dimanche 5 août 2018

Plus de 13 000 migrants abandonnés dans le désert du Sahara

L’Algérie accusée !

algerL’Algérie se défend d’avoir abandonné plus de 13 000 migrants dans le désert du Sahara comme l’accuse Associated Press dans une enquête alors qu’une vidéo montre des centaines de personnes marchant dans le désert par près de 50°C. La responsabilité de l’Europe est engagée.

L’Algérie a nié avoir maltraité des migrants en affirmant avoir abandonné plus de 13 000 personnes dans le désert du Sahara au cours des 14 derniers mois, notamment des femmes enceintes et des enfants. Le pays aurait expulsé les migrants sans nourriture ni eau et les aurait obligés à marcher. Une video diffusée par Associated Press montre des gens qui marchent par centaines dans des températures qui atteignent 48°C.

Des nombres incalculables sont morts, mais tous les survivants interrogés par AP racontent comment les gens de leurs groupes ont simplement disparu dans le désert. « Les femmes étaient mortes, les hommes … d’autres personnes disparaissent dans le désert parce qu’elles ne connaissent pas le chemin », explique Janet Kamara, qui était enceinte à l’époque. Les plus chanceux sont finalement arrivés au Niger.

L'Union Européenne sait et se tait !

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis fin 2017, alors que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils éloignent les migrants de la méditerranée. Un porte-parole de l’UE a déclaré qu’il était conscient de ce que l’Algérie faisait, mais que les pays souverains peuvent expulser les migrants tant qu’ils se conforment au droit international.

Les autorités algériennes ont refusé de commenter. Mais l’Algérie a par le passé nié toute critique selon laquelle elle commettrait des abus de droits en abandonnant des migrants dans le désert, qualifiant les allégations de campagne malveillante.

L’Organisation internationale pour les migrations a estimé que pour chaque migrant connu pour avoir traversé la Méditerranée, pas moins de deux sont perdus dans le désert – potentiellement plus de 30 000 personnes depuis 2014.

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mercredi 1 août 2018

Chine: un gratte-ciel improbable...

... avec cascade intégrée

chineUn gratte-ciel du sud-ouest de la Chine, équipé sur une de ses faces de la chute d'eau artificielle "la plus haute du monde", rejoint la longue liste des constructions audacieuses ou étranges édifiées dans le pays asiatique. 

Le Liebian International Building est construit dans la ville de Guiyang. Sa cascade culmine à 108 mètres du sol mais a un problème de taille: cette fantaisie a un coût faramineux. La chute d'eau a été construite il y a deux ans. Mais elle n'a depuis été activée qu'à six reprises, car le pompage de l'eau jusqu'au sommet coûte 800 yuans (100 euros) de l'heure. 

Edifié par le groupe chinois Ludi Industry, le gratte-ciel est encore en cours de finition. Il devrait accueillir un centre commercial, des bureaux et un hôtel de luxe. La cascade utilise notamment les eaux de pluie et souterraines, qui sont canalisées dans d'énormes réservoirs placés dans le sous-sol du bâtiment. Le système vise à reproduire en zone urbaine la nature sauvage de la province, a expliqué le directeur du groupe Ludi, Cheng Xiaomao, au journal hongkongais South China Morning Post. 

Mais l'ouvrage est vite devenu la cible d'innombrables moqueries de la part des internautes. Ils s'en prennent notamment à l'immense gaspillage de ressources. "Mettez-la juste en route quelques fois par an! Comme ça, ça nettoie les vitres et il n'y a pas besoin de payer des laveurs de carreaux", plaisante un utilisateur du réseau social Weibo. 

Les métropoles de Chine ont vu se multiplier ces dernières décennies les innovations architecturales, accompagnant le développement économique et la poussée de l'urbanisation. Le siège de la télévision d'Etat (CCTV) à Pékin présente une architecture futuriste et audacieuse, en forme de bassin humain surmontant deux jambes. L'édifice est surnommé affectueusement par la population "le Caleçon long". Tout proche, le bâtiment du Quotidien du peuple, l'organe du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, affiche lui un profil évoquant pour certain un pénis. Quant à une université des ressources en eau située dans le nord-est de la Chine, elle était devenue la risée du web pour sa ressemblance avec... une cuvette de toilettes. 

