lundi 14 janvier 2019

Les voeux à Villé : Herth et la RN 59

Décidément, cette année c'est "langue de bois"

herth

Beau discours, semble-t-il, du député élu "LR constructif", devenu membre du groupe "Agir". Que n'a-t-il "agi" plus tôt, par exemple au temps où il était vice-président du conseil régional et député ! Se rappelle-t-il qu'en son temps il a voté contre le doublement du tunnel de Ste-Marie-aux-Mines qui aurait transformé nos vallées en véritable "axe économique". Aujourd'hui, il n'en serait pas à se demander où est la "dimension territoriale". A moins qu'une fois de plus, son discours ne serve qu'à "amadouer" quelques écolos dont les voix pourraient lui être utiles aux prochaines élections.

Car, ce n'est qu'à ce genre de discours qu'on doit que la zone interdépartementale du Danielsrain, destinée à l'artisanat et à l'industrie, ne contient encore que des gravats, ou que la ZAIM de Maisonsgoutte n'est que le lieu de dépôt de quelques grumes, en attendant d'accueillir en désespoir de cause un périscolaire.

Alors, il préfère opposer les Parisiens à la province ! Histoire d' "amadouer" aussi quelques Gilets Jaunes issus majoritairement du monde rural ? Encore une fois, toutes les voix sont bonnes à prendre.

Et Antoine Herth sait tout ramasser, oubliant même la réalité des dossiers ! Il ne parle pas du contournement de Châtenois à 2x2 voies, tel qu'il figure à la DUP, ou à 2x1 voies, tel qu'il est promis par certains responsables, tant au niveau administratif que politique. Oubli ? ou "il ne faut fâcher personne" ? Tout comme il ne répond pas à la question d'une nouvelle route Lièpvre - Val de Villé ! Car en bon défenseur de l'Alsace, il semble ignorer les Haut-Rhinois qui ne figurent pas parmi les électeurs de sa circonscription ?

Alors, il préfère nous parler de feu-l'ADAC et du PETRE et du transport collectif. Il oublie quand même de nous dire si, oui ou non, il est intervenu quelque part lorsque les lignes Sélestat - Ste-Marie-aux-Mines - Saint-Dié et Villé - Sélestat sont passées (dans le cadre des bus Macron) à une société jurassienne qui pratique allègrement le low-coast routier, qui, dans un avenir pas si lointain que cela, va démanteler un peu plus le service public du transport collectif dans le Centre-Alsace. 

Rappelons aussi qu'en son temps, ce député très prompt à "agir", avait demandé le retrait du tunnel de Ste-Marie-aux-Mines du GPS, ce qui avait amené des camions à ne pas prendre la RN59, mais à se perdre dans les chemins viticoles de Rodern et à y faire demi-tour. Il serait donc souhaité que ce député agisse un peu moins, pour ne pas créer des dégâts supplémentaires. 

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dimanche 13 janvier 2019

Un centre de rétention en Australie

 200 migrants en grève de la faim

australiePlus de 200 migrants résidant dans un centre pour immigrants à Melbourne en Australie ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de vie, ont indiqué mercredi des détenus et des militants des ONG à l'AFP. 

 

Les migrants ont une série de demandes, allant de tables et chaises pour pouvoir effectuer leurs démarches administratives jusqu'à la liberté de sortir après minuit sans garde, selon un détenu irakien Ali Youssouf. 
"Je n'ai jamais vu de centre de détention comme celui-ci avant", dit ce migrant de 30 ans retenu au Melbourne Immigration Transit Accommodation (MITA). 
Le gouvernement australien et le SERCO -- une société privée sous contrat qui fournit le personnel n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de réaction. 
Les migrants doivent rencontrer jeudi des responsables du gouvernement pour tenter de trouver une solution. 
Des grèves de la faim sont courantes dans les centres de rétention des migrants sur le continent australien. 
L'année dernière, des centaines de personnes d'un centre de Sydney ont entamé une grève de la faim en raison de règles de visite jugées trop strictes. 
Les personnes retenues ont également eu recours à des grèves de la faim de courte durée pour obtenir l'attention des médias et faire pression sur le gouvernement conservateur australien pour qu'il ferme ces centres. 
Le gouvernement australien nie les mauvais traitements, mais s'est engagé à "réduire progressivement" le réseau de rétention d'immigrants sur l'île-continent. 
Alors qu'il hébergeait quelque 10.000 personnes en 2013, ils ne sont plus qu'un millier aujourd'hui. 
Ian Rintoul, militant de l'ONG Refugee Action Coalition, estime qu'il n'y avait "aucune excuse pour les centres de détention" et appelle à leur fermeture. 
Les gouvernements australiens appliquent depuis des décennies une politique de rétention obligatoire pour les étrangers en situation irrégulière, y compris pour ceux qui restent après l'expiration de leur visa. 
Selon ses détracteurs, cette politique coûte à l'Etat 170.000 dollars par an (148.000 euros) par étranger, selon les chercheurs de l'University of New South Wales. 
Ses partisans jugent ce système dissuasif et nécessaire pour le contrôle des frontières. 
Depuis 2013, Canberra refoule systématiquement en mer les bateaux de clandestins. Ceux qui passent entre les mailles du filet sont envoyés sur l'île de Nauru ou sur celle de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les arrivées de bateaux, auparavant quasi-quotidiennes, sont devenues rarissimes. (Selon "Tahiti-infos")

