samedi 8 mai 2021

Covid-19 et trafic

De faux vaccins Pfizer circulaient en Pologne et au Mexique

fauxLe laboratoire américain Pfizer a confirmé mercredi que des doses suspectes de son vaccin anti-covid saisies au Mexique et en Pologne et vendues jusqu’à 1000 dollars l’unité, étaient des contrefaçons. 

Elles coûtaient jusqu’à un millier de dollars l’unité (plus de 800 euros), mais la valeur de leur sérum était nulle. Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer a confirmé mercredi que des doses suspectes de son vaccin anti-covid saisies au Mexique et en Pologne étaient en fait de faux vaccins, selon des médias américains.

Quelque 80 personnes se sont vues administrer ces doses factices, apparemment sans effet néfaste sur la santé mais inopérantes face au Covid-19, dans une clinique mexicaine, rapporte le Wall Street Journal. Les fioles ont été retrouvées dans des glacières destinées à garder les boissons fraîches et portaient de faux numéros de lots et des dates d’expiration non moins véritables, selon des responsables mexicains.

En Pologne, le liquide confisqué était un produit cosmétique, probablement une crème antirides, a indiqué le laboratoire. Dans les deux pays, Pfizer a effectué des tests sur les fioles et constaté qu’elles ne contiennent pas le vaccin qu'il a développé avec BioNTech.

« Nous sommes conscients que dans le climat actuel, favorisé par la facilité et la commodité du commerce électronique et l’anonymat accordés par Internet, il va y avoir une augmentation de la fraude, de la contrefaçon et d’autres activités illégales en relation aux vaccins et traitements du Covid-19 », a déclaré un porte-parole de Pfizer sur la chaîne ABC News.

« Il y a une opportunité parfaite pour les criminels »

En février, les autorités sanitaires de l’Etat mexicain de Nuevo Leon avaient mis en garde contre des ventes « clandestines » de « prétendus vaccins pour le Covid » et appelé la population à ne pas les acheter. En mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est également inquiétée que des vaccins Pfizer « falsifiés » aient été découverts au Mexique et que le produit « puisse toujours être en circulation dans la région ».

 

« Nous avons une offre très limitée, qui va augmenter à mesure que nous montons en puissance et que d’autres entreprises entrent sur le marché du vaccin. Entre-temps, il y a une opportunité parfaite pour les criminels », a déclaré au Wall Street Journal le responsable général pour la sécurité de Pfizer, Lev Kubiak.

Le Mexique est également en train de contrôler une livraison de ce qui est présenté comme 6 000 doses du vaccin russe Spoutnik V, saisis le mois dernier à bord d’un avion privé en partance pour le Honduras, selon le journal. (selon AFP)

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jeudi 6 mai 2021

Joe Biden fait la promotion du train

Joe Biden poursuit sa tournée de promotion de son gigantesque plan infrastructures de 2 000 milliards de dollars. Le président américain était hier à Philadelphie à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Amtrak, la compagnie nationale des trains américains. Le rail est au cœur de la stratégie du président qui veut relancer ce moyen de transport délaissé par les Américains mais qui lui est cher pour des raisons personnelles.

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Joe Biden ne rate jamais une occasion de rappeler combien sa vie personnelle est intimement liée à l’Amtrak, la compagnie ferroviaire américaine. Pendant 30 ans, tous les jours, il a pris le train des milliers de fois entre Wilmington, son fief du Delaware et Washington, où il était sénateur. Car, après la mort tragique de sa femme, Joe Biden avait promis à ses deux fils de rentrer chaque soir à la maison. C’est ce qui lui a valu le surnom populaire d’Amtrak Joe.

« L’Amtrak est devenu ma famille », dit-il, devant une locomotive en gare de Philadelphie. Aujourd’hui, le président américain veut relancer son moyen de transport favori auprès des Américains, qui voyagent presque exclusivement en voiture et en avion. Sur son plan infrastructures de 2 trillions de dollars, 80 milliards seront consacré à la rénovation du réseau ferroviaire américain vétuste et peu étendu.

