samedi 1 septembre 2018

Afrique : le business du terrorisme

Des chefs militaires comblés !

terrorisme

C’est un des paradoxes créés par la lutte contre le terrorisme en Afrique : aujourd’hui sur ce continent, il vaut mieux être ministre de l’intérieur ou de la défense que titulaire du portefeuille des finances. Ce dernier s’arrache les cheveux chaque fin de mois pour trouver l’argent nécessaire au paiement des salaires, des bourses, des fournisseurs de l’Etat alors que ses collègues de l’intérieur et de la défense voient leurs budgets augmenter sans cesse, au nom de la lutte contre le terrorisme.

Mais, ils voient surtout, non sans délectation, les différents mécanismes de contrôle des deniers publics renoncer, les uns après les autres, à leurs prérogatives. « Dans ce contexte de guerre contre le terrorisme, oser demander des comptes au ministre de l’Intérieur ou de la Défense est perçu, au mieux, comme un acte antipatriotique. Si vous vous y aventurez, vous pouvez être accusé de soutien au terrorisme », résume un député d’un pays sahélien ouest-africain.

Le Nigéria

Ainsi au Nigéria, les ressources domestiques et les aides extérieures affectées à la lutte contre la menace terroristes sont gérées dans la plus grande opacité. Sambo Dasuki, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Goodluck Jonathan, est accusé d’avoir détourné 4,5 milliards de dollars destinés à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Après réévaluation, les sommes détournées pourraient atteindre près de 13 milliards de dollars.

Le Mali

Après le Nigéria, le Mali….Selon une enquête du parti pour la renaissance nationale (PARENA, opposition), 42 véhicules 4X4 acquis pour le compte des patrouilles mixtes forces armées maliennes (FAMA)/Groupes armés signataires de l’accord d’Alger ont été facturés à plus de 2 milliards 300 millions (environ 3,5 millions d’euros) soit près de 50 millions (76 000 euros) de francs CFA l’unité. Mis en cause dans le dossier, Tiéman Coulibaly, alors ministre de la défense, a été brièvement écarté du gouvernement. Il est y revenu moins de trois mois plus tard au portefeuille des Domaines de l’Etat et des affaires foncières, avant d’accéder au prestigieux poste de ministre des Affaires. Cette prime à l’impunité n’a rien de surprenant au regard de sa proximité avérée avec Karim Keita, président de la Commission défense à l’assemblée nationale malienne, mais surtout fils du président malien Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Le Niger

Chaque semaine, 700 millions de francs CFA (près d’1,7 million d’euros) sortent du trésor public nigérien pour être affectés aux patrouilles urbaines de sécurisation des grandes villes du pays, notamment de Niamey, la capitale.

L’ancien ministre nigérien de la défense, Mahamadou Karidjo, aujourd’hui titulaire du portefeuille des Transports, était devenu un des hommes les plus riches du pays. Il avait fait acheter à son pays des avions de chasse Sukoï, bien que leur utilité dans la lutte contre le terrorisme paraissait discutable pour les spécialistes. En réalité, toute une ingénierie du détournement et de l’enrichissement illicite a été développée dans les Etats touchés par le terrorisme, à travers le paiement des rétro-commissions par les sociétés occidentales, à priori au-dessus de tout soupçon, mais aussi grâce à la surfacturation, la passation des marchés de gré à gré ainsi que des commandes fictives. Une économie de la guerre contre le terrorisme s’est ainsi créée avec ses agents, ses intermédiaires, ses donneurs d’ordre.

Ayant vu, la tutelle politique se sucrer, la hiérarchie militaire s’est elle aussi engouffrée dans la brèche. Les généraux et autres officiers affectés dans les régions concernées par la lutte contre le terrorisme se mettent plein la poche. Ils rognent sur les crédits affectés à l’achat du carburant, à l’intendance, aux déplacements du personnel ou à l’entretien du matériel roulant.

