mercredi 2 janvier 2019

Compteurs Linky

Enedis ne peut entrer dans les propriétés sans autorisation !

linkyLe tribunal administratif de Toulouse confirme l'interdiction pour Enedis d'entrer dans les appartements et les maisons sans accord des propriétaires ou des occupants pour installer un compteur Linky.

Les employés d'Enedis ne peuvent pas entrer dans les maisons ou les appartements sans autorisation pour installer les compteurs Linky. Le tribunal administratif de Toulouse a confirmé mardi 12 septembre cette interdiction d'entrer dans les logements sans accord des propriétaires ou des occupants, rapporte un journaliste de franceinfo à Toulouse.

Le tribunal répondait à une saisine du préfet de Haute-Garonne en référé, après que le maire de Blagnac, près de Toulouse, a pris un arrêté le 16 mai dernier pour réglementer la pose des compteurs Linky.

Il souhaitait ainsi garantir aux usagers la liberté d'exercer leur choix à titre individuel et sans pression pour deux choses : l'accès à leur logement ou propriété et la transmission des données collectées à des tiers partenaires commerciaux de l'opérateur.

TA

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lundi 31 décembre 2018

L’Allemagne ferme sa dernière mine de charbon

Une page de l'histoire allemande se tourne : à 16 heures ce vendredi 21 décembre, la mine de charbon de Bottrop (Ruhr) a mis fin à 150 ans d'exploitation. Il s’agissait de la dernière du pays, mais l'extraction du lignite, beaucoup plus polluant, se poursuit, notamment dans l’ex-République démocratique allemande (RDA-Est).

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Pendant six générations, les mineurs de la Ruhr ont exploité le charbon qui a permis le développement de l'industrie « made in Germany ». Pour la région, une page se tourne et l'émotion est vive dans la Ruhr, qui a déjà connu le déclin de la sidérurgie.

Dès jeudi 20, églises et cathédrales ont organisé des messes, les équipes de foot régionales, Schalke 04 et Dortmund, ont rendu hommage aux « gueules noires » avant leur dernier match. Le quotidien populaire Bild Zeitung a publié vendredi 21 un numéro spécial avec en Une un grand « merci pour le charbon ».

ruhr1Mais pour le climat, la fermeture de la dernière mine de charbon n'est pas forcément une bonne nouvelle. Le pays continue d'importer de grandes quantités de charbon d'Australie ou de Chine, nettement moins cher. Et surtout, l'Allemagne exploite au maximum de ses capacités ses mines de lignite, un combustible bien plus polluant que la houille, et ce dans de gigantesques mines à ciel ouvert, notamment en ex-RDA.

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vendredi 7 décembre 2018

Au conseil municipal de Breitenbach

Une motion à propos des compteurs Linky

linky

 Plusieurs concitoyens ont interpellé le Maire et les conseillers municipaux quant à l’installation de compteurs Linky notamment aux motifs que le déploiement de ces compteurs :

  • a été décidé sans consultation préalable du public et sans que le consentement des personnes ne soit ni sollicité ni recueilli
  • s’effectue sans que les exigences de la CNIL ne soient strictement respectées

Le Maire rappelle les deux réunions publiques organisées par les opposants à l’installation de compteurs Linky (Espace Socio Culturel de Breitenbach le 11.10.18, Vivarium à Villé le 08.11.18) et propose aux conseillers d’échanger sur ce sujet, qui est polémique, avant de se positionner sur la motion présentée.