« Un moyen de transport rapide, sûr, et propre »

« Imaginez, aller d’Atlanta à Charlotte en 2 heures de train, Chicago et Detroit en seulement 2h30. Un trajet entre Los Angeles et Las Vegas encore plus rapide ! Nous avons ici une immense opportunité de créer des emplois tout en favorisant un moyen de transport rapide, sûr, et propre dans notre pays », poursuit-il.

Pour l’anecdote, aujourd’hui, Joe Biden rentre à Wilmington, tous les week-ends retrouver sa famille ... mais toujours en avion, pour des raisons de sécurité.

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samedi 1 mai 2021

Navalny oui, Assange non

On comprend les officiels européens qui ne cessent de réclamer la libération immédiate et inconditionnelle d’Alexis Navalny, l’opposant russe. Mais pourquoi se taire en ce qui concerne Julian Assange ?

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Selon des témoins, l’état d’Alexis Navalny, détenu dans un camp en Russie, se dégrade de jour en jour. Son épouse qui avait l’occasion de lui rendre visite, a dit qu’il avait perdu 10 kg en l’espace de quelques semaines et un porte-parole de son comité de soutien a fait savoir que ses jours étaient en danger. Par conséquent, les institutions européennes réitèrent leurs appels au gouvernement russe de libérer Alexis Navalny. Etonnamment, les mêmes institutions européennes ne se sont jamais exprimées avec la même clarté auprès du gouvernement britannique en ce qui concerne Julian Assange.

Une prise de position très claire venait de la part de Dunja Mijatović, la Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil d’Europe : « Je réitère mon appel de libérer Alexis Navalny et je demande aux autorités russes de lui accorder immédiatement le plein accès aux soins médicaux en vue de la dégradation de son état de santé. Le commissariat des Droits de l’Homme estime que sa condamnation était arbitraire et déraisonnable, Navalny doit être libéré. »

assange

Très bien. On ne peut que souscrire à cet appel. Mais pourquoi est-ce que les institutions européennes n’affichent un tel courage uniquement lorsqu’il donne l’occasion de critiquer la Russie de Poutine ? En ce qui concerne le traitement infligé à Julian Assange, traitement qualifié par les Nations Unis de « torture », les mêmes institutions européennes ne se sont pas prononcées. Aucune déclaration adressée aux gouvernements britanniques successifs de libérer immédiatement Julian Assange dont l’état de santé s’est dramatiquement détérioré pendant 9 ans de captivité totalement injuste et injustifiée. Mais puisque le régime responsable pour cette torture est un gouvernement occidental, on se tait.

L’absence de toute intervention en faveur de Julian Assange décrédibilise en partie les démarches en faveur d’Alexis Navalny. Ce « deux poids, deux mesures » jette un doute sur le côté « humaniste » de la démarche des institutions européennes en faveur d’Alexis Navalny. Un appel aux deux gouvernements britannique et russe, aurait été crédible. Là, l’Europe institutionnelle ne fait que profiter d’une occasion de faire des reproches à la Russie. Dommage. (selon "Eurojournalkist")

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samedi 24 avril 2021

La Côte d'Ivoire, nouvelle cible djihadiste ?

La Côte d'Ivoire, cible récemment de deux attaques jihadistes dans le nord, illustre les ambitions des groupes islamistes armés basés au Sahel d’étendre leur champ d’action aux pays du Golfe de Guinée.

kafolo

C’était dans la nuit du 28 au 29 mars. Ce soir-là, des hommes armés ont attaqué deux positions de l'armée ivoirienne situées à la frontière avec le Burkina Faso. C'était dans les localités de Kafolo et Kolobougou. Ces attaques opérées de manière simultanée ont occasionné six morts et plusieurs blessés. Parmi les personnes tuées : trois soldats et trois assaillants. Un peu moins d’un an auparavant, le 11 juin 2020, un assaut djihadiste, le premier survenu en Côte d’Ivoire, a fait une dizaine de morts chez les militaires ivoiriens déjà à.…Kafolo.

