lundi 21 août 2017

Nord du Mali : la force Barkhane accusée !

Barkhane a tenté, le 13 août dernier, de désarmer les soldats de la plateforme Minusma à Tabankorte. Pourquoi ? Mystère.

Barkhane_696x464Textuellement, le porte-parole de la plateforme, Me Harouna Toureh, écrit dans un communiqué : « Les mouvements Républicains du 14 juin d’Alger tiennent à informer le peuple Malien, le gouvernement de la République du Mali et la médiation internationale des faits graves en cours en ce moment au nord du Mali, plus précisément dans le secteur de Tabankorte, lieu de cantonnement de ces combattants. En effet ce 13 août 2017 aux environs de 17h un convoi militaire de la force française Barkhane quittant Gao s’est installé entre nos positions. Aussitôt un entretien s’est engagé au cours duquel la Force Barkhane a informé les combattants de la plateforme Minusma de sa volonté de procéder manu militari à leurs désarmements. Les combattants de la plateforme ayant résisté à la tentative de désarmement, la force Barkhane fit immédiatement appel à sa force aérienne qui ne tarda pas à intervenir en ouvrant le feu sur les positions de la plateforme en même temps que sa force terrestre.

Il est à signaler que ces tentatives de désarmement forcées de Barkhane sont contraires au principe de traitement égalitaire des parties signataires que prône l’accord pour la paix et à l’article 54 dudit accord ».

Cette tentative en dit long sur les prétentions de la France, fort longtemps suspectée de raviver les braises au nord du Mali. Aujourd’hui, au sein de l’opinion, une question taraude les esprits: Pourquoi le France veut-elle désarmer, singulièrement, la plateforme ? La question a tout son sens dans la mesure où les forces françaises n’ont pas mandat à entreprendre de telle action.

La mission de Barkhane est la lutte contre le terrorisme. 

En la matière, la France a un bilan mitigé maigre, après cinq ans de présence au Mali. Le septentrion malien est le théâtre d’affrontement, et surtout d’activités de groupes des djihadistes.  Les attaques récentes le confirment, tout comme les embuscades quotidiennes et les explosions des mines dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao. Pas plus tard que le lundi dernier, neuf personnes, dont un Casque bleu togolais et cinq agents de sécurité maliens, ont été tuées lors de deux attaques distinctes contre la Minusma. Une première attaque d’ « hommes armés non identifiés » a visé des camps de la Mission onusienne à Douentza. Bilan : un Casque bleu togolais et un soldat malien ont été tués. Un autre Casque bleu a été blessé.

Le même jour, dans l’après-midi, des hommes armés ont pris d’assaut le quartier-général de la Minusma à Tombouctou. Cinq gardes et un gendarme (tous des Maliens), et un agent civil contractuel de la force de l’ONU ont été tués. En outre, un garde de sécurité malien et six Casques bleus ont été blessés, dont deux grièvement.

Six assaillants auraient été abattus lors de la riposte.

Au même moment, les hostilités entre groupes armés rivaux connaissent un regain d’intensité dans les régions du nord. Au cœur de cet embrasement, les groupes rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) qui tentent de reprendre pied dans ces localités. Aucun recours, y compris aux « barbus », n’est négligé par cette coordination pour atteindre ses objectifs. Ainsi, les rebelles de Kidal ont pu ranger Ménaka et d’autres endroits sous leur coupe. Selon des sources locales, tous les symboles de l’Etat malien sont à ce jour invisible à Ménaka. Ils ont été remplacés par ceux des Mouvements de l’Azawad.

Cet épisode, qui succède à bien d’autres, traduit la fragilité de la situation sécuritaire au nord du Mali qui se dégrade au rythme des agitations des rebelles de Kidal. Ces deniers nourrissent plus que jamais l’ambition d’étendre leur prise sur l’ensemble du Nord. Ils bénéficient à cet effet de l’appui de réseaux à l’intérieur et à l’extérieur du Mali…

 Stratégie de défense de la CMA

Au-delà, pour l’opinion malienne le doute n’est guère permis : la France a toujours été complaisante à l’égard de la Coordination des mouvements de l’Azawad. Un mouvement qui a pourtant des accointances avec les forces terroristes présentent dans le Nord. Ainsi, ils piétinent le cessez-le-feu, sans que ni la Minusma ni la France ne la rappelle à l’ordre.

A la veille de la prise de Ménaka, les forces de la Minusma et de Barkane auraient été avisées du mouvement des troupes de la CMA vers cette localité. Mais, elles sont restées de marbre.

