jeudi 3 mai 2018

Venezuela : Explosion des cas de paludisme en un an (+69%)

L’OMS se préoccupe de la situation

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Mercredi 25 avril, jour de célébration de la lutte mondiale contre le paludisme, l’OMS a fait part de ses inquiétudes concernant la recrudescence de la maladie. Parmi les pays impactés par le rebond de malades, il y a le Venezuela qui enregistre la plus grande augmentation de cas au niveau international avec une hausse de 69% par rapport à l’année précédente.

Rappelons que le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques, les principaux symptômes du paludisme sont une sensation de malaise général, une forte fièvre, des frissons, des douleurs musculaires, des vomissements et des frissons; dans des cas plus complexes, il peut y avoir une perte d’appétit, une perte de poids et une inflammation du foie.

Pour la première fois en une décennie, les progrès pour éliminer le paludisme dans le monde ont stagné et même régressé dans certains pays, comme c’est le cas dans le pays sud-américain.

« Si nous continuons sur cette voie nous gâcherons tous les efforts passés », a déclaré le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un message ajoutant « nous appelons les pays et la communauté mondiale de la santé à résoudre les principales lacunes relatives à la lutte contre le paludisme ».

Le paludisme se développe rapidement au Venezuela, avec plus de 406 000 cas recensés en 2017, soit 69% de plus que l’année précédente, ce qui représente la plus forte augmentation au monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé.

Les migrants vénézuéliens qui échappent à la crise du pays véhiculent, par ailleurs, la maladie au Brésil et dans d’autres régions d’Amérique latine, a déclaré l’agence des Nations Unies, appelant les autorités à proposer des traitements gratuits indépendamment du statut juridique des Vénézuéliens malades afin d’éviter toute propagation.

« En Amérique, ce n’est pas seulement le Venezuela. Nous signalons vraiment des augmentations dans un certain nombre d’autres pays. Au Venezuela, il y a une préoccupation importante, le paludisme augmente, et ce de manière très inquiétante », a expliqué Pedro Alonso, directeur du programme mondial de lutte contre le paludisme de l’OMS, lors d’une conférence de presse à Genève à l’occasion de la Journée mondiale du paludisme, commémoré le 25 avril.

Le gouvernement vénézuélien a signalé 240 613 cas de paludisme en 2016, dont beaucoup dans l’État de Bolívar, à la frontière avec le Guyana, avec 280 décès estimés, selon l’OMS. Le chiffre pour 2017 atteint 406 000 cas, soit cinq fois plus qu’en 2013.

« Ce que nous voyons maintenant c’est une augmentation massive, atteignant probablement un demi-million de cas par an. Il s’agit de la plus grande augmentation signalée dans le monde « , a déclaré Alonso qui explique cette recrudescence mondiale par « le manque de ressources et de campagnes de sensibilisation inefficaces contre le paludisme en sont les causes » plutôt que par une prolifération de moustiques infectés.

L’OMS et son bureau régional, l’Organisation panaméricaine de la santé, travaillent avec les autorités vénézuéliennes pour faire face à une situation « préoccupante ».

« Le Venezuela nous inquiète beaucoup. Les cas de paludisme sont de plus en plus nombreux en raison de la réduction drastique des campagnes de lutte contre le paludisme menées dans le pays », a déclaré le directeur de l’OMS lors d’une conférence de presse. Des déclarations qui confirment les avertissements réitérés par les anciens ministres de la Santé, Felix Oletta et Rafael Orihuela, au cours des trois dernières années alors qu’ils ont signalé que la maladie avait été contractée par plus de 200 000 personnes.

Nicolas Maduro, président du Vénézuela, ne publie pas de chiffres sur les épidémies dans le pays pour cacher la tragédie du manque de médicaments et de soins médicaux qui touchent la population, des pénuries dans le domaine de la santé dénoncées par l’opposition venezuéliene comme Henrique Capriles.

Alonso a rappelé que, grâce à la première campagne d’éradication de la maladie dans les années 1950-1960, le Venezuela était parvenu à enrayer le paludisme dans les grandes régions du pays. « Maintenant, nous avons des augmentations massives qui atteignent probablement un demi-million de cas par an. C’est la plus forte augmentation enregistrée dans le monde », s’est-il plaint.

