mardi 30 janvier 2018

Diesel interdit dans 10 villes allemandes ?

La principale origine des oxydes d'azote sont les voitures diesel

berlin

Selon un modèle de calcul, dans au moins dix villes allemandes, une interdiction de conduire pour les voitures diesel menace cette année. Il est peu probable que Berlin soit affectée malgré certaines rues particulièrement polluées par les oxydes d'azote à Neukölln. Selon une extrapolation du "Car Institute de l'Université de Duisburg-Essen", les dix villes sont Munich, Stuttgart, Cologne, Reutlingen, Hambourg, Heilbronn, Kiel, Düsseldorf, Darmstadt et Ludwigsburg. Dans ces villes, les limites d'oxyde d'azote fixées par l'UE sont considérablement dépassées, et les organisations de protection de l'environnement essaient donc d'imposer des interdictions de conduire des véhicules diesel.

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Entre autres choses, l'année dernière, le tribunal administratif de Stuttgart a statué que les mesures prises jusqu'à présent n'étaient pas suffisantes pour améliorer l' air de Stuttgart pollué principalement par des oxydes d'azote et des particules. Suite au verdict, les interdictions de circuler sur les vieilles voitures diesel, qui sont considérées comme la principale cause des oxydes d'azote, sont maintenant à l'ordre du jour. En raison de son importance fondamentale, le tribunal a autorisé la révision du projet de loi devant le Tribunal administratif fédéral de Leipzig, qui traitera la question le 22 février prochain.

Pendant ce temps, la Commission européenne perd lentement patience. La ministre fédérale de l'Environnement Barbara Hendricks (SPD) est attendue mardi prochain à Bruxelles. Elle veut essayer d'éviter une plainte de la commission devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) en raison des valeurs trop élevées des oxydes d'azote dans les villes allemandes. Outre l'Allemagne, huit autres États membres de l'UE sont menacés de poursuites similaires. Il y a un an, la Commission a adressé un dernier avertissement à l'Allemagne, à la France, à l'Espagne, à l'Italie et au Royaume-Uni au sujet du dépassement permanent des limites d'oxydes d'azote. En Allemagne, des dépassements persistants des valeurs limites ont été constatées dans 28 zones - plus que dans tout autre pays de l'UE.

En décembre 2017, 60 villes ont touché des aides financières du gouvernement fédéral pour développer des concepts de lutte contre les émissions de diesel.

pollution

Dans son étude actuelle, le "Duisburg Car Institute" a évalué les données de l'Agence fédérale pour l'environnement pour des villes particulières et les a extrapolées pour 2017 et 2018. "Nos résultats montrent pour l'année 2017 que ni les mises à jour logicielles, qui sont déjà largement mises en œuvre, ni la suppression des primes, n'ont conduit à une réduction significative", a déclaré l'institut dimanche. Par conséquent, il est peu probable que "quelques bus dans les villes feront une différence majeure". On ne peut donc échapper aux interdictions de conduite ou aux améliorations matérielles des voitures diesel. Les constructeurs automobiles refusent jusqu'à présent les conversions matérielles, car celles-ci sont trop chères. 

Le maintien d'une planète propre n'a pourtant pas de prix.

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lundi 29 janvier 2018

Centrafrique, des militaires français au dessus des lois ?

thomas_dietrich

Dans sa chronique, l'écrivain et journaliste Thomas Dietrich, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin), spécialiste de l'Afrique,  revient sur le bilan peu glorieux de la France en Centrafrique. A l'occasion de l'affaire de viols d'enfants centrafricains par des militaires français, pour lesquels trois juges d’instruction ont rendu un non-lieu, il profite pour donner son point de vue sur la politique française en Afrique.

L'analyse sans concession de Thomas Dietrich

"Au plus fort de la crise centrafricaine et de l’opération Sangaris (2500 soldats hexagonaux déployés dans ce pays), des enfants furent présumés victimes d’abus sexuels de la part de militaires français, en échange de rations de nourritures ou de quelques centaines de Francs CFA. Il fallut les révélations d’un journal étranger, le britannique Guardian, pour qu’une enquête soit ouverte à Paris, puis close le 15 janvier 2018, comme si rien ne devait venir altérer l’image d’Epinal d’une France protectrice d’une de ses anciennes colonies, la République Centrafricaine.

