samedi 30 janvier 2016

Argentine : panique chez les agriculteurs

L’Argentine affronte la pire attaque de criquets de ces cinquante dernières années, le phénomène est tel qu’il a été catalogué de « fléau » par les régions concernées par l’invasion, à savoir les provinces de Tucumán, Salta, Catamarca, San Luis et Córdoba, ainsi que Santiago del Estero au nord-est du pays sud-américain. La présence massive de ce phytophage de l’ordre des orthoptères est considérée comme une véritable catastrophe pour les agriculteurs, la Confédération rurale d’Argentine (CRA) parle « état d’alerte » et d’une « situation intenable ».

argentine27012016

« C’est un fléau national qui affecte directement les cultures, les pâturages et les forêts naturelles et cela pourrait empirer si aucun contrôle n’est réalisé dans les 20 ou 25 prochains jours », a déclaré le secrétaire d’ARC pro, Juan Pablo Karnatz, lors d’une interview accordée au quotidien argentin la Nación. Selon les premières estimations, 700 000 hectares auraient déjà subi de forts préjudices et les destructions agricoles augmentent de jour en jour, et pourraient concerner des millions d’hectares.
Les agriculteurs ont révélé ne jamais autant avoir été impactés par la prolifération de criquets, selon eux de mesures urgentes doivent être adoptées pour enrayer leurs méfaits, les criquets ne possèdent pas d’ailes à la naissance, il est donc important d’agir vite.

Le criquet parvient à conquérir de nouveaux territoires facilement dès qu’il est en mesure de voler et son éradication est dès lors plus facile à mener, car il parvient à se déplacer sur de grandes distances et avec beaucoup de facilité. Le secrétaire de l’agriculture, Ricardo Negri, s’est réuni avec les représentants de CRA il y a peu, à cette occasion les autorités gouvernementales se sont engagées à mettre toutes les actions possibles pour régler le problème. « Ce fléau peut induire un préjudice énorme si des mesures d’urgence ne sont pas prises », a déclaré l’Institut national de technologie agricole (INTA).

« Ce sont des insectes qui naissent avec une apparence semblable aux adultes, mais ils se distinguent principalement par leur petite taille, leur absence d’ailes d’ailes et par le fait de ne pas avoir d’organes reproducteurs. À ce stade, l’insecte est appelé nymphe. Quand les nymphes grandissent et parviennent à l’état adulte, les ailes apparaissent et le développement de l’appareil reproducteur est terminé, lutter contre leur propagation devient alors difficile », a expliqué l’ingénieur Ignacio Lune et Marcelo Druetta de l’Inta.

Les spécialistes notent l’importance du suivi dans ce genre de situation critique, le fait qu’aucune mesure n’ait été adoptée précocement avant que les criquets ne soient capables de voler est une erreur. Un criquet peut en effet parcourir 150 km par jour et chaque insecte peut dévorer son propre poids sur ce laps de temps.
Chaque individu adulte peut manger entre 2 et 3 grammes par jour, multiplier cette quantité par des centaines de millions de criquets, il est aisé de mesurer l’ampleur de la catastrophe, a déclaré Diego Quiroga, directeur national de Protección Vegetal .

La sécheresse qui se prolongent depuis trois ans dans cette partie du pays constitue pour les spécialistes un facteur de prolifération sans compter que l’hiver dernier a été assez doux, un terreau idéal pour alimenter une crise sanitaire, avec un impact catastrophique sur les champs, les cultures de tournesol et de blé sont particulièrement impactées, à la différence du soja beaucoup moins au goût de ces voraces insectes volants.
Parmi les modes d’action, il s’agit de neutraliser les insectes regroupés en essaims avant qu’ils ne s’envolent avec l’épandage d’insecticides au sol.

L’an dernier, les agriculteurs ont évoqué un nuage de criquets de 6,4 km de long et de près de 3 km de haut, a déclaré Juan Pablo Karnatz, qui représente plus de 100 000 agriculteurs de la province de Santiago del Estero. (Aline Timbert - Actu-Latino)

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vendredi 29 janvier 2016

Hôpital de Sélestat

Le démantèlement des services publics de proximité continue !

hopital

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jeudi 28 janvier 2016

Démission de Christiane Taubira

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, en désaccord avec l’exécutif sur le projet de déchéance de nationalité des auteurs d’actes de terrorisme, a remis sa démission au président François Hollande, a annoncé la présidence mercredi.

taubiraLa démission de la ministre âgée de 63 ans, caution de gauche au gouvernement de Manuel Valls et honnie par la droite qui l’accuse de laxisme, intervient alors que le Premier ministre doit présenter ce mercredi aux députés le texte définitif du projet de réforme constitutionnelle sur l’état d’urgence et la déchéance de nationalité.

Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir (…) Pour le dernier mot à l’éthique et au droit, a commenté Christiane Taubira sur Twitter.

François Hollande et Christiane Taubira ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui (mercredi) en commission des lois, écrit l’Elysée dans un communiqué.

Elle est remplacée par Jean-Jacques Urvoas, 56 ans, ex-rocardien et proche de Manuel Valls, spécialiste des questions de sécurité, qui présidait jusqu’à ce jour la commission des lois à l’Assemblée nationale.

