mardi 20 mars 2018

Air France : la menace d'une grève longue

Les pilotes ont acté le principe d'une grève de plus de six jours

airfrance

 Le contexte est tendu à Air France et d'importantes perturbations pourraient toucher la compagnie aérienne française dans les prochains jours. Les salariés ont décidé de se mettre en grève à la fin du mois. "Les voyageurs doivent s'attendre à des perturbations. Une journée de grève est déjà prévue le 23 mars prochain et l'intersyndicale de pilotes, d'hôtesses, de stewards, et de personnels au sol réunie ce matin a également décidé d'une autre date fin mars". Mercredi 14 mars, la moitié des pilotes a été consultée sur le principe d'une grève longue pouvant dépasser six jours. Une décision approuvée à 71%, rappelle le journaliste. "L'objectif est de faire pression pour revaloriser les salaires de 6% afin de rattraper la perte de pouvoir d'achat des salariés depuis sept ans. Une bonne partie des avions pourrait être clouée au sol à partir de vendredi de la semaine prochaine".

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lundi 19 mars 2018

Fonction publique : appel pour une grève unitaire le 22 mars

Non au plan "Cap 2022" de suppressions de postes du gouvernement

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Le mois de mars sera celui des luttes sociales dans la fonction publique. C'est en tous les cas ce qu'envisagent les principales organisations syndicales du secteur (CGT, FO, FSU, Solidaires 31), qui appellent à une grève unitaire le 22 mars. Une journée qui devrait servir à agréger différents combats engagés ces dernières semaines, dans les hôpitaux, les EHPAD, les finances publiques. La levée de boucliers des fonctionnaires vise d'abord à défendre leur statut, que le gouvernement a déclaré vouloir assouplir, et qu'ils estiment mis en danger. Au-delà de leurs propres cas, ils alertent sur les dangers que représente la remise en question du statut pour les usagers du service public : «le statut du fonctionnaire est la pierre angulaire du service public, qui aujourd'hui tend à basculer vers le privé, ce qui va impliquer une absence de suivi des usagers et des services payants.» Carte grise, déclaration d'impôts, les exemples sont nombreux. Présents lors de la réunion qui s'est tenue hier, des représentants des syndicats étudiants entendent également rattacher le mouvement étudiant au wagon de la contestation du 22 mars : «on est tous des usagers du service public, et surtout, nous sommes également concernés par cette même logique de casse et d'austérité», a déclaré Aurélie-Anne Those de l'UET. La manifestation du 22 mars fera suite à la mobilisation des retraités et des EHPAD aujourd'hui. Le début d'un long mouvement ?

C'est le mot qui revient dans toutes les bouches au moment d'évoquer la journée du 22 mars : le CAP 2022, plan d'action engagé par le gouvernement pour la refonte du service public, qui prévoit la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, et d'atteindre une baisse des dépenses publiques de l'ordre de -3 % du PIB. Les syndicats préconisent la suppression de ce plan et la création d'emplois.

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dimanche 18 mars 2018

Parti socialiste : pas de vote dans le Val de Villé

Un "bus Macron" pour se rendre au bureau de vote ?

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L'édition locale des DNA vient de nous apprendre le résultat de l'élection du nouveau premier secrétaire national du PS dans la ville voisine de Sélestat, distante de 15 km de Villé. On aurait pu croire que les militants du Val de Villé seraient appelés à voter dans les locaux de la section de cette ville. Il n'en est rien : la fédération du PS 67 a situé le lieu de vote pour les val-de-villois à Dorlisheim (50 km de Villé par monts et par vaux). Autant dire qu'il a fallu un bus pour transporter les adhérents vers cette localité à une heure non précisée dans les invitations. Merci Pernelle Richardot, première secrétaire de la fédération PS bas-rhinoise, qui semble un peu perdue dans tes notions de géographie dès que tu sors de Strasbourg !

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samedi 17 mars 2018

Grève à la SNCF

Le train ne sifflera pas 36 fois !

