mercredi 18 octobre 2017

Assassinat d'une blogueuse...

... à Malte, membre de l'Union Européenne 

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La blogueuse maltaise Daphne Caruana Galizia a été tuée par une bombe placée sous sa voiture, lundi 16 octobre. Elle était à l'origine d'accusations de corruption qui avaient provoqué des élections anticipées en juin. Cette lanceuse d'alerte circulait dans près de son domicile à Bidnija, dans le nord de l'île, quand une puissante explosion a détruit sa voiture. La violence de la détonation est telle que la carcasse calcinée du véhicule a même propulsé dans un champ voisin.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable à de nombreux niveaux, a déclaré le Premier ministre Joseph Muscat, dont l'entourage proche, par ailleurs, avait été la cible de violentes attaques de la journaliste. Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression".

Agée de 53 ans, Daphne Caruana Galizia a travaillé comme chroniqueuse dans plusieurs médias maltais, mais elle était surtout connue pour le blog dans lequel elle a révélé plusieurs affaires de corruption. Début juin, Joseph Muscat a remporté une large victoire lors des législatives anticipées, convoquées après une série de scandales impliquant plusieurs de ses proches. Le blogueuse avait joué un rôle central dans ces révélations.

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L'épouse du premier ministre directement visée

Michelle Muscat, l'épouse du Premier ministre, est ainsi accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y abriter, entre autres, des pots-de-vin versés par l'Azerbaïdjan, en échange de l'autorisation donnée à une banque azérie de travailler à Malte. "Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise", avait alors réagi Joseph Muscat, tout en promettant de démissionner si les faits étaient avérés à la suite d'une enquête qu'il a lui-même réclamée.

Joseph Muscat, toutefois, n'a pas appliqué ce principe à son ministre de l'Energie, Konrad Mizz, et à son chef de cabinet, Keith Schembri, toujours en poste alors qu'ils détenaient des comptes secrets au Panama. Dans son dernier texte, (en anglais), publié une heure avant sa mort, Daphne Caruana Galizia répétait justement ses accusations contre Keith Schembri. "Il y a des escrocs partout où l'on regarde maintenant, la situation est désespéré", écrivait-elle, en l'accusant d'utiliser son influence au gouvernement pour s'enrichir.

Un Wikileaks entier en une seule femme

Au printemps, le magazine Politico avait classé (en anglais) Daphne Caruana Galizia parmi les "28 personnalités qui font bouger l'Europe", la décrivant comme "un WikiLeaks entier en une seule femme, en croisade contre le manque de transparence et la corruption à Malte". A Bruxelles, le groupe PPE (droite, majoritaire), a évoqué "un crime innommable et une attaque contre la liberté d'expression", tandis que le commissaire européen maltais Karmenu Vella (Pêche et Environnement) a dénoncé "une attaque contre notre démocratie".

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lundi 16 octobre 2017

Les États-Unis se retirent de l'Unesco

Un nouveau coup de Trump !

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Les États-Unis ont annoncé ce jeudi qu’ils se retiraient de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), accusant l’institution d’être "anti-israélienne". Les États-Unis conserveront un statut d’observateur, a précisé le Département d’Etat, en lieu et place de leur représentation à l’agence onusienne basée à Paris. Le retrait ne sera effectif qu’à compter du 31 décembre 2018.

Washington avait prévenu début juillet de son intention de réexaminer ses liens avec l’Unesco après sa décision de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, "zone protégée" du patrimoine mondial. Cette décision, qualifiée d’"affront à l’Histoire", "discrédite encore plus une agence onusienne déjà hautement discutable", avait alors déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Les États-Unis, grand allié d’Israël, avaient déjà pris ses distances avec l’Unesco. Ils avaient ainsi arrêté de participer à son financement en 2011 après que l’agence a admis les Palestiniens parmi ses Etats membres. Mais ils continuaient depuis à siéger au Conseil exécutif de l’Unesco, composé de 58 membres.

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samedi 14 octobre 2017

Par manque d'argent, la CPI suspend un procès

Nouveau scandale à La Haye !

