mercredi 13 février 2019

Le Cameroun aura bientôt son tramway

Où l'on reparle de Siemens !

tramway

On se doutait bien qu'avec le refus de la commission européenne de Bruxelles d'accepter la fusion Alstom-Siemens, des intérêts financiers étaient en jeu. Et une fois de plus, on les comprend au détour d'une affaire africaine.

Lisez la suite : la société belge Iristone a annoncé, mercredi par voie de communiqué le début, «prévu pour le courant du premier semestre 2019 pour une durée de 3 ans», de la construction d’une ligne pilote de tramway d’un linéaire de 18 kilomètres dans la métropole économique camerounaise.

La mise en service partielle dudit tronçon est envisagée pour 2021 mais est conditionnée par la conclusion à date du contrat entre le groupement belgoturc Iristone-Ilci Holding et le gouvernement camerounais, «dont le début des négociations est imminent». C’est en juillet 2016, rappelle-t-on, qu’un protocole d’entente a été signé par les parties en vue des études, du financement et de la construction de cette ligne de «train de ville» ayant déjà abouti aux études d’insertion, de solution énergétique autonome et de plans de financement éligibles aux fonds internationaux dont le montant n’a pas été précisé.

Le tandem Alstom-Siemens remplacé par un consortium euro-canadien !

Pour le projet, Iristone, Illci, l’allemand Siemens et la canadien Bombardier Transportation ont mis en place un consortium dans le cadre d’un partenariat public-privé, le chantier pilote devant mobiliser plus d’un millier de postes de travail, pour une ville comptant actuellement plus de 3 millions d’habitants. Ainsi, on apprend que le rapprochement Alstom-Siemens, prévu de longue date, est remplacé par un consortium belge-allemand-canadien !

Le tramway de Douala disposera d’une centrale électrique autonome dont la puissance, selon ledit regroupement d’entreprises, «dépasse les besoins de son exploitation» et contribuera, également, à l’amélioration de l’attractivité de la zone industrielle de Douala-Bonabéri.

Pour rappel, le projet de construction d’un Tramway au Cameroun remonte en 2011 pendant la campagne présidentielle. Plus de cinq ans après le scrutin, ce projet est rentré dans les oubliettes. Ce n’est qu’en juillet 2016 qu’il est remis à l’ordre du jour avec la signature du protocole d’entente entre le Cameroun et les groupes belgo-turc IRISTONE et ILCI. Ce protocole était axé sur l’exécution des études, du financement et de la construction de la ligne de 18 km dans la ville de Douala. Il a fallu attendre pratiquement 3 ans encore, pour que l’on en reparle et  se voir souffler le projet pour Alstom.

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mardi 12 février 2019

Côte d'Ivoire : les enfants du cacao

Le cacao émergent d’Alassane Ouattara, c'est de l’esclavage !

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Le documentaire très attendu de la chaîne française France 2 sur le cacao en Côte d’Ivoire n’a finalement pas été diffusé en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Ce document, revient sur le trafic d’êtres humains qui alimente la filière cacao en Côte d’Ivoire.

En arrivant au pouvoir il y a une dizaine d’année, Alassane Ouattara avait promis faire de faire le ménage dans les principales filières qui portaient l’économie ivoirienne en commençant par la très lucrative filière cacao. Le régime Ouattara a publiquement accusé Laurent Gbagbo, d’avoir organisé dans cette filière un vaste réseau de corruption durant les années de crise militaro-politique. En 2011, un projet de réforme de la filière cacao a été présenté à Alassane Ouattara. Son objectif était d’assainir le secteur. Une condition des bailleurs pour que la Côte d’Ivoire atteigne le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Ce projet était de la poudre aux yeux car seules les anciennes structures de gestion de la filière sous Laurent Gbagbo (BCC, FDPCC, ARCC, FRC) ont été dissoutes. La même corruption, les mêmes passassions de marché gré à gré, l’occupation illégale des forêts et l’esclavage des enfants – pourtant combattu en apparence par la première dame –  ne se sont pas arrêtés. Rien n’a changé dans la filière cacao en Côte d’ Ivoire et le documentaire de France 2 le montre. Le documentaire étrangement indisponible en Côte d’Ivoire à l’heure de sa diffusion en direct est désormais disponible sur Youtube. (selon "Eburnie today")

