lundi 19 juin 2017

Les origines de l'homme

La découverte faite au Maroc modifie l’histoire d’Homo sapiens

maroc

Depuis combien de temps notre espèce existe-t-elle ? Les nouveaux fossiles étudiés à partir des découvertes de Jebel Irhoud au Maroc font reculer les estimations sur l’apparition d’Homo sapiens d’environ 100 000 ans.

Des restes d’Homo sapiens qui ressemblent à l’homme d’aujourd’hui viennent d’être mis au jour à Jebel Irhoud, au Maroc. Le site est à environ 34 miles (55 kilomètres) au sud-est de la ville côtière de Safi, au nord-ouest de Marrakech. Leur datation est de 300 000 ans, rapporte une étude publiée dans la revue scientifique Nature. Ces fossiles qui sont les plus anciens jamais trouvés, ont été déterrés au Maroc, à des milliers de kilomètres du record précédent, trouvé en Afrique de l’Est. Auparavant, les fossiles connus les plus anciens d’Homo sapiens venaient d’Ethiopie, et étaient datés d’environ 195 000 ans.

C’est "l’Homo sapiens le plus vieux jamais trouvé en Afrique ou ailleurs", a expliqué Jean-Jacques Hublin, coauteur des travaux et directeur de l’Institut Max Planck de Leipzig, en Allemagne et du Collège de France à Paris "Ils ne sont pas comme nous", a précisé le scientifique français , mais ils avaient "pour l’essentiel un visage que vous pourriez rencontrer dans le train à New York".

Les fossiles marocains suggèrent que Homo sapiens peut avoir atteint sa forme moderne dans plusieurs endroits différents en Afrique, a déclaré Mr Hublin qui pense qu’une étape antérieure de développement a précédé celle révélée par la découverte de son équipe.

Les spécimens marocains ont été trouvés entre 2007 et 2011 et comprennent un crâne, une mâchoire et des dents, ainsi que des outils en pierre. Combinée avec d’autres os qui ont été trouvés il y a plusieurs décennies, mais pas correctement datés, la collection de fossiles représente au moins cinq personnes, dont des jeunes adultes, un adolescent et un enfant d’environ 8 ans. L’analyse montre que leur forme de cerveau était plus allongée que ce que les gens ont aujourd’hui : "Au cours des 300 000 dernières années, l’histoire principale est le changement du cerveau", a déclaré Mr Hublin.


Une video de afriktv

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vendredi 14 avril 2017

14 avril 1917 : bombardement aérien au dessus de Fribourg-en-Brisgau

En 27 minutes, 64 bombes ont été larguées. 

La défense au sol n'a rien pu faire.

fribourg

Le 14 avril, marquera le 100ème anniversaire de la pire des attaques aériennes sur Fribourg. L'attaque s'est faite en deux vagues. Elle a entraîné 12 morts, dont neuf dans la société industrielle Gebrüder Himmelsbach AG, et un tiers de la ville détruite. La défense au sol n'a été d'aucune utilité car ses tirs ne montaient qu'à 3500 mètres alors que les avions volaient à 4000 mètres. Quant à l'escadron de chasse allemand, alerté trop tard, il n'a même pas pu décoller. Au cours de la première guerre mondiale, Fribourg a subi 25 raids aériens, plus que toute autre ville allemande, entraînant en tout la mort de 31 personnes. Sur la photo, l'Institut d'Anatomie qui fut sérieusement endommagé et qui fut entièrement détruit lors des bombardements alliés de la deuxième guerre mondiale en 1944.  L'institut a été reconstruit, avec un pavillon ouest plus grand, et fut terminé en 1949. 

Le soldat de Fribourg Willi Junge : sa dernière lettre.

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jeudi 23 février 2017

Quand les Vandales déferlaient sur l'Europe et l'Afrique du Nord

Le peuple des Vandales d’origine scandinave et installé un temps en Germanie orientale va, dans le cadre des « invasions barbares », conquérir successivement la Gaule puis la Galice et la Bétique. Attirés par les richesses de l’Afrique romaine, ses membres décident de traverser les Colonnes d’Hercules (plus tard renommées détroit de Gibraltar) en 429 et de commencer une épopée nord-africaine de presque un siècle.

vandales

Genséric, roi des Vandales et des Alains, débarque en Mauritanie Tingitane avec environ 80 000 des siens dont 20 000 guerriers. Il est bien décidé à tirer profit des querelles internes aux Romains, l’ambitieux général Boniface étant en rébellion. Le roi germanique conquiert ainsi rapidement la Mauritanie et s’avance en Numidie en enrôlant de nombreux locaux, las de la présence romaine et des troubles dans la région.