Manuel Valls doit défendre mercredi matin devant la commission des lois la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande après les attentats de novembre. Celle-ci prévoit la constitutionnalisation de l’état d’urgence, décrété le 13 novembre et dont l’exécutif envisage par ailleurs la prolongation pour trois mois.

Le texte prévoyait aussi initialement l’inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français et condamnés pour crime terroriste, une mesure instituant une différence de traitement entre Français qui a fracturé la gauche. Dans le texte qui sera présenté mercredi, le gouvernement a supprimé toute référence aux binationaux tout en étendant la déchéance de nationalité aux auteurs des crimes les plus graves.(selon AFP)

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mercredi 27 janvier 2016

Réalités de la vallée

Le Val de Villé n'est pas un désert économique, social et culturel (André Frantz, maire LR de Villé, lors des voeux du Nouvel An)

pommiersII

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mardi 26 janvier 2016

Réunion plénière du conseil régional ACAL

Philippot obstrue et s'en va, Richardot polémique, Richert pédale dans la choucroute

acal

La première véritable session plénière de travail commence très mal ce lundi matin. Songez ! presque 2 heures pour régler les deux premiers points (des douze prévus) de l'ordre du jour. 

Premier point : les indemnités des élus ! Au bout d'une heure de discussions inutiles (Philippot relance le débat sur les iphones qui sont "du fric foutu en l'air" selon lui, provoque une interruption de séance, revient sur les accords donnés en réunion des présidents de groupes, bref toutes les ficelles d'une opposition qui veut surtout faire parler d'elle, et qui au final vote pour le barême défini. Pernelle Richardot intervient juste pour rappeler les nombreuses absences de Philippot à son poste de député européen (12% de présences) puis se tait face à la réponse de Philippot qui lui rappelle sa position électoralement inconfortable au sein de son groupe.

On pensait que le président Richert allait mettre un peu d'ordre dans cette belle pagaille. Que nenni ! il se contente de quelques ironies qui relancent les discussions dignes d'un comptoir de bistrot, jusqu'à ce que le vote intervient ... à l'unanimité !

Deuxième point : le règlement intérieur. Le FN relance une interminable bataille de procédures, qui dure encore une heure, pour au final une vague abstention de sa part. 

Philippe Richert suspend la séance ! C'est l'heure du repas ! On se donne jusqu'à 14 h 30, histoire d'avaler un peu plus qu'un sandwich. Il reste 10 points à traiter, ça promet de durer. Les lorrains et champagne-ardennais ont intérêt à prévoir des chambres d'hôtel pour la nuit surtout que la séance ne reprend qu'à 15h15 (on est si bien à table) avec 3/4h de retard.

choucroute

Troisième point : l'économie. Philippot a disparu, la choucroute a mal passé. Il doit être parti faire la sieste. C'est le FN Grolet qui s'accapare la parole et qui estime que Richert applique le "plan socialiste". Après une explosion de rires sur les bans du PS, Pernelle Richardot reproche quand même à Richert le manque de vision stratégique. Et encore une fois Richert pédale : "Comment voulez-vous créer le schéma de développement économique alors qu'on vient tout juste de former la commission économique, on a besoin de structuration pour agir." Et alors ? Il n'avait pas le temps d'y penser ? Il n'a pas d'équipe autour de lui ? 

Il est plus précis sur les CPER (contrats de plan Etat - Région) : "Pour les contrats de plan, on va profiter de la clause de revoyure à la mi-parcours pour mettre en place une politique sur l'ensemble du territoire. Même si les moyens sont mis en commun, la priorité est de les affecter aux territoires qui en ont besoin, sans gommer les priorités qui ont été affichées". Voilà qui explique que la RN 59 ne sera plus sa priorité ? du moins dans l'état de 2x2 voies prévue à la DUP et signée dans le CPER 2014 - 2020.

 Quatrième point : la ruralité. Argument frappant de Philippe Richert : "Vous pensez que personne avant vous ne s'est occupé des zones rurales, ça va, ça va !" Autrement dit, rien ne changera, même si Richert habite en pleine ruralité. Et la gauche s'abstient... Mais personne ne propose quoi que ce soit de concret.

chat

Cinquième point : le nom de la Région. Le FN se réfère à un sondage effectué par Philippot, absent car pas encore réveillé de sa sieste. Pour le reste une méthode est proposée par le groupe LR, plus facile que pour les problèmes économiques où chacun se prévaut de la bonne gestion de son ancienne Région. De toutes façons, le nom, tout le monde s'en tape ! Grand Est, Acal, Alca, Lotharingie, Champarcallor, ... Le citoyen attend du concret et en cette journée, il n'a eu qu'une vaste comédie.  