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samedi 12 janvier 2019

Bilinguisme à Villé !

Une claque au maire du bourg-centre !

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Lundi dernier, le maire de Villé rappelait à la presse qu'il avait obtenu de son conseil municipal l'accueil d'une classe bilingue à l'école primaire ! (voir ci-contre) 

C'était compter sans les autres communes de la vallée, et surtout sans les parents d'élèves de ces communes ! Et le maire de Villé, malgré son calme apparent, ne sait plus à quel saint se vouer ! Car entre-temps, il tentait de créer un RPI (regroupement pédagogique intercommunal) avec la commune d'Albé ! Mais là aussi, cela n'avance pas : mettre toutes les classes primaires à Villé et toutes les maternelles à Albé n'enchante personne, ni Albé, village classé en zone de montagne bénéficiaire d'avantages à ce titre, ni Villé, où des parents voient d'un mauvais oeil un transport hors de la commune.

Car, bien sûr, fort de la volonté politique sans failles de ses élus, Villé reste le seul groupe scolaire à ne pas voir sortir de terre un périscolaire, alors qu'il existe au sein de l'école une belle cuisine et deux grandes salles qui voient plus souvent des réunions politiques que des animations scolaires !

Voilà ce que c'est, Monsieur le Maire, de céder pour une nouvelle gendarmerie au prix ridicule de 3000 € l'are, des terrains prévus pour une salle des fêtes. Refusant même le don de l'ancienne (route de Bassemberg) qui tombe en ruines au même titre que le Bilstein ou le Frankenbourg, proposée à l'€ symbolique par l'Etat à la commune ! (voir ci-dessous l'article des DNA du 11/01/2019)

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NB : La mairie de Villé va ouvrir un cahier de doléances ! Pour les affaires nationales ou municipales ? A voir !

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vendredi 11 janvier 2019

La nouvelle star socialiste de New-York !

Alexandria, va-t-elle imposer l'ISF aux Etats-Unis ?

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Alexandria Ocasio-Cortez, benjamine du nouveau Congrès américain, est devenue en une semaine l’égerie de l’opposition à Donald Trump. L’élue démocrate de New York secoue la classe politique en proposant un impôt pour les riches.

Jeune, jolie, métissée, élégante à l’Américaine, à l’aise dans les médias… En trois jours, la représentante au Congrès de l’État de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, 29 ans, alias AOC, est devenue la star de la politique américaine. Dans les journaux les plus sérieux, les chaînes d’informations et dans la presse people.

Comme Barack Obama en son temps, elle apporte de la nouveauté, du souffle, de l’audace. Son profil et son parcours atypique de serveuse puis animatrice sociale venue d’un milieu modeste (mère portoricaine, père ouvrier) détonnent autant que son discours et ses propositions.

Elle ose un impôt des riches

Elle représente le parti démocrate mais se revendique socialiste. Cette étiquette politique, Alexandria Ocasio-Cortez l’assume alors que l’adjectif socialiste a toujours éliminé les candidats démocrates lors des primaires pour la présidentielle aux États-Unis. Elle la met même en pratique en avançant l’idée de taxes très élevées pour les plus riches : « Plus vous grimpez vers le haut de l’échelle, plus vous devez contribuer ! Oui, les gens vont devoir commencer à payer leur juste contribution en impôts ».