Les échanges portent sur :

  • la facilitation de production d’énergies décentralisées
  • la dangerosité des nouveaux compteurs notamment au regard des ondes émises
  • les risques d’intrusion dans la vie privée
  • le refus d’entrer dans une propriété privée
  • les économies d’énergie et les économies financières potentiellement réalisables
  • la durabilité des nouveaux compteurs
  • le déploiement dans d’autres pays
  • le coût de revient et la part payée par le consommateur
  • l’imposition de ce déploiement sans débat public préalable et sans le consentement des citoyens
  • les coûts futurs de relevé de compteur en cas de refus du compteur Linky
  • l’utilité d’une délibération qui sera annulée par le contrôle de légalité

Après ces échanges, le Maire propose aux conseillers un vote à bulletins secrets sur les trois questions posées :

  • le Conseil accepte-t’il le déclassement obligatoire des compteurs existants ?
  • le Maire doit-il interpeller la CNIL avant déploiement des nouveaux compteurs et suspendre celui-ci dans l’attente de la réponse ?
  • le Maire doit-il règlementer le déroulement des opérations de déploiement du compteur Linky sur le territoire de la commune ?

Après vote, le Conseil Municipal décide :

  • de ne pas accepter le déclassement obligatoire des compteurs existants (9 voix contre, 2 voix pour)
  • d’interpeller la CNIL (8 voix pour, 4 voix contre)
  • de ne pas règlementer le déroulement des opérations (5 voix pour, 6 voix contre)

Le Maire indique que ce vote -notamment le 1er point- met la commune en position délicate et qu’il prendra les attaches nécessaires pour suite à donner.

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mardi 27 novembre 2018

Précarité énergétique

Près de 7 millions de Français touchés

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Près de sept millions de ménages sont considérés comme étant en situation de précarité énergétique, a indiqué vendredi l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), et ce malgré la mise en place en 2018 d'un "chèque énergie" adressé à 3,6 millions de ménages. 

Un ménage est considéré comme étant en situation de précarité énergétique dès lors qu'il consacre plus de 8% de ses revenus à ses dépenses en énergie dans son logement ou qu'il déclare une sensation de froid lié à un équipement de chauffage défaillant ou une mauvaise isolation.  
L'an dernier, le seuil de précarité énergétique était fixé à 10% des revenus, ce qui empêche la comparaison entre le rapport de 2016 et celui publié vendredi. Selon l'ancien calcul, près de 6 millions étaient touchés par la précarité énergétique. 
Le nouveau rapport précise toutefois que le phénomène a très légèrement diminué depuis 2013. "Si l’on corrige l'impact conjoncturel de la météo, ce faible recul du phénomène demeure, mais est encore plus modéré, principalement en raison de la baisse des consommations d'énergie dans les logements", précise l'ONPE. 
Selon un sondage du médiateur national de l'énergie, 30% de l'ensemble des Français ont restreint le chauffage chez eux pour ne pas avoir de factures trop élevées et 15% d'entre eux ont déclaré avoir souffert du froid dans leur logement au cours du dernier hiver. 
La loi sur la transition énergétique votée en 2015 a instauré un dispositif de "chèque énergie" pour aider les ménages aux faibles revenus à payer leurs factures ou à réaliser des travaux de rénovation énergétique. 
En 2018, pour sa première année d'existence, ce chèque a bénéficié à 3,6 millions de ménages, pour un montant allant de 48 à 227 euros. Le gouvernement a par ailleurs annoncé que le chèque allait être étendu à 5,8 millions de ménages en 2019 et augmenté de 50 euros. 
L'Observatoire a calculé qu'il faudrait réduire la facture énergétique des ménages de 710 euros en moyenne par an pour qu'ils sortent de leur situation de précarité.  
Un grand plan d'investissement doit permettre d'investir 1,2 milliard d’euros afin de financer la rénovation de 75.000 logements par an, soit 375.000 avant 2022. 
Outre le "chèque énergie", le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE) finance également la lutte contre la précarité énergétique, par une contribution des fournisseurs d'énergie.
Macron va-t-il annoncer ces mesures votées en 2015 comme une nouveauté ? Et les "gilets jaunes" accepteront-ils cette duperie et s'en satisferont-ils ?