SNCF

Les syndicats ont opté pour l'opposition frontale. Pour se faire entendre par le gouvernement sur la réforme de la SNCF, ils ont appelé à une grève reconductible pendant trois mois.

Elle doit débuter mardi 3 avril, le lendemain du week-end de Pâques, et se poursuivre jusqu'au 28 juin.

Pas tous les jours, mais deux jours sur cinq, selon l'appel de la CGT, l'Unsa, Sud Rail et la CFDT, jeudi 15 mars, rapporte Franceinfo. Les vacances de Pâques et les différents ponts du mois de mai seront donc concernés par ce mouvement, avec de fortes perturbations à prévoir dans les gares.

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté de négocier" et "prend la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun de la CGT Cheminots, à l'issue d'une réunion de plus de deux heures avec les trois autres syndicats. C'est "une mobilisation innovante", a de son côté souligné Didier Aubert de la CFDT Cheminots. "Clairement, on attend une ouverture de la part du gouvernement (...) S'il veut éviter ça, c'est [à lui] d'ouvrir des négociations", a-t-il ajouté. Mercredi 21 mars, l'intersyndicale doit se réunir pour "établir plus précisément l'appel" à la grève qui s'étalera sur 36 jours. Jeudi 22 mars à Paris est prévue une manifestation nationale des cheminots, le même jour que les fonctionnaires. Selon Laurent Brun, "plus de 25 000" cheminots sont attendus. 

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vendredi 16 mars 2018

Manifestations des retraités en Alsace

Mouvements plus importants que prévus

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Deux mille personnes se sont rassemblées ce jeudi vers 14h30, place Kléber à Strasbourg, pour dénoncer notamment l’augmentation (de 1,7 point) de la CSG, qui entraîne une baisse importante des montants de certaines pensions. Le cortège devait défiler ensuite dans les rues de la capitale alsacienne. Une première estimation de la police avait évalué le nombre de manifestants entre 1500 et 2000 personnes avant de revoir légèrement ce chiffre à la hausse.

Des rassemblements de protestation étaient prévus dans plusieurs villes de France, à Marseille, Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille, Montpellier, Nancy, Rennes, Orléans… Au total, ces rassemblements devaient se tenir dans plus d’une centaine de villes.En Alsace, plusieurs rassemblements étaient prévus, à l’appel des syndicats CGT, FO, FSU, CGC, Solidaires et de la Fédération générale des retraités de la fonction publique (FGR-FP). 

En tout, ce sont donc au moins 4000 retraités qui ont battu le pavé en Alsace ce jeudi.

650 retraités défilent à Colmar

Quelque 650 retraités ont défilé, ce jeudi matin à Colmar, à l'appel de neuf organisations syndicales, contre la baisse de leur pouvoir d'achat. 

Outre les militants syndicaux, beaucoup de manifestants apolitiques. Cette affluence peu habituelle dans la cité de Bartholdi a conduit les organisateurs à transformer le rassemblement statique, place de la mairie, en un défilé dans les rues du centre ville.

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Forte mobilisation à Mulhouse...

Quelques heures plus tard, le mouvement a fortement mobilisé à Mulhouse: après le départ de la manifestation, peu avant 15h, la police a compté 1350 manifestants, dénonçant notamment la hausse de la CSG et la baisse continue du pouvoir d'achat.

Dans les rangs, on apercevait notamment des banderoles "retraités maltraités", "A bas le président des riches", "CSG +1,7% = retraités rackettés" ou encore "Les pensions ont diminué, la fortune des riches a augmenté".

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Philippot dégagé du cortège à Strasbourg

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jeudi 15 mars 2018

Mayotte : Les dessous de la visite d’Annick Girardin

101ème département français : pas une réussite ! 

