remparts

dimanche 3 février 2019

Patrimoine mondial de l’Unesco

L’Algérie veut sauver ses pyramides 

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Vieilles parfois de plus de 16 siècles, les djeddars de Frenda sont 13 pyramides érigées dans le nord de l’Algérie qui souhaite aujourd’hui les inscrire dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les 13 monuments érigés entre le 4e et le 7e siècle, ont des bases carrées de pierre et sont surmontées de monticules anguleux rappelant des pyramides. Ils sont juchés sur deux collines voisines près de la ville de Tiaret, à environ 250 km au sud-ouest de la capitale Alger.

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L’obtention du statut de patrimoine mondial de l’Unesco est long et demande un dossier bien préparé. Le ministère de la Culture algérien a déclaré que la candidature des djeddars de Frenda serait déposée au cours du premier trimestre 2020. Des experts du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques ont travaillé sur le dossier.

A travers son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, l’objectif est de « préserver cet héritage, d’une valeur inestimable et d’un héritage ancestral« , a déclaré Mustapha Dorbane, professeur à l’Institut d’archéologie de l’Université d’Alger 2. Lors de la construction des Jeddars, les rois berbères régnaient sur la région dans de petits domaines dont l’histoire est mal connue et dont il reste peu de traces. Ce fut une période de grande agitation pour l’ancienne province romaine de Numidie, l’effondrement de l’empire occidental de Rome, l’invasion des troupes vandales et byzantines et la pénétration des forces arabes à travers l’Afrique du Nord.

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Construits entre le IVe et le VIIe siècle, ces monuments éloignés ont été en grande partie ignorés, livrés aux ravages du temps et des pilleurs. Certains chercheurs estiment que les tombes sont des lieux de repos pour la royauté berbère. Les Jeddars renferment une ou plusieurs pièces (jusqu’à 20 pour le plus grand) reliées par un système de galeries avec des chambres funéraires.

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle et les premières explorations archéologiques modernes en Algérie, provoquées par le colonialisme français, que les Djeddars ont commencé à attirer l’attention. Les troupes françaises et les autorités coloniales ont commencé l’exploration de neuf des tombes en 1865. L’archéologue algérien Rachid Mahouz, qui a consacré cinq ans à sa thèse de doctorat sur les tombes, déplore le manque de recherches consacrées aux « merveilles » du pays. « Les archives françaises sur les Djeddars ne sont pas disponibles et les objets et ossements trouvés pendant la période coloniale ont été transportés en France », a déclaré Rachid Mahouz.

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jeudi 10 janvier 2019

République et violences

1792 : Première république (appelée "la Convention") : Elle fait suite à la prise des Tuileries !

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1848 : Deuxième république (à la suite de la révolution de la même année et des nombreuses barricades à Paris).

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1872 : Troisième république, née après la guerre de 1870/71 et de la révolte de la Commune (rappelons-nous les événements du cimetière du Père Lachaise).

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1945 : Quatrième république, après la guerre de 1939 - 1945.

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1958 : Cinquième république, née après les attentats de l'OAS et le putch d'Alger !

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Et la 6ème République, appelée de leurs voeux par de nombreux français ? Qu'en sera-t-il ? La violence est condamnable, sera-t-elle évitable, malgré les durcissements de la loi prévus par le trio Macron - Philippe - Castaner ? Un régime, bâti dans la violence, ne risque-t-il pas d'engendrer ses propres violences ?

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mardi 8 janvier 2019

Pour les "gilets jaunes", un peu d'histoire locale

Le Bundschuh dans le Val de Villé

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Plusieurs lecteurs de ce blog ont trouvé l'article concernant la comparaison des "gilets jaunes" et le Bunschuh très intéressant, voici ce qu'en disait à la fin du XIXème siècle, l'abbé Th. Nartz, curé de Steige :

"1493, dès le début de l'année, des mécontents, des égarés, des gens perdus se rassemblent. Ce sont des gens de Schlestadt, de Dambach, d'Epfich, d'Andlau, de Châtenois, de Scherwiller, de Dieffenthal, du Comte-Ban, du Val de Villé, qui ne devaient pas manquer d'éléments revêches. Les Müllenheim, les moines de Honcourt, voilà des gens bien nombreux exploitant le peuple paysan ! Des plaintes de s'échanger, des conciliabules de se tenir, des attroupements de s'organiser : la conspiration est en route.