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jeudi 15 novembre 2018

Compteurs Linky : la pacotille arrive toujours en Afrique

Pourquoi la Côte d'Ivoire a besoin de "compteurs électriques intelligents"

abidjanL'affaire remonte au 25 avril 2016 ! Le président Ouattara a pris du retard dans la mise en route de l'émergence de son pays en 2020 ! Alors, le lancement par le MEDEF du club "Abidjan ville durable" est une opportunité ! Et la réunion de lancement du club a été un véritable succès. En effet, 20 entreprises se sont mobilisées autour du projet. La réunion plénière du 10 juin 2016 a entériné le nom du club « Abidjan ville durable » et déterminé son fonctionnement en cinq commissions : état des lieux, vision et stratégie, mise en oeuvre, promotion, internationalisation. Et surtout, parmi les 20 entreprises se trouvent les plus implantées en Côte d'Ivoire : Bolloré Logistics, Schneider Electric International, Vinci énergies, Bouygues, Total, EDF. Pour Ouattara, l'affaire est donc jouable. 

Le président Alassane Ouattara, dans ses promesses, avait mis l'accent sur l'électrification du pays. Et, justement, EDF a du matériel disponible et l'intention d'investir dans des domaines intéressants pour la Côte d'Ivoire.  

Première action envisagée : une centrale biomasse de 46 mégawatts est déjà à l'étude. Si le dossier est mené à bon port, il s'agira de la plus grande installation biomasse en Afrique de l'Ouest (plus grande que Nachtigal au Cameroun), avec une production annuelle de 337 gigawatts/heure. Près de 1300 emplois pourraient être générés, dont plus de 1100 liés à la filière d'approvisionnement. Oui, mais financés par qui ?

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Deuxième action : l'électrification du monde rural. Là EDF crée une société autonome nommée ZECI (Zola EDF Côte d'Ivoire). Comme en France, EDF répartit ses compétences : la production d'énergie pour elle, la fourniture pour des sous-traitants. ZECI vendra des kits, comprenant un panneau solaire permettant aux ruraux un minimum de courant hors réseau, de quoi faire fonctionner quelques lampes, une télévision ou une radio. Pour des appareils électro-ménagers ce sera insuffisant, et il faudra trouver des modèles plus chers. Souvent hors de prix pour le commun des ivoiriens. Mais admettons, l'émergence est en marche.

La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, via un communiqué signé le 15 juin 2018, qu’elle fournira une “garantie partielle de crédit” à Zola EDF Côte d’Ivoire (ZECI) pour l’aider à mobiliser un prêt en monnaie locale de 15,75 milliards de FCFA (environ 24 millions d’euros). Le prêt sera arrangé par la Société Générale de Banque en Côte d’Ivoire (SGBCI) et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (Crédit Agricole CIB), pour permettre à ZECI d’acquérir des systèmes solaires domestiques (SSD) et de les distribuer à environ 100 000 ménages supplémentaires résidant dans les zones rurales de Côte d’Ivoire, d’ici à 2020.

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Troisième action : la remise en état des réseaux en ville, qui passe par la pose de nouveaux compteurs. L'action sera menée par la CIE (compagnie ivoirienne d'électricité). Et l'action va être menée de pair avec le remplacement des compteurs en France. Et là, pas de mystère ! on fait comme en Europe : on pose les nouveaux compteurs Linky ... à quelques différences de publicité près. Ainsi, on ne parle plus de compteurs Linky, mais de compteurs "intelligents" ou de "cybercompteurs". En Côte d'Ivoire, où selon EDF l'arnaque est reine, on vante les bienfaits de tels compteurs : contrôle à distance, et surtout lutte contre la fraude. Fraude de qui ? des "brouteurs" ivoiriens ? ou d'EDF et CIE ?

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Car ce que EDF ne dit pas, c'est les inconvénients de ces compteurs ! Augmentation de la toxicité par les ondes électromagnétiques ! Augmentation des fréquences des coupures d'électricité (disjoncteurs qui sautent !), des pannes ! et même des incendies ! Augmentation du montant des factures de 25% à 50% dûe au renforcement de la puissance qui passe de 6KVA à 9 KVA (pour éviter soi-disant les coupures de courant trop intempestives), de la facturation de l' "énergie apparente" (imaginez que vous consommez un verre de bière et que le barman vous demande un prix pour la bière et un surplus à payer pour la mousse). On comprend pourquoi ni EDF, ni CIE n'informent les ivoiriens. Et pourtant la CIE a déjà installé 400.000 compteurs et compte continuer jusqu'en 2020.