Un Empire romain d’Occident à bout de souffle

Après le dur siège d’Hippone (Annaba) au cours duquel un Augustin très malade perd la vie et la prise de la ville en 430, le Vandales poursuivent leur progression. Ils s’en prennent particulièrement aux notables et au catholicisme. Ils défendent l’arianisme et imposent leurs méthodes brutales aux populations sous leur domination si celles-ci ne payent pas l’impôt : violences, pillages, meurtres en série, torture...

Face à cette avancée inéluctable, les Romains négocient en 435 et obtiennent par le Traité d’Hippone la vassalisation des Vandales au titre de « fédérés » en échange d’une bonne partie de la Numidie et de la Mauritanie sitifienne. En réalité Genséric ne compte pas se soumettre sagement et s’attaque à la Proconsulaire en prenant la célèbre Carthage et en menaçant directement l’Italie.

Un second traité est signé en 442 et renforce la position de conquérants. L’Empire romain d’Occident est alors en pleine décomposition et subit les assauts vandales jusqu’à Rome qui est mise à sac en 455. L’Imperium Romanum occidental n’est plus qu’un château de cartes qui s’effondre définitivement en 476.

Des relations difficiles avec les autochtones

En raison de leur infériorité numérique et malgré leur rudesse, les Vandales ne parviennent pas à contrôler efficacement les territoires conquis à l’exception des villes. De plus les nouveaux maîtres ne se mélangent pas assez aux locaux qui sont encouragés dans leurs visées indépendantistes par la mort du puissant Genséric en 477.

A partir de là, le royaume vandale d’Afrique décline et le nouveau roi Hunéric exacerbe les conflits politiques et religieux, la division de la noblesse et les velléités de Maures insoumis. Ces derniers parviennent progressivement à se constituer des principautés dégagées de l’emprise vandale. Grignoté, ce royaume africain traverse une crise profonde lorsque l’Empire romain d’Orient -l’Empire byzantin- décide de lui porter le coup de grâce.

Une défaite rapide et totale

L’armée byzantine avec à sa tête le général Bélisaire lance une intervention en 533 contre ce qui reste de l’emprise germanique. Cette conquête est fulgurante et en 534 les Vandales survivants doivent se réfugier dans des villages berbères (notamment en Kabylie) ou sont capturés et déportés vers Byzance.

Or, même si les Vandales sont rapidement défaits sur la côte, les Maures indépendantistes conservent leurs positions dans l’arrière-pays. Après un petit siècle d’occupation vandale on ne retrouve plus vraiment de traces du passage de ce peuple, si ce n’est la réputation –quelque peu exagérée- de soldats particulièrement féroces et sanguinaires.

Leur empreinte est un peu plus conséquente en Tunisie actuelle, lieu de leur véritable sédentarisation, où l’on a retrouvé des épitaphes et funéraires à noms germaniques. Du côté algérien des tablettes de bois avec des actes de propriétés -dites tablettes d’Albertini- ont été retrouvées en 1928. Nul autre vestige. Les pères du "vandalisme" en auraient-ils été eux-mêmes victimes ?

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vendredi 16 décembre 2016

Lech Walesa

Lech Walesa : "Il faut donner une chance à Trump"

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lundi 28 novembre 2016

Qui est Ambroise Croizat ?

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Né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) et mort le 11 février 1951 à l'hôpital Foch de Suresnes, il fut l'un des fondateurs de la Sécurité Sociale et du système de retraites en France. Il fut également secrétaire général de la fédération des travailleurs de la métallurie de la CGT et ministre du Travail et de la Sécurité Sociale de 1945 à 1947. Son père, Antoine Croizat, est ouvrier et sa mère, Louise Jeannette Piccino, employée dans un tissage de velours. Il travaille en usine dès l'âge de 13 ans lorsque son père est appelé sous les drapeaux en 1914. Apprenti métallurgiste, il suit en même temps des cours du soir et devient ouvrier ajusteur-outilleur dans la région lyonnaise.

