mardi 4 octobre 2022

Varsovie souhaite se doter d’un aéroport

Le gouvernement polonais a lancé un mégaprojet : la création d’un hub aéroportuaire et ferroviaire situé à 40 kilomètres au sud-ouest de Varsovie. À dimension internationale, ce Solidarity Transport Hub (STH) transportera 30 millions de voyageurs à l’horizon 2027.

varsovieCentralny Port Komunikacyjny (CPK), en polonais. Solidarity Transport Hub (STH) en anglais. Trois mots pour désigner un projet d'envergure : l'implantation sur une zone totalement vierge d'un aéroport ultramoderne, raccordé au territoire polonais par un réseau extrêmement dense de voies ferrées à grande vitesse, elles-mêmes reliées aux LGV européennes. L'idée ? De quelque endroit que ce soit du territoire polonais, aucun citoyen ne doit mettre plus de 2h30 pour rallier l'aéroport. Avec ce projet, l'ambition du gouvernement polonais est clair : devenir une plateforme incontournable, pour drainer le flux de passagers issu de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est, mais aussi rendre le pays aussi bien desservi que possible par les transports en commun.

Préparer l'avenir

Varsovie, la capitale polonaise dispose déjà d'un aéroport, baptisé du nom du compositeur Frédéric Chopin. Mais il s'agit d'une infrastructure ancienne, datant de 1934, remodelée à plusieurs reprises pour répondre aux normes internationales. Situé dans une zone où la densité de l'habitat ne fait que croître, Varsovie-Chopin est impossible à agrandir. Or le trafic aérien ne fait que croître lui aussi. 
Entre 2004 et 2018, le nombre de voyageurs transitant par la Pologne est passé de 8,8 millions à près de 46 millions par an, dont 50 % utilise cet aéroport. La croissance est si importante que la Civil Aviation Authority estime que le nombre de voyageurs sera de 80 millions d'ici 2028.
Pour résoudre ce défi, les autorités polonaises ont réfléchi à une solution d'une ampleur inédite. Le projet de développement d'un nouvel aéroport ne date pas d'hier, loin de là ! Il remonte même aux années 1970. Mais il a fallu effectuer de nombreuses études prenant en compte le développement urbain, les infrastructures existantes, l'impact environnemental, le bien-être des populations locales, les nuisances sonores, la qualité des terres, les conditions météorologiques, les constructions potentielles possibles en sus de l'aéroport…
Après plusieurs examens de sites, c'est celui au sud-ouest de Varsovie qui a été choisi. Totalement vierge, occupant 3000 hectares, il se situe à environ 40 km au sud-ouest de la capitale polonaise. Un programme d'indemnisation des populations et des aides au relogement ont déjà été mises en place.

Un nœud de communications

L'autoroute A2 qui relie l'ouest à l'est de la Pologne, notamment l'axe Łódź-Varsovie, passe non loin de ces terres agricoles. Des lignes ferroviaires existent à proximité immédiate du site de construction potentiel.

Dans un premier temps, il est prévu que l'aéroport dispose de deux pistes. Chacune sera longue de 4 kilomètres pour 45 mètres de large, ce qui permet notamment d'accueillir des Boeing 747 et des Airbus A380. Une extension de deux autres pistes est d'ores et déjà envisagée.
Outre l'aéroport, un centre de congrès international sortira de terre, avec hôtels, salles de conférences, halls d'expositions. L'idée étant de drainer, outre les passagers nationaux et internationaux, la clientèle d'affaires, adepte des réunions et séminaires.
Enfin, ce hub sera relié par le train à toutes les grandes villes du pays via un tracé en forme d'étoile. L'idée étant de faciliter les transports des Polonais et des visiteurs.
Aucune personne ne devra mettre plus de 2h30 de quelque point qu'elle se trouve sur le territoire pour atteindre l'aéroport. Depuis le centre de Varsovie, il ne faudra que 15 minutes pour rejoindre l'aéroport. Depuis Berlin, il faudra compter moins de 3h (vs. 6h actuellement). Et les Polonais ne devront plus à se rendre à Helsinki ou Munich pour s'envoler vers l'Amérique du Sud ou l'Australie. Leurs vols seront directs.
Enfin, si besoin, le STH pourrait servir à l'OTAN pour le transport de troupes, d'aide humanitaires ou de matériel. (selon "Le point")