L’ancien chef d’état-major général de l’armée nigériane Alex Badeh est accusé d’avoir détourné pas moins de 19 millions de dollars affectés à la lutte contre Boko Haram.

Une manne inespérée

Et comme un effet de contagion, les commandants locaux reprennent à leur compte les pratiques déviantes du haut commandement. Dans les villes situées sur la ligne de front au Mali, au Tchad, au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie, des chefs militaires devenus de véritables prédateurs n’hésitent pas à trouver des petites combines pour gagner de l’argent. Ils revendent une partie du carburant qu’ils reçoivent, d’autres achètent des équipements locaux bas de gamme pour leurs casernes, tandis que d’autres encore gonflent les frais de déplacement et multiplient les missions.

La troupe, quant à elle, témoin directe de ces agissements, hésite à se battre contre les terroristes. (selon "Mondafrique")

Posté par jl boehler à 03:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 31 août 2018

Les lobbies ont-ils envahi l'Elysée ?

Macron fréquente depuis longtemps le milieu de la chasse !

chasse10Hulot aurait dû le savoir ! Avec les Rothschild, milieu que Macron a beaucoup fréquenté, il était certain que le lobby des chasseurs avait plus de poids que lui auprès du président. Les Rothschild-chasseurs ont de nombreux exploits à leur palmarès !

Violation de propriétés privées, où l'affaire de Lacroix-Saint-Ouen avait fait grand bruit !

chasse

Et le safari-chasse illégal d'éléphants protégés au Cameroun, où des villages entiers de pygmées indigènes ont été "priés de déguerpir", pour le plus grand plaisir des Rothschild. Le tout avec l'accord du président camerounais Paul Biya.

chasse2

J'avais déjà publié sur ce blog dès le 7 novembre 2016 :  

Hulot savait donc qu'il n'y a rien à attendre de Macron dans ce domaine, tout comme il n'y a rien à attendre de lui concernant l'écologie : il est aussi borné que Trump. L'ultra-libéralisme et la défense de l'environnement ne font pas bon ménage. Il n'y avait pas besoin de Hulot pour le découvrir.

Posté par jl boehler à 00:15 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 30 août 2018

Stadtfest Elzach !

Les invités de la commune jumelée de Telfs (Autriche) se sont sentis chez eux, ceux de Villé aux abonnés absents. 

elzachLa commune partenaire de Telfs dans le Tirol est venue nombreuse à Elzach, avec ses élus et ses musiciens. 80 personnes ont fait le déplacement pour 3 jours, essentiellement pour profiter de la fête en Forêt Noire. Car les joyeux tyroliens ne manquent pas une occasion pour s'amuser et renforcer les contacts. La délégation de Telfs, arrivée à Elzach dès vendredi matin, était conduite par le maire Christian Härting et ses deux adjoints Christoph Walch et Cornelia Hagele. Cette dernière est aussi membre du parlement du Land du Tyrol. Selon le Bürgermeister Roland  Tibi, le jumelage avec Telfs monte en intensité. Les visiteurs autrichiens ont pu même meubler leur samedi en assistant à un match du SC Fribourg club de la Bundesliga, après avoir goûté à l'Europapark de Rust .

Pour ne pas vexer les jumelés du "Weilerthal", Roland Tibi a rappelé que le jumelage avec les alsaciens lui semblait important aussi. Alors que les valdevillois lui semblent avoir des "compétences très limitées" en matière de festivités, il a quand même remercié les deux présents, André Frantz, maire de Villé, et Jean-Marc Riebel, président de la communauté des communes , qui ont pris leur courage à deux mains pour venir à Elzach. Beaucoup d'autres élus de la vallée et de Villé "grognent" : aucune invitation ne leur est parvenue tant de la comcom que de la commune de Villé. Certains n'étaient même pas au courant qu'ils y avait une grande fête à Elzach.

