mardi 15 octobre 2019

Algérie : la transition politique en suspens

Des foules importantes d'Algériens réclament toujours une transition politique radicale mais le chef d'état-major refuse de nouvelles concessions et tient à l'organisation de la présidentielle le 12 décembre. Les perspectives sont incertaines pour 2020.

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Le régime algérien s'accroche. Les manifestations hebdomadaires de millions d'Algériens ont abouti à la chute d'Abdelaziz Bouteflika en avril, mais pas encore à celle du « système ».

C'est ainsi qu'on désigne l'enchevêtrement opaque de clans affairistes politico-militaires qui tiennent le pouvoir depuis la fin de la guerre civile en 2002, voire l'indépendance en 1962. Le chef d'Etat-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, qui assume le pouvoir de facto depuis la chute de "Boutef", refuse d'entendre les revendications actuelles du mouvement de contestation, le « hirak » (soulèvement). Ce dernier a obtenu un premier report de la présidentielle anticipée, initialement prévue le 4 juillet mais repoussée au 12 décembre faute de candidats.

Demande de transition radicale

Une partie importante du peuple algérien réclame une transition radicale, avec notamment la démission des dirigeants de premier plan, mais ce qui reste du régime joue d'une peur du vide. Et force est de reconnaître qu'un consensus peine à émerger sur un mécanisme de transition au sein du « hirak » au sujet des hommes et des femmes devant la piloter.

L'armée réprime les manifestations depuis quelques semaines, à rebours de sa stratégie du printemps et procède à des arrestations d'hommes d'affaires, de cadres de l'ère Bouteflika et de militants démocratiques. L'impasse politique semble totale avec la perspective fin 2019 d'une élection présidentielle que le pouvoir veut organiser à tout prix, contre l'avis de l'opposition qui n'a pas présenté de candidats et de la rue qui promet de faire capoter le scrutin.

Les perspectives pour l'Algérie en 2020 sont d'autant plus délicates que la situation économique s'avère tendue, avec une croissance anémiée et une chute des réserves de la banque centrale. Les deux tiers des entreprises du BTP ont suspendu leurs activités dans l'attente d'un éclaircissement de la situation politique. (Yves Bourdillon, "Les Echos")

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lundi 14 octobre 2019

Syrie : Erdogan désavoué

L'offensive turque contre les forces kurdes suscite une volée de critiques

syrie

La Turquie a lancé mercredi, comme elle s'y était engagée, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadistes, suscitant une volée de critiques internationales et des menaces de sanctions américaines.


Mercredi, des régions voisines de la Turquie, notamment les zones de Tal Abyad et de Ras al-Aïn, ont été bombardées par l'aviation et l'artillerie turques. Le ministère turc de la Défense a annoncé en soirée que des militaires turcs et leurs supplétifs syriens avaient pénétré en Syrie, marquant le début de la phase terrestre de l'opération.
"Les forces aériennes et l'artillerie ont jusqu'ici frappé 181 cibles appartenant au groupe terroriste", a précisé le ministère sur Twitter vers 21h00 GMT.
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), ont affirmé de leur côté mercredi soir avoir "repoussé" l'offensive turque, dont l'objectif est d'éloigner de la frontière les YPG.
L'assaut turc a d'ores et déjà fait 15 morts dont 8 civils, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que des "milliers de déplacés" fuient les zones bombardées.
Le président américain Donald Trump a estimé que l'opération d'Ankara était "une mauvaise idée", tout en espérant que son homologue turc Recep Tayyip Erdogan agisse de manière "rationnelle" et aussi "humaine" que possible. En début de semaine, c'est pourtant le retrait des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison blanche qui ont ouvert la voie à l'offensive.
Deux sénateurs démocrate et républicain ont dévoilé mercredi une proposition visant à sanctionner très sévèrement la Turquie si elle ne retire pas son armée. Ce projet imposerait au gouvernement de Donald Trump de geler les biens aux Etats-Unis des plus hauts dirigeants turcs, imposerait des sanctions à toute entité étrangère qui vendrait des armes à Ankara, et viserait aussi le secteur énergétique turc.
Poids lourd des Républicains et proche de M. Trump, le sénateur Lindsey Graham l'a accusé d'avoir "honteusement abandonné les Kurdes" et s'est dit favorable à ce qu'"Erdogan paie très cher".
L'offensive turque, qui a provoqué un tollé international, sera au centre d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi. 
A Ras al-Aïn, un correspondant de l'AFP a entendu une forte explosion et vu s'élever de la fumée tout près de la frontière, ajoutant que des avions survolaient le secteur.
Des tirs d'artillerie visent en continu la ville, provoquant la fuite de dizaines de civils à bord de motos et voitures, partant même à pied, chargés de valises et de sacs, a-t-il constaté.
Equipés de lance-roquettes, des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG, se sont déployés dans la ville, selon le correspondant de l'AFP.
 