« Le paludisme est un organisme très complexe que nous combattons avec des outils imparfaits », notamment avec des politiques de prévention, car les insecticides utilisés n’évitent que 40 à 50% des cas.

Cependant, cette année, l’OMS introduira, en tant que test pilote, un nouveau vaccin dans trois pays africains – le Kenya, le Ghana et le Malawi – le but étant de protéger partiellement les enfants. Le paludisme touche avant tout les plus vulnérables : les jeunes enfants, les femmes enceintes et les pauvres.

En 2016, le financement dédié à la prévention a atteint environ 2, 7 milliards de dollars, soit environ la moitié de ce qui serait nécessaire. Le paludisme est la troisième maladie transmissible qui cause le plus de décès chez les enfants, après la pneumonie et la diarrhée. Plus de 300 000 enfants de moins de cinq ans sont morts du paludisme en 2016. Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide est le moyen le plus courant et le plus efficace de prévenir le paludisme.

Le paludisme (ou malaria) est une maladie qui peut être mortelle, due à des parasites. Les parasites du genre Plasmodium sont transmis par des moustiques de type Anopheles infectés, qui piquent habituellement la nuit. En 2015, 95 pays et territoires étaient confrontés à une transmission continue du paludisme. (Aline Timbert, Actu-Latino).

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mercredi 2 mai 2018

Une insulte aux enseignants

Circulaire Blanquer : ce ministre aurait inventé la poudre ! 

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Dictées, leçons de grammaire, calcul mental, format du cahier : le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a dévoilé jeudi une série de recommandations pour les enseignants du primaire visant à améliorer "la réussite des élèves". La réaction des syndicats et des enseignants ne s'est pas fait attendre : ils dénoncent "un discours démagogique", qui a "une visée politique et non pédagogique".

Dans quatre circulaires, le ministère a détaillé le jeudi 26 avril ses recommandations sur l'enseignement de la lecture, du calcul, de la grammaire et du vocabulaire et la résolution de problèmes, qui s'accompagnent d'un guide de 130 pages adressé aux professeurs des écoles.

Concernant la lecture, Jean-Michel Blanquer est catégorique : "Entre quelque chose qui ne marche pas - la méthode globale - et quelque chose qui fonctionne - la syllabique -, il ne peut y avoir de 'compromis' mixte. Ce sujet ne relève pas de l'opinion, mais de faits démontrés par la recherche. C'est très clair". Il prône aussi une dictée quotidienne, 15 minutes de calcul mental par jour et le retour des leçons de grammaire dans toutes les classes. Et dit qu'il va travailler à une liste de manuels recommandés.

"J'ai une grande confiance dans l'action des professeurs", assure-t-il. Des inspecteurs de l'Éducation nationale "regrettaient de ne pouvoir intervenir quand ils constataient telle ou telle mauvaise pratique en classe, en l'absence de texte national de référence. Désormais, il y en a un, qui est le produit d'une intelligence collective", poursuit-il.

Le message passe mal du côté des professeurs et des syndicats : "On a le sentiment qu'il nous prend un peu pour des branquignols", a expliqué à Franceinfo une directrice d'école de l'Est de la France. "Lui, super pédagogue, va nous apprendre à apprendre". Un enseignant parisien explique à la radio avoir la sensation d'être "un irresponsable qui se fait taper sur les doigts par le ministre". Il déplore un "sentiment d'infantilisation". Pour l'un de ses collègues, "Jean-Michel Blanquer véhicule l'idée que chacun fait ce qu'il veut sans aucune règle. C'est un discours démagogique".

"Une fois encore, on est sur une communication très millimétrée qui a une visée politique et non pédagogique", a déclaré Xavier Suelvès, en charge du primaire au syndicat SE-Unsa. "Le ministre s'adresse à l'opinion publique et veut lui faire croire qu'on a enfin en France le bon ministre avec la bonne méthode et le bon manuel. C'est un leurre", abonde Francette Popineau, co-secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat chez les enseignants du primaire. "L'école est quelque chose de beaucoup plus complexe et il faut toute l'intelligence du maître et son adaptation aux besoins des élèves pour enseigner".