Des photos de Stadtfest Elzach 2018 !

elzach1

elzach2

elzach4

elzach5

elzach6

Nos deux visiteurs villois ont aussi pu participer à la fête, surtout du côté d'une buvette !

Le maire de Villé a eu bien du mal à ne pas renverser sa bière.

frantz

Pendant que le président de la comcom attendait impatiemment la sienne !

riebel 

Posté par jl boehler à 05:09 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 29 août 2018

Hulot s'en va, à qui le tour ?

Après le feuilleton Benalla de l'été, voilà la rentrée sans Hulot 

hulot

La deuxième rentrée du gouvernement s'avère très mouvementée. Mardi matin, Nicolas Hulot a officialisé son départ de l'exécutif, au lendemain d'une rencontre entre Emmanuel Macron et les chasseurs. "Je prends la décision de quitter le gouvernement", a déclaré le ministre sur l'antenne de France Inter, expliquant qu'il se sentait "tout seul à la manœuvre" sur les enjeux environnementaux. "On me dit d'être patient, mais ça fait 30 ans qu'on est patient", a insisté le ministre démissionnaire.

"Je vais prendre pour la première fois la décision la plus difficile de ma vie. Je ne veux plus me mentir. Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur sur ces enjeux-là (environnementaux, ndlr). Et donc je prends la décision de quitter le gouvernement", a-t-il annoncé, visiblement ému.

Le ministre était en position inconfortable depuis plusieurs mois, critiqué à gauche par ses anciens alliés écologistes. Il avait pourtant clamé haut et fort au mois de juin qu'il ne démissionnerait pas ! Qui l'a poussé à changer d'avis ? Ségolène Royal ? Yannick Jadot ou ... Brigitte Bardot ?

Démission de Nicolas Hulot : "une crise gouvernementale", analyse Elizabeth Martichoux

Posté par jl boehler à 00:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 28 août 2018

Des meurtriers cachés

Jos Brech wanted!

Une affaire, cet assassinat du jeune néerlandais de 11 ans Nicky Verstappen, qui fait rapprocher ce cas par la presse de l'affaire Gregory. Dans les deux cas, après de longues années d'enquête, ces assassinats semblent rester des mystères. Cela le reste pour l'affaire Gregory, moins pour l'affaire Nicky Verstappen où l'ADN semble avoir désigné un suspect, Jos Brech.

josbrechstemarie

Celui-ci vit reclus et caché dans son chalet des Vosges à Sainte-Marie-aux-Mines. Oui, mais voilà, à l'arrivée des gendarmes au chalet, il a disparu. Et là l'affaire prend une autre tournure, qui fait bien plus penser à un autre quadruple assassin en fuite, Xavier Dupont de Ligonnès, dont personne n'a plus de nouvelles depuis sept ans.

Seule différence : après sept ans de cavale, Dupont de Ligonnès court toujours (à moins qu'il ne soit décédé), Jos Brech est retrouvé et arrêté en Espagne, quelques jours après le lancement d'un avis de recherche international. 

Brech a été interrogé ce lundi par un juge d'instruction espagnol au sujet de son extradition vers les Pays-Bas. Le Néerlandais a accepté la procédure accélérée pour son extraditionBrech a été arrêté par une équipe spéciale pour les fugitifs, la "Fugitive Active Search Team".

josbrecharrete

Jos Brech: la vidéo de son arrestation en Espagne

Posté par jl boehler à 00:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 27 août 2018

Le gouvernement va virer à gauche ? tiens, tiens...

... en ne revalorisant pas les aides sociales !

gauche1

Le gouvernement envisagerait de faire des économies en ne revalorisant pas certaines allocations, selon le journal Les Échos du vendredi 24 août.

La décision devrait être annoncée dans les prochains jours. Pour boucler son budget de l'an prochain, l'exécutif planche actuellement sur une nouvelle coupe dans les dépenses.

