jeudi 29 septembre 2022

Le plus vieux dinosaure africain aurait pu être américain

Des scientifiques viennent d’annoncer la découverte du squelette du plus vieux dinosaure d’Afrique, dans le district zimbabwéen de Mbire. Ces restes semblent confirmer la théorie de la dérive des continents…

zimbabweUn mètre de haut environ, 30 kilogrammes, une longue queue et une tête plutôt petite : l’animal dont la découverte du squelette au Zimbabwe vient d’être annoncée par une équipe internationale de paléontologues, pourrait être confondu avec un banal varan. Pourtant, même de taille plus modeste que les dinosaures géants à long cou qui constitueront sa descendance, le Mbiresaurus raathi est bien une créature de cette époque lointaine où apparaissaient les tout premiers mammifères. Il courait sur deux pattes, il y a environ 230 millions d’années…

Si le squelette – presque complet, c’est rare – a été retrouvé à l’occasion d’expéditions en 2017 et 2019, ce n’est que ce mercredi 31 août que l’équipe de chercheurs du Zimbabwe, de la Zambie et des États-Unis a publié ses résultats dans la prestigieuse revue Nature. De l’espèce sauropodomorphe, le dinosaurien « rhodésien » est présenté comme le plus ancien fossile de dinosaure connu du continent. L’animal était vraisemblablement un omnivore qui se nourrissait de plantes, de petits animaux et d’insectes.

Continents connectés

Son nom, « Mbiresaurus raathi », est un double hommage au district de Mbire du nord-est du Zimbabwe – où le squelette a été trouvé – et au paléontologue Michael Raath, le premier chercheur qui signala des fossiles dans cette région du globe. Le spécimen découvert en a rejoint d’autres au Musée d’histoire naturelle de la ville zimbabwéenne de Bulawayo.

C’est le scientifique de l’université américaine de Yale Christopher Griffin qui a déterré le premier os de ce squelette, un fémur. S’il a commencé à creuser au Zimbabwe, c’est en s’appuyant sur la théorie selon laquelle tous les continents actuels ont été connectés, un jour, en une seule masse terrestre dénommée Pangée. Il a calculé que l’ancienne Rhodésie se trouvait vraisemblablement, à l’époque, à peu près à la même latitude que l’Amérique du Sud moderne. Inspiration pertinente : ce sont bien des restes de dinosaures de la même époque et de mêmes caractéristiques que le Mbiresaurus raathi qui ont été auparavant trouvés au Brésil et en Argentine.

Les migrations humaines auraient été bien plus simples à l’époque du supercontinent, lorsque l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Europe étaient collées. Mais l’homme, s’il avait été présent, n’aurait sans doute pas manqué d’inventer le grillage…

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samedi 24 septembre 2022

Espace : la Nasa veut dévier la trajectoire d'un astéroïde

La Nasa va tenter de faire ce que la science-fiction envisage depuis longtemps : dévier pour la première fois la trajectoire d'un astéroïde en projetant sur lui un vaisseau kamikaze. Un test de "défense planétaire", qui doit permettre de mieux protéger l'humanité face à une éventuelle menace future.

Le test est imminent. La mission Dart (fléchette, en anglais) a décollé en novembre depuis la Californie. Après dix mois de voyage, le vaisseau doit frapper l'astéroïde Dimorphos à 23 h 14 GMT lundi 26 septembre, à une vitesse de plus de 20 000 km/h.

espace2Le vaisseau n'est pas plus grand qu'une voiture, et sa cible fait environ 160 mètres de diamètre, soit la moitié de la hauteur de la tour Eiffel.

Pas de panique, Dimorphos ne représente en aucun cas une menace pour la Terre : son orbite autour du Soleil ne passe qu'à sept millions de kilomètres de nous au plus proche. 

Mais la mission "est importante à réaliser avant que nous ne découvrions un réel besoin", a déclaré Andrea Riley, chargé de la mission à la Nasa. Le moment de l'impact s'annonce spectaculaire et pourra être suivi en direct sur la chaîne vidéo de l'agence américaine. 

Il ne s'agit pas de détruire l'astéroïde, mais de le pousser légèrement. La technique est dite à impact cinétique.

Dimorphos est en réalité le satellite d'un plus gros astéroïde, Didymos (780 mètres de diamètre), dont il fait le tour en 11 heures et 55 minutes. Le but est de réduire l'orbite de Dimorphos autour de Didymos d'environ dix minutes.