Chemins de traverse

Le plus surprenant dans ce chapitre judiciaire, c’est qu’en rendant ce non-lieu, les magistrats ne sont même pas persuadés de l’innocence des militaires incriminés. « Il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », a souligné le parquet. Mais si les chemins de traverses de la procédure lui permettent de classer l’affaire sans trancher sur le fond, personne ne pourra remettre sérieusement en cause le témoignage accablant de dizaines d’enfants centrafricains, victimes des pires sévices par des soldats censés les protéger. Et de là à penser qu’une fois de plus, la justice française s’est rendue complice des agissements douteux de l’Etat français en Afrique, il n’y a qu’un pas.

 

bokassa

Déjà, la colonisation en RCA avait atteint des sommets de monstruosité, des dizaines de milliers de pauvres hères étant réduits en esclavage, forcés de récolter le coton ou le latex servant à fabriquer le caoutchouc. Le roman "Batouala" de René Maran, prix Goncourt 1921, se fait le témoin fidèle des exactions des colons sur une population démunie. Après l’indépendance accordée en 1960, la France ne renonça pas à son emprise sur ce pays. Du soleil des indépendances, la Centrafrique fut transportée au cœur des ténèbres de la « Françafrique ». Valery Giscard d’Estaing cautionna et finança les extravagances de Jean-Bédel Bokassa, un ancien soldat de la Coloniale qui se prenait pour Napoléon Ier, allant jusqu’à reproduire le couronnement du vainqueur d’Austerlitz dans la moiteur de Bangui. De 1981 à 1993, le président André Kolingba ne prenait aucune décision sans en référer au colonel français Mansion, qui occupait un bureau voisin du sien à la Présidence (tout en travaillant pour la DGSE). En 2003, Jacques Chirac donna son feu vert au renversement d’Ange-Félix Patassé et à son remplacement, avec l’aide du Tchad, par son ancien chef d’état-major, François Bozizé.

L’on pourrait croire que ces dernières années et notamment depuis le déclenchement de la guerre civile en 2012, le rôle de la France a été plus positif en Centrafrique. La vérité communément admise par l’opinion est celle serinée à tout bout de champ par l’ancien président François Hollande, et volontiers reprise par les médias. La France ne serait intervenue en Centrafrique que pour « sauver des vies humaines », pour « éviter un drame humanitaire ». Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, avait même affirmé en novembre 2013 que la Centrafrique « était au bord du génocide » entre chrétiens et musulmans et que la déclenchement d’une opération militaire était nécessaire pour mettre fin à cette folie meurtrière.

Sauf que la lecture interconfessionnelle du conflit centrafricain ne résiste pas à l’épreuve des faits ; pas plus que le mythe qui voudrait que la France soit un deus ex machina venu sauver les Centrafricains de leurs propres turpitudes. Au contraire, les décisions de François Hollande et de son indispensable ministre de la défense Jean-Yves Le Drian ont contribué à précipiter ce grand pays d’un peu moins de 5 millions d’habitants dans d’insondables abîmes.

Revenons en 2012

En 2012, François Bozizé était alors au pouvoir depuis près de 10 ans. J’ai bien connu la Centrafrique de ces années-là, pour avoir longtemps séjourné à Bangui entre 2009 et 2011. La capitale était tranquille, les salaires de la fonction publique régulièrement payés ; sauf que le régime devenait de plus en plus autoritaire, suite à des élections législatives boycottées qui avaient donné 100 % des sièges au parti au pouvoir, le KNK (Kwa na Kwa). Le président en place songeait à faire modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Au nord et à l’est, des rébellions faisaient entendre leurs bruits de bottes. Surtout, François Bozizé avait maille à partir avec à peu près tout le monde. Nicolas Sarkozy avait peu apprécié ses ruses et sa cupidité dans l’affaire de l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma par Areva. Et le Tchad, son voisin et protecteur, venait de retirer ses soldats de la garde personnelle du président centrafricain.

 

deby

Il y avait de multiples raisons à ce revirement d’Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990 à Ndjamena. Des commerçants tchadiens avaient été victimes d’une émeute au PK5 (quartier à majorité musulmane de Bangui), au mois de juin 2011, et Deby avait peu apprécié que le pouvoir centrafricain ne vole pas à leur secours. Mais surtout, le président tchadien avait des visées hégémoniques sur la Centrafrique. Après avoir défait sa propre rébellion en 2010 et profitant de la place vacante laissée par la mort de Kadhafi, Deby s’était vu comme le nouveau maître de l’Afrique, ou tout du moins de l’Afrique centrale. Il entendait faire main basse sur ce pays frontalier qu’il considère comme « la 24ème région du Tchad » ; et tirer profit des immenses richesses de son sous-sol, uranium, or, diamants, manganèse, coltan mais aussi pétrole. En effet, les champs pétrolifères de Doba, au sud du Tchad, ne se révélaient pas aussi riches que prévus et Idriss Deby lorgnait sur le gisement de Boromata, au nord-est de la Centrafrique, dans une préfecture de Bamingui-Bangoran frontalière du territoire tchadien.