Posté par jl boehler à 06:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 3 octobre 2022

Des indigènes péruviens bloquent une rivière de l'Amazone après une marée noire

Des groupes indigènes péruviens bloquaient mercredi une grande rivière dans la région amazonienne du pays pour protester contre un déversement de pétrole brut d'environ 2 500 barils dans la plus grande forêt tropicale du monde, a déclaré le gouvernement.

p_rou1Le déversement a eu lieu le 16 septembre et a affecté plusieurs communautés indigènes de la région de Loreto, dans le nord-est du Pérou. Alors que le ministère péruvien de l'environnement a estimé le déversement à 2 500 barils, la compagnie pétrolière d'État Petroperu a déclaré qu'elle n'avait pas encore d'estimation.

Petroperu a déclaré dans un communiqué que le déversement était le résultat de dommages "intentionnels" causés à un oléoduc exploité par la société. L'oléoduc transporte du brut de l'Amazonie vers la côte désertique du Pérou pour y être raffiné.

L'oléoduc a été le théâtre de plusieurs déversements de pétrole ces dernières années.

Le gouvernement a déclaré dans un communiqué que les communautés bloquaient la grande rivière Maranon, un affluent clé de l'Amazone, ce qui empêchait les fonctionnaires de prélever des échantillons d'eau et de distribuer des médicaments aux communautés indigènes touchées.

Reuters n'a pas pu joindre un représentant de la communauté pour un commentaire.

L'Amazonie est la plus grande forêt tropicale du monde et sa préservation est considérée comme essentielle par les scientifiques pour éviter un changement climatique catastrophique. Le Pérou possède la deuxième plus grande section de l'Amazonie après le Brésil.

Bien que le Pérou soit un très petit producteur de pétrole, produisant seulement 40 000 barils par jour, ses champs pétrolifères sont concentrés en Amazonie.

L'incident est au moins le deuxième grand déversement de pétrole au Pérou cette année, après que la compagnie pétrolière espagnole Repsol SA ait déversé plus de 10 000 barils dans l'océan Pacifique en janvier à partir d'un pétrolier qui chargeait une raffinerie de la compagnie près de Lima, la capitale du Pérou.

Le déversement est également le onzième à avoir lieu depuis le début de l'année en Amazonie, selon Petroperu, mais le premier à se déverser directement dans une rivière.

L'administration du président péruvien de gauche Pedro Castillo a déclaré qu'elle souhaitait que Petroperu augmente sa production, en particulier au Lot 192 en sommeil, le plus grand champ pétrolier du pays, situé au plus profond de l'Amazonie. (selon "Zonebourse")

Posté par jl boehler à 04:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 2 octobre 2022

Ivres, ces nouveaux soldats russes partent à la guerre

Des images de troupes russes nouvellement enrôlées, qui paraissent ivres, ont été partagées sur les réseaux sociaux et témoignent du chaos provoqué par l’appel de Vladimir Poutine.

russes

Tout ne semble pas aller pour le mieux avec la mobilisation partielle en Russie. Le 21 septembre dernier, Vladimir Poutine demandait la mobilisation partielle de 300 000 réservistes pour relancer l’invasion de l’Ukraine, mais les incidents se multiplient dans les centres de recrutement militaires.

De nombreuses images circulant sur les réseaux sociaux témoignent du chaos engendré par cet appel. Si des milliers de Russes en âge de combattre ont fui vers les pays limitrophes, d'autres, venus de tout le pays, ont été mobilisés de force et certains d'entre eux posent déjà problème, notamment en lien avec leur consommation d’alcool avancée.

Des dizaines de vidéos sont apparues sur les réseaux sociaux prétendant montrer des hommes russes en train de se saouler dans des points de recrutement, des gares routières ou des aéroports. Cependant, les vidéos étant majoritairement diffusées en ligne par des comptes pro-ukrainiens, il n'est pas impossible que certaines d'entres-elles datent d'avant la mobilisation et participent à la guerre informationnelle pour ridiculiser l’ennemi.

L'alcoolisme en Russie, notamment dans l'armée, est un problème de santé publique de premier plan et représente un enjeu majeur pour les autorités du pays. D’ailleurs, la vente d’alcool est interdite dans un périmètre de 300 mètres autour des bases militaires. Selon des experts, le faible moral des troupes de Vladimir Poutine ainsi que les nombreux problèmes de logistique dans l’armée sont en cause.

