lundi 19 février 2018

Prisonniers étrangers en France

Algérie championne, Maroc vice-champion

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Selon le ministère français de la Justice, 1954 ressortissants algériens sont actuellement détenus en prison par la France, contre 1895 personnes originaires du Maroc. L’information, révélée cette semaine, a été rapportée par Le Figaro, ce vendredi 16 février 2018.

Le ministère français de la Justice précise toutefois que « la fiabilité des informations ne permet pas de détailler les prévenus des condamnés ». Sur une population carcérale estimée à 69 077 personnes, 14 964 ressortissants étrangers sont au total détenus actuellement dans les prisons françaises. Il se trouve toutefois que les ressortissants algériens représentent la nationalité la plus représentée parmi les détenus emprisonnés en France, suivis de près par les Marocains (1895 détenus). Ensuite viennent les Roumains (1496 détenus) puis les Tunisiens (1002 détenus). 10 apatrides, 43 personnes dont la nationalité n’est pas renseignée et 23 dont elle est inconnue sont par ailleurs présents dans la liste des détenus en France par ressortissants.

En 2008, indique Le Figaro, le ministère français de la Justice révélait qu’il y avait 11 140 détenus étrangers en 2007, représentant 19,2% de l’ensemble des détenus. Jusqu’en 2007, le nombre de ressortissants étrangers détenus en France a en réalité diminué depuis son pic de 1993, lorsqu’ils étaient estimés à 15 322 détenus, soit 31,1% de l’ensemble.

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dimanche 11 février 2018

Guerre d’Algérie : les victimes non françaises indemnisées

Le Conseil Constitutionnel a étendu le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans le pays.

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Quelle que soit la nationalité, le droit à des pensions aux victimes d’actes de violence pendant la Guerre d’Algérie a été étendu, ce jeudi 8 février 2018, par le Conseil constitutionnel français à l’ensemble des personnes qui résidaient alors dans ce pays d’Afrique du Nord.

Plus de 55 ans après le traumatisme de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel français a décidé que les civils algériens ayant subi des dommages physiques du fait de violences liées au conflit pouvaient désormais prétendre, eux aussi, à des pensions versées par la France. Les sages ont purement et simplement censuré les mots « de nationalité française » qui réservaient jusqu’alors ces avantages aux seules victimes qui avaient la nationalité française après l’indépendance de l’Algérie. Pour ce faire, les sages ont invoqué le principe « d’égalité devant la loi » garanti par la Constitution française.

À l’origine, le législateur avait justifié la création de ce droit pour les victimes françaises par « la carence du gouvernement algérien » à assurer le paiement des rentes à ces victimes prévues dans les accords d’Evian du 18 mars 1962 mettant fin au conflit. Le Conseil Constitutionnel a considéré que la différence de traitement entre victimes françaises et étrangères n’était pas non plus acceptable en ce qui concerne les ayant-droit des victimes décédées.

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mercredi 25 octobre 2017

L'Algérie en colère contre Macron

Depuis son élection à l’Elysée au mois de mai dernier, Emmanuel Macron est attendu en Algérie. Or, cette visite d’Etat est retardée parce-qu’au coeur d’une délicate controverse politique. 

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L’ambassadeur de France, Xavier Driencourt, à Alger l’a avoué:  aucune date n’a encore été arrêtée pour la visite du président français, Emmanuel Macron en Algérie. Lors d’un déplacement dans la région de Blida, à une quarantaine de kiloètres d’Alger, Xavier Driencourt a confirmé qu’une “visite est prévue”, en précisant qu’il s’agit d’une visite d’Etat qui suppose encore quelques réglages. “Nous restons à la disposition de nos amis algériens pour arrêter ensemble une date”, a-t-il dit.

Très diplomatiquement, Xavier Driencourt a confirmé la rumeur qui existait: la Présidence algérienne est en colère contre Emmanuel Macron.