La première de ces nouvelles attaques jihadistes en territoire ivoirien, a eu lieu dans cette même localité de Kafolo, près de la ville de Kong, dans le Nord-Ouest. L’attaque a eu lieu entre minuit et 1 heure du matin. Une soixantaine d’hommes lourdement armés, venus du Burkina Faso, ont alors ouvert le feu sur un poste avancé de l'armée, faisant deux soldats tués et quatre blessés.

Dans les combats, les assaillants perdront trois hommes. Quatre autres seront interpellés, selon l'Etat-major général des armées de Côte d'Ivoire, qui affirme que du matériel (armement, radio, munitions et motos) a été saisi.

L'armée régulière a, au bout d'une heure de combat intense, repoussé les assaillants. Ensuite, s'en est suivie une opération militaire de ratissage sur le terrain pour rechercher les assaillants en fuite ainsi que leurs éventuels complices.

La deuxième attaque est survenue à Kolobougou, à 60 Km au nord-ouest du département de Téhini, faisant frontière avec le Burkina Faso où un poste de la gendarmerie a été pris d’assaut.

Selon une note de l'Etat-major des armées de Côte d'Ivoire, « un gendarme ivoirien a été tué et un autre blessé ». Aucune victime cependant n'a été enregistrée du côté des auteurs de l'attaque sur ce poste-frontière.

L'assaut contre ce poste de gendarmerie à Kolobougou a eu lieu entre « 2 h et 3h du matin », a indiqué à APA une source locale, rapportant que « les populations actuellement sont gagnées par la frayeur et ne peuvent pas sereinement aller dans leurs champs et vaquer à leurs occupations ».

Les postes sont sous surveillance de l'armée ivoirienne dans la localité et la présence des militaires venus en renfort fait que les riverains ont un peu peur, poursuit cet habitant de la région qui a requis l'anonymat.

La Côte d'Ivoire dans le viseur des djihadistes

 

ATTAQUE

« Ces attaques dénotent du fait que la Côte d'Ivoire est clairement dans le projet expansionniste des groupes terroristes », analyse Lacina Diarra, spécialiste des questions de sécurité dans la région Sahel-Sahara. Les jihadistes « veulent se créer un sanctuaire au niveau de la zone frontalière entre le Burkina-Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire », explique cet expert ivoirien, confortant une thèse soutenue récemment par le chef du renseignement extérieur français, Bernard Emié.

Lors d’une réunion consacrée au contre-terrorisme tenue début février sur la base aérienne d'Orléans, en France, le patron des 7.000 espions et analystes français de la DGSE avait prévenu qu’il fallait se préparer à la fois des attentats des grande ampleur et l'expansion jihadiste vers les pays du golfe comme la Guinée, la Côte d'Ivoire ou le Bénin.

Pour une grande partie des experts en sécurité, pour mieux se préparer à contrer une telle éventualité, le gouvernement ivoirien doit s'atteler rapidement « à casser la chaîne de recrutement, développer des stratégies transnationales tout en impliquant les communautés et la société civile ».

Opération « frontières étanches »

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Suite à la première attaque survenue l’année dernière à Kafolo, le gouvernement ivoirien a adopté un décret portant création d'une « Zone opérationnelle Nord » qui s’étend dans les régions situées sur les frontières entre la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.

Cette « Zone opérationnelle Nord » vise à passer de la phase de surveillance des frontières à une posture défensive avec une importante capacité de réversibilité en mission offensive en vue d'empêcher toute infiltration de ces groupes armés sur le sol ivoirien.

Avec un commandement unique pour les opérations militaires et celles relevant de la défense du territoire, l'Etat ivoirien veut permettre à l'ensemble des forces de défense et de sécurité d'avoir une rapide réactivité sur les missions au niveau des frontières.