De l’avis de nombreux Maliens, la tentative de désarmement de la plateforme s’inscrit dans la même logique de sabotage du processus de paix et de protection de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad. Sinon pourquoi vouloir désarmer ce mouvement, alors que les rebelles de Kidal sont toujours en armes ? S’interrogent ces Maliens. Au-delà, le but visé par la France serait d’imposer l’existence de Kidal comme Etat… Un Etat sous le contrôle des rebelles de la CMA. Ce jeu trouble a été découvert à la suite d’évènements qui ont suivi la libération des régions du nord, en 2013.

Les maliens ne cachent pas leur colère et ne mâchent pas leurs mots.

Dans les colonnes des journaux et/ou à travers des manifestations, des Maliens dénoncent le jeu trouble de la France. La dernière manifestation en date : sit-in des jeunes devant l’ambassade de la France, le 3 août dernier. Ce jour-là, ils étaient une centaine à dénoncer ce qu’ils appellent « la partialité de la France » dans le conflit qui opposent l’Etat malien aux groupes armés. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire « France = Mnla », « Kidal avec un autre drapeau différent de celui du Mali sous les yeux de la Minusma et de la force Serval devenu entre-temps force Barkhane ».

L'attitude du nouveau président Macron visitant ses troupes sans passer par Bamako n'a pas calmé la population.

Aujourd’hui, par complaisance, le pouvoir refuse d’accuser ouvertement Paris de soutenir la rébellion touarègue. Après cette décision unilatérale de la France de désarmer la plateforme, les Maliens espèrent que le pouvoir se réveillera (enfin) de son sommeil profond.

selon Sambou Diarra

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vendredi 18 août 2017

Les fournitures d'armes à l'Afrique, un business français

Les guerres africaines, une opportunité !

armes

La France a signé en 2016 pour 1,166 milliard d’euros de contrats d’armement avec l’Afrique qui a représenté 22,4% des livraisons d’armement de la France dans le monde, d’après un site sud-africain, qui s’appuie sur un rapport du ministère français des Armées (2017).

Livraisons d’armements de la France à l’Afrique en 2016

L’Egypte se taille la part du lion avec 1,3 milliard d’importations, un montant qui s’explique par la livraison des deux porte-hélicoptères Mistral, initialement commandés par la Russie à l’Egypte pour un montant de 950 millions d’euros.

L’Egypte est suivie du Maroc (127 millions d’euros), de l’Algérie (107 millions d’euros), du Sénégal (30 millions d’euros), du Cameroun (16 millions d’euros), du Botswana (8,5 millions d’euros), de l’ Afrique du Sud (8,3 millions d’euros), du Mali (6 millions d’euros) du Gabon (6 millions d’euros), du Togo (3 millions d’euros) et de la Tunisie (1 million d’euros).

Commandes d’armement de l’Afrique à la France en 2016

Encore une fois, l’Égypte est à la tête du classement avec des commandes d’une hauteur de 623 millions d’euros en 2016.

L’Afrique du Nord a commandé quant à elle, des équipements d’une valeur de 170,4 millions d’euros, contre 111,8 millions d’euros en 2015, poursuit DefenceWeb.

Le Maroc a ainsi commandé des équipements d’une valeur de 89,9 millions d’euros, l’Algérie pour 63,7 millions d’euros et la Tunisie pour 16,7 millions d’euros, détaille le site.

L’Afrique subsaharienne n’est pas en reste puisqu’elle a commandé pour 379,9 millions d’euros d’équipements militaires à l’Hexagone. Une hausse importante en comparaison à 2015 où elle avait acheté pour 89,6 millions d’euros de matériel.

Le Botswana a été le plus grand client, révèle le rapport, puisqu’il a acheté pour 304,2 millions d’euros des systèmes de défense aérienne (missiles Mistral et VL-Mica).

Le Nigeria arrive en deuxième position (27,6 millions d’euros), suivi par l’Afrique du Sud (20,6 millions d’euros), le Cameroun (8 millions d’euros), l’Ouganda (5,2 millions d’euros), la Somalie (4 millions d’euros) et l’Éthiopie (3,6 millions d’euros).

Les armes qui intéressent les africains

Certains pays africains se distinguent par leur achats frénétiques de frégates, sous-marins, et autres hélicoptères de combats.

Les pays qui sont dans une logique de guerre, comme le Cameroun et le Nigéria qui luttent depuis quelques années contre le groupe armé Boko Haram, préfèrent pour leurs part les armes légères, les appareils d’aviation militaire et quelques drones de combat, révèle un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) dans une étude faite sur la période 2011-2015.