Aucun ne prône le statu quo, d'autant que les résultats des petits Français aux évaluations internationales affichent des résultats décevants depuis plusieurs années. Mais ils estiment que le ministre ne donne pas les bons outils. Le guide de 130 pages "n'apporte rien à un enseignant chevronné" car il "correspond grosso modo à ce que le maître fait déjà en mieux", poursuit Francette Popineau. Quant à l'enseignant débutant, "attend-on de lui qu'il s'approprie seul dans son coin ces 130 pages ?".

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La dictée quotidienne, 15 minutes de calcul mental, des leçons de grammaire, tout cela existe déjà, relève Xavier Suelvès. "Reconnaître le verbe dans une phrase et trouver le sujet" se pratique chaque jour dans toutes les classes, poursuit-il. Quant à l'éternel combat entre la méthode syllabique et "le fantôme de la méthode globale", selon Francette Popineau, les enseignants font part de leur lassitude. Et rappellent que le point faible des écoliers relevé dans les études internationales n'est pas le déchiffrage mais la compréhension, qui ne dépend pas du choix entre méthodes syllabique ou globale.

Autre point de friction : l'uniformisation du matériel. Les conseils donnés aux professeurs vont jusqu'au choix du cahier : le guide d'apprentissage de la lecture conseille aux enseignants le format 17x22 cm à "réglure Séyès", c'est-à-dire des grands carreaux et une marge rouge à gauche. Une recommandation qui équivaut pour un professeur à dire "j'obligerai les élèves à manger avec des couverts à la cantine". "En douze années d'exercice, je n'ai jamais vu mes collègues utiliser autre chose que ces cahiers", confirme un autre professeur. "Cela doit faire longtemps qu'il n'est pas allé dans une classe", ironise à France info la directrice d'école.

Les syndicats, comme les instituteurs, insistent sur l'importance de la formation continue, parent pauvre du système éducatif français. Elle est un des facteurs-clé de réussite des systèmes éducatifs étrangers les plus performants. Sur Twitter, certaines réactions étaient vives. Johanna Cornou, professeure des écoles au Havre (Seine-Maritime), reprochait ainsi au ministre de faire croire "qu'on n'a pas de cadre, qu'on enseigne encore la méthode globale ou qu'on n'utiliserait plus de cahiers". Et dit qu'il va travailler à une liste de manuels recommandés. Voilà qui va mettre le ministère au service des éditeurs.

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mardi 1 mai 2018

Et voici Lalaye !

L'allée des arts revient !

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lundi 30 avril 2018

RN 59 : des retards comme d'habitude

Il fallait s'y attendre !

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A la lecture de la presse régionale des 29 et 30 avril, on peut estimer que bien naïfs sont ceux qui ont pu croire que le contournement de Châtenois sur la RN59 verrait le début des travaux fin 2017 pour être opérationnel en 2020.

Pendant des années, les retards étaient dûs (voire organisés) à des recours divers en justice. Hélas, après la dernière enquête parcellaire, malgré le projet défini dans la D.U.P. (déclaration d'utilité publique) non respecté, personne ne s'est hasardé à déposer un n-ième recours.

Il a donc fallu en haut lieu trouver un autre subterfuge, avec des travaux préalables de fouilles archéologiques à réaliser en 3 tranches en 2018 et 2019. 

Et comme par hasard, 2020 marquera la fin du Contrat de Projet Etat-Région, contre lequel le président du conseil départemental 67 Frédéric Bierry avait d'ailleurs voté. 

On peut donc s'attendre à une réinscription au futur Contrat de Plan, qui peut-être ne repoussera la réalisation du contournement qu'en 2026, si un autre subterfuge n'est pas trouvé. Et de report en report, nous arriverons peut-être à voir une route digne de ce nom en l'an 2099.

S'il est étonnant que l'AMV ne parle pas des recherches archéologiques, il est encore plus surprenant que la conseillère départementale Mozziconacci, élue (ou nommée ?) dernièrement vice-présidente du comité du massif vosgien, n'en pipe mot.   

Usagers et riverains, continuez à prendre votre mal en patience !

- A relire : Archéologie sur le contournement de Châtenois

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dimanche 29 avril 2018

Pour une sortie du mois de mai ...

... chez nos voisins vosgiens

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samedi 28 avril 2018

Lutte contre le terrorisme au Mali

La Minusma fait appel à des soldats chinois

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Des soldats chinois sont en route pour le Mali afin de renforcer les troupes de la Minusma. L'arrivée de ce contingent chinois intervient alors que la mission onusienne traverse une période très sombre dans ce pays sahélien.