 Visite aux troupes

Le chef d'Etat-major général des armées, le général de corps d'armée Lassina Doumbia, a d’ailleurs effectué, lundi 31 mars, une visite aux troupes, en compagnie du commandant supérieur de la gendarmerie, le général de corps d'armée Apalo Touré. « Je voudrais vous féliciter, vous dire nos encouragements, vous adresser nos condoléances et vous dire que vous avez été braves, au vu des circonstances et des efforts que vous avez faits, on ne peut que vous le reconnaître », a dit le général Lassina Doumbia à ses hommes, à Kafolo.

« À mon avis, de par mon expérience, en combat de nuit alors qu'on est surpris, perdre deux hommes, c'est que vous êtes bons (soldats), vous savez vous battre parce que la nuit, quand on voit quelqu'un passer, on ne sait pas si c'est son ami ou c'est son ennemi. Entre nous-mêmes, on peut s'allumer parce que c'est compliqué », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le commandement supérieur de la gendarmerie, a demandé aux soldats « d'avoir de la réaction », car « il faut être prêt à utiliser son arme », a-t-il martelé. (selon "Ivoire-soir")

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vendredi 23 avril 2021

Covid-19 en Argentine

Manifestation contre la fermeture des écoles

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Des centaines de personnes sont descendues dans la rue à Buenos Aires pour protester contre les dernières mesures prises par le gouvernement pour freiner la seconde vague de la pandémie. Le Covid-19 a déjà fait plus 59 000 morts dans ce pays de 45 millions d’habitants. Plus que la restriction de circulation à partir de 20 heures, c’est la suspension des classes en présentiel pour les élèves de tous les niveaux qui a mobilisé les manifestants.

Autour de l’Obélisque, au centre de Buenos Aires, des familles, beaucoup d’enfants, une majorité de femmes. Et un seul message : non à la fermeture des écoles.

« Je suis une mère de cinq enfants, de niveaux primaire, secondaire et universitaire, nous explique Sofía, une enseignante de 53 ans. L’année dernière, ils ont tous travaillé en distanciel. Mais ce n’est pas la même chose que d’étudier en présentiel. Pour le plus jeune, qui a 13 ans, ça a été très dur, et s’il devait vivre une autre année comme ça, il la perdrait ! »

Les enfants de milieu défavorisé pénalisés

Laura, une restauratrice d’une quarantaine d’années, est préoccupée par la situation des enfants les plus défavorisés : « Je suis là pour l’éducation du pays. Je trouve atroce qu’on nous impose des restrictions, alors qu’il est prouvé qu’il y a peu de contagions à l’école. Je ne suis pas préoccupée pour mon fils, qui a son ordinateur et son accès Internet, mais pour beaucoup d’autres enfants qui n’ont pas cette chance. Les plus lésés sont ceux qui n’ont pas ces outils. Je suis vraiment indignée ! »

Les statistiques prouvent que l’école n’est pas un lieu privilégié de contagion. Mais les syndicats de l’éducation ont montré leur puissance en obtenant que le gouvernement prenne une mesure impopulaire, à six mois des élections parlementaires de moyen terme.

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jeudi 22 avril 2021

Brexit : le Luxembourg a attiré 93 sociétés financières

Selon une étude, 10% des actifs des banques au Royaume-Uni ont été déplacés vers l’UE en raison du Brexit.

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 Les banques installées au Royaume-Uni ont décidé de déplacer 900 milliards de livres d’actifs vers l’UE en raison du Brexit, soit 10% de leur ensemble, et la City devrait continuer de souffrir, prévient vendredi le centre de recherche New Financial. «Nous pensons que c’est une sous-estimation. Nous sommes seulement à la fin de la première phase du Brexit», souligne-t-il dans son étude. «L’impact final devait être plus important, ce qui va réduire les rentrées fiscales au Royaume-Uni, l’influence en matière de réglementation et au bout du compte avoir des conséquences sur les emplois», ajoute le centre de recherche britannique. À ces 900 milliards de livres, s’ajoutent 100 milliards déplacés par les assureurs et les gérants d’actifs.