Le pacte avec le diable...Déby

Un événement allait précipiter la réalisation du plan de Deby et convaincre définitivement ses alliés français d’y participer. Fin 2012, à plusieurs milliers de kilomètres à l’ouest, au Mali, les djihadistes d’AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique) se mirent en marche vers la capitale Bamako. François Hollande ne pouvait faire autrement qu’engager ses troupes pour contrer la menace terroriste. Et pour ne pas risquer la vie de trop de militaires français sur le théâtre des opérations, il avait besoin de l’appui de l’armée tchadienne, dont les soldats sont réputés (à juste titre) pour être les meilleurs d’Afrique.

Lors d’une rencontre à l’Elysée avec Deby le 5 décembre 2012, le pacte fut scellé. Le Tchad enverrait des supplétifs affronter AQMI dans le désert malien, et en échange, la France donnait sa bénédiction à Idriss Deby pour renverser François Bozizé. Il faut dire que ce dernier n’avait jamais retrouvé grâce aux yeux de Paris, qui souhaitait depuis longtemps son remplacement par un dirigeant plus docile.

Quelques jours à peine après l’entrevue de l’Elysée, une rébellion apparut comme par enchantement aux marches de la Centrafrique, dans la région dite des « trois frontières ». Elle s’était baptisée « Seleka », ce qui veut dire alliance en langue nationale sango. Téléguidée depuis Ndjamena, armée par le régime du pays du Toumaï (les véhicules de la Seleka étaient des 4x4 de la gendarmerie tchadienne hâtivement maquillés), elle était majoritairement composée de mercenaires tchadiens et soudanais. Bénéficiant de la débâcle de l’armée centrafricaine (FACA), elle fondit sur Bangui et ne se heurta qu’à la résistance d’un contingent sud-africain, appelé à la rescousse par François Bozizé. Une fois les sud-africains défaits avec le concours des hélicoptères de l’armée tchadienne, la Seleka pénétra dans la capitale le 24 mars 2013. Ces mercenaires étaient si peu coutumiers de Bangui, qu’ils confondirent l’hôpital de l’Amitié, construit par la coopération chinoise, avec la Présidence et entreprirent de l’assiéger.

Place à l'Etat Séléka

A cette époque, la France possédait environ 300 soldats sur place, dans le cadre de l’opération Boali. Lors de la déferlante de la Séléka, elle resta armes au pied. Pire, durant toute l’avancée de cette horde de mercenaires, elle fournit de précieux renseignements à la partie tchadienne sur l’état et les mouvements de l’armée centrafricaine en déroute. Bien sûr, les services tchadiens s’empressaient de transmettre les informations à la Seleka ; ce que la France ne pouvait ignorer.

Une fois au pouvoir, l’Etat-Seleka, avec à sa tête Michel Djotodia, fut traité avec beaucoup d’égards par l’Elysée. Les autorités hexagonales fermèrent de longs mois les yeux sur les exactions des différentes factions de la Seleka, et notamment celle du plus puissant d’entre tous, Nourredine Adam, Ministre de la sécurité publique et homme-lige de Deby en Centrafrique. C’est notamment à cause de l’arrivée de la Seleka que le tissu social centrafricain se déchira. Avant 2012, les musulmans (environ 15 % de la population) et les chrétiens (85 %) avaient de tous temps vécus en bonne harmonie. Les mariages mixtes étaient fréquents et aucun pogrom à caractère religieux n’était à déplorer. Sauf les violences de « l’Alliance » dirigées quasi-exclusivement contre des chrétiens entraînèrent une réaction de ces derniers. Instrumentalisés par François Bozizé depuis son exil camerounais puis ougandais, ils se constituèrent en milices, les anti-balakas, qui à son tour s’en prirent aux musulmans. Néanmoins, ces bandes armées ne s’attaquèrent pas uniquement aux combattants de la Seleka, mais aussi aux centrafricains de confession musulmane qui avaient toujours vécu à leurs côtés, en paix. Ce regrettable amalgame entraîna une escalade de violence, qui contraignit la France à déclencher l’opération Sangaris au mois de décembre 2013.