 L’Algérie banalisée 

Le ressentiment d’Alger s’explique par la vision politique que semble adopter Emmanuel Macron sur le Maghreb depuis son élection. Lorsque peu avant le scrutin, les réseaux d’Alger s’étaient mis “en marche” pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron, l’Algérie espérait été traitée comme le partenaire privilégié de la France dans la région. L’axe entre l’Elysée et la présidence algérienne qui avait marqué les débuts de la présidence Hollande allait être à nouveau d’actualité. Et un tel choix ne pouvait que peser favorablement sur un appui éventuel des Français au clan Bouteflika, et notamment au frère du Président, Said, dans la guerre de succession que se livrent aujourd’hui les clans en présence en Algérie.

Or, très vite, les autorités algériennes découvrent que le Président français ne veut aucunement donner à l’Algérie le statut de “force régionale au Maghreb”. Au contraire, soulignent des sources diplomatiques algériennes, Emmanuel  Macron a fait comprendre à ses interlocuteurs algériens qu’il veut traiter tous les pays du Maghreb sur le même pied d’égalité. L’Elysée ne veut à aucun prix froisser le partenaire marocain qui, sur le terrain sécuritaire, a marqué des points, ces dernières semaines, auprès des Français.

La semaine dernière, l’appui de la diplomatie française à la candidature d’Audrey Azoulay, fille de l’ancien conseiller spécial d’Hassan II, a démontré, s’il en était besoin, que les autorités françaises soignent leurs relations avec le Maroc.

 Pressions françaises

Cette politique d’équilibre n’a pas été du tout du goût du président algérien Bouteflika et de ses conseillers qui ont espéré un meilleur “renvoi d’ascenseur”. La présidence algérienne avait donné plus que des gages cet été, en montrant à quel point les conseils de l’allié français étaient écoutés. C’est l’époque où celui qui était alors Premier ministre, Abdelmajid Tebboune, s’en était pris aux oligarques algériens et notamment à Ali Haddad, le patron du FCE (organisation patronale algérienne). Lequel était au mieux avec Emmanuel Macron, depuis la rencontre des deux hommes au printemps lors de la visite du candidat Macron à Alger.

Cet été donc, l’Elysée aurait fait pression sur l’Algérie, indiquent de bonnes sources à Alger, pour que  l’offensive anti Haddad cesse. A la même époque, le Premier ministre, Edouard Philippe, avait d’ailleurs tenu à recevoir Abdelmajid Tebboune, en vacances alors en France, pour lui demander plus de modération dans sa croisade anti oligarques. Finalement, Tebboune, fidèle entre les fidèles de Bouteflika, avait été limogé brutalement. A la grande satisfaction des Français.

Autant d’égards pour Paris qui expliquent les désillusions actuelles.  La Présidence algérienne n’a fourni aucune date pour la visite d’Etat de cet ingrat d’Emmanuel Macron.

En parfait connaisseur des rouages du sérail algérien, Xavier Driencourt s’active pour réparer les dégâts et renouer le contact. Très respecté et consulté par les tenants du pouvoir à Alger, Xavier Driencourt espère réconcilier l’Elysée et le Palais d’EL-Mouradia bien avant la fin de l’année. La tâche sera rude. (selon "Mondafrique")

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mercredi 20 septembre 2017

Fourniture de gaz algérien

L'Algérie veut rassurer les Européens

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L’Algérie, troisième fournisseur de gaz de l’UE, derrière la Russie et la Norvège, s’est toujours montrée disposée à maintenir son apport en matière d’approvisionnement énergétique, même si les importations de gaz vers l’UE suivent une tendance à la baisse depuis 2013, du fait d’une chute de la production et la hausse de la consommation algérienne.

Dans une conjoncture caractérisée par la nécessité d’aller vers une économie plus diversifiée, les autorités algériennes veulent saisir cette opportunité afin d’amener leurs partenaires européens à adopter, envers l’Algérie, une approche basée sur une coopération qui ne se limiterait pas uniquement à l’aspect strictement commercial dans le domaine énergétique, voire dans les autres domaines qui présentent une large opportunité de coopération.