Le président chinois Xi Jinping a pourtant appelé à stopper l'essor des "architectures bizarres et grotesques". (selon "Tahiti-infos")

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jeudi 26 juillet 2018

Algérie : un blogueur emprisonné et en gréve de la faim

Soutiens pour la libération de Merzoug Touati

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Le blogueur algérien Merzoug Touati, condamné à sept ans de prison pour « intelligence avec une puissance étrangère » pour un entretien avec un diplomate israélien, a débuté une nouvelle grève de la faim, a annoncé, mercredi 18 juillet, Reporters sans frontières (RSF), réclamant un « réexamen » de son cas. Depuis le 8 juillet, « Merzoug Touati a cessé de s’alimenter (…) pour protester contre sa condamnation qu’il juge injuste », indique l’ONG de défense de la liberté de la presse dans un communiqué. Il « réclame l’annulation de sa peine, sa libération ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires », poursuit RSF qui continue de dénoncer « la disproportion » de cette peine.

Merzoug Touati, 30 ans, avait été condamné en mai en première instance à dix ans de prison pour avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de vingt ans de prison.

Sa peine a été réduite à sept ans en appel le 21 juin. Il lui est reproché d’avoir publié sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère des affaires étrangères d’Israël, Etat que ne reconnaît pas l’Algérie.

Lors de ses deux procès, la cour avait écarté le chef d’incitation à « s’armer contre l’autorité de l’Etat » – passible de la peine de mort – et deux autres crimes et délits d’atteinte à la sûreté de l’Etat, dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook. Depuis son arrestation et incarcération en janvier 2017, Merzoug Touati a mené plusieurs grèves de la faim.

« Merzoug Touati proteste aujourd’hui au péril de sa vie », souligne RSF, qui « rappelle que les autorités algériennes sont responsables de la vie de Merzoug Touati et demande à la justice de réexaminer au plus vite le cas de ce blogueur injustement puni pour avoir exercé son droit informer. »

L’Algérie figure à la 136e sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF, qui estime que « la liberté de l’information (…) demeure fortement menacée » dans le pays.

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vendredi 6 juillet 2018

Des crocodiles oranges au Gabon

Ils vivent dans des grottes !

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Les crocodiles oranges ont été découvert en 2008 au Gabon par l’archéologue Richard Oslisly. Leur couleur orange qui est unique pourrait s’expliquer par une dépigmentation dûe au manque de lumière et aux effets des excréments de chauves souris. « On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3000 ans »" explique le chercheur américain Matthew Shirley à l’AFP. Entrés alors qu’ils étaient encore petits, les crocodiles se seraient retrouvés bloqués et ont du se nourrir uniquement de chauves souris.

Des dizaines de crocodiles avec une coloration classique vivent dans des grottes voisines qui sont en lien avec la surface, et disposent donc de plus de lumière et d’une alimentation variée, explique Olivier Testa, alors que les crocodiles oranges sont dans des zones fermées.

Richard Oslisly souhaite que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire protégé ». « Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue qui espère y développer le « tourisme scientifique ».

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jeudi 28 juin 2018

Inondations en Afrique : arnaqués deux fois

Abidjan. Une opération de déguerpissement des constructions anarchiques et du curage du caniveau principal au niveau de la Rue Ministre (Riviera Palmeraie) a démarré ce samedi suite aux instructions du Gouvernement.

Deguerpissement_Rue_Ministre_0018Les inondations ont passé en Afrique, notamment à Abidjan, où l'une des rues les plus touchées est la "rue ministre" (évidemment pas la "rue des ministres"). Certains habitants avaient déjà été arnaqués à l'achat de leur maison : les raccordements sanitaires, bien que payés, n'ont pas été réalisés, et la construction s'était faite directement sur le caniveau. On imagine le résultat lors de ces fortes pluies.