La sortie du marché effective unique le 1er janvier a mis fin au passeport financier qui permettait aux entreprises financières implantées au Royaume-Uni de proposer leur service dans l’UE. Londres et Bruxelles ont négocié un accord de libre-échange pour les biens, mais la finance doit se contenter pour l’heure d’une coopération a minima sur les questions réglementaires. Au total, 440 sociétés financières ont délocalisé une partie de leurs activités, déplacé des emplois ou établi des nouvelles entités dans l’UE. Il s’agit d’un chiffre bien plus élevé que l’estimation de mars 2019 quand New Financial avait identifié 269 entreprises concernées par le Brexit. L’étude montre que Dublin est le principal gagnant, puisque 135 sociétés ont choisi la capitale irlandaise, devant Paris (102), Luxembourg (93), Francfort (62) et Amsterdam (48). Mais sur le plus long terme, New Financial estime que Francfort sortira gagnant pour la taille des actifs déplacés, et Paris pour les emplois.

7 400 emplois créés dans l’UE

Certains groupes financiers ont pu en outre délocaliser des activités dans plusieurs villes. Dublin attire beaucoup de gérants d’actifs, les banques vont plus vers Francfort, et Amsterdam séduit les plateformes boursières et les courtiers. New Financial estime par ailleurs que le Brexit a entraîné à ce jour la création de 7 400 emplois dans l’UE, soit en raison de délocalisations du Royaume-Uni ou grâce à des embauches pour renforcer les équipes. Ces emplois sont l’œuvre que d’un très faible nombre d’entreprises, et comme dans le cas des actifs, le montant total devrait augmenter dans les prochaines années. L’étude note que l’enjeu n’est pas tant les déplacements d’emplois, que les créations de postes dans l’UE, qui auraient pu, sans le Brexit, être annoncées au Royaume-Uni.

Enfin, New Financial estime que, si la City perd de son rayonnement, Londres restera le premier centre financier européen pour quelque temps encore, les entreprises souhaitant maintenir autant d’activités qu’elles le peuvent dans la capitale britannique. Pour bâtir son rapport, le centre de recherche a travaillé à partir de communiqués officiels, d’informations de presse, d’études ou encore de documents gouvernementaux. (selon "Le Quotidien du Luxembourg")

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mardi 20 avril 2021

Les infos d'Amérique du Sud (Chili)

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samedi 17 avril 2021

Algérie : manifester vous mène en prison

Ca craint pour les détenus du Hirak !

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Les nouveaux détenus du mouvement Hirak, arrêtés lors d’une marche de protestation, le vendredi 3 avril, en Algérie, sont à leur cinquième jour de grève de la faim, entamée depuis mercredi 7 avril, à la prison d’El Harrach (à Alger).

Vingt-trois détenus, écroués après une marche du mouvement anti-régime du Hirak, il y a une semaine à Alger, sont en grève de la faim depuis mercredi. c’est ce qu’a rapporté, samedi, une association de soutien aux prisonniers d’opinion. « Samedi 10 avril 2021, les 23 détenus sont au quatrième jour de grève de la faim à la prison d’El Harrach (à Alger), entamée depuis mercredi 7 avril », a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

Ce dimanche, les détenus sont au cinquième jour de grève de la faim. Il s’agit selon le CNLD, d’une part, des détenus du tribunal de Bainem Bab El Oue, à savoir : Abdelhak Ben Rahmani dit « Merouane », Talhi Saïd dit « Zinou », Slimane Hocine, Abdelli Zouhir Abdeldjalil, Ahmed Betrouni, Walid Oudjit, Agoumadz Bachy, Menkhel Mohamed Lemine, Saleh Abdelhakim, Malek Abdelhalim.