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La Cour pénale internationale (CPI) continue de se parfumer au goût des scandales. Et ce, au détriment de ses justiciables. Après le gros pavé jeté dans la mare par Mediapart au sujet des faits de corruption impliquant l’ancien procureur Luis Moreno Ocampo, voilà un autre impair qui vient discréditer cette justice internationale. Le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé vient à nouveau d’être suspendu. Ainsi que le justifie le juge-président Cuno Tarfusser après le témoignage du médecin légiste Eric Bacard : « Il ne me reste plus qu’à lever l’audience, et nous allons reprendre le 6 novembre. Puisqu’il y aura d’autres procès en cours, nous n’avons pas suffisamment d’argent pour mener de front trois procès simultanés. » Poursuivant, le magistrat italien ajoute : « C’est l’une des raisons de ce décalage. »

La messe est ainsi dite. L’ex-président ivoirien qui vient de se voir refuser une énième demande de mise en liberté provisoire sera maintenu en prison avec son dernier ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. Attendant, bien sûr, la reprise de leur procès après près d’un mois de suspension. Et pourtant, certains observateurs s’insurgent contre la lenteur de ce procès qui est du reste très suivi.

D’aucuns voient en cette suspension, la confirmation de la théorie du complot pour maintenir Gbagbo en prison, aussi longtemps qu’Alassane Ouattara sera au pouvoir. Ceux indiquent par ailleurs que la CPI se prévaut de ses propres turpitude pour maintenir l’ex-président ivoirien en détention. Toutefois, les avocats des accusés s’activent pour obtenir une libération provisoire de leurs clients. À défaut, la célérité du procès pourrait être l’autre alternative.

Notons par ailleurs que des voix s’élèvent de plus en plus pour réclamer des enquêtes contre des pro-Ouattara. La procureur Fatou Bensouda aurait transmis un message au président Ouattara pour intensifier les enquêtes contre les anciens rebelles. (Rufus Polichinelle, journaliste à "Afrique sur 7")

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mercredi 11 octobre 2017

Plainte contre Sarkozy à la CPI pour crimes de guerre et contre l'humanité

L'assassinat de Kadhafi : un règlement de compte personnel

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Au total, une quinzaine d'activistes et d'associations de la société civile africaine comme « Y en a marre » ou encore « le Balai citoyen » sont réunis à Bamako pour former un Front panafricain de la société civile. Leur première action ? Une plainte à la CPI contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy pour avoir provoqué l'intervention en Libye qui a débouché sur la mort du colonel Kadhafi.

Le Front international de la société civile panafricaine (Fispa) est composé de jeunes activistes de la nouvelle société civile du continent. Le Front veut défendre l’Afrique, la démocratie, la dignité et les droits de l’homme.

Première action déclenchée, une plainte devant la Cour pénale internationale déposée samedi contre l’ancien président français Nicolas Sarkozy. L’activiste guinéen Elie Kamano, membre du Fispa, explique pourquoi : « Nous portons cette plainte contre Nicolas Sarkozy pour l’assassinat de Kadhafi parce que cela a des conséquences dramatiques et néfastes sur le continent africain, et sur les populations africaines. Voilà pourquoi nous adhérons à ce combat. »

Et quand on sait que le colonel Kadhafi a été assassiné en 2011, pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’introduire une plainte ?

Réponse de Simon Kouka, artiste rappeur sénégalais et membre du mouvement « Y en a marre » : « Beaucoup de gens se sont offusqués, mais il n’y a eu aucune action et cette action, je crois, arrive à son heure pour dire : il est temps. Ce que nos dirigeants n’ont pas réussi, à nous de le réussir. Pour aussi la dignité africaine, car c’est un président africain qui a été assassiné », souligne-t-il.

Le très populaire artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly est le parrain de ces jeunes activistes africains. Ils pensent que l'assassinat du colonel Kadhafi était un règlement de compte personnel, et cet assassinat a déstabilisé tout un continent.

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mercredi 27 septembre 2017

Comment Macron est devenu l'ami de Poutine

Poutine efface la dette de la Russie à Rothschild détenue par les banques centrales

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Le leader russe Vladimir Poutine a échappé à la servitude financière des banques centrales détenues par Rothschild en effectuant le paiement final de toutes les dettes des républiques soviétiques.