Bientôt, un rendez-vous commun, mais secret, est pris, pour plus d'entente et plus de sûreté. Il a lieu dans l'Untersberg, qui dorénavant sera nommé le Hungersberg (aujourd'hui l'Ungersberg). Les plus résolus des mécontents devinrent les chefs de la conspiration : Hans Uhlmann, ancien bourgmestre de Schlestadt, Jacques Hanser, de Blienschwiller, et Nicolas Ziegler, de Stotzheim. Ils décidèrent de supprimer les juridictions établies, de ne payer aucune dette, d'abolir les péages, taxes sur le vin et autres contributions, de n'acquitter que les impôts qu'on voudrait, de confisquer les biens des riches, de réduire les prêtres à un seul bénéfice qui ne dépassât pas 50 ou 60 florins par an. 

Leur plan d'exécution : prendre d'abord Schlestadt, puis soulever la Haute-Alsace, en demandant une aide militaire aux confédérés suisses. Les opérations devaient être entamées dans la semaine sainte. Mais la conspiration ne put rester cachée et les rebelles furent battus dans leur refuge de l'Hungersberg même. 

Uhlmann réussit à s'enfuir du massacre; il gagna Bâle où il fut arrêté, jugé et écartelé. Il déclara devant ses juges que l'alliance des peuples n'en triompherait pas moins tôt ou tard. Tous les prisonniers qui avaient été faits à l'Hungersberg furent punis : aux uns on coupa les doigts, d'autres furent bannis, d'autres furent mis à l'amende."

Et si nos "gilets jaunes", en mémoire de leurs ancêtres, organisaient une marche pacifique jusqu'au sommet de l'Ungersberg ? Voilà qui ferait parler d'eux et de leurs revendications, le tout sans violences. Une proposition de revendication : on augmente toujours les salaires en pourcentages, et ce sont les plus riches qui gagnent le plus ! Alors pourquoi pas une loi instituant "l'augmentation uniforme des salaires et des pensions" ? Une vieille revendication de mai 68 qui mériterait d'être reprise !

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samedi 5 janvier 2019

Bien avant les gilets jaunes, le "Bundschuh" (1493)

Dans les deux cas, l'exigence d'un droit naturel absolu ?

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Le "mouvement Bundschuh", qui en 1493 a touché le sud de l'Allemagne et l'Alsace, notamment le Centre-Alsace, a débouché sur la Guerre des Paysans (1524-1526). Il marque de curieuses similitudes avec le mouvement et les revendications des Gilets jaunes. Ces deux événements historiques soulignent l'exigence de revendications populaires et la nécessité d'institutions démocratiques robustes pour soutenir et accompagner l'élan du peuple. Les raisons du mouvement Bundschuh et de la guerre elle-même sont inscrites dans les conditions de vie très dures auxquelles étaient soumis les paysans. Les classes populaires étaient assommées d'impôts, de corvées et subissaient les régulières vexations découlant de leur condition de serfs.

Le mouvement Bundschuh présente avec les "Gilets jaunes", manifestant à Paris et occupant à l'heure actuelle différents ronds-points en France, de curieuses analogies. La première de ces analogies est inscrite dans le nom des mouvements. Les "Gilets jaunes" attirent l'attention sur une pièce d'habit généralement utilisée sur les routes pour refléter la lumière et donc signaler la présence d'une personne sur la chaussée ou indiquer un éventuel danger. C'est à la fois un signe d'alarme et une mesure visuelle de protection. Le gilet jaune n'est pas un costume élégant, au contraire il s'inscrit dans un cadre de travail ou d'accident ce qui lui confère un aspect grave et sérieux.