17 h 30 : Richert siffle la fin de la récréation, pardon, la fin de la réunion, bien que l'ordre du jour ne soit pas épuisé. Malgré tout, la prochaine session plénière n'aura lieu qu'en avril (peut-être vendredi 1er ?). Il faudra prévoir un dossier sur la pêche dans le Rhin et la Moselle ? Et peut-être d'ici là Florian Philippot sera revenu de son voyage imaginaire sur la planète Mars... Il a quand même la télé dans son astronef puisque, comme par enchantement, il a pu être interviewé par France 3 lors de son long voyage dans les bras de Morphée.

philippot

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dimanche 24 janvier 2016

Ne pas confondre "macaron S" et "fichier S"

D'après l'association "Signal Senior", les personnes de 65 ans et plus sont moins souvent victimes d’un accident de la circulation que le reste de la population, mais les conséquences de ces accidents sont plus graves, plus souvent mortelles. C'est la conséquence de leur plus grande vulnérabilité aux chocs et aux blessures.

signal_S

En 2013, pour cette tranche d'âge, les déplacements en voiture totalisent près de la moitié (49 %) des tués et 47 % des blessés. Face à ces chiffres, on estime que les conducteurs de 75 ans et plus ont 2 fois  plus de risque d'être tué sur la route que l'ensemble des conducteurs de  voiture. Dans ce contexte, des questions reviennent souvient : doit-on interdire à tous nos ainés de conduire ou leur faire passer un examen médical ? L'association Signal senior a, elle, pensé à une autre solution.

Pas de stress avec le macaron S

Sur son site, il est écrit : « Nous estimons qu'il est plus intelligent de préserver leur autonomie tant que cela reste possible plutôt que de les discriminer ». Pour cela, l'association Signal Senior affirme avoir trouvé une alternative pour tous, il s'agit d'un disque de prévention routière qui n'est rien d'autre qu'un macaron S que le senior peut coller à l'arrière de sa voiture.

Un autocollant à 4€

« Loin de vouloir rendre ce disque obligatoire pour tous nos ainés, nous estimons qu'il ne doit s'adresser qu'aux personnes âgées en légère perte de confiance au volant et qui souhaitent se rassurer en étant visible des autres automobilistes », précise l'association. Elle rajoute que cette solution existe déjà dans d'autres pays européens (Espagne, l'Italie, l'Angleterre...) qui se trouvent confrontés à l'autonomie de leurs aînés.

Afin de convaincre, Gille Renard, concepteur et président de l'association raconte : Un jour, un couple de voisin âgé m'a dit : « Les gens ne nous distinguent pas dans ce flux de voitures et ils roulent n'importe comment... Nous ne sommes pas rassurés. On repère facilement les jeunes conducteurs sur la route avec le disque A et on fait attention à eux... Pourquoi pas nous ». Et signal Senior était né...

Et pourvu que nos policiers ne confondent pas les personnes âgées circulant avec ce macaron S avec des présumés terroristes du fichier S !

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samedi 23 janvier 2016

PEGIDA, une énigme pour les politologues

Hans Vorländer, de Dresde, donne son analyse

pegidaLe politologue Hans Vorländer, de Dresde, a publié son livre concernant le mouvement d'extrême-droite Pegida qui, pour lui, reste un mystère. Il n'est d'ailleurs pas le premier, ni sûrement le dernier, à s'exprimer sur le sujet.

Il y a un an à peine, Pegida représentait juste une page de Facebook d'un certain Lütz Bachmann, marchand de saucisses  et graphiste à ses moments perdus. C'est à partir de là que Pegida s'est développé très rapidement sur tous les réseaux sociaux. La xénophobie a touché surtout l'ancienne Allemagne de l'Est, notamment autour de Dresde. 

Ce mouvement s'essouflait au premier semestre 2015, lorsqu'a a commencé l'arrivée chaotiques des réfugiés. Le mouvement s'est relancé et même radicalisé. Les groupes se sont développés sur trois thèmes : le sentiment islamophobe, la défiance de l'élite politique allemande et l'aversion aux médias allemandes. Et le regroupement s'est fait autour de la figure  de proue Lütz Bachmann. Les manifestations sont devenues un rituel tous les lundis soirs, un peu comme un pélerinage. Beaucoup venaient de la Saxe orientale, pour une bonne bière, pour une promenade et de façon secondaire pour Pegida.

Pour Hans Vorländer, il reste malgré tout un danger : la prolifération des idées d'extrême-droite. En effet, la politisation sournoise progresse, les dirigeants de Pegida proclamant même ouvertement qu'ils agissent au nom de la démocratie. Mais en même temps, ils jouent sur les souvenirs à la fois du régime nazi et de la dictature du régime soviétique.

Vorländer n'a pas de solution miracle pour éradiquer ce mouvement. Il préconise quand même que ces manifestations soient interdites au centre des villes, notamment à Dresde où des incidents se répètent trop souvent.

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vendredi 22 janvier 2016

Menaces djihadistes en Afrique de l'Ouest

Visés : le Sénégal et la Côte d'Ivoire 

menace

Le très sérieux magazine Bloomberg et le Mail And Guardian ont révélé ce mercredi que la France aurait mis en garde la Côte-d'Ivoire et le Sénégal sur l'existence de menaces d'attaques terroristes réelles que des militants islamistes pourraient perpétrer sur leurs territoires.