Lors de l’entretien accordé mercredi dernier au chef de délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a ainsi plaidé en faveur d’«une approche diversifiée dans la relation entre l’Algérie et l’Union européenne, qui prend en considération l’apport de notre pays pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE».

L’Union, faut-il souligner, reste fortement dépendante d’un seul pays, la Fédération de Russie, qui est le principal exportateur de pétrole (35%), de gaz (26%), de charbon (30%) et d’uranium (25%) vers l’Union européenne. La vulnérabilité du marché de l’énergie dans le contexte géopolitique fait que la politique énergétique est devenue une priorité stratégique pour les pays membres de l’UE.

Dans une proposition de résolution, le Parlement européen a appelé, il y a quelque temps, à la mise en place d’un nœud gazier méditerranéen doté de capacités renforcées en GNL, exhortant l’UE à exploiter les possibilités offertes par les importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord pour renforcer sa sécurité énergétique.

Il estime que ces importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord et les récentes découvertes dans l’est de la Méditerranée offrent à la région méditerranéenne l’occasion de se profiler comme «le centre dynamique d’un réseau de gazoducs assurant le transport du gaz naturel vers l’Europe». Pour les Européens, il est plus important que jamais de garantir un approvisionnement fiable et diversifié en énergie et de mettre fin à la dépendance excessive au gaz russe.

Réagissant, en avril dernier, à une annonce faisant état du non-renouvellement du contrat d’approvisionnement algérien en gaz pour l’Italie, les autorités algériennes ont indiqué que Sonatrach était toujours capable aussi bien de répondre aux besoins énergétiques domestiques que d’assurer aussi ses engagements contractuels sur le marché international.

L’Algérie avait expliqué, alors, que les efforts d’exploration seront intensifiés «pour augmenter nos réserves» et répondre aux besoins croissants du marché national mais, également, «consolider notre position comme un acteur actif et fiable dans les marchés régionaux et internationaux».

En mars 2016, l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) annonçait une hausse de la production gazière de l’Algérie, à partir de 2018, après des années de stagnation, grâce à l’entrée en production de plusieurs champs gaziers au sud-ouest du pays. Dans son rapport d’analyse, l’EIA anticipe une augmentation de l’offre en gaz algérien d’un trillion de pieds cubes (Tcf) ou plus à partir de 2018. (selon le quotidien "El Watan").

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samedi 6 mai 2017

Macron – Le Pen : l’élection présidentielle française vue d’Algérie

55 ans après l'indépendance, le FN reste l'héritier de l'OAS

Alors que les Algériens ont voté pour élire leurs députés dans un certaine indifférence (au point qu'il a fallu prolonger l'ouverture des bureaux de vote), le pays se passionne pour l’élection présidentielle française. Le débat télévisé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a été très suivi et commenté.

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Ce jeudi 4 mai, jour d’élection en Algérie, a été une journée chômée et payée afin que chacun puisse aller voter. Mais le beau temps a peut-être incité bon nombre d’Algériens à prendre un long week-end férié pour aller au bord de mer, leur laissant aussi le temps de suivre l’élection présidentielle française de dimanche qui les passionne davantage.

Macron : "La colonisation, un crime contre l'humanité"

Il faut dire que les deux candidats français en lice ont, chacun à sa façon, fait parler d’eux en Algérie pendant la campagne. C’est d’abord Emmanuel Macron qui, en visite en Algérie mi-février avait déclaré que la colonisation « est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes ». Une déclaration qui avait été très bien accueillie de ce côté de la Méditerranée mais qui, en France, avait été très critiquée par ses adversaires, en particulier par les soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen.

Emmanuel Macron de préciser ensuite « il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie : « La France a installé les Droits de l’Homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire. C’est une jolie formule pour expliquer ce qu’est cette période, c’est-à-dire qu’il y a eu des crimes terribles, il y a eu de la torture, il y a eu de la barbarie - parce que la colonisation est un acte de domination et de non-reconnaissance de l’autonomie d’un peuple. Mais en même temps, je ne veux pas qu’on tombe, tout en reconnaissant ce crime, dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien ».