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La ministre française des Outre-mer ne comptait pas se rendre à Mayotte avant les élections législatives partielles de la 1ère circonscription fixées les 18 et 25 mars 2018. Toutefois, après plus de trois semaines de grève générale et un fort emballement médiatique, Annick Girardin a dû avancer sa venue. Sa crédibilité et son poste sont manifestement dans la balance. Analyse de ce premier jour de visite à haut risque.

Mayotte est le 101ème département français depuis 2011 et ce n’est pas une réussite. Les chiffres dont nous disposons et qui sont exposés par les médias métropolitains sont plutôt révélateurs de la chienlit locale mais demeurent toutefois éloignés de la réalité. Effectivement le territoire est le moins bien renseigné de France puisque les études manquent et sont parfois contestables. Quelques exemples : les états-civils sont fréquemment incorrects, les gens ne vont pas porter plainte en raison de l’inefficacité des enquêtes, une partie de la population est clandestine et donc pas répertoriée etc.

 

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Quoi qu’il en soit, les estimations -si incorrectes soient-elles- n’en demeurent pas moins inquiétantes : 41% des habitants sont clandestins, 84% vivent sous le seuil de pauvreté, 26% sont au chômage, plus de 50% de la population a moins de 18 ans, 71% n’a aucun diplôme qualifiant… Grosso modo, tous les voyants sont au rouge mais ce qui rend la situation insupportable pour les Mahorais est avant tout l’insécurité. Cette insécurité souvent expliquée –à tort ou à raison- comme le résultat de l’immigration massive qui touche l’île. A lui seul, le département renvoie plus de clandestins que le reste du pays et pourtant, cela ne suffit pas à arrêter les kwassa-kwassa qui partent majoritairement des Comores et laissent derrière eux de nombreux noyés.

D’autres réalités ne sont pas chiffrables, comme l’absence de transports en commun, les heures d’embouteillages pour se rendre au travail, la rareté des professionnels de santé, la présence du plus gros bidonville de France, l’absence de cantines scolaires ou encore la non-application de nombreux droits hexagonaux…

Une situation explosive et une population excédée

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Face à une situation globale déplorable et au sentiment d’abandon que ressentent les Mahorais, surtout quant aux questions de sécurité et d’immigration, une contestation s’est organisée depuis le 20 février 2018. En dépit du discours officiel, les Mahorais ont boycotté les Assises des Outre-mer organisées depuis des semaines et ont décidé de s’exprimer dans la rue. Blocages, actions coups de poing, marches. Le tout sous des trombes d’eau, en pleine saison des pluies. L’île est complètement paralysée, les citoyens se ruent dans les magasins, les stations essence, ils retirent de l’argent. Le climat est celui d’un état de siège.

Pourtant et malgré les désagréments engendrés par ce mouvement, plutôt bien encadré pour le moment et sans trop de débordements, les Mahorais restent soudés et veulent être entendus par le gouvernement. Ce gouvernement si lointain qui a attendu trois semaines avant d’envoyer un ministre, peut-être sous la pression de l’opposition et d’un Laurent Wauquiez entreprenant en terre mahoraise.

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Les élus de l’Association des maires ont fait appel à un bureau d’études pour établir un plan de rattrapage de 1,8 milliards d’euros. A leurs yeux, il faudrait investir 480 millions pour mettre à niveau la distribution d’eau potable et l’assainissement, 480 millions pour la construction et la rénovation des écoles, 500 millions pour le logement social, 238 millions pour les routes, 40 millions pour les équipements sportifs et culturels. Sans compter les renforts en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration.

C’est donc une stratégie « à la guyanaise » que tentent d’établir les élus mahorais.

Parallèlement les manifestants organisés essentiellement autour du Collectif des citoyens de Mayotte et de l’Intersyndicale, demandaient la présence du ministre de l’Intérieur, du Premier ministre ou du président de la République. Pour résumer, la venue d’Annick Girardin considérée ici comme un poids léger du gouvernement, n’était pas souhaitée. Cette dernière qui, soyons clairs, joue ici son poste, a pris le moins de risques possibles pour donner l’impression de maîtriser la situation malgré quelques huées dès son arrivée dans la commune de Dzaoudzi-Labattoir.