 Poutine a réglé une dette de 125,2 millions de dollars conformément à l’accord du gouvernement de la Fédération de Russie et du Conseil des ministres de Bosnie.

Le paiement final de la Russie les verra échapper aux griffes des banques centrales et à l’emprise du prochain ordre mondial.

Selon RT.com, “Moscou a effectué le paiement final de la dette extérieure restante héritée de l’Union soviétique. La Russie a assumé la dette après que les autres anciennes républiques soviétiques ont refusé de payer.”

“La dette envers la Bosnie-Herzégovine d’un montant de 125,2 millions de dollars a été réglée conformément à l’accord entre le Gouvernement de la Fédération de Russie et le Conseil des ministres de Bosnie-Herzégovine”, a déclaré mardi le ministère russe des Finances.

La dette restante était l’argent que l’Union soviétique devait à la Yougoslavie. La dette extérieure de l’URSS a été accumulée de diverses façons. Les obligations envers les pays occidentaux ont été comptabilisées sur le marché de la dette après 1983. L’argent dû à l’ex-Yougoslavie était dû aux échanges entre les pays.

Pourquoi la Russie paie la dette soviétique seule.

Initialement, on a supposé que la dette extérieure de l’URSS serait payée par toutes ses républiques. Un document à ce sujet devait être signé en décembre 1991. La majeure partie de la dette concernait la Russie (61,34%). L’Ukraine devait rembourser 16,37%, et la Biélorussie devait rembourser 4,13%.

Toutefois, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, l’Azerbaïdjan, la Moldova, le Turkménistan et l’Ouzbékistan n’ont pas signé l’accord. En conséquence, en 1994, la Russie a assumé toute la dette en échange de biens partout dans l’ex-Union Soviétique.

Lorsque les relations avec la Russie se sont détériorées en 2014, Kiev a menacé de nationaliser la propriété russe en Ukraine. À l’époque, le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé à l’Ukraine qu’il devait 20 milliards de dollars à la dette de l’époque soviétique et si Kiev soulève cette question, Moscou peut exiger le remboursement.

En 1994, la dette de l’ancienne URSS était de près de 105 milliards de dollars. La plus grande partie de ce montant (plus de 47 milliards de dollars) a été accordée au Club de créanciers de Paris. C’était un bassin de 19 créanciers, principalement dans l’Ouest, y compris les États-Unis et le Royaume-Uni.

La Russie a annulé la dette soviétique de Cuba de 29 milliards de dollars et le pays a activement commencé à rembourser les dettes sous la présidence de Vladimir Poutine, qui a également coïncidé avec une hausse des prix du pétrole.

L’une des dernières dettes de l’époque soviétique a été remboursée l’an dernier au Koweït. La Russie a payé 1,1 milliard de dollars et a livré 620 millions de dollars de produits de haute technologie dans le pays.

La Russie annulle des dettes aux pays en voie de développement.

Dans le même temps, la Russie a annulé une grande partie de la dette que les pays en développement devaient. En 2014, la Russie a effacé plus de 30 milliards de dollars de la dette de Cuba, qui représentait 90% du passif total. La dette restante, d’un montant de 3,5 milliards de dollars, sera remboursée dans dix ans en 20 versements égaux.

La Russie a également annulé la dette de l’Irak de 21,5 milliards de dollars, la Mongolie (11,1 milliards de dollars), l’Afghanistan (11 milliards de dollars) et la Corée du Nord (10 milliards de dollars), ainsi que des dettes de 20 milliards de dollars de la part de plusieurs pays africains.

Au total, la Russie a effacé plus de 100 milliards de dollars de dettes des pays en développement au cours de la dernière décennie. Devinez le but de la manoeuvre !

(Selon Neon Nettle et "Deboutciv")

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mardi 26 septembre 2017

Elections au Bundestag

Salomon, Oberbürgermeister de Fribourg : "La Jamaïka  n'est pas facile pour les Verts"

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Après les élections au Bundestag, qui a certes vu la victoire de la CDU d'Angela Merkel, on parle de plus en plus d'une coalition gouvernementale CDU - FDP - Verts, le SPD ayant déjà annoncé son retour dans l'opposition. "Ce serait quelque chose de nouveau", estime Dieter Salomon. Mais il reste sceptique : les négociations seront difficiles. A Fribourg, les Verts étaient en tête devant la CDU. Mais pour l'Allemagne, l'arrivée au Bundestag de l'extrême-droite est une catastrophe.