A en croire les dernières statistiques, la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) est en passe de devenir la mission de maintien de la paix la plus meurtrière de tous les temps, avec plus d'une centaine de Casques bleus tués dans des actes hostiles. Ce triste bilan macabre est dû aux attaques incessantes des groupes armés terroristes qui ont mis le Nord-Mali sous leur coupe depuis 2012.

Un contingent de 395 soldats chinois viendra renforcer les Casques Bleus, dès ce mois de mai, pour une durée d'un an. Ce contingent, composé entre autres d'une brigade de défense chimique, d'une unité médicale et de sapeurs-pompiers, aura pour mission de réparer des routes, des ponts et des pistes d'aéroport dans les zones de mission, protéger les quartiers généraux dans des zones de guerre, et soigner les malades et blessés.

Considérés comme très professionnels et dotés d'un excellent savoir-faire, ces soldats ne monteront cependant pas en première ligne, c'est-à-dire là où ont lieu les traques et les combats. Pour cela, les Africains (notamment les Tchadiens et les Maliens) encadrés par quelques Français continueront à faire le sale boulot.

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vendredi 27 avril 2018

Loi Collomb !

Sévèrement jugée par le Défenseur des droits comme par les ONG spécialisées qui y voient une profonde atteinte aux droits fondamentaux – c’est à dire aux protections inviolables, sorte de « lignes rouges » consacrées par le droit –, la loi sur l’asile et l’immigration est arrivée lundi sur les bancs de l’Assemblée nationale.

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Dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, le projet de loi de Gérard Collomb sur l’asile et l’immigration est arrivé ce lundi soir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Intitulé "pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif", il ne comporte finalement que très peu de changements par rapport à la version initialement présentée en Conseil des ministres le 21 février dernier, et ce malgré près de 900 amendements déposés.

La plupart n’ont pas franchi l’obstacle de la commission des lois qui examinait le projet la semaine dernière à l’Assemblée. « Le texte a été modifié à la marge mais nous n’avons rien obtenu de particulier, si ce n’est la réduction de l’allongement de la durée de rétention à 90 jours au lieu des 105 envisagés au départ » souffle-t-on du côté du Secours Catholique. Pour le reste, la teneur reste donc sensiblement la même, fidèle à une double démarche : le durcissement des mesures répressives pour les migrants en général, et un affaiblissement considérable des droits pour les demandeurs d’asile en particulier. « C’est un texte de police qui franchit la ligne rouge des droits fondamentaux », résume Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti.

Raccourcissement des délais jusqu'à l'absurde

La grande mesure défendue par le ministre de l’Intérieur est la réduction du temps d’instruction des demandes d’asile à six mois. Problème : censée aider les demandeurs à obtenir une réponse plus rapidement, la mesure se fera à leur détriment. « En réalité, rien n’est fait pour que l’entrée dans le droit soit rendu possible et pour que les délais soient respectés par l’administration », poursuit Vanina Rochiccioli. Ce raccourcissement des délais de procédure s’applique en fait à sens unique, contre les migrants. « Les personnes qui demanderont l’asile plus de 90 jours après leur arrivée en France verront ainsi leur demande examinée en procédure accélérée, et seront privées d’hébergement et de ressources », alerte ainsi Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade.

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Les déboutés de l’asile verront par ailleurs leur délai de recours pour contester la décision devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) divisé par deux : d’un mois, il passerait désormais à quinze jours. « Un mois, c’était déjà très court par rapport au droit commun, rappelle la présidente du Gisti. Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez contester un permis de construire, vous avez deux mois. » Constituer un recours solide en quinze jours, compte tenu des conditions de précarité de nombreux demandeurs d’asile, deviendra très compliqué.

L'enfermement des enfants confirmé

Autre mesure très fortement contestée, le doublement du délai de rétention administrative de 45 à 90 jours. Dans le même temps, l’interdiction de la rétention des mineurs n’a finalement pas été retenue. Le mois dernier pourtant, le Défenseur des droits interpellait le Premier ministre au sujet de l’inquiétante augmentation des enfants au  centre de rétention : sur l’année 2017, la France a vu 275 enfants, « dont de nombreux nourrissons », enfermés dans ces "prisons" pour étrangers, soit autant que pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015 réunies. Une situation pour laquelle la France avait déjà été condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en 2016, considérant alors qu’imposer à des enfants une telle privation de liberté, même aux côtés de leurs parents, était assimilable à un "traitement inhumain ou dégradant". Le Président de la République Emmanuel Macron s’est pourtant prononcé, lors de son interview du 15 avril, contre l’enfermement des mineurs isolés, mais pas contre la rétention de familles avec enfants, qui pourront donc être emprisonnés pendant trois mois.