"Mobilisation générale"
 
Les médias turcs ont rapporté que huit projectiles tirés par les YPG étaient tombés sur les villes turques frontalières d'Akçakale et de Nusaybin, sans faire de victime.
L'offensive de la Turquie est la troisième en Syrie depuis 2016. Elle ouvre un nouveau front dans un conflit qui a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés depuis 2011.
"Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (ANS, une coalition financée et entraînée par la Turquie soutenus par Ankara, ndlr) ont débuté l'opération +Source de paix+ dans le nord de la Syrie", a annoncé M. Erdogan sur Twitter.
Au moins 18.000 combattants syriens supplétifs d'Ankara – faisant partie de factions regroupées au sein de l'ANS – ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé mercredi un de leurs porte-parole.
L'offensive doit permettre la création d'une "zone de sécurité" destinée à séparer la frontière turque des positions kurdes et accueillir des réfugiés, a dit M. Erdogan. Le ministère turc de la Défense a assuré que tout était fait pour éviter les pertes civiles.
Les YPG sont considérées par Ankara comme une organisation "terroriste", pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
Quelques heures avant le début de l'offensive, les Kurdes de Syrie, confrontés aux atermoiements de leur allié américain, avaient décrété une "mobilisation générale", tout en appelant Moscou à intervenir pour faciliter un dialogue avec Damas.

 Tollé
Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible d'ouvrir la voie à un retour en force de l'EI, et qui fait planer l'incertitude sur le sort des jihadistes prisonniers des YPG.
Le porte-parole de M. Erdogan, Ibrahim Kalin, a appelé les pays européens à "reprendre" leurs ressortissants ayant intégré l'EI et aujourd'hui détenus par les forces kurdes.
Paris a "très fermement" condamné l'incursion turque, qui "doit cesser". Même exigence du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. L'Allemagne a estimé que l'opération risquait "de provoquer une résurgence" de l'EI, et Londres a dit sa "sérieuse préoccupation".
Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé M. Erdogan à "bien réfléchir". 
L'Egypte a pour sa part jugé cette "attaque inacceptable" et Ryad a condamné "l'agression" de la Turquie en Syrie.
Amnesty International a souligné qu'"à la fois les forces turques et kurdes" avaient, "dans le passé, mené des attaques aveugles en Syrie" ayant "fait de nombreuses victimes parmi les civils". L'ONG a exhorté à faire en sorte que "cela ne se reproduise pas".
Le pouvoir de Damas s'est engagé à "contrecarrer toute agression" de la Turquie, se disant prêt à "accueillir dans son giron" la minorité kurde.
Longtemps marginalisés et victimes des discriminations du pouvoir central, les Kurdes ont réussi à instaurer une autonomie de facto à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.(selon AFP)

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mercredi 9 octobre 2019

Usines à bébés au Nigeria

La police libère 19 femmes enceintes

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Dix-neuf jeunes filles enceintes âgées de 15 à 28 ans ont été secourues dans une « usine à bébés », a annoncé ce lundi la police de Lagos, alors que le pays est confronté à d’importants réseaux de trafic d’êtres humains.

« Nous avons été informés des activités de certains individus qui gardaient des femmes enceintes et des bébés pour les vendre après accouchement », a déclaré le porte-parole de la police, Bala Elkana, indiquant aussi que quatre nourrissons ont pu être sauvés.

Deux suspects arrêtés

L’opération de police a été menée le 19 septembre dernier et concernait quatre sites, trois maisons résidentielles et un hôtel à Isheri Osun, en périphérie de la capitale économique du pays. Le porte-parole de la police a précisé que deux suspects avaient déjà été arrêtés. Un troisième a pris la fuite.

Selon Bala Elkana, certaines femmes secourues « ont été trompées, elles pensaient venir à Lagos pour trouver un emploi et se sont retrouvées piégées ». Il a également affirmé que d’autres « savaient parfaitement ce qu’elles venaient faire » et espéraient gagner de l’argent. Les enfants étaient vendus 300.000 nairas (760 euros) pour les filles, et 500.000 (1.265 euros) les garçons a-t-il assuré.