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dimanche 24 septembre 2017

Le drame des Rohingyas

Au Bangladesh, les camps de réfugiés au bord de l'asphyxie

rohyngiasLes Rohingyas continuent d'affluer au Bangladesh, fuyant les opérations de l'armée birmane. Ils sont maintenant 450.000 à s'entasser dans les camps près de la frontière. L'ONG Médecins sans frontières (MSF), dont les équipes tentent d'aider les réfugiés, craint une catastrophe sanitaire.

Pas assez de nourriture, d'eau, des camps difficiles d'accès et jonchés d'excréments : la situation pour les Rohingyas réfugiés au Bangladesh alarme les Nations unies et les ONG, qui appellent à l'aide pour éviter une catastrophe sanitaire.

A leur arrivée au Bangladesh, après des jours entiers de marche souvent sous la pluie, les rescapés trouvent des camps débordés et sont contraints de déboiser les collines, ou de s'installer sous de simples bâches au bord des routes. « Les camps sont surpeuplés à ce stade, ils débordent littéralement », a déclaré à Genève Andrej Mahecic, le porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Et les pluies torrentielles de ces cinq derniers jours ont transformé en bourbiers toute la zone, faisant craindre des glissements de terrain.

Eau contaminée

En outre, l'acheminement de l'aide est compliqué car la zone est immense et il n'y a pas de route à l'intérieur des camps. « Le terrain est vallonné, sujet aux glissements de terrain, et il n'y a pas de latrines. Quand on marche à travers le camp, on patauge dans l'eau sale et les déjections », décrit Kate White, coordinatrice médicale d'urgence de MSF.

« Leurs abris sont très fragiles, il n’y a pas d’infrastructures sanitaires, l’accès à la nourriture est très limité, égrène au micro de RFI Robert Onus, coordinateur d’urgence de Médecins sans frontières. Et lorsque vous combinez ces trois éléments, cela crée une situation où la santé devient très vulnérable. Parce que le moindre changement dans un de ces facteurs, la moindre maladie dans l’eau distribuée, la moindre baisse supplémentaire dans la quantité de nourriture dont disposent les gens, peut faire basculer la situation de très difficile et fragile à catastrophique. Je dirais que le principal problème, c’est l’absence d’accès à une véritable eau potable. » Faute d'eau potable, les gens boivent de l'eau collectée dans les rizières, les flaques, ou dans de petits puits creusés à la main et souvent contaminés par des excréments.

« Par ailleurs, reprend Robert Onus, le niveau de vaccination en Birmanie pour ce que l’on en sait est assez bas. Et une fois que vous avez une telle concentration de personnes, 450 000, qui vivent très proches les uns des autres, toute maladie qui normalement pourrait être prévenue par des vaccins peut s’étendre très vite. Et évidemment une de celles que l’on redoute le plus c’est la rougeole. »

Risque d'épidémie

L'ONU a estimé vendredi qu'il faudrait 167 millions d'euros (200 millions de dollars) au cours des six prochains mois pour affronter la « catastrophique » crise humanitaire. « Toutes les conditions sont réunies pour qu'une épidémie se déclare et se transforme en une catastrophe de grande ampleur », conclut Robert Onus, dans un communiqué publié jeudi soir.

Plus de 429 000 musulmans rohingyas ont fui au Bangladesh ces dernières semaines pour échapper à une campagne de répression de l'armée birmane, qualifiée d'« épuration ethnique » par l'ONU, et jusque récemment largement minorée voire ignorée de la part du pouvoir birman. Jeudi, le président français Emmanuel Macron est allé jusqu'à évoquer un « génocide ». (selon RFI et AFP)