 

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Contrairement aux dires de Hollande, l’opération Sangaris est loin d’avoir relevé la Centrafrique. L’armée française n’a nullement désarmé les milices armées, Seleka ou anti-balaka. Elle en aurait eu les moyens pourtant, forte de ses 2500 hommes. Mais, a contrario, elle a entretenu des liens troubles avec ces bandes armées qui font régner la terreur partout dans le pays. Après leur éviction du pouvoir au début 2014, les principales composantes de la Seleka se sont repliées dans le nord-est, où elles contrôlent les villes de Birao, Ndélé ou encore Bria et prospèrent jusqu’à l’heure actuelle, sans que les français n’y trouvent rien à redire. Quant aux anti-balaka, les militaires hexagonaux ont souvent été accusés d’entretenir avec ces bandes armées des liens de connivence. A Bangui même, lors d’attaques de quartiers musulmans par les anti-balaka en 2014, les soldats français sont restés passifs, rappelant au monde le terrible souvenir de l’inaction des grandes puissances lors du génocide rwandais.

Aujourd’hui, alors que l’opération Sangaris s’est piteusement achevée en 2016, l’ancien colonisateur est vu par la grande majorité des Centrafricains comme étant l’une des causes principales de leur malheur. D’autant que le comportement de certains officiels français au pays de Bokassa fut loin d’être exemplaire ; en plus des suspicions de viols d’enfants, l’opinion centrafricaine peine à oublier les frasques de l’ambassadeur Charles Malinas, en poste de 2013 à 2016, qui est suspecté d’avoir vendu des visas pour la France à des salafistes radicalisés. Une enquête a d’ailleurs été ouverte contre lui par l’inspection générale du Quai d’Orsay, et l’ambassadeur a été rappelé de son nouveau poste à Prague.

La Centrafrique de 2018 rappelle étrangement la République Démocratique du Congo (RDC) de la fin des années 90, après la chute de Mobutu. Un pays complétement démembré, dépossédé de sa souveraineté nationale au profit de puissances étrangères. La France a réduit sa présence à une centaine de militaires en poste à Bangui, mais un centre d’écoutes est installé au sous-sol de l’Ambassade et permet d’écouter, de manière totalement illégale, l’ensemble de la classe politique centrafricaine.

Prédateurs et trafiquants

Le Tchad reste bien évidemment présent, continuant tout comme le Soudan à soutenir les ex-Seleka, désormais regroupés dans le FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique). Les troupes de Nourredine Adam campent d’ailleurs très régulièrement à l’intérieur du territoire tchadien. Le chef rebelle et ancien garde du corps de l’émir d’Abou Dabi se rend tous les quatre matins à Ndjamena, quand il ne visite pas le chef de Boko Haram, avec lequel le Tchad est accusé de jouer double jeu.

Des divisions au sein des ex-Seleka apparaissent, sur fond de rivalités pour le contrôle des matières premières. Dernier épisode en date : l’affrontement entre Nourredine Adam et Ali Darassa, le seigneur de guerre qui contrôle Bambari. Car ces milices tirent des revenus conséquents de la vente de diamants, d’or ou encore du racket des commerçants qui s’en vont vendre leurs bambous ou leurs cafés au Soudan.

Les forces de la MINUSCA (Mission des Nations Unies en Centrafrique), composées de 11 200 soldats issus de 10 pays, n’agissent pas différemment. Comme en RDC, les troupes onusiennes ne protègent pas les populations civiles mais s’ingénient plutôt à piller les richesses locales et à tisser des liens avec les milices, le plus souvent en fonction de leur appartenance religieuse. Les casques bleus originaires du Congo-Brazzaville sont par exemple accusés d’organiser le pillage du bois précieux des forêts de la Lobaye (sud de la RCA), et de soutenir certains groupes affiliés aux anti-balaka. Denis Sassou-Nguesso, le leader congolais, possède en outre une influence non-négligeable à Bangui, le président de l’Assemblée nationale Abdou-Karim Meckassoua étant l’un de ses protégés. Enfin, à l’est, dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, un contingent de l’armée ougandaise vient tout juste de se retirer après 10 ans passés à traquer l’insaisissable Joseph Kony, le leader d’une Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui continue à terroriser les populations.