Un crime répandu au Nigeria

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Le trafic humain est le troisième crime le plus répandu au Nigeria, derrière la fraude et le trafic de drogue, selon les Nations unies. Le sud-est du pays est particulièrement touché par le trafic d'enfants. Plusieurs maternités illégales ont été découvertes dans cette partie du pays ces dernières années.

Dans certains cas, des jeunes femmes s’y étaient réfugiées volontairement pour échapper aux vives critiques liées aux grossesses hors mariage dans la société nigériane. Ces femmes touchent une part de l’argent obtenu avec la vente de leur bébé. Des informations ont également fait état de cas de jeunes femmes enlevées et forcées à tomber enceintes par des trafiquants d’êtres humains. Les personnes qui achètent les bébés sont le plus souvent des couples généralement issus de milieux aisés qui ne peuvent pas concevoir d’enfants. (selon AFP)

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lundi 30 septembre 2019

Trump destitué ? Tu parles !

Une affaire montée de toutes pièces par Biden ou... Trump ?

trump

C’est avec bien des hésitations et des recommandations négatives que Nancy Pelosi, 78 ans, présidente de la Chambre des Représentants, a annoncé la procédure d’impeachment de Donald Trump. Celle-ci aboutira-t-elle ? Non, sans doute. Elle se heurte à la majorité républicaine du Sénat. Et aux doutes portant depuis bien longtemps sur l’intégrité de Joe Biden, futur candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis. Bonnet blanc et blanc bonnet ?

On peut affirmer d’ores et déjà que la réalité du coup de téléphone reproché à Trump ne fait aucun doute. Mais qu’en est-il du fond effectif de l’affaire ? Plusieurs éléments brûlants se présentent : le rôle que joue en réalité Hunter Biden, le fils du leader démocrate, et la personnalité à la fois typique et louche du patron de Hunter Biden, Mykolaj Zlotchevski.

Surprise : Hunter Biden faisait partie du conseil d’administration de la Burisma, une puissante compagnie gazière ukrainienne. Et dans la présentation dudit conseil d’administration, on voit aussi apparaître la photo et le personnage d’Aleksander Kwaśniewski, l’ancien président polonais (1995 à 2005) ! L’avocat de Trump, Rudolph Giuliani, affirme que c’est par l’entremise de Joe Biden que Viktor Chokin, procureur général d’Ukraine, a été limogé en 2016. Il faut préciser un fait, euh, étrange, en effet : sous la présidence d’Obama, Joe Biden était en charge des relations avec l’Ukraine, de 2008 à 2016. Curieux, non ? L’Ukraine intéresse décidément beaucoup la famille Biden.

Né en 1970, Hunter Biden, malgré sa carrure athlétique, est un homme fragile : toxicomane et alcoolique, dépressif depuis la mort de son frère en 2015, il n’a sans doute pas pris toutes les précautions qui s’imposent dans de telles activités et dans un tel milieu, hautement criminogène. Et indéniablement, il aime se servir de ses relations familiales : en témoigne son attitude en 2013 à Pékin, où accompagnant Obama durant son voyage, il a fait prévaloir son cher Papa pour booster ses affaires…

Mykola Zlotchevski, en effet, le patron de la Burisma, a émergé dans les années Janoukovitch, ce président hautement corrompu et pro-russe qui a été chassé du pouvoir en 2015, après la « Révolution de Majdan ». Zlotchevski, à cette époque, était devenu… ministre de l’Ecologie ! (rire jaune). Son ascension a été fulgurante : sa compagnie a profité de ce poste – et de la corruptibilité du gouvernement Janoukovitch – pour décrocher de nombreux contrats d’ exploitation, y compris à l’étranger. Le PDG de la Burisma est devenu alors l’un des hommes les plus riches d’Ukraine.

Après la « Révolution de Majdan », en 2014, le pouvoir change de mains à Kiev, et avec ce changement s’exprime la promesse de laver tout blanc l’économie du pays. Les fortunes louches des oligarques, et parmi elles, celle de Zlotchevski, sont sérieusement menacées. Il faut alors montrer auréole et patte blanche : et voilà que dans le conseil d’administration de la Burisma apparaissent Kwaśniewski et Hunter Biden, ce dernier au début de l’été 2015 – il y touche environ 50 000 dollars par mois.