La réalité d’une visite

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Alors que pendant le week-end les Mahorais ont vu des camions de forces de l’ordre arriver de métropole et des hélicoptères tourner dans le ciel, la ministre a commencé sa tournée ce lundi matin. Il faut savoir que Mayotte n’est pas une île en réalité mais un archipel constitué de quelques îlots et surtout de deux îles : Petite-Terre et Grande-Terre. L’aéroport, la résidence du Préfet et une grande partie des forces de sécurité s’y trouvent. Cette île est bien moins peuplée, beaucoup plus quadrillée, moins touchée par les problèmes de sécurité et finalement moins intégrée à ce mouvement. L’essentiel de la contestation et des problèmes se situe en Grande-Terre. La ministre et les autorités locales ont par conséquent cherché à assurer un premier jour de visite plutôt calme et cadré.

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La visite s’est donc déroulée dans des établissements scolaires où tout se passait normalement alors que la plupart des enfants de Mayotte sont restés chez eux. Annick Girardin a également discuté avec une poignée de manifestants très sympathiques qui ont fini par prendre des selfies avec elle. Une telle scène n’aurait pas pu se passer en Grande-Terre ou avec les bonnes personnes à Petite-Terre. Par ailleurs, elle a palabré (à moins de 2km de l’aéroport) avec eux assise dans l’herbe. Un ministre ferait-il cela en métropole ou est-ce une attitude réservée aux ultramarins ?

Madame la ministre a également enfilé une tenue locale, le salouva. Cette dernière a de même dialogué avec une poignée d’élus locaux assez proches de la mouvance présidentielle, pendant que la majorité des élus a boycotté la rencontre. Enfin, elle est allée un court instant sur Grande-Terre en prenant la barge, mais les manifestants étaient quasi-absents près du Comité du tourisme… Ce qui est très étonnant quand on connaît la mobilisation qu’il y a sur cette place généralement. Peut-être que les renforts des forces de l’ordre ne servaient pas qu’à sécuriser les établissements scolaires pour la rentrée.

L’opération de com’ du premier jour a peut-être rassuré la métropole mais vue de Mayotte, elle est perçue comme une provocation supplémentaire. (selon "Petite-Terre.info")

mayottedroitsolDéjà Macron trouvait les femmes africaines trop souvent enceintes. Sa ministre considère que "Mayotte est la première maternité de France" (De quoi remettre en cause le "droit du sol" ?) 

 En lisant la presse métropolitaine du 14/3, les mahorais croient rêver ! La "tension" n'est pas retombée ! Aucun barrage n'est levé, aucune grève n'est suspendue...

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 L'avis d'un journaliste mahorais :

L'argument de vente de Madame Gérardin : "elle est d'outremer"

Madame la ministre française des Outre-mer est venue apporter la lumière, à Mayotte. Son premier argument de vente, est de rappeler « je suis de l’Outre-mer ». Et alors ?

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Oui, géographiquement, Saint-Pierre-et-Miquelon est d’outre-mer, mais à part ça, ce rappel est obscène. Saint-Pierre, 6 500 habitants, qui arrive si peu à remplir ses classes qu’ on y tourne péniblement à 20 élèves, zéro chômeurs, hors période hivernale, durant laquelle tout le monde est fort bien indemnisé, et une Fonction publique hypertrophiée avec une majoration des traitements à ….70 % !

Pour la santé, des norias de médecins spécialistes s’y pressent, certains ayant des salaires de plus de 20 000 euros, et une Caisse de sécurité sociale qui, avec un laxisme pointé par la Cour des comptes, multiplie les évacuations sanitaires.

Difficile d’énumérer ce que la République engloutit sur ce caillou, même pas capable d’exploiter le quota de pêche annuel. Et pour parachever le tout, dans un contexte de xénophobie anti-métropolitains rarement atteint dans les autres DOM-TOM.