Ce changement pourra être mesuré par des télescopes depuis la Terre, en observant la variation de l'éclat lorsque le petit astéroïde passe devant le gros.

L'objectif peut paraître modeste mais cette démonstration est cruciale pour l'avenir.

Il s'agit de mieux comprendre comment réagira Dimorphos, représentatif d'une population d'astéroïdes assez communs, mais dont on ne connaît pas la composition exacte. L'effet de l'impact dépendra en grande partie de sa porosité, c'est-à-dire s'il est plus ou moins compact.

Missile autoguidé

Pour atteindre une cible si petite, le vaisseau se dirigera de façon autonome durant les quatre dernières heures, comme un missile autoguidé.

espaceSa caméra, appelée Draco, prendra au dernier moment les toutes premières images de l'astéroïde, dont on ne connaît pas encore la forme (ronde, oblongue...). À un rythme d'une image par seconde, visibles en direct sur Terre avec un délai de seulement quelque 45 secondes.

"Cela va commencer par un petit point de lumière, jusqu'à remplir tout le cadre", a déclaré Nancy Chabot, du Laboratoire de physique appliquée (APL) de l'université Johns Hopkins, dans le Maryland (est), où se trouve le centre de contrôle.

"Ces images continueront à arriver, jusqu'à ce qu'elles n'arrivent plus", a-t-elle ajouté, en référence au moment de l'explosion.

Trois minutes plus tard, un satellite de la taille d'une boîte à chaussures, appelé LiciaCube et relâché par le vaisseau il y a quelques jours, passera à environ 55 km de l'astéroïde pour capturer des images des éjecta, les fragments générés par l'explosion. Elles seront renvoyées vers la Terre dans les semaines et mois suivants.

L'événement sera également observé par les télescopes spatiaux Hubble et James Webb, qui devraient pouvoir détecter un nuage de poussière brillant.

Puis, la sonde européenne Hera, qui doit décoller en 2024, ira observer de près Dimorphos en 2026 pour évaluer les conséquences de l'impact et calculer, pour la première fois, la masse de l'astéroïde.

30 000 astéroïdes proches de la Terre

Très peu d'astéroïdes connus sont considérés comme potentiellement dangereux, et aucun ne l'est sur les cent prochaines années.

espace1Mais "je garantis que si vous attendez assez longtemps, il y aura un objet", a déclaré Thomas Zurbuchen, chef scientifique de la Nasa.

Près de 30 000 astéroïdes de toutes tailles ont été catalogués dans les environs de la Terre (on les appelle des géocroiseurs, c'est-à-dire que leur orbite croise celle de notre planète). Environ 3 000 nouveaux sont trouvés chaque année.

Ceux d'un kilomètre et plus ont quasiment tous été repérés, selon les scientifiques. Mais ils estiment n'avoir connaissance que de 40 % des astéroïdes mesurant 140 mètres et plus – ceux capables de dévaster une région entière.

Si Dart manque sa cible, le vaisseau devrait avoir assez de carburant pour une nouvelle tentative dans deux ans.

Et si la mission réussit, il s'agira d'un premier pas vers une véritable capacité de défense, selon Nancy Chabot. "La Terre est frappée par des astéroïdes depuis des milliards d'années, et cela se reproduira. En tant qu'humains, faisons en sorte de vivre dans une civilisation où nous pouvons l'éviter." (selon AFP et France-24)

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lundi 12 septembre 2022

Le dernier repas d'un crocodile de 95 millions d'années : un petit dinosaure

En Australie, des paléontologues ont mis au jour les restes d'une nouvelle espèce de crocodile datée de 95 millions d'années. Des fossiles qui n'étaient pas seuls : ils contenaient les ossements d'un jeune dinosaure qui aurait servi d'ultime repas au spécimen.

crocodileLa découverte est digne d'une poupée russe. En Australie, une nouvelle espèce de crocodile disparue a été identifiée. Appelée Confractosuchus sauroktonos, elle vivait au Crétacé, il y a environ 95 millions d'années et elle avait visiblement un appétit de taille. C'est ce que révèle une étude publiée ce mois-ci dans la revue Gondwana Research.

Les restes de la créature sont apparus en 2010 sur le terrain d'un élevage de moutons près de la formation de Winton, un dépôt géologique situé dans le Queensland, à l'ouest du pays. La roche dans laquelle le fossile se trouvait avait été en partie brisée par un engin utilisé pour de précédentes fouilles, mais les paléontologues ont pu récupérer de nombreux ossements.

