mardi 20 août 2019

Développement touristique au Vietnam

Le groupe thaïlandais Centara a l’ambition d’ouvrir 20 hôtels dans 11 villes d’ici 2024

vietnamLe tourisme au Vietnam a le vent en poupe. Les arrivées de visiteurs internationaux ont atteint un total de 15,5 millions en 2018. Avec une majorité (77%) de touristes venus d’Asie. Cette année, la hausse se poursuit avec +7,5% sur les six premiers mois, soit déjà 8,4 millions de touristes au Vietnam. Plus de 23.000 nouvelles chambres d’hôtel sont actuellement en construction au Vietnam selon des analystes.

C'est ce qui amène le groupe Centara Hotels and Resorts à prévoir d’installer ses 6 marques du nord au sud du Vietnam. Il table sur le boom touristique de la destination, en particulier auprès de la clientèle asiatique. Objectif: passer de 1 à 20 hôtels en 5 ans.

Le groupe prévoit des opportunités pour ses 6 marques: Centara Grand, Centara, Centara Residences and Suites, Centara Boutique Collection, Centara par Centara et Cosi, son dernier concept pour « voyageurs épris de liberté et de technologie ». Le groupe d’origine thaïlandaise a ciblé 11 sites pour son expansion au Vietnam.  Aussi bien des villes comme Ho Chi Minh-Ville, Hanoi et Haiphong que des « secteurs à forte croissance » comme Danang, Phu Quoc, Nha Trang, Cam Ranh et Hoi An. Mais aussi les zones côtières méridionales à fort potentiel de Vung Tau, Ho Tram et Mui Ne.

«Le boom du tourisme en Asie, des politiques de visas plus assouplies et d’impressionnantes améliorations apportées aux infrastructures pour le transport indiquent que le pays est déjà en bonne voie pour attirer un nombre de touristes record en 2019. Avec notre collection d’hôtels, l’expertise globale d’hospitalité et l’expérience locale que nous avons du marché, nous sommes bien placés pour atteindre notre objectif au Vietnam », commente dans un communiqué Thirayuth Chirathivat, directeur général de Centara Hotels and Resorts.

Le Vietnam constitue une partie importante de la vision stratégique mondiale de Centara. L’objectif global de la chaîne hôtelière est de doubler son portefeuille total d’hôtels d’ici 2022. À l’heure actuelle, elle compte 71 hôtels et resorts, en exploitation ou en cours de construction dans le monde entier, soit plus de 13.000 chambres.

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samedi 17 août 2019

Pollution plastique au Cambodge

"De quel côté est votre hôtel ?"

cambodge« De quel côté est votre hôtel ? » C’est la question posée sur le site web de l’appel lancé par la plateforme CleanGreenCambodia pour réduire l’utilisation du plastique par les hôtels au Cambodge.

Créée en 2017 par l’ONG Soulcial Trust, CleanGreenCambodia a lancé lundi 5 août un appel pour la réduction de consommation de plastique par les hôtels au Cambodge. Une initiative qui vise à encourager et rendre public les efforts des hôteliers en la matière en publiant la liste des hôtels qui répondent à cet appel. La plateforme liste par ailleurs les hôtels qui suivent d’ores et déjà ses recommandations.

« Notre but est de promouvoir et encourager les initiatives durables, indique Juliette Goulet, coordinatrice du projet. Nous pensons que si les hôtels rendent transparentes leurs actions pour réduire leur consommation de plastique, cela permettra aux clients de voir quel hôtel est plus ambitieux qu’un autre. »

Pailles et bouteilles en plastique, boîtes en polystyrène, flacons de shampoing et de gel douche à usage unique, bonnets de douche, brosses à dents jetables… autant d’éléments courants dans les hôtels en Asie. Pourtant, des alternatives durables sont possibles.

CleanGreenCambodia assurera le suivi par la suite les actions mises en place par les hôtels signataires pour réduire leur consommation de plastique. Un premier rapport devrait être publié mi-2020 pour rendre compte des progrès des hôtels qui auront répondu à l’appel.