Le projet de loi prévoit également de répartir les demandeurs dans les régions françaises en conditionnant le versement de leur allocation (l’aide aux demandes d’asile – Ada) à la résidence dans cette région – sans que ne leur soit pour autant garanti un hébergement. « Un véritable cantonnement inédit », pour la Cimade, qui dénonce aussi l’inscription dans la loi de la logique d’« un accueil sous surveillance »tel que véhiculé par la circulaire du 12 décembre qui doit permettre le contrôle de la situation administrative des personnes hébergées en accueil d’urgence. Attaquée en justice et accusée d’ouvrir la voie au tri des migrants, à rebours du principe d’inconditionnalité de l’accueil, la circulaire n’a finalement pas été suspendue par le Conseil d’État,qui s'est contenté d'en réduire la portée dans sa décision. En allongeant la durée de la « retenue pour vérification du droit au séjour » de 16 heures à 24 heures, les associations dénoncent également une « garde à vue bis dédiée aux personnes étrangères » – une privation de liberté qui est normalement attaché à un délit...

"Ce projet ne répond absolument pas aux besoins"

« Le Défenseur des droits dénonce une logique de suspicion ainsi qu’un renforcement inédit des moyens coercitifs mis au service de l’éloignement des étrangers », a fait savoir vendredi sa représentante, Anne du Quellennec, lors d’une conférence de presse organisée par les États généraux des migrations – un processus de concertations décentralisées engagées sur le sujet dans 69 départements français depuis le mois de novembre. Deux jours plus tôt, le Défenseur des droits en personne, Jacques Toubon, avait lui-même vertement tancé le projet de loi lors de son audition à l'Assemblée Nationale : « Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! » avait-il ainsi rappelé aux députés de la République en marche (LREM) sceptiques devant ses critiques répétées – dans son avis officiel en date du 15 mars -, le Défenseur des droits n’hésitait pas à parler d’un projet de loi « répressif ».

Le son de cloche est sensiblement similaire du côté de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui rendra son avis le 2 mai prochain, à en croire l’avocat Alexandre Duval-Stalla, qui en est membre : « La tonalité générale sera : "les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires". Ce projet de loi ne répond absolument pas aux besoins en la matière, et il est regrettable de ne pas respecter la tradition républicaine qui consiste à traiter les questions d’asile et celles de droit des étrangers dans des projets de loi séparés ». Au mois de mars, le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe s'était lui aussi "inquiété - de certaines dispositions du projet de loi.

Des interpellations qui rejoignent celles de nombreux autres acteurs, opposés à ce plan de « dissuasion migratoire ». Parmi les nombreuses associations engagées, on retrouve la Ligue des Droits de l’homme : « Il faut considérer les migrants comme des sujets de droit, non comme des objets. Et arrêter de faire croire que si on donne des droits aux migrants, on en retire aux français ! Plus il y a de droit dans une société, mieux elle se porte », explique la vice-présidente, Dominique Noguères. La liste des opposants va jusqu’à compter quelques députés LREM, frondeurs au sein de la majorité. A l’image de Jean-Michel Clément (Vienne) ou Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas la loi. Cela suffira-t-il à la recaler, lors du vote – probablement ce vendredi – qui clôturera les débats dans l’hémicycle ? C’est très peu probable. Pire, l’examen du projet au Sénat, pourrait encore aggraver le texte initialement présenté. Et confirmer le tournant coercitif de la France dans le régime du droit d’asile.

- selon Barnabé Binctin (Bastamag)

  • Photos : manifestation pour le droit d’asile, le 21 février 2018 à Paris.

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jeudi 26 avril 2018

Encore Montessori !

Le revers de la médaille !

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Encore une page entière dans la presse locale ! Et le même jour où dans la presse nationale apparaît une information qui émane d'un tribunal. Loin de moi l'idée que l'ensemble de ces écoles dysfonctionnent.