Un Outre-mer donc, très très loin des réalités de Mayotte.

Mais assurée de sa connaissance encyclopédique de tous les sujets, la Ministre est venue, les poches vides et la tête vide, enfin plutôt remplie de préjugés et de solutions, qui n’en sont pas. Renforcer un temps les forces de l’ordre est typique d’une mesure de court terme, il y a quelques mois à Mayotte il était plus aisé de pérorer et d’aller faire risette aux tortues dans le lagon.

Dit mille fois par la population, à quoi bon renforcer la troupe sans avoir une politique pénale et une diplomatie adaptées ? De vrais projets économiques, comme le hub maritime de Saint-Pierre, grassement subventionné par la métropole.

Tout cela procède de l’amateurisme…. « Sa venue n’est clairement pas souhaitée (…) Elle a péché par son arrogance et sa méconnaissance du territoire. Ce n’est clairement pas notre interlocutrice privilégiée », les collectifs de manifestants ont raison, quelques selfies, le cul dans l’herbe et la Ministre connait tout de Mayotte.

Devant une telle paresse de la Ministre, comment s’étonner que ses mesures soient d’une indigence extrême ?

Paresse intellectuelle aussi en utilisant dans l’arsenal éculé des fausses bonnes mesures du prêt-à-penser : la coopération avec les Comores.

Expliquer que tout ira mieux, dans ce département délabré dans tous ses services publics, en soutenant le régime ultra-corrompu des Comores par des aides techniques et financières procède d’une vraie méconnaissance du dossier et de la situation régionale, mais cela n’arrête pas Madame «  je sais tout », car « je suis de l’Outre-mer  ».

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mercredi 14 mars 2018

Grève générale à Mayotte

Le déplacement de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin n'a pas convaincu à Mayotte, où la rentrée des classes a été fortement perturbée, notamment par la grève des transports scolaires.

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Depuis quatre semaines, un mouvement populaire d'envergure secoue Mayotte, confetti français dans l'océan Indien. La "grève générale" paralyse l'île, tout comme les barrages routiers.

Le déplacement de la ministre des Outre-mer ce lundi n'a pas permis d'endiguer le mouvement. En vain pour l’instant. Durant la rentrée des classes hier, seulement 110 écoles sur 180 étaient ouvertes selon la ministre, et des barrages continuaient de paralyser l’île.

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Le point pour comprendre la situation 

Le mouvement, parti de l’exaspération de la population contre l’insécurité après une série de violences aux abords des établissements scolaires commises par des bandes de jeunes, s’est élargi à des revendications contre l’immigration clandestine et pour le développement économique et social du territoire.

La ministre annonce des mesures sécuritaires...

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé hier à Mamoudzou une série de mesures, notamment sécuritaires. Elle a confirmé le maintien sur le territoire, jusqu’à la fin de l’année scolaire, de 60 gendarmes arrivés la semaine dernière, la présence permanente d’un demi-escadron de gendarmes mobiles sur place depuis 2016, et la création d’une brigade de gendarmerie nationale à Koungou.

... et contre l'immigration clandestine mais elle ne convainc pas.

En ce qui concerne la lutte contre l’abus du droit du sol, la ministre a indiqué que la création d’un statut d’exterritorialité pour l’hôpital, qui est aussi la plus grande maternité de France, ferait l’objet d’un groupe de travail. Des moyens supplémentaires et la création d’un état-major de la lutte contre l’immigration clandestine ont également été annoncés.

Dans un communiqué, le collectif et l’intersyndicale à la tête du mouvement ont dit "refuser de s’associer à cette mascarade", regrettant qu’il n’y ait "aucune intention de mener de véritables négociations sur nos revendications", et déplorant une "tentative de divisions des élus". 

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Plus de barrages qu'avant

Toute l’île était paralysée lundi, avec douze barrages recensés par la préfecture, plus qu’il n’y en avait jamais eu depuis le début du mouvement, entravant l’accès aux établissements.