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Le symbole du Bundschuh provenait quant à lui des chaussures en cuir nouées que les paysans portaient dans la zone géographique du Rhin supérieur. Cette chaussure qui référait distinctement au monde paysan et à ses modes de vie contrastait avec les bottes plus raffinées des seigneurs mais aussi avec leurs éperons de chevaliers. Le Bundschuh, comme chaussure, était un marqueur social et l'image de cette chaussure devint, élevée en bannière, un signe de ralliement. Le gilet jaune fonctionne de manière semblable, c'est une pièce de l'habit de travail si l'on est routier, cheminot, maçon ou ouvrier. Son jaune vif contraste avec l'élégance du "costard" costume porté par les professions libérales et la bourgeoisie d'affaires. D'ailleurs Emmanuel Macron, président de la République française, a conféré au costume trois pièces un prestige évident en spécifiant publiquement que c'est grâce à un travail dûment accompli que l'on acquérait un tel costume signe d'adoubement par la société du travail.

Le mouvement Bundschuh et celui des Gilets jaunes présentent bien d'autres analogies significatives ce qui contribue à enraciner ces deux manifestations populaires dans une histoire du temps long qui illustre les luttes idéologiques liées à l'obtention des libertés populaires. Cependant ce qui crée un lien particulier entre ces deux mouvements c'est qu'ils signalent par leur radicalisme un changement d'époque évident. Les paysans révoltés de l'Allemagne du Sud-Ouest entraient de plein pied dans une nouvelle époque spirituelle, celle de la Réforme de Luther; comme dans une nouvelle société européenne, celle générée par les Grandes Découvertes et les innovations scientifiques déjà amorcées par quelques ingénieux savants et humanistes. Un des portes-parole et réformateur de conscience des paysans, Thomas Munzer, illustre cette nouvelle intelligentsia humaniste. Issu d'une famille très pauvre, ayant perdu son père très tôt arbitrairement exécuté par un seigneur local, Thomas Munzer avait pu bénéficier néanmoins d'une solide formation théologique et scientifique ce qui le conduira à la Réforme jusqu'à ce qu'il rompe avec Martin Luther. Rejetant l'indulgence de Luther à l'égard des princes allemands, Munzer prônera une doctrine plus exigeante qui associe revendications sociales et réforme spirituelle.

Les historiens ont vu dans la doctrine de Thomas Munzer l'expression d'un "droit naturel absolu". En effet ne va-t-il pas jusqu'à associer la parole du Christ avec l'expression de la volonté égalisatrice des revendications paysannes. Il est possible de lire au premier article de la liste des revendications que les paysans feront circuler au plus chaud de leur soulèvement entre 1524 - 1526 cette réclamation :

"L´Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres".

Ce qui indique clairement un éveil de conscience: le message évangélique est réclamé mais on se méfie dorénavant des interprétations délivrées par les nobles et le clergé. Cette situation marque une rupture avec le pouvoir en place, comme les manifestations des Gilets jaunes et leur hostilité marquée à l'égard des journalistes (qui délivrent selon eux la doxa du gouvernement) et politiques illustre une méfiance globale à la narratologie des autorités étatiques. De la sorte, le discours économique est également remis en cause.

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Divers experts, neutres ou rattachés au gouvernement français, ont beau insister sur les spécificités de la conjoncture mondiale, sur les carences françaises en matière économique ou encore sur la difficile résorption de la courbe du chômage, rien n'y fait, ce langage n'a plus prise sur les couches populaires. La crise économique de 2008 de même que l'urgence climatique ont porté un "coup fatal au grand récit néo-libéral". Les rouages de l'économie mondiale, instaurés par les accords de Bretton Woods en 1944, paraissent plus usés que jamais et l'exigence est désormais placée sur des modes de production et de sociabilité axés sur la solidarité et l'écologie.

L'urgence d'une nouvelle définition du commun, revendiquée par les Gilets jaunes, mais aussi par d'autres mouvements comme Occupy Wall Street, Nuit Debout, ou le Podemos espagnol trouve là aussi des résonances historiques auprès de ces paysans allemands, alsaciens et suisses qui à l'aube des Temps modernes revendiquaient que les "eaux doivent être libres", que les "forêts [reviendraient] à la commune" et que les autorités seraient élues de manière démocratique. Le mouvement des Gilets jaunes renoue ainsi spontanément avec les exigences d'un droit naturel radical que l'on croyait obsolète et que l'urgence climatique et sociale dévoile à nouveau.