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lundi 11 février 2019

Au CD 67, on a tenu compte de mon blog

J'avais dit il y a un mois, à propos de la publication devenue régulière depuis un certain temps, que, dans le nouveau canton de Mutzig/Villé, notre vallée était peu servie. Il a suffi que je le dise pour que, dans le catalogue de distribution des subventions, la vallée soit mieux servie. Comme, depuis décembre, la commission permanente ne semble pas avoir siégé, il devait s'agir d'un simple oubli qui vient donc d'être rectifié. Sinon, il faudra définitivement croire que ce sont les absences de notre représentante qui profitent à la vallée. Mais, au fait, pourquoi tous les citoyens du canton ne reçoivent-ils pas cet intéressant document ? Resterait-il bloqué dans certaines mairies ?

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dimanche 10 février 2019

L'assaut contre le dernier fief du groupe EI en Syrie est lancé

La force arabo-kurde soutenue par Washington a annoncé ce samedi avoir lancé son offensive « finale ».

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La bataille finale lancée samedi par les Forces démocratiques syriennes, les FDS, soutenues par Washington, se concentre sur la dernière poche de quatre kilomètres carrés où sont encore retranchés quelque 600 jihadistes, dont des étrangers, et leurs familles.

La coalition arabo-kurde affirme dans un communiqué que la bataille sera terminée d’ici quelques jours. Le président Donald Trump avait affirmé que le groupe Etat islamique sera définitivement vaincu en Syrie d’ici une semaine.

En parallèle à l’opération militaire, des négociations seraient en cours pour obtenir la reddition des jihadistes, selon des sources de l’opposition syrienne.

Les derniers combattants de l’EI examinent une offre d’abandonner leur dernier fief et de se retirer soit vers la région d’al-Anbar, en Irak, soit vers Tanaf, dans le triangle frontalier syro-irako-jordanien. Les jihadistes seront accompagnés des membres de leurs familles. Les blessés et quelques prisonniers seraient remis aux FDS.

A l’apogée de sa puissance, en 2015, le califat autoproclamé par l’Etat islamique couvrait la moitié de la Syrie et le tiers de l’Irak. Il était défendu par une armée de plus de 100 000 hommes, dont des milliers de jihadistes étrangers. Aujourd’hui, il ne contrôle plus qu’un pour cent de ce vaste territoire.

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samedi 9 février 2019

Les absences de la comtesse

Y a-t-il des pauvres dans la vallée de Villé ?

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La dernière séance plénière du conseil départemental 67 a eu lieu lundi 4 février, avec deux points à l'ordre du jour :

- Vote pour une collectivité européenne d'Alsace.

- Démarche de lutte contre la pauvreté.

Une fois de plus, la conseillère départementale de la vallée a brillé par son absence. Si l'on peut comprendre aisément que le premier point dépasse largement son niveau politique, on peut se poser des questions quant à sa conception de la représentation pour le deuxième : n'y aurait-il plus de pauvres dans la vallée ?  Ou notre élue ne serait-elle plus que la conseillère des riches, un peu comme notre président de la république qui apparaît lui aussi comme le représentant des riches, voire des très riches ?

Après sa "glorieuse prestation" lors de la réunion de bilan à mi-mandat, on aurait pu envisager qu'elle se ressaisisse dans l'enceinte strasbourgeoise du CD. Hélas, elle est restée au niveau de ses présences aux réunions à mi-mandat : présente de corps à Villé (mais pas d'esprit), absente à Saâles, Schirmeck et Muzig ! Avec une présence sur quatre, elle est devenue "madame 25%" ! Mais peut-être ne touche-t-elle que le 1/4 de son indemnité ?

  • Ci-dessous : extrait du PV de la réunion plénière du 4 février 2019.

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vendredi 8 février 2019

Un budget très sérieux !

Une seule réunion de préparation, une délibération et un vote au dernier moment !