La mobilisation partielle connait de nombreux couacs. Le Kremlin a admis du bout des lèvres quelques «erreurs» durant cette mobilisation, notamment la convocation de personnes censées être exemptées.

En effet, seules les personnes ayant une expérience militaire ou des compétences «pertinentes» doivent être appelées, mais plusieurs cas de personnes ayant dépassé l’âge de combattre, malades ou exemptées pour d’autres raisons, ont provoqué des réactions indignées sur les réseaux sociaux, suscitant l’embarras des autorités. (selon "Watson.ch")

Posté par jl boehler à 03:56 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 1 octobre 2022

L'UE renforce son soutien militaire au Mozambique, pays riche en gaz

L'Union européenne a déclaré jeudi qu'elle apporterait un soutien supplémentaire à une mission militaire africaine au Mozambique, alors que des attaques islamistes menacent des projets gaziers destinés à réduire la dépendance du bloc vis-à-vis de l'énergie russe.

mozambiqueL'UE fait la chasse aux sources d'énergie alternatives depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou et le Mozambique possède les troisièmes plus grandes réserves de gaz prouvées en Afrique.

Mais depuis 2017, ce pays d'Afrique australe est aux prises avec des militants liés à l'État islamique dans sa province de Cabo Delgado, la plus septentrionale et riche en gaz. Le conflit se situe à proximité de projets de gaz naturel liquéfié (GNL) valant des milliards de dollars développés par des entreprises occidentales, dont le français Total et l'italien ENI.

Confirmant un rapport de Reuters en août, l'UE a déclaré que les gouvernements avaient accepté de donner 15 millions d'euros (15 millions de dollars) à la mission de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) au Mozambique (SAMIM), qui combat l'insurrection.

Dans un rapport interne consulté par Reuters, l'UE avait mis en garde contre une situation "très volatile" dans le nord du Mozambique, bien que la mission de la SADC et une intervention distincte de troupes rwandaises soient parvenues à contenir les militants.

Le soutien financier a été annoncé un jour après que le Mozambique a déclaré qu'au moins six personnes ont été décapitées et une religieuse italienne tuée par des insurgés dans le nord de la province de Nampula.

Les fonds s'ajoutent aux 1,9 million d'euros déjà fournis par l'UE à la SAMIM et aux 89 millions d'euros destinés aux forces armées mozambicaines.

Les fonds supplémentaires serviront à acquérir des fortifications de camp et des conteneurs de stockage, des équipements médicaux, des véhicules et des bateaux, ainsi que des dispositifs technologiques, précise le communiqué de l'UE.

Dans son rapport interne, l'UE avait déclaré que le soutien serait limité aux équipements non létaux, malgré le besoin de la SADC en la matière.

Le rapport indiquait que le soutien de l'UE à la mission rwandaise au Mozambique serait également proposé dans les mois à venir. (selon "Zonebourse")

NB : 1 $ = 1,0004 euros

Posté par jl boehler à 03:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 30 septembre 2022

Sécheresse : la Somalie au bord de la famine

"La famine est imminente si les fonds n'arrivent pas immédiatement", a alerté sur Twitter le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial de l'ONU.

somalie"La famine frappe à la porte". La Somalie est au bord de la famine, a alerté lundi 5 septembre le chef de l'agence humanitaire de l'ONU, dans un "ultime avertissement" avant une catastrophe dans ce pays de la Corne de l'Afrique en proie à une sécheresse historique. Les dernières données disponibles "montrent des indications concrètes qu'une famine va se produire (...) entre octobre et décembre de cette année" dans deux districts du sud du pays, ceux de Baidoa et Burhakaba, a annoncé Martin Griffiths, le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), lors d'une conférence de presse depuis la capitale somalienne Mogadiscio.

Arrivé en Somalie jeudi, il s'est dit "profondément choqué par le niveau de douleur et de souffrance que tant de Somaliens endurent", affirmant avoir vu "des enfants si malnutris qu'ils pouvaient à peine parler" lors d'une visite à Baidoa, "épicentre" de la catastrophe imminente. A travers le pays, un total de 7,8 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, sont affectées par une sécheresse historique, dont 213 000 sont en grand danger de famine, selon les chiffres de l'ONU.

