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jeudi 25 août 2022

Richard Cœur de Lion prisonnier à Haguenau

Capturé au retour de la 3e croisade, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion a séjourné à plusieurs reprises à Haguenau. Il y a été en 1193 le prisonnier et l’hôte d’Henri VI, empereur du Saint-Empire romain germanique.

haguenau

L’histoire est racontée sur les monumentaux vitraux, signés Léo Schnug, qui trônent à l’entrée du musée historique de Haguenau. Le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion a effectué, contre sa volonté, plusieurs séjours dans le château impérial de Haguenau, la Pfalz.

 Il est arrivé là au terme de la 3e croisade, dans laquelle il s’était engagé en 1189 avec l’empereur du Saint-Empire romain germanique Frédéric Barberousse et le roi de France Philippe Auguste. Objectif : libérer Jérusalem, dont Saladin s’était emparé deux ans plus tôt.

Accusé d’avoir trahi les croisés

Mais rien ne se passe comme prévu. Frédéric Barberousse, parti aves ses troupes de Haguenau, se noie en Asie Mineure avant d’arriver en Terre sainte. Les rois d’Angleterre et de France réussissent certes à prendre Saint-Jean d’Acre mais les relations entre eux s’enveniment et Philippe Auguste décide de rentrer en France. Richard, qui ne parvient pas à reprendre Jérusalem et s’inquiète des vélléités de son frère Jean sans Terre de le détrôner, finit par négocier une trève avec Saladin et prend lui aussi le chemin du retour. Victime d’une tempête, son bateau fait naufrage et il est capturé par le duc Léopold d’Autriche, qu’il avait humilié lors du siège de Saint-Jean d’Acre.

Henri VI, le successeur de Frédéric Barberousse, exige alors la remise du prisonnier avec qui il est en conflit pour la possession de la Sicile. Il décide de le faire comparaître devant un tribunal impérial. Le roi d’Angleterre est accusé d’avoir mené des tractations secrètes avec Saladin et d’avoir détourné l’héritage de Sicile qui devait revenir à Henri VI.

Leopold conduit d’abord son prisonnier à Haguenau en février 1193. Puis il le livre en grande pompe à l’empereur le mois suivant à Spire où se tient une diète impériale. Le roi d’Angleterre est ensuite emprisonné au château du Trifels dans le Palatinat, propriété de l’évèque de Strasbourg, en attendant son procès dont l’une des audiences a eu lieu à la résidence impérale de Haguenau.

La sentence est prononcée à Worms : Richard doit payer la somme colossale de 100 000 marcs d’argent. En attendant son versement, Richard est à nouveau enfermé au château de Trifels. Il fera ainsi plusieurs allers-retours entre sa résidence surveillée où les conditions de détention sont parfois difficiles, et le palais de Haguenau, au gré de l’humeur de l’empereur qui s’agace de ne pas voir la rançon arriver.

Lors de l’un de ses séjours en Alsace, il évoque son sort dans une lettre adressée à sa mère, Alinéor d’Aquitaine : « Je viens d’être libéré de ma prison du Trifels et je peux désormais vivre et séjourner à la Cour impériale de Haguenau où l’empereur et son épouse Constance me reçoivent avec les honneurs ».

Une somme colossale

C’est là qu’il passera les derniers mois à attendre que les barons anglais finissent par réunir et par verser la rançon entretemps réévaluée à 150 000 marcs. Le roi d’Angleterre est finalement libéré le 4 février 1194 après un an et six semaines de captivité.

La légende raconte qu’il se serait alors rendu en pèlerinage en Alsace pour déposer ses liens symboliques de captif en l’église Notre-Dame de la Délivrance de Niedermunster, l’abbatiale romane située au pied du mont Sainte-Odile, avant de repartir pour l’Angleterre.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que la fortune versée par Richard a permis à Henri VI d’organiser l’expédition militaire qui lui permettra enfin de prendre le contrôle du royaume de Sicile. Une expédition dont le départ a été donné en mai 1194 de Haguenau. (selon DNA du 16/8/22)

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vendredi 18 mars 2022

Le printemps de Prague

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jeudi 17 mars 2022

Roumanie : Ceaucescu, le "génie des Carpates"

Il y a trente-deux ans, la chute

ceaucescuIl y a trente-deux ans prenait spectaculairement fin la dictature officiellement communiste la plus singulière d'Europe : celle, en Roumanie, de Nicolae Ceausescu, qui y avait associé étroitement son épouse Elena. Pour l'histoire officielle, c'est une insurrrection populaire qui en est venu à bout.