Parmi eux, un crâne quasi complet. Si les membres antérieurs, la queue et le bassin de la bête manquaient à l'appel, l'analyse a permis de déterminer que le spécimen mesurait environ 2,5 mètres lors de sa mort et qu'il aurait sans doute grandi davantage au cours de sa vie. Mais l'étude a surtout révélé que la bête n'était pas seule dans sa concrétion.

Un prédateur et son dernier repas

"Dans les scanners initiaux réalisés en 2015, j'avais repéré un os enfoui là-dedans qui ressemblait à un os de poulet avec un crochet er j'ai tout de suite pensé que c'était un dinosaure", a expliqué dans un communiqué, le Dr. Joseph Bevitt de l'Australian Nuclear Science and Technology Organisation (ANSTO), co-auteur de l'étude.

Il ne s'était pas trompé. Grâce à des techniques d'imagerie avancées, ce spécialiste et ses collègues ont en effet mis en évidence les restes d'un petit dinosaure au milieu des ossements du crocodile. "Les yeux humains n'avaient jamais pu le discerner avant parce qu'il était, et est encore, totalement enfoui dans la roche", a-t-il précisé.

Selon leur étude, il s'agirait d'un jeune spécimen d'ornithopode, un groupe d'herbivores essentiellement bipèdes qui s'est diversifié jusqu'à la fin du Crétacé. La collection comprend notamment trois vertèbres dorsales, les deux fémurs proximaux ainsi que le tibia gauche. Autant d'éléments qui proviendraient d'un seul individu ayant connu un funeste destin.

crocodile1Les chercheurs ont constaté que les restes partiellement digérés présentaient encore une articulation, ce qui suggère que le crocodile a tué directement sa proie ou s'en est nourri peu après sa mort. Les fémurs sont par ailleurs apparus, coupé en deux pour l'un et mordu si fort pour l'autre qu'il porte une trace de dent.

"Si Confractosuchus n'était sans doute pas spécialisé dans la prédation de dinosaures, il n'ignorait pas un repas facile, comme les restes de ce jeune ornithopode trouvés dans son estomac", a estimé le Dr. Matt White, chercheur associé à l'Australian Age of Dinosaurs Museum et co-auteur du rapport. A partir des données, l'équipe a déterminé que la proie devait peser environ 1,7 kg.

Pour les spécialistes, cette découverte suggère que les dinosaures faisaient "intrinsèquement partie" de l'écologie du Crétacé à la fois en tant que charognards, que prédateurs, que comme proies. "Il est probable que les dinosaures une ressource importante dans la chaîne alimentaire écologique du Crétacé", a-t-il appuyé dans un communiqué.

Une preuve directe de prédation

Les recherches avaient déjà permis de déterminer que les crocodiliens ont co-existé durant des dizaines de millions d'années aux côtés des dinosaures dès la période du Trias, il y a entre 201 et 251 millions d'années. La découverte de traces de morsures sur des ossements avait également suggéré que les premiers se nourrissaient parfois des seconds.

Toutefois, les fossiles demeuraient rares pour confirmer avec certitude l'hypothèse. Ce serait ainsi la première fois qu'une preuve directe de prédation d'un dinosaure par un crocodilien du Crétacé est mise au jour en Australie. Une découverte d'autant plus importante que le prédateur en question semble être inconnu de la science.

D'après l'étude, le crocodile appartiendrait à une nouvelle espèce mais aussi un nouveau genre, réunis donc sous le nom de Confractosuchus sauroktonos. Des termes empruntés au latin et au grec qui signifient "crocodile cassé tueur de dinosaure" en référence à ses mœurs prédatrices et sa concrétion brisée.

"C. sauroktonos représente seulement le second crocodyliforme découvert dans la formation de Winton", s'est réjoui le Dr. White. Le premier, Isisfordia duncani, a été identifié dans les années 1990. Quant à l'ornithopode, ses restes constitueraient les premiers retrouvés dans la formation de Winton.

Les paléontologues pensent que le prédateur a peut-être été pris, peu après son repas, dans une inondation soudaine qui l'aurait tué. "Etant donné le manque de spécimens comparables, ce crocodile préhistorique et son dernier repas vont continuer à fournir des indices sur les relations et les comportements entre les animaux qui habitaient l'Australie il y a des millions d'années", a-t-il ajouté.