Et voilà comment sont secourus ces victimes : elles reçoivent une légère obole de 1500 € environ et sont priées de déguerpir.  Leur maison sera rasée. Pour les autorités ivoiriennes le problème est réglé.

Ah j'oubliais : officiellement, les inondations ont fait 20 morts ! Les familles ont touché aussi 1500 € par décès pour frais d'obsèques. L'Etat ivoirien, avec à sa tête un certain Ouattara, a débloqué ces sommes sur une banque suisse où le président possède des comptes personnels. Un généreux donateur qui n'oubliera pas de rappeler son effort personnel lors des élections de 2020.

abidjan

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lundi 25 juin 2018

Débat sur la Russie avec Jean-Pierre Chevènement

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Représentant spécial de la France pour la Russie, président de la Fondation Res Publica, Jean-Pierre Chevènement était l'invité de l'émission "Le Débat" présentée par Raphaël Kahane sur France 24. Il débattait avec Jean De Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS, ancien diplomate, et Sylvain Kahn, professeur à Sciences Po, chroniqueur à Explicite.

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samedi 23 juin 2018

L’Allemagne au Conseil de Sécurité de l'ONU

Lors de l’élection des membres non-permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Allemagne a obtenu un siège pour la période 2019 – 2021. On se demande à quoi ça sert…

ONU

L’Allemagne politique est contente. Avec 184 voix, l’Assemblée Générale de l’ONU a accordé à l’Allemagne un siège non-permanent au Conseil de Sécurité pour la période 2019 à 2021. Pendant ces deux ans, l’Allemagne y siègera alors avec les 5 membres permanents (France, Russie, Grande Bretagne, Etats-Unis, Chine) et les autres membres non-permanents qui sont la Belgique, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et la République Dominicaine. Et à quoi bon ?

Le Conseil de Sécurité est l’organe exécutif de l’Organisation des Nations Unis, de l’ONU. Sa mission est simple, il porte « la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale ». Rien que ça. Pour assurer cette paix et cette sécurité internationales, les fondateurs avaient eu l’excellente idée d’attribuer un siège permanent à 5 nations qui avaient toutes quelque chose en commun : elles font partie du TOP 10 des pays exportateurs d’armes. Est-ce vraiment une bonne idée d’attribuer la sauvegarde de la paix à des pays dont une bonne partie du PIB dépend des guerres dans le monde ? En 1946, lorsque le Conseil de Sécurité a été crée à Londres, les pères fondateurs avaient doté ces 5 pays disposant d’un siège permanent, du droit de veto. Une idée aussi bonne que celle de l’unanimité parmi les 28 états-membres de l’Union Européenne.

Lorsque l’on regarde la paix et la sécurité internationales, force est de constater que le travail du Conseil de Sécurité de l’ONU n’est pas vraiment couronné de succès. Les résolutions de l’ONU concernant les régions en conflit n’ont généralement aucune chance de passer, car dans la plupart des cas, ces conflits concernent de près ou de loin les intérêts des membres permanents de ce Conseil et donc, le veto est utilisé en permanence. Et les rares fois qu’une résolution passe, elle n’est pas respectée sur le terrain.

Les membres non-permanents, eux, ne disposent pas du droit de veto. A vrai dire, personne ne s’intéresse vraiment à ce qu’ils pensent. Si ça fait chic d’avoir sa délégation diplomatique à New York, si les images télévisées de la grande table ronde du Conseil sont toujours impressionnantes, l’efficacité de ce Conseil est nulle. La Russie et les Etats-Unis se bloquent généralement mutuellement par leurs vetos respectifs, à moins que la Chine ne bloque les deux. La Grande Bretagne et la France devraient, en principe, représenter la voix européenne; mais voilà : pour représenter une voix européenne, il faudrait d’abord qu’il y en ait une.