Force est cependant de reconnaître que ces écoles fonctionnant "hors de  tout contrat avec l'Etat" n'offrent aucune garantie ni de sécurité des locaux utilisés, ni de qualité pédagogique. 

On évoque au niveau pédagogique la méthode Montessori qui ressemble comme un jumeau aux anciennes méthodes Freinet et Steiner. Cette méthode, qui a ses qualités et ses défauts, était en vogue dans les années 60/70 dans certains secteurs de l'Education Nationale (souvent les CP et  les maternelles, puis les classes de transition). Basée sur la découverte et le rythme adapté à l'enfant à travers des activités telles le texte libre, la correspondance scolaire, le travail par groupes, elle nécessite des enseignants avec une qualité de formation très fine avec le but de "réconcilier certains élèves avec l'école".

Ce ne sont pas des parents-éducateurs ayant suivi quelques heures d'informations pendant les vacances scolaires qui y seront aptes. Au risque de tomber dans les erreurs et faiblesses de cette méthode, à savoir la "non  consolidation" des connaissances de base. 

Enfin, rappelons que cette école n'a rien de républicain : pas de gratuité (donc forcément des exclusions), des risques dans le monde rural d'accélérer les fermetures de classes et d'écoles publiques.

Quant à la laïcité, j'en doute aussi, surtout en observant que leurs responsables villois sont aussi les dirigeants d'une communauté religieuse à Strasbourg. Et surtout qu'ils veulent ouvrir leur école à la religion de façon très particulière (voir ci-dessous). On peut se demander à quelle valeur républicaine elle se réfère !

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mercredi 25 avril 2018

Danemark : quel socialisme ?

Une social-démocratie de "bofs"

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Depuis quelques mois, le vieux parti Social Démocrate et le juvénile parti DF (Parti du Peuple danois, xénophobe et populiste) né en 1995, se livrent à de tendres effusions et leurs conseillers se rencontrent sans cesse, quoique discrètement. L’amorce en a été la proposition adressée par Mette Frederiksen, dirigeante de SD, de ne pas accueillir au pays les 500 migrants qu’ imposerait une résolution de l’ ONU, mais de les installer quelque part à l’extérieur du pays, car ils risqueraient d’ôter aux Danois le smørrebrød de la bouche. Qu’est-ce à dire ? Où les rangera-t-on ? Et la SD ne dispose-t-elle donc d’aucune imagination, d’aucune inspiration aptes à intégrer des êtres humains marqués par les tragédies de l’Histoire ?

De 1945 au début des années 2000, le Parti SD a été en somme le parti majoritaire, le grand parti de gouvernement ; celui même qui imposait cette conception de l’Etat-providence qui faisait admirer le Danemark dans le monde entier. Un socialisme réel sans révolution sanglante, sans élucubration hallucinée et apocalyptique ou millénariste. Avec aussi l’objection de platitude et de grisaille que cette conception du socialisme entraîne nécessairement dans une certaine gauche. Comment cela a-t-il été possible ? On le sait : par l’importance de la concertation, du consensus entre décideurs économiques et travailleurs, et par l‘importance des syndicats. Le principal étant jusqu’à nos jours le 3F, qui rassemble plus de 2 millions d’adhérents. Mais plus fondamentalement, il y a la représentation sous-jacente, bien scandinave, que se font les Danois de la communauté nationale : on y pratique une solidarité très forte, qui transcende en une certaine mesure les différences de classes. Mais qui transcende rarement les différences ethniques, comme on le répétera.

Deux autres grands partis politiques dominent la vie politique du Danemark : le Parti conservateur populaire (KF) et le Parti Venstre (V). Le premier, précédé d’ailleurs par d’autres rassemblements grégaires de conservateurs, a exercé un rôle très important à partir de 1915 et jusqu’à 2011. Il est le parti bourgeois par excellence, et c’est ainsi qu’on le nomme très souvent. Le KF est membre du Parti Populaire européen, en compagnie des grandes formations de la droite européenne. Son grand-frère fondé en 1870, le parti Venstre, lui, est initialement le parti des paysans et des propriétaires terriens – un parti agrarien. Son nom signifie bizarrement « Gauche », parce qu’il se situait initialement à gauche des ligues conservatrices de la fin du XIX° siècle. C’est en réalité un parti libéral de centre-droit, qui siège auprès de ses petits camarades libéraux au Parlement européen. Venstre a été le premier parti du pays entre 2007 et 2015 ; il rassemble aujourd’hui environ 25 % de l’électorat.

