mardi 15 octobre 2019

Algérie : la transition politique en suspens

Des foules importantes d'Algériens réclament toujours une transition politique radicale mais le chef d'état-major refuse de nouvelles concessions et tient à l'organisation de la présidentielle le 12 décembre. Les perspectives sont incertaines pour 2020.

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Le régime algérien s'accroche. Les manifestations hebdomadaires de millions d'Algériens ont abouti à la chute d'Abdelaziz Bouteflika en avril, mais pas encore à celle du « système ».

C'est ainsi qu'on désigne l'enchevêtrement opaque de clans affairistes politico-militaires qui tiennent le pouvoir depuis la fin de la guerre civile en 2002, voire l'indépendance en 1962. Le chef d'Etat-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, qui assume le pouvoir de facto depuis la chute de "Boutef", refuse d'entendre les revendications actuelles du mouvement de contestation, le « hirak » (soulèvement). Ce dernier a obtenu un premier report de la présidentielle anticipée, initialement prévue le 4 juillet mais repoussée au 12 décembre faute de candidats.

Demande de transition radicale

Une partie importante du peuple algérien réclame une transition radicale, avec notamment la démission des dirigeants de premier plan, mais ce qui reste du régime joue d'une peur du vide. Et force est de reconnaître qu'un consensus peine à émerger sur un mécanisme de transition au sein du « hirak » au sujet des hommes et des femmes devant la piloter.

L'armée réprime les manifestations depuis quelques semaines, à rebours de sa stratégie du printemps et procède à des arrestations d'hommes d'affaires, de cadres de l'ère Bouteflika et de militants démocratiques. L'impasse politique semble totale avec la perspective fin 2019 d'une élection présidentielle que le pouvoir veut organiser à tout prix, contre l'avis de l'opposition qui n'a pas présenté de candidats et de la rue qui promet de faire capoter le scrutin.

Les perspectives pour l'Algérie en 2020 sont d'autant plus délicates que la situation économique s'avère tendue, avec une croissance anémiée et une chute des réserves de la banque centrale. Les deux tiers des entreprises du BTP ont suspendu leurs activités dans l'attente d'un éclaircissement de la situation politique. (Yves Bourdillon, "Les Echos")

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mercredi 8 mai 2019

La diaspora algérienne

Depuis février dernier, les Algériens de France se mobilisent par milliers tous les dimanches, à Paris et dans d’autres villes, en signe de solidarité avec les millions de manifestants qui battent le pavé en Algérie.

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Sur le pavé parisien, chaque dimanche, es mêmes slogans retentissent: « Pouvoir assassin », « FLN dégage», « FLN au musée »,  « Le peuple veut la chute du régime »,« Un seul héros, le peuple »,«Mangeurs de cachir*, laissez-nous »…

Vers l’avènement d’une IIème République

En France, la diaspora algérienne s’organise pour être en phase avec le mouvement populaire qui rejette le système imposé en 1962 et les personnalités qui l’ont servi. C’est le cas de Nadia Bey, journaliste, qui m’a invité à une « Conférence-débat-propositions » le 25 avril dernier, à Saint-Denis.

Pour commencer, il a évidemment été question de démocratie, de pluralisme et de liberté de la presse. Les femmes, très nombreuses, ont réclamé l’abrogation du code de la famille, inspiré par la charia. Ces revendications, défendues passionnément des deux côtés de la Méditerranée, seront du ressort du Parlement de la IIème République algérienne dont l’avènement est souhaité par tous.

En attendant, le système perdure. L’heure est à la mobilisation et au combat. La création d’une ou de plusieurs fédérations représentatives de la diaspora est à l’ordre du jour. L’interdiction faite aux bi-nationaux(article 51 de la Constitution),  d’accéder à de hautes responsabilités en Algérie est perçue comme une offense à leur patriotisme et les empêche de revenir dans leur pays pour contribuer à son développement.

Lutter contre la corruption

Intervenant à mon tour en fin de soirée, j’indiquais qu’en Suisse, où une loi permet de bloquer à titre préventif les avoirs des « potentats », un avocat d’origine algérienne avait entamé des démarches pour que soient gelés les comptes du clan Bouteflika afin que l’argent ne puisse être transféré vers des destinations sans traçabilité.

Parmi les propositions destinées à aider le peuple algérien à lutter contre la corruption qui gangrène le pays, j’ai proposé que la diaspora algérienne interpelle les parlementaires français pour qu’ils votent une loi permettant, comme en Suisse, de mettre préventivement sous séquestre les avoirs et les biens de dirigeants corrompus.