Analyse parue dans "Médiapart".

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Le manifeste des Douze Articles adopté par les bandes paysannes du Bundschuh :

Article premier. – L'Évangile doit être prêché selon la vérité, et non selon l'intérêt des seigneurs et des prêtres.

Article 2. – Nous ne payerons plus de dîmes, ni grandes ni petites.

Article 3. – L'intérêt sur les terres sera réduit à cinq pour cent.

Article 4. – Toutes les eaux doivent être libres.

Article 5. – Les forêts reviendront à la commune.

Article 6. – Le gibier sera libre.

Article 7. – Il n'y aura plus de serfs.

Article 8. – Nous élirons nous-mêmes nos autorités. Nous prendrons pour souverain qui bon nous semblera.

Article 9. – Nous serons jugés par nos pairs.

Article 10. – Nos baillis seront élus et déposés par nous.

Article 11. – Nous ne payerons plus de cas de décès.

Article 12. – Toutes les terres communales que nos seigneurs se sont appropriées rentreront à la commune."

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dimanche 11 novembre 2018

La fin de la guerre 14/18 vue d'Elzach

11 novembre 1918 : fin de l'horreur

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L'Elztal, il y a 100 ans, le 11 novembre 1918. L'horreur était enfin terminée, comme pour tout le monde, y compris les "Elztäler". On ne parlait pourtant pas encore de fin de la guerre, mais de trêve (mais personne n'était dupe). Elle avait duré plus de quatre longues années, cette guerre mondiale, que personne à cette époque n’appelait encore la "Première". Quiconque voit, lit ou compte les nombreux noms sur les monuments commémoratifs de guerre dans les cimetières d'Elz et de Simonswäldertal a une idée de la façon dont cette guerre s'est déroulée.

Les acclamations, comme on en trouve sur certaines photos de jeunes hommes de villes allemandes, et avec des paroles ridicules dans les trains militaires ("En route pour Paris, ça me démange!"), ici, elles dérangent. Dès les premiers jours d'août 1914, peu d'Elztäler se sentaient attirés par cette guerre. On entendait plutôt : "Qui fera tout le travail à la maison? En ce moment, pendant la saison des récoltes?Naturellement, les habitants des zones rurales ont été les premiers à traiter de telles questions. Ils espéraient que le slogan "À Noël, nous serons de retour à la maison!s'appliquerait. Mais il ne s'appliqua ni pour Noël 1914, ni 1915, 1916 ou 1917. Et très rapidement, cette guerre fut une horreur pour tous ceux qui devaient la rejoindre - avec ses nombreuses sordides nouveautés telles que des mitrailleuses, d'énormes armes à feu, des canons, des gaz toxiques -.

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Le célèbre pasteur Heinrich Hansjakob du Kinzigtal écrivait dans son dernier ouvrage avant son décès en 1916 "Sur des dialogues tenus avec des poissons au fond de la mer". Le titre étrange venait du fait que Hansjakob a imaginé que le poisson de l'Atlantique se demandait probablement pourquoi, à la suite de la guerre, soudainement autant de morts et de navires ont été abattus pour couler au fond de la mer. "Quand, en 1914, à Haslach, j'ai vu les premiers blessés arriver à l'hôpital, les larmes coulaient de mes yeux ..." écrit-il. Ou: "Alors un jour, la femme d'un jeune fermier, mère de cinq enfants, a pleuré avec amertume, son mari est au front depuis le début de la guerre et elle n'a presque personne pour l'aider dans son travail." Après une permission de 15 jours, le père repart, puis ne vient plus. Il est mort et reste loin de chez lui dans une tombe sans nom.

Dans l'Elztal, le nombre de blessés, de mutilés, de disparus et de morts était également important, comme en témoignent les monuments cités et certaines chroniques locales. Un exemple parmi d'autres de Prechtal (= Prechtal avec Oberprechtal): "La guerre a entraîné d'énormes pertes en vies humaines - 95 soldats Prechtäler ne sont pas retournés dans leur pays, ce qui représente près de 5% de la population totale à l'époque ou 10% de la population masculine" (Livre "Prechtal" de Augustin Gutmann / Thomas Steimer).