La séquence qui voit basculer en neuf jours la Roumanie en cette toute fin des années 80 devant le monde ébahi s’ouvre par une insurrection populaire. Elle se conclut – provisoirement - en mascarade judiciaire et en exécution sordide.

Le 25 décembre 1989 en milieu de journée, après trente-quatre années de règne, Elena et Nicolas Ceausescu, sont abattus comme à la sauvette d’une rafale de kalachnikov, après une heure d’un simulacre de procès. La première, à son dernier instant, conspue ses bourreaux. Le second chante l’Internationale.

Vite délivrées aux médias, des images montées du procès et de son issue font aussitôt le tour du monde comme pour signifier la fin d’une époque, deux mois après la chute du mur de Berlin.
Fruit de la guerre et de Yalta
Comme pour nombre de pays de l’Est, l’entrée 44 ans plus tôt de la Roumanie dans la sphère communiste découle de la Seconde Guerre mondiale. Invasion nazie, instauration d’un régime collaborationniste. Résistance. Retournement à la fois intérieur et extérieur. Appui et intervention de l’Armée Rouge. Victoire aux bons soins de l’Union Soviétique de Staline.

Dans la logique du partage de l’Europe - décidé un peu plus tôt à Yalta entre les alliés - le Parti ouvrier roumain (communiste) s'empare du pouvoir en Roumanie en mars 1945. Bien que son roi Michel ait résisté aux nazis, la monarchie est abolie deux ans plus tard. La République populaire roumaine est proclamée le 30 décembre 1947. Elle devient membre du Pacte de Varsovie, alliance militaire autour de l’URSS face à l’OTAN des Occidentaux.

Homme d’appareil d’origine modeste, Nicolas Ceausescu devient Secrétaire général du Parti ouvrier roumain en 1965, à la mort de son prédécesseur. Le titre vaut direction du pays ; ce n’est qu’en 1974 qu’il y ajoute celui de président de la République. D’abord classiquement aligné sur Moscou, son régime, au fil des ans, se distingue des autres pays « satellites » notamment par sa condamnation, en 1968, de l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie.
Ceaucescu "Conducator"
C’est pourtant une dictature singulière qui se bâtit en Roumanie. Prenant le titre de « Conducator » (guide) emprunté à un prédécesseur fasciste, Ceausescu y associe étroitement son épouse Elena, scientifique. 

Passée de mode depuis la mort de Staline dans la plupart des pays « communistes », le culte de la personnalité atteint en Roumanie des sommets. « Génie des Carpates », « Firmament de l’Humanité », « Danube de la pensée », « Doux baiser de la terre »… Les médias nationaux rivalisent de superlatifs pour leur maître absolu.

Le Parti Communiste compte jusqu’à quatre millions de membres pour vingt-deux millions d’habitants. Une inflexible répression, assurée en particulier par la puissante Securitate, convainc les autres de se taire.

En 1984, plus de 500 hectares du vieux Bucarest sont rasés pour permettre l'édification d'un palais à l'architecture stalinienne supposé abriter l’ensemble des structures de pouvoir et leurs administrations : 365 000 mètres carrés, 1 200 pièces. Mobilisant selon une cadence pharaonique 20 000 ouvriers et 600 architectes, celui-ci sera bien bâti. Mais les Ceaucescu n’en profiteront pas.

Vent d’Est

Un vent nouveau s’est lèvé à l’Est en 1985, à la faveur de l’accession au pouvoir à Moscou de Mikhaïl Gorbatchev. Avec lui, des mots apparaissent : Glasnost (transparence), Perestroïka (changement, restructuration). Le mur de Berlin tombe en novembre 1989 et avec lui le rideau de fer. 