Marine Le Pen prétend défendre les rapatriés, les harkis ...

Marine Le Pen a aussi parlé de l’Algérie et de la colonisation, mais avec une approche radicalement opposée, considérant lors d’une interview sur BFM TV - RMC le 19 avril 2017, que la colonisation avait beaucoup apporté à l’Algérie a déclaré la candidate FN : « Le FN a soutenu de toutes ses forces les rapatriés de l’Algérie. Je défends les harkis, les rapatriés, je pense qu’ils ont été maltraités, mal accueillis dans leur pays, les harkis ça a été encore pire, ils ont été mis dans des camps dans des conditions épouvantables  », a indiqué Marine Le Pen. Pieds-noirs, harkis, oui... et tous les autres ?

Et elle enchaîne : « Moi je pense, et chacun d’ailleurs qui est de bonne foi admet, que la colonisation a beaucoup apporté, notamment, puisqu’on parle de l’Algérie, à l’Algérie : des hôpitaux, des routes, des écoles... Même des Algériens qui sont de bonne foi l’admettent ». Une sortie qui avait beaucoup choqué en Algérie et dans l’ensemble des anciennes colonies françaises.

Le débat de mercredi soir entre les deux prétendants à la Présidence française était donc très attendu, et une nouvelle fois, la candidate du Front National a choqué son auditoire en revenant, de façon inattendue, sur les propos d’Emmanuel Macron concernant la colonisation :« Est-ce que vous ne croyez pas que vous avez, vous, une part de responsabilité dans la haine qui se développe chez un certain nombre de jeunes ? Quand vous allez en Algérie pour accuser la France de crime contre l’humanité, c’est-à-dire le crime le plus grave qui puisse exister. Comment vous étonnez-vous que certains jeunes disent pourquoi on ne vient pas lui faire payer son crime ? Ne croyez-vous pas que vous avez une responsabilité considérable lorsque vous tenez ce genre de propos ?  ». Une accusation grave tant vis-à-vis du candidat d’En Marche que pour les jeunes Français d’origine algérienne qui deviennent tous des terroristes potentiels.

Au final, le débat d’entre deux tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a été d’une brutalité inédite relevée par l’ensemble de la presse, avec bien peu de hauteur de vue et très loin de l’enjeu attendu par les spectateurs. Mais dont Emmanuel Macron ressort malgré tout vainqueur pour la plupart des analystes. Et avant tout, 55 ans après l'indépendance, le FN reste l'héritier de l'OAS, des généraux du putsch d'Alger, des tortionnaires de tous bords ... 

 

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NB : OAS = organisation de l'armée secrète.

L'Organisation armée secrète, ou Organisation de l'armée secrète, surtout connue à travers le sigle OAS, est une organisation politico-militaire clandestine, créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle. Un an après l'échec de la semaine des barricades, alors que le gouvernement français souhaite manifestement se désengager en Algérie, elle est créée à Madrid, lors d'une rencontre entre deux activistes importants, Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde, ralliant par la suite des militaires de haut rang, notamment le général Raoul Salan. Le sigle « OAS » apparaît sur les murs d'Alger le 16 mars 1961, et se répand ensuite en Algérie et en métropole, lié à divers slogans : « L'Algérie est française et le restera », « OAS vaincra », « l'OAS frappe où elle veut et quand elle veut », etc.

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vendredi 3 juin 2016

Le calvaire de travailleurs chinois à Alger

L’image est aussi déconcertante qu’impressionnante : une centaine de travailleurs chinois, manifestement en fin de contrat, livrés à leur sort, campant dans une ruelle parallèle au boulevard des Martyrs, à quelques encablures de l’ambassade de Chine, à Alger.