En 1917, il s'inscrit aux Jeunesses socialistes et adhère au Parti Socialiste en 1918. Il se déclare partisan de l'affiliation du parti SFIO à l'Internationaliste communiste. Il anime les grandes grèves de la métallurgie lyonnaise. Ambroise Croizat entre lui-même au Parti communiste dès sa fondation en 1920 et il est l'un des dirigeants des Jeunesses communistes de 1920 à 1928. Il devient un permanent du Parti communiste en 1925. En 1928, il est nommé secrétaire de la Fédération unitaire des métaux. En 1929 – et jusqu'à sa mort en 1951 – il est membre du comité central, puis membre du bureau de la Fédération de la jeunesse. Il déploie une intense activité militante dans de multiples endroits en France. En 1936, au moment où se réalise l'unité syndicale, il devient secrétaire général de la Fédération unique des métallurgistes CGT, qui regroupe alors 20 % des effectifs de la CGT.

Aux élections générales législatives des 26 avril et 3 mai 1936, il est élu dans la deuxième circonscription du 14e arrondissement de la Seine. Il est négociateur de la convention de la métallurgie parisienne, rapporteur sur la loi des conventions collectives à la Chambre. Il est également négociateur dans le secteur des grands magasins et membre à la Chambre de la commission sur les armements.

Arrêté dans la nuit du 7 au 8 octobre 1939 — comme d'autres députés communistes qui soutiennent le pacte germano-soviétique —, déchu de son mandat de député le 20 février 1940, il est condamné le 3 avril à cinq ans de prison et à 4 000 francs d'amende. Ayant transité par 14 prisons, il finit par être transféré en mars 1941 au bagne de Maison Carrée dans la banlieue d'Alger. Libéré le 5 février 1943, trois mois après le débarquement allié en Afrique du Nord, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire d'Alger. Ce n'est qu'une fois sa déchéance annulée le 28 octobre 1944 qu'il peut siéger à l'Assemblée consultative provisoire, au titre de la CGT. À la Libération, il est élu membre des deux Assemblées constituantes (scrutins du 21 octobre 1945 et du 2 juin 1946) puis de l'Assemblée nationale de 1946 à 1951.

Croizat est ministre du Travail du général De Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946, puis ministre du Travail et de la Sécurité Sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (gouvernement Paul Ramadier, fin de la participation communiste au gouvernement). C’est à ce poste qu’il dirige la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraites, allocations familiales, et amélioration du droit du travail français, avec les comités d'entreprise, la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, le statut des mineurs.

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès… » déclarera-t-il dans son dernier discours à l'Assemblée Nationale en octobre 1950.

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mercredi 19 octobre 2016

Quand les alsaciens-mosellans étaient des réfugiés

Voilà qui devrait faire réfléchir quelques-uns

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L'offensive allemande  du 10 mai 1940 va jeter sur les routes des milliers de  personnes qui cherchent a fuir  les troupes allemandes, à ces civils des milliers de soldats sont présents, dans ce flot de civils et de militaires des Alsaciens et des Mosellans. En Alsace l'armée allemande bombarde les terrains d'aviation, les dépôts de munitions, des voies ferrées.

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En Lorraine leurs actions sont identiques. Devant l'ampleur du repli dans le nord et le nord est de la France, l'ordre est donné par le gouvernement de faire la même manoeuvre en Alsace. Le 11 juin l'artillerie se replie, de plus l'ordre est donné à tous les hommes de 17 a 55 ans de quitter l 'Alsace. Le 14 juin Metz est déclarée ville ouverte, les hôpitaux sont évacués, les banques fermées, les gendarmes sont partis. Le 19 la ville de Nancy  se déclare à son tour ville ouverte. En Alsace 900 canots avec des troupes allemandes franchissent le Rhin, le 15 au matin et le 16 c'est le repli. Le 17 Sélestat est pris, malgré les 32 ponts coupés par l'armée française, les troupes allemandes sont à Mulhouse le le 18, le 19 à Strasbourg .