Gorbatchev échoue à convaincre Ceausescu de procéder à la mue qui pourrait le sauver. Le 3 décembre, lors d’une réunion du Pacte de Varsovie, c’est Ceausescu qui tance le président soviétique et lui inflige une leçon de stalinisme. Selon l'historienne Catherine Durandin (1), Moscou donne alors son feu vert à la chute d’un régime que nombre de ses cadres – y compris de son appareil sécuritaire – ne veulent plus défendre. 

Insurrections

ceaucescu4La révolution commence à Timisoara, grande ville de Transylvanie, tout à l’Ouest du pays et proche des frontières yougoslaves et hongroises. Le 16 décembre, une foule prend la défense d’un pasteur protestant menacé de déplacement administratif par la Securitate.

Dans la soirée, la protestation vire à l’émeute. Les forces armées ouvrent le feu. Grève des grandes entreprises le lendemain. L’émeute devient insurrection. La répression se poursuit mais, le mercredi, des fraternisations ont lieu entre soldats et manifestants.

Un comité révolutionnaire prend le pouvoir. Timișoara est déclarée le 19 décembre première « ville libre » de Roumanie. Les combats font entre cinquante et cent morts, très loin des milliers inventés par des médias occidentaux (voir encadré).

Timisoara n’est pas la seule ville en proie aux troubles mais les récits de son émeute, amplifiés par les radios étrangères, gagnent la capitale Bucarest.

Le 21 décembre, un rassemblement de masse y est organisé par le régime. Il tourne à la manifestation hostile de plus de 100 000 personnes. Ceausescu, venu se faire acclamer à son retour d’un voyage officiel en Iran y est hué et doit se retirer.

Dans la soirée, des chars prennent position dans la ville en ébullition. Vers minuit, des blindés légers ouvrent le feu : trente-neuf morts.

  Cavale

Le lendemain, la foule investit le siège du Parti communiste. Le couple présidentiel fuit à bord d’un hélicoptère après avoir menacé le pilote. Peut-être faute de carburant, l’hélicoptère se pose à une cinquantaine de kilomètres. Selon, une autre version, le pilote était contrôlé par la Securitate, qui aurait décidé de livrer les Ceausescu. Ces derniers seront finalement arrêtés dans l’après-midi du 22 décembre par des militaires ralliés au changement– non sans quelques heures d’hésitation selon certains récits - puis transférés sur une base militaire. La nouvelle se répand.

A Bucarest, des groupes armés s’opposent dans une complète confusion. Une structure et quelques figures émergent dans les derniers jours : le Front du Salut National, un petit groupe clandestin d’opposants constitué durant l’été précédent ; Ion Iliescu, son fondateur, communiste gorbatchévien ; Petre Roman ingénieur formé en France. Ils sont rejoints par des éléments du régime et de la Securitate.

Le 24 décembre, alors que des combats sporadiques se poursuivent dans la capitale, une grande part des forces de répression opère sa conversion à la « démocratie ». Le Front du Salut National, lui, renonce au socialisme. 

Mascarade

C’est pourtant bien à la « stalinienne » que sont jugés, le 25 décembre, Nicolae et Irina Ceausescu. Tribunal improvisé dans la base militaire où ils sont détenus, composé de de trois hommes du régime. L’un d’eux est l’organisateur du procès : le général Victor Atanasie Stănculescu, qui a fait tirer sur la foule les jours précédents. Audience secrète mais filmée. Elle dure près d’une heure et demi mais les images enregistrées n’en retiennent que 55 minutes.

Le couple est accusé, notamment, des "massacres" de Timisoara. Un peu hagard, il semble ne pas comprendre la situation. Il récuse – non sans raisons – la compétence du Tribunal. Elena, en particulier, insulte ses juges. Ceux-ci, de leur côté soutiennent une accusation décousue.

La sentence est sans surprise, et sans appel : la mort. Elle est exécutée immédiatement à l'extérieur de la salle. Des images montrent les visages éteints des anciens maîtres de la Roumanie.