Selon Les Échos, le gouvernement prévoit ne pas augmenter certaines aides, ou ne les revaloriser que partiellement. Chaque année, les différentes aides versées par l'État sont réévaluées en fonction de l'inflation. Sans revalorisation, elles resteraient au même montant, même s'il n'y aurait pas de baisse réelle pour les bénéficiaires. Alors que les fruits et légumes augmentent de 5 à 6 % ! 

À l'inverse, Edouard Philippe et ses ministres auraient définitivement écarté l'option d'une suppression pure et simple des allocations familiales pour les foyers plus riches, précise le quotidien économique. Cette possibilité avait été plusieurs fois évoquées durant l'été.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a affirmé vendredi en marge d'un déplacement à Cognac que "le programme du président de la république sera respecté, y compris au niveau de la revalorisation des prestations sociales". Farceur, va. Virer à gauche avec une nouvelle politique de droite, c'est bien l'ambiguïté du macronisme. Pour faire des cadeaux aux riches, on prend aux pauvres.

Posté par jl boehler à 00:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 26 août 2018

Mayotte : la mise au ban des étrangers

Mayotte, quatrième île constituant l’archipel des Comores, s’est détachée de ses trois sœurs lors de l’ultime référendum sur l’indépendance de 1976. Elle choisit alors de rester française, contrairement au reste de l’archipel. Les rivalités d’avec les Comores n’ont alors fait que s’aggraver.

mayotte

Aujourd’hui une nouvelle étape dans ce combat a été franchie. Depuis quelques semaines, tout un chacun est en mesure de se demander ce qu’il est arrivé au service de l’intégration et de l’immigration de la préfecture de Mayotte. Cela n’aura échappé à personne à Mamoudzou, la foule compacte d’hommes et de femmes se pressant habituellement autour de la porte d’entrée s’est envolée !

Plus personne ne joue des coudes ou se marche sur les pieds dans l’espoir, un jour, d’obtenir le Saint Graal : un récépissé de demande de carte de séjour, a minima. La préfecture de Mayotte serait-elle devenue la plus performante de France, la mieux organisée ? Se serait-elle lassée de jouer la grande dame froide et aurait-elle décidé d’ouvrir son cœur et nos frontières ?

Que nenni ! Elle s’est fait prendre au piège ! Encerclée de toute part, à l’extérieur comme à l’intérieur, elle ne peut faire un pas, faire un geste sans que les foudres de la vindicte populaire ne s’abattent sur elle ! Car la foule garde la grille, elle gronde, elle menace !

« Que les Comores acceptent leurs ressortissants et alors nous libérerons les grilles ! » scande-t-elle.

Une poignée de manifestants impose sa loi à l’Etat

Cette foule révolutionnaire et décidée se compte sur les doigts d’une main, de deux lors des jours fastes. En tout et pour tout, pas plus de dix personnes tiennent les grilles de la préfecture et empêchent quiconque d’entrer au service dit « des étrangers ». Initialement considéré comme un piquet de grève c’est maintenant d’un « siège » que se réclame le Collectif des Citoyens de Mayotte.

Depuis mars 2018, en pleine grève générale, craignant des débordements, la préfecture a fermé ses portes mais recevait sur rendez-vous les personnes pour qui la carte de séjour arrivait à terme. Aucune première demande n’était enregistrée. Cette organisation était déjà absolument scandaleuse et contrevenait au principe d’ouverture et d’accueil des services publics.

Or depuis fin juillet, le petit groupe de militants susmentionné a décidé, à lui seul, que plus aucune carte et encore moins de visas ne seraient édités. Et la préfecture n’a pas bougé pour les en empêcher.