Si la surconsommation de plastique est un problème mondial, elle est aggravée au Cambodge du fait du manque d’infrastructures de collecte et de traitement. « Beaucoup de personnes brûlent les déchets plastiques, une pratique qui déclenche des maladies respiratoires et est cancérigène, explique Juliette Goulet. De plus, les déchets plastiques deviennent facilement des nids à moustiques qui seront ensuite les vecteurs de la dengue. »

Les déchets plastiques ont par ailleurs un impact sur la perception du Cambodge à l’étranger, notamment par les touristes. En 2015, la Cambodia Hotel Association estimait que les problèmes d'assainissement - notamment la mauvaise gestion des ordures - étaient responsables de 74 millions de dollars de manque à gagner chaque année pour l’industrie touristique cambodgienne. Le Global Green Growth Institute a quant à lui estimé qu’en raison de problèmes de pollution, Phnom Penh deviendra une « ville de moins en moins attractive » si rien n’est entrepris.

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vendredi 16 août 2019

Tunisie : SOS de migrants ivoiriens refoulés dans le désert

Plusieurs organisations non gouvernementales tunisiennes accusent les autorités du pays d'avoir arrêté un groupe de 36 migrants ivoiriens : des hommes, des femmes - dont une enceinte - et trois bébés. Des migrants qui dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux lancent un appel au secours. Samedi 3 août 2019, 10 heures du matin, des hommes en uniforme pénètrent dans une maison de Sfax. Ils procèdent à l'arrestation de 36 migrants ivoiriens. "On les accuse de vouloir migrer clandestinement vers l'Italie. C'est faux !", nous explique Mostapha Abdel El Kebir, président de l'Observatoire tunisien des droits de l'homme. Ce que semble confirmer une vidéo largement reprise sur les réseaux sociaux.

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"Venez-nous en aide ! On a besoin de vous !"

Sur les images, un homme commente hors caméra : "Nous étions en pleins préparatifs de la fête de l'indépendance de notre pays, la Côte d'Ivoire. Ils nous prennent et ils nous envoient dans le désert (...) Ils savent que la Libye est un pays dangereux et ils nous jettent en Libye". "Nos enfants n'ont pas d'eau à boire, ayez pitié de nous, on ne sait pas comment faire", se plaint aussi une femme dans cette même vidéo d'environ une minute.

On peut y voir des hommes, des femmes, de très jeunes enfants l'air hagard, certains gisant à même le sol sous un soleil de plomb. A tour de rôle ils se plaignent d'avoir été rejetés dans le désert sans nourriture et sans eau par les autorités tunisiennes.

 Un appel à l'aide relayé par les ONG tunisiennes.

Dans un communiqué conjoint, elles dénoncent une "violation des droits des migrants". Elles appellent les autorités tunisiennes à "permettre à ces migrants d'entrer d'urgence sur le territoire tunisien pour qu'ils soient pris en charge par des organisations humanitaires".Pour sa part, le ministère tunisien de la Défense ne dément pas leur présence dans la zone frontalière entre la Tunisie et la Libye. Selon lui, ce sont 53 personnes  -des Ivoiriens et des Soudanais - qui ont été arrêtées parce qu'elles "franchissaient illégalement la frontière".

"Ce n'est pas logique, explique Mostapha Abdel El Kebir, la Tunisie accueille des dizaines de migrants par terre ou mer chaque jour. Alors pourquoi ces personnes ont-elles été refoulées ? Surtout que la zone militaire entre la Libye et la Tunisie est totalement fermée. Aucun Tunisien ne peut y aller."

Selon un rapport du Forum tunisien des droits économiques publié en juillet 2019, le nombre de migrants arrivés en Tunisie via la frontière terrestre (essentiellement des Subsahariens arrivant de Libye) a plus que doublé au premier semestre 2019.