 

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mercredi 16 mars 2022

Pologne : il y a 40 ans, le général Jaruzelski décrétait l’état de guerre

Le 11 décembre 1981, devant la montée des aspirations démocratiques impulsées par Solidarność, le gouvernement, impuissant, proclame la loi martiale. La bataille du syndicat de Lech Walesa déclenchera une vague de révolutions pacifiques anti-communistes en Europe de l'Est, aboutissant à la chute du bloc soviétique en 1989.

pologne3La bataille polonaise contre le pouvoir communiste, contrôlé par Moscou, démarre à l'été 1980 par une grève générale initiée par les ouvriers des chantiers navals de Gdansk, qui protestent contre la pénurie de vivres et le manque de démocratie. Le mouvement paralyse le pays.

Accords de Gdansk

Le 31 août 1980, Lech Walesa, leader de cette fronde, à la tête du syndicat ouvrier indépendant Solidarność (Solidarité), signe avec le gouvernement communiste les accords de Gdansk pour mettre fin aux troubles. Ces accords prévoient notamment des augmentations salariales, la semaine de travail de 5 jours, le droit de grève, l'autorisation de création de syndicats indépendants et la reconnaissance officielle du syndicat Solidarność, effective le 24 novembre 1980.

Mais les promesses ne sont pas tenues. Grèves et violences reprennent de plus belle. Devant la montée des aspirations démocratiques, le gouvernement, impuissant, proclame l’état de siège le 13 décembre 1981 : “La Pologne sous la botte polonaise”, titre la une de “Sud Ouest”, le 14 décembre.

pologne4Officiellement le décret se voulait une réaction à la difficile situation économique et à la menace sur la sécurité énergétique du pays. Dans la réalité, le régime communiste polonais redoutait la perte du pouvoir, notamment face au rôle grandissant du syndicat Solidarność et ne voulait pas une répétition de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968. 6 000 syndicalistes sont arrêtés, y compris le populaire Lech Walesa, et  Solidarność, fondé dix-huit mois plus tôt est dissous. L’émotion est immense dans le pays comme en Occident. La loi martiale restera en vigueur jusqu’au 22 juillet 1983. Tout au long de cette période, les Polonais souffriront des restrictions des libertés dans leur vie quotidienne. Un certain nombre d’entre eux prendront la douloureuse décision de quitter leur pays, quitte à ne pas pouvoir revoir leur famille et leurs amis durant plusieurs années.

La bataille de Solidarność pour la démocratie durera huit ans, jusqu'aux accords historiques signés le 5 avril 1989 entre les communistes au pouvoir et le syndicat ouvrier.

pologne2Ils prévoient la création d’un véritable poste de Président de la République, la restauration du Sénat, l’instauration d’un Conseil national de la magistrature, la clarification des pouvoirs de la Diète (Chambre des députés) et surtout, une nouvelle loi électorale qui devait permettre plus de pluralisme et de liberté aux électeurs.

Enregistré comme parti légal le 17 avril, Solidarność triomphera aux élections législatives des 4 et 18 juin 1989. Lech Walesa, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1983, succèdera au général Wojociech Jaruzelski à la présidence de la Pologne, de 1990 à 1995.

Illégal

Après la chute des régimes communistes en Europe, le parlement polonais a admis en 1992 que la proclamation de l’état de siège en 1981, était illégale. Le 17 avril 2007, les responsables de son instauration en Pologne (les généraux Wojciech Jaruzelski, Czesław Kiszczak et sept autres personnes) ont été officiellement inculpés pour « crime communiste ».

 

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mardi 8 mars 2022

Le 4 novembre 1956 : les chars soviétiques entrent dans Budapest

Il y a 66 ans les troupes russes envahissaient la Hongrie pour réprimer brutalement l'insurrection du pays, qui revendiquait sa liberté et son émancipation.

budapestDes chars, du sang, la liberté confisquée. Le 4 novembre 1956 à l'aube, une vaste offensive soviétique est lancée pour écraser «la révolution hongroise» qui a débuté mi-octobre. L'artillerie pilonne Budapest, 1.500 chars russes entrent dans la capitale. C'est le début d'une répression terrible, sanglante, qui conduira à l'anéantissement des aspirations d'indépendance et de liberté du peuple hongrois.