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Réduits au statut de SDF, ils végètent depuis plusieurs mois pour certains d’entre eux sous des abris de fortune, confectionnés à base de bâche en plastique. Ils sont obligés de s’entasser par petits groupes sous ces refuges improvisés, étrangement bas, où l’on ne peut entrer que pour s’allonger. Certains n’ont même pas droit à ce «luxe» et passent la nuit à la belle étoile, n’ayant pour toute literie qu’un matelas pourri et une couverture crasseuse, rongés par le froid et l’humidité. Des cartons d’emballage, des bouteilles en plastique, des effets personnels ramassés à la hâte, du linge qui pendouille sur un fil de fer viennent compléter le décor. Sous-prolétaires oubliés du monde, ces travailleurs (dont certains enfilent dare-dare leur gilet de chantier vert fluo pour signifier qu’ils ont encore de la dignité) sont alignés les uns à côté des autres, de part et d’autre d'une étroite ruelle. On est en plein dans l’infrahumain, comme seule la mondialisation sait en fabriquer. Après l’enfer des chantiers, le ghetto.


«Nous n’avons pas été payés»

Un agent municipal témoigne : «Cela dure depuis plusieurs mois. Comme je travaille dans ce secteur, je les vois tous les jours. Il y a plusieurs vagues de travailleurs chinois qui vont et qui viennent. Ils attendent d’être rapatriés dans leur pays. Et quand ils partent, d’autres arrivent.» Et d’ajouter  : «Dès qu’un chantier est achevé, ils sont obligés de rentrer chez eux. Apparemment, ils n’ont pas été payés. Ils viennent donc réclamer leurs droits auprès de leur ambassade. Sincèrement, je n’ai rien vu de mal de leur part. Ce sont des gens tranquilles et sans histoires.»

Le fait est que la plupart des occupants du site ne parlent ni l’anglais, ni l’arabe, ni le français. Grâce donc à notre ami, nous en saurons un peu plus sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. «Nous n’avons pas de ressources pour pouvoir rentrer chez nous», témoigne difficilement l’un des travailleurs. «Je suis en Algérie depuis près de deux ans», précise-t-il. Parlant pour lui et pour deux de ses camarades qui se tenaient à côté de lui, il raconte : «Nous avons servi dans un chantier de construction de nouveaux bâtiments à Oran. Nous n’avons pas été payés. En plus, l’entreprise nous a retiré nos passeports.» Désormais sans travail, il espère retrouver au plus vite sa famille. «Cela fait plus de deux mois que nous sommes ici dans la rue. Nous attendons de notre ambassade qu’elle prenne en charge notre billet afin que nous puissions rentrer chez nous», clame notre interlocuteur.

Ambassade de Chine : black-out total

A l’ambassade de Chine, black-out total : toutes nos tentatives d’obtenir une information officielle sur ce dossier ont été vaines. Le calvaire que vivent les «SDF» chinois du boulevard des Martyrs serait-il à mettre sur le compte d’éventuels couacs survenus dans ce plan de rapatriement ?  Mystère et boule de gomme. «Ça ne se fait pas de les laisser comme ça», s’indigne un riverain. «Ça devient gênant. Il y a une école, là. Il faut leur trouver un endroit décent pour s’abriter. Il faut que notre Etat leur trouve une solution. Mais que voulez-vous, makache doula (il n’y n’a pas d’Etat).» (selon le quotidien "El Watan")

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samedi 18 avril 2015

La "Françalgérie"

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L’essai de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet , deux journalistes de TF1 et le JDD,« Paris-Alger, une histoire passionnelle »,  explore aussi les relations dangereuses entre la France et l’Algérie. Et notamment le concept de « FrançAlgérie », un terme à connotation péjorative créé pour dénoncer l’action néocoloniale prêtée à la France en Algérie. Voici trois exemples pour comprendre.