Noirceur désespérante

Les Centrafricains semblent comme interdits de présider aux destinées de leur propre pays. Le Président en exercice Touadéra n’a pas les moyens d’action que la légitimité populaire et son honnêteté avérée devraient lui conférer. Peut-être que le plus urgent serait de rendre à la Centrafrique une armée nationale digne de ce nom, des FACA capables de vaincre les seigneurs de guerre, ce que ni la France ni la MINUSCA n’ont pu ou n’ont voulu faire. A ce titre, la livraison d’armes aux FACA par les russes est une nouvelle à saluer, même si celles-ci proviennent de l’arsenal de l’autocrate Poutine. Car ce n’est que en ramenant la sécurité qu’une réconciliation de tous les Centrafricains sera possible, qu’ils soient chrétiens, musulmans, ex-Seleka, anti-Balaka ou même éleveurs peuls mbororo. Et que ce pays du cœur de l’Afrique pourra se remettre sur les rails du développement, fidèle à la devise de leur père fondateur Barthélémy Boganda, « Nourrir - Vêtir – Guérir – Instruire – Loger »."

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dimanche 28 janvier 2018

Plainte de Bolloré au tribunal de grande instance de Paris (suite)

C'est la Société camerounaise de palmeraies, SOCAPALM, avec siège au Luxembourg, qui a porté plainte contre plusieurs journaux français dont Médiapart, l'Obs et Le Point.

Deux ONG, SHERPA et REACT sont également poursuivis.

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La SOCAPALM, la plus grande entreprise de production d'huile de palme du Cameroun, poursuit ces médias pour diffamation.

Dans des reportages publiés en 2015 par ces médias, des villageois camerounais accusent l'entreprise d'avoir accaparé leurs terres.

La SOCAPALM est une filiale du groupe luxembourgeois SOCFIN, dont l'industriel français VINCENT BOLLORE détient 40% du capital.

Selon le journal Médiapart, 6 000 villageois camerounais se mobilisent depuis une dizaine d'années contre, l'accaparement par la SOCAPALM de 40 000 hectares de terres leur appartenant.

La SOCAPALM, réfute formellement les accusations de vol de terres, et parle de diffamation.

La première journée d'audience a été consacrée à l'audition des témoins des deux parties.

Le procès s'est achevé ce vendredi. La SOCAPALM demande un euro de dommages et intérêts aux médias et aux ONG accusés, ainsi que la publication du jugement dans les journaux concernés. Le jugement est mis en délibéré.

La position d'Edwy Plenel, de Mediapart 

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"L'objectif c'est de nous empêcher de dire ce que les populations concernées au Cameroun, au Nigéria, en Côte d’Ivoire ou au Libéria disent sur les pratiques du groupe Bolloré via une entreprise basée au Luxembourg. Une holding, Socfin, dont il possède 39 %. Nous sommes simplement poursuivis pour avoir fait état de la déclaration de ces populations, de ces collectifs regroupés dans une association, une ONG qui s’appelle ReAct et qui parle d’accaparement aveugle des terres qui ne laisse aux riverains aucun espace vital, de faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines, de mauvais traitements des populations par des escouades de gendarmes, et ainsi de suite… Tout ça, c’est simplement un communiqué qui a été remis en mains propres à Monsieur Bolloré devant le groupe Bolloré en 2013. A ce moment-là, Monsieur Bolloré n’a rien trouvé de diffamatoire et il n’a pas poursuivi. Simplement, nous en avons refait état et ces populations, comme des syndicats. Et là, tout d’un coup, Monsieur Bolloré s’est réveillé sur un nouvel article de 2015 et il nous poursuit. Simplement pour nous empêcher de faire état de cet intérêt public. C’est ce que nous avons appelé avec nos avocats et tous les médias concernés des procédures bâillon".

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jeudi 25 janvier 2018

Mexique : des peuplades autochtones malmenées par les cartels de la drogue

Après une tournée de dix jours au Mexique, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, s’est déclarée « particulièrement préoccupée » par la situation des mineurs autochtones dans le pays. Terrible constat, les cartels de la drogue et d’autres groupes criminels recrutent de force des enfants et des adolescent(e)s autochtones, nombreux sont ceux qui « disparaissent », une réalité préoccupante dénoncée par la représentante des Nations Unies.