Les restes du crocodile ont rejoint la collection de l'Australian Age of Dinosaurs Museum et d'autres spécimens exhumés dans la même région dont le ptérosaure le plus complet retrouvé en Australie, Ferrodraco lentoni.

crocodile2La nouvelle espèce de crocodile a été nommée Confractosuchus sauroktonos, ce qui signifie "crocodile cassé tueur de dinosaure". © White et al, Gondwana Research 2022 (selon "GEO")

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samedi 10 septembre 2022

La Norvège, futur cimetière du CO2 européen ?

Sur les rives glaciales de la mer du Nord, un "cimetière" en construction suscite les espoirs d'experts du climat: bientôt, le site accueillera une petite partie du CO2 émis par l'industrie européenne, évitant ainsi qu'il ne finisse dans l'atmosphère.

norv_geLongtemps perçue comme une solution techniquement compliquée et coûteuse à l'utilité marginale, la piste de la capture et du stockage de carbone (CCS) est désormais en vogue sur une planète qui peine à réduire ses émissions malgré l'urgence climatique.Dans la localité d'Øygarden, sur une île toute proche de Bergen (ouest de la Norvège), un terminal en cours de construction réceptionnera d'ici quelques années des tonnes de CO2 liquéfié, acheminé du Vieux Continent par bateaux après avoir été capté à la sortie des cheminées d'usines.

De là, le carbone sera injecté via un pipeline dans des cavités géologiques à 2.600 mètres sous les fonds marins. Avec l'ambition qu'il y reste indéfiniment.

Principal producteur d'hydrocarbures d'Europe de l'Ouest, la Norvège posséderait également le plus gros potentiel de stockage de CO2 du continent, notamment... dans ses gisements pétroliers épuisés.

- Accords commerciaux -

Le terminal d'Øygarden s'inscrit dans le plan "Langskip", le nom norvégien des bateaux vikings. Oslo a financé 80% des infrastructures en mettant 1,7 milliard d'euros sur la table afin de développer le CCS dans le pays.

Deux sites de la région d'Oslo, une cimenterie et une usine de valorisation énergétique des déchets, devraient à terme y expédier leur CO2.

Mais la particularité du projet réside dans sa facette commerciale en donnant aussi aux industriels étrangers la possibilité d'y envoyer leur propre dioxyde de carbone.

Pour ce faire, les géants énergétiques Equinor, TotalEnergies et Shell ont mis en place un partenariat, baptisé Northern Lights, qui sera le premier service transfrontalier de transport et de stockage de CO2 au monde lorsque ses opérations démarreront en 2024.

Deux jalons importants pour le CCS en Norvège ont été franchis ces derniers jours.

Lundi, les partenaires de Northern Lights ont annoncé un premier accord commercial transfrontalier qui portera sur le transport - par bateaux spéciaux - et la séquestration, chaque année, de 800.000 tonnes de CO2 captées sur une usine néerlandaise du fabricant d'engrais Yara à compter de 2025.

Le lendemain, Equinor a dévoilé avec l'allemand Wintershall Dea un projet de construction d'un pipeline de 900 kilomètres visant à transporter du CO2 d'Allemagne pour le stocker en Norvège. Un projet similaire avec la Belgique est déjà dans les tuyaux.

- Pas une solution miracle -

Le CCS n'est cependant pas une solution miracle contre le réchauffement.

Dans sa première phase, Northern Lights pourra traiter 1,5 million de tonnes de CO2 par an, une capacité qui sera ensuite portée à 5-6 millions de tonnes.

A titre de comparaison, l'Union européenne a, selon l'Agence européenne pour l'environnement, émis 3,7 milliards de tonnes de gaz à effet de serre en 2020, une année plombée par la pandémie.

Mais tant le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) que l'Agence internationale de l'énergie estiment cet outil nécessaire pour enrayer la montée du thermomètre.

Chez les défenseurs de l'environnement, la technologie ne fait pas l'unanimité. Certains s'inquiètent qu'elle serve de motif à une prolongation de l'exploitation des énergies fossiles, qu'elle détourne de précieux investissements des énergies renouvelables ou encore des risques de fuite.

"Nous nous sommes toujours opposés au CCS, mais du fait de l'inaction face à la crise climatique, il devient de plus en plus difficile de tenir cette position", explique Halvard Raavand, un représentant de Greenpeace Norvège.