Or, deux événements ont entraîné des coulées de boue dans la société danoise. Au milieu des années 1990, lorsque quelques Danois ont aperçu l’ombre subreptice de méchants migrants qui s’avançaient, le couteau entre les dents, pour violer la Frontière sacrée, on a commencé à sentir l’odeur d’une formation populiste et anti-immigrés : DF (le Parti du peuple danois) a sévi à partir de 1995. Il est devenu rapidement le 3eme plus grand parti du pays en 2000-2001.

Et un peu plus tard, la crise financière de 2008 a suscité des mouvements de fond dans l’économie et la société danoises, tout comme partout ailleurs en Europe. La droite conservateurs-libéraux est au pouvoir ; DF l’a aidée à y accéder, tout en ne participant pas au gouvernement – une stratégie assez habile qui vise à ne prêter le flanc à aucune critique sur des faits concrets de gouvernance. Et la droite met en place une politique qui mijote la destruction du vénérable Etat-providence que le Parti SD avait installé depuis de nombreuses décennies. Le welfare state à la danoise est alors démonté avec délectation et remplacé par ce qu’on a appelé la flexicurité, c’est-à-dire cet autre modèle danois qu’admirait tant cette fois la droite (modérée) européenne : une flexibilité maximale conjuguée avec un large dédommagement des chômeurs et des catégories les plus touchées par la crise . Avec un contrôle très contraignant et plutôt répressif des chômeurs, dont de nombreuses associations considèrent qu’il infantilise les personnes concernées …

Mais de 2011 à 2015, le SD est à nouveau au gouvernement. Alors, elle ne fait que continuer peu ou prou la politique de démantèlement libéral de ses frères ennemis conservateurs libéraux. Dans un contexte d’inquiétude sociale peu banal dans ce pays, arrive ce qui devait arriver : en 2015, le SD se retrouve une fois de plus dans l’opposition malgré ses 26 % aux élections, et elle ne peut rassembler de majorité au Ting (Parlement). La 2° place revient au parti d’extrême droite DF (21% des suffrages).

On assiste alors à un mouvement en tenaille : d’un côté, par pur opportunisme électoral, la SD décide de se rapprocher de DF, et cela très concrètement : en proposant des mesures démagogiques de contention de l’immigration et de limitation stricte des entrées des « non-Occidentaux ». Alors même que mus encore jusqu’en 2017 par un esprit de socialisme concret et d’ouverture, les dirigeants condamnaient avec grande force « la politique non danoise, inacceptable et xénophobe » de DF (P. Nyrup Rasmussen en 1999).

D’un autre côté, de nombreux électeurs DF, d’ailleurs venus parfois des rangs de la SD, rejoignent celle-ci dans la défense de l’Etat-providence. Il existe une grande similitude dans l’origine sociologique de ces électeurs, qui appartiennent majoritairement au grand syndicat 3F, grand artisan paradoxal et quelque peu tortueux du rapprochement SD-DF. « Il s’agit d’ouvrir des portes. C’est ce que nous faisons. », déclare Thulesen Dahl, le dirigeant de 3F, en février 2017. Mais ouvrir des portes à quoi ?

Ce « pragmatisme » cynique et dénué de scrupules semble atteindre son but : les sondages créditent actuellement SD de 30% environ des voix . Des électeurs SD partis chez DF reviennent ; d’autres, tentés d’abord par DF, joignent les rangs de SD.

Pourquoi cette xénophobie ? Pour les mêmes raisons qu’ailleurs en Europe. Mais s’y ajoute un vieux fond culturel scandinave : le sens profondément enraciné de la communauté. Une communauté formée des familles, des voisins proches, de cette société longtemps très homogène (et donc fort ennuyeuse). Une communauté exclusive, aussi : les étrangers différents n’y sont guère bienvenus.