Tout a commencé parune immense manifestation  étudiante à Budapest le 23 octobre 1956. Les revendications de la jeunesse sont au départ simplement réformistes. Mais le mouvement, rejoint par les ouvriers et les intellectuels, devient une révolte nationaliste et anti-communiste: le peuple rejette la tutelle soviétique. En effet depuis 1955 et la signature du Pacte de Varsovie, une alliance militaire défensive entre l'U.R.S.S. et sept états communistes-, des troupes soviétiques stationnent en Hongrie. Et surtout les insurgés contestent l'intervention de Moscou dans la vie politique du pays. Comme ce fut le cas en avril 1955 lorsque le premier ministre, Imre Nagy, est démis de ses fonctions en raison d'une politique jugée trop libérale.

L'illusion de la victoire

En quelques jours l'insurrection balaie le régime des Staliniens en place. Sous la pression populaire Imre Nagy revient au pouvoir. Il doit rétablir les libertés fondamentales et mettre en place une démocratie parlementaire. Pendant une dizaine de jours les chars soviétiques interviennent épisodiquement, donnant l'illusion de ne pas prendre parti dans les affaires intérieures hongroises. Les blindés se retirent même de la capitale le 1er novembre. Mais lorsque Imre Nagy constitue un gouvernement d'union nationale, annonce que son pays quitte le Pacte de Varsovie, déclare la neutralité de la Hongrie et le souhait de négocier le retrait des troupes russes, c'est inacceptable pour le Kremlin. Le point de non-retour vient d'être franchi.

Une répression féroce

À 4 heures du matin, ce funeste dimanche 4 novembre 1956, les troupes soviétiques lance l'offensive générale sur Budapest. Le premier obus tombe sur la banlieue ouvrière de la capitale, Csepel-la-Rouge. C'est une attaque massive, sanglante. La ville est sous le feu de l'artillerie, de l'infanterie et de nombreuses divisions de blindés. Les troupes hongroises sont vite en difficulté. Mais les Budapestois se battent héroïquement: les combats de rues font rage, la population attaque les chars derrière les barricades, depuis les immeubles. Le sang coule. En quelques heures, la ville est occupée, les points stratégiques sont sous contrôle, les communications coupées.

Des S.O.S. lancés au Monde

budapest1Peu après le début de l'intervention soviétique, le Premier ministre Nagy prononce un vibrant discours sur Radio-Budapest: «Ici, Imre Nagy, président du conseil des ministres de la République populaire hongroise. Aujourd'hui à l'aube, les troupes soviétiques ont lancé une attaque contre notre capitale dans l'évidente intention de renverser le gouvernement démocratique hongrois légal. Nos troupes se battent. Le gouvernement est à son poste. J'en informe le peuple du pays et l'opinion publique mondiale». Il lance plusieurs appels aux secours à la communauté internationale, radiodiffusés en différentes langues. Mais le monde reste sourd. Aucun pays n'intervient directement contre l'U.R.S.S. L'Ouest tourné vers la crise du Canal de Suez qui se déroule au même moment, se contente de protestations verbales.

La liberté emprisonnée

Un nouveau «gouvernement révolutionnaire ouvrier et paysan» est instauré par les Soviétiques le jour même. Il est dirigé parJanos Kadar, premier secrétaire du parti communiste hongrois. Le nouveau dirigeant referme les frontières du pays: le «rideau de fer tombe». Le bilan humain de ce drame hongrois s'élèverait entre 1.800 et 2.000 personnes tuées à Budapest.

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dimanche 6 mars 2022

Bob Denard, mercenaire français

Un exemple pour les "groupes Wagner" de Poutine

bobRobert Denard, dit Bob Denard, né le 7 avril 1929 à Bordeaux et mort le 13 octobre 2007 à Pontault-Combault en Seine-et-Marne, est un mercenaire français. Il est impliqué dans de nombreux coups d'Etat en Afrique de la période des indépendances vers 1960 jusqu'en 1995.