Lucie Monier-Reyes, journaliste à TV5Monde

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dimanche 11 août 2019

Turquie : Les journalistes détenus et bâillonnés

Tandis que la Turquie d’Erdogan avance ses pions dans les Balkans, qu’elle y obtient l’extradition d’opposants (au Kosovo), qu’elle met Serbes et Bosniaques d’accord en y construisant une autoroute, qu’elle célèbre partout l’échec du coup d’État de 2016, en Turquie même, un nombre de plus en plus important de journalistes séjournent en prison et y sont maltraités, au point que la Turquie devient le pays du record mondial de détention de journalistes. Un journaliste en prison, c’est-à-dire un prisonnier d’opinion, c’est toujours un prisonnier de trop.

turquie

Actuellement, il y aurait 137 journalistes dans les geôles turques. Leur nombre a cru considérablement après le Coup d’État avorté de juillet 2016. Erdogan a beaucoup exploité ensuite cette opération militaire ratée pour se débarrasser de ses opposants réels ou supposés. Et plus de 130 journaux ou médias ont cessé d’exister depuis cette date. Un journaliste turc explique qu’un peigne d’une extrême finesse passe sans cesse sur l’ensemble de la société, et ramasse tout ce qui présente quelque indépendance d’esprit à l’égard de l’AKP islamo-populiste et de son dirigeant, Recep Tayyb Erdogan.

La bête noire obsessionnelle d’Erdogan, c’est Fethullah Gülen, un clerc fondateur d’un mouvement religieux qui embrasse un important réseau d’écoles « coraniques »dans le monde entier, dans un esprit proche d’un certain soufisme. Gülen était le compagnon d’Erdogan au sein de l’AKP. Mais il est installé depuis des années aux Etats-Unis, fuyant la rivalité jalouse de son camarade. Puis la vindicte du dirigeant. Il a toujours nié toute implication dans le coup d’État d’il y a 3 ans.

Après le coup d’État, Erdogan a prolongé 5 fois l’état d’urgence. Ce qui lui a permis bien des opérations policières pour se débarrasser de qui lui déplaît ; En tout, 160 000 personnes ont été détenues… Et la Turquie se classe maintenant au 157e rang sur 180 dans le classement que fait Reporters sans Frontières de la liberté de la presse.

De quoi les accuse-t-on, au juste ? L’accusation est généralement disproportionnée ; d’une part, à cause de l’inadéquation relative de la législation turque dans le cadre de qu’il est convenu d’appeler « état de droit » ; et d’autre part, du fait de l’interprétation généralement très large des textes de lois : les juges utilisent souvent les lois anti-terroristes, pour les interpréter de la manière la plus extensive possible.

A l’intérieur des prisons turques, ce n’est plus nécessairement Midnight Express partout, mais un nombre important de journalistes sont mis à l’isolement durant des années (des Kurdes, notamment). Et souvent maltraités, soumis à des tortures au moins psychologiques et au harcèlement sexuel et moral. Avec interdiction de recevoir du courrier, et dans la plupart des prisons, droit à un appel téléphonique de 10 minutes toutes les deux semaines. Etre une femme journaliste kurde dans le pays, par exemple, c’est vraiment très dur aujourd’hui…

L’échec de l’AKP aux dernières et récentes municipales d’Istanbul (« Perdre Istanbul, c’est perdre toute la Turquie ! ») a-t-il introduit des changements dans ce vilain tableau aux couleurs brunâtres ? Pour l’instant, les changement semblent demeurer purement verbaux : Erdogan en effet a besoin de regagner de la popularité dans le pays, et malgré la taille et la configuration du pays, l’opinion stambouliote y est dans une certaine mesure contagieuse.

Que peut-on espérer, surtout dans le contexte international explosif (Syrie, DAESH, relations avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine!) ? Tout simplement des dirigeants plus sagaces. Erdogan est très largement responsable (et fautif) quant à la mauvaise situation économique de son pays, et aux impasses politiques qu’il ne cesse de susciter par le fait de son narcissisme ridicule et son entêtement. Le CHP, le grand parti d’opposition, représente un vrai espoir à ce titre. (Marc Chaudeur, "Euro-journalistes")

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jeudi 8 août 2019

Au Pérou, construction d'un gigantesque aéroport

Le Machu Picchu est menacé

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Attention, monument en péril ! Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le Machu Picchu accueille chaque année plus d’un million de touristes, le double des recommandations faites pour le préserver. Une situation qui ne risque pas de s'améliorer puisqu'un immense aéroport devrait bientôt s'élever à proximité du site déjà sur-fréquenté !