Le 9 novembre, l'empereur était parti et la République proclamée. La tournure des événements se propagea rapidement. Le 10 novembre déjà, un conseil des travailleurs et des soldats a été formé à Waldkirch. "Die Volkswacht" (journal local de l'époque) a écrit: "Waldkirch a également connu son grand jour dimanche et dès le matin, ce n’était un secret pour personne que le drapeau rouge flotte également 
ici ..." La "nouvelle ère" était là, à Waldkirch et dans le reste de l'Elztal. Mais elle ne pouvait pas guérir la douleur des pertes et des expériences de cette terrible guerre mondiale.

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samedi 6 octobre 2018

Disparition franco-chinoise

Le président chinois d'Interpol porté disparu, enquête ouverte en France

chineCe vendredi 05/10/2018 - Une enquête pour disparition a été ouverte en France, à Lyon, concernant Meng Hongwei, le président chinois de l'organisation internationale de coopération policière Interpol, dont la famille n'a plus de nouvelles depuis son départ pour la Chine fin septembre. 

C'est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises en faisant part de son inquiétude, selon une source proche du dossier, confirmant une information de la radio Europe 1. 
"Il n'a pas disparu en France", a précisé cette source.  
Selon le quotidien de Hong Kong en langue anglaise South China Morning Post, qui cite une source anonyme, cet homme de 64 ans fait l'objet d'une enquête dans son pays. Il a été "emmené" par les autorités "dès son atterrissage" la semaine dernière, pour des motifs encore flous, affirme le journal. 
L'enquête a été ouverte à Lyon, siège mondial de l'organisation rassemblant 192 pays et lieu de résidence de Meng Hongwei et sa famille. Elle a été confiée à la police judiciaire. 
"Cette affaire concerne les autorités compétentes en France et en Chine", s'est borné à commenter Interpol dans un communiqué, en soulignant que c'est l'Allemand Jürgen Stock, son secrétaire général, et non Meng Hongwei, qui est chargé de la conduite de l'organisation au quotidien. 
Meng Hongwei, 64 ans, avait été élu le 10 novembre 2016 à la tête d'Interpol lors de sa 85e assemblée générale annuelle à Bali, en remplacement de la Française Mireille Ballestrazzi, devançant largement un unique concurrent namibien. Son mandat court jusqu'en 2020. 
Avant sa nomination, il exerçait en Chine comme vice-ministre de la Sécurité publique et y dirigeait le bureau national d'Interpol. Il était également un poids lourd du Parti communiste chinois. Durant sa carrière de policier, il a travaillé dans des unités de lutte contre le trafic de drogue, l'anti-terrorisme et a dirigé les gardes-côtes chinois, selon sa biographie sur le site d'Interpol. 

Nomination critiquée par Amnesty International

Cette première nomination d'un Chinois à ce poste avait été critiquée par des organisations de défense des droits de l'Homme. La Chine a longtemps utilisé Interpol "pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger", s'était inquiété notamment Amnesty International. 

L'organisation policière s'en était défendue en rappelant que le président d'Interpol n'intervient pas dans son quotidien opérationnel et en soulignant que l'article 3 de ses statuts lui interdit toute ingérence en matière politique. 
Reste que la disparition soudaine de hauts dignitaires chinois est devenue chose courante sous la présidence de Xi Jinping, qui mène depuis plusieurs années une campagne anti-corruption soupçonnée de servir de purge politique, en Chine comme à l'étranger. 
Basée à Lyon, Interpol permet de favoriser les échanges entre les polices de ses 192 pays membres, grâce à des bases de données répertoriant par exemple les passeports déclarés volés. 
L'organisation est connue pour sa diffusion des "notices rouges", présentées souvent - à tort - comme des mandats d'arrêt internationaux : elles informent en réalité les pays membres d'Interpol de la délivrance d'un mandat d'arrêt par l'autorité judiciaire de l'un d'eux, sans obligation d'arrestation ni d'extradition.

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jeudi 23 août 2018

Des Fugger aux Choiseul-Meuse

L'Albrechtstal, vous connaissez ?