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Une curiosité dans notre budget communal : il recouvre l'année civile, mais ne sera voté qu'au bout d'un trimestre. C'est-à-dire à un moment où des travaux sont déjà lancés sans que les élus, et encore moins les contribuables, ne savent où ils vont, financièrement s'entend. 

Alors à Villé, comme dans bien d'autres communes, on fait appel à des "prêts-relais" auprès des banques. Des prêts qui devraient être remboursés avec l'arrivée chez le percepteur des impôts locaux mis en recouvrement. Oui mais voilà, à Villé, ce n'est pas ce qui arrive : régulièrement ces prêts-relais sont pérennisés et mettent donc d'année en année le budget communal un peu plus en déséquilibre. 

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C'est dire avec quel sérieux le budget de Villé est géré. Et malgré cela, le premier magistrat ne s'affolle pas : on y arrivera comme d'habitude, avec un déficit en augmentation, que le prochain maire devra assumer (il y a des élections municipales en 2020).

Une seule réunion de préparation avec la commission finances prévue à la mi-mars, et un vote à l'ultime délai (le budget voté doit être transmis aux autorités de l'Etat début avril), à savoir ... le premier avril à 20 h 00 ! Et non, ce n'est pas un poisson, mais une attitude irrespectueuse pleine de légèreté et d'irresponsabilité envers le contribuable villois.

Mais peut-être (on peut toujours rêver) une majorité de conseillers rendus attentifs à la lecture de mon blog vont-ils réagir lors du prochain conseil du mois de février (s'il y en a un ?) et refuseront au maire le quitus pour l'exercice 2018. Sinon, et s'il reste assez de sous dans un fond de tiroir communal pour que nos conseillers puissent "fêter" le budget avec un bon repas à la clé, je rappellerai cette tirade de Victor Hugo dans Ruy Blas : "Bon appétit, messieurs (en l'occurrence aussi mesdames), ô ministres intègres, conseillers vertueux ! Voilà votre façon de servir, serviteurs qui pillez la maison !"

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jeudi 7 février 2019

Manifestation à Mayotte

"Ras le bol des prises de parole de Macron" 

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"... Fait semblant de nous entendre" !

Le "journal de Mayotte" rapporte que durant cette manifestation du 5 février, deux accessoires étaient indispensables : le sifflet et le parasol. Les manifestants ont voulu faire le maximum de bruits pour ’atteindre les fenêtres’ du vice-recteur. Ils protestent contre les conditions de travail et indemnitaire des enseignants. Les seuls points communs entre la mobilisation à Mayotte et celle en Métropole sont la date (5 février), et "un ras le bol des prises de parole de Macron qui fait semblant de nous entendre".

En France, c’est la CGT qui a lancé un appel à mobilisation touchant plusieurs secteurs publics. A Mayotte, l’éducation nationale a relayé le mot d’ordre. Toujours selon le média local, pas facile de donner un nombre exact quant aux manifestants. En effet, plusieurs groupes sont éparpillés, mais en somme, les enseignants ont globalement répondu présents. Toutefois, un décompte par syndicat va être réalisé. "C’est une manifestation satisfaisante de l’Education Nationale, avec une configuration différente de la métropole, mais avec le même objectif de dénoncer la politique de Macron", affirme Henri Nouri, SNES- FSU.

Les revendications

Les revendications habituelles sont toujours d’actualités : prise en compte de l’ancienneté générale des services pour les agents qui ont commencé à la collectivité de Mayotte, indexation à 53%, moyens insuffisants en Réseau Education Prioritaire (REP), Indemnité générale des services. "A la suite du mouvement de mars 2018, les promesses n’ont pas été tenues, notamment sur les moyens supplémentaires en poste dans les collèges", indique-t-il, et "nous comptons 27 élèves par classe, c’est 3 de plus que la moyenne de REP".

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mercredi 6 février 2019

Bierry maire de Strasbourg ?

Spécialiste des zones de montagne !