En effet, afin de mieux desservir la zone, le gouvernement Péruvien prévoit la construction d’un nouvel aéroport international à quelques kilomètres de là. Un projet pharaonique dont les bénéfices sont estimés à plus de 3 milliards d’euros par an, et qui devrait permettre l’afflux d’au moins 5 millions de touristes.

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Le projet fait évidemment débat et suscite l’indignation internationale : selon les experts qui évoquent un «ethnocide culturel», les dégâts écologiques et archéologiques risquent d’être fatals pour la région.

Mais pour le président péruvien Martin Vizcarra, qui vient d’annoncer le début des travaux pour 2020, pas question d'abandonner un projet aussi porteur économiquement. Symbole de la grogne grandissante, une pétition en ligne a déjà collecté plus de 73000 signatures. De son côté, l'UNESCO menace de classer le site sur la liste du patrimoine mondial ... en péril.

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samedi 3 août 2019

Au nord du Cameroun, Boko Haram

La secte jihadiste sévit toujours malgré le calme médiatique

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En 2014, le président camerounais Paul Biya annonçait solennellement son entrée en guerre contre Boko Haram, présent surtout au Nord. Cinq ans plus tard et malgré les lourds moyens militaires investis, la menace n’est pas anéantie, même si les médias locaux se tournent davantage vers la crise anglophone qui frappe le pays.

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Guibaï Gatama avance que les jihadistes conservent encore bien plus qu’une forte capacité de nuisance. Ce journaliste directeur de publication de l’hebdomadaire L’œil du Sahel et naturel de Mokolo dans la région de l’Extrême-Nord, en pleine zone de conflit, a depuis des années consacré l’essentiel de son travail à la couverture du phénomène Boko Haram et ses conséquences.

« La situation est toujours difficile. Elle l’est moins toutefois que pendant les années 2014-2015 où l’armée devait prendre la mesure de la situation, où les populations devaient s’adapter, faire preuve de résilience. Ce que j’essaie de regarder, c’est la capacité de la secte à pouvoir continuer à mener ses actions, comme à Darak, sa capacité à franchir les tranchées pour venir mener ses actions terroristes ».

Le journaliste appuie son argumentaire sur les indicateurs humanitaires et économiques toujours aussi préoccupants : « On a les mêmes problèmes qu’avant, mais dans des proportions je dirais peut-être moindres. La situation humanitaire, elle est là, les déplacés sont là. L’activité économique peine à reprendre dans certains endroits. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est la résilience de la population camerounaise. Si vous allez dans le Mayo-Moskota, globalement dans le Mayo-Tsanaga [régions de l’Extrême-Nord, NDLR], cette capacité est impressionnante quand même : après les attaques, les gens reprennent vie ».

Autrement, Boko Haram, quoi qu’un peu moins sous les projecteurs de l’actualité, n’en continue pas moins ses ravages.

Une guerre désormais silencieuse ?

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Si le Cameroun a été l’un des pays qui a le plus subi ces dernières années les assauts meurtriers de Boko Haram, le groupe jihadiste reste plutôt discret dans la couverture médiatique locale. Cela depuis l'émergence en 2016 de la crise anglophone, quand le conflit contre la secte jihadiste est progressivement sorti des radars.

Une situation que déplore Guibaï Gatama, journaliste, spécialiste de Boko Haram qui analyse les raisons de cette guerre désormais silencieuse. « De mon point de vue, cela s’explique parce qu’il y a de nouvelles zones de conflit qui ont émergé, notamment la crise anglophone, et c’est proche de l’épicentre des médias. Les médias sont en grande partie installés dans le grand Sud, donc ils sont proches, il y a de l’émotion, il y a du débat autour. »