Alors que le bon déroulement de la rentrée scolaire apparaissait comme un enjeu majeur de la journée de lundi, Mme Girardin a relevé que 2 000 professeurs et 2 500 élèves étaient présents, dans 110 écoles ouvertes sur 180.

Des services publics pas à la hauteur

Département français depuis 2011 avec un taux de chômage très élevé (26%), Mayotte subit une forte pression migratoire des Comores, à seulement 70 kilomètres de ses côtes. La population mahoraise dénonce la saturation de l’hôpital, des services publics ou des écoles, où faute de classes suffisantes, les enfants vont en cours par rotation.

Mayotte, c’est "84% des personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, (...) c’est quatre fois plus de population en trente ans, (...) c’est 45% de population étrangère en situation irrégulière, (...) c’est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", a reconnu mardi Annick Girardin.

Santé, éducation, immigration... Des revendications précises

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Une plateforme revendicative a été présentée vendredi. Fatihou Ibrahime, un des porte-parole, a réclamé "l’application pure et simple du droit commun, que le gouvernement cesse de justifier son inaction (...) par la spécificité mahoraise".

Les manifestants ont présenté 50 mesures revendicatives, portant notamment sur l’éducation, comme la réduction des effectifs des écoles et le placement de l’ensemble du département en réseau d’éducation prioritaire renforcé. Ils exigent aussi un "plafond d’accueil des mineurs isolés" à Mayotte, et que ceux-ci soient également pris en charge par des communes de métropole.

De nombreuses revendications portent aussi sur l’immigration clandestine, la santé et les aides sociales.

mayotte4Mayotte, le département français le plus pauvre.

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mardi 13 mars 2018

Le FN devient le RN !

Pasqua ressuscité !

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 Front National ! Rassemblement National ! Quel grand changement pour un parti haineux, raciste et xénophobe ! Même les héritiers de Charles Pasqua, réunis dans le petit parti déjà existant nommé lui aussi "Rassemblement National", bien qu'idéologiquement pas si loin du FN, ne sont pas dupes et n'acceptent pas l'amalgame.

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lundi 12 mars 2018

1902 : éruption de la Montagne Pelée à la Martinique

La destruction du « Petit Paris » des Antilles

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Il y a plus d'un siècle, la Martinique vivait un véritable cataclysme. L'éruption finale pourtant prévisible de la montagne Pelée, volcan situé dans le nord de l'île, provoquait la mort de milliers d'habitants pris au piège et la disparition de la magnifique ville de Saint-Pierre. Seuls deux survivants purent témoigner de cette page sombre des Antilles françaises.

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Accostée en 1502 par Christophe Colomb et habitée par les Caraïbes (un peuple amérindien qui aurait chassé les Arawaks de l’île), la Martinique – également appelée Madinina – fut réellement colonisée par les Français à partir de 1635.

La Compagnie des îles d’Amérique, propriétaire du territoire, entreprend la colonisation à partir de la rade de Saint-Pierre. Les premiers colons défrichent les terres et cultivent le tabac, le roucou, le cacao ou l’indigo. Progressivement, les Amérindiens disparaissent (décimés par des maladies exogènes et par la pression des nouveaux arrivants) pour laisser place aux Européens et à leur main-d’œuvre servile d’origine africaine, utilisée essentiellement dans les cultures.

A l’aube du XXe siècle, Saint-Pierre est à son apogée

Par sa position et son commerce, Saint-Pierre est à la fin du XIXe siècle la plus importante ville des Antilles françaises. Elle s’est développé grâce au commerce des esclaves et à l’industrie sucrière (qui a remplacé l’industrie du tabac suite à la crise du XVIIe siècle). Son port accueille des marchands et navires du monde entier.

Ses rues sont toutes pavées, les fontaines nombreuses, les maisons et les bâtiments publics sont imposants et travaillés. La ville est par ailleurs très moderne pour la région : un tramway hippomobile, une chambre de commerce, un réseau d’éclairage urbain, un asile, un hôpital, un jardin botanique et enfin, un théâtre de 800 places sur le modèle de celui de Bordeaux.