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Victoria Tauli-Corpuz révèle avoir reçu des plaintes concernant le recrutement forcé de mineurs dans des zones dominées par le narcotrafic « dans les zones touchées par le crime organisé et par la production de drogue et le trafic, la seule option laissée aux jeunes est de rejoindre ces groupes ou d’être torturés, enlevés ou assassinés », a-t-elle déclaré.

À Tlapa, dans l’État de Guerrero, elle a ainsi rencontré des femmes autochtones qui lui ont confié que « leurs enfants avaient été recrutés par le crime organisé » engendrant de nombreuses disparitions, qui ne font pas l’objet d’un chiffrage précis à ce jour.

Cette situation de violence envers les plus fragiles aurait été engendrée par l’opération militaire antidrogue controversée lancée en décembre 2006 qui a conduit à une vague de terreur à l’origine d’au moins 190 000 morts, plus le nombre de disparitions qui a lui aussi augmenté de façon dramatique. Les violations contre les droits des communautés natives sont en hausse, l’éventail des plaintes est vaste.

« Cela comprend des allégations de massacres, des meurtres, des disparitions forcées, des viols, des actes de torture et du travail forcé, ces actes sont attribués au crime organisé, aux responsables paramilitaires et militaires, souvent dans le cadre de projets de développement affectant leurs terres et leurs ressources », a affirmé Tauli-Corpuz.

Au Mexique, 7,3 millions de personnes sont d’origine indigène, soit 6,5 % de la population totale, selon une enquête officielle de 2015, 61,9 % des autochtones vivent dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté. Les groupes du crime organisé au Mexique profitent donc de la situation d’isolement et de dénuement dans laquelle vivent certaines communautés indigènes pour s’approprier leurs terres à des fins illégales, ainsi que pour recruter des enfants pour la chaîne de production et de distribution de stupéfiants.

« Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que le crime organisé soit combattu et qu’il n’affecte plus les communautés autochtones » en pointant du doigt les difficultés qui pourraient surgir en raison des ramifications qui existent parfois entre les autorités, la police et le crime organisé sous fond de corruption.

En soulignant les niveaux élevés d’impunité et de violence subie par la population en général et la population indigène en particulier, Tauli-Corpuz a ajouté qu‘ »il y a un manque de capacité institutionnelle pour s’attaquer à la problématique » et évoque même plus directement « un manque de volonté politique », pour résoudre ce phénomène dramatique.

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dimanche 14 janvier 2018

Sénégal : Donald Trump recadré

L’Afrique en général, le Sénégal en particulier, n’a pas aimé la sortie du Président américain, Donald Trump, qualifiant certains "pays de merde". Suffisant pour que le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, fasse convoquer l’ambassadeur de Etats-Unis au Sénégal.

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Le ton monte et la tension perceptible, en Afrique et plus particulièrement au Sénégal, après la sortie du dirigeant américain utilisant un « langage ordurier », selon la presse sénégalaise. Donald Trump ne s’est en effet pas gêné de tenter de barrer la route aux migrants issus de « pays de merde ».

Non content de cette sortie de Donald Trump, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, a dit son indignation, dans un tweet. « Je suis choqué par les propos du Président Trump sur Haïti et sur l’Afrique. Je les rejette et les condamne vigoureusement. L’Afrique et la race noire méritent le respect et la considération de tous », a souligné le chef de l’Etat sénégalais.

Par ailleurs, dans un communiqué de presse, le ministère sénégalais des Affaires étrangères souligne avoir convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal pour lui remettre « une note de protestation du Sénégal ». Le communiqué précise que c’est sur instructions du Président Macky Sall que le diplomate a été convoqué, ce vendredi 12 janvier 2018.

Le communiqué indique que « le gouvernement de la République du Sénégal dénonce et condamne fermement ces propos inacceptables qui portent atteinte à la dignité humaine, celle de l’Afrique et de sa diaspora en particulier, ainsi qu’à la coexistence pacifique et aux bonnes relations entre les Peuples ».

Pour rappel, lors d’une réunion à la Maison Blanche, jeudi 11 janvier 2018, le Président américain, Donald Trump, s’est, selon le Washington PostCNN et le New York Times, demandé « pourquoi voulons-nous que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? ».

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samedi 13 janvier 2018

Iran : interdiction de l’enseignement de l’anglais dans les écoles

Moyen de dénoncer l'intrusion hypothétique de l'occident dans les manifestations qui prennent de l'ampleur ? 