Alors, Joe Biden a-t-il fait limoger le procureur général, Viktor Chokin, parce que ce dernier avait entamé une enquête, voire une procédure contre son fils ? La réponse penche vers le négatif : on n’a pas trouvé trace d’une telle démarche. Les responsables de l’AntAC, une ONG qui effectue un travail assez efficace (à son échelle) contre la corruption, l’affirment : malgré les promesses de Porochenko en 2014, trois procureurs successifs ont évité tout ennui au patron de Hunter Biden, Zlotchevski. Alors même que quatre affaires qui relevaient du pénal eussent mérité plus d’attention… C’est le cas de nombreuses personnalités importantes avant 2014, et qui ont réussi leur reconversion porochenkienne en 2015.

En quoi alors Hunter Biden serait-il impliqué dans le renvoi de Viktor Chokin, et dans la prospérité actuelle de Zlotchevski ? Trump et son avocat, Giuliani, ont la mémoire courte : il y a belle lurette que le limogeage de Chokin était réclamé par les Ukrainiens démocrates eux-mêmes, par les institutions européennes et par beaucoup de dirigeants américains !

Pour ce qui est de la démarche aux Etats-Unis, on sait que Nancy Pelosi a hésité très longtemps, en fine politique, avant de demander la mise en marche de la procédure. Elle sait bien que l’arme peut se retourner contre les membres du Parti démocrate : parce que personne n’est réellement propre, et parce que l’attention du public se fixe aujourd’hui sur Joe Biden. Au détriment d’une candidate potentielle infiniment meilleure que Biden : à savoir Elizabeth Warren, qui a fait ces derniers mois des discours étincelants.

Mais n’est-ce pas précisément ce que recherche Donald Trump ? En cristallisant l’attention des Américains sur un milliardaire douteux, il détourne leur regard d’une personnalité remarquable, appelée à un brillant avenir. Bonnet blanc et blanc bonnet, oui. (selon "Eurojournalists").

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jeudi 26 septembre 2019

Financement du terrorisme

Les USA ont fourni plus de 70 000 « pistes » à l’UE depuis 2016

UE

Les autorités américaines ont envoyé plus de 70 000 « pistes d’enquête » aux Etats membres de l’Union européenne et à Europol depuis 2016 dans le cadre du programme de surveillance du financement du terrorisme, souligne un rapport publié lundi.

Certaines ont été « déterminantes pour faire avancer les enquêtes liées à des attaques terroristes sur le sol de l’UE, y compris celles de Stockholm (7 avril 2017), Barcelone (17 août 2017) et Turku » (Finlande, 18 août 2017), a précisé la Commission européenne dans un communiqué. L’exécutif bruxellois s’est dit « satisfait » de la coopération de plus en plus grande entre l’UE et les Etats-Unis dans le cinquième rapport sur ce programme lancé en 2010.

Quelque 70 991 « pistes d’enquête » ont été fournies par les autorités américaines entre 2016 et 2018. Elles sont compilées dans les 292 réponses du Trésor américain aux 402 requêtes européennes. Le rapport fait également état de plus de 11 000 pistes envoyées spontanément par les autorités américaines.

Dans un document de travail publié par la Commission accompagnant le rapport, la liste des dossiers où la coopération a joué fait également mention de pistes procurées à l’enquête sur Mohamed Belkaid, tué dans une fusillade le 15 mars 2016 à Bruxelles trois jours avant l’arrestation de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris en novembre 2015. « Le TFTP (acronyme anglais du programme de surveillance du financement du terrorisme, ndlr) est un instrument clé pour fournir des informations dans les temps, précises et fiables, pour identifier et traquer les terroristes et leurs réseaux de soutien dans le monde », souligne encore la Commission.(selon AFP et Le quotidien luxembourgeois)

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mercredi 25 septembre 2019

En Pologne, les comptes de la Seconde Guerre mondiale toujours à solder

Les commémorations du 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale ont commencé la semaine dernière. A cette occasion, le président allemand Frank-Walter Steinmeier s’est rendu aux cérémonies organisées en Pologne et a présenté ses excuses aux victimes polonaises.

pologne

Après la visite du président allemand Frank-Walter Steinmeier, le président de la Pologne Andrzej Duda a souligné l’importance de ces déclarations, affirmant l'importance de ces excuses dans l’histoire de l’amitié germano-polonaise - rappelons que la Pologne a perdu 6 millions de citoyens, dont 3 millions de Polonais juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, cette concorde diplomatique n’a duré que le temps d’un claquement de doigt. Le gouvernement polonais a n'a pas tardé à rebondir sur un dossier qui grève les relations entre les deux pays depuis quelques temps : les réparations de guerre dues à la Pologne. 