François Hollande, avocat du FLN

Les liens sont anciens. Ancrés. Très politiques. Ils ont été noués en juillet 2006. François Hollande, alors premier secrétaire du Parti Socialiste (PS) en France, songe à se lancer dans la course présidentielle. Les relations entre le gouvernement français et l’Algérie sont glaciales, en grande partie à cause de Nicolas Sarkozy. Les socialistes, eux, misent notamment sur le vote musulman pour revenir au pouvoir. François Hollande saute dans un avion, direction Alger ! « Il est alors accueilli avec les fastes d’un chef d’Etat par le président Bouteflika, qui le reçoit pendant trois heures, écrivent Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet. S’il est reçu avec autant d’honneurs, c’est aussi parce que le premier secrétaire du PS va devenir le meilleur avocat du FLN pour son adhésion à l’Internationale Socialiste ».

A l’époque, le FFS, seul membre algérien de cette IS (International Socialiste), s’oppose fermement à ce qu’un parti de la majorité, qui cautionne la dérive autoritaire du régime, puisse rejoindre ce club de sociaux-démocrates, socialistes et travaillistes. Mais François Hollande n’en a cure : il se rapproche du chef de gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, et promet de peser de tout son poids. « Le PS, au-delà de toute question éthique, cherche à reprendre pied en Algérie » expliquent les auteurs. Au point de s’opposer « à des résolutions visant à dénoncer les violences commises en Algérie », accuse Karim Tabbou dans le livre.

A l’approche de la présidentielle de 2012, François Hollande réitère sa démarche. « Nous avions en tête que les Français d’origine algérienne manifestaient leur intérêt pour les élections », confie Kader Arif, conseiller du futur candidat. Quelques mois avant le scrutin, François Hollande reprend donc attache avec Abdelaziz Belkhadem, et lui promet encore une fois l’adhésion du FLN à l’Internationale Socialiste. Mission accomplie en février 2013, lors d’un congrès de l’IS au Portugal. Entre temps, la gauche a remporté les élections. François Hollande est président de la République.

Collaboration poussée entre les services de renseignement

La coopération entre l’Algérie et la France est telle que des réunions techniques sont organisées au plus haut niveau ! « Les interlocuteurs des services français sont le général-major Athmane Tartag et le général Hassan » écrivent les deux journalistes. Une source française leur assure que des actions communes sont menées, « notamment des opérations d’infiltration ».

Jacques Chirac court-circuite Hadj-Nacer

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C’est sans doute le passage le plus éclairant de ce que peut être la « FrançAlgérie. » Il est raconté par l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj-Nacer, qui « se souvient d’une histoire étrange lorsqu’il travaillait à la Présidence algérienne ». L’anecdote est savoureuse et mérite que l’on s’y attarde. Elle date de 1986. La Corée du Sud est alors en quête d’une reconnaissance diplomatique par l’Algérie. L’Algérie n’y est pas opposée, mais souhaite obtenir en contrepartie un prêt à taux faible. Abderrahmane Hadj-Nacer est envoyé à Séoul avec, dit-il, « une lettre de mission très claire. Pas de prêt, pas de contrat, pas de reconnaissance diplomatique ».

Mais les choses ne se passent pas comme prévu : les Sud-coréens hésitent, négocient et font traîner les discussions. Agacé, le jeune conseiller se replie sur Hong Kong … où il découvre qu’entre temps, d’Alger, la reconnaissance diplomatique a bel et bien été accordée et sans aucune contrepartie ! « Une opération parallèle avait été menée par un homme politique français de premier plan » raconte Hadj-Nacer aux auteurs. L’homme en question ne serait autre que Jacques Chirac, qui dans la foulée aurait également négocié l’implantation de Daewoo en Algérie.