Il faut être lucide – le Conseil de Sécurité de l’ONU ne maintient pas la paix, mais ses membres fournissent les instruments de guerre aux plus offrants. La sécurité internationale a été abolie par le terrorisme international et le Conseil de Sécurité n’a rien pu empêcher. Il serait peut-être temps de revoir le fonctionnement de ce Conseil, ou de l’abolir. Car en l’état, être membre de ce Conseil de Sécurité, cela relève presque du cynisme. Les marchands d’armes comme gardiens de la paix, on aura tout vu.(selon Euro-journaliste)

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jeudi 21 juin 2018

Côte d'Ivoire : Bouaké, une ville à sec

Que ce soit dans de grandes métropoles ou dans de petits villages isolés, il va falloir apprendre à s'habituer à la pénurie d'eau en Afrique. France 24 s'est rendue à Bouaké, en Côte d'Ivoire, où vivent 1,5 million de personnes et où l'eau se fait de plus en plus rare.

Le journal ivoirien "L'Eléphant déchaîné" se saisit de la même menace qui pèse sur Yopougon, la plus grande commune qui compose Abidjan la capitale économique du pays.

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lundi 18 juin 2018

Nicaragua : Des manifestations durement réprimées

157 morts recensés !

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Alors que la communauté internationale a les yeux braqués depuis plusieurs mois sur la situation chaotique au Venezuela, et sur les heurts qui ont secoué le pays en faisant des dizaines de victimes, un autre pays d’Amérique latine vit actuellement une période troublée sous fond de répression violente, il s’agit du Nicaragua.

De nombreux épisodes violents durant lesquels les opposants au régime de Daniel Ortega ont été réprimés par les forces de l’ordre ont secoué ce petit pays d’Amérique centrale sous fond de crise socio-politique.

Nouveaux actes de violence au Nicaragua, alors que les derniers chiffres du Centro Nicaragüense de Derechos Humanos (Cenidh) font mention de 157 morts depuis que des manifestations anti-gouvernement ont éclaté en avril en raison de réformes de la Sécurité Sociale ( baisse de 5 % des pensions de retraite associée à une hausse des cotisations). Voilà qui rappelle la hausse de la CSG décidée par Macron et qui peut expliquer l'absence d'information dans nos medias ! Partout où les mesures d'austérité passent, le peuple gronde.

La crise la plus sanglante depuis 1980, les pays voisins menant la même politique très inquiets.

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Le Nicaragua vit la crise sociopolitique la plus sanglante jamais enregistrée depuis les années 1980, comme dans les cas précédents, la majorité des morts au Nicaragua ont été victimes de coups de feu précis à la tête, un témoignage d’une réelle volonté de tuer.

Les manifestations contre Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo, ont commencé le 18 avril, depuis s’en est suivi une demande de démission contre le couple de dirigeants après onze ans de pouvoir sous fond d’accusations d’abus et de corruption.

Devant la gravité des faits, le gouvernement chilien a réitéré sa profonde « préoccupation » face aux « actes de violence » qui ont lieu au Nicaragua et qui ont fait, outre les victimes mortelles, plus d’un millier de blessés.

« Le Chili espère que le gouvernement nicaraguayen se conformera aux 15 recommandations formulées par le rapporteur de la Commission interaméricaine des droits de l’homme lors de sa récente visite dans ce pays », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

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Le Mexique a de nouveau lancé un appel au calme le 12 juin par l’intermédiaire du Ministère des Affaires étrangères, le gouvernement mexicain s’est déclaré préoccupé par la persistance de la violence dans ce pays et a réitéré son appel à la cessation immédiate de tout acte de violence, d’intimidation ou de menace.

En même temps, il a exhorté le gouvernement de Daniel Ortega, président du Nicaragua, et tous les secteurs de la société du Nicaragua à reprendre d’urgence le dialogue national avec la participation de la Conférence épiscopale du Nicaragua, et à mettre en œuvre les recommandations de la Commission Commission interaméricaine des droits de l’homme, émises le 15 mai de cette année.

Le président du Costa Rica a de son côté jugé indispensable que le gouvernement d’Ortega respecte les droits de l’Homme pour surmonter la profonde crise que traverse son voisin nicaraguayen.