Des conséquences catastrophiques pour les étrangers

Un grand nombre d’hommes et de femmes perdent leur emploi du fait de ne pouvoir renouveler leur carte. Ils perdent également leur droit à la sécurité sociale. Les porteurs du VIH/SIDA par exemple n’ont plus accès à leur traitement, ne pouvant renouveler leurs droits, et redeviennent contagieux. Les personnes en situation de handicap sont de même privées de traitements adaptés. Nombre de professeurs ne pourront plus exercer à la rentrée. Des femmes, des maris, ne pourront pas partir en vacances avec leur époux ou épouse comme ils l’avaient prévu de longue date… 

Non, empêcher les personnes d’avoir accès à leurs droits ne réglera pas la situation éminemment complexe de Mayotte et des Comores. Cela ne fera qu’accentuer la pauvreté, l’insécurité, le chômage, le développement des maladies, la mortalité, la colère, et l’injustice. Comment peut-on se battre pour ce monde-là ? Et surtout, comment est-il possible que l’État accepte un tel état de fait ?

Posté par jl boehler à 00:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

samedi 25 août 2018

Benalla encore !

La fiancée et le coffre-fort disparus !

benalla

"Le climat de défiance, accentué par l’affaire Benalla, peut sérieusement compliquer la seconde moitié de mandat du locataire de l’Elysée, notamment si une forte croissance économique n’était pas au rendez-vous." (Olivier Piacentini, politologue)

Le favoritisme à outrance, l'arme secrète de Macron !

Posté par jl boehler à 01:25 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 24 août 2018

Afrique : les coupeurs de routes !

A la frontière du Ghana, les populations de 21 villages se soulèvent

ci3

Des populations, très en colère, se sont soulevés dans l’Est de la Côte d’Ivoire pour exiger des conditions de sécurité meilleures en raison du règne des coupeurs de route dont elles sont victimes.

Elles sont excédées. Les populations des 21 villages des sous-préfectures de Tienkoikro et de Kokomian (département de Koun-Fao) ont bruyamment manifesté dans la matinée du 20 août dernier, érigeant des barrages sur l’axe Agnibilékrou-Takikro-Frontière du Ghana. Portant des bandeaux rouges et brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans de protestation, les insurgés à bord de véhicules de transport, ont ensuite convergé vers la localité de Tienkoikro (20 km à l’Est d’Agnibilékrou) où ils ont pris d’assaut les locaux de la sous-préfecture. Sur place, au rythme des chansons guerrières, les émeutiers ont tout de suite exigé une rencontre immédiate avec le sous-préfet.

ciSur les raisons de leur ire du moment, les chefs de villages et les représentants des communautés ont expliqué à l’autorité administrative que depuis plusieurs mois, l’axe routier reliant Agnibilékrou-Takikro-Frontière est pris en otage par une horde de coupeurs de route lourdement armés qui sévissent impunément et sans retenue. Dans leur funeste opération, ont-ils précisé, ces malfrats armés de kalachnikovs, libèrent constamment des tirs nourris qui ont fini par plonger les populations locales dans une ambiance de terreur. A en croire Roger Kouakou, le représentant des jeunes de la zone, ce sont 22 attaques à main armée qui ont été perpétrées par ces sinistres individus sur la période couvrant les deux derniers mois. Lesquels individus qui, n’épargnant ni même les handicapés et autres malades en état d’évacuation, ont abattu de nombreuses victimes (dont un officier des douanes) et empoché plusieurs millions de Fcfa. La dernière en date est celle d’un instituteur à la retraite qui a été dépouillé d’une somme de 800 000 Fcfa avant d’être traumatisé par des tirs à l’arme automatique.

ci1

Sur cette voie que les usagers empruntent désormais avec la peur au ventre, ceux ne disposant pas d’argent sont sauvagement tabassés par ces bandits qui règnent désormais en maîtres absolus. Pour les populations de cette zone qui, quoique située non loin d’Agnibilékrou, relève du département de Koun-Fao, la situation n’a que trop duré. Aussi exigent-elles du gouvernement des mesures vigoureuses pour les libérer de leurs ‘’bourreaux’’.

