dimanche 6 janvier 2019

Une crèche pour dix à Villé !

Le bulletin municipal fait l'annonce pour une société privée.

micro_cr_che

A priori, l'annonce d'une ouverture d'une crèche (même si ce n'est pas une microcrèche) semble intéressante. Même si cette crèche ne peut accueillir que 10 bambins. Elle s'appelle "Les petites graines" et se situe au 1, rue du beau regard à Villé. Oui, mais voilà : c'est une crèche privée (l'adresse de son siège est à Triembach-au-Val, au 16, rue des mines), qui paraît sous forme de SàRL (société à responsabilité limitée). Elle déclare un capital social de 5000 €.

Il est évident que la dirigeante, dans ces conditions, peut accepter ou refuser des enfants. Le service va tout aussi évidemment être payant. Pire : comme la responsable l'indique dans la presse locale, seront pratiquées les méthodes Montessori, Filliozat, Freinet, Steiner, Pikier. 

Voilà qui a de quoi refroidir l'intérêt pour cette crèche. Montessori : sur ce blog, on a déjà pu lire l'affaire d'écoles privées du même nom, qui n'ont rien de gratuit, ni même de laïque. L'école Montessori qui veut s'implanter dans le Val de Villé depuis quelque temps se réclame ouvertement d'une certaine église. 

Et là, nous entrons dans un autre danger, celui de la concurrence avec l'école publique, au risque d'apporter bien des difficultés, et notamment des fermetures de classes dans la vallée. A l'heure où la mairie de Villé souhaite éviter ce genre de fermetures en tentant difficilement de créer un RPI avec Albé, voilà qui serait navrant.

Monsieur le Maire de Villé serait, avant de publier n'importe quoi dans le bulletin municipal, bien avisé de s'informer un peu plus, et - pourquoi pas ? - auprès de ses jumelés d'Elzach sur le fonctionnement des crèches en Pays de Bade où elles relèvent du service public, et où elles sont gratuites et bien sûr ... laïques. Mais peut-être aurait-il aussi pu faire de la publicité pour la crèche intercommunale qui fonctionne très bien à la MJC !

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samedi 5 janvier 2019

Bien avant les gilets jaunes, le "Bundschuh" (1493)

Dans les deux cas, l'exigence d'un droit naturel absolu ?

bundschuh2

Le "mouvement Bundschuh", qui en 1493 a touché le sud de l'Allemagne et l'Alsace, notamment le Centre-Alsace, a débouché sur la Guerre des Paysans (1524-1526). Il marque de curieuses similitudes avec le mouvement et les revendications des Gilets jaunes. Ces deux événements historiques soulignent l'exigence de revendications populaires et la nécessité d'institutions démocratiques robustes pour soutenir et accompagner l'élan du peuple. Les raisons du mouvement Bundschuh et de la guerre elle-même sont inscrites dans les conditions de vie très dures auxquelles étaient soumis les paysans. Les classes populaires étaient assommées d'impôts, de corvées et subissaient les régulières vexations découlant de leur condition de serfs.

Le mouvement Bundschuh présente avec les "Gilets jaunes", manifestant à Paris et occupant à l'heure actuelle différents ronds-points en France, de curieuses analogies. La première de ces analogies est inscrite dans le nom des mouvements. Les "Gilets jaunes" attirent l'attention sur une pièce d'habit généralement utilisée sur les routes pour refléter la lumière et donc signaler la présence d'une personne sur la chaussée ou indiquer un éventuel danger. C'est à la fois un signe d'alarme et une mesure visuelle de protection. Le gilet jaune n'est pas un costume élégant, au contraire il s'inscrit dans un cadre de travail ou d'accident ce qui lui confère un aspect grave et sérieux.

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Le symbole du Bundschuh provenait quant à lui des chaussures en cuir nouées que les paysans portaient dans la zone géographique du Rhin supérieur. Cette chaussure qui référait distinctement au monde paysan et à ses modes de vie contrastait avec les bottes plus raffinées des seigneurs mais aussi avec leurs éperons de chevaliers. Le Bundschuh, comme chaussure, était un marqueur social et l'image de cette chaussure devint, élevée en bannière, un signe de ralliement. Le gilet jaune fonctionne de manière semblable, c'est une pièce de l'habit de travail si l'on est routier, cheminot, maçon ou ouvrier. Son jaune vif contraste avec l'élégance du "costard" costume porté par les professions libérales et la bourgeoisie d'affaires. D'ailleurs Emmanuel Macron, président de la République française, a conféré au costume trois pièces un prestige évident en spécifiant publiquement que c'est grâce à un travail dûment accompli que l'on acquérait un tel costume signe d'adoubement par la société du travail.