Pour le journaliste, « il y a aussi sans doute une méconnaissance du Nord-Cameroun par les Camerounais qui vivent dans la partie Sud »« C’est une zone qui sur le plan économique n’est pas la plus attractive, explique-t-il. Donc le brassage des populations également est moindre. C’est normal. Les autres Camerounais essaient de s’informer par les médias. Pour les médias, ce n’est plus le sujet d’actualité majeur, dont il y a un certain décalage, alors que la menace est là, le conflit est toujours là et que des milliers de Camerounais continuent de souffrir, de payer le haut prix du terrorisme. Et il y a une nécessité, il y a une urgence à se mobiliser et à continuer à combattre ce fléau ». (selon RFI)

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mercredi 31 juillet 2019

Des étudiants strasbourgeois au Togo

Construction d'un éco-village solidaire

togoSept étudiants strasbourgeois de l’INSA ont joint, cette année, un projet de solidarité internationale dans le village de Wonougba au Sud du Togo. Ils sont rentrés la semaine dernière de leur périple d’un mois visant à construire des bâtiments à moindre coût s’inspirant de techniques écologiques locales. 

A environ 1h30 de la capitale, Lomé, se trouve le village de Wonougba, touché par la pauvreté et la malnutrition. L’association togolaise SOS Vol lutte pour faire face aux difficultés sociales, sanitaires, éducatives et environnementales dans la région. Porteuse de projets humanitaires depuis une dizaine d’années, elle vient en aide à ses habitants en mobilisant des actions de solidarité internationale. L’objectif est la création d’infrastructures qui abriteront des activités solidaires : centre de restauration pour les personnes âgées et l’école, dortoirs… Mais aussi de mettre en place une activité agro-pastorale durable pour permettre au village d’être complètement autonome. Deux groupes d’étudiants français dont les Strasbourgeois de GoTogo, sont en charge de mener ce projet à bien.

Diverses compétences à mobiliser

De mi-juin à mi-juillet, Go Togo, le groupe d’étudiants strasbourgeois porté par l’association SOSVol, a œuvré à la construction d’écomaison de la solidarité pour les populations défavorisées du village de Wonougba. En amont, ils ont travaillé sur les plans et techniques de construction durable. 

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Forts de la diversité de leurs compétences, les ingénieurs en étude ont arrêté leur choix sur une technique largement utilisée en Afrique : la voute nubienne. Murs et plafonds sont faits de terre crue, un matériau écologique qu’il est facile de se procurer dans la région. Pour le financement, ils ont mis en place une cagnotte leur permettant de récolter 91 % de leur objectif. 

La saison des pluies s’éternisant, les Strasbourgeois ainsi que les bénévoles du chantier ont dû faire face à de lourdes précipitations ne permettant pas le séchage optimal du matériau - très fragile à cette étape. Ils se sont alors adaptés faisant évoluer leur projet en créant une charpente de bois - coupé à proximité -, en montant des murs de briques de terre crue puis en couvrant de taule, seul matériau disponible dans ce court laps de temps. Au cours du mois passé sur place, le dortoir et la salle polyvalente sont sortis de terre. 

Ces lieux seront des espaces d’échange, de sensibilisation et de formation à la production locale : apprendre à élever et cultiver de manière à respecter l’environnement et devenir autonome. Le projet s’inscrit dans l’objectif de lutte contre la malnutrition par la création d’une économie sociale et solidaire pérenne.

Le projet a déjà un an

L’aventure solidaire débute en 2018 avec un groupe d’étudiants bordelais qui est à l’origine de We are ready (WART). En partenariat avec l’association Solid’Earth et sur l’initiative de SOSVOL. Le groupe est en charge de la construction d’une cantine collaborative alimentée par l’agriculture et l’élevage, pour les personnes âgées n’ayant plus la force de travailler aux champs et les enfants de l’école. 

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Cette année avant leur second départ pour Wonougba, et dans le but de se financer, We are ready Togo proposait au parrainage... Des poules ! De fin mai à fin juin, WART a défriché la partie du terrain réservée au poulailler, à la machette. Ils ont débuté la construction du poulailler et de la cantine avec l’aide des bénévoles de SOSVol, de maçons et de menuisiers locaux et grâce à l’expertise d'un agronome. Ils ont aussi travaillé à la mise en place du forage pour l’alimentation en eau du village. 