"Le monde DOIT agir"

La faim et la soif ont jeté sur les routes un million de personnes depuis 2021. "Nos pires craintes pour la Somalie sont désormais une réalité : la famine est imminente si les fonds n'arrivent pas immédiatement", a déclaré sur Twitter le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, David Beasley, appelant à un réveil à l'international : "Le monde DOIT agir maintenant."

Secoué depuis 15 ans par la violente insurrection des islamistes radicaux shebab, le pays vit actuellement sa troisième sécheresse en une décennie, mais l'actuelle "a dépassé les horribles sécheresses de 2010-2011 et 2016-2017 en termes de durée et gravité", estimait en juillet l'Ocha. Cette sécheresse, qui sévit dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique, résulte d'un enchaînement inédit depuis au moins 40 ans de quatre saisons des pluies insuffisantes depuis fin 2020. (selon "FranceInfo")

somalie1

Posté par jl boehler à 00:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 28 septembre 2022

Guerre au Yémen, pas d’issue en vue

Le conflit au Yémen ne montre aucun signe d’apaisement alors qu'il est dans sa huitième année, et que les populations civiles de tout le pays et de toutes les générations demeurent les principales victimes des hostilités militaires et des pratiques illégales des groupes armés étatiques et non étatiques.

yemenDes violations manifestes des droits humains, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre, sont commises dans tout le pays. À la fin de l’année 2021, on estime que plus de 330 000 Yéménites auraient été tué·e·s du fait des affrontements et de la crise humanitaire. Dans le même temps, le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l'Homme a recueilli des informations sur plus de 20 000 civils tués ou blessés par les combats depuis mars 2015. Cette crise humanitaire imputable à l’homme a pris de l’ampleur : quelques 20 millions de personnes se réveillent en souffrant de la faim chaque jour.

Un conflit de plus en plus étendu

Les révoltes populaires qui ont éclaté au Yémen en 2011 ont contraint le président Ali Abdullah Saleh à quitter le pouvoir après 33 ans, sur fond d’accusations de corruption et de mauvaise gestion et dans le contexte d’un conflit de longue date non résolu avec les Houthis, un groupe armé basé dans le nord du pays, dont les membres sont adeptes du zaïdisme, un courant de l’islam chiite.

Ali Abdullah Saleh a été remplacé par son vice-président, Abd Rabbu Mansour Hadi, ce qui a permis d’organiser la Conférence de dialogue national. Après deux années de consultation, un projet de nouvelle carte fédérale a été présenté ; il divisait le Yémen en régions, sans tenir compte des doléances à caractère socio-économique ou régional. Il a reçu un accueil extrêmement réservé de la part de la population et a suscité une vive opposition des différentes factions, y compris les Houthis.

Les Houthis se sont appuyés sur le mécontentement général pour renforcer leur mainmise sur le gouvernorat de Saada et les zones environnantes du nord du Yémen. En septembre 2014, ils sont parvenus à étendre leur contrôle territorial en s’emparant d’un certain nombre de positions de l’armée et des forces de sécurité dans la capitale, Sanaa. L’alliance de circonstance nouvellement scellée avec l’ancien président, Ali Abdullah Saleh, contre qui ils s’étaient battus pendant des décennies, leur a facilité la tâche dans une certaine mesure. Après la prise de Sanaa par les Houthis, au début de l’année 2015, le président Abd Rabbu Mansour Hadi et les membres de son gouvernement ont été obligés de fuir.

Le 25 mars 2015, une coalition d’États dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis est intervenue à la demande du président, en vue de réinstaller au pouvoir le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

yemen2Cette opération, au cours de laquelle la coalition a lancé un raid aérien contre les forces houthies, a marqué le début d’un véritable conflit armé. Pendant les quatre années qui ont suivi, le conflit s’est étendu jusqu’à englober l’ensemble du territoire et les parties, dont un certain nombre de groupes armés soutenus par la coalition, se sont multipliées. Les Émirats arabes unis, par exemple, bien qu’ils aient annoncé s’être retirés du Yémen en octobre 2019, entraînent, financent et arment activement différents groupes depuis le deuxième semestre de 2015, favorisant ainsi la prolifération de milices qui ne sont pas soumises à l’obligation de rendre des comptes, comme les Forces de la ceinture de sécurité, les « Brigades des Géants » et les Forces d’élite.