Le mouvement Bundschuh et celui des Gilets jaunes présentent bien d'autres analogies significatives ce qui contribue à enraciner ces deux manifestations populaires dans une histoire du temps long qui illustre les luttes idéologiques liées à l'obtention des libertés populaires. Cependant ce qui crée un lien particulier entre ces deux mouvements c'est qu'ils signalent par leur radicalisme un changement d'époque évident. Les paysans révoltés de l'Allemagne du Sud-Ouest entraient de plein pied dans une nouvelle époque spirituelle, celle de la Réforme de Luther; comme dans une nouvelle société européenne, celle générée par les Grandes Découvertes et les innovations scientifiques déjà amorcées par quelques ingénieux savants et humanistes. Un des portes-parole et réformateur de conscience des paysans, Thomas Munzer, illustre cette nouvelle intelligentsia humaniste. Issu d'une famille très pauvre, ayant perdu son père très tôt arbitrairement exécuté par un seigneur local, Thomas Munzer avait pu bénéficier néanmoins d'une solide formation théologique et scientifique ce qui le conduira à la Réforme jusqu'à ce qu'il rompe avec Martin Luther. Rejetant l'indulgence de Luther à l'égard des princes allemands, Munzer prônera une doctrine plus exigeante qui associe revendications sociales et réforme spirituelle.

Les historiens ont vu dans la doctrine de Thomas Munzer l'expression d'un "droit naturel absolu". En effet ne va-t-il pas jusqu'à associer la parole du Christ avec l'expression de la volonté égalisatrice des revendications paysannes. Il est possible de lire au premier article de la liste des revendications que les paysans feront circuler au plus chaud de leur soulèvement entre 1524 - 1526 cette réclamation :

"L´Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres".

Ce qui indique clairement un éveil de conscience: le message évangélique est réclamé mais on se méfie dorénavant des interprétations délivrées par les nobles et le clergé. Cette situation marque une rupture avec le pouvoir en place, comme les manifestations des Gilets jaunes et leur hostilité marquée à l'égard des journalistes (qui délivrent selon eux la doxa du gouvernement) et politiques illustre une méfiance globale à la narratologie des autorités étatiques. De la sorte, le discours économique est également remis en cause.

gilets

Divers experts, neutres ou rattachés au gouvernement français, ont beau insister sur les spécificités de la conjoncture mondiale, sur les carences françaises en matière économique ou encore sur la difficile résorption de la courbe du chômage, rien n'y fait, ce langage n'a plus prise sur les couches populaires. La crise économique de 2008 de même que l'urgence climatique ont porté un "coup fatal au grand récit néo-libéral". Les rouages de l'économie mondiale, instaurés par les accords de Bretton Woods en 1944, paraissent plus usés que jamais et l'exigence est désormais placée sur des modes de production et de sociabilité axés sur la solidarité et l'écologie.

L'urgence d'une nouvelle définition du commun, revendiquée par les Gilets jaunes, mais aussi par d'autres mouvements comme Occupy Wall Street, Nuit Debout, ou le Podemos espagnol trouve là aussi des résonances historiques auprès de ces paysans allemands, alsaciens et suisses qui à l'aube des Temps modernes revendiquaient que les "eaux doivent être libres", que les "forêts [reviendraient] à la commune" et que les autorités seraient élues de manière démocratique. Le mouvement des Gilets jaunes renoue ainsi spontanément avec les exigences d'un droit naturel radical que l'on croyait obsolète et que l'urgence climatique et sociale dévoile à nouveau.

Analyse parue dans "Médiapart".

bundschuh

Le manifeste des Douze Articles adopté par les bandes paysannes du Bundschuh :

Article premier. – L'Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres.

Article 2. – Nous ne payerons plus de dîmes, ni grandes ni petites.

Article 3. – L'intérêt sur les terres sera réduit à cinq pour cent.

Article 4. – Toutes les eaux doivent être libres.

Article 5. – Les forêts reviendront à la commune.

Article 6. – Le gibier sera libre.

Article 7. – Il n'y aura plus de serfs.

Article 8. – Nous élirons nous-mêmes nos autorités. Nous prendrons pour souverain qui bon nous semblera.

Article 9. – Nous serons jugés par nos pairs.

Article 10. – Nos baillis seront élus et déposés par nous.

Article 11. – Nous ne payerons plus de cas de décès.

Article 12. – Toutes les terres communales que nos seigneurs se sont appropriées rentreront à la commune."