"L'argent public serait tout de même mieux investi dans des solutions que nous savons efficaces et qui pourraient en plus réduire la facture des gens normaux, comme l'isolation des logements ou les panneaux solaires", souligne-t-il. (selon "Sciences & avenir")

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jeudi 11 août 2022

Le chat, espèce invasive en Pologne

Un institut scientifique polonais déclare les chats comme "espèces exotiques invasives" et déclenche un tollé.

Le chat, espèce invasive ? L'Académie polonaise des sciences a inscrit au mois de juillet les chats sur la liste des espèces invasives en raison des répercussions sur la biodiversité liées au grand nombre d'oiseaux et d’animaux qu'ils chassent.

chatFelis catus a été inscrit par l'Institut dans la base de données nationale gérée par l'institut de conservation de la nature de l’Académie. Les dégâts infligés aux autres animaux sauvages, et notamment les oiseaux, sont invoqués.

Consensus scientifique

Wojciech Solarz, biologiste à l'Académie polonaise des sciences, a décrit le consensus scientifique croissant selon lequel les chats domestiques ont une incidence néfaste sur la biodiversité étant donné le nombre d'oiseaux et de mammifères qu'ils chassent et tuent.

Les critères pour considérer ces félins parmi les espèces invasives "sont remplis à 100" %", déclare le scientifique à l'agence Associated Press. Mais des réactions agacées se sont fait entendre. Dorota Sumińska, l'auteur d'un livre intitulé "The Happy Cat" (Le Chat heureux), a souligné d'autres causes de diminution de la biodiversité, notamment un environnement pollué et des façades de bâtiments urbains qui peuvent tuer des oiseaux en vol.

140 millions d'oiseaux tués chaque année

Mais les scientifiques polonais ont mis en avant les 140 millions d'oiseaux tués chaque année en Pologne par les chats. D'autres pays ont également pris des mesures pour limiter les effets des chats sur la biodiversité. En 2016, l'Australie a par exemple lancé un plan d'éradication de millions de chats errants. À l'époque, le commissaire australien aux espèces menacées expliquait : "L’Australie a perdu 29 espèces de mammifères ces deux derniers siècles, et les chats ont contribué à la plupart de ces extinctions". (selon "GEO")

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dimanche 22 mai 2022

"Un trou noir" sonore

Un chant mystérieux. Alors qu'un trou noir vient d'être découvert au coeur de notre galaxie, la Nasa a publié le son du trou noir de Persée, amas de galaxies parmi les plus massifs de l’univers connu. Un son étonnant.

trou_noirBruit d'un vaisseau qui décolle, musique énigmatique de certains jeux vidéo, le son du trou noir publié par la Nasa le 4 mai 2022 sur son site fait marcher notre imagination.  

Il s'agit du son de Persée, trou noir supermassif situé au centre de l’amas de galaxies du même nom, à 250 millions d’années lumière d’ici (assez proche de nous à l'échelle de l'univers).

Pour comprendre ce qu'est ce son et comment les astrophysiciens ont su le capter, nous avons contacté Frédéric Marin, chercheur de l’Observatoire astronomique de Strasbourg, astrophysicien spécialiste des trous noirs. Frédéric Marin essaie de comprendre les trous noirs depuis des années. "Ce sont les objets les plus exotiques de l'univers, aux propriétés fascinantes".

Des trous qui émettent donc du son. Plutôt un chant, d'ailleurs. "Le vide entre les galaxies ne permet pas au son de se propager" explique Frédéric Marin "et les astrophysiciens ne disposent d'aucun instrument pour capter le son au sein de la galaxie. Ils ont donc mesuré l'onde sonore grâce aux rayons X récoltés dans le gaz proche du trou noir".

Un son rehaussé de 57 octaves

"En fonction de leurs vitesses, les gaz émis autour du trou noir vont se percuter, se comprimer et générer de la lumière. C'est cette lumière qui a été traduite en son", explique l'astrophysicien.

Le son publié par la Nasa est donc une traduction sonore de l'observation des rayons X par le télescope X Chandra. Un son rehaussé de 57 octaves pour qu'il soit audible par l’oreille humaine. Il existerait autant de sons que de trous noirs, c'est-à-dire plusieurs dizaines de milliards. Pour Frédéric Marin, ce son est un "son profond, lourd, comme le bruit du vent au fond d'un abîme. Un son qui n'était pas destiné à être entendu par l'homme".