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samedi 23 septembre 2017

Pourquoi la guerre ne s'arrête pas en Syrie

Les intérêts des pays impliqués 

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Au tournant du vingtième siècle, la croissance économique soutenue depuis un demi-siècle et le développement de nouvelles armes, vont créer un surplus de puissance et d’énergie qui, mis au service d’un nationalisme militariste, vont déboucher sur la première guerre mondiale. La gestion humiliante par les alliés de l’Allemagne vaincue et la crise économique de 1929 vont concourir au déclenchement du deuxième conflit mondial. Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères de la France et son collègue américain Franck Kellog, mettront en 1928 « la guerre hors-la-loi ». Mais en vain. Le Japon d’abord, l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie ensuite, n’en ont que faire. L’immense boucherie qui va suivre provoquera un traumatisme. Après 1945, seuls l’URSS et les USA continueront à s’affronter, mais par procuration. Malgré les guerres de Corée et du Vietnam, c’est à l’intérieur des pays que l’œuvre de mort continuera.  En Amérique du Sud et en Afrique, mais c’est surtout dans l’URSS de Staline, la Chine de Mao et le Cambodge de Pol-Pot, que se déroulent en silence les plus grands assassinats collectifs de l’histoire de l’humanité. La mort de Staline et de Mao, la chute de L’Union Soviétique, mettent fin aux massacres. Certes, La Chine, la Corée du Sud, l’Iran, l’Arabie Saoudite, les anciennes républiques soviétiques, quelques pays d’Afrique, sont encore des dictatures où l’on meurt pour un délit d’opinion. La Russie et la Turquie dans une moindre mesure. Par ailleurs, l’Amérique a lancé une dernière équipée impériale lamentable en Irak et en Afghanistan et la Russie a annexé la Crimée. Mais sur l’ensemble de la planète, les guerres entre nations et les génocides intérieurs sont en très net recul. Le niveau atteint par le commerce international fait définitivement pencher la balance vers la paix comme moteur de l’économie mondiale et particulièrement après une crise sévère comme celle de 2008. En Amérique du Sud, il n’y a plus de dictature. Celle d’Hugo Chavez est en phase terminale et les FARCS en Colombie ont déposé les armes. Malgré le massacre des Tutsis au Rwanda, l’Afrique depuis 1989 est plus apaisée et de nombreuses dictatures sont tombées. Le système d’apartheid de l’Afrique du Sud a disparu, il ne persiste plus qu’en Israël. Le monde arabe ne suit que lentement le mouvement. La révolution tunisienne, les réformes au Maroc, le renversement de Hosni Moubarak, de Mohamed Morsi et d’Ali Abdallah Saleh, la mort de Mouammar Kadhafi, sont assombris par le chaos en Libye au Yémen et le retour de l’autoritarisme en Égypte et surtout par la guerre en Syrie.

Ce que celle-ci a de particulier est le niveau d’implication de grandes et de moyennes puissances, l’afflux de combattants, de soldats et d’armées régulières du monde entier, les sommes colossales qui y sont investis, l’utilisation de missiles balistiques et de bombardiers stratégiques, de sous-marins et de porte-avions. Aussi disproportionnée, sont la destruction massive de villes et de villages, le déplacement de la moitié de la population, les 465.000 morts et disparus, les milliers de combattants tués, pour déloger une poignée de barbares, qui resurgissent quelques kilomètres plus loin. Il y a avant tout les explications convenues. Celle du contrôle des conduits de gaz et de pétrole, la guerre contre l’Etat Islamique et ses clones, la sécurité d’Israël, les intérêts stratégiques de la Russie et de l’Occident au Moyen-Orient et les querelles d’influences des pays de la région. Mais tout cela mis ensemble ne justifie pas ce niveau de participation. J’en veux pour preuve deux éléments.

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D’abord le désengagement des États-Unis depuis Barack Obama et l’interventionnisme erratique de Donald Trump qui laisse le Pentagone gérer au moindre coût les dérapages que pourrait entraîner le conflit syrien. L’Amérique a beau se replier sur elle-même, sa seule puissance économique et militaire lui impose d’intervenir là où il faut si ses intérêts son en danger. On imagine mal que toutes les autres nations présentes en Syrie se sentent menacées sans que l’Amérique ne soit inquiète, à un jet de pierre d’Israël sa protégée et des puits de pétrole.