Assindi Kouassi, le sous-préfet de Tienkoikro, qui a promis transmettre les préoccupations de ses administrés aux autorités compétentes, a exhorté ces derniers à collaborer avec les forces de sécurité en leur fournissant les informations sur d’éventuels suspects. Les manifestants ont levé leurs barricades aux environs de 14 heures.(selon "L'infodrome")

Posté par jl boehler à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 23 août 2018

Des Fugger aux Choiseul-Meuse

L'Albrechtstal, vous connaissez ?

choiseul

Depuis le Moyen Age, les actuelles communes de Saâles, Bourg-Bruche, Ranrupt et Colroy faisaient partie d’une seigneurie appelée Albrechtstal, puis Val de Villé, du nom du bourg où siégeait l’administration. À nous, qui avons l’habitude de voir la fin du Val de Villé au col de Steige, cela peut paraître bizarre. C’est que la Révolution et le Traité de Francfort ont chamboulé la géographie administrative de la Haute Bruche.

Le ruisseau de Grand Roué entre Bourg-Bruche et Saulxures, la Bruche – qui séparait la seigneurie de Villé et le Pays de Salm – et la Climontaine constituaient des limites plus clairement définies qu’un abornement. C’est ce qui explique que ce qu’on croit être l’entrée de Saint-Blaise, quand on vient de Saâles, soit en fait l’extrémité de la commune de Colroy !

La « Dame de Meuse »

À la veille de la Guerre de Trente Ans, le Val de Villé, y compris ses villages bruchois, appartenait aux Habsbourg, mais était laissé en fief, à titre viager, au puissant comte Jean-Ernest Fugger et à son fils Christophe-Rodolphe, à qui l’empereur devait des sommes astronomiques. En 1648, les Traités de Westphalie donnent à Louis XIV les biens patrimoniaux des Habsbourg en Alsace – donc aussi le Val de Villé –. Le roi, qui n’aime pas du tout voir là des gens si proches de l’empereur, cherche un moyen de se débarrasser d’eux. En 1679, il fait proclamer que nul ne peut détenir une terre d’Alsace en fief ou en gage s’il ne peut y résider. Cela ne concerne évidemment que les secteurs déjà placés sous son sceptre, et pas toute l’Alsace. Les Fugger, occupant de hautes charges et brassant des affaires importantes dans l’Empire, ont autre chose à faire que d’habiter à Villé et, en 1681, le roi confisque purement et simplement la seigneurie pour l’offrir à Conrad de Zurlauben, un noble d’origine suisse, en récompense de bons et loyaux services. L’ennui, c’est que ladite seigneurie ne pouvait être héritée que par un mâle et que Conrad n’avait pas de fils. À son décès, Louis XIV l’accorde à son neveu, Béat-Jacques, pour qui la seigneurie est érigée en baronnie en 1686. Elle devient même comté en 1692. Or Béat-Jacques meurt héroïquement à la guerre en 1704.

Il ne laisse que deux filles, mais il avait pris ses précautions et demandé au roi de leur transmettre le comté, ce qu’il a obtenu. La plus jeune meurt célibataire en 1713 ; seule l’aînée se retrouve donc « seigneur » du Val de Villé. Elle est mariée depuis 1711 à un grand seigneur, Henri-Louis de Choiseul, marquis de Meuse. Autant dire qu’ils ne séjournent guère à Villé, c’est un intendant qui y gère la seigneurie. Ils y font toutefois construire en 1739 un hôtel particulier qui existe toujours. La marquise mourra vingt ans plus tard et ses descendants garderont le Val de Villé jusqu’à la Révolution.

Se souvient-on, à Saâles, Bourg-Bruche, Ranrupt ou Colroy, de la « Dame de Meuse », née demoiselle de Zurlauben, dont les archives révèlent qu’elle savait fort bien tirer de l’argent de ses sujets ? (publié  dans les DNA - édition de Molsheim) 

Posté par jl boehler à 01:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,