Sur la base d’un système de taxation progressive des années 1960, elle a expliqué : « Votre taux d’imposition, disons, entre zéro et 75 000 dollars serait de 10% à 15%. Mais quand vous arrivez dans les sommets, à partir de 10 millions de dollars, on peut dire des taux d’imposition à 60 ou 70 % ». Aujourd’hui, le taux maximal d’imposition aux États-Unis s’établit à 37 %.

Défendre l’impôt sur la fortune en Amérique, c’est comme si en France, on supprimait le Smic. La proposition d’AOC n’a aucune chance d’aboutir. Mais les économistes les plus éminents, dont un prix Nobel, l’ont soutenue. Et des millions de « like » sur les réseaux sociaux ont appuyé son idée de créer ces « impôts des riches » pour financer la réduction des émissions de carbone à zéro en 2030. Révolutionnaire ? Radicale ? « Pas plus que Lincoln qui a aboli l’esclavage et que Roosevelt qui a créé la sécurité sociale. Si vous les appelez radicaux, je veux bien que vous m’appeliez ainsi », répond-elle avec aplomb.

Déjà un leader

Si la benjamine du Congrès séduit et crée l’événement, c’est aussi par son sens de la répartie. A un vétéran républicain du Congrès qui l’a qualifiée de « petite fille », elle a répondu : « Cet homme est un argument vivant pour taxer la misogynie à 100 % ». Applaudissements. Les mêmes Républicains ont tenté de la discréditer en diffusant un vidéo-clip sur laquelle on la voit danser de façon mi-désordonnée mi-suggestive quand elle était étudiante. AOC réplique sur Twitter par quelques pas de danse devant son nouveau bureau au Congrès. « Trump a un adversaire sur le réseau social », s’enflamme sa voisine de banc à Washington, même génération. En une semaine, elle est devenue la leader de l’aile gauche du parti et de cette vague de jeunes élus en novembre 2018. En attendant mieux ? Pas évident même si beaucoup d’observateurs estiment qu’un prochain président sera forcément « hispanique ». Son étiquette socialiste et son identité new-yorkaise sont des handicaps pour fédérer la gauche américaine et les soutiens traditionnels des démocrates - gros cabinets d’affaires, sociétés de courtage et syndicats des États ouvriers blancs du Nord (ces derniers ont néanmoins voté Trump en 2016). AOC devra cohabiter dans son camp avec « l’establishment » démocrate incarné par la présidente du Congrès, Nancy Pelosi, 78 ans. Seule certitude : cette voix décomplexée comptera. (selon AFP)

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jeudi 10 janvier 2019

République et violences

1792 : Première république (appelée "la Convention") : Elle fait suite à la prise des Tuileries !

tuileries

1848 : Deuxième république (à la suite de la révolution de la même année et des nombreuses barricades à Paris).

1848

1872 : Troisième république, née après la guerre de 1870/71 et de la révolte de la Commune (rappelons-nous les événements du cimetière du Père Lachaise).

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1945 : Quatrième république, après la guerre de 1939 - 1945.

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1958 : Cinquième république, née après les attentats de l'OAS et le putch d'Alger !

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Et la 6ème République, appelée de leurs voeux par de nombreux français ? Qu'en sera-t-il ? La violence est condamnable, sera-t-elle évitable, malgré les durcissements de la loi prévus par le trio Macron - Philippe - Castaner ? Un régime, bâti dans la violence, ne risque-t-il pas d'engendrer ses propres violences ?

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mercredi 9 janvier 2019

Nos conseillers départementaux viennent présenter leur bilan !

A l'heure des "grands débats macroniens",

enfin une initiative louable dans le Val de Villé !

mozzico

Ce n'est pas souvent que des élus sont disposés à dialoguer avec la population ! Alors profitons-en ! Bien des questions méritent d'être posées ! Et le débat se doit d'être contradictoire, aussi j'y serai ! Surtout que les qualifications des élus présents permettront d'avoir des réponses !

- Frédéric BIERRY n'est autre que le président du Conseil Départemental 67 !

- Frédérique MOZZICONACCI est la vice-présidente alsacienne de la commission permanente du Comité du Massif Vosgien !