Cette sonification n'est pas la première. En 2019, le télescope spatial Hubble avait déjà réussi à sonifier un amas de galaxies. Plus musical mais tout aussi profond, le son généré à partir d'une image saisie le 13 août 2018, traduit la position des objets de haut en bas et leur intensité lumineuse.

"La plupart des taches visibles sont des galaxies abritant d'innombrables étoiles. […] Les étoiles et les galaxies compactes produisent des sons courts et clairs, tandis que les galaxies spirales étendues émettent des notes plus longues qui changent de ton." décrit la Nasa sous sa vidéo YouTube (en anglais).

Ces sons peuvent "ouvrir la voie à un axe de recherche inattendu pour sonder les propriétés des gaz émis au plus proche des trous noirs" poursuit Frédéric Marin qui se félicite aussi de la publication de ces sons. "L'astronomie est une science visuelle dont les malvoyants ne peuvent pas toujours bénéficier", cette musique cosmique leur permet de découvrir une partie de la complexité, mais aussi de la beauté de notre univers. (selon "France3 - Grand Est")

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dimanche 24 avril 2022

L'exoplanète K2-18b propice à la vie ?

Cette grosse planète dont l'atmosphère est riche en vapeur d'eau semble héberger des conditions favorables au développement de processus biologiques.

K2Elle a eu son heure de gloire il y a quelques mois, en 2019, quand deux équipes d'astronomes ont annoncé avoir détecté de la vapeur d'eau dans son atmosphère. K2-18b, une exoplanète située à 124 années-lumière de la Terre, revient dans l'actualité avec une nouvelle étude qui confirme son intérêt pour la recherche de signes de vie ailleurs que sur Terre.

8 fois la masse de la Terre

K2-18b est une grosse planète qui a une taille de 2,6 fois la Terre et d'environ 8 fois sa masse. Elle orbite autour d'une naine rouge et est située dans la zone habitable de son système où l'eau peut demeurer à l'état liquide en surface. Toutefois, la présence de vapeur d'eau atmosphérique ne suffit pas à caractériser l'habitabilité d'une planète. Il faut en savoir plus sur la composition de son atmosphère. C'est ce à quoi s'est attelé une équipe de l'Université de Cambridge qui rapporte ses résultats dans un article publié par The Astrophysical Journal Letters.

K2-18b, un monde océan ?

Les chercheurs ont utilisé les données à leur disposition, récoltés par les télescopes Hubble, Spitzer et Kepler, et ont confirmé la présence de vapeur d'eau atmosphérique ainsi que la présence d'une couche d'hydrogène. Ils ont ensuite établi un certain nombre de scénarios, basés sur ces données atmosphériques, pour déterminer les conditions qui peuvent régner à sa surface. Plusieurs modèles collent avec la possibilité que K2-18b soit un monde océan, recouvert d'eau liquide, avec des pressions et des températures similaires à la Terre. 

Cette étude indique que la recherche de planète habitable ne doit pas se cantonner aux exoplanètes similaires à la Terre mais que des planètes significativement plus grosses peuvent être propices à la vie. Et ces planètes peuvent en plus être plus aisément observées par les télescopes terrestres. (selon "Sciences-Avenir")

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vendredi 8 avril 2022

Grenouilles de verre

Il existe un large éventail d’amphibiens insectivores nommés « grenouilles de verre ». Celles-ci appartiennent à une famille qui contient plus de dix genres et environ 150 espèces. On trouve ces petites grenouilles transparentes, considérées comme vulnérables ou en voie d’extinction, en Amérique centrale et en Amazonie.

grenouilleLes grenouilles de verre sont de vulnérables, en voie d’extinction. Hyalinobatrachium est l’un des genres de Centrolènes les plus diversifié. Ces espèces sont en grande partie classées comme vulnérable ou en voie d’extinction par la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). L’espère Hyalinobatrachium fragile, par exemple, est inscrite comme vulnérable, son aire de distribution étant inférieure à 20 000 km2. Cette aire devient sévèrement fragmentée et continue de décliner. En cause : un habitat forestier sur la côte vénézuélienne qui se dégrade.

Pour sa part, Hyalinobatrachium pellucidum, est en danger. On ne la retrouve plus que dans cinq zones des pentes amazoniennes, des Andes et de l’Equateur. Au total, ces zones mesurent moins de 5 000 km2. Les principales causes de leur disparition sont la destruction et à la dégradation de leurs habitats par l’agriculture et la déforestation.