Je me suis aussi demandé comment des sommes considérables d’argent sale sont déposées sans problème dans des banques françaises, alors qu’un simple citoyen doit justifier l’origine d’un transfert dépassant 10 000 euros.

J’ajoutais : « Qui dit corruption dit corrupteurs ». Je me suis alors interrogé tout haut, en me demandant si des surfacturations effectuées par certaines entreprises ou si des rétro-commissions n’aboutissaient dans les caisses de partis politiques français.

Gaïd Salah n’est pas « Monsieur mains propres »

Le 30 avril dernier, à Constantine, le général Ahmed Gaïd Salah, chefd’État-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, qui dirige de facto l’Algérie a déclaré avoir en sa possession « des dossiers lourds de corruption … dévoilant des faits de spoliation des fonds publics avec des chiffres et des montants faramineux ». Ces derniers temps, il a ordonné l’incarcération de généraux et d’oligarques corrompus. D’autres arrestations sont annoncées. Mais, pour la rue algérienne, Gaïd Salah n’est pas pour autant  « Monsieur mains propres ». Dans un câble datant de 2007 révélé par Wikileaks, Robert Ford, ambassadeur américain à Alger, le présentait comme «peut-être le fonctionnaire le plus corrompu de l’armée ». Ahmed Gaïd Salah devrait se retirer pendant qu’il en est encore temps.

* NB : Le sandwich au cachir, saucisson halal à base de bœuf ou de volaille, appelé aussi « chitta », est devenu le symbole des corrompus depuis que le FLN en a offert avec quelques dinars, pour attirer la population dans ses meetings.

(Gilles Munier, journaliste)

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dimanche 3 février 2019

Patrimoine mondial de l’Unesco

L’Algérie veut sauver ses pyramides 

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Vieilles parfois de plus de 16 siècles, les djeddars de Frenda sont 13 pyramides érigées dans le nord de l’Algérie qui souhaite aujourd’hui les inscrire dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les 13 monuments érigés entre le 4e et le 7e siècle, ont des bases carrées de pierre et sont surmontées de monticules anguleux rappelant des pyramides. Ils sont juchés sur deux collines voisines près de la ville de Tiaret, à environ 250 km au sud-ouest de la capitale Alger.

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L’obtention du statut de patrimoine mondial de l’Unesco est long et demande un dossier bien préparé. Le ministère de la Culture algérien a déclaré que la candidature des djeddars de Frenda serait déposée au cours du premier trimestre 2020. Des experts du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques ont travaillé sur le dossier.

A travers son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, l’objectif est de « préserver cet héritage, d’une valeur inestimable et d’un héritage ancestral« , a déclaré Mustapha Dorbane, professeur à l’Institut d’archéologie de l’Université d’Alger 2. Lors de la construction des Jeddars, les rois berbères régnaient sur la région dans de petits domaines dont l’histoire est mal connue et dont il reste peu de traces. Ce fut une période de grande agitation pour l’ancienne province romaine de Numidie, l’effondrement de l’empire occidental de Rome, l’invasion des troupes vandales et byzantines et la pénétration des forces arabes à travers l’Afrique du Nord.

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Construits entre le IVe et le VIIe siècle, ces monuments éloignés ont été en grande partie ignorés, livrés aux ravages du temps et des pilleurs. Certains chercheurs estiment que les tombes sont des lieux de repos pour la royauté berbère. Les Jeddars renferment une ou plusieurs pièces (jusqu’à 20 pour le plus grand) reliées par un système de galeries avec des chambres funéraires.

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle et les premières explorations archéologiques modernes en Algérie, provoquées par le colonialisme français, que les Djeddars ont commencé à attirer l’attention. Les troupes françaises et les autorités coloniales ont commencé l’exploration de neuf des tombes en 1865. L’archéologue algérien Rachid Mahouz, qui a consacré cinq ans à sa thèse de doctorat sur les tombes, déplore le manque de recherches consacrées aux « merveilles » du pays. « Les archives françaises sur les Djeddars ne sont pas disponibles et les objets et ossements trouvés pendant la période coloniale ont été transportés en France », a déclaré Rachid Mahouz.

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dimanche 5 août 2018

Plus de 13 000 migrants abandonnés dans le désert du Sahara

L’Algérie accusée !

algerL’Algérie se défend d’avoir abandonné plus de 13 000 migrants dans le désert du Sahara comme l’accuse Associated Press dans une enquête alors qu’une vidéo montre des centaines de personnes marchant dans le désert par près de 50°C. La responsabilité de l’Europe est engagée.