Robert Denard est fils d'un militaire (Léonce Denard) des troupes coloniales. À 16 ans, en octobre 1945, il s'engage dans la marine. Breveté matelot mécanicien, il part ensuite comme volontaire pour l'Indochine en tant que matelot seconde classe. Les modalités de son passage de la spécialité de mécanicien à celle de fusilier marin restent inconnues. Devenu quartier-maître dans les fusiliers marins en Indochine, il quitte l'armée en 1952 après une altercation dans un bar et accepte une place de conducteur d'engins et de mécanicien au Maroc. Il entre ensuite dans la police de ce pays qui se trouve toujours sous protectorat français. Accusé d'avoir participé à un complot pour assassiner le Président du Conseil Pierre Mendès-France, Bob Denard passe 18 mois en prison.

À partir des années 1960, il intervient dans les tumultueux conflits post-coloniaux. Il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires au Yemen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores.

De 1960 à 1963, il sera l'un des chefs des « affreux » de l'Etat du Katanga soutenant Moïse Tschombé qui vient de déclarer l'indépendance du Katanga, une ancienne province du Congo belge, le 11 juillet 1960. Il s'est notamment distingué en faisant défiler tous ses officiers, qu'ils soient noirs ou blancs, dans une stricte égalité (jusque-là, les blancs passaient en premier). Le 21 janvier 1963 lors de la chute de Kolwezy et de la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l'accord du régime portugais. Ils seront rapatriés en France où ils seront accueillis par les gendarmes.

Puis, il part d’août 1963 à la fin 1964 pour le Yemen7 avec 17 mercenaires, dont les célèbres Roger Faulques et Jacques Frezier, anciens officiers parachutistes de la Légion étrangère, dans la 1re armée royaliste, financée par l'Arabie saoudite, contre les républicains soutenus par 40 000 soldats égyptiens envoyés par Nasser.

Bob Denard revient fin 1964 dans l'ex-Congo belge, à la tête du 1er choc qu'il met sur pied le 22 février 1965. En recrutant des mercenaires européens ainsi que des Katangais, il forme une petite troupe qui prend le surnom de « Katangais ». Elle contribue à la victoire sur les rebelles communistes menés par Gbenie, Soumialot et Mulele, largement due au colonel Schramme et à son Bataillon Léopard. Jean Schramme, instructeur et commandant du « Bataillon Léopard » où il atteint le grade de colonel, décrit Bob Denard comme un lâche et un irresponsable qui n'a jamais fait partie du Bataillon Léopard. Ses erreurs de commandement seraient à l'origine de lourdes pertes dans les rangs des mercenaires qu'il dirigeait.

Il est recruté en 1970 par le roi du Maroc, Hassan II, pour renverser le régime de Kadhafi en Libye. Deux cents hommes acheminés de Sicile préparent un débarquement sur les côtes libyennes mais l'opération est soudainement annulée par Rabat.

L'homme fort des Comores

bob1Denard intervient une première fois dans la république des Comores décidé de son indépendance à hauteur de 95 % des voix.

En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d'Etat destinée à renverser le régime de la république populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti en 1977 pour déstabiliser le régime des Seychelles.

La même année, lors d'une rencontre avec Ahmed Abdallah, réfugié en Afrique du Sud et au renversement duquel il avait participé, Bob Denard propose de l'aider à retrouver son fauteuil de président, avec le feu vert des puissances concernées. Le plan initial prévoit d'utiliser un appareil sud-africain décollant de Rhodésie, mais doit être abandonné en raison du refus du Mozambique de laisser utiliser son espace aérien. Le 13 mai 1978, Bob Denard débarque donc aux Comores à bord d'un ancien navire océanographique avec 43 hommes pour renverser le régime marxiste révolutionnaire de Soilih et rétablit alors Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih est exécuté d'une balle dans la tête à le 29 mai 1978 à l'issue de ce qui est présenté comme une tentative d'évasion.