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L’Iran a interdit l’enseignement de l’anglais dans les écoles primaires, a déclaré un haut responsable de l’éducation, après que les dirigeants islamiques eurent averti que l’apprentissage précoce de l’anglais ouvrait la voie à une « invasion culturelle » occidentale.

« Enseigner l’anglais dans les écoles publiques ou privées dans un programme officiel est contraire aux lois et règlements », a déclaré Mehdi Navid-Adham, chef du Conseil de l’enseignement supérieur, à la télévision d’Etat samedi soir.

« L’hypothèse est que, dans l’enseignement primaire, le fondement de la culture iranienne des élèves est remis en cause », a déclaré M. Navid-Adham, ajoutant que les cours d’anglais non officiel pourraient également être bloqués.

L’enseignement de l’anglais commence généralement au collège en Iran, entre 12 et 14 ans, mais certaines écoles primaires en dessous de cet âge ont aussi des cours d’anglais.

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Certains enfants fréquentent également des instituts de langues privés après leur journée scolaire. Et de nombreux enfants de familles plus privilégiées qui fréquentent des écoles privées reçoivent des cours d’anglais de la garderie jusqu’au secondaire.

Les dirigeants islamiques iraniens ont souvent mis en garde contre les dangers d’une «invasion culturelle» et le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a exprimé son indignation en 2016 à propos de «l’enseignement de la langue anglaise se répandant dans les écoles maternelles».

L’ayatollah Khamenei, qui a le dernier mot dans tous les domaines de l’Etat, a déclaré dans son discours aux enseignants: « Cela ne signifie pas une opposition à l’apprentissage d’une langue étrangère mais une opposition à la promotion d’une culture étrangère dans le pays et parmi les enfants, jeunes adultes et jeunes. « 

« Les penseurs occidentaux ont maintes et maintes fois dit qu’au lieu de l’expansionnisme colonialiste, la meilleure et la moins coûteuse aurait été d’inculquer la pensée et la culture à la jeune génération », a déclaré l’ayatollah Khamenei.

Bien qu’il n’y ait aucune mention de l’annonce liée aux récentes manifestations se développant depuis le 28 décembre dernier contre le pouvoir religieux et le gouvernement, les Gardiens de la Révolution iranienne ont accusé les ennemis étrangers d’avoir fomenté les troubles.

Selon des responsables iraniens, au moins 21 personnes ont été tuées et plus de 1 000 personnes arrêtées lors des manifestations qui ont touché plus de 80 villes et villages ruraux, alors que des milliers de jeunes Iraniens ont exprimé leur colère face à la corruption et au chômage.

Une vidéo de l’annonce de l’interdiction a été largement diffusée sur les médias sociaux dimanche, les Iraniens l’appelant « le filtrage de l’anglais », le comparant à la blague au blocage par le gouvernement de l’application populaire Telegram pendant les manifestations.

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mardi 9 janvier 2018

Pornographie parlementaire !

Quelque 160 tentatives quotidiennes de connexion à des sites porno ont été enregistrées au Parlement britannique.

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Le réseau informatique du Parlement britannique a enregistré 24 473 tentatives d'accès à des sites pornographiques entre juin et octobre 2017, soit une moyenne de presque 160 par jour selon des données officielles révélées lundi.

Ces chiffres sont annoncés alors que la classe politique britannique est entachée depuis plusieurs semaines par des scandales de harcèlement sexuel et de comportements déplacés. En décembre, le Vice-premier ministre Damian Green avait été forcé de démissionner après avoir menti sur la découverte d'images pornographiques sur son ordinateur, qu'il avait néanmoins nié avoir visionnées ou téléchargées lui-même.

Selon les dirigeants du Parlement, la majorité de ces tentatives de connexion «ne sont pas volontaires». Ils ont précisé que tous les sites proposant des contenus pornographiques étaient bloqués sur le réseau parlementaire. Ah bon ? Il y aurait donc juste quelques mauvais réglages ?

Près de 8 500 ordinateurs sont connectés à ce réseau, qui est utilisé aussi bien par les parlementaires que leurs assistants ou les personnels administratifs. Des appareils personnels peuvent également s'y connecter via WI-FI. 

Et si on publiait le même type d'enquête en France (Assemblée Nationale et Sénat), quels chiffres obtiendrait-on ?

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lundi 8 janvier 2018

Un régime corrompu et menteur qui ne dit pas son nom

Côte d’Ivoire : « Près de 300 détenus politiques croupissent dans les geôles ».