Et d’autre part, des détenus du tribunal Sidi M’hamed, notamment Adel Bensaada, Ahmed Ouakli, Omar Lerari, Lotfi Bouguerra, Benameur Belkacem Rachid, Ali Senouci, Fatehi Diyaoui, Ahmed Lekhdari, Lounes Boutankikt, Zakaria Metidji, Taazibt Abdelkayoum, Aimad Guendoul, Mohamed Selmane. Ces détenus sont tous poursuivis pour « atteinte à l’unité nationale et attroupement non armé ». Une situation dénoncé pour les organisme de défense des droits de l’Homme.

Les autorités algériennes continuent de restreindre la liberté d’expression en Algérie en procédant à de multiples arrestations de journalistes, militants et voix critiques de régime algérien, relève l’ONG Amnesty International, dans son nouveau rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme dans le monde. Dans son rapport 2020-2021, l’ONG a évoqué les arrestations et les poursuites judiciaires contre les manifestants et les journalistes.

« Cette année encore, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice les manifestantes pacifiques, les journalistes, les militantes et les citoyennes qui n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, dans le cadre de mouvement de protestation de grande ampleur connu sous le nom du Hirak », a indiqué l’ONG dans son rapport. (selon "Afrik.com")

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vendredi 16 avril 2021

Bombardement de Bouaké en Côte d'Ivoire

Les politiques français à la barre

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Le procès du bombardement du camp militaire français de Bouaké en Côte d’Ivoire, en 2004, qui avait fait dix morts (neuf soldats français et un civil américain), entré dans sa troisième et dernière semaine devant la Cour d’assises de Paris, s'est terminé ce jeudi. Ont été entendus comme témoins les responsables politiques français de l’époque : le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et trois ministres.

C’est une affaire sur laquelle planent encore des zones d’ombre et le procès ne les a pas levés. En particulier sur un épisode survenu au Togo, dix jours après l'attaque. Un groupe d'hommes est arrêté, parmi lesquels, soupçonnent les Togolais, se trouvent les pilotes. À raison pour au moins l'un d'entre eux. Alertés, ni le ministère de l'Intérieur de Dominique de Villepin, ni la Défense de Michèle Alliot-Marie, ni les Affaires étrangères de Michel Barnier ne donnent suite, et les suspects sont libérés.
« Ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil »

bouak_4Pour Jean Balan, avocat de la majorité des parties civiles, cet épisode montre une entente au plus haut niveau pour que les pilotes échappent aux mains de la justice. C'est l'élément clé de sa thèse : le bombardement serait une « manipulation française qui a tourné à la bavure ». Il l'a redit il y a quelques mois sur l'antenne de RFI : « Les autorités françaises du gouvernement de l'époque ont absolument tout fait, de manière concertée, organisée, et c'est pas moi qui le dit, c'est la juge d'instruction, pour que l'enquête judiciaire ne puisse pas prospérer depuis 2004, et ça a continué par la suite. Ce que je démontre c'est qu'ils ont tout fait pour qu'on ne puisse pas arriver à tirer le fil»

Les autres avocats restent sur la version d’une responsabilité ivoirienne, mais sur cet épisode togolais, ils demandent la « vérité » aux ministres. Quoi qu’il en soit, dans son ordonnance de février 2016, la juge d'instruction Sabine Khéris a estimé que s’il n’existe pas « d'éléments permettant de mettre en cause les hautes autorités de l’État […] tout a été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement ».

Jusque-là, chacun s’est dédouané de toute responsabilité dans cet épisode. Le ministre togolais de l'Intérieur de l’époque, François Boko, qui avait lancé l'alerte, a témoigné la semaine dernière que ses interlocuteurs lui avaient déclaré « avoir reçu l’ordre de ne rien faire », et que « Paris n’était pas intéressé par ces Biélorusses ». De l’enquête et des audiences, il ressort qu'à Lomé, l’ambassadeur, les attachés Défense et Sécurité intérieure, comme l'agent des renseignements français ont effectivement dit avoir reçu pour consigne de « ne pas se mêler » de cette affaire, ou pas de consigne du tout.
« Tous les services concernés se renvoient la patate chaude »