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Certaines familles vont retrouver des parents, d'autres des amis, pour d'autres c'est un voyage vers l'inconnu. Il arrive que certains Alsaciens ou Mosellans sont  bousculés durant l'exode, les cas de plusieurs altercations furent signalés auprès des gendarmes,  mais  cela ne fut pas considéré comme important face à la masse des réfugiés. Pour  tous le but est de fuir l'avancée allemande. 82000 Mosellans, 33000 Alsaciens, fuient vers le sud-ouest, la Dordogne, le Périgord, etc... Ils partent à pied, avec quelques bagages, avec leurs charettes, la maman poussant le landau du bébé, sous le mitraillage et les bombes de l'aviation allemande.

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Mais aussi, sous les regards méfiants des habitants des communes traversées, si toutefois les élus ne leur interdisent pas le passage. Ils sont regardés comme des animaux sauvages, ces migrants qui parlent un dialecte allemand ou un français qui heurte à faire penser qu'il leur pousse des ronces sur la langue, parmi lesquels auraient pu s'infiltrer des nazis ! Des migrants qui auraient pu chaparder dans les champs, voire s'attaquer aux enfants ou aux femmes...

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Lors du recensement de 1936, la Dordogne comptait environ 387000 habitants. Elle en compte  500000 en 1940 avec les nombreux réfugiés, notamment alsaciens puis lorrains.  Ils sont logés dans les établissements scolaires, chez l’habitant, dans des grottes ou même des masures sans chauffage, sans électricité, parfois sans eau.

Ce n'est que peu à peu que des amitiés se sont liées avec la population locale. Aujourd'hui encore, de nombreux villages alsaciens ou lorrains sont jumelés avec des villages du sud-ouest.

ALQui peut prétendre, sous prétexte que des nôtres ont subi ces brimades, avoir le droit de traiter d'autres de la même sorte aujourd'hui ?

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mercredi 12 octobre 2016

Un camp de travail nazi méconnu en Alsace

Les camps de travail des nazis proches de nous sont connus : Struthof, Schirmeck, Sainte-Marie-aux-Mines. Moins connu est celui du sud du massif vosgien situé à Urbès, dans la vallée de la Thur.

urbesAprès le débarquement des alliés en Normandie, les nazis ont cherché pour leur industrie des lieux moins exposés aux bombardements aériens. Les moteurs d'avions Daimler étaient jusqu'alors fabriqués à Genshagen, près de Berlin. Le tunnel d'Urbès dans les Vosges (à 40 km de Mulhouse) devait être un lieu de repli provisoire.

Ainsi Urbès abrita un des 70 camps annexes du camp de concentration de Natzwiller-Struthof. Les premiers prisonniers y arrivèrent le 23 mars 1944. Le nom de code de ce lieu qui devait rester secret, était alors "A-10 Kranich". Peu à peu, de plus en plus de prisonniers furent acheminés dans cette arrière-vallée vosgienne. En mai 1944, ils étaient déjà plus de 1400 : polonais, russes, français, allemands, italiens, luxembourgeois. Parmi eux 500 Juifs, venus d'Offenbourg. Ce sont les prisonniers eux-mêmes qui ont construit leurs baraquements, avec une litière de paille comme chambre à coucher. A l'approche des Alliés à l'automne 1944, la plupart d'entre eux fut transférée à Neckaretz, un autre camp annexe du Struthof. Quant aux juifs, ils furent directement déportés au camp de concentration de Sachsenhausen.

Contrairement au tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines qui reprit après la guerre sa vocation ferroviaire de traversée des Vosges, celui d'Urbès resta à l'abandon, ne servant que de refuge aux chauves-souris. Mais depuis 1980, suite aux études réalisée l'historienne Arlette Hasselbach de Willer-sur-Thur, une cérémonie de commémoration a lieu tous les ans à l'entrée du tunnel. Un itinéraire mène à un mémorial à partir de la place de l'église d'Urbès. 16 panneaux d'information se trouvent sur le chemin avec des notices explicatives. A l'intérieur du bunker, des peintures retracent la vie des prisonniers.