Des demandes de réparations astronomiques

En effet, juste après la défaite allemande, des réparations avaient en effet été calculées et versées aux victimes du Troisième Reich, à commencer par celles de la Shoah. Mais pour ce qui concerne la Pologne, c’est l’Union soviétique qui a administré ce dossier. Et ce qui importait à l'époque était l’établissement de bons rapports entre les républiques sœurs de l’Union socialiste : Moscou avait alors orchestré des négociations entre la RDA, l’Allemagne de l’Est et la Pologne. Pour mettre en bon ordre de marche le régime communiste, il faut dépasser le bilan de la Grande guerre patriotique, à commencer par la stabilisation de la frontière germano-polonaise.  Au cours des négociations organisées à Moscou, les Polonais renoncent officiellement à ces réparations de guerre en contre partie de la reconnaissance par la RDA du tracée de la ligne Oder-Neisse, la frontière actuelle, qui leur est favorable. Cette ligne de séparation sera d’ailleurs baptisée "Frontière de la paix". Le dossier est donc classé en 1953 mais mal réglé. La chute de l’URSS et de son ordre géopolitique va faire resurgir les zones d’ombres de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale mises au placard entre temps. Et l’arrivée au pouvoir en Pologne du parti conservateur PIS Droit et Justice va attiser les braises de cet après-guerre réglé à la va-vite.

La semaine dernière, le gouvernement polonais ne s’est pas contenté de déclarations publiques. Une commission parlementaire a été nommée il y a deux ans pour plancher sur le sujet des réparations, c'est à dire sur une nouvelle facture à présenter à l’Allemagne. En fondant leurs estimations sur un rapport soviétique de 1947, les parlementaires qui la composent, tous membres de la majorité gouvernementale, estiment à un peu moins de 800 milliards d’euros les dommages subis par la Pologne du fait de la guerre et de l’Occupation allemande. Une somme astronomique donc. 

Bientôt un musée de la Seconde Guerre mondiale à Gdansk ?

Selon les spécialistes comme l’historien Robert Traba, les pertes de la Pologne n’ont pas été compensées de manière adéquate. Mais c’est surtout la question du deuil qui est au centre de cette affaire. Si l’on fêtait les 80 ans du début des combats dimanche dernier, le débat autour du bilan et de la mémoire polonaise de cette guerre et de ses atrocités n’a en fait commencé qu’il y a 30 ans, à la disparition de l’Union soviétique. La tutelle de Moscou a longtemps retardé ce travail de deuil psychologique de l’Occupation allemande. 

D’ailleurs, ces demandes de réparations s’inscrivent au programme d’une véritable politique historique du gouvernement polonais. Effectivement, le gouvernement met en place un ensemble législatif pour condamner les historiens ou historiennes dont les travaux vont à l’encontre du patriotisme en vigueur. Jan Gross, attaqué pour ses recherches sur l’antisémitisme polonais, n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le clivage intellectuel entre historiens fait rage dans le pays. 

En attendant en Pologne, et plus particulièrement à Gdansk, le gouvernement et la municipalité s’affrontent sur la mise en musée de cette histoire. Un affrontement au long cours qui produit un véritable mille feuilles historique et mémoriel puisqu’un premier musée de la Seconde guerre mondiale désapprouvé par les conservateurs va être corrigé par une annexe pour exposer des thèses plus proches de celles défendues par le gouvernement. (selon Anaïs Kien, "Savoirs, le journal de l'Histoire")

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jeudi 19 septembre 2019

Un Malien en Chine

Un cireur de chaussures devient PDG d'une société import-export

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Aboubacar Kanadji, âgé de 44 ans et installé à Yiwu, fait partie des Maliens évoluant actuellement dans l'import-export entre la Chine et l'Afrique. Marié et père de six enfants, il est le PDG de la société «Yiwu Sanggan Trading CO.L.T.D», créée en 2011. Mais avant d'ouvrir son entreprise, spécialisée dans le Commerce (import-export), il lui a fallu beaucoup de courage et détermination. « Il n'y a pas de sot métier. Soyons droits et déterminés dans ce qu'on fait », aime-t-il dire.