En décembre 2017, les Houthis ont encore consolidé leur pouvoir après avoir assassiné leur allié, l’ancien président Ali Abdullah Saleh ; ils contrôlent toujours la plupart des centres urbains, y compris Sanaa.

Si les pourparlers encouragés par les Nations unies, qui se sont achevés en Suède à la fin de l’année 2018, ont donné lieu à des cessez-le-feu partiels et fragiles à Hodeïdah au cours de l’année 2019, ils n’ont pas mené à des échanges de prisonniers comme espéré initialement. Cependant, le 16 février 2020, un plan détaillé d’accord d’échange de prisonniers a été conclu entre les parties au conflit, ce qui constituerait le premier échange officiel de grande ampleur de détenus en lien avec ce conflit depuis 2015.

Détention arbitraire et procès inéquitables

Toutes les parties au conflit bafouent la liberté d’expression et d’association en ayant recours à des détentions arbitraires, à des disparitions forcées, à des manœuvres de harcèlement, à la torture et autres mauvais traitements et à des procès inéquitables.

Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale a harcelé, menacé et détenu arbitrairement des militant·e·s, notamment des défenseur·e·s des droits humains. Dans le sud du Yémen, les forces soutenues par les E.A.U. ont mené une campagne de détentions arbitraires et de disparition forcée à l’encontre de personnes qui étaient ensuite détenues dans un réseau de prisons secrètes, dans des conditions qui pourraient constituer des crimes de guerre.

Les forces houthies ont arrêté et détenu arbitrairement des détracteurs et des opposants, ainsi que des journalistes, des militant·e·s en faveur des droits humains et des membres de la communauté baha’i. Amnesty International a recensé les cas de 66 personnes, en grande majorité des hommes, qui ont comparu devant le Tribunal pénal spécial siégeant à Sanaa, un tribunal traditionnellement réservé aux affaires de terrorisme, en lien avec leurs activités pacifiques. Dans tous les cas qui ont été recensés, les Houthis et leurs alliés ont soumis ces personnes à des dizaines de violations, notamment des disparitions forcées, des détentions arbitraires, et des actes de torture et de mauvais traitements.

Les conditions de vie dans les prisons et les centres de détention, notamment la surpopulation massive dans les cellules, le manque d’accès aux soins, à suffisamment de nourriture, à de l’eau propre et à des installations sanitaires ont concouru à la propagation du COVID-19 dans les prisons gérées par les Houthis, exposant ainsi les détenu·e·s à d’importants risques pour leur santé. Aucune des parties n’a pris de mesures pour protéger les détenu·e·s et ralentir la diffusion du virus dans les prisons et les centres de détention, par exemple en fournissant des masques et d’autres articles d’hygiène.

Vous trouverez ci-dessous certaines des personnes emprisonnées par les autorités houthies de facto, et pour lesquelles Amnesty International fait campagne :

HAMID HAYDARA

hamidHamid Haydara est un Yéménite de foi baha’i qui, comme d’autres membres de sa communauté, a sacrifié des années de sa vie uniquement en raison de ses croyances religieuses. Détenu depuis décembre 2013, il a été soumis à une procédure judiciaire profondément entachée d’irrégularités, notamment des allégations selon lesquelles il aurait été soumis à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements en détention. En janvier 2018, le tribunal pénal spécial l’a condamné à la peine capitale.

En mars 2020, les autorités houthies de facto ont annoncé la décision de libérer Hamid Haydara et de révoquer sa condamnation à mort. Il a été remis en liberté le 5 juillet 2020, mais a été contraint à l’exil.

LES DIX JOURNALISTES

Au cours de l’été 2015, les Houthis ont incarcéré un groupe de 10 journalistes : Abdelkhaleq Amran, Hisham Tarmoom, Tawfiq al Mansouri, Hareth Hamid, Hasan Annab, Akram al Walidi, Haytham al Shihab, Hisham al Yousefi, Essam Balgheeth et Salah al Qaedi.