Selon les informations en possession de ces deux canaux, les terroristes envisagent d'attaquer les principales villes de certains pays ouest-africains dont le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore le Ghana. Les sources du monde du renseignement qui font état de cet avertissement de la France expliquent même que le Sénégal et à  la Côte d'Ivoire ont été briefés de renseignements précis fournis aux gouvernements des deux Etats sur les méthodes que les djihadistes entendent mettre en oeuvre au moment de passer à  l'action.

L'on apprend que les terroristes envisagent d'utiliser des voitures piégées, d'attaquer les zones publiques fréquentées par les étrangers, ou encore, en ciblant des plages prisées par les touristes.

Aussi bien le Mail and Guardian que Bloomberg s'accordent à  expliquer que la France a eu vent de ces menaces depuis 2014, à  travers des écoutes téléphoniques entre militants djihadistes et d'autres informations recueillis à  travers des sources de renseignements infiltrés à  ces terroristes.

Mieux, signalent ces deux canaux, la menace contre le Sénégal et la Côte d'Ivoire n'a plus que jamais été évidente puisqu'en décembre dernier, les services de renseignements français et occidentaux ont continué à  intercepter des échanges entre djihadistes sur des cibles potentielles.

Bloomberg révèle par ailleurs que le gouvernement de Côte d'Ivoire a déjà  pris les devants en demandant aux chefs religieux et aux organisations musulmanes d'aviser la police à  propos de tout nouvel arrivant dans leurs communautés. Il leur est également enjoint de signaler tout comportement suspect de tout élément connu ou inconnu de leurs assemblées religieuses.

Allié inconditionnel de la France dans la lutte contre le djihadisme, Le Sénégal a déjà  mis en oeuvre des mesures actives d'anticipation à  toute menace de déstabilisation comme le montrent les dernières arrestations d'imams radicaux et de repris de justice connus pour leur proximité avec des islamistes radicalisés. Aussi, le mode d'accès au public à  certains endroits stratégiques de Dakar a été revu et les mesures de surveillance et de contrôle renforcés dans certains hôtels, le Port de Dakar ou encore l'aéroport international Léopold Sédar Senghor.

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jeudi 21 janvier 2016

Les confidences de l'ancien mercenaire Bob Denard

Le 16 Janvier 1977, La République Populaire du Bénin a été victime d’une agression militaire conduite par le très célèbre Bob Denard en vue de mettre fin au pouvoir militaire-marxiste du Colonel Mathieu Kérékou. En ce jour anniversaire de cette agression,votre journal publie ici les confidences de Bob Denard sur cette triste affaire . C’est à travers un extrait de son mémoire publié aux éditions Robert Laffont.

EXTRAIT

denard

.......
Yves Le Bret, qui continue à jouer les ambassadeurs itinérants, le capitaine Gilçou, Ferdinand Serre et Christian Olhagaray me donnent régulièrement des nouvelles des Comores. Ce qui s’y passe est inquiétant.

Ali Soilih s’empêtre dans l’isolement qu’il a provoqué. Incapable de nourrir son peuple, il se contente de l’abreuver de slogans révolutionnaires. Les Lycéens n’ont plus de professeurs depuis le rappel des fonctionnaires français. Des bandes de jeunes gens embrigadés dans des mouvements révolutionnaires régentent la vie de Moroni à la manière des gardes rouges chinois. Les caisses de l’Etat sont vides. Malgré de nombreuses missions de bons offices du président Léopold Senghor, l’homme que j’ai contribué à mettre au pouvoir ne fait rien pour renouer des relations normales avec la France. Il réclame toujours la libération de Mayotte, alors que les Mahorais sont loin de vouloir rejoindre la Grande Comore, Mohéli et Anjouan dans l’indépendance dont ils ont tout à craindre.

Consterné par la faillite de ce pays, je guette le signal qui me ramènera en océan Indien. En attendant, le président Bongo fournit une couverture à mes activités, en me confiant la fonction tout à fait honorifique d’inspecteur de sa garde présidentielle.

Le marché des missions secrètes est si prospère en Afrique que je ne tarde pas à être de nouveau sollicité. Le contact vient cette fois d’un agent marocain. A Paris, où j’ai établi ma base arrière, il me fait rencontrer le docteur Emile Derlin Zinsou, l’ancien président du Dahomey, destitué en juillet 1969 par le lieutenant – colonnel Kouandété. En octobre 1975, Zinsou a tenté de reprendre le pouvoir, mais son complot a échoué et il a été condamné à l’exil. Présidé par le général Mathieu kérékou depuis 1972, le Dahomey est devenu la République populaire du Bénin.

- Mon malheureux pays est un enfer pour ceux qui rêvent de liberté, me déclare le médecin. Le tyran Kérékou vient de faire exécuter onze de mes partisans. Il faut que vous m’aidiez à renverser ce régime marxiste.