Une bourgeoisie blanche a ainsi façonné la ville sur les standards européens et y coule des jours paisibles. Surnommée « le Petit Paris » ou « la Perle » des Antilles, la commune fait office de modèle de cité idéale aux yeux des voyageurs.

La montagne Pelée, ce puissant voisin

La montagne Pelée atteint les 1 397 mètres et domine la rade de Saint-Pierre. Elle tire son nom, semble-t-il, de son aspect dénudé lors de l’arrivée des premiers colons, quelques temps après une éruption volcanique. D’autres sources affirment que son nom provient de Pelé, la déesse du feu des indigènes Caraïbes. Quoi qu’il en soit, ce volcan a toujours été une menace pour les alentours malgré son activité modérée.

Historiquement les éruptions sont effectivement peu fréquentes et relativement faibles. En revanche son dynamisme magmatique peut être brutal et difficilement prévisible pour son voisinage. Au XIXe siècle, il n’a connu par exemple que deux éruptions : l’une entre 1851 et 1854 et l’autre entre 1889 et 1905 avec son paroxysme… en 1902.

Le jour de l’Apocalypse

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Depuis 1889 donc, la montagne Pelée était en éruption. Or cette dernière va s’amplifier à partir du mois d’avril 1902. Des nuages de cendres, des fumerolles intermittentes, des secousses, une odeur de soufre, des éclairs. Les signes ne manquaient pas pour prévoir la colère imminente du volcan.

Toutefois la veille de la catastrophe, un calme apparent venait rassurer les autorités (préoccupées par l’organisation des élections à venir) : de fait, l’obstruction du cratère par le dôme en surrection bloquait l’expulsion finale.

Dans la nuit du 7 au 8 mai, les évènements s’accélèrent. D’intenses orages provoquent des coulées de boue qui dévalent les pentes et au petit matin, l’explosion du bouchon intervient. Une nuée ardente suit un puissant souffle et déferle à plus de 500km/h, recouvrant la quasi-totalité de la ville en moins d’une minute. Les lahars et les incendies détruiront ce qu’il en reste. Le bilan est extrêmement lourd : presque 30 000 victimes pour seulement deux survivants et le « Petit Paris » est rayé de la carte.

Cette catastrophe, progressivement classée dans les archives, constitue l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXe siècle.

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 L'explosion de la Montagne Pelée (video)

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dimanche 11 mars 2018

Tanzanie : des jeunes filles fuient l'excision

Le réseau "Rafael", qui les recueille, tient son assemblée générale à Schopfheim

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Schopfheim (haut Pays de Bade en Allemagne). Il y a 20 ans, Erika Burchard de Schopfheim, consternée par le rite cruel de l'excision en Tanzanie, où elle séjournait, a créé le réseau Rafael. But : éviter que beaucoup de filles ne soient traumatisées physiquement et mentalement, ou même perdent la vie.

Dans plusieurs régions de la Tanzanie, Rafael soutient la campagne des militants locaux contre la mutilation des jeunes femmes.

L'assemblée a vivement discuté de ce que le réseau a accompli, des difficultés rencontrées ou des échecs, et des projets à promouvoir pour l'avenir. Les expériences des membres qui sont allés sur place pendant des mois ont été très utiles.

L'éducation des jeunes filles concernées est très importante. En témoigne le fait que de plus en plus de filles cherchent un refuge et peuvent être prises en charge dans une structure financée comme le réseau Rafael. L'association fournit également des parrainages pour l'éducation des filles. 

Tout cela n'est possible que grâce à la volonté continue des donateurs qui soutiennent l'association, complétée par la vente de bougies artisanales et de cartes de vœux.

Le réseau est content de chaque petit don. Les donateurs continus reçoivent régulièrement un bulletin d'information avec des photos et des informations de la Tanzanie.

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