« Quand j'étais au lycée, je cirais des chaussures à la gare ferroviaire de Bamako. Petit à petit, j'ai commencé à faire du commerce.», nous a-t-il confié. Et d'ajouter :« ce qui m'a permis de faire la navette entre le Mali et des pays africains (la Guinée, la Mauritanie, le Nigeria, la Côte d'Ivoire) pour importer des marchandises.»

Après avoir rejoint la Chine en 2007, il travailla avec son grand frère avant de prendre son envol. Présentement, sa compagnie expédie chaque semaine vers l'Afrique 5 à 8 conteneurs remplis de vêtements, matériaux de quincaillerie, pièces détachées (moto et voiture), chaussures, sacs à main, entre autres. Il emploie des Maliens et des Chinois pour faire fonctionner son bureau principal basé à Yiwu et ses entrepôts.

Ce cireur de chaussures, devenu PDG d'entreprise import-export, envisage d'étendre sa société à d'autres régions chinoises voire d'autres pays. Il entend aussi investir dans des usines de transformation, l'Agriculture, l'Immobilier au Mali afin de contribuer davantage à son développement. D'ores et déjà, il a ouvert une petite usine de transformation au Mali qui emploie quelques jeunes.

En outre, il est le président de l'Association des Maliens résidant à Yiwu (AMRY). Celle-ci vise à regrouper la diaspora malienne vivant dans cet arrondissement afin de se soutenir, s'entraider mutuellement.

D'autres Maliens réussissent dans l'import-export

En plus de lui, beaucoup d'autres Maliens, établis à Yiwu, réussissent dans le commerce import-export. La plupart d'entre eux possèdent leur propre entreprise d'achat et d'acheminement de marchandises. Si certains ont leur société en solitaire, d'autres travaillent en groupe. « Nous avons la confiance et la considération des Chinois. Parce que nous respectons les lois et règles de ce pays d'accueil », nous a indiqué l'un d'entre eux. Le Mali, la Côte d'Ivoire, le Togo, les deux Congo (Brazzaville et Kinshasa), le Gabon, entre autres, sont certaines des destinations privilégiées de leurs cargaisons.

Adama Dramé, l'un des premiers Maliens résidant et travaillant à Yiwu depuis 2004, nous a expliqué qu'il a sa propre entreprise qui expédie une trentaine de conteneurs par mois en Afrique. Il emploie 8 personnes, y compris des Chinois.

Gaoussou Kanadji, un autre Malien, qui a rejoint Yiwu en 2005, travaille avec 4 autres personnes au sein de la société «AfricAsia Cargo». Les activités de leur entreprise, employant 10 personnes, dont 8 Chinois, sont axées sur le commerce des vêtements. Kanadji, qui a aussi sa propre entreprise dénommée «Top one» a révélé que «AfricAsia Cargo» envoie mensuellement une centaine de cargos en Afrique de l'Ouest et Centrale. Ils contribuent ainsi au développement économique et commercial de la Chine et l'Afrique.

Ces ressortissants Maliens considèrent Yiwu comme l'une des localités chinoises les plus propices aux affaires. Ils estiment s'y sentir mieux en sécurité et protégés. Ils louent les efforts des autorités chinoises en faveur des Africains, plus particulièrement les Maliens. A total, plus de 200 Maliens, y compris les membres de leurs familles et les étudiants, résident actuellement à Yiwu. « Le Mali est la communauté subsaharienne la plus représentée à Yiwi. Il est suivi par le Niger, la Mauritanie...», nous a confié le président du regroupement des Maliens résidant à Yiwu.

Moussa CAMARA, Journaliste au journal "L'Indépendant" (Mali) 

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mercredi 18 septembre 2019

Explosion de dengue en Asie du Sud-Est

Les chercheurs expérimentent une bactérie pour l'éradiquer

dengue

Des centaines de morts aux Philippines, des hôpitaux envahis de malades au Vietnam, en Malaisie, en Birmanie et au Cambodge: une épidémie de dengue ravage l'Asie du Sud-Est, et les scientifiques s'attaquent à la propagation du virus avec une expérimentation testée dans neuf pays dont le Vietnam.