Depuis leur arrestation en 2015, ces personnes sont restées détenues sans inculpation ni jugement. Elles ont enfin été déférées devant le Tribunal pénal spécial en décembre 2019. Au cours de leur détention, ces hommes ont été soumis à une disparition forcée, détenus au secret et à l’isolement de façon intermittente, privés de soins médicaux, et au moins trois d’entre eux ont été victimes de torture de d’autres mauvais traitements.

En avril 2020, le tribunal pénal spécial a ordonné la remise en liberté de six d’entre eux et a condamné à la peine capitale les quatre hommes restants, Akram al Walidi, Abdelkhaleq Amran, Tawfiq al Mansouri et Hareth Hamid.

Parmi les six journalistes acquittés par le tribunal pénal spécial, les autorités houthies de facto ont libéré Salah al Qaedi le 26 avril 2020 ; et les cinq autres le 15 octobre 2020 dans le cadre d’un échange de prisonniers, cinq mois et demi après leur acquittement.

YOUSSEF AL BAWAB

Youssef al Bawab, père de cinq enfants, est un enseignant en linguistique et une personnalité politique. Il avait été arrêté en octobre 2016 alors qu’il sortait de la mosquée près de chez lui, à Sanaa. Plus tard cette nuit-là, les Houthis ont effectué une descente à son domicile et ont confisqué ses possessions. Il a fallu plus de trois mois pour que ses proches parviennent à déterminer où il se trouvait et à lui rendre visite. Les circonstances de son arrestation, suivies par le refus des autorités de révéler son sort ou le lieu où il se trouvait, s’apparentent à une disparition forcée. Il a été inculpé, en avril 2017 de plusieurs infractions, passibles de la peine capitale pour la plupart, notamment d’avoir aidé la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis en lui fournissant des renseignements sur ses objectifs militaires et d’avoir organisé des assassinats. La procédure judiciaire engagée contre Youssef al Bawab a été entachée de graves irrégularités tout au long de sa détention.

À l’issue d’un procès inique entaché de graves violations des règles de procédure, le Tribunal pénal spécial l’a condamné à mort le 9 juillet 2019, de même que 29 autres personnes, principalement des universitaires et des personnalités politiques, pour espionnage au profit de la coalition menée par l’Arabie saoudite. Les 30 hommes, qui ont tous été arrêtés entre 2015 et 2016, ont fait appel de leur condamnation.

ASMAA AL OMEISSY

En 2016, Asmaa al Omeissy, une mère de deux enfants, était en route pour Sanaa quand les Houthis l’ont arrêtée à un poste de contrôle et l’ont placée en détention. Elle a ensuite subi un calvaire qui l’a amenée à devenir la première femme yéménite, à notre connaissance, condamnée à mort pour des infractions liées à la « sûreté de l’État ».

Au cours de sa détention, elle a été frappée violemment, et on l’a forcée à regarder pendant que deux autres personnes détenues étaient pendues au plafond par les poignets et frappées à coups de pied et de poing. C’est seulement en mai 2017 qu’elle a finalement été inculpée et déférée au Tribunal pénal spécial de Sanaa, chargé de juger les affaires liées au « terrorisme » et à la « Sécurité de l’État ». Alors que les trois hommes impliqués dans la même affaire ont été libérés sous caution, elle est restée en détention, et le 30 janvier 2017, le juge l’a condamnée à mort. Le 9 juillet 2019 le juge a annulé sa condamnation à mort et l’a commuée en peine de 15 ans d’emprisonnement. (selon "Amnesty international")

yemen3

Posté par jl boehler à 02:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 27 septembre 2022

En Syrie, on boit de l'eau polluée malgré le choléra

Au milieu d'enfants en pleurs dans un hôpital bondé de l'est de la Syrie, Ahmad al-Mohammad se tord de douleur. Sa femme et lui sont atteints de choléra, une maladie qui a ressurgi dans le pays.

chol_raDepuis six jours, ce Syrien de 45 ans voit défiler d'autres patients à l'hôpital Al-Kasrah dans la province de Deir Ezzor, où l'eau du fleuve Euphrate, pollué, est utilisée par les habitants pour boire et pour irriguer les plantations.

"On a souffert de diarrhée, de vomissements et de douleurs (...) parce qu'on boit de l'eau directement de l'Euphrate", raconte à l'AFP Ahmad al-Mohammad qui parvient à peine à parler. "Cette eau est polluée mais on n'a pas d'autre choix."