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Lors d'une réunion publique à Villé, à propos d'un bilan à mi-mandat du conseil départemental 67, la représentante des vallées n'a pas su répondre à ma question concernant les zones de montagne. Pas plus d'ailleurs que le président Bierry qui s'est limité à un commentaire succinct : "Il manque un peu de volonté politique aux élus locaux." Histoire de dire: "Ce n'est pas moi, c'est les autres." Quant à la volonté politique, il faut reconnaître qu'il en a ! Comme le rapportent les DNA du lundi 4 février, il aurait même la volonté de s'attaquer à la mairie de Strasbourg.

Qu'est-ce à voir avec les zones de montagne ? Si ce n'est que Strasbourg, avec la flèche de sa cathédrale, possède le point le plus élevé de la plaine d'Alsace. A défaut de réussir à faire classer en zone de montagne les villages de Neubois, Neuve-Eglise ou Saint-Pierre-Bois, il réussira à y faire classer la capitale européenne et même l'ensemble de la C.U.S., pour le plus grand plaisir du président Robert Hermann qui n'en attend pas tant.

Et peut-être se voit-il même un avenir du côté de Paris, où il aurait déjà envoyé en mission l'un ou l'autre de ses collaborateurs (ou collaboratrices) les plus proches, histoire de tâter le terrain ? Après tout, la tour Eiffel et la butte Montmarte pourraient aussi justifier un classement de la capitale en zone de montagne.

Les agriculteurs des places Kléber et Gutenberg, comme ceux des Champs Elysées, seraient ravis de toucher des primes européennes à ce titre.

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mardi 5 février 2019

Nouvelle-Calédonie : la mangue gagne en goût et en variétés

Star de l’été, la mangue est en pleine récolte. La production commerciale est toujours limitée sur le Caillou, mais elle a gagné en qualité.

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Le Kopéto d’un côté, le Koniambo, de l’autre, le lagon à l’horizon… Depuis l’exploitation de Stéphane Soury-Lavergne, la vue est exceptionnelle, mais l’agriculteur, originaire de La Foa et installé à Pouembout depuis presque dix ans, se concentre sur la terre qu’il a sous les pieds. C’est qu’il y a à faire. Plusieurs hectares d’ananas, de grandes parcelles maraîchères, où se croisent pastèques, concombres ou melons, des ignames et des patates douces un peu plus loin… À chaque fois, un effort pour s’interdire les produits chimiques - certifiée responsable, l’exploitation est à deux pas du bio - et beaucoup de travail pour relever le défi de l’eau, les systèmes de goutte-à-goutte courant sur plusieurs kilomètres sous le paillage. Les manguiers eux, « mobilisent de la terre, mais ne coûtent pas grand-chose en entretien, explique le cultivateur. J’ai voulu en faire parce que c’est un arbre résistant : après quatre ans de grosses sécheresses, j’en ai perdu très peu ». La Broméliade, sa société, alimente depuis la fin novembre les étals du Grand Nouméa, via la Coop1, dont Stéphane est le vice-président et devrait produire jusqu’au mois de mars. Il peut compter sur dix hectares de manguiers, soit près de 2000 arbres, dont une bonne partie a les branches chargées en ce début janvier. Stéphane le sait : comme les letchis, la saison des mangues est attendue avec impatience en été. Et pour conquérir le consommateur, « il faut des produits qui attirent tout de suite l’œil ».