Conduite par le programme mondial de lutte contre les moustiques, elle consiste à injecter à des moustiques en laboratoire une bactérie, la wolbachia, qui réduit considérablement une possible transmission à l'homme de la dengue - mais aussi d'autres virus comme le Zika, le Chikungunya ou la fièvre jaune. 
Une fois les insectes lâchés dans la nature, ils se reproduisent avec l'espèce vecteur de ces maladies. Les bébés, porteurs de la bactérie, n'ont qu'une infime chance de transmettre le virus.
Au Vietnam, les premiers résultats sur la dengue - principal virus transmis par les moustiques dans le monde - sont prometteurs.
"Nous avons constaté une importante baisse des cas" à la suite de cette expérimentation, indique à l'AFP Nguyen Binh Nguyen, l'un des coordinateurs du projet au Vietnam.
Son équipe a relâché l'an dernier environ un demi-million de moustiques porteurs de la wolbachia à Vinh Luong, un district surpeuplé dans le sud du pays, particulièrement vulnérable à la dengue. 

86% de cas en moins 

Depuis, les cas ont diminué dans cette zone de 86% par rapport à la station balnéaire voisine de Nha Trang, assure Nguyen Binh Nguyen.

Et les habitants sont soulagés car si les insectes continuent de circuler, la majorité sont désormais porteurs de la wolbachia.

"Je me sens plus à l'aise maintenant (...) mais je dois tout de même continuer à faire attention", relève Cong Thi Thu, une comptable qui, avec ses deux enfants, a été victime d'une sévère crise de dengue en 2016.
La dengue, dont les symptômes (douleurs articulaires, forte fièvre, vomissements...) s'apparentent à un syndrome grippal, touche plus sévèrement les enfants, en particulier les jeunes filles, bien que les scientifiques ne sachent pas pourquoi.
Aucun traitement spécifique n'existe.

Plus de 1.800 décès

Depuis le début de l'année, cette maladie frappe de plein fouet l'Asie du Sud-Est : au moins 670.000 personnes ont été infectées et plus de 1.800 sont décédées dans la région, selon des données compilées par l'AFP à partir des chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et des autorités sanitaires de ces pays.
En cause: les températures élevées et une nouvelle souche du virus qui se propage vite parmi les populations non immunisées.
Les moustiques qui transmettent la dengue à l'homme prospèrent le plus souvent dans des zones urbanisées chaudes et humides, où l'eau stagnante est abondante.
La moitié des habitants de la planète vivent dans des zones à risque, principalement en Amérique latine, en Afrique et en Asie.
Perturbation des écosystèmes, déplacements des populations et des marchandises à cause de la mondialisation, urbanisation galopante sans assainissement des eaux, réchauffement climatique: "le cocktail est parfait pour que l'épidémie progresse très rapidement", souligne Rachel Lowe, professeure adjointe à la London School of Hygiene & Tropical Medicine.
Il existe quatre souches du virus. Une personne infectée est immunisée à vie contre celle qui l'a contaminée. Mais si elle est touchée par une autre forme, les symptômes sont souvent beaucoup plus importants.

Vaccin ou bactérie ?

Il existe un vaccin contre la dengue, mis au point par le laboratoire Sanofi Pasteur et approuvé pour utilisation dans une vingtaine de pays et dans l'Union européenne. Mais il est controversé. Aux Philippines, son déploiement raté en 2016 s'est traduit par la mort de dizaines d'enfants et a conduit à son interdiction.
La communauté scientifique s'intéresse aujourd'hui d'autant plus à la bactérie wolbachia que les insecticides pulvérisés à grande échelle dans certaines zones d'Asie du Sud-Est ne sont efficaces qu'à court terme et que les moustiques développent une résistance à ces produits.
Présente dans 60% des espèces d'insectes, la wolbachia a été découverte pour la première fois dans les années 1920 chez des moustiques vivant dans le système de drainage situé sous l'Université d'Harvard aux Etats-Unis. 
D'autres travaux, notamment en Malaisie et à Singapour, utilisent la wolbachia, mais la méthode est différente: les chercheurs infectent les moustiques mâles avec elle, ce qui les rend "incompatibles" avec les femelles non infectées et empêche ainsi les oeufs pondus de se développer et d'éclore.
En l'absence d'études à grande échelle, il est encore trop tôt pour se prononcer sur le réel succès des expériences ayant recours à cette bactérie.
"Au bout du compte, notre objectif est de nous assurer que cela conduira à une véritable réduction de la maladie", relève Raman Velayudhan, coordinateur à l'OMS du programme mondial de lutte contre la dengue. (selon AFP-Vietnam et Tahiti.infos)

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jeudi 12 septembre 2019

Les petits cadeaux de Pyongyang

Il avait été libéré en mai 2018 en dépit d'une condamnation pour « espionnage » en Corée du Nord, mais l'affaire vient enfin d'être rendue publique : un Américain de 67 ans a reconnu qu'il avait bien été espion pour la CIA dans une interview à la télévision publique allemande.

espion

Il prenait des photos grâce un appareil miniature caché dans une montre : Kim Dong-chul, un Américain condamné pour « espionnage » en  Corée du Nord avant d'être libéré en 2018, affirme vendredi avoir été un espion de la CIA.