Côté Paris, un ancien responsable du ministère de l’Intérieur a assumé avoir « donné consigne de ne pas intervenir directement dans l’enquête » arguant que « cela n’intéressait pas directement le ministère de l’Intérieur ». Une version reprise par le ministre de l’époque, Dominique de Villepin, à la télévision, en 2016 : « Une juge a enquêté pendant 12 ans sur une affaire qu'à aucun moment je n'étais amené à traiter pour une simple raison, c'est que j'étais ministre de l'Intérieur. Je lui ai répondu ce que je savais, c’est-à-dire pas grand-chose, c’est-à-dire, rien. » Conséquence : « J'ai l'impression que tous les services concernés se renvoient la patate chaude », a plusieurs fois fait remarquer le président à l'audience.

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Côté ministère de la Défense, l’ancien attaché à Lomé dit n’avoir reçu « aucune directive » de sa hiérarchie : « On n’avait pas les instructions pour se faire remettre ces hommes » a-t-il témoigné à la barre. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a expliqué qu’« il n’y avait pas de base légale pour arrêter les pilotes ». Une version que réfute son ancien conseiller juridique, David Sénat, qui sera également entendu cette semaine. En 2015, Il déclarait à RFI ne « jamais avoir été consulté sur l’existence ou non d’une telle base légale », assurait que la flagrance des faits aurait permis une saisie de la justice et un maintien en détention des pilotes. « La question à l’époque était donc d’ordre politique ou militaire, mais en aucun cas procédural », concluait-il.

Ce silence politique agace jusqu'aux anciens dirigeants militaires. Le général Henri Poncet, chef de la force Licorne, l'a dit à sa sortie du tribunal vendredi : « J'en veux un peu à ceux qui n'ont rien vu, ne se souviennent de rien, ne parlent pas. Les trois singes de la sagesse bouddhiste, mal interprétée d'ailleurs... Ce que je veux dire c'est qu'on a arrêté les mercenaires et que si on avait voulu tirer le fil de la pelote de laine... pour des raisons que je ne peux expliquer, ça n'a pas été fait. »

Les familles de victimes attendent les explications des politiques

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Ces anciens ministres, néanmoins, ne risquent rien. Ils sont de simples témoins. Leurs cas ont déjà été étudiés par la chambre des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), cette institution d’exception issue du Parlement et seule habilitée à juger de possibles crimes et délits commis par des membres du gouvernement dans le cadre de leur fonction. Cette chambre a estimé en 2019 que l'« inaction » ne suffisait pas à justifier des poursuites et que les soupçons d'entrave aux investigations n'étaient pas étayés. Une décision qui avait provoqué la colère des parties civiles, dont maître Jean Balan, qui l’a jugée « absolument grotesque. Dire qu'il n'y a pas une action alors que tous les trois ont pris de manière concertée exactement la même décision et ont ordonné clairement aux services secrets et à tout le monde de ne pas s'occuper de l'affaire, de ne rien faire, vous appelez ça une inaction ? »

Les familles de victimes ont pu voir les responsables politiques se réfugier derrière cette procédure les dédouanant. L'hypocrisie ministérielle  a une fois de plus triomphé. (selon RFI)

* Dernière minute : Finalement, trois pilotes ont été condamnés à perpétuité par contumace (deux ivoiriens, un biélorusse). Un coup pour rien : l'un des ivoiriens est mort, les deux autres ne risquent pas l'extradition. C'était prévisible.

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jeudi 15 avril 2021

Les espoirs perdus de Recep Tayyip Erdoğan

Au pouvoir depuis 2014, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commence à voir ses rêves de grandeur impérialiste s’envoler. Celui qui, jusqu’à présent, menait impunément une politique islamiste et nationaliste de répression violente, est la cible d’un nouveau mouvement d’opposition incarné par les femmes et les universitaires. Récit d’une nouvelle respiration démocratique dans une société turque de plus en plus clivée.