Et pourtant la violence continue !

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Outre la grève générale dans le pays, la violence s’est encore invitée dans plusieurs villes du Nicaragua (avec de nouvelles victimes à déplorer) avant la reprise du dialogue national qui vise à mettre fin à cette période sous haute tension.

Cet appel à une grève de 24h a été lancé par l’Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, qui réunit des hommes d’affaires, des membres de la société civile, des étudiants et des paysans pour exiger la fin de la répression gouvernementale. La grève nationale a commencé à minuit avec une « cacerolada » qui a été perçue dans de nombreux quartiers de la capitale.

Le but de la grève était de faire pression sur le président Ortega pour mettre fin aux émeutes et permettre une sortie de crise de façon pacifique.

Un gouvernement soi-disant populaire

Les tirs de la police, les bombes de mortier et les sirènes qui retentissent sont monnaie courante dans les rues du Nicaragua depuis avril. Les groupes anti-émeutes sont ceux qui essaient d’éviter les manifestations, avec une forme similaire à celle des forces paramilitaires bolivariennes de Nicolás Maduro au Venezuela.

Le gouvernement sandiniste estime, à l’instar de son homologue vénézuélien, que cette agitation vise uniquement à destituer le mariage présidentiel au pouvoir, en invoquant un complot nord-américain toujours enclin à « s’en prendre aux gouvernements populaires ». Si populaire que ça ? (Aline Timbert - Actu Latino)

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mardi 12 juin 2018

Endettement africain

Les dessous de la dépendance

AfriqueLe fléau de la dette africaine fait toujours couler beaucoup d’encre, de mots et de maux. Les « requins » de la finance mondiale sont pointés du doigt à juste titre, mais sont-ils vraiment les seuls responsables ? Certes les financiers ont une responsabilité mais les Etats africains emprunteurs ne sont pas innocents : dépenses expansives ; dépendance aux seules matières premières ; fiscalité dissuasive et mal gérée ; mauvaises habitudes consécutives aux remises de dettes multiples. La liste est longue.

Selon le rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales (2017), le nombre de pays à faible revenu surendettés ou risquant de le devenir est passé de 7 en 2013 à 12 en 2016. Il y en a même qui se sont déclarés en défaut de paiement comme le Mozambique, en janvier 2017. Une histoire qui semble se répéter en dépit des séquelles indélébiles des anciennes crises de l’endettement. Alors, pourquoi les vieux démons de la dette reviennent encore roder autour du continent africain ?

 A qui la responsabilité ?

 Pour beaucoup d’Africains, les « requins » de la finance internationale, de façon générale, et les institutions de Bretton Woods en particulier, sont les seuls responsables de l’endettement sans fin des pays africains. Sans dédouaner ces acteurs de leur part de responsabilité, il est désolant de constater que les premiers responsables du boulet de la dette que traînent les pays africains à leurs pieds depuis des décennies sont avant tout leurs propres dirigeants.

 D’abord, l’augmentation rapide de la dette des pays africains est la conséquence des politiques budgétaires expansionnistes. Il s’agit des dépenses dans des infrastructures pharaoniques (« les éléphants blancs ») pas toujours en adéquation avec les besoins urgents de la population ; de nombreuses subventions distribuées pour des raisons politiciennes, du nombre pléthorique et souvent mal utilisé des fonctionnaires de l’administration, etc. Ces dépenses souvent improductives sans retour rapide sur investissement entrainent inéluctablement des déficits publics et rendent l’endettement incontournable.