« Un chèque de 100.000 dollars aurait été versé à des intermédiaires » accuse Abderrahmane Hadj-Nacer. Le bureau de Jacques Chirac y oppose un démenti ferme.(selon TSA, "Tout sur l'Algérie")

« Paris-Alger, une histoire passionnelle », Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, Editions Stock, paru le 15 avril

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mardi 14 avril 2015

Un gestionnaire de pouvoir : Farik Bedjaoui

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Suite au post : "Un livre sur les intérêts de l'Algérie à Paris", voici l'extrait du livre de Christophe Dubois et Marie-Christine Trabet concernant l'un des gestionnaires de patrimoine des hommes politiques algériens Farid Bedjaoui. Bien des personnages politiques de pays souvent sous-développés, dont les peuples vivent dans la pauvreté, donnent leurs biens à gérer à l'étranger à des "hommes de confiance". Demandez donc Ali Bongo, Alassane Ouattara, et bien d'autres ...

« Sa silhouette effilée fend les eaux bleues de la Méditerranée. La coque blanche avec sa bande marine lui donne une allure d’oiseau flottant. Le Makira 43-01 entre dans la catégorie des superyachts, ceux que l’on regarde avec des yeux envieux sur les ports de la Côte d’Azur. Le chiffre 43 indique la longueur du bateau en mètres et 01 son numéro de série. Plusieurs sites spécialisés dans la location de ces palaces flottants vantent les performances du modèle. Le luxe absolu: le jacuzzi sur le pont supérieur avec des serviettes siglées au nom du bateau; le vaste salon-salle à manger avec une moquette épaisse; la chambre à coucher avec l’écran plat; le scooter des mers qui attend dans le pont inférieur. Selon la fiche technique du bateau, construit en Italie, il peut embarquer douze plaisanciers et cinq membres d’équipages et voguer jusqu’à 35 nœuds. Un rêve loué 150000 euros la semaine.

Outre le superyacht, la justice française a saisi deux immeubles avenue d’Iéna à Paris (16e arrondissement) et une villa à Ramatuelle. Certains de ses biens avaient en fait déjà été revendus et sont considérés comme une créance. Par ailleurs, un complice présumé et ami de Bedjaoui, Omar Habour, 76 ans, est lui aussi visé par la justice française : des ensembles immobiliers lui appartenant ont été saisis pour une valeur de 6 millions d’euros. Au total, selon une source proche de l’enquête, cela constitue un patrimoine estimé à 36 millions d’euros. Ces biens avaient fait l’objet d’un signalement de la cellule anti-blanchiment Tracfin en juillet 2013. Farid Bedjaoui et Omar Habour en seraient les bénéficiaires économiques via des sociétés civiles immobilières (SCI) immatriculées au Luxembourg. »

NB : Farid Bedjaoui, poursuivi pour son implication dans des affaires de pots-de-vin est poursuivi par les justices italiennes, canadiennes, françaises  ... et algériennes. Vivant à Dubaï, il est difficile, sinon impossible, d'obtenir son extradition.

Dubai_city_1Dubaï, prison dorée de Farid Bedjaoui

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dimanche 12 avril 2015

Un livre sur les intérêts de l'Algérie à Paris

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Le livre promet d’être un pavé dans la mare. TSA se l’est procuré en exclusivité. « Paris Alger, une histoire passionnelle » sort en France le 15 avril prochain. L’essai de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, deux journalistes de TF1 et le JDD, explore les relations dangereuses entre la France et l’Algérie. Et se penche notamment sur les bonnes affaires immobilières de certains hauts responsables algériens. Le chapitre 3, « Alger-sur-Seine », s’intéresse notamment aux acquisitions immobilières de ministres ou anciens ministres.

« Le lundi 26 juin 2006, Abdessalem Bouchouareb a rendez-vous boulevard Saint-Germain à Paris dans une étude notariale de renom, racontent les auteurs. Il vient de conclure l’achat d’un bien. » Avant de raconter que les deux lots acquis par le ministre de l’Industrie, 156 mètres carrés évalués à plus de trois millions d’euros aujourd’hui, ont été réglés par un versement comptant de 580.000 euros, et un prêt relais d’un an de 600.000 euros.

Interrogé par les auteurs, Abdesselem Bouchouareb dit ne rien avoir à cacher, mais sans dévoiler les fonds. Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet notent que la biographie officielle du ministre ne note aucune activité privée de nature à justifier le gain de telles sommes.