Le coup me paraît jouable à plusieurs titres. D’abord, mes contacts du SDECE m’encouragent à me mettre au service du docteur Zinsou, la France ayant tout intérêt à ce que Kérékou soit écarté du pouvoir. Ensuite, le Maroc est très embarrassé par ce général – président, dans la mesure où il a pris parti pour le Front Polisario et vient de reconnaître la République sahaouie. Enfin, les gouvernements du Togo, du Gabon, de la Côte – d’Ivoire et du Sénégal se préoccupent également des menées marxistes de leur voisin béninois. Si je décide de m’engager dans cette affaire, je bénéficierai, de toute évidence, d’appui sérieux et de fonds conséquents.

Avant de donner mon accord, je charge un jeune officier, le lieutenant Gérard, d’effectuer un petit voyage de reconnaissance à Cotonou. Il se fait passer pour un touriste, séjourne une semaine sur place et me ramène une évaluation précise des forces armées de Kérékou ainsi que des détails sur leur implantation. Selon mon espion, le Bénin serait au bord de l’asphyxie. La politique d’industrialisation engagée par Kérékou est très mal comprise par son peuple, et son armée ne semble pas bien organisée.

Dès lors, il me semble qu’il serait plus aisé d’imposer par la force un changement de gouvernement au Bénin, plutôt que d’y fomenter, après quelques infiltrations de mercenaires, un énième coup d’Etat. Le docteur Zinsou partage mon avis. Un premier versement de cent quarante – cinq mille dollars, effectué par le roi Hassan II, me permet de démarrer l’opération.

Lorsque je lance le recrutement des cent hommes dont j’estime avoir besoin pour investir Cotonou, je me heurte à une situation à laquelle je n’ai jamais été confrontée. Les temps ont bien changé depuis la fin de la guerre d’Algérie. Les anciens de l’OAS ont vieilli, et les partisans de l’Algérie française se sont recasés. Par – delà mon habituel état – major, vite rameuté, je me rends compte qu’il va falloir ratisser très large et dans de nouvelles directions.

Afin de bien marquer le caractère interne en l’Afrique de cette nouvelle affaire, je décide d’enrôler d’entrée de jeu des Africains. Je n’ai pas de mal à m’assurer le service d’une soixantaine d’hommes bien entraînés, des Béninois exilés, bien sûr, mais aussi des Guinéens, dont bon nombre ont été formés dans les Landes par mes soins.

Parallèlement, je fais activer l’enrôlement des Européens en passant des petites annonces dans les colonnes de dix quotidiens français, au nom d’une société que j’ai créée à Libreville. Alors que je m’attendais à recevoir une centaine de réponses, près de cinq mille candidatures me parviennent. Roger Bruni et moi en sélectionnons cent cinquante. Afin de ne pas attirer l’attention, les candidats sont reçus dans des hôtels parisiens par Legrand et André Cau, qui effectuent un premier tri. Ils m’envoient ceux qu’ils ont retenus. Je les questionne sur leur passé et, surtout, sur leurs attentes. Finalement, j’agrée soixante hommes, qui reçoivent chacun une avance de six mille francs correspondant à un mois de solde et l’ordre de se tenir prêts à partir à mon signal.

Les premières recrues quittent la France au début du mois de décembre. Ils voyagent par petits groupes. Accueillis au Maroc par des gendarmes, ils sont immédiatement conduits à Benguerir, près de Marrakech, sur une ancienne base américaine. Un jour où je me rends à Orly afin de veiller au bon déroulement du départ d’une poignée de volontaires, je rencontre Ferdinand Serre. Nous parlons bien entendu d’Ali Soilih, qui se comporte de plus en plus comme un dictateur.

- Il est temps de le renverser, affirme mon interlocuteur.

- Je suis prêt à vous aider, lui dis – je mais pas tout de suite. Je suis occupé par ailleurs. Je reprendrai contact avec vous dès que possible.

Mes volontaires, qui me connaissent sous le nom de « colonel Maurin », ignorent tout de l’opération à laquelle ils vont participer. Ce n’est qu’en recevant leur billet d’avion qu’ils prennent connaissance de la première étape de leur aventure. Je n’ai pas voulu transiger sur le secret. Cela m’a sans doute privé ainsi de quelques engagements de qualité, comme celui de Philippe de Dieuleveult, l’aventurier de la télévision, officier de réserve parachutiste. Devant mon refus de lui révéler la destination finale de l’équipe, il a retiré sa candidature en me jurant de ne pas parler de nos contacts.

Plus les préparatifs avancent, plus je suis confiant. Comme je l’avais pressenti, les ennemis de Kérékou ne se font pas prier pour financer notre mission. Après avoir versé son obole, le roi du Maroc nous garantit par contrat que le docteur Zinsou nous allouera, pour sa part, quatre cent mille dollars. En outre, René Journiac suit le montage de l’opération aux Affaires africaines et malgaches et je sais que le Président Giscard-d’Estaing s’y intéresse de près.

Tandis que je voyage entre Paris, Libreville et le Maroc, où je rencontre deux fois sa majesté Hassan II, Legrand assure à Benguerir la préparation de nos quatre-vingt-dix volontaires. Orfèvre en la matière, l’ancien parachutiste ne ménage pas nos troupes. Elles sont équipés de fusils d’assaut, de mitrailleuses, de mortiers et de lance-roquettes. Comme nous ne manquons pas de munitions, Legrand peut faire tirer ses élèves durant des heures, jusqu’à ce qu’ils acquièrent ou retrouvent des automatismes guerriers.