Le second élément est l’étrange fluidité des alliances entre les partis impliqués dans le conflit. Si l’enjeu était vital pour celles-là, aurait-ont vue la Turquie se fâcher avec la Russie, puis se réconcilier avec elle qui soutient l’Iran, la concurrente d’Ankara ? L’Iran et la Turquie soutiennent des groupes différents et en parallèle développent leurs échanges commerciaux. La Russie soutient les efforts des milices pro-iraniennes, mais ne réagit pas quand elles sont bombardées par les avions de la coalition arabo-occidentale ou Israël. L’Arabie Saoudite, le principal pourvoyeur en moyens des groupes islamistes s’en prend au Qatar sous le prétexte que celui-ci fait de même ! Les Kurdes qui au nord de la Syrie se sont aménagé une quasi-autonomie au détriment de l’état central, monopolisent la prise de Raqua avec des armes américaines sans que la Russie ou les milices pro-iraniennes ne trouvent à redire. Quand l’ALS épaulée par Ankara l’ennemie de Damas s’en prend aux Kurdes, l’aviation syrienne oublie de la bombarder, alors qu’elle le fait si la même ALS est occupée à combattre l’État Islamique. On ne fait pas ce genre de compromis sur le terrain, si les forces engagées y joue une mise importante. Le seul dans ce kaléidoscope sans cesse secoué qui risque sa survie, est le président Assad. Mais depuis bien longtemps il ne décide plus rien, il ne sert que de couvertures légales aux interventions iraniennes et russes.

Pour saisir l’ampleur de la guerre en Syrie il faut aussi regarder le caractère des pays et des dirigeants qui s’y sont engagés. Le régime iranien, de par sa pratique de gouvernement et sa structure idéologique, malgré sa charge symbolique religieuse, relève plus du mouvement de la « Révolution permanente » initié par Lénine, que d’une véritable innovation de l’islam politique. Cette révolution permanente est une nécessité pour que le régime survive à ses contradictions et à besoin sans cesse de s’exporter au-delà de ses frontières. La personnalité démagogique de Recep Tayyip Erdogan qui se manifeste tous les jours en Turquie a également besoin d’un théâtre extérieur pour exprimer son besoin de domination et son désir de majesté. Les monarques du Golf qui possèdent leurs pays et leurs richesses, ont trouvé l’occasion de venger leurs égos blessés par Hafez El Assad et son fils Bachar qui les ont humiliés publiquement à plus d’une reprise. Vladimir Poutine dont le pays traverse une crise économique sans précédent depuis la chute de l’Union soviétique recueille dans les sondages un taux de satisfaction de plus de 70%. Les russes, très sensibles à la grandeur de leurs pays, remercient un autocrate, un Pierre Le Grand lilliputien, qui la leur rétablit sur la scène internationale, aussi factice soit-elle. C’est comme si ces derniers « malades qui nous gouvernent » s’étaient retrouvés en Syrie, pour jouer une partie dorénavant interdite ailleurs. Il ne manque à leur cercle que le dernier venu, Donald Trump, mais celui-ci est moins libre de ses caprices.

Je ne prétends pas réduire la longévité et la dureté de la guerre syrienne à ces éléments, mais les ignorer, tronque certainement l’analyse.

Amine Issa, citoyen et blogueur libanais

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mercredi 20 septembre 2017

Fourniture de gaz algérien

L'Algérie veut rassurer les Européens

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L’Algérie, troisième fournisseur de gaz de l’UE, derrière la Russie et la Norvège, s’est toujours montrée disposée à maintenir son apport en matière d’approvisionnement énergétique, même si les importations de gaz vers l’UE suivent une tendance à la baisse depuis 2013, du fait d’une chute de la production et la hausse de la consommation algérienne.

Dans une conjoncture caractérisée par la nécessité d’aller vers une économie plus diversifiée, les autorités algériennes veulent saisir cette opportunité afin d’amener leurs partenaires européens à adopter, envers l’Algérie, une approche basée sur une coopération qui ne se limiterait pas uniquement à l’aspect strictement commercial dans le domaine énergétique, voire dans les autres domaines qui présentent une large opportunité de coopération.

Lors de l’entretien accordé mercredi dernier au chef de délégation de l’UE en Algérie, John O’Rourke, le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, a ainsi plaidé en faveur d’«une approche diversifiée dans la relation entre l’Algérie et l’Union européenne, qui prend en considération l’apport de notre pays pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de l’UE».