Le livre cite d’autres noms que nous vous livrerons prochainement. L’enquête de Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet contient des révélations sur l’affaire Khalifa, sur l’assassinat d’Hervé Gourdel, ainsi que sur les « arrangements » des gouvernements français avec l’Algérie. (selon TSA : "Tout sur l'Algérie")

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samedi 14 février 2015

Il y a 55 ans : Reggane

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La Laddh (ligue algérienne des droits de l'homme) exige que toute la lumière soit faite sur le dossier des essais nucléaires français effectués dans notre pays afin de “faire face aux effets des explosions, notamment le plutonium répandu dans l'atmosphère”.

L’Algérie a commémoré, hier, le 55e anniversaire de l’essai nucléaire, effectué dans la wilaya d’Adrar, durant la colonisation. En effet, le 13 février 1960, la France, sous la présidence de Charles de Gaulle, a procédé à des explosions nucléaires, à Reggane, qualifiées du “plus grand et plus dangereux essai nucléaire”, par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh). Dans un rapport, celle-ci rappelle qu’entre février 1960 et avril 1961, la France a réalisé 4 essais nucléaires, à Reggane, portant les codes militaires suivants : Gerboise bleue, Gerboise blanche, Gerboise rouge et Gerboise verte. C’est donc le 13 février 1960 que Gerboise bleue a explosé, développant “une énergie équivalente à 4 fois celle de la bombe d’Hiroshima”, d’après la Laddh. L’organisation des droits de l’Homme prend à témoin l’opinion publique, nationale et internationale, sur “l’ampleur” des expériences nucléaires, réalisées de 1960 à 1966 sur le sol algérien, sans protection aucune.

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Elle insiste, en outre, sur les “effets néfastes” de ce crime colonial sur les générations d’aujourd’hui et à venir. “La Laddh est persuadée que les victimes des explosions nucléaires de la France au Sahara algérien n’ont pas besoin qu’on parle d’elles uniquement chaque 13 février, pendant que la France commémore chaque année l’anniversaire de son accession au cercle fermé des puissances nucléaires militaires”, est-il mentionné dans le document. De plus, ces victimes “continuent à souffrir quotidiennement, incognito, et dans la dénégation totale de reconnaissance” des effets des radiations sur leur santé et sur leur environnement, précise encore le communiqué. Aussi, la Laddh exige que toute la lumière soit faite sur le dossier des essais nucléaires français, effectués dans notre pays, afin de “faire face aux effets des explosions, notamment le plutonium répandu dans l'atmosphère”. “L’aspect criminel de ces essais nucléaires par le colonisateur (…) se manifestant, aujourd'hui, sous forme de malformations congénitales, visibles sur les visages et les corps de nos citoyens, habitant dans ces zones”, alerte-t-elle. Non sans rappeler des nombreuses études qui attestent que les populations de Reggane et d’In-Ekker (Tamanrasset) “souffrent encore des effets de ces essais qui ont coûté la vie à des milliers de personnes et engendré des maladies graves”.

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Un constat inquiétant qui confirme, selon la Laddh, que la menace radioactive est toujours présente, dans les zones touchées, avec “des possibilités de contamination à plus de 1 500 km des régions des essais”. Dans ce cadre, la Laddh dénonce la loi française (arrêté du 22 septembre 2014) relative à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui garde le silence sur les “séquelles” des crimes nucléaires, y compris sur l’environnement. Selon elle, le moment est venu, pour l’Algérie, d’utiliser “ses armes juridiques pour arracher son droit à la France” et pour accéder aux archives, cartes d’enfouissement et rapports médicaux français. À quelques mois de l’ouverture du débat algéro-français sur la question de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, la Laddh interpelle le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU, en lui demandant de dépêcher une mission dans les zones d’essais nucléaires. Elle appelle aussi la France à “nettoyer les sites contaminés” et à procéder à “la décontamination du sol et des nappes souterraines”. (Lu dans "Liberté Algérie")

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