En Europe, les consommateurs sont devenus méfiants, et beaucoup refusent ces nouvelles installations, alors EDF tente de liquider sa camelote en Afrique (Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Maghreb, ...) et en Amérique du Sud (Chili, Argentine, ...).Les vieilles casseroles qui formaient au temps de l'esclavage les cadeaux de pacotille (du commerce triangulaire) pour les roitelets des tribus africaines, sont remplacées par des produits électriques défectueux, avec la complicité des chefs de gouvernements locaux dont bon nombre placent leur fortune en Europe dans des paradis fiscaux.

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Mais en Côte d'Ivoire, pas plus qu'ailleurs, on n'accepte plus. De nombreux "clients" refusent l'installation de nouveaux compteurs Linky (mot "interdit") même si la CIE prétend les installer "gratuitement". Même si selon la CIE, cette opération vise à moderniser le parc de compteurs d’énergie et mettre à la disposition de sa clientèle de nouveaux services pour un meilleur suivi dans la consommation d’électricité, même si le wifi intégré laisse rêveur, même si la CIE se défend de toute surfacturation, de nombreux ivoiriens y voient une arnaque. A juste titre...

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samedi 10 novembre 2018

Réunion "Linky"

Jeudi 8 novembre a eu lieu à la MJC de Villé une réunion publique concernant les compteurs Linky. Il me semblait important d'y assister, surtout que Villé va bientôt changer de régie (au 1/1/2020). Je m'attendais à trouver "deux pelés et trois tondus", mais à mon grand étonnement, la salle était pleine à craquer (200 personnes au minimum). Mais un seul maire de la vallée ! Vu la foule, c'est sûr, ils viendront la prochaine fois. Les deux présentateurs du collectif "Linky non merci - Bruche Piémont" ont été convaincants dans leurs explications. Plutôt que d'en faire un résumé, voici la video de l'émission "Envoyé spécial" : "Les révoltés du Linky". Elle présente tout ce qui a été exposé par les deux intervenants bénévoles.

Envoyé spécial. Les révoltés du Linky - 14 juin 2018 (France 2)

Alors comment faire pour garder votre compteur actuel satisfaisant et ne pas accepter Linky ! Envoyez les deux lettres dont le modèle figure ci-dessous, l'une au maire de votre commune (elle est propriétaire des compteurs), l'autre à votre fournisseur d'électricité (Enédis dans la plupart des communes, Centrale électrique Vonderscheer à Villé).

1) Lettre au maire (en LR avec AR) :

maire1

maire2

 2) Lettre au fournisseur (en  LR avec AR) : 

  • Adresse : ENEDIS, Tour Enedis, 34, place des Corolles, 92079 Paris La Défense Cedex
  • Adresse pour les habitants de Villé (régie privée locale) : Centrale Electrique Vonderscheer, 19, rue Louis Pasteur, 67220 Villé

fournisseur

linky

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dimanche 4 novembre 2018

Compteurs Linky en débat !

Electricité : changement de concessionnaire à Villé ! qu'en est-il des compteurs ?

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"La centrale électrique Vonderscheer a notifié à la commune de Villé sa décision de mettre un terme définitif au contrat de concession pour la gestion du réseau basse tension et la fourniture d’électricité. La concession s’achèvera le 31 décembre 2019 à 23 h 59. La commune est donc amenée à trouver un nouveau concessionnaire pour permettre la continuité de la distribution d’électricité à ses habitants. Les élus ont décidé d’entrer en négociation avec Enedis et EDF pour envisager la reprise de la concession et, le cas échéant, avec d’autres partenaires. Ils ont aussi convenu de négocier avec le Syndicat d’électricité et de gaz du Rhin, dont la commune est déjà membre pour la partie haute tension, en vue de se faire conseiller pour la suite de la procédure." (DNA du 1/11/2018)