Mallock, que j’ai mis dans le coup, m’a fourni un avion. Il assurera depuis Gabon le transport aérien du commando. Je décide d’attaquer dans la nuit du 31 décembre 1976. Tous marxistes qu’ils soient, les officiers de Kérékou, ne manqueront pas de fêter la nouvelle année. Leur dispositif de défenses sera relâché et le coup aura toutes les chances de réussir.

Des soucis de dernière minute m’empêchent de jouer la partie au moment choisi. L’avion qui devait nous transporter n’étant pas disponible, les élèves de Legrand ne quittent leur base marocaine que le 15 janvier 1977. Avant leur départ, je les passe en revue avec le Colonel Dlimi et Gratien Pognon. Ce représentant du docteur Zinsou a décidé de prendre part à l’expédition, accompagné de son secrétaire.

C’est seulement à leur arrivée au Gabon que mes hommes apprennent enfin le but final de la mission. La base militaire de Franceville, où je les installe, est placée, pour l’occasion, sous la protection de la garde présidentielle commandée par mes amis Loulou Martin et son second, Pinaton.

L’escale gabonaise est de courte durée. Les hommes et le matériel sont embarqués dans le DC 7 à hélices piloté par un volontaire américain désigné par Mallock. Je monte à bord avec deux de mes fidèles, Roger Bruni et Jacques Lafaye, plus connu sous le surnom de Carcassonne.

- On ne peut pas décoller, m’annonce alors le pilote, je crois qu’il y a une suite d’huile.

Ce contretemps n’entame pas mon enthousiasme. Je m’inquiète seulement de savoir combien de temps va prendre la réparation. Le mécanicien du DC 7, un Suédois, me laisse entendre qu’il faudra au moins deux bonnes heures. Nous débarquons et patientons sur le tarmac, en observant, du coin de l’œil, les ombres furtifs qui s’agitent autour de l’appareil.

Enfin, le pilote vient m’annoncer que tout est clair. Il est presque cinq heures. J’estime que nous serons à pied d’œuvre dans moins de trois heures.

Le DC 7 réparé se met à rouler sur la piste. Il décolle, pique droit vers la mer et, en volant au ras des flots afin de tromper les radars côtiers, prend la direction de Cotonou, qui se trouve à mille kilomètres de l’autre côté du Golf de Guinée.

Il est environ 7h30 lorsque le pilote me signale qu’il va se poser. Je me poste avec Roger Bruni près de la porte avant gauche. Chacun de mes hommes est à sa place, son arme à la main. Je les devine prêts à jouer, bien encadrés par les anciens, le rôle qui leur a été assigné.

Après le crissement des roues sur la piste, l’homme de Mallock inverse la puissance des moteurs. L’avion décélère brutalement pour s’engager presque à l’angle droit sur une bretelle de dégagement menant directement sous la tour de contrôle, devant les halls d’accueil.

Inlassablement répété à Franceville, le ballet du débarquement se met en branle. Je m’encadre dans la porte avant tandis que des volontaires, installés aux issues arrières, font glisser vers le sol des tiges de métal sur lesquelles mes premiers voltigeurs se laissent glisser comme des pompiers en alerte.

Deux blindés légers – des AML 60 d’origine française – roulent lentement vers nous. J’empoigne un fusil d’assaut armé d’une grenade antichar, vise le premier intrus et l’immobilise au milieu d’un nuage de fumée noire. Alors que Bruni le prend pour cible, le second blindé bat en retraite.

La totalité de mon commando est bientôt à terre. Personne ne semble plus se soucier de nous. Je donne l’ordre de réquisitionner une poignée de civils de service à la tour de contrôle, et de commencer avec eux le débarquement des caisses de munitions. Quelques gendarmes se réveillent. Tandis que les tirs les poursuivent, Jean-Louis s’empresse d’installer son poste radio et se met en rapport avec Marion, son homologue de la garde présidentielle gabonaise, qui se tient aux écoutes.

Quelque peu surpris par la facilité avec laquelle je me suis emparé de l’aéroport endormi, je laisse le Bosco occuper l’extrémité de la piste puis, craignant tout de même une contre-attaque, m’empresse de placer mes mortiers en batterie. Je braque ensuite une mitrailleuse sur le toit de l’aérodrome, afin d’appuyer l’avance des groupes de Legrand, qui n’attendent plus que mon ordre pour filer vers la présidence, et ceux d’André Cau qui, en empruntant un autre axe, doivent mettre hors de combat les factionnaires du camp Guézo tout proche.

La totalité de mon matériel lourd est au sol lorsque soudain, je remarque que notre pilote a laissé tourner ses moteurs, et qu’il a placé le DC 7 dans le sens du décollage. Interloqué, je demande à Jean-Louis de l’interroger en anglais.

- Pourquoi ne coupez-vous pas les moteurs ? interroge ma radio.

- C’est au cas où nous devrions repartir en catastrophe, répond-il sans se troubler.