La vente d’armes, un secteur florissant pour la France

Dans son ouvrage « Marchands d’armes, enquête sur un business français » (Editions Tallandier), le journaliste indépendant Romain Mielcarek, a enquêté sur le rôle de la France dans l’industrie de l’armement.

Avec 6% des ventes, la France est le quatrième marchand d’armes du monde. Et 3 % de ce business est réalisé en Afrique, quand 54 % se fait au Proche-Orient et au Moyen-Orient, indique le journaliste qui rappelle qu’avec près de 160 mille salariés, ce secteur est stratégique pour l’économie française.

Le journaliste revient sur les interventions de la France dans le monde et rappelle que les 4 mille militaires français sont actuellement déployés dans le Sahel, devenu l’un des terrains privilégiés de l’armée française pour y tester ses armes. Il souligne aussi le fait que naissent souvent des « liaisons dangereuses » avec « des pays peu recommandables ».

La France « vendeuse d’armes » trempe aussi dans de nombreux scandales, comme celui de l’Angolagate (vente d’armes à l’Angola pendant la guerre civile), qui a éclaté en 1999, rappelle l’auteur.

Des scandales qui entachent d’ailleurs régulièrement la réputation de l’Hexagone comme l’a récemment révélé la revue française “XXI” qui a consacré un dossier sur les “crimes” commis par la France en Afrique.

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry y accuse notamment Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, secrétaire général de l’Elysée auprès du président François Mitterrand au moment du génocide au Rwanda en 1994.

Saint-Exupéry qui a mené une longue enquête, et récolté de nombreux témoignages, accuse Védrine d’avoir signé un ordre qui autorisait le réarmement des Hutus -responsables de la mort de près d’un million de Tutsi-, alors que le pays était soumis à un embargo de l’ONU sur les armes.

Des propos démentis « en bloc » par Védrine qui estime dans un communiqué que ces « allégations et accusations sont fondées sur des spéculations ».

Quoiqu’il en soit, le marché de l’armement ne connaîtra pas la crise dans les années à venir, estiment les observateurs, rappelant que de nombreux pays africains vivent actuellement sous la menace de nombreux groupes armés en tout genre, aussi bien Boko Haram au Lac Tchad, que les groupes armés qui ne cessent d’attaquer populations et forces de l’ordre en RD Congo, au Mali et dans les pays du Lac Tchad entre autres (Cameroun, Nigéria, Tchad, Niger).

(selon "Le Journal du Mali")

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mercredi 9 août 2017

Vol d'armes, à répétition

Et ça continue ...

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En Côte d'Ivoire, depuis un certain temps, les mutineries et les attaques de dépôts  d'armes se reproduisent, parfois de façon très sympathique. 

Ainsi, il était 22 heures, ce 5 août, quand plus d’une vingtaine de véhicules (4×4) vitres teintées ont fait leur entrée dans la paisible ville d’ Adzopé. Les individus garent leurs véhicules devant un maquis, entrent et consomment joyeusement et en quantité avant de s’attaquer à d’autres cibles.

Le commissaire de police alerté vient sur les lieux pour essayer de comprendre qui sont ces joyeux lurons et apprécier la situation. Mal lui en prit car, après une discussion avec les types des 4×4, ce commissaire est bousculé, soulevé puis jeté dans un des véhicules, direction le commissariat où il est ligoté avec ses collègues. Les armes sont récupérées.

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Les hommes de cette colonne de 4×4 se dirigent vers un gérant de dépôt de boissons et prennent son téléphone pour qu’il ne puisse alerter personne.

Le champ est désormais libre, il est plus de minuit, toutes les pharmacies sont cassées. La station Olybia n’est pas épargnée. Des magasins pillés, des véhicules et des armes emportés. Les individus ont fait savoir au gérant du dépôt de boissons qu’ils ne s’en prennent aucunement à la population. À environ 3 heures trente, après plus de cinq heures d'amusements, les hommes quittent la ville tranquillement à bord de leurs véhicules 4×4.

Les autorités commenteront cette seconde attaque d’ Adzopé : "C’est un simple braquage !" Et pourquoi pas : "C'est un banal exercice" ? Curieuse cette nouvelle manie d’attaquer les commissariats de police et de gendarmerie, avant de dévaliser soit les agences du Trésor, soit d’autres magasins !! Peut-être des braquages émergents ? en tous cas très consensuels ! Et bientôt, ces armes gentiment volées après avoir été fournies gratuitement par le tandem Macron - Le Drian, vont-elles se retourner contre nos militaires encore toujours