compteur

Du coup, on revient à un problème  soulevé dans la France entière : les compteurs Linky, dont plus de 500 communes ont déjà refusé l'installation par délibérations suivies d'arrêtés municipaux pris par leur maire. A Villé, rien n'effarouche la municipalité qui n'a même pas abordé le problème. Devant l'ampleur de la contestation tout à fait justifiée, une réunion est organisée le jeudi 8 novembre à 20 h à la MJC. Il faut remercier le groupe "Linky non-merci" de cette initiative. J'y serai. En attendant, vous pouvez déjà visionner la video ci-dessous. Elle est édifiante. Vous y verrez tous les problèmes soulevés :

- le coût de l'installation

- l'augmentation des factures

- le manque de garanties de sécurité

- le piratage des logiciels

- l'atteinte aux libertés individuelles

- la revente de fichiers à des sociétés commerciales

- les pertes d'emplois du fait des plates-formes gérées depuis l'étranger (Tunisie, Côte d'Ivoire, Madagascar, ...)

Vous apprendrez aussi comment refuser ces compteurs lors du passage du réseau à un nouveau concessionnaire, comme à Villé, et les recours juridiques !

Venez nombreux à cette réunion ! Tout doit être clair pour tous les consommateurs d'électricité !

"Compteur Linky pourquoi le REFUSER"

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samedi 25 novembre 2017

AREVA au Gabon

"On est tous malades! Au niveau de la santé, ils nous couillonnent !"

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A 82 ans, Moïse Massala, géochimiste en retraite n'en finit plus de pester contre son ancien employeur, la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), filiale du groupe français Areva au Gabon.

Comme Moïse, des centaines d'anciens travailleurs gabonais de la Comuf réclament réparation - sans succès depuis douze ans - pour des maladies qu'ils estiment être liées à leur travail, dans la mine d'uranium exploitée entre 1958 et 1999 par le groupe nucléaire dans le sud-est du pays.

Ceci alors que deux familles d'anciens travailleurs français de la Comuf ont été indemnisées en France, et qu'Areva a reconnu, dans un mail interne que l'AFP a pu consulter, que "de nombreuses maladies graves ont été détectées" chez d'anciens travailleurs gabonais.

"Ça fait dix ans que j'ai du mal à respirer, l'air ne passe plus". Roland Mayombo, 77 ans, "dont vingt-sept à la mine", participe activement à la lutte du collectif formé par 1.618 anciens employés gabonais de la filiale d'Areva, le Mouvement des anciens travailleurs de la Comuf (Matrac), pour faire reconnaître leur cause.

Mais si le groupe nucléaire français avait accepté de créer un Observatoire de la Santé (OSM, lancé avec l'Etat gabonais), en 2010, pour "suivre l'état des travailleurs et les indemniser", Areva a toujours affirmé qu'"aucune maladie professionnelle liée à l'exposition aux rayonnements ionisants" n'y a jamais été décelée.

En 2015, dans un mail interne à la Comuf, consulté et authentifié par l'AFP auprès de plusieurs destinataires, le directeur santé d'Areva, Pierre Laroche, admet pourtant que "de nombreuses maladies graves ont été détectées chez des anciens salariés comme par exemple des tuberculoses en phase contagieuse".

Pour les anciens travailleurs, ce courrier est la reconnaissance officieuse de leurs blessures, et justifie indemnisations - même si ces maladies ne sont peut-être pas reconnues comme étant radio-induites.

- David contre Goliath -

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"Cette histoire, c'est David contre Goliath. Qu'est ce que vous voulez qu'une bande de vieillards fassent contre une entreprise comme la Comuf?", soupire encore Moïse, qui a perdu son frère, ancien prospecteur dans la mine, "d'une maladie bizarre" il y quelques années.