La singulière particularité des grenouilles de verre

Vues de dos, ces grenouilles de verre paraissent communes et d’une couleur verte, mais dès qu’on voit leur ventre, on comprend ce qui leur vaut ce surnom. Les « Glass frogs » en anglais, ou « Ranas de cristal » en espagnol, ont la particularité de posséder un poitrail translucide.

À travers leur peau, il est possible de voir leurs poumons, leurs intestins, la présence d’œufs, voire les battements de leur cœur ! Les chercheurs ne savent pas pourquoi l’évolution les a dotées d’un abdomen transparent. Quelques hypothèses existent tout de même. Selon la première, cette transparence servirait à éviter les effets néfastes des rayons de soleil sur l’organisme. En effet, les organes internes de ces grenouilles sont recouverts de cellules (nommées iridophores) qui réfléchissent la lumière. Une autre hypothèse décrit plutôt cette évolution comme une amélioration de la capacité de camouflage et de mimétisme, en vue de se protéger contre les prédateurs.

Une petite grenouille qui atteint des sommets !

En moyenne, ces grenouilles adultes mesurent 2 cm. Les mâles étant plus petits que les femelles : généralement, les plus petits mâles de H.esmeralda atteignent 1,8 cm alors que les plus grosses femelles H.fleischmanni poussent jusqu’aux 3,2 cm.

Leur aire de distribution s’étend de l’Amazonie à l’Amérique centrale. On trouve la majorité de ces espèces dans la liste des pays suivants : Brésil, Bolivie, Bélize, Colombie, Costa Rica, Equateur, Guatemala, Guyana, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Salvador, Surinam, Venezuela, et Trinité-et-Tobago. Certaines apprécient d’ailleurs les hauteurs de la Cordillère orientale des Andes Colombiennes. C’est le cas de Hyalinobatrachium duranti qu’il est possible de rencontrer de 1 800 à 2 400 m d’altitude.

Des mâles territoriaux mais attentionnés

Durant la saison des amours, de mars à novembre, les mâles coassent dans le but d’attirer des femelles. Ils se disputent alors les feuilles qui offrent le meilleur site de ponte. Certains affrontements peuvent être violents, car ces messieurs disposent d’épines osseuses situées sur leurs pattes avant. Après l’amplexus – mode d’accouplement des crapauds et des grenouilles où le mâle s’accroche au dos de la femelle, les femelles pondent 20 à 30 œufs sur l’envers d’une feuille à proximité d’un cours d’eau. Phénomène peu commun chez les amphibiens, ce sont aussi les mâles qui assurent les soins parentaux. Ils s’évertuent à protéger les œufs des prédateurs et à les humidifier pour éviter leur dessiccation ! (selon Rudy Palatci, contribution volontaire, "Natura-Sciences")

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mardi 26 octobre 2021

La montgolfière, une invention portugaise ?

Les frères Montgolfier eurent nombre de précurseurs, dont le prêtre portugais Bartolomeu Lourenço de Gusmão.

montgolfi_re2Portant par éponymie le nom de leurs présumés inventeurs, les montgolfières sont pour certains cocardiers un témoignage du génie français. Pourtant, à y regarder de près, les premiers vols de cet aérostat en Europe n’ont pas eu lieu au beau pays de France dans les années 1780, mais à Lisbonne sept décennies plus tôt.

C’est le prêtre Bartolomeu Lourenço de Gusmão (1685-1724) né au Brésil, qui en 1709, fit d’abord en intérieur les premières démonstrations de ballon à air chaud devant la haute noblesse portugaise, pour tenter la même année avec succès un vol inhabité depuis le pont de la Maison de l’Inde. L’aérostat prit de l’altitude et redescendit quelques minutes plus tard. Ce qui valu à son créateur d’être promu académicien et aumônier royal.

Un avenir radieux s’offrait à celui qui, connu pour sa mémoire prodigieuse, avait précédemment inventé en 1707 au Brésil, « un engin faisant monter l’eau à n’importe quelle distance ». Ses essais d’aérostats lui avaient donné l’idée d’une machine volante, capable de transporter 12 hommes à une distance de 200 miles nautiques en 24 heures, soit un peu plus de 370 km. Le roi João V l’autorisa à la construire, mais l’Inquisition, jugeant ce projet satanique, y mit fin en brûlant les documents de travail de ce prêtre si peu catholique.