En dépit de sa logique, cette réponse ne me satisfait qu’à moitié. Je demande à Bruni de surveiller le bonhomme et de le neutraliser s’il faisait mine de filer sans nous. Pour plus de sûreté, je fais garer une jeep devant la roue avant de l’avion, puis prend contact, par téléphone, avec les alliés potentiels que nous avons à Cotonou et dans les casernes béninoises. Gratien Pognon s’agite beaucoup. Il m’assure que l’armée, dans son ensemble, est prête à se rallier.

Avec son secrétaire, il appelle quelques personnalités qu’il tire du lit pour les mettre devant le fait accompli. Mais je n’obtiens aucune des garanties promises.

Pendant que nous multiplions les liaisons téléphoniques, une partie de mon commando file, par le bord de mer, vers la résidence du président Kérékou. Le palais qu’ils doivent enlever s’étale de l’autre côté d’une bande de sable dangereuse à traverser. Le lieutenant Thomas met en batterie l’un des trois mortiers pour appuyer l’avance de mes hommes, qui se lancent à l’assaut en tiraillant. Mais les gendarmes qui gardaient la tour de contrôle ont donné l’alerte avant de détaler, et la garde présidentielle de Kérékou riposte. Ma première vague recule sous son feu nourri.

Les rares messages qui me parviennent me font comprendre que notre affaire n’est pas aussi bien engagée que prévu. De toute évidence, on m’a donné, au départ, des renseignements peu fiables. Kérékou n’a pas passé la nuit dans sa résidence. Mes voltigeurs africains et européens sont à peine infiltrés dans les faubourgs endormis de la capitale, qu’il se précipite à la radio d’Etat pour inviter son peuple à repousser l’odieuse agression dont il est victime.

Les Béninois se montrent peu pressés d’obéir aux injonctions de leur président. Rares sont ceux qui se risquent à sortir de leur maison. Les rues sont libres. Même s’ils sont pris à partie çà et là par les unités béninoises manœuvrant sans ordre bien établi, mes hommes continuent à progresser. Malgré tout, l’affaire s’annonce de moins en moins bien. Gratien Pognon perd progressivement de son assurance. Aucun des notables dont il s’annonçait pourtant si sûr ne s’engage dans la rébellion.

Ni les gendarmes, ni le bataillon de parachutistes sur lequel il comptait tant ne se rangent de notre côté. Au moment où mes hommes se heurtent à la résistance imprévue de militaires nord-coréens, qui accompagnaient des dignitaires de PyongYang participant à un congrès, il me demande de les rappeler, et de donner au plus vite l’ordre de décoller. Malgré la faiblesse de mes transmissions, je commence à organiser en bon ordre le repli de mes sections.

L’alerte est maintenant générale. Tous les bateaux mouillés en rade de Cotonou donnent de la sirène, et les équipages regagnent leurs bords. Comme les officiers de Kérékou ne semblent pas vouloir engager une véritable riposte, j’ordonne un dernier tir de barrage de mes mortiers avant de faire revenir mes voltigeurs à l’aéroport.

J’ai pris place à bord d’une jeep enlevée aux gendarmes lorsque, revenant vers l’avion, je tombe nez à nez avec le premier engin d’une colonne automitrailleuses Ferret. Je m’apprête à le détruire au bazooka lorsque Bruni m’empêche de tirer. Le chauffeur du blindé profite de mon hésitation pour se défiler, et les autres engins suivent son mouvement.

Pendant le regroupement de mes troupes, les échos de la bataille prennent de l’ampleur. Je fais ramener le matériel lourd sous l’avion dont les hélices tournent déjà. Quelques voltigeurs reviennent avec des prisonniers que je fais aussi relâcher ? L’un d’eux, un civil chargé du sac de Legrand, réussit pourtant à monter dans l’avion où se tiennent déjà, Gratien Pognon et son secrétaire.

Une fois mes groupes réunis à l’aérodrome, je m’inquiète de nos pertes. Elles sont moins importantes que je ne le craignais. Deux hommes sont morts et trois autres ont été légèrement touchés. Je fais embarquer mes trois blessés légers, puis ordonne d’abandonner la plupart des caisses de munitions.

Peu après le décollage, le Bosco m’annonce que le sergent béninois qui servait la mitrailleuse placée sur le toit de l’aérodrome n’a pas été embarqué. Il s’est endormi de fatigue. Pour couronner le tout, Bruni ne retrouve pas la caisse de munitions qui contenait les papiers concernant l’opération, et que je n’avais pas voulu laisser au Gabon.

Comme je m’impatiente, il fait rapidement fouiller l’avion. apparemment, l’un des civils réquisitionnés pour débarquer le matériel l’a descendu avec les autres caisses de munitions. Nos documents sont donc restés sur le tarmac de Cotonou.

Au Gabon, après avoir fait hospitaliser mes blessés et installer le reste de mes hommes à Franceville, en attendant qu’ils touchent leur dû et puissent rentrer chez eux, je dresse le bilan de l’opération. Si je considère comme un exploit militaire le fait d’avoir réussir de débarquer en pays hostile, d’être demeuré plus de sept heures dans une ville de trois cent mille habitants en tenant en haleine une armée entière et de m’en être exfiltré sans pertes graves, pour le reste, c’est un échec cuisant.