Selon Adèle, étudiante en Architecture et Génie Civil à l’INSA de Strasbourg, "c’est un projet sur le long terme, le budget est morcelé, cela prendra entre 3 et 5 ans". La suite l'année prochaine... (selon ID - L'info durable)

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dimanche 28 juillet 2019

Australie: des journalistes de France 2 interpellés

Ils couvraient une manif contre une mine de charbon

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Une équipe de télévision française qui filmait une manifestation contre une mine de charbon géante a été interpellée lundi en Australie et inculpée pour intrusion sur une voie ferrée, a annoncé la police australienne. 

Le projet Carmichael de mine de charbon près de la grande barrière de corail est conduit par le conglomérat indien Adani et pèse plus de 20 milliards de dollars australiens (12 milliards d'euros).  

Il est depuis son origine plombé par des problèmes judiciaires et réglementaires, ainsi que par l'activisme d'organisations dénonçant sans relâche son impact environnemental.  

Le journaliste Hugo Clément, parti du site français Konbini pour la chaîne publique France 2, pour qui il va réaliser des documentaires sur l'environnement, et trois membres de son équipe de tournage figurent parmi sept personnes interpellées lors de la manifestation organisée dans l'Etat du Queensland (nord-est), à Abbot Point, d'où doit être exporté le charbon. Le groupe a été inculpé d'intrusion sur une voie ferrée, selon la police. 

"On était juste en train de filmer l'action de ces gens et on ne sait pas pourquoi, la police a décidé de nous arrêter", a déclaré Hugo Clément à la chaîne publique ABC. "On ne faisait pas partie de l'action, on n'est pas des militants, juste des journalistes". 

D'après ABC, le journaliste a été libéré sous caution avec l'interdiction de se rendre dans un rayon de 20 kilomètres autour du site de la mine. Les journalistes devront comparaître devant un tribunal à Bowen le 3 septembre. 

Le mois dernier, le gouvernement du Queensland avait levé le dernier obstacle environnemental à la construction de la mine, qui doit produire 27 millions de tonnes de charbon par an.  

Les écologistes font valoir que le charbon produit contribuera au réchauffement climatique global qui dégrade la Grande barrière. La matière première devra en outre transiter par le port proche d'Abbot Point. 

La Grande barrière de corail, classée au Patrimoine mondial, est déjà menacée par les ruissellements agricoles et le développement et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer dévoreuses de coraux. 

Elle vient de subir plusieurs graves épisodes consécutifs de blanchissement imputés au réchauffement climatique. 

Les partisans du projet font valoir qu'il créera des centaines d'emplois. (selon AFP)

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vendredi 26 juillet 2019

Haïti : Sous-alimentation

La population haïtienne la plus touchée d’Amérique latine et des Caraïbes

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La faim touche 42,5 millions de personnes en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2018. L’Amérique du Sud accueille la majorité des personnes sous-alimentées en raison du recul de la sécurité alimentaire au Venezuela, indique le nouveau rapport de l’ONU réalisé conjointement par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), intitulé « État de l'insécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019 ».

Selon ce rapport, au cours des cinq dernières années (2014-2018), la sous-alimentation en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté principalement en raison de la situation en Amérique du Sud, où le pourcentage de personnes souffrant de la faim est passé de 4,6% en 2013 à 5,5% en 2018. L’Amérique du Sud héberge 55% des personnes sous-alimentées de la région, et l’augmentation observée est principalement due à la détérioration de la sécurité alimentaire au Venezuela, où la prévalence de la sous-alimentation a été multipliée par quatre, passant de 6,4% à en 2012-2014 à 21,2 % en 2016-2018.

En revanche, le pourcentage de sous-alimentation en Amérique centrale (6,1%) est en baisse depuis 2013, même s'il est supérieur à celui de l'Amérique du Sud (5,5%).