Voilà qui promet ! rendez-vous pour tous, le lundi 14 janvier à 19 h 00 à la "salles des fêtes à Villé"! Oui mais voilà ... Villé n'ayant pas de salle des fêtes, peut-être faudra-t-il aller à la MJC ou à la salle de réunions de l'école primaire de Villé ? Une petite imprécision dûe au fait que la villoise Mozziconacci n'est plus adjointe, et donc plus au courant des affaires municipales ? Comme aucun élu ne lit ce blog, la soirée commencera donc par un "espace game" à travers le bourg-centre et se terminera par un verre de l'amitié.

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* NB : Merci au président qui  m'a confirmé personnellement que la réunion aura lieu au groupe scolaire de Villé. Au moins ceux qui liront ce blog échapperont à un jeu de piste ! 

mardi 8 janvier 2019

Pour les "gilets jaunes", un peu d'histoire locale

Le Bundschuh dans le Val de Villé

bundschuh2

Plusieurs lecteurs de ce blog ont trouvé l'article concernant la comparaison des "gilets jaunes" et le Bunschuh très intéressant, voici ce qu'en disait à la fin du XIXème siècle, l'abbé Th. Nartz, curé de Steige :

"1493, dès le début de l'année, des mécontents, des égarés, des gens perdus se rassemblent. Ce sont des gens de Schlestadt, de Dambach, d'Epfich, d'Andlau, de Châtenois, de Scherwiller, de Dieffenthal, du Comte-Ban, du Val de Villé, qui ne devaient pas manquer d'éléments revêches. Les Müllenheim, les moines de Honcourt, voilà des gens bien nombreux exploitant le peuple paysan ! Des plaintes de s'échanger, des conciliabules de se tenir, des attroupements de s'organiser : la conspiration est en route.

Bientôt, un rendez-vous commun, mais secret, est pris, pour plus d'entente et plus de sûreté. Il a lieu dans l'Untersberg, qui dorénavant sera nommé le Hungersberg (aujourd'hui l'Ungersberg). Les plus résolus des mécontents devinrent les chefs de la conspiration : Hans Uhlmann, ancien bourgmestre de Schlestadt, Jacques Hanser, de Blienschwiller, et Nicolas Ziegler, de Stotzheim. Ils décidèrent de supprimer les juridictions établies, de ne payer aucune dette, d'abolir les péages, taxes sur le vin et autres contributions, de n'acquitter que les impôts qu'on voudrait, de confisquer les biens des riches, de réduire les prêtres à un seul bénéfice qui ne dépassât pas 50 ou 60 florins par an. 

Leur plan d'exécution : prendre d'abord Schlestadt, puis soulever la Haute-Alsace, en demandant une aide militaire aux confédérés suisses. Les opérations devaient être entamées dans la semaine sainte. Mais la conspiration ne put rester cachée et les rebelles furent battus dans leur refuge de l'Hungersberg même. 

Uhlmann réussit à s'enfuir du massacre; il gagna Bâle où il fut arrêté, jugé et écartelé. Il déclara devant ses juges que l'alliance des peuples n'en triompherait pas moins tôt ou tard. Tous les prisonniers qui avaient été faits à l'Hungersberg furent punis : aux uns on coupa les doigts, d'autres furent bannis, d'autres furent mis à l'amende."

Et si nos "gilets jaunes", en mémoire de leurs ancêtres, organisaient une marche pacifique jusqu'au sommet de l'Ungersberg ? Voilà qui ferait parler d'eux et de leurs revendications, le tout sans violences. Une proposition de revendication : on augmente toujours les salaires en pourcentages, et ce sont les plus riches qui gagnent le plus ! Alors pourquoi pas une loi instituant "l'augmentation uniforme des salaires et des pensions" ? Une vieille revendication de mai 68 qui mériterait d'être reprise !

ungersberg

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lundi 7 janvier 2019

Pays de Bade : la peste porcine africaine arrive

Comment le district de Lörrach se prépare !

sanglierPas dangereuse pour l'homme, mais bien plus pour le porc, la peste porcine africaine n'est pas encore arrivée en Allemagne, mais le district de Lörrach, près de la frontière suisse, prend ses précautions. Afin de prévenir la propagation de l'épidémie, les chasseurs sont encouragés à tirer davantage de sangliers. Mais le bureau de district de Lörrach est également prêt à faire face à une éventuelle propagation. Entre autres choses, le responsable a participé à un exercice de trois jours. De plus, les contrôles des hardes de sangliers ont été massivement renforcés.