 Ronde ou oblongue, rouge, jaune ou verte…

Car comme les letchis, les mangues causent, chez les Calédoniens qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin, bien des frustrations. « C’est un fruit qui est facile à trouver chez les amis ou sur les bords de route, alors les consommateurs les trouvent souvent trop chers en magasin, note un technicien de la chambre. C’est que l’effort a surtout été fait sur la qualité : les mangues qui se vendent aujourd’hui sont bien plus belles et plus bonnes qu’il y a dix ou quinze ans ». Une affaire de variétés. A Pouembout, Stéphane Soury-Lavergne découpe, non sans fierté, un fruit bien rouge, au noyau fin et à la chair sans fibres. « Celle-là, c’est une Irwin, ma préférée, mais chacun a son goût pour les mangues, sourit-il. Et puis, tous les arbres n’ont pas la même résistance. C’est pour ça que j’ai planté différentes variétés : pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ». Nam Doc Mai, verte et jaune à la forme oblongue, Tommy Atkins, ronde et tachetée, les grosses Van Dyke, Labbé sur les hauteurs… La production calédonienne brille par sa diversité mais le marché est loin de la saturation. Produire plus pour faire baisser les prix ? Oui, mais à condition d’accompagner et d’organiser le zonage de la production, estiment les spécialistes. « La mangue, ça marche bien dans les coins secs. Quand il fait humide pour la floraison, il y a des maladies, et les fleurs coulent », reprend Stéphane Soury-Lavergne. Quant aux mouches de fruits, les pièges ne suffisent pas. « Il faut que le pied reste propre, ne pas laisser de fruits à terre », explique le spécialiste. Or, beaucoup de mangues tombent : « Pour produire un kilo, il faut en jeter un ». Les chutes, Stéphane les confie à son frère Yann, qui valorise les joues et la pulpe pour les restaurants, glaciers ou transformateur. « Il y a d’autres débouchés, mais il faut que chacun développe ses idées », note l’agriculteur, qui espère à terme produire 20 tonnes par hectare. Un travail de longue haleine : certains de ses manguiers, âgés de neuf ans, ne produisent pas encore.

Selon Charlie Réné - "Nouvelles calédoniennes"

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lundi 4 février 2019

Egypte, une répression made in France !

En sept ans, les livraisons d’armes et de systèmes de surveillance de la France à l’Egypte ont été multipliées … par 33 alors que le maréchal Sissi a intensifié la répression contre tout ce qui bouge encore dans son pays.

egypte_abdelfatah_al_sissi_chef_de_l_armee_2530528_696x392L’auteur de ce papier est Rabha Attaf, grand reporter spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient qui a écrit « Place Tahrir, une révolution inachevée », éditions Workshop 19.

Il était grand temps que les ONG de défense des droits humains tapent du poing sur la table concernant les relations franco-égyptiennes ! C’est désormais fait, depuis le 2 juillet dernier, jour de la visite officielle à Paris de Mohamed Zaki, le ministre Egyptien de la Défense, quelques jours après  celle du ministre français des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian au Caire, le meilleur VRP des ventes d’armes depuis l’ère Hollande. La FIDH, la LDH, l’Observatoire des armements et the Cairo Institue for human rights studies ont, en effet, rendu public un rapport détonnant sur les ventes d’armes de la France à l’Egypte. Et lancé dans la foulée une campagne intitulée « Exportons nos valeurs, pas nos armes ».

A lui seul, le titre de ce rapport donne le ton : « Egypte, une répression made in France ». L’accusation est grave mais justifiée !

Une répression implacable

Depuis le coup d’état militaire de juillet 2013 orchestré par le maréchal Abdel Fattah Al Sissi, l’Égypte est en proie à une répression implacable. Le bilan est accablant : dispersions de manifestations avec des moyens militaires (plus de 1 000 morts pour la seule dispersion du sit-in de Rabaa Al Adawiya, le 14 août 2013 au Caire) ; incarcération d’au moins 60 000 prisonniers politiques depuis 2013 ; des milliers d’exécutions extra-judiciaires et disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, 2 811 cas de disparition forcées aux mains des services de sécurité sont parvenus aux ONG ) ; recours systématique à la torture ; augmentation vertigineuse des condamnations à mort (le 25 décembre 2017, 15 personnes ont été collectivement pendues malgré les protestations internationales, suivies de  5 personnes en janvier 2018 !)

« Alors que le Conseil Européen annonçait la cessation des exportations de matériel militaire et de surveillance pour condamner la dérive dictatoriale en Égypte, la France gagnait des parts de marché et réalisait des exportations records ! » remarque ainsi Dimitris Christopoulos, Président de la FIDH. Au moins huit entreprises françaises – encouragées par les gouvernements successifs – ont au contraire profité de cette répression pour engranger des profits records. Entre 2010 et 2016, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte passent de 39,6 millions à 1,3 milliards d’euros. Ainsi, depuis 2013, la France est devenu le premier exportateur d’armes lourdes vers l’Egypte !