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Depuis le Moyen Age, les actuelles communes de Saâles, Bourg-Bruche, Ranrupt et Colroy faisaient partie d’une seigneurie appelée Albrechtstal, puis Val de Villé, du nom du bourg où siégeait l’administration. À nous, qui avons l’habitude de voir la fin du Val de Villé au col de Steige, cela peut paraître bizarre. C’est que la Révolution et le Traité de Francfort ont chamboulé la géographie administrative de la Haute Bruche.

Le ruisseau de Grand Roué entre Bourg-Bruche et Saulxures, la Bruche – qui séparait la seigneurie de Villé et le Pays de Salm – et la Climontaine constituaient des limites plus clairement définies qu’un abornement. C’est ce qui explique que ce qu’on croit être l’entrée de Saint-Blaise, quand on vient de Saâles, soit en fait l’extrémité de la commune de Colroy !

La « Dame de Meuse »

À la veille de la Guerre de Trente Ans, le Val de Villé, y compris ses villages bruchois, appartenait aux Habsbourg, mais était laissé en fief, à titre viager, au puissant comte Jean-Ernest Fugger et à son fils Christophe-Rodolphe, à qui l’empereur devait des sommes astronomiques. En 1648, les Traités de Westphalie donnent à Louis XIV les biens patrimoniaux des Habsbourg en Alsace – donc aussi le Val de Villé –. Le roi, qui n’aime pas du tout voir là des gens si proches de l’empereur, cherche un moyen de se débarrasser d’eux. En 1679, il fait proclamer que nul ne peut détenir une terre d’Alsace en fief ou en gage s’il ne peut y résider. Cela ne concerne évidemment que les secteurs déjà placés sous son sceptre, et pas toute l’Alsace. Les Fugger, occupant de hautes charges et brassant des affaires importantes dans l’Empire, ont autre chose à faire que d’habiter à Villé et, en 1681, le roi confisque purement et simplement la seigneurie pour l’offrir à Conrad de Zurlauben, un noble d’origine suisse, en récompense de bons et loyaux services. L’ennui, c’est que ladite seigneurie ne pouvait être héritée que par un mâle et que Conrad n’avait pas de fils. À son décès, Louis XIV l’accorde à son neveu, Béat-Jacques, pour qui la seigneurie est érigée en baronnie en 1686. Elle devient même comté en 1692. Or Béat-Jacques meurt héroïquement à la guerre en 1704.

Il ne laisse que deux filles, mais il avait pris ses précautions et demandé au roi de leur transmettre le comté, ce qu’il a obtenu. La plus jeune meurt célibataire en 1713 ; seule l’aînée se retrouve donc « seigneur » du Val de Villé. Elle est mariée depuis 1711 à un grand seigneur, Henri-Louis de Choiseul, marquis de Meuse. Autant dire qu’ils ne séjournent guère à Villé, c’est un intendant qui y gère la seigneurie. Ils y font toutefois construire en 1739 un hôtel particulier qui existe toujours. La marquise mourra vingt ans plus tard et ses descendants garderont le Val de Villé jusqu’à la Révolution.

Se souvient-on, à Saâles, Bourg-Bruche, Ranrupt ou Colroy, de la « Dame de Meuse », née demoiselle de Zurlauben, dont les archives révèlent qu’elle savait fort bien tirer de l’argent de ses sujets ? (publié  dans les DNA - édition de Molsheim) 

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jeudi 19 juillet 2018

Découverte d'un mystérieux sarcophage en Egypte

Une tombe de l'époque de Ptolémée

alexandrieUn mystérieux sarcophage de granit noir, ainsi qu’un buste, ont été découverts en Egypte. La tombe, qui remonte à la période ptolémaïque entre 305 av. et 30 av. J.-C., a été retrouvée dans la ville d’Alexandrie.

Dans un post sur Facebook, le Dr. Mostafa Waziri, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, a annoncé que le sarcophage de 6 pieds de haut, long de 8,7 pieds et large de 5,4 pieds, est le plus grand jamais trouvé à Alexandrie. Il n’a jamais été ouvert depuis sa fermeture, il y a plus de 2 000 ans.