 La dépendance aux matières premières

 Ensuite, la dépendance des économies africaines rentières aux cours des matières premières apparait comme un facteur favorisant l’endettement. Des indépendances jusqu’à ce jour, les pays africains au sud du Sahara n’ont pas réussi la transformation structurelle susceptible de diversifier leurs économies. Ces dernières mono-productrices restent très vulnérables aux fluctuations des cours de matières exportées à l’état brut. Ainsi, une baisse significative des cours de ces matières premières se traduit par une chute des ressources, de laquelle nait des déficits importants. Pour les financer, les dirigeants africains ont souvent recours à l’endettement. A titre d’illustration il faut noter que à la suite de la chute du prix du cacao en 2017, premier produit d’exportation de la Côte d’Ivoire, le gouvernement ivoirien a sollicité et obtenu auprès de la France un appui budgétaire pour le financement de son déficit budgétaire d’un montant de 65,6 milliards FCFA. Cette exposition aux chocs sur les prix des matières premières est accentuée par l’absence de politique contra-cyclique. En effet, au lieu d’économiser en période de vache grasse, pour financer leurs dépenses en période de vache maigre, les gouvernements africains font l’inverse. Ils dépensent trop lors des périodes de boom en s’engageant dans des projets coûteux et improductifs, et quand les cours des matières premières baissent ils manquent de ressources et sont obligés de s’endetter pour boucler leurs budgets.

 La faiblesse des recettes

 Par ailleurs, la faiblesse des recettes de l’Etat constitue aussi un facteur favorisant l’endettement. Le niveau des recettes fiscales représente moins de 20% du PIB de ces pays ; un niveau largement inférieur à celui des pays de l’OCDE. De plus, la pression réglementaire et fiscale des Etats incite les entreprises formelles à se cacher et frauder pour échapper au poids écrasant de la fiscalité. Elle encourage aussi celles qui sont déjà dans l’informel à y demeurer. Ce secteur est une composante essentielle de la plupart des économies subsahariennes, où sa contribution au PIB s’échelonne entre 25 % et 65 %. Donc au lieu de faire des réformes pour améliorer l’environnement des affaires et faire sortir les entreprises de l’informel et accroitre leurs recettes fiscales, les dirigeants africains choisissent la voie de la facilité en continuant de s’endetter.

 Les remises de dettes

 Enfin, l’accoutumance aux différents mécanismes de réduction de la dette pourrait expliquer la tendance des dirigeants africains à vouloir toujours s’endetter. Depuis le milieu des années 70, les créanciers des pays africains ont élaboré différents mécanismes de réduction de la dette. Ainsi, les mécanismes comme les Plans Baker et Brady, les Termes de Toronto (1988), les Termes de Londres (1991), les Termes de Naples (1995) et les Termes de Lyon (1996) et plus récemment l’initiative PPTE renforcée et l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) ont été mis en place pour la réduction de la dette. Les dirigeants africains semblent s’être accoutumés à ces mécanismes, dans le sens où même s’ils adoptent de mauvaises politiques publiques ils ont un filet de sécurité permettant de les protéger en gommant leurs erreurs. Ils n’ont plus d’incitations suffisantes pour combattre les causes de l’endettement conduisant toujours au ré-endettement.

 Comment sortir du cercle de la dette ?

Somme toute, pour pouvoir résister à la tentation de la dette, les dirigeants africains doivent d’abord améliorer la qualité des dépenses publiques à travers l’augmentation de l’efficience des dépenses, la redéfinition des dépenses prioritaires et la mise en œuvre d’une politique macroéconomique saine. Il s’agit aussi pour l’Etat de se consacrer à ses fonctions régaliennes en cédant certaines activités au secteur privé. Ensuite, il apparait urgent d’augmenter les recettes fiscales des pays africains. Ces derniers doivent renoncer à la facilité et faire des réformes pour l’accroissement de la base imposable. Il s’agit d’améliorer l’environnement des affaires en réduisant la pression réglementaire et fiscale pour attirer le secteur informel vers le formel et augmenter ainsi les ressources de l’Etat et réduire le recours à l’endettement extérieur. Enfin, il est indispensable de faire de la transformation structurelle des économies africaines la priorité pour amoindrir les effets des chocs consécutifs aux fluctuations des cours des matières premières. Bref, il faut sortir de l’économie de rente et aller vers l’économie productive du marché.

 KRAMO Germain, analyste économiste ivoirien.

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