Inoffensif pour les humains

Pour rassurer, la peste porcine africaine (PPA) n'est pas dangereuse pour l'homme, pas même la consommation de viande de porc infectée. Pour les porcs sauvages et domestiques, il est mortel dans presque tous les cas. La période d'incubation dure entre deux et quinze jours. Les animaux attrapent une forte fièvre et meurent. Jusqu'à présent, le virus a pénétré en Belgique et s'est propagé dans divers pays d'Europe orientale et des États baltes. Il ne se transmet pas seulement de porc à porc par le sang et les sécrétions corporelles, mais également par la nourriture. Elle n'est pas très contagieuse, cependant: « La vie du virus est plus longue que celle du porc », a déclaré Michael Lassmann, du département de droit, l'ordre et la santé au bureau de district de Lörrach.

Observation intensive

L'effort, à réaliser pour éviter une propagation, est relativement élevé, dit Lassmann. Par exemple, le bureau de district a intensifié la surveillance. Au lieu des 100 échantillons prescrits, 257 verrats morts ont été examinés l'année dernière. Les chasseurs sont encouragés à tirer davantage de sangliers - environ 800 bêtes ont été tuées l’année dernière. Le comité lève temporairement les interdictions de chasse le dimanche et les jours fériés, ce qui permet aux chasseurs de gérer plus facilement ces chasses. La vétérinaire Marita Olbert du Département du bien-être des animaux et de l'hygiène de la viande a indiqué qu'une réunion spéciale avait également eu lieu avec le conseil consultatif de la chasse sur le sujet. En novembre, les autorités de différents comtés se sont réunies dans l'Ortenau pour un exercice de trois jours. Ce n'était pas seulement théorique, ce qui devait être fait quand un cas d'ASP apparaissait, mais aussi pratiquement mis en pratique : en scaphandres de protection, des battues ont été organisées dans la forêt. Le but : la recherche de deux sangliers morts déposés par des chasseurs. Il a été démontré à quel point les connaissances locales et spécialisées sont importantes dans la recherche, explique Marita Olbert.

S'il y avait une conclusion positive de présence de la peste dans le secteur, alors une zone centrale serait déterminée et fouillée autour de la localité dans un rayon de trois kilomètres. Les porcs élevés dans des fermes de cette zone centrale devraient être abattus. Dans le district de Lörrach, cependant, il n'y a que deux fermes avec plus de 800 porcs, explique Marita Olbert - un massacre en masse aurait probablement lieu même en cas de doute. En Belgique, par exemple, 5 000 porcs domestiques ont été tués.

Prévenir les souffrances des animaux, protéger les intérêts commerciaux

Il était important de rester dans la zone centrale pour que le plus grand nombre possible d'animaux malades y reste. En République tchèque, où la maladie est considérée comme éradiquée, les expériences ont été positives. Afin d'éviter que la maladie ne pénètre dans les étables, les agriculteurs sont également encouragés à maintenir un niveau élevé d'hygiène, par exemple en ne portant pas les mêmes vêtements et les mêmes chaussures dans les porcheries et à l'extérieur. La population est instamment priée de ne pas importer de produits carnés d’Europe de l’Est et de ne pas jeter les déchets alimentaires dans la forêt. Toute personne qui trouve un sanglier mort dans la forêt devrait en informer le bureau de district.

Le grand effort en matière de peste porcine africaine est opéré, explique Laßmann, afin de prévenir les souffrances des animaux. Et, craignant d'éventuelles restrictions commerciales, selon l'association de l'industrie de la viande en 2016, environ 2,5 millions de tonnes de viande de porc ont été exportées à l'étranger, dont environ 1,8 million de tonnes à l'intérieur de l'UE. En 2017, 5,45 millions de tonnes de viande de porc ont été produites en Allemagne. (selon "Badische Zeitung" du 2/1/2019)

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dimanche 6 janvier 2019

Une crèche pour dix à Villé !

Le bulletin municipal fait l'annonce pour une société privée.

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A priori, l'annonce d'une ouverture d'une crèche (même si ce n'est pas une microcrèche) semble intéressante. Même si cette crèche ne peut accueillir que 10 bambins. Elle s'appelle "Les petites graines" et se situe au 1, rue du beau regard à Villé. Oui, mais voilà : c'est une crèche privée (l'adresse de son siège est à Triembach-au-Val, au 16, rue des mines), qui paraît sous forme de SàRL (société à responsabilité limitée). Elle déclare un capital social de 5000 €.