De 2000 à 2015, l'Amérique latine et les Caraïbes ont réduit de moitié la sous-alimentation de leur population. Mais le nombre de personnes souffrant de la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté en 2018 pour la troisième année consécutive en partie à cause du ralentissement économique et de la situation au Venezuela, selon les Nations Unies (ONU). Le nouveau rapport sur la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, présenté par cinq agences des Nations Unies, affirme que le pourcentage de personnes souffrant de la faim dans la région est passé de 6,2% de la population en 2015 à 6,5% en 2017, niveau qui a été maintenu en 2018


Classement des pays en Amérique latine et Caraïbes : 

(En % de la population touchée par la sous alimentation)

1 - Haïti 49,3%
2 - Venezuela 21,2%
3 - Bolivie 17,1%
4 - Nicaragua 17%
5 - Guatemala 15,2%
6 - Honduras 12,9%
7 - Paraguay 10,7%
8 - Panama 10%
9 - Pérou 9,7%
10 - République dominicaine 9,5%
11 - El Salvador 9%
12 - Suriname 8,5%
13 - Guyana 8,1%
14 - Jamaïque 8%
15 - Équateur 7,9%
16 - Belize 7,5%
17 - Dominique 6,2%
18 - Saint-Vincent-et-les Grenadines 5,7%
19 -Trinité et Tobago 5,5%
20 - Colombie et Costa Rica 4,8%
21 - Argentine 4,6%
22 - Barbade 3,9%
23 - Mexique 3,6%
24 - Chili 2,7%
25 - Cuba < 2,5%
26 - Brésil < 2,5%
27 - Uruguay < 2,5%

(Source : "Haïti Libre")

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mercredi 24 juillet 2019

La CPI acquitte Laurent Gbagbo

Le jugement contredit la propagande occidentale

CPI

L’acquittement de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, constitue une gifle pour les Occidentaux, qui avaient militairement contribué à son éviction du pouvoir. Rappelons-nous, c'est le président Sarkozy qui avait ordonné la destruction de l'aviation ivoirienne.

L’événement est passé assez inaperçu. Il est pourtant d’une grande importance, et constitue un lourd désaveu du camp occidental : la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté l’ancien chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, ainsi qu’un de ses proches. Les deux hommes étaient accusés de « crimes contre l’humanité ».

Le verdict était connu depuis plusieurs mois, mais le 16 juillet, les juges ont publié le détail de leur jugement motivé. Celui-ci sonne comme un désaveu cinglant de ceux qui avaient militairement soutenu le rival de M. Gbagbo à l’élection présidentielle de décembre 2010.

Bref retour en arrière : à l’issue du second tour de ce scrutin, le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire avait déclaré le président sortant réélu. Mais, sur fond d’histoire mouvementée et de conflits exacerbés dans les années précédentes, son adversaire s’est également proclamé élu, s’appuyant sur les décomptes d’une Commission électorale indépendante.

La « communauté internationale » accuse alors le président sortant de fraudes. L’Union européenne menace le pays de sanctions si Laurent Gbagbo ne quitte pas ses fonctions. La tension croît et dégénère en conflit armé en février 2011. C’est également le moment où les Occidentaux – France et Royaume-Uni, soutenus par les Etats-Unis – interviennent militairement en Libye pour « protéger » le peuple de ce pays en cachant à peine leur objectif : se débarrasser du colonel Kadhafi. A Paris, Londres, Bruxelles et Washington, l’air du temps est à la canonnière.

En Côte d’Ivoire, la préférence occidentale va de soi. D’un côté, Laurent Gbagbo, longtemps membre de l’Internationale socialiste, est de plus en plus mal vu par les dirigeants du « monde libre » qui le qualifient de « nationaliste ». En clair, ils le soupçonnent de vouloir préserver les richesses nationales, et donc de ne pas faire preuve d’assez de compréhension pour les intérêts des firmes européennes, françaises en particulier (la Côte d’Ivoire a longtemps été une colonie française).

De l’autre, Alassane Ouattara, une économiste formé notamment à l’université américaine de Pennsylvanie, et qui entra en 1968 au Fonds monétaire international (FMI). En novembre 1984, il prend la direction du département Afrique de cette institution. Accessoirement, il épouse une riche femme d’affaires peu après : la cérémonie a lieu à Paris, avec, parmi les amis, Martin Bouygues, un des plus puissants oligarques français (bâtiment et télécommunications).