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vendredi 4 janvier 2019

Trente migrants dans le froid à Strasbourg

Un campement de migrants, en majorité des Albanais demandeurs d’asile, est apparu depuis mi-décembre dans un coin du parc de la Bergerie, dans le quartier de Cronenbourg.

migrants2Un nouveau campement de migrants, en majorité des Albanais demandeurs d’asile, s’est constitué dans le parc de la Bergerie, dans le quartier de Cronenbourg à Strasbourg. Un groupe d’une trentaine de personnes s’est installée, sous des tentes et des abris de fortune. La douzaine de familles inclut des enfants en bas âges, les plus petits ont 2 ans et 3 ans.

Le froid et les conditions d’insalubrité leur procurent de nombreux problèmes de santé, notamment pour les enfants qui souffrent de rhumes et de bronchite selon les moments. Les associations d’aide aux migrants tentent de leur venir en aide et les médecins notent fréquemment des problèmes de santé psychologiques comme des dépressions, des décompensations de dépression… Une des jeunes filles a eu de graves problèmes d’infection de l’oreille et a dû être hospitalisée en urgence au CHU de Hautepierre.

Pour se chauffer dans la journée, les migrants utilisent des palettes qu’ils font brûler. Mais leur approvisionnement s’est tari, si bien qu’ils utilisent désormais des pneus, dont la combustion est très polluante et génère de nombreuses nuisances d’odeurs et de fumées dans le quartier. Selon le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici, la Ville de Strasbourg est informée de la situation mais l’hébergement d’urgence est une compétence de l’État.

Cependant, de nombreuses personnes parmi celles qui se sont installées à la Bergerie ont vu leur demande d’asile refusée, et ne peuvent donc pas accéder au dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, qui est de toutes façons saturé. Ils peuvent faire l’objet d’une reconduite à la frontière en plein hiver. Le collectif d’aide au camp de la Bergerie a étudié les statuts des familles présentes et déposé des recours devant la justice administrative lorsque cela est possible. Le collectif demande aux autorités de surseoir à l’examen de leur situation juridique pour immédiatement mettre à l’abri ces familles. (selon "Rue 89 Strasbourg")

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jeudi 3 janvier 2019

Chine : des hommes «achètent» leur fiancée au Vietnam

En Chine, le déséquilibre hommes-femmes, résultant de la politique de l'enfant unique et de la préférence traditionnelle des parents pour les garçons, contraint de nombreux hommes à rester célibataires. Ne trouvant pas de femmes avec lesquelles se marier, ils se tournent alors vers les pays d'Asie du Sud-Est pour y « acheter » leurs fiancées. Au Vietnam, plusieurs milliers de jeunes filles seraient victimes de ce trafic d'êtres humains chaque année.

chine2

Acheter sa dulcinée de l’autre côté de la frontière, c’est le choix que font de nombreux hommes chinois, désespérés par le manque de femmes dans leur pays. Un trafic organisé et lucratif s’est mis en place ces dernières années.

Ces femmes payées au prix fort par les hommes chinois viennent en général de régions rurales pauvres du Vietnam. D’autres pays aux alentours sont également touchés, en particulier le Laos et la Birmanie.

Pour tromper leurs victimes, les trafiquants leur font miroiter une vie meilleure en Chine. Ils leur promettent un emploi bien rémunéré ou un mariage avec un riche Chinois. Il arrive également que ces femmes soient tout simplement kidnappées, après avoir été droguées.

C’est souvent un membre de leur famille ou une personne en qui ces femmes avaient confiance qui les trompe et les vend aux trafiquants.

400 femmes sauvées en 11 ans grâce au soutien d’une ONG

Depuis 2007, l’ONG Blue Dragon (Dragon bleu) vient en aide à ces femmes victimes de ce trafic. En onze ans, elle a aidé 400 femmes victimes d’esclavage sexuel ou qui avaient été mariées de force en Chine à s’enfuir.

Néanmoins, c’est une activité à risque et la plupart des membres de l’association tiennent à garder leur adresse secrète. Ils se méfient de la vengeance possible des trafiquants et des maris dépossédés des femmes qu’ils ont achetées.

Souvent, ce sont les victimes elles-mêmes qui lorsqu’elles y parviennent entrent en contact avec l'ONG depuis la Chine. Une femme, retenue prisonnière dans une maison close, a ainsi réussi à contacter l’association en volant le téléphone portable de l’un de ses clients.

76 trafiquants devant la justice

Le travail de Blue Dragon commence à payer, son activité se fait connaître de plus en plus. Ces cinq dernières années, l’ONG a réussi à traîner devant la justice 76 trafiquants. C’est à la fois beaucoup au regard de la taille et des moyens de cette ONG, mais peu au regard du nombre de femmes victimes de ces trafics.