Afin d’éviter les fuites, le commando est transféré, en accord avec les autorités marocaines, du Gabon au Sud marocain. Au bout d’un mois, les hommes sont rapatriés en Europe par petits groupes.

Les papiers bêtement abandonnés à Cotonou sont trouvés seulement trois mois après, par la commission d’enquête que l’ONU a envoyée sur place. Ils font les choux gras de Kérékou. Mon permis de conduire et ma carte d’identité au nom de Gilbert Bourgeaud, ainsi que mon accréditation au service de la République du Gabon, figurent parmi les pièces saisies.

Le complot international est ainsi établi. Les journalistes se délectent des suites de mon coup de main. Ils ignorent encore la véritable identité de Gilbert Bourgeaud et du colonel Maurin dont il est souvent fait état dans les discours incendiaires de Kérékou. Mais ceux qui gravitent depuis longtemps dans les arcanes des services secrets savent très bien à quoi s’en tenir.

Le contenu des documents finit par être intégralement publié dans les colonnes d’Afrique-Asie. Des rumeurs commencent alors à courir sur mon compte. Selon certains, Kérékou lui-même m’a fait manipuler par ses services secrets, dans le but de renforcer son pouvoir. D’autres me soupçonnent d’avoir trahi mes commanditaires. Je décide de me taire, de ne pas entrer dans la polémique, et reviens en France.

Après avoir fait le tour de la situation avec mes commanditaires, je conseille à mes fidèles de se mettre en sommeil.

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Extrait : Bob Denard et Georges Fleury, Corsaire de la République, Robert Laffont, 1998

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mercredi 20 janvier 2016

Les TER bientôt bloqués à la frontière luxembourgeoise ?

Un cadeau empoisonné pour Philippe Richert

terlux

Tout juste arrivé aux manettes de la nouvelle région, le président LR d’Acal (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) Philippe Richert a découvert une situation ubuesque comme seule la politique peut en engendrer. Si on l’aborde par le scénario catastrophe, les TER (trains express régionaux) lorrains pourraient ne plus être autorisés à circuler au Luxembourg à compter du 1er janvier 2020. Les usagers seraient alors sommés de changer de rame entre Zoufftgen et Bettembourg ! Ce qui ne devrait pas faciliter un trajet déjà suffisamment chaotique comme ça.

Un investissement de 27,4 M€

La raison : pour circuler au-delà de cette date, les 25 TER lorrains concernés devront être équipés de l’ETRMS (European Rail Traffic Management System). Ce système européen de surveillance du trafic vise à harmoniser la signalisation afin de permettre aux trains de circuler en toute sécurité sur les deux réseaux. Sauf qu’il y a peu de chance, voire aucune, que cet équipement soit installé à la date butoir. L’opération doit commencer par une étude préalable. Suivra l’équipement d’une rame prototype sur laquelle divers tests seront effectués avant d’équiper l’ensemble des rames. « Le délai minimum est de 60 mois, ce qui nous mène en 2021, dans l’hypothèse où on commencerait de suite », calcule Philippe Richert.

L’affaire, pourtant, ne date pas d’hier. L’Union européenne a défini en 1996 ce système commun. Les trains de la CFL, la société des chemins de fer luxembourgeois, en sont équipés depuis… 2010. Sauf que côté lorrain, rien n’a encore été fait. L’ex-majorité régionale de Jean-Pierre Masseret, en charge du financement du matériel roulant, dit n’avoir été informée de cette mise aux normes qu’en 2012 et s’est toujours refusée à lancer cet investissement colossal de 27,4 M€. Pour elle, l’addition revient à l’Etat. Après la catastrophe de Zoufftgen en 2006 (six morts, 23 blessés graves), Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports français, se serait engagé à la régler en 2007. Sauf que depuis, plusieurs gouvernements se sont succédé. « Quand Masseret s’est retourné vers l’actuel ministre pour lui demander d’assurer une continuité républicaine sur cet engagement, celui-ci s’y est catégoriquement opposé », explique Patrick Hatzig, ancien vice-président en charge des TER.

Partie de ping-pong

D’où l’impasse que découvre aujourd’hui Philippe Richert, bien décidé à siffler la fin de la récré : « Cette partie de ping-pong ne peut pas se poursuivre. » Lors de sa visite à Matignon, la semaine dernière, il s’est entretenu de l’affaire avec Alain Vidalies, l’actuel secrétaire d’Etat PS. Le nouveau préfet de région, Stéphane Fratacci, s’est également saisi du dossier. Philippe Richert attend d’eux qu’ils obtiennent un report de l’échéancier auprès du Luxembourg. Ce serait le second, la première date butoir ayant été fixée à juin 2017 !

Richert dit également travailler sur le financement : « On va commencer par chercher des fonds externes, notamment européens. Et voir après si Région et Etat peuvent se partager à parité le restant. Notamment via des fonds non utilisés du contrat de plan. » Les quelque 9 000 usagers quotidiens de la ligne lui en sauront gré.

Philippe Marque (Républicain Lorrain)

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