Bob Denard s'occupe dès lors d'organiser une garde présidentielle forte de 600 Comoriens encadrés par une poignée d'officiers européens. Cette unité entre en concurrence avec les forces armées comoriennes. Il se marie sur place, se convertit à l'islam, s'occupe de développement (construction de routes, ferme de 600 ha à Sangali, etc.). Son autorité est alors incontestée. Il se tourne également résolument en direction de l'Afrique du Sud pour trouver le soutien, notamment financier, dont il a besoin. La république fédérale islamique des Comores devient le centre d'un réseau parallèle qui permet à l'Afrique du Sud, sous embargo international, de se fournir en armes. Elle sert également de base logistique à l'Afrique du Sud pour ses opérations militaires contre les pays africains qui lui sont hostiles : le Mozambique et l'Angola. De son côté, le régime de l'apartheid règle depuis 1989 les soldes des membres de la Garde présidentielle.

Jusqu'à la mort d'Abdallah, dont il est chargé de la sécurité, et même si ses apparitions publiques se font très rares après 1985, Denard joue en coulisses un rôle considérable dans la vie publique comorienne. Il est surnommé le « vice-roi des Comores » et règne de facto pendant 10 ans sur l'archipel.

Avec le soutien de l'Afrique du Sud, il forme un corps de mercenaires appelé à intervenir à la demande de Pretoria ou de Paris. Celui-ci sera déployé seulement au Tchad, en 1981-1982, pour appuyer la rébellion de Hissène Habré.

En 1989, Ahmed Abdallah signe un décret donnant l'ordre à la Garde présidentielle, dirigée par Denard, de désarmer les forces armées pour cause de coup d'État probable. Quelques instants après la signature du décret, un officier des forces armées serait entré dans le bureau du président Abdallah et l'aurait abattu, blessant également Bob Denard. Blessé, impopulaire et accusé de meurtre, il négocie son départ pour l'Afrique du Sud.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard renverse le nouveau président comorien Mohamed Djohar (élu en 1990) avec une trentaine d'hommes débarqués en Zodiac avec son protégé Sauveur Farina, tireur d'élite, ainsi que le lieutenant Blancher Christophe, son pilote privé arrivé quelques heures plus tôt, il avait pour mission d’exécuter plusieurs navettes entre l'île de Mohéli et l'île de la Grande Comore, personne à ce jour ne connait exactement la véritable mission du lieutenant Blancher et de ses multiples rotations entre les îles à bord de son Cessna 172. Bob Denard ouvre aux journalistes le vieil aéroport de Moroni et son camp retranché de Kangani pour éviter l'intervention de 600 hommes des forces françaises (GIGN, commandos Marine de Djibouti, 2e RPIMa). Cerné, il négocie une amnistie pour les insurgés avant sa reddition et la préparation de son procès.

bob2Participation au génocide du Rwanda

Contacté par le gouvernement hutu en 1994, malgré les réserves de la DGSE qui tente de le dissuader d'intervenir dans le camp du génocide, Bob Denard dépêche des hommes pour certaines missions. Si ses agissements restent assez méconnus, il reçoit au moins un versement de plus d’un million de francs par chèque bancaire.

De retour en métropole, il se retire dans le  Médoc, où il rêve de construire un musée de la décolonisation. En 1999, Bob Denard s'installe à Chennevières-sur-Marne. Il s'y remarie le 21 mai 2005.

Il doit cependant faire face à de nombreuses procédures judiciaires ainsi qu'à des ennuis d'argent et de santé.

Plusieurs journalistes ont essayé de le rencontrer quelques années avant sa mort, pour lui demander des informations sur sa vie, afin d'en faire un livre. Au début, il refusa de les voir, estimant être capable de rédiger ses mémoires seul, dans lesquels il promettait de nombreuses révélations. Mais il fut progressivement gagné par la maladie d'Alzheimer, qui rendit confuse sa mémoire sur les événements passés.

Il meurt le 13 octobre 2007 dans le dénuement le plus total, d'un arrêt cardiaque, emportant avec lui une partie de ses secrets et sans jamais avoir été emprisonné.

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dimanche 10 octobre 2021

L'Ungersberg

L'Ungersberg, lieu historique du Centre-Alsace : c'est de là qu'est partie la guerre des paysans en 1525.