Même si un tel crime est punissable de 20 ans de prison au Vietnam, le trafic contrôlé par des réseaux mafieux bien organisés est en pleine expansion et génèrerait chaque année des dizaines de millions d'euros.

Si des solutions existent, comme l’éducation des femmes dans les régions montagneuses, les perspectives restent quand même sombres, notamment en raison de la forte demande en provenance de Chine qui ne tarit pas.

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mercredi 2 janvier 2019

Compteurs Linky

Enedis ne peut entrer dans les propriétés sans autorisation !

linkyLe tribunal administratif de Toulouse confirme l'interdiction pour Enedis d'entrer dans les appartements et les maisons sans accord des propriétaires ou des occupants pour installer un compteur Linky.

Les employés d'Enedis ne peuvent pas entrer dans les maisons ou les appartements sans autorisation pour installer les compteurs Linky. Le tribunal administratif de Toulouse a confirmé mardi 12 septembre cette interdiction d'entrer dans les logements sans accord des propriétaires ou des occupants, rapporte un journaliste de franceinfo à Toulouse.

Le tribunal répondait à une saisine du préfet de Haute-Garonne en référé, après que le maire de Blagnac, près de Toulouse, a pris un arrêté le 16 mai dernier pour réglementer la pose des compteurs Linky.

Il souhaitait ainsi garantir aux usagers la liberté d'exercer leur choix à titre individuel et sans pression pour deux choses : l'accès à leur logement ou propriété et la transmission des données collectées à des tiers partenaires commerciaux de l'opérateur.

TA

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mardi 1 janvier 2019

2019 est arrivé !

bonneannee1

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lundi 31 décembre 2018

L’Allemagne ferme sa dernière mine de charbon

Une page de l'histoire allemande se tourne : à 16 heures ce vendredi 21 décembre, la mine de charbon de Bottrop (Ruhr) a mis fin à 150 ans d'exploitation. Il s’agissait de la dernière du pays, mais l'extraction du lignite, beaucoup plus polluant, se poursuit, notamment dans l’ex-République démocratique allemande (RDA-Est).

ruhr2

Pendant six générations, les mineurs de la Ruhr ont exploité le charbon qui a permis le développement de l'industrie « made in Germany ». Pour la région, une page se tourne et l'émotion est vive dans la Ruhr, qui a déjà connu le déclin de la sidérurgie.

Dès jeudi 20, églises et cathédrales ont organisé des messes, les équipes de foot régionales, Schalke 04 et Dortmund, ont rendu hommage aux « gueules noires » avant leur dernier match. Le quotidien populaire Bild Zeitung a publié vendredi 21 un numéro spécial avec en Une un grand « merci pour le charbon ».

ruhr1Mais pour le climat, la fermeture de la dernière mine de charbon n'est pas forcément une bonne nouvelle. Le pays continue d'importer de grandes quantités de charbon d'Australie ou de Chine, nettement moins cher. Et surtout, l'Allemagne exploite au maximum de ses capacités ses mines de lignite, un combustible bien plus polluant que la houille, et ce dans de gigantesques mines à ciel ouvert, notamment en ex-RDA.

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dimanche 30 décembre 2018

Conditions carcérales inadmissibles

L'Etat condamné pour des conditions de détention dans une prison en Guyane

guyane"Une atteinte à la dignité humaine" : le Conseil d'État a condamné l'État pour les conditions de détention d'un prisonnier dans le centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly, en Guyane, a-t-on appris mardi.

 Un recours avait été déposé par Christophe B., incarcéré à la maison d'arrêt du 24 mai 2011 au 6 août 2013. Il a été détenu "dans des cellules collectives sous-dimensionnées pour le nombre d'occupants, dépourvues d'un apport de lumière naturelle suffisant, privées d'un système d'aération adapté au climat de la Guyane et dans des conditions d'intimité et d'hygiène notablement insuffisantes", indique la plus haute juridiction administrative, dans une décision datée du 3 décembre, dont l'AFP a obtenu copie. 
    
"Les effets cumulés de ces éléments (...) constituent une épreuve qui excède les conséquences inhérentes à la détention", ajoute le Conseil d'État. "Ils caractérisent des conditions de détention attentatoires à la dignité humaine constitutives d'une faute engendrant un préjudice moral qu'il incombe à l'État de réparer".