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Un sultan aux petits pieds – Dans cette prison à ciel ouvert qu’est la Turquie d’Erdoğan, les murs se fissurent. En pleine épidémie de Covid-19, la livre turque s’écroule, l’inflation monte en flèche et la hausse quotidienne des prix touche de plein fouet les ménages modestes. 13,9% de la population, au demeurant très jeune (les moins de 30 ans représentent 50% de la population), vivrait sous le seuil de pauvreté (Banque mondiale 2020) et le chômage fait plonger des familles dans la misère.

Un bilan catastrophique que le président turc ne veut pas voir. Se référant à son rêve de faire de son pays une théocratie nationaliste, il poursuit une folle course d’asservissement de son peuple. Il est l’homme au verbe fort, le donneur de leçons, qui insulte le président français Emmanuel Macron. Éternel provocateur, Erdoğan se croit grand ordonnateur de la politique en Méditerranée orientale, omettant de respecter le droit maritime en intimidant la Grèce et la République de Chypre.

Erdoğan a profité du coup d’État manqué du 15 juillet 2016, vrai ou faux coup d’État, pour renforcer son pouvoir dictatorial, en menant purges après purges pour tuer toute forme de contestation, d’opposition : un système à la « Ceausescu » s’inspirant autant de Nicolas que d’Elena.

Place aux jeunes – Aujourd’hui, la jeunesse turque prend la parole. Erdoğan a beau être le chantre de la privation des libertés, donc du droit de manifester, de penser aussi, les étudiants turcs, ainsi que leurs professeurs, s’opposent à sa folie destructrice. La colère gronde sur les campus, contre la mainmise du président turc sur les universités.

La célèbre université d’Istanbul Bogazici a été dotée d’un recteur, non pas élu par ses pairs, mais désigné par le président Erdoğan lui-même, car une nouvelle loi de nomination des recteurs apparaissait après le « vrai-faux » coup d’État manqué de 2016. Professeurs et étudiants manifestent tous les jours sur le campus contre le parachutage du nouveau recteur, Melih Bulu, un homme de l’AKP, on s’en doute. D’autres universités suivent ce mouvement contre, une nouvelle fois, une énième purge d’Erdoğan, cette fois dans les milieux universitaires et académiques. C’est une bonne chose de voir enfin une opposition renaître en Turquie, une bonne nouvelle que cette jeunesse née sous Erdoğan, et n’ayant connu que lui, sache dire non, avec la force non pas du désespoir, mais la volonté de vouloir enfin vivre libre dans son propre pays.

Les femmes aussi… – Les femmes turques descendent aussi dans la rue afin de manifester contre les violences conjugales et familiales. Maintenant que la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan est officiellement sortie de la Convention d’Istanbul, les violences à l’égard des femmes et la violence domestique ne feront que s’intensifier.

Elles prennent donc la rue, ne craignent pas la police comme les étudiants, et malgré l’interdiction de manifester le 8 mars dernier, Journée internationale des droits des femmes, venue du haut sommet du pouvoir, les femmes turques étaient unies dans la rue pour dire « assez ». Au sein même de l’AKP, des femmes font aussi entendre leurs voix. En presque deux décennies, 6732 femmes ont été assassinées en Turquie (chiffre officiel), mais à combien s’élèvent les assassinats de femmes turques passés sous silence ?

Et dire que les femmes turques avaient obtenu le droit de vote en 1934… Quel retournement de situation dramatique, quelle régression quand les violences faites aux femmes sont cachées, voire ignorées par le pouvoir en place aujourd’hui, car pour le président Erdoğan, une femme accomplie, est d’abord une mère. Tout est, hélas, dit. Le retrait de la Turquie de la Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe, dont la secrétaire générale est la croate Marija Pejčinović Burić, a signé officiellement la dérive du pouvoir turc…

Aujourd’hui en 2021, jeunes et femmes sont l’opposition naissante d’Erdoğan. Comment dans de telles conditions tyranniques et obscurantistes, la Turquie pourrait-t-elle maintenir son siège au sein du Conseil de l’Europe, qui défend les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit ? '(selon Eurojournalist)

Posté par jl boehler à 08:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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