Si peu catholique, car son parcours spirituel le conduisit de sa religion initiale, via la fréquentation des « cristãos novos », ces nouveaux convertis au christianisme surveillés de très près par l’Inquisition, à la conversion au judaïsme en 1722. C’est cette fréquentation assidue des « cristãos novos », la plupart issus du judaïsme, qui lui avait fait fuir Lisbonne par crainte de la délation. D’autant plus qu’un prêtre témoigna l’avoir entendu se prononcer contre l’infaillibilité pontificale et en faveur de l’accès à la connaissance des textes bibliques pour tous. Exilé en Espagne, il tomba gravement malade à Tolède et mourut à l’Hôpital da Misericórdia, réconcilié avec le christianisme.

Un parcours atypique pour un être atypique dont l’histoire des sciences et techniques retient également la création d’une machine apte à expulser l’eau qui submerge les embarcations, brevetée en Hollande en 1713. Il créa également une machine augmentant le rendement des moulins hydrauliques, brevetée au Portugal en 1724. La « Passarola », sorte d’aéronef en forme d’oiseau est une représentation fantaisiste de la machine volante de celui que certains surnommaient « Le Planeur », mais qui passionné de sciences, avait fait ajouter en 1718 à son nom, le patronyme de son précepteur qui l’y avait initié : le père Alexandre de Gusmão. (selon "Eurojournalist")

passarola

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jeudi 19 août 2021

L'astéroïde Bennu

Une chance infime de frapper la Terre d'ici 2300, selon la Nasa

ast_ro_deL'astéroïde Bennu passera très près de la Terre en 2135, à seulement la moitié de la distance séparant notre planète de la Lune, a déclaré la Nasa mercredi, en révélant de nouvelles données selon lesquelles les chances d'un impact ultérieur, d'ici 2300, restent infimes.

Bennu, découvert en 1999 et mesurant 500 mètres de diamètre, est l'un des deux astéroïdes connus de notre système solaire posant le plus de risque pour la Terre, selon l'Agence spatiale américaine. La sonde Osiris-Rex de la Nasa a passé deux ans en orbite autour de Bennu, qu'elle a quitté en mai dernier pour en rapporter des échantillons récoltés lors d'un contact de quelques secondes avec le sol, et qui arriveront sur Terre en 2023.

La mission a permis d'étudier de très près l'astéroïde, et de considérablement améliorer les prédictions sur sa trajectoire future.

D'ici 2300, les chances d'une collision avec la Terre ne sont que de 0,057%, ont conclu les scientifiques. 

"Dit autrement, cela veut dire qu'il y a 99,94% de chances que Bennu ne soit PAS sur une trajectoire d'impact", a souligné Davide Farnocchia, scientifique aux Near Earth Object Studies de la Nasa, lors d'une conférence de presse. "Donc il n'y a pas de raison de trop s'inquiéter."

Pourquoi n'est-on pas sûr à 100%? 

En septembre 2135, Bennu passera très près de la Terre. Cela lui donnera la possibilité de traverser ce qu'on appelle un "trou de serrure gravitationnel": une zone qui altèrerait légèrement la trajectoire de l'astéroïde, à cause de l'influence gravitationnelle de notre planète, le mettant ainsi sur une trajectoire de collision future. 

Avant la mission Osiris-Rex, 26 "trous de serrure" grands d'un kilomètre ou plus étaient possiblement sur le chemin de Bennu en 2135. 

Grâce aux analyses permises par la sonde Osiris-Rex, les scientifiques ont pu en exclure 24. Restent les deux derniers. 

La date la plus probable d'impact serait alors en 2182, selon eux. 

S'il arrivait, l'événement serait catastrophique. "Généralement, la taille d'un cratère sera de 10 à 20 fois la taille de l'objet", a expliqué Lindley Johnson, du Planetary Defense Coordination Office de la Nasa. Soit pour Bennu, un cratère d'entre 5 et 10 km de diamètre.

"Mais la zone de destruction sera bien plus large que cela, jusqu'à 100 fois la taille du cratère", a-t-il dit. 

Il a précisé que les chercheurs avaient connaissance d'environ 79% des astéroïdes de la taille de Bennu et proches de la Terre. 

Et Davide Farnocchia de rappeler: "Le risque posé par Bennu est en vérité plus petit que le risque posé par les objets de taille similaire que nous n'avons pas encore découverts".(selon Tahiti-infos)

Posté par jl boehler à 00:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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