C’est donc peu dire que M. Ouattara fait figure de candidat des Occidentaux. En mars 2011 donc, les combats s’intensifient entre les deux camps. Discrètement soutenues par le détachement de l’ONU, les forces pro-Ouattara, qui ne lésinent pas sur les exactions, pénètrent dans la capitale administrative, Yamoussoukro.

Et le 11 avril, elles assiègent puis font prisonnier Laurent Gbagbo et ses proches. Sous couvert de l’ONU, les troupes françaises leur prêtent une aide discrète mais décisive, selon de nombreux témoignages.

Le président sortant – qui continue à proclamer sa légitimité – est alors transféré à prison internationale de La Haye dans l’attente du procès que prépare la CPI. C’est donc le résultat de celui-ci, huit ans plus tard, qui vient d’être rendu public.

Première déconvenue pour les Occidentaux, le président de la Chambre, l’Italien Cuno Tarfusser, affirme qu’un procès n’est pas fait « pour juger l’Histoire d’un pays », et qu’il n’a nullement le droit de « prendre position sur la responsabilité morale ou politique » des accusés.

Par ailleurs, l’accusation formulée par le procureur, selon laquelle ceux-ci auraient mis en œuvre une stratégie visant massivement les civils favorables à M. Ouattara, repose, selon deux des trois juges, sur « des bases incertaines et douteuses, inspirées par un récit manichéen et simpliste ». Dans les mille pages d’attendus, on peut lire que « rien ne permet de penser que Laurent Gbagbo aurait refusé de se retirer parce que son plan était de rester au pouvoir à tout prix ». Ce qui était précisément la thèse autour de laquelle s’est organisée l’intense propagande déployée à l’époque par les médias dominants, en France en particulier.

Au contraire, notent les juges, les forces loyalistes étaient confrontées à « une guérilla urbaine », et étaient en position défensive. Le texte du jugement souligne en outre la non-neutralité des forces onusiennes (dont le mandat n’était pourtant pas de prendre parti), et évoque même la présence de tanks français tirant sur les soldats restés fidèles au président.

Enfin, une révélation s’avère particulièrement gênante pour ceux qui rêvaient de mettre en scène une justice internationale sanctionnant de manière impartiale un auteur de crimes contre l’humanité (crimes dont la réalité a été finalement démentie). Selon les juges, le procureur a pris « de premiers contacts avec certains témoins »... avant même d’avoir été légalement autorisé à enquêter. Une entorse plutôt problématique pour tous ceux qui – à commencer par l’Union européenne – ne cessent de se draper dans l’« Etat de droit ».

On ne peut que se réjouir que des juristes professionnels et intègres aient refusé de jouer le rôle que les dirigeants américains et européens voulaient leur attribuer. Mais si Laurent Gbagbo a été libéré de prison, il reste en résidence surveillée à Bruxelles, au cas où le procureur ferait appel. Surtout, il y a une énorme disproportion entre les tombereaux de propagande occidentale déversés en 2011, justifiant une intervention militaire à peine déguisée, et la discrétion médiatique quant au démenti qui a été finalement apporté à celle-ci.

La CPI avait été créée en 2002 pour légitimer le « droit d’ingérence », concept dont le but réel est de subordonner la souveraineté des Etats au bon vouloir de ladite « communauté internationale », c’est-à-dire des élites mondialisées.

Au-delà de l’honnêteté de quelques juges, qu’il faut saluer, il faut aussi et surtout remarquer que le monde qui s’esquissait « unipolaire » au tout début du siècle, a, depuis lors, quelque peu changé... (Selon Pierre Levy, rédacteur en chef du mensuel "Ruptures").

  • A noter que samedi dernier, des ressortissants ivoiriens ont manifesté pacifiquement en bicyclette dans les rues de Paris pour exiger le retour de Gbagbo à Abidjan. Dans la capitale ivoirienne, plus de 100.000 personnes ont manifesté dans le quartier populaire de Yopougon. La presse française n'a évidemment parlé que des débordements des supporters algériens après la victoire de leur équipe nationale à la CAN, c'est plus facile à justifier.

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