Agé de 67 ans, cet homme d'affaires et pasteur faisait partie des trois Américains libérés en mai 2018 par le régime nord-coréen, malgré une condamnation pour « espionnage » au profit de la Corée du Sud deux ans auparavant.

Recruté après la mort de Kim Jong-il

Les trois hommes avaient été libérés à l'approche de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un.Dans un entretien accordé à la télévision publique allemande NDR, diffusé en intégralité dimanche, Kim Dong-chul affirme avoir espionné à partir de 2011 pour le compte de la CIA.

« Après la mort de Kim Jong-il (en 2011), de nombreuses rumeurs ont circulé sur les successeurs possibles et sur l'évolution future du pays », explique Kim Dong-chul, selon des extraits transmis vendredi à la presse.

La CIA a dans ce contexte décidé de le recruter, alors qu'il vivait depuis 2001 à Rason, une zone économique spéciale nord-coréenne proche de la frontière avec la Chine et la Russie, et bénéficiait d'un permis pour se déplacer à l'étranger et en Corée du Nord.

Un appareil dissimulé dans son oreille

Il était même doté, selon lui, d'une montre-bracelet grâce à laquelle il pouvait discrètement prendre des photos. Il était aussi muni d'un appareil d'écoute de grande portée qu'il pouvait dissimuler dans son oreille. Kim Dong-chul, naturalisé Américain, affirme avoir ainsi photographié des navires militaires dont la CIA ne disposait que d'images satellites.

Il détient en outre toujours des clichés, qu'il a montrés aux journalistes de NDR, de barres de zinc d'une pureté proche de 100% provenant de stocks de l'ancienne Union soviétique, que des scientifiques du programme nucléaire nord-coréen lui auraient données en échange de pots-de-vin. « J'ai approché à la fois des militaires et des scientifiques qui, je le savais, avaient besoin d'argent », explique-t-il.

Une clé USB contenant des données liées au nucléaire

En octobre 2015, il est finalement arrêté. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, il avait été interpellé au moment où il prenait possession d'une clé USB contenant des données liées au nucléaire et d'autres informations militaires.

Après six mois d'interrogatoires, il a été condamné à dix ans d'emprisonnement dans un camp de travail. Dans une vidéo réalisée par NDR, il montre plusieurs de ses doigts, endommagés d'après lui par des soldats qui les ont écrasés avec leurs bottes.

Kim Dong-chul et les deux autres Américains avaient été accueillis sur le tarmac par M. Trump, saluant le geste de « bonne volonté » du dirigeant nord-coréen.(selon AFP)

Posté par jl boehler à 03:34 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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dimanche 8 septembre 2019

Haïti : manifestations contre la pénurie de carburants

En Haïti, la pression monte face au pouvoir. Déjà très en colère contre le président Jovenel Moïse suite à une enquête pour corruption, les Haïtiens ont manifesté à Port-au-Prince contre des pénuries de pétrole qui laissent des stations d'essence à sec.

haitiLes rues de Port-au-Prince noires de la fumée des pneus enflammés par les manifestants. Les Haïtiens sont en colère face aux pompes à essence désespérément à sec. La pénurie paralyse les activités journalières et économiques.
"Nous ne pouvons pas vivre sans carburants. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités, et corriger la situation", réclame Eddy Charles, habitant de Port-au-Prince.

Le chef de l’État mis en cause

Sans essence, les taxis, par exemple, ne roulent plus. Leurs chauffeurs sans revenus, accusent le chef de l'État. Certains, comme Belance Muez, exigent qu’il se retire et "laisse le pouvoir à un autre homme capable de tenir la barre du pays". Toutefois, le président Moïse refuse de démissionner. Le litre d’essence à 3 euros au marché noir.

La croissance en 2019 devrait stagner à 1,5% comme l'an dernier. Mais l'inflation annuelle atteint 17%. Au marché noir, le litre d'essence avoisine les 3 euros, dans un pays où le salaire mensuel moyen est en dessous de 60 euros.

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haiti_penurie_nx_frame_74_1159747Des pneus enflammés jonchent les rues de Port-au-Prince

Posté par jl boehler à 08:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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