Il est évident que la dirigeante, dans ces conditions, peut accepter ou refuser des enfants. Le service va tout aussi évidemment être payant. Pire : comme la responsable l'indique dans la presse locale, seront pratiquées les méthodes Montessori, Filliozat, Freinet, Steiner, Pikier. 

Voilà qui a de quoi refroidir l'intérêt pour cette crèche. Montessori : sur ce blog, on a déjà pu lire l'affaire d'écoles privées du même nom, qui n'ont rien de gratuit, ni même de laïque. L'école Montessori qui veut s'implanter dans le Val de Villé depuis quelque temps se réclame ouvertement d'une certaine église. 

Et là, nous entrons dans un autre danger, celui de la concurrence avec l'école publique, au risque d'apporter bien des difficultés, et notamment des fermetures de classes dans la vallée. A l'heure où la mairie de Villé souhaite éviter ce genre de fermetures en tentant difficilement de créer un RPI avec Albé, voilà qui serait navrant.

Monsieur le Maire de Villé serait, avant de publier n'importe quoi dans le bulletin municipal, bien avisé de s'informer un peu plus, et - pourquoi pas ? - auprès de ses jumelés d'Elzach sur le fonctionnement des crèches en Pays de Bade où elles relèvent du service public, et où elles sont gratuites et bien sûr ... laïques. Mais peut-être aurait-il aussi pu faire de la publicité pour la crèche intercommunale qui fonctionne très bien à la MJC !

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samedi 5 janvier 2019

Bien avant les gilets jaunes, le "Bundschuh" (1493)

Dans les deux cas, l'exigence d'un droit naturel absolu ?

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Le "mouvement Bundschuh", qui en 1493 a touché le sud de l'Allemagne et l'Alsace, notamment le Centre-Alsace, a débouché sur la Guerre des Paysans (1524-1526). Il marque de curieuses similitudes avec le mouvement et les revendications des Gilets jaunes. Ces deux événements historiques soulignent l'exigence de revendications populaires et la nécessité d'institutions démocratiques robustes pour soutenir et accompagner l'élan du peuple. Les raisons du mouvement Bundschuh et de la guerre elle-même sont inscrites dans les conditions de vie très dures auxquelles étaient soumis les paysans. Les classes populaires étaient assommées d'impôts, de corvées et subissaient les régulières vexations découlant de leur condition de serfs.

Le mouvement Bundschuh présente avec les "Gilets jaunes", manifestant à Paris et occupant à l'heure actuelle différents ronds-points en France, de curieuses analogies. La première de ces analogies est inscrite dans le nom des mouvements. Les "Gilets jaunes" attirent l'attention sur une pièce d'habit généralement utilisée sur les routes pour refléter la lumière et donc signaler la présence d'une personne sur la chaussée ou indiquer un éventuel danger. C'est à la fois un signe d'alarme et une mesure visuelle de protection. Le gilet jaune n'est pas un costume élégant, au contraire il s'inscrit dans un cadre de travail ou d'accident ce qui lui confère un aspect grave et sérieux.

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Le symbole du Bundschuh provenait quant à lui des chaussures en cuir nouées que les paysans portaient dans la zone géographique du Rhin supérieur. Cette chaussure qui référait distinctement au monde paysan et à ses modes de vie contrastait avec les bottes plus raffinées des seigneurs mais aussi avec leurs éperons de chevaliers. Le Bundschuh, comme chaussure, était un marqueur social et l'image de cette chaussure devint, élevée en bannière, un signe de ralliement. Le gilet jaune fonctionne de manière semblable, c'est une pièce de l'habit de travail si l'on est routier, cheminot, maçon ou ouvrier. Son jaune vif contraste avec l'élégance du "costard" costume porté par les professions libérales et la bourgeoisie d'affaires. D'ailleurs Emmanuel Macron, président de la République française, a conféré au costume trois pièces un prestige évident en spécifiant publiquement que c'est grâce à un travail dûment accompli que l'on acquérait un tel costume signe d'adoubement par la société du travail.