Un luxembourgeois, Ernest Gillen, survivant de ce camp, a raconté lors de la commémoration : "En raison du risque de fièvre typhoïde, tout le camp devait être vacciné. Mais nous n'avons eu deux ou trois injections." Gillen a aussi signalé les passages à tabac qui avaient lieu plusieurs jours de suite quand une personne tentait de s'évader.

Un historien allemand de Rammersweier près d'Offenbourg a réalisé une étude sur l'origine des Juifs venus dans ce coin des Vosges. C'était pour la plupart des juifs polonais venus du ghetto de Varsovie, en passant par Treblinka, Lublin, Budzyn, Majdanek, Flossenbürg et enfin Urbès. Ceux qui à l'arrivée, étaient trop faibles et inaptes à travailler le métal, furent gazés. Quant aux autres travailleurs forcés, parmi lesquels des jeunes et des enfants, ils furent traités de façon humiliante, mal nourris, astreints à des travaux durs, et évidemment sans toucher le moindre salaire.

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lundi 12 septembre 2016

Ethiopie : l'histoire d'un régime ayant toujours résisté à la colonisation

Haïlé Sélassié, le négus mort deux fois

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Haïlé Sélassié est mort un peu moins d’un an après avoir été destitué. Étranglé, le 25 (ou le 27) août 1975, sur ordre de son tombeur, le colonel Mengistu Haïlé Mariam. Le dernier roi d’Éthiopie croupissait dans un cachot depuis sa déposition, le 12 septembre 1974, par la junte militaire « révolutionnaire ». Haïlé Sélassié était un mythe. Il devait en partie son prestige à un lignage exceptionnel. « Roi des rois », « Lion conquérant du royaume de Juda », « Élu de Dieu », chef du plus vieil empire du monde et du seul État africain à avoir toujours conservé son indépendance, le Négus se présentait comme le 225e descendant de la dynastie du roi Salomon et de la reine de Saba. 

Ce petit bonhomme à l’allure chétive mais au charisme réel était monté sur le trône d’Abyssinie en 1930. Il s’était fait connaître en résistant à l’assaut des troupes de Mussolini, en octobre 1935. Une résistance valeureuse mais sans espoir. Lâché par la Société des nations, l’empire de Haïlé Sélassié cède sous la pression des Italiens. Mais, de Londres, où il a trouvé refuge en mai 1936, le Négus, devenu un héros antifasciste, continue la lutte et rallie les soutiens. Habilement, il capte à son profit le sentiment de culpabilité des Européens, honteux d’avoir abandonné à son sort l’Éthiopie pour éviter d’avoir à se brouiller avec le Duce. Aidé par les Anglais et par ses patriotes, il prend sa revanche sur les Italiens et recouvre son trône en mai 1941. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Éthiopie a retrouvé ses « frontières historiques » et a récupéré l’Érythrée, sa façade maritime, colonie italienne depuis la fin du XIXe siècle. 

Sélassié, qui a symbolisé, mieux que tout autre, la volonté d’indépendance de l’Afrique, est un des pères du panafricanisme. Et c’est tout naturellement que l’OUA, à sa création, en 1963, fait d’Addis-Abeba son siège permanent. L’empereur, pour cultiver une image de modernisateur, a aboli l’esclavage dès son intronisation et doté le royaume d’une Constitution écrite. Mais, sous des dehors de monarchie parlementaire, l’Éthiopie reste un pays féodal, figé dans des structures archaïques. Le Négus règne sans partage en se jouant des clans rivaux qui se disputent ses faveurs. Ses ministres redoutent ses colères, et, en bons courtisans, préfèrent le flatter en lui mentant. Coupé des réalités, il ne prend pas conscience de la fragilité de son assise, et ne voit pas son pouvoir se déliter. En 1973, une famine tue des dizaines de milliers de paysans dans le Wollo et fait franchir un palier à l’exaspération populaire. Début 1974, les militaires, aiguillonnés par la frange réactionnaire de l’aristocratie, qui souhaitait les utiliser contre le Premier ministre Aklilou Apte Wolde, sortent des casernes. L’armée fait le vide autour d’elle. Les sous-officiers marxistes-léninistes prennent progressivement l’ascendant dans le courant de l’été 1974, et, en septembre, l’empire tombe comme un fruit mûr. En exécutant les hauts dignitaires et les princes, le régime de Mengistu révèle son vrai visage : celui d’une dictature rouge sang.