Opération réussie, donc. Mais à quel prix ! Au prix peut-être de ce qui fait la substance même de la social-démocratie. Les petits partis de gauche (SF, RV, Alliance rouge-verte) devront réveiller l’imagination sociale de la SD, et envisager avec elle de vraies solutions aux maux de cette époque de mondialisation et de structuration européenne. (selon "eurojournalist")

danemark

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mardi 24 avril 2018

Jeunes réfugiés non accompagnés au Bade-Würtemberg

Une enquête de "Badische Zeitung" : 6766 mineurs immigrés vivent dans le Land

r_fugi_sS'occuper de jeunes réfugiés non accompagnés est une tâche ardue. L'Etat allemand dépense jusqu'à 50.000 € par jeune et par an. La grande préocuppation est leur intégration. 

Près de trois ans se sont écoulés depuis  la grande vague d'arrivée de réfugiés. "Badische Zeitung" a étudié comment la coexistence de ces arrivants fonctionne aujourd'hui. Qu'est-ce qui se passe bien ? Où sont les problèmes ? Est-ce que les Allemands, à cause des réfugiés (comme ils le craignent parfois) étaient handicapés par rapport aux autres Européens ? Comment s'occuper des jeunes qui sont venus sans leur famille ?

Une rencontre avec un jeune afghan, Sami.

Nous nous rendons au centre de protection de l'enfance et de la jeunesse à Karlsruhe, où sont logés un certain nombre de jeunes UMA (nb : appellation allemande des "mineurs non accompagnés"). Dans toutes les pièces, le lit, l'armoire et la table ont un aspect fonctionnel. Le jeune Sami, 19 ans, à qui nous rendons visite a agrémenté sa chambre de plantes vertes en pots. "Une vieille dame m'a donné un tapis" raconte-t-il.

Sami nous raconte son histoire. Elle est tout sauf brillante. Il rapporte les menaces et la violence qui règne dans son pays, et comment sa famille s'est résolue à fuir à l'étranger. Il est arrivé en Allemagne il y  a deux ans, via le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce et la route des Balkans. 

La vague de réfugiés mineurs a amené plus de 50.000 étrangers mineurs en Allemagne, dont 6766 dans le Pays de Bade. Ces UMA viennent d'Afghanistan, de Somalie, de Syrie, d'Erythrée, de Gambie, de Guinée, d'Irak, d'Ethiopie, du Sénégal, de Côte d'Ivoire, du Niger.

Le groupe de Sami est un mélange de toutes ces nationalités.  Le domaine où ils habitent (centre de Leonberg) est géré par le ministère des affaires sociales. Dans le groupe des moins de 18 ans, sept éducateurs travaillent avec 10 mineurs, veillent à ce qu'ils aillent à l'école, les aident dans la vie de tous les jours, contrôlent le couvre-feu. Les aînés vivent de façon plus indépendante, mais ont aussi des éducateurs à leur disposition.

Mieux protégés que les adultes contre les expulsions.

Les lois protègent bien mieux ces jeunes contre les expulsions que les adultes. Ils obtiennent aussi - sur la base de la loi de protection de la jeunesse - plus d'avantages de la part de l'Etat. Les UMA bénéficient d'un hébergement avantageux, et d'aides socio-éducatives et psychologiques. Jusqu'à l'âge de 21 ans, ils bénéficient d'une aide financière de l'Etat. L'accueil de chacun de ces jeunes revient à 40.000 à 50.000 €/an. Au cours de l'exercice 2017, le Land du Bade-Würtemberg a dépensé pour eux 323 millions d'€, et estime des dépenses de 184 millions d'€{ pour 2018, sous réserve que leur nombre n'augmente plus.

Le statut d'UMA étant attractif, les passeurs conseillent aux réfugiés de se faire passer pour des mineurs. Mais la fraude à ce niveau n'est pas devenue un phénomène de masse. Récemment, un groupe de fraudeurs marocains a été découvert à Mannheim. 18 avaient menti sur leur âge. Le ministre des affaires sociales Lucha a pris un arrêté : les personnes dont on n'arrive pas à déterminer l'âge sont déclarées majeures.

90% des jeunes font de grands efforts.

Pour terminer, Sami nous fait remarquer : les premiers temps au centre de Leonberg ont été difficiles (troubles du sommeil, crises d'anxiété). Mais il s'est pris en charge et a commencé une formation d'infirmier. Le ministre Lucha souligne que "Plus de 90% des jeunes se mettent en quatre pour faire des efforts". Selon le ministre, les réfugiés arrivés participent activement au développement du pays. (enquête réalisée par Jens Schmitz et Axel Habermehl)

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