Certaines entreprises françaises ont vendu des armes conventionnelles à une armée responsable de la mort de centaines de civils au nom de la guerre contre le terrorisme, notamment dans le Sinaï : navires de guerre Mistral (DCNS) ; frégates Fremm (DCNS) ; corvettes (Gowind) ; avions de combat Rafale ; véhicules blindés (Arquus) ; missiles air-air Mica et de croisière SCALP (MBDA) ; missiles air-sol 2ASM (SAGEM). D’autres ont livré des véhicules blindés (200 Renault Trucks Defense vendus entre 2012 et 2014) et des machines-outils à fabrication de cartouches (Manurhin) à des services de police qui n’hésitent pas à disperser des manifestations au fusil mitrailleur, voire même à les écraser avec des véhicules blindés.

Surveillance généralisée de la population

Plus grave encore : des sociétés ont vendu aux services de sécurité des technologies de surveillance individuelle (AMESYS/NEXA/AM Systems) ; d’interception de masse (SUNERIS/ERCOM) ; de collecte des données individuelles (IDEMIA) et de contrôle des foules (drones Safran, satellite AIRBUS/THALES, blindés légers Arquus ex-RTD, adaptés au milieu urbain). Ce faisant, elles ont toutes participé à la construction d’une architecture de surveillance généralisée et de contrôle des foules, visant à empêcher toute dissidence ou mouvement social, et ayant conduit à l’arrestation de dizaines de milliers d’opposants, de militants et de bloggers. Aucune communication en Egypte n’échappe à la surveillance électronique, y compris le système Telegram -très prisé des égyptiens- pourtant réputé comme inviolable.

L’une des dernière arrestation en date est celle d’Amal Fathy, l’épouse de Mohamed Lotfy, l’un des dirigeant de la Commission Egyptienne pour les Droits et les Liberté, une ONG égyptienne spécialisée, par la force des choses, sur les disparitions forcée. Le 9 mai 2018, elle avait posté sur sa page Facebook un message vidéo dénonçant le harcèlement sexuel qu’elle avait subi le jour même et l’atteinte aux libertés en général. S’en était suivi un véritable lynchage médiatique à son encontre ainsi qu’une avalanche de menaces. Finalement, deux jours après, les forces de police sont venus la cueillir à son domicile de Maadi au Caire, en pleine nuit, à 2h30. Son mari et Zinedine, leur fils agé de trois ans, ont été emmenés en même temps qu’elle, puis relâchés quelques heures après. Amal Fathy a été incarcérée et est poursuivie pour « appartenance à organisation interdite » et « incitation au terrorismes ». Précisons que depuis juin 2015, Mohamed Lotfy est interdit de voyage, de même qu’une dizaine d’autres responsables d’ONG en Egypte.

« Si la révolution égyptienne de 2011 avait été portée par une « génération Facebook » ultra-connectée ayant su mobiliser les foules, la France participe aujourd’hui à l’écrasement de cette génération via la mise en place d’un système de surveillance et de contrôle orwellien, visant à écraser dans l’œuf toute expression de contestation. » a déclaré Bahey Eldin Hassan, Directeur du Cairo Institute for Human Rigths Studies. Résultat, communiquer avec des correspondants en Egypte est devenu un vrai casse-tête !

Bien sûr, les ONG signataires de ce rapport demandent aux entreprises et aux autorités françaises la cessation immédiate de ces exportations mortifères. Elles exigent non seulement l’ouverture immédiate d’une enquête parlementaire sur les livraisons d’armes à l’Égypte depuis 2013, aussi une totale refonte du système français de contrôle des exportations d’armes et de matériel de surveillance. Caractérisé par son opacité et sa trop grande dépendance au pouvoir exécutif, c’est ce système lacunaire qui permet aujourd’hui la livraison de matériel contribuant à de graves violations des droits humains en Égypte. (selon "Mondafrique")

On comprend mieux les dessous de la visite de Macron en Egypte, après celle non moins surprenante au Tchad (où il a été précédé par un certain nouveau "consultant" en armement Benalla).

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