L’Union, faut-il souligner, reste fortement dépendante d’un seul pays, la Fédération de Russie, qui est le principal exportateur de pétrole (35%), de gaz (26%), de charbon (30%) et d’uranium (25%) vers l’Union européenne. La vulnérabilité du marché de l’énergie dans le contexte géopolitique fait que la politique énergétique est devenue une priorité stratégique pour les pays membres de l’UE.

Dans une proposition de résolution, le Parlement européen a appelé, il y a quelque temps, à la mise en place d’un nœud gazier méditerranéen doté de capacités renforcées en GNL, exhortant l’UE à exploiter les possibilités offertes par les importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord pour renforcer sa sécurité énergétique.

Il estime que ces importantes réserves de gaz dans les pays d’Afrique du Nord et les récentes découvertes dans l’est de la Méditerranée offrent à la région méditerranéenne l’occasion de se profiler comme «le centre dynamique d’un réseau de gazoducs assurant le transport du gaz naturel vers l’Europe». Pour les Européens, il est plus important que jamais de garantir un approvisionnement fiable et diversifié en énergie et de mettre fin à la dépendance excessive au gaz russe.

Réagissant, en avril dernier, à une annonce faisant état du non-renouvellement du contrat d’approvisionnement algérien en gaz pour l’Italie, les autorités algériennes ont indiqué que Sonatrach était toujours capable aussi bien de répondre aux besoins énergétiques domestiques que d’assurer aussi ses engagements contractuels sur le marché international.

L’Algérie avait expliqué, alors, que les efforts d’exploration seront intensifiés «pour augmenter nos réserves» et répondre aux besoins croissants du marché national mais, également, «consolider notre position comme un acteur actif et fiable dans les marchés régionaux et internationaux».

En mars 2016, l’Agence américaine d’information en énergie (EIA) annonçait une hausse de la production gazière de l’Algérie, à partir de 2018, après des années de stagnation, grâce à l’entrée en production de plusieurs champs gaziers au sud-ouest du pays. Dans son rapport d’analyse, l’EIA anticipe une augmentation de l’offre en gaz algérien d’un trillion de pieds cubes (Tcf) ou plus à partir de 2018. (selon le quotidien "El Watan").

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mercredi 13 septembre 2017

Fribourg dit « non » aux populistes xénophobes

« Nous n’avons jamais eu autant de contre-manifestants », soupirait l’un des deux porte-paroles de l’AfD, Jörg Meuthen dimanche à Freiburg. Décidemment, les 1000 contre-manifestants étaient en surnombre et sous la musique des rappeurs franco-allemands de « Zweierpasch », montraient le carton rouge aux populistes xénophobes pour qui le Pays de Bade n’est pas vraiment une terre promise.

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La bonne humeur était le maître mot des contre-manifestants qui voulaient à tout prix que leur manifestation ressemble plus à une « fête des cultures » qu’à une bataille de rue. « Pas de violence » – et ce leitmotiv a été respecté de la première à la dernière minute.

L’AfD, parti d’extrême-droite devenu encore plus extrémiste après le « putsch » contre sa présidente Frauke Petry jugée pas assez radicale par les vieux hommes du parti autour de Meuthen et Gauland, perd peu à peu du terrain et trouvera son plafond électoral aux alentours des 8%. L’accueil réservé à ces fanatiques politiques d’avant-hier au Pays de Bade ne surprend pas – le Rhin Supérieur, terre de l’Humanisme Rhénan, région de la tolérance entre les peuples et les cultures, ne s’y prête pas vraiment pour le nombrilisme nationaliste de l’AfD.

Et bravo ! aux manifestants de ne pas avoir cédé à la tentation de s’en prendre aux représentants de cette extrême-droite bête et méchante – exprimer son mépris pour ces idées dépassées depuis des générations était beaucoup mieux qu’une confrontation musclée. Mais quelle idée aussi de venir à Freiburg, la première grande ville allemande dirigée par un maire vert, pour y prêcher la haine et l’exclusion… Les 1000 manifestants fribourgeois ont donné la meilleure réponse aux extrémistes xénophobes : « on ne veut pas de vous ici. Et on ne votera pas pour vous. Bon vent… » (selon Euro.journalist)

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