement donner à l’Algérie le statut de “force régionale au Maghreb”. Au contraire, soulignent des sources diplomatiques algériennes, Emmanuel  Macron a fait comprendre à ses interlocuteurs algériens qu’il veut traiter tous les pays du Maghreb sur le même pied d’égalité. L’Elysée ne veut à aucun prix froisser le partenaire marocain qui, sur le terrain sécuritaire, a marqué des points, ces dernières semaines, auprès des Français.

La semaine dernière, l’appui de la diplomatie française à la candidature d’Audrey Azoulay, fille de l’ancien conseiller spécial d’Hassan II, a démontré, s’il en était besoin, que les autorités françaises soignent leurs relations avec le Maroc.

 Pressions françaises

Cette politique d’équilibre n’a pas été du tout du goût du président algérien Bouteflika et de ses conseillers qui ont espéré un meilleur “renvoi d’ascenseur”. La présidence algérienne avait donné plus que des gages cet été, en montrant à quel point les conseils de l’allié français étaient écoutés. C’est l’époque où celui qui était alors Premier ministre, Abdelmajid Tebboune, s’en était pris aux oligarques algériens et notamment à Ali Haddad, le patron du FCE (organisation patronale algérienne). Lequel était au mieux avec Emmanuel Macron, depuis la rencontre des deux hommes au printemps lors de la visite du candidat Macron à Alger.

Cet été donc, l’Elysée aurait fait pression sur l’Algérie, indiquent de bonnes sources à Alger, pour que  l’offensive anti Haddad cesse. A la même époque, le Premier ministre, Edouard Philippe, avait d’ailleurs tenu à recevoir Abdelmajid Tebboune, en vacances alors en France, pour lui demander plus de modération dans sa croisade anti oligarques. Finalement, Tebboune, fidèle entre les fidèles de Bouteflika, avait été limogé brutalement. A la grande satisfaction des Français.

Autant d’égards pour Paris qui expliquent les désillusions actuelles.  La Présidence algérienne n’a fourni aucune date pour la visite d’Etat de cet ingrat d’Emmanuel Macron.

En parfait connaisseur des rouages du sérail algérien, Xavier Driencourt s’active pour réparer les dégâts et renouer le contact. Très respecté et consulté par les tenants du pouvoir à Alger, Xavier Driencourt espère réconcilier l’Elysée et le Palais d’EL-Mouradia bien avant la fin de l’année. La tâche sera rude. (selon "Mondafrique")

Posté par jl boehler à 03:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 20 septembre 2017

Fourniture de gaz algérien

L'Algérie veut rassurer les Européens

gaz

L’Algérie, troisième fournisseur de gaz de l’UE, derrière la Russie et la Norvège, s’est toujours montrée disposée à maintenir son apport en matière d’approvisionnement énergétique, même si les importations de gaz vers l’UE suivent une tendance à la baisse depuis 2013, du fait d’une chute de la production et la hausse de la consommation algérienne.

Dans une conjoncture caractérisée par la nécessité d’aller vers une économie plus diversifiée, les autorités algériennes veulent saisir cette opportunité afin d’amener leurs partenaires européens à adopter, envers l’Algérie, une approche basée sur une coopération qui ne se limiterait pas uniquement à l’aspect strictement commercial dans le domaine énergétique, voire dans les autres domaines qui présentent une large opportunité de coopération.

Lors de l’entretien accordé mercredi dernier au chef de délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a ainsi plaidé en faveur d’«une approche diversifiée dans la relation entre l’Algérie et l’Union européenne, qui prend en considération l’apport de notre pays pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE».

L’Union, faut-il souligner, reste fortement dépendante d’un seul pays, la Fédération de Russie, qui est le principal exportateur de pétrole (35%), de gaz (26%), de charbon (30%) et d’uranium (25%) vers l’Union européenne. La vulnérabilité du marché de l’énergie dans le contexte géopolitique fait que la politique énergétique est devenue une priorité stratégique pour les pays membres de l’UE.

Dans une proposition de résolution, le Parlement européen a appelé, il y a quelque temps, à la mise en place d’un nœud gazier méditerranéen doté de capacités renforcées en GNL, exhortant l’UE à exploiter les possibilités offertes par les importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord pour renforcer sa sécurité énergétique.

Il estime que ces importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord et les récentes découvertes dans l’est de la Méditerranée offrent à la région méditerranéenne l’occasion de se profiler comme «le centre dynamique d’un réseau de gazoducs assurant le transport du gaz naturel vers l’Europe». Pour les Européens, il est plus important que jamais de garantir un approvisionnement fiable et diversifié en énergie et de mettre fin à la dépendance excessive au gaz russe.

Réagissant, en avril dernier, à une annonce faisant état du non-renouvellement du contrat d’approvisionnement algérien en gaz pour l’Italie, les autorités algériennes ont indiqué que Sonatrach était toujours capable aussi bien de répondre aux besoins énergétiques domestiques que d’assurer aussi ses engagements contractuels sur le marché international.

L’Algérie avait expliqué, alors, que les efforts d’exploration seront intensifiés «pour augmenter nos réserves» et répondre aux besoins croissants du marché national mais, également, «consolider notre position comme un acteur actif et fiable dans les marchés régionaux et internationaux».

En mars 2016, l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) annonçait une hausse de la production gazière de l’Algérie, à partir de 2018, après des années de stagnation, grâce à l’entrée en production de plusieurs champs gaziers au sud-ouest du pays. Dans son rapport d’analyse, l’EIA anticipe une augmentation de l’offre en gaz algérien d’un trillion de pieds cubes (Tcf) ou plus à partir de 2018. (selon le quotidien "El Watan").

Posté par jl boehler à 02:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,