L'État est donc condamné à verser 5.500 euros à Christophe B. Ce dernier a été détenu dans des cellules d'environ 12m2, prévues pour deux personnes, mais accueillant en fait trois prisonniers. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a visité en septembre la prison de Rémire-Montjoly. "Ce qui frappe, (...) c'est la surpopulation carcérale et les conditions de détention", avait-elle alors déclaré. La garde des Sceaux a ensuite confirmé qu'une nouvelle prison serait construite en Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni, afin de "diminuer la surpopulation carcérale" dans la prison de Rémire-Montjoly.

Selon les statistiques de la direction de l'administration pénitentiaire, le taux de surpopulation à la maison d'arrêt de Rémire-Montjoly s'élevait début octobre à 144%, avec 422 détenus pour 293 places. 

Plus de 70.700 personnes étaient incarcérées dans les prisons françaises en octobre, pour 60.000 places.

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samedi 29 décembre 2018

RDC : Kinshasa expulse l’ambassadeur de l’Union Européenne.

L’ambassadeur de l’Union Européenne en République Démocratique du Congo (RDC), le belge Bart Ouvry, a jusqu’à samedi soir pour quitter le pays.

bartouvry

Ce jeudi 27 décembre 2018, le ministre rd-congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a annoncé que l’ambassadeur de l’Union Européenne en République Démocratique du Congo, Bart Ouvry, a jusque samedi soir pour quitter ce pays d’Afrique centrale. Cette annonce est corrélative à la décision prise, en mi-décembre, par l’Union Européenne de renouveler ses sanctions à l’encontre de quatorze officiels congolais, dont le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary.

Bart Ouvry, qui n’avait pas été jusque-là prévenu, a appris son expulsion, ce jeudi, à 17 heures, lorsque le patron de la diplomatie rd-congolaise, a lu son communiqué devant tout le monde, soulignant qu’il « invite instamment le Conseil européen » à rappeler son ambassadeur sous 48 heures.

Et ceci après la prolongation d’un an, par l’UE, des interdictions de visa et le gel des avoirs de plusieurs personnalités jusqu'au 12 décembre 2019. "Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de visa pour l'Union européenne visant 14 personnes. Elles ont été adoptées le 12 décembre 2016 et le 29 mai 2017 en réponse aux entraves au processus électoral en RDC et aux violations des droits de l'homme qui y étaient liées", avait expliqué le Conseil des ministres de l'Union européenne dans un communiqué publié lundi 10 décembre.., Kinshasa avait prévenu qu’il prendrait des mesures de rétorsion à l’encontre de l’institution. Menace qui vient d’être mise à exécution.

Voilà plus grave que la rocambolesque péripétie de Benalla au Tchad. Pourtant, on n'entend guère notre président Macron sur ce sujet.

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vendredi 28 décembre 2018

La Chine met Trump en garde contre "l'armement" de l'espace

La Chine s'est déclarée mercredi opposée à "l'armement" de l'espace, après l'annonce la veille par Donald Trump de la création d'un commandement militaire américain pour l'espace, destiné à y assurer la suprématie des États-Unis. 

chine

L'initiative prise mardi par le président américain apparaît comme un pas vers la mise en place de la nouvelle branche de l'armée américaine qu'il veut créer -- la Force de l'espace. 

"La Chine a toujours plaidé pour une utilisation pacifique de l'espace. Elle est opposée à l'armement de l'espace et à toute course aux armements dans l'espace", a déclaré Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. 
"Et nous sommes encore plus opposés à ce que l'espace devienne un nouveau champ de bataille", a-t-elle martelé lors d'une conférence de presse régulière. 
Le vice-président américain Mike Pence a précisé que le nouveau commandement, qui devrait rapidement être connu sous le nom de Spacecom, serait le 11e commandement militaire du Pentagone. Il sera notamment chargé de superviser toutes les activités militaires spatiales des États-Unis.  
M. Trump avait annoncé en juin qu'il souhaitait créer une "Force de l'espace" qui deviendrait une sixième branche de l'armée américaine -- aux côtés de l'armée de Terre, l'US Navy, l'US Air Force, le corps des Marines et celui des garde-côtes. 
Le président américain l'estime indispensable pour assurer la suprématie militaire de son pays dans l'espace, notamment face à la Chine et à la Russie. Mais le ministre de la Défense Jim Mattis a fait savoir qu'il la jugeait onéreuse et inutile. 
En outre, le projet risque de se heurter à l'opposition du Congrès américain qui doit approuver son financement. 
La Chine n'a officiellement pas l'ambition de placer des armements dans l'espace. Elle mène cependant de nombreux programmes spatiaux civils afin de rivaliser avec les États-Unis, la Russie, l'Union européenne, l'Inde ou le Japon. 
Elle a par exemple lancé dans l'espace début décembre un module d'exploration qui devrait alunir sur la face cachée de la Lune autour du 1er janvier.

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