Assis dans un café de la petite ville de Mounana, dans le Haut-Ogoué (sud-est du Gabon), Moïse et ses anciens collègues ressassent le passé et se sentent "impuissants": ils sont persuadés qu'ils sont malades à cause de la mine, mais ne peuvent le prouver.

En 2007, interpellées par les anciens travailleurs, les ONG françaises Sherpa et Médecins du Monde se saisissent du dossier. Elles réalisent des enquêtes de terrain à Mounana, et publient un rapport dénonçant le taux élevé de cancers parmi les salariés ou ex-salariés de ces mines d'uranium au Gabon et au Niger.

Le groupe nucléaire ouvre des négociations, et un accord "sans précédént" est signé en 2009.

"On croyait avoir gagné", assure Moïse, alors que l'OSM voit le jour et redonne espoir aux anciens travailleurs.

Mais sept ans après, les locaux de l'OSM à Mounana, à quelques km de l'ancienne mine, sont fermés, les panneaux indicateurs sont à même le sol et plus aucun travailleur gabonais n'y est suivi. Aucun d'eux n'a été indemnisé.

"Nous avons décidé d'arrêter d'y aller car personne ne nous a jamais donné nos résultats d'analyses", se souvient Estime Beno Ngodi, président du Matrac.

"L'observatoire a bien fonctionné jusqu'en 2015, il s'est adressé à près de 667 anciens salariés. Le Conseil d'administration à l'unanimité a décidé d'en suspendre l'activité" en raison du boycott par le Matrac, dit le directeur du Conseil d'administration de la Comuf, Gilles Recoché.

Et d'ajouter: "notre fierté est d'avoir mis en place une structure tripartite unique, qui permet aussi aux anciens travailleurs de la Comuf de bénéficier d'une visite médicale gratuite".

"J'ai été quatre fois à l'OSM, chaque année, mais je n'ai jamais eu de résultat", rétorque M. Mayombo, qui porte tout de même une casquette rouge de la Comuf, se disant "fier" d'y avoir travaillé malgré les "complications". Le syndicat estimait, fin 2016, que 367 anciens travailleurs sont décédés "à la suite d'infections respiratoires pulmonaires".

En 2010, une étude demandée par l'UE dénonçait l'opacité des résultats d'analyse, comme l'ONG Sherpa, qui s'est offusquée du "maintien dans l'ignorance" des anciens travailleurs.

"Tous les résultats étaient donnés à la fin des consultations. Une copie était remise à l'ancien travailleur", assure en réponse Steeve Mbuy' Ibutsi, secrétaire exécutif de l'OSM, qui s'étonne de cette "incompréhension".

"Il y a une désinformation" de la part du Matrac, affirme pour sa part le directeur du Conseil d'administration de la Comuf, Gilles Recoché.

- 'On est malades et on meurt' -

Qui a raison, des Gabonais qui affirment "tomber comme des mouches" à cause de leur travail à la mine ou d'Areva qui estime qu'aucune maladie professionnelle n'a été décelée ?

"Qu'il y ait eu de la radioactivité à Mounana, c'est une réalité. Après, à quel degré et dans quelle mesure les travailleurs ont été touchés, il sera très compliqué de l'établir", confie à l'AFP un ancien haut cadre de la mine, sous couvert d'anonymat.

La dénomination même des maladies professionnelles liées au travail à la mine des travailleurs gabonais fait débat: "moi, j'ai mal au poumon. Mais ils me disent que ce n'est pas lié", dit un ancien travailleur de la mine.

Dans la loi française, qui date de 1984 et de laquelle dépend Areva et sa filiale au Gabon, 13 maladies seulement sont imputables aux rayonnements ionisants.

"Ce n'est pas évident qu'on trouve des maladies professionnelles chez les anciens travailleurs avec la grille utilisée. Mais c'est possible qu'on trouve des maladies liées au travail, mais considérées comme non-professionnelles, et donc non indemnisées", décrypte Steeve Ondo, médecin du travail gabonais et membre du Comité scientifique de l'OSM.