Le mouvement Bundschuh et celui des Gilets jaunes présentent bien d'autres analogies significatives ce qui contribue à enraciner ces deux manifestations populaires dans une histoire du temps long qui illustre les luttes idéologiques liées à l'obtention des libertés populaires. Cependant ce qui crée un lien particulier entre ces deux mouvements c'est qu'ils signalent par leur radicalisme un changement d'époque évident. Les paysans révoltés de l'Allemagne du Sud-Ouest entraient de plein pied dans une nouvelle époque spirituelle, celle de la Réforme de Luther; comme dans une nouvelle société européenne, celle générée par les Grandes Découvertes et les innovations scientifiques déjà amorcées par quelques ingénieux savants et humanistes. Un des portes-parole et réformateur de conscience des paysans, Thomas Munzer, illustre cette nouvelle intelligentsia humaniste. Issu d'une famille très pauvre, ayant perdu son père très tôt arbitrairement exécuté par un seigneur local, Thomas Munzer avait pu bénéficier néanmoins d'une solide formation théologique et scientifique ce qui le conduira à la Réforme jusqu'à ce qu'il rompe avec Martin Luther. Rejetant l'indulgence de Luther à l'égard des princes allemands, Munzer prônera une doctrine plus exigeante qui associe revendications sociales et réforme spirituelle.

Les historiens ont vu dans la doctrine de Thomas Munzer l'expression d'un "droit naturel absolu". En effet ne va-t-il pas jusqu'à associer la parole du Christ avec l'expression de la volonté égalisatrice des revendications paysannes. Il est possible de lire au premier article de la liste des revendications que les paysans feront circuler au plus chaud de leur soulèvement entre 1524 - 1526 cette réclamation :

"L´Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres".

Ce qui indique clairement un éveil de conscience: le message évangélique est réclamé mais on se méfie dorénavant des interprétations délivrées par les nobles et le clergé. Cette situation marque une rupture avec le pouvoir en place, comme les manifestations des Gilets jaunes et leur hostilité marquée à l'égard des journalistes (qui délivrent selon eux la doxa du gouvernement) et politiques illustre une méfiance globale à la narratologie des autorités étatiques. De la sorte, le discours économique est également remis en cause.

gilets

Divers experts, neutres ou rattachés au gouvernement français, ont beau insister sur les spécificités de la conjoncture mondiale, sur les carences françaises en matière économique ou encore sur la difficile résorption de la courbe du chômage, rien n'y fait, ce langage n'a plus prise sur les couches populaires. La crise économique de 2008 de même que l'urgence climatique ont porté un "coup fatal au grand récit néo-libéral". Les rouages de l'économie mondiale, instaurés par les accords de Bretton Woods en 1944, paraissent plus usés que jamais et l'exigence est désormais placée sur des modes de production et de sociabilité axés sur la solidarité et l'écologie.

L'urgence d'une nouvelle définition du commun, revendiquée par les Gilets jaunes, mais aussi par d'autres mouvements comme Occupy Wall Street, Nuit Debout, ou le Podemos espagnol trouve là aussi des résonances historiques auprès de ces paysans allemands, alsaciens et suisses qui à l'aube des Temps modernes revendiquaient que les "eaux doivent être libres", que les "forêts [reviendraient] à la commune" et que les autorités seraient élues de manière démocratique. Le mouvement des Gilets jaunes renoue ainsi spontanément avec les exigences d'un droit naturel radical que l'on croyait obsolète et que l'urgence climatique et sociale dévoile à nouveau.

Analyse parue dans "Médiapart".

bundschuh

Le manifeste des Douze Articles adopté par les bandes paysannes du Bundschuh :

Article premier. – L'Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres.

Article 2. – Nous ne payerons plus de dîmes, ni grandes ni petites.

Article 3. – L'intérêt sur les terres sera réduit à cinq pour cent.

Article 4. – Toutes les eaux doivent être libres.

Article 5. – Les forêts reviendront à la commune.

Article 6. – Le gibier sera libre.

Article 7. – Il n'y aura plus de serfs.

Article 8. – Nous élirons nous-mêmes nos autorités. Nous prendrons pour souverain qui bon nous semblera.

Article 9. – Nous serons jugés par nos pairs.

Article 10. – Nos baillis seront élus et déposés par nous.

Article 11. – Nous ne payerons plus de cas de décès.

Article 12. – Toutes les terres communales que nos seigneurs se sont appropriées rentreront à la commune."

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