C’est le ministère égyptien des antiquités qui a annoncé la découverte sur Facebook, mais sans donner d’informations précises sur la date de la découverte, la datation du sarcophage ou le nom de l’équipe qui a réalisé cette découverte.

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Aucune inscription ne ressortant sur le sarcophage, toutes les interprétations sont possibles à partir de la taille du sarcophage et du buste qui indique que la personne enterrée dans le cercueil était d’un statut social élevé.

D’autres découvertes récentes incluent un ancien cimetière en Egypte avec plus de 40 momies et un collier contenant un “message de l’au-delà”. Une ancienne statue d’un roi de Nubie avec une inscription en hiéroglyphes égyptiens a également été trouvée dans un temple du Nil au Soudan.

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lundi 16 juillet 2018

Mexique : les Afromexicains oubliés depuis 200 ans

On estime à 450.000 le nombre d’afromexicains dans le pays, mais le chiffre réel est inconnu, car les autorités n’ont pas effectué un décompte précis.

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Lors de la guerre d’indépendance du Mexique dont les célébrations des 200 ans débutent cette semaine, des milliers d’Afromexicains ont combattu dans l’armée rebelle. Deux des héros les plus illustres du mouvement, José María Morelos et Vicente Guerrero avaient une ascendance noire.

Mais ces faits n’ont pas été reconnus. Et deux siècles plus tard, les communautés afrodescendantes vivent isolées et dans des conditions d’extrême pauvreté.

La majorité des habitants du pays ne sait pas qu’il y a des Noirs Mexicains et même les autorités ne connaissent pas totalement ce secteur de la population, affirme Ricardo Bucio, président de Conseil National pour la Prévention de la Discrimination (CONAPRED), un organisme gouvernemental.

"Il n’y a pas de statistiques fiables émanant du gouvernement, ni de politique publique spécifique en leur faveur. L’information empirique que nous avons, c’est qu’ils sont dans une situation désavantageuse", indique-t-il dans un entretien avec BBC Mundo.

Les études de l’Université Nationale Autonome Mexico (UNAM) estiment à environ 450.000 personnes la population des afromexicains, et selon la Chambre des députés, la moitié environ se trouve dans une situation de forte marginalisation.

La population afromexicaine provient des esclaves emmenés en Nouvelle-Espagne dès 1580, pour remplacer les quelques 10 millions d’indigènes morts suite à une série d’épidémies inconnues sur ce territoire.

Certains historiens évaluent à environ 250.000 le nombre d’esclave arrivés dans le pays.

Les africains se mélangèrent aux peuples autochtones, ce qui fit apparaitre les afrométisses (afromestizos) qui constituèrent une nouvelle classe sociale qui vivait en liberté, mais dans des conditions difficiles.

Il y avait cependant encore des milliers d’esclaves, surtout dans les exploitations agricoles du centre et du sud-est du Mexique.

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En Décembre 1810, Miguel Hidalgo abolissait l’esclavage dans la ville de Guadalajara, à l’ouest, où l’on trouvait l’un des rares marchés d’êtres humains opérant au Mexique.

De nombreux afromestizos rejoignirent l’armée d’Hidalgo, particulièrement dans le sud du pays.

Mais il y eut également des esclaves dans les forces adversaires, car les propriétaires des haciendas les obligèrent à rejoindre l’armée du Vice Roi espagnol, explique à BBC Mundo le chercheur Faustino Aquino, de l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire.

Leur participation à la conquête de l’indépendance a été oublié. "Le patrimoine noir est resté occulté, il a presque disparu", indique Aquino.

Aujourd’hui, deux siècles plus tard, les afromexicains se tiennent habituellement à part.

Leurs manifestations culturelles sont un mélange de traditions indigènes avec des caractéristiques venant d’Afrique.

Les choses ont toujours été ainsi, indique à BBC la chercheuse Alejandra Luz Cardenas, de l’Université Autonome de Guerrero.

"L’Inquisition disait que leurs vêtements étaient condamnables, et certaines femmes furent accusées d’avoir participé aux pratiques de sorcellerie uniquement pour accomplir leurs rituels".