À la chute du communisme, en 1992, les restes de Haïlé Sélassié, ensevelis sous le bureau de Mengistu, sont retrouvés. En novembre 2000, des funérailles sont enfin organisées et le Roi des rois est inhumé dans la crypte de la cathédrale orthodoxe de la Trinité, à Addis. La cérémonie ne mobilise pas les foules. Mis à l’index par Mélès Zenawi, le tombeur de Mengistu, le nom de Haïlé Sélassié est tombé en disgrâce en Éthiopie. Ailleurs dans le monde, il continue de résonner chaleureusement grâce aux chants reggae des rastafariens, les adeptes de la religion syncrétique popularisée par Bob Marley. Pour les rastamen de Kingston, Jamaïque, qui ont fait le voyage par centaines pour ses funérailles, « King Sélassié », même mort, est toujours un prophète. (selon "Jeune Afrique") 

Juin 1936 : l'empereur d'Ethiopie Haïlé Sélassié se rend lui-même à Genève pour demander que la communauté internationale réagisse à l'agression italienne entamée en 1935 par Mussolini. Dénonçant l'utilisation massives des gaz toxiques par l'aviation italienne contre la population civile et les soldats éthiopiens, il prophétise le sort funeste des nations européennes face aux Etats fascistes et nazis.

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dimanche 12 juin 2016

1816 : année sans été

C'était il y a 200 ans : l'année 1816 fut dans l'hémisphère nord, et particulièrement dans la Rhénanie (Alsace et Pays de Bade) et en Suisse une année de phénomènes météorologiques violents, de pluies et d'inondations continues, avec comme conséquences de mauvaises récoltes, la faim, la pauvreté, et une grande vague d'émigration.

volcanLes catastrophes commencèrent en fait le 10 avril 1815 avec l'éruption volcamique du mont Tambora en Indonésie qui entraîna de nombreuses conséquences pour l'hémisphère nord, et notamment l'Europe. Mais la première conséquence fut un tsunami qui a provoqué la mort de plus de 100000 victimes autour du volcan.

journal1816

Les géologues estiment que d'énormes nuages de cendres et de gaz furent projetés jusqu'à 43000 mètres dans la stratosphère. Ils recouvrirent d'un voile de poussières et de particules de soufre l'atmosphère. Le rayonnement solaire fut amoindri pour plusieurs années avec des conséquences fatales telles la chute des températures, des nuages, de la brume, soit un temps fou : les années 1815 - 1820 furent parmi les années les plus froides de l'histoire récente.

L'Alsace et le Pays de Bade ont  dû endurer la faim et la pauvreté, autant à cause du climat que des 25 années de guerres révolutionnaires et napoléoniennes. L'année 1816 fut marquée par le froid sec jusqu'au mois de mai, suivi de pluies continues jusqu'à l'automne.

Dans nos vallées, le foin pourrissait dans les prés. Les cerises furent cueillies vers le 20 septembre, tandis que les raisins et les pommes n'arrivèrent pas à maturité. Beaucoup de champs restèrent inondés du printemps jusqu'au début de l'hiver. Les premières gelées apparurent dès le 15 octobre, avant même que les paysans n'aient pu penser au regain dans les prés. Le bétail mourait par manque de fourrage.

Famine

Dès le mois de novembre, il se remit à neiger et l'hiver était de retour. Les habitants ne connaissaient que la pauvreté, la faim, la détresse et la mort. Et ceci, bien que les soupes populaires ne furent jamais fréquentées par autant de monde. La variole et la dysenterie firent leur apparition. Il n'est donc pas étonnant que dès la fin de 1816 et le début de l'année 1817, dans la plaine rhénane près de 50000 habitants émigrèrent vers l'Amérique, ou parfois vers l'Europe de l'Est, où le climat était resté plus favorable.

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dimanche 1 mai 2016

Le muguet du 1er mai

Fête du Travail (Un peu d'histoire)

Ce muguet que l'on offre le 01 mai... le connaissez-vous ??? Vidéo avec un brin de saveur historique à visionner avec l'odeur… En écoutant la Lettre à Elise et Moonlight Sonata de Beethoven.

 

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