L’Algérie a nié avoir maltraité des migrants en affirmant avoir abandonné plus de 13 000 personnes dans le désert du Sahara au cours des 14 derniers mois, notamment des femmes enceintes et des enfants. Le pays aurait expulsé les migrants sans nourriture ni eau et les aurait obligés à marcher. Une video diffusée par Associated Press montre des gens qui marchent par centaines dans des températures qui atteignent 48°C.

Des nombres incalculables sont morts, mais tous les survivants interrogés par AP racontent comment les gens de leurs groupes ont simplement disparu dans le désert. « Les femmes étaient mortes, les hommes … d’autres personnes disparaissent dans le désert parce qu’elles ne connaissent pas le chemin », explique Janet Kamara, qui était enceinte à l’époque. Les plus chanceux sont finalement arrivés au Niger.

L'Union Européenne sait et se tait !

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis fin 2017, alors que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils éloignent les migrants de la méditerranée. Un porte-parole de l’UE a déclaré qu’il était conscient de ce que l’Algérie faisait, mais que les pays souverains peuvent expulser les migrants tant qu’ils se conforment au droit international.

Les autorités algériennes ont refusé de commenter. Mais l’Algérie a par le passé nié toute critique selon laquelle elle commettrait des abus de droits en abandonnant des migrants dans le désert, qualifiant les allégations de campagne malveillante.

L’Organisation internationale pour les migrations a estimé que pour chaque migrant connu pour avoir traversé la Méditerranée, pas moins de deux sont perdus dans le désert – potentiellement plus de 30 000 personnes depuis 2014.

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jeudi 26 juillet 2018

Algérie : un blogueur emprisonné et en gréve de la faim

Soutiens pour la libération de Merzoug Touati

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Le blogueur algérien Merzoug Touati, condamné à sept ans de prison pour « intelligence avec une puissance étrangère » pour un entretien avec un diplomate israélien, a débuté une nouvelle grève de la faim, a annoncé, mercredi 18 juillet, Reporters sans frontières (RSF), réclamant un « réexamen » de son cas. Depuis le 8 juillet, « Merzoug Touati a cessé de s’alimenter (…) pour protester contre sa condamnation qu’il juge injuste », indique l’ONG de défense de la liberté de la presse dans un communiqué. Il « réclame l’annulation de sa peine, sa libération ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires », poursuit RSF qui continue de dénoncer « la disproportion » de cette peine.

Merzoug Touati, 30 ans, avait été condamné en mai en première instance à dix ans de prison pour avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de vingt ans de prison.

Sa peine a été réduite à sept ans en appel le 21 juin. Il lui est reproché d’avoir publié sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère des affaires étrangères d’Israël, Etat que ne reconnaît pas l’Algérie.

Lors de ses deux procès, la cour avait écarté le chef d’incitation à « s’armer contre l’autorité de l’Etat » – passible de la peine de mort – et deux autres crimes et délits d’atteinte à la sûreté de l’Etat, dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook. Depuis son arrestation et incarcération en janvier 2017, Merzoug Touati a mené plusieurs grèves de la faim.

« Merzoug Touati proteste aujourd’hui au péril de sa vie », souligne RSF, qui « rappelle que les autorités algériennes sont responsables de la vie de Merzoug Touati et demande à la justice de réexaminer au plus vite le cas de ce blogueur injustement puni pour avoir exercé son droit informer. »

L’Algérie figure à la 136e sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF, qui estime que « la liberté de l’information (…) demeure fortement menacée » dans le pays.

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samedi 9 juin 2018

Une vidéo anti-Bouteflika crée la polémique

Le ton monte entre Alger et l’Union Européenne

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Le ton monte entre l’Algérie et l’Union Européenne après la diffusion sur les réseaux sociaux par la journaliste Layla Haddad d’une vidéo, tournée dans les locaux de l’UE, moquant l’e président Bouteflika. La journaliste a par ailleurs déposée une plainte pour une agression intervenue à Bruxelles le lendemain de la publication de cette vidéo.

Les rapports entre l’Algérie et l’Union européenne sont très tendus depuis la publication d’une vidéo réalisée au siège de la Commission européenne à Bruxelles par Layla Haddad, ancienne correspondante à Bruxelles de la télévision nationale algérienne (l’EPTV). Dans cette vidéo, très critique vis à vis d’Abdelaziz Bouteflika, Layla Haddad s’adresse directement au président algérien en utilisant des formules qui peuvent en effet choquer, « Vous n’êtes plus qu’un amas de chair immobile (...) Les barons du régime dont votre propre frère se sont arrogés le droit de disposer de vous ». Layla Haddad accuse aussi Bouteflika d’avoir fait de la présidence « une fonction vacante », et estime que son état de santé ne lui permettant plus de gouverner il lui faut « tirer un trait » après 19 ans de pouvoir.