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mercredi 15 septembre 2021

Près de Naples, plongée sous-marine dans les villas de riches Romains

Des poissons nagent au-dessus de mosaïques et entrent dans la taverne où les résidents venaient se distraire dans la ville de Baiae, une villégiature très prisée à l'époque romaine et devenue aujourd'hui un parc archéologique sous-marin près de Naples.

naplesLes statues qui ornaient autrefois de luxueuses villas sont devenues des terrains de jeu pour les crabes des côtes ensoleillées de cette partie du sud de l'Italie, où les plongeurs peuvent désormais explorer les ruines des palais et thermes construits pour la haute société de l'Empire romain. Dès le IIème siècle avant Jésus-Christ, la noblesse romaine se pressait pour profiter des sources d'eau chaude de Baiae, située dans les champs Phlégréens (un nom venant du grec signifiant "champs brûlants"), une région volcanique au nord-ouest de Naples.

Sept empereurs, dont Auguste et Néron, y disposaient de villas, tout comme Jules César et son rival Marc-Antoine. Le poète Properce (47-14 avant JC) a décrit Baiae comme un lieu de vice "ennemi des créatures vertueuses".

Ici, "les hommes âgés se comportent comme des adolescent, et beaucoup d'adolescents se conduisent comme des adolescentes", notait l'écrivain Varron (116-27 avant JC).
Mais progressivement les portiques, les colonnes de marbre, les autels et les bassins d'agréments se sont enfoncés en raison du bradyséisme, un phénomène se traduisant par une baisse lente du niveau du sol causée par l'activité volcanique inhérente à cette région.

La zone toute entière, y compris la ville voisine de Pouzzoles et le port militaire de Misène, a été submergée par les flots, et leurs ruines se trouvent maintenant à une profondeur de 4 à 6 mètres sous la mer.

- "Unique" -

"Il est difficile, surtout pour ceux qui viennent pour la première fois, d'imaginer qu'on peut trouver des choses qu'on ne pourrait jamais trouver ailleurs dans le monde à quelques mètres sous la surface de la mer", explique à l'AFPTV Marcello Betoslaso, directeur du centre de plongée des champs Phlégréens, qui guide les touristes sur ce site exceptionnel.
"Les plongeurs aiment découvrir des choses très spéciales, mais ce qu'on peut découvrir ici est quelque chose d'unique", soouligne-t-il.

Le site, qui s'étend sur 177 hectares sous les eaux, est une zone maritime protégée depuis 2002, une décision qui avait mis fin à l'âge d'or des pilleurs toujours en quête de précieux vestiges. Il n'était pas rare que les pêcheurs eux aussi en ramènent quelques-uns dans leurs filets. Sous l'eau, on peut facilement découvrir sous une fine couche de sable une superbe mosaïque d'une villa ayant appartenu à Caius Calpurnius Piso, connu pour y avoir comploté contre Néron.

En explorant plus avant sur les traces de l'ancienne route côtière reconnaissable à ses pavés, on passe à côté d'anciennes thermes ou de magasins. Des rayons de soleil percent à travers l'eau, éclairant des statues. Ce ne sont cependant que des répliques, les originaux se trouvant désormais à l'abri dans un musée. "Lorsque nous explorons de nouvelles zones, nous enlevons délicatement le sable là où nous pensons qu'il y a un sol, nous le répertorions et nous le recouvrons", raconte l'archéologue Enrico Gallocchio.

"Si nous ne le faisons pas, la faune marine et la flore s'attaqueront aux vestiges, alors que le sable les protège", précise-t-il. "Les ruines importantes ont été facilement découvertes en enlevant un peu de sable, mais il y a des endroits où les bancs de sable pourraient être de plusieurs mètres d'épaisseur. Il existe encore sans aucun doute de nombreux vestiges à découvrir", se réjouit-il. (selon AFP)

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dimanche 12 septembre 2021

La Lordonbahn

Train militaire, appelé "le tacot",  circulant entre Villé et le col d'Urbeis de 1914 à 1918.

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dimanche 5 septembre 2021

Le Haut-Koenigsbourg

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