A proximité, un homme berce son enfant sous perfusion.

Pour la première fois depuis 2009, le choléra, une infection diarrhéique aiguë, est réapparu début septembre en Syrie où environ deux tiers des usines de traitement d'eau, la moitié des stations de pompage et un tiers des châteaux d'eau ont été endommagés par onze ans de guerre, selon l'ONU.

Le gouvernement syrien a annoncé 23 décès et plus de 250 infections dans six provinces sous son contrôle dans le pays morcelé, la plupart des cas à Alep (nord).

Dans les régions aux mains de l'administration autonome kurde qui contrôle une grande partie du Nord-Est, seize décès et 78 cas, dont 43 dans l'ouest de Deir Ezzor, ont été recensés, selon Juan Mustafa, un responsable kurde de la Santé.

Les tests ont montré la présence de la bactérie responsable du choléra dans l'Euphrate, d'après lui.

- "De toute urgence" -

En raison de la sécheresse, de la pollution et du déversement des eaux usées, le débit de l'Euphrate, qui irriguait dans le passé les régions parmi les plus fertiles de Syrie, a beaucoup baissé et plusieurs parties sont asséchées.

Les Kurdes syriens accusent aussi la Turquie voisine, par laquelle passe l'Euphrate, de retenir plus d'eau que nécessaire dans ses barrages, réduisant le débit du fleuve côté syrien. (selon AFP)

chol_ra1

Posté par jl boehler à 05:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 23 septembre 2022

Présidentielle au Brésil

Lula maintient son avance sur Bolsonaro dans les sondages

lulaL'ancien président de gauche devance toujours le président sortant dans les intentions de vote, au premier comme au second tour. L'élection présidentielle aura lieu le 2 octobre.

L'ex-président Lutz Inacio Lula da Silva est toujours largement devant son concurrent, le chef de l'Etat sortant Jair Bolsonaro, dans les intentions de vote pour la présidentielle du 2 octobre au Brésil, selon un sondage publié jeudi 15 septembre. Lula, 76 ans, est crédité de 45% des intentions de vote et M. Bolsonaro de 33%, soit un tableau de "stabilité totale" par rapport à l'enquête d'opinion de la semaine précédente (45% contre 34%), a déclaré la directrice de l'institut Datafolha, Luciana Chong, en dévoilant les résultats de ce jeudi, avec une marge d'erreur de 2%.

Lula obtiendrait 54% des voix au second tour

Les autres candidats se partagent les miettes pour ce scrutin qui se présente comme le plus polarisé depuis des décennies au Brésil : Ciro Gomes (centre-gauche) arrive en troisième position avec 8e, devant la centriste Simone Tebet (5%). Le soutien au président d'extrême droite a augmenté ces derniers mois, puisque Jair Bolsonaro accusait un retard de 21 points en mai par rapport au candidat du Parti des travailleurs (PT, gauche).

Pour être élu dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50% des suffrages exprimés (c'est-à-dire sans les votes blancs ni nuls). Selon ce critère, Lula obtient pour l'instant 48% des suffrages exprimés. Lors d'un éventuel second tour, l'ex-président (2003-2010) battrait Jair Bolsonaro avec 54% des voix contre 38%. Pour sa dernière enquête, Datafolha a interrogé 5 926 personnes entre les 13 et 15 septembre dans 300 villes du Brésil.

Posté par jl boehler à 03:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 21 septembre 2022

Quand la Slovaquie nationalise

La Slovaquie pourrait nationaliser le producteur d’électricité Slovenské elektrárne afin de garantir un approvisionnement en électricité bon marché à la population, a annoncé dimanche (11 septembre) le ministre slovaque des Finances Igor Matovič.

slovaquieLe groupe Slovenské elektrárne est actuellement détenu par la société EPH appartenant au milliardaire tchèque Daniel Křetínský et par le géant italien de l’énergie Enel. Ensemble, ils détiennent deux tiers des actions du groupe, le reste appartenant au ministère slovaque de l’Économie. La société exploite les deux centrales nucléaires du pays, celle de Jaslovské Bohunice et celle de Mochovce.

Selon M. Matovič, il pourrait être nécessaire que l’État intervienne pour garantir des prix équitables, car le prix de la production d’électricité des centrales nucléaires ne correspond pas au prix du marché.