Outre la réaction sur le contenu même du message diffusé, les autorités algériennes reprochent à l’UE sa passivité vis-à-vis de l’utilisation de ses symboles dans une vidéo portant atteinte aux la table ornée du drapeau européen.

L’ambassadeur de l’UE en Algérie John O’Rourke a été convoqué mais il a répondu, dans un tweet, q« ue les journalistes accrédités auprès des institutions européennes ne parlent pas au nom des institutions mais en leur propre nom, en ligne avec les principes de liberté d’expression et liberté des médias », réponse qui n’a évidemment nullement satisfait Alger.

Par ailleurs, Layla Haddad a déclaré avoir été agressée au lendemain de la publication de sa vidéo. « J’ai été victime le 4 juin 2018 autour de 07h50 au pied de mon domicile personnel à Bruxelles, d’une agression verbale et physique par deux individus de type maghrébins », a déclaré Layla Haddad précisant qu’elle avait déposé une plainte. Layla Haddad a tenu à réaffirmer sa « détermination à porter haut et fort » son message de citoyenne algérienne qui « ne sera nullement ébranlé par cette tentative d’intimidation » rapporte Algérie Focus.

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vendredi 1 juin 2018

Algérie, Libye : même combat ?

Des migrants vendus comme esclaves !

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Alors que l’Algérie n’a pas fini de s’insurger contre les critiques de l’ONU quant au traitement réservé aux migrants, voilà que ce pays d’Afrique du Nord fait ainsi face à de nouvelles accusations. Il s’agit, cette fois, de migrants subsahariens qui ont affirmé avoir été torturés et vendus comme esclaves par des « passeurs » qui étaient le plus souvent de leur propre nationalité dans la ville de Tamanrasset.

C’est du moins ce qu’a rapporté, ce mercredi 30 mai 2018, l’agence de presse Reuters, qui, en plus de témoignages rassemblés par l’agence à Agadez au Niger, cite une enquête de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), qui a questionné des milliers de migrants après qu’ils ont quitté le pays dirigé par le Président Abdelaziz Bouteflika.

Reuters indique que des témoignages ont fait état des détails de travail forcé et d’esclavagisme imposés à des migrants de différentes nationalités subsahariennes. Le cas d’un jeune Guinéen a été évoqué. Il s’agit d’un nommé Ousmane Bah, un ouvrier guinéen de 21 ans, qui a affirmé avoir été vendu deux fois en Algérie par des ravisseurs non identifiés. « La première fois, ils m’ont vendu pour 100 000 francs CFA », a-t-il déclaré à l’agence de presse. Pour sa part, un migrant togolais a indiqué avoir été torturé dans la ferme à moutons où il avait été forcé de travailler.

Abdoulaye Maizoumbou, membre d’une organisation caritative à Agadez au Niger, a confié à l’agence de presse qu’une vingtaine des 30 migrants renvoyés de l’Algérie qu’il a rencontrés ont également affirmé avoir été esclaves, la plupart vendus à Tamanrasset, souvent par des passeurs de leur propre nationalité.

Pour l’heure, les autorités algériennes n’ont pas réagi à ces accusations, du reste graves et qui pourraient porter un sacré coup à l’image de ce pays d’Afrique du Nord.

(selon l'agence Reuters)

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vendredi 25 mai 2018

Algérie : Amnesty International demande la libération d'un blogueur

Le blogueur Merzoug Touati est en détention depuis plus d’une année à Béjaïa (Bougie). Ce jeune homme risque une condamnation à mort pour «espionnage».

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Une accusation infondée, estime Amnesty International (AI) dans un communiqué rendu public hier : «Cette accusation est forgée de toutes pièces sur la base de publications en ligne.» L’ONG souligne que cette affaire ne fera que «ternir un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains». L’organisation rappelle, dans ce sens, que Merzoug Touati «est inculpé de charges liées à un message publié sur Facebook et à une vidéo publiée sur YouTube qui, selon les autorités, ont encouragé les troubles civils».

Une charge qui ne tient pas la route, selon la même source : «Amnesty International a examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de ‘‘preuves’’ les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site internet ne soient supprimés. Elle a conclu qu’ils ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen.»

Pour AI, Merzoug Touati est «un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques». «Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains.

Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort», affirme AI dans son communiqué. Merzoug Touati, lit-on dans le même communiqué, «incarne les rêves brisés d’une génération dans un pays où la liberté d’expression est régulièrement mise à mal»

A la veille du procès, Amnesty appelle les autorités algériennes à «libérer immédiatement ce prisonnier d’opinion dans l’attente de son procès pour ses publications en ligne». Il est à rappeler que Merzoug Touati, détenu depuis le 22 janvier 2017, se trouve actuellement à la prison d’El Khemis, à Béjaïa. Il a observé au moins trois grèves de la faim pour protester contre le prolongement de sa détention.

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mercredi 28 février 2018

Le patron français du renseignement militaire : tout va bien au Sahel !

"Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires africains." Ah bon ?

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«  Si l’on regarde le nombre d’attaques, on ne peut pas parler de dégradation sécuritaire. Il y a un bruit de fond de harcèlements, mais qui existe depuis la fin de Serval (en 2013) et qui continue  », a déclaré le général Jean François Ferlet, le chef du renseignement militaire au journal "L'opinion". «  La situation n’est pas satisfaisante, mais elle est contrôlée  ».

Et le même d'ajouter: «  Le niveau de la menace est à la portée de nos partenaires (africains), s’ils voulaient  », estime le DRM. «  La balle est dans leur camp et il y a une grosse pression politique sur eux pour la mise en œuvre des accords de paix  ». Mais ceux-ci «  stagnent  » reconnaît le DRM qui n’observe «  pas vraiment de dynamique générale  ». Le G5 ? «  Il faut que ça marche, parce que ce n’est pas Barkhane qui va régler le problème  ». Selon le DRM, le «  point clé  » est «  le contrôle permanent des frontières  », pas des opérations «  one shot  », après lesquelles les groupes terroristes reviennent. Le modèle mis en avant par le DRM est celui du contrôle de la frontière entre le Tchad et du Soudan, avec une coordination entre les deux pays et un «  droit de poursuite de 100 kilomètres  » sur le territoire du voisin.

L'Algérie, partenaire incontournable

Le problème essentiel, pour le DRM, est celui des trafics (armes, drogues, humains, etc.) : une «  gangrène  » dit-il, avec des «  chefs de groupes  » qui privilégient leur intérêt particulier sur l’intérêt général. Là encore, il faut leur «  mettre la pression  », avec des sanctions décidées par les Nations Unies qui les toucheraient au portefeuille. Toutefois, reconnaît le DRM, «  nous ne pouvons pas nous attaquer au trafic de manière désordonnée, parce que cela déstabiliserait l’économie et que nous n’avons pas d’économie alternative à proposer  ». «  Nous nous attaquons aux trafics quand ils servent à financer le terrorisme  » précise le DRM.

Interrogé sur le rôle de l’Algérie, le DRM a estimé qu’ «  elle est un partenaire, jusqu’à preuve du contraire. On a besoin d’elle  » car elle est «  incontournable  ». «  Nous avons des contacts  » a-t-il ajouté.

Alors tout va bien au Sahel ... sauf qu'il y a toujours encore des attentats et des victimes, même chez les soldats français.

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lundi 19 février 2018

Prisonniers étrangers en France

Algérie championne, Maroc vice-champion

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Selon le ministère français de la Justice, 1954 ressortissants algériens sont actuellement détenus en prison par la France, contre 1895 personnes originaires du Maroc. L’information, révélée cette semaine, a été rapportée par Le Figaro, ce vendredi 16 février 2018.

Le ministère français de la Justice précise toutefois que « la fiabilité des informations ne permet pas de détailler les prévenus des condamnés ». Sur une population carcérale estimée à 69 077 personnes, 14 964 ressortissants étrangers sont au total détenus actuellement dans les prisons françaises. Il se trouve toutefois que les ressortissants algériens représentent la nationalité la plus représentée parmi les détenus emprisonnés en France, suivis de près par les Marocains (1895 détenus). Ensuite viennent les Roumains (1496 détenus) puis les Tunisiens (1002 détenus). 10 apatrides, 43 personnes dont la nationalité n’est pas renseignée et 23 dont elle est inconnue sont par ailleurs présents dans la liste des détenus en France par ressortissants.

En 2008, indique Le Figaro, le ministère français de la Justice révélait qu’il y avait 11 140 détenus étrangers en 2007, représentant 19,2% de l’ensemble des détenus. Jusqu’en 2007, le nombre de ressortissants étrangers détenus en France a en réalité diminué depuis son pic de 1993, lorsqu’ils étaient estimés à 15 322 détenus, soit 31,1% de l’ensemble.

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