"C'est édifiant! Le tableau de maladies professionnelles n'a pas été actualisé depuis 1984... Une aberration devant les progrès faits en médecine", estime de son côté Jacqueline Gaudet, fondatrice de l'association française "Mounana", qui se bat pour l'indemnisation des anciens travailleurs expatriés de la Comuf.

Son association a fait porter deux fois à l'Assemblée nationale française une demande pour réviser le code de la Sécurité sociale, sans succès.

En France, deux familles d'anciens travailleurs décédés d'un cancer du poumon - dont celle de Mme Gaudet - ont été indemnisées en 2011. "Une première", avait salué à l'époque l'avocat des familles.

Au Gabon, l'amertume est grande. "Nous, on est malades et on meurt, mais ils ne nous l'ont jamais dit!", répète encore et toujours Estime Beno, qui affirme souffrir d'un cancer du poumon et avoir du aller jusqu'en Afrique du Sud pour qu'on le lui diagnostique.

L'association Mounana dit avoir porté plainte contre Areva devant la justice gabonaise. "Par douze fois, on a été débouté", expliquent le président du Matrac, ainsi qu'un ancien avocat du collectif.

La Comuf dément: "il y a des discussions, des menaces, des démonstrations de forces (de la part du Matrac) pour empêcher en 2015 les consultations de l’OSM, mais à ma connaissance, je n'ai jamais eu en main de plainte officielle", rétorque M. Recoché.

La Comuf a cessé toute exploitation au Gabon en 1999, et a suspendu l'exploration de nouveaux gisements en 2017. "Le temps joue pour eux. On n'arrêtera pas, c'est jusqu'à la mort", tape du poing M. Mayoumbo.(selon "Oeil d'Afrique")

gabonUn enfant passe devant une maison marquée d'une croix rouge supposée irradiée car construite avec des matériaux issus d'une ancienne mine d'uranium de la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), filiale du groupe français Areva.

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mercredi 20 septembre 2017

Fourniture de gaz algérien

L'Algérie veut rassurer les Européens

gaz

L’Algérie, troisième fournisseur de gaz de l’UE, derrière la Russie et la Norvège, s’est toujours montrée disposée à maintenir son apport en matière d’approvisionnement énergétique, même si les importations de gaz vers l’UE suivent une tendance à la baisse depuis 2013, du fait d’une chute de la production et la hausse de la consommation algérienne.

Dans une conjoncture caractérisée par la nécessité d’aller vers une économie plus diversifiée, les autorités algériennes veulent saisir cette opportunité afin d’amener leurs partenaires européens à adopter, envers l’Algérie, une approche basée sur une coopération qui ne se limiterait pas uniquement à l’aspect strictement commercial dans le domaine énergétique, voire dans les autres domaines qui présentent une large opportunité de coopération.

Lors de l’entretien accordé mercredi dernier au chef de délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a ainsi plaidé en faveur d’«une approche diversifiée dans la relation entre l’Algérie et l’Union européenne, qui prend en considération l’apport de notre pays pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE».

L’Union, faut-il souligner, reste fortement dépendante d’un seul pays, la Fédération de Russie, qui est le principal exportateur de pétrole (35%), de gaz (26%), de charbon (30%) et d’uranium (25%) vers l’Union européenne. La vulnérabilité du marché de l’énergie dans le contexte géopolitique fait que la politique énergétique est devenue une priorité stratégique pour les pays membres de l’UE.

Dans une proposition de résolution, le Parlement européen a appelé, il y a quelque temps, à la mise en place d’un nœud gazier méditerranéen doté de capacités renforcées en GNL, exhortant l’UE à exploiter les possibilités offertes par les importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord pour renforcer sa sécurité énergétique.

Il estime que ces importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord et les récentes découvertes dans l’est de la Méditerranée offrent à la région méditerranéenne l’occasion de se profiler comme «le centre dynamique d’un réseau de gazoducs assurant le transport du gaz naturel vers l’Europe». Pour les Européens, il est plus important que jamais de garantir un approvisionnement fiable et diversifié en énergie et de mettre fin à la dépendance excessive au gaz russe.