« L’une des solutions à la crise énergétique est que nous allons essayer de trouver un accord avec les actionnaires actuels pour racheter la part de Slovenské elektrárne », a déclaré M. Matovič après avoir critiqué le gouvernement de Mikuláš Dzurinda, ministre du gouvernement slovaque de 1998 à 2006, pour avoir privatisé l’entreprise il y a près de 20 ans.

M. Matovič n’a pas dit combien cela coûterait mais a déclaré que la nationalisation serait la « solution de dernier recours ».

Marián Viskupič, député au Conseil national de la République slovaque et membre du parti Liberté et Solidarité (Sloboda a Solidarita, SaS), qui a quitté la coalition gouvernementale la semaine dernière, convient que la privatisation de Slovenské elektrárne était une erreur, mais a déclaré que l’achat de la part majoritaire n’est pas possible.

« Compte tenu de notre situation financière et des déficits budgétaires que nous avons actuellement et que nous aurons dans les années à venir, l’État ne peut pas racheter Slovenské elektrárne », a déclaré M. Viskupič.

Pendant ce temps, le Premier ministre slovaque, Eduard Heger (OBYČAJNÍ ĽUDIA a nezávislé osobnosti, OĽaNO), a déclaré qu’il soutenait la solution paneuropéenne de taxe sur les bénéfices exceptionnels. (selon "Euractiv")

Posté par jl boehler à 07:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 18 septembre 2022

« Afghanistan, le prix de la paix »

Un documentaire argumenté mais déconcertant de Claire Billet décrit le retour des islamistes comme – finalement – la moins mauvaise solution d’un destin national marqué par la guerre.

afghanistanLe retour des talibans, le 15 août 2021, à la tête de l’Afghanistan a donné lieu à la publication de nombreux ouvrages. Cette fois-ci, c’est un documentaire télévisé, Afghanistan. Le prix de la paix, réalisé par Claire Billet, qui s’essaie à l’exercice du droit d’inventaire.

Le documentaire rappelle que le mouvement islamiste afghan, né en 1994, des décombres de l’occupation soviétique et d’une guerre civile meurtrière, conquiert Kaboul, en 1996, au nom du rétablissement de l’ordre et de la charia. En 2021, les talibans reprennent la capitale d’un pays qui n’a pas su se reconstruire ni conjurer la violence. D’où le titre Afghanistan. Le prix de la paix, une manière de dire, avec dépit, que les islamistes seraient les seuls capables de garantir la sécurité et d’ouvrir l’ère de la reconstruction. Et ce, même si les femmes sont privées de leurs droits.

La description réaliste de la présence occidentale entre 2001 et 2021 peut conforter cette thèse. Le recours, par les Etats-Unis, aux « seigneurs » de guerre a interdit toute forme de construction d’un Etat souverain. La pauvreté est restée endémique. La corruption du régime s’est accrue, les campagnes laissées à l’écart d’une aide concentrée sur les villes. L'Afghanistan serait quasi devenu un narco-Etat. Et la première armée du monde a perdu la guerre face à un mouvement taliban présenté comme organisé et efficace. De quoi faire dire à un témoin : « S’ils reconstruisent et servent le pays, alors je suis prêt à leur pardonner. »

Conclusion contestable

Si les faits sont justes, l’espace existe, pourtant, pour en contester la conclusion. Cette analyse n’est pas neuve. Elle fait écho aux dires de l'universitaire Gilles Dorronsoro, par ailleurs conseiller historique du documentaire. Auteur du Gouvernement transnational de l’Afghanistan. Une si prévisible défaite (Karthala, 2021), il estimait que, au cours de l’histoire afghane, seuls les talibans avaient su amorcer une « véritable construction nationale ».

Or, leur première année de gouvernance a montré leur incapacité à gérer le pays, faute d’avoir su troquer la gestion administrative de villages pour celle d’un territoire entier. La corruption a refait son apparition. Enfin, pourquoi les Afghans seraient-ils condamnés à sacrifier leurs libertés au nom de la paix ? N’y aurait-il qu’un Etat autoritaire capable de bâtir un pays ? (selon FRANCE 5 – DIMANCHE 11 SEPTEMBRE À 20 H 55 – DOCUMENTAIRE)

Posté par jl boehler à 04:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,