Aucun ne fut condamné à mort, pour une raison perverse : "Les esclaves coûtaient autant qu’une maison, et personne ne voulait perdre tant d’argent", indique Cardenas.

Beaucoup d’esclaves s’échappèrent des plantations pour se réfugier dans les zones montagneuses, où ils fondèrent des communautés qui existent encore, comme à Guerrero et Oaxaca, au sud du pays.

Et comme à l’époque, leurs conditions de vie sont souvent difficiles.

Près de deux siècles après l’abolition de l’esclavage, les communautés d’afromestizos sont virtuellement invisibles.

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Par exemple, les recensements de population n’incluent pas de questions visant à mesurer la population noire, ce qui a pour conséquence l’inexistence de statistiques fiables et ce qui entraine à son tour une négligence de la part des autorités, préviennent les organisations de la société civile.

"Les programmes gouvernementaux confinent les communautés noires, car ils semblent avoir été conçues pour une autre population", affirme Israël Reyes, coordinateur de l’association África AC.

En plus, selon le président du CONAPRED, les descendants des Africains sont une minorité qui n’a pas l’habitude de s’organiser pour faire les démarches pour l’obtention de services, ce qui les met dans une situation désavantageuse par rapport aux autres groupes ethniques comme les autochtones.

Dans de nombreuses communautés et selon certaines informations, ils vivent dans des logements sans plancher solide, sans drainage ou entassés. Mais en la réalité, il n y a aucune donnée spécifique.

Alors que l’on célèbre 200 ans d’indépendance du Mexique, les communautés d’afrodescendants ont peu de choses à fêter, ou alors elles le font à leur manière.

À Melchor Muzquiz, Coahuila, au nord du pays, il y a un peuple d’afromexicains qui préfère célébrer le 19 Juin plutôt que l’anniversaire du bicentenaire.

Cette date leur semble plus importante toute la célébration de l’indépendance : un 19 Juin il ya 200 ans, les Noirs Moscongos, comme le nom que porte cette communauté, ont cessé d’être des esclaves et devinrent légalement des citoyens de ce pays.

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mercredi 30 mai 2018

Le site mérovingien d'Audun-le-Tiche

Trois raisons pour visiter ce site près de la frontière luxembourgeoise !

audun

1. Un site unique dans le Grand Est

Mise au jour dès la fin des années 1960, la nécropole mérovingienne d’Audun-le-Tiche composée de plus de deux cents sépultures datées du VIIe siècle mais également des vestiges d’un fanum (temple) et d’un puits votif gallo-romains, est le plus grand site mérovingien mis au jour et ouvert au public dans le Grand Est.

Depuis 2016, le site qui comprend également le calvaire créé par les mineurs de fer en 1952, est classé monument historique.

Même si les collections, des milliers d’objets (armes, bijoux, etc.) retrouvés dans les sépultures attendent encore un lieu d’exposition adéquat ( lire ci-dessous ), la visite du site soigneusement entretenu par les bénévoles de la Société d’archéologie et d’histoire locale audunoise ( Sahla ) offre une première approche des us et coutumes des civilisations du VIIe siècle. La visite est aussi désormais enrichie par un support multimédia avec, par exemple, une vidéo des fouilles dans les années 1970.

2. Un voyage dans l’histoire locale

Les visites proposées par les membres bénévoles de la Sahla ne s’arrêtent pas à l’histoire antique autour de la nécropole. L’association accompagne également des balades commentées à la découverte de tout le patrimoine d’Audun-le-Tiche de l’époque gallo-romaine à l’histoire contemporaine.

Trois parcours à travers les siècles sont possibles pour découvrir, entre autres, les traces d’un aqueduc gallo-romain, du château des Malberg daté du Moyen-Age, de la faïencerie Boch (née en 1748) ou du puits de la mine Saint-Michel (creusé en 1902)…

3. C’est gratuit et ouvert à tous

Jusqu’au mois d’octobre, les visites guidées sont proposées gratuitement, sur réservation auprès de la Sahla ; elles s’adressent à tout public y compris scolaire.

Le site de la nécropole sera également ouvert au public à l’occasion des Journées de l’archéologie, les 16 et 17 juin, de 14 h à 18 h.

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