Réagissant, en avril dernier, à une annonce faisant état du non-renouvellement du contrat d’approvisionnement algérien en gaz pour l’Italie, les autorités algériennes ont indiqué que Sonatrach était toujours capable aussi bien de répondre aux besoins énergétiques domestiques que d’assurer aussi ses engagements contractuels sur le marché international.

L’Algérie avait expliqué, alors, que les efforts d’exploration seront intensifiés «pour augmenter nos réserves» et répondre aux besoins croissants du marché national mais, également, «consolider notre position comme un acteur actif et fiable dans les marchés régionaux et internationaux».

En mars 2016, l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) annonçait une hausse de la production gazière de l’Algérie, à partir de 2018, après des années de stagnation, grâce à l’entrée en production de plusieurs champs gaziers au sud-ouest du pays. Dans son rapport d’analyse, l’EIA anticipe une augmentation de l’offre en gaz algérien d’un trillion de pieds cubes (Tcf) ou plus à partir de 2018. (selon le quotidien "El Watan").

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dimanche 15 mai 2016

Nigeria : le gouvernement augmente le prix de l'essence de 67%

Les syndicats appellent à la grève générale

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 « Si mardi à minuit, le gouvernement n’a pas ramené le prix de l’essence à 86,5 nairas (0,38 euro/0,43 dollar) par litre, nous n’aurons pas d’autre solution que d’appeler les travailleurs à entamer une grève illimitée à partir de mercredi », a annoncé à l’AFP Peter Ozo-Eson, secrétaire général d’un groupement de syndicats, le Nigeria Labour Congress (NLC).

Mercredi, le Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique, a relevé les prix du pétrole à 145 nairas (0,64 euro/0,73 dollar) par litre, après des mois de pénurie due au manque de devises étrangères, qui ont affaibli l’économie du Nigeria, dont 70% des revenus dépendent du pétrole.

La décision d’une grève a été prise après une réunion conjointe entre le NLC et un autre groupement de syndicats, le Trade Union Congress (TUC), a précisé Peter Ozo-Eson.

« Nous encourageons nos adhérents et nos alliés de la société civile à se mobiliser pour cette épreuve de force à venir avec le gouvernement sur sa politique dirigée contre le peuple », a-t-il ajouté.

Selon lui, cette grève est également destinée à obliger le gouvernement à revenir sur la récente hausse des tarifs de l’électricité, dans un pays dont la production est à la peine, avec seulement 4.000 mégawatts pour 170 millions d’habitants.

D’après les syndicats, cette grève devrait affecter les banques, les aéroports, les ports, les marchés et les administrations.

Pendant des mois, des files d’automobilistes de plusieurs kilomètres se sont formées aux pompes, tandis que d’autres habitants se rabattaient sur le marché noir où le prix du litre pouvait être multiplié par trois.

Bien que premier producteur de pétrole du continent Africain, le Nigeria est contraint d’importer des produits pétroliers, ses quatre raffineries ne suffisant pas à sa consommation.

Le gouvernement maintient un prix à la pompe assez bas et paie la différence aux importateurs, qui prennent régulièrement le pays en otage en refusant de distribuer le pétrole tant qu’ils n’ont pas touché les subventions de l’Etat.

En janvier 2012, le gouvernement avait tenté de mettre fin à ces subventions, ce qui avait fait doubler les prix. Les violentes manifestations de dizaines de milliers de personnes, qui ont fait une dizaine de morts, l’avaient ensuite obligé à renoncer à cette mesure.

Aujourd’hui, le gouvernement se défausse sur les importateurs, dans l’incapacité de se procurer des devises étrangères au cours légal. Au Nigeria, le taux officiel tourne en effet autour de 197 à 199 nairas pour un dollar, tandis que sur le marché noir, répandu dans le pays, son cours atteint des sommets, jusqu’à 350 nairas pour un dollar.

(selon l'AFP)

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