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« Près de 300 détenus politiques croupissent dans les geôles ivoiriennes, civils et militaires, et notre culture du pardon ancrée dans nos traditions s’accommode mal d’un tel acharnement  », a déclaré la présidente de l’URD, invitant les Ivoiriens à la réconciliation et les autorités d’Abidjan à faire davantage pour ramener la cohésion sociale dans le pays.

« Des milliers d’Ivoiriens sont encore en exil et n’envisagent pas leur retour parce qu’ils ont peur d’être persécutés ou harcelés. Des fonctionnaires et non des moindre restent toujours sans affectation (ambassadeurs, préfets, fonctionnaires des finances publiques) alors que leurs capacités mises au service du pays seraient un atout supplémentaire pour la nation qui a besoin des bras de tous ses enfants pour se développer  », a déploré Danielle Boni Claverie.

7 ans après la prise du pouvoir par le Président Alassane Ouattara, ajoute-elle, deux camps sont toujours face à face et l’un d’entre eux reste toujours indexé, celui des pro Gbagbo, alors qu’il ne devrait plus y avoir qu’un seul camp, celui des Ivoiriens réconciliés.

« J’ajoute qu’il serait irréaliste de ne pas associer le Président Laurent Gbagbo à tout processus de réconciliation alors que 46% de la population, si l’on en croit les chiffres de la CEI, le soutenait en 2010 », a-t-elle soutenu, avant d’enfoncer : « Les Ivoiriens sont las, les Ivoiriens sont fatigués, les Ivoiriens sont nostalgiques d’une Côte d’Ivoire apaisée, fraternelle avec des valeurs fortes où l’exemplarité jouerait un grand rôle.  »

La présidente de l’URD a dit que le temps est désormais venu de tourner le dos à plusieurs maux qui minent la société ivoirienne, notamment, le mensonge politique, la corruption et la méchanceté. (selon "Afrik.com")

  • NB : URD = Union Républicaine pour la Démocratie (Côte d'Ivoire).
  • CEI = Commission Electorale Indépendante de Côte d'Ivoire.

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mercredi 27 décembre 2017

La Tunisie suspend les vols d’Emirates

La Tunisie a suspendu les vols d’Emirates Airlines après un tollé général au sujet des mesures de sécurité dans les Emirats Arabes Unis visant les femmes d’Afrique du Nord en général et de Tunisie en particulier.

femmes

Le ministère des Transports de Tunisie a déclaré qu’il avait suspendu les vols d’Emirates Airlines vers Tunis jusqu’à ce que la compagnie aérienne trouve une solution appropriée pour exploiter des vols "conformément au droit international et aux accords". Cette décision est la conséquence de mesure de brimade prise par les Emirat Arabes unis contre des femmes du Maghreb. Un certain nombre de femmes tunisiennes ont, en effet, déclaré que leurs voyages dans l’État du Golfe avaient été retardés et que certains d’entre eux avaient été contraints de subir un examen plus approfondi de leur visa et certaines n’auraient pu embarquer.

Cette situation a déclenché des réactions de colère sur les médias sociaux et les médias en Tunisie et les Emirats n’ont pas apporté de réponse satisfaisantes pour expliquer les raisons de ce traitement particulier. Anwar Gargash, le ministre des Affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, a déclaré sur Twitter : "Nous avons contacté nos frères tunisiens au sujet des informations de sécurité qui nécessitaient des procédures spécifiques (...) Nous devons éviter les tentatives trompeuses ... Nous valorisons les femmes tunisiennes et les respectons", a-t-il ajouté, sans préciser.

Malgré la levée officielle de la restriction, les groupes de défense des droits de l’homme tunisiens ont condamné ces mesures comme "discriminatoires et racistes" rapporte The Guardian qui explique que la Tunisie a essayé de rétablir les relations diplomatiques avec les EAU, qui ont été endommagées par sa révolution de 2011 et après que le parti islamique al-Nahda, qui a des liens étroits avec le Qatar, soit arrivé au pouvoir dans le pays nord-africain. Les relations entre le Qatar d’une part et l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et l’Egypte d’autre part ont été rompues depuis juin après que les quatre pays arabes ont accusé Doha de soutenir des groupes terroristes dans la région.(Afrik.com)

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mardi 26 décembre 2017

Il y a des hommes politiques qui savent utiliser leur pouvoir

Les 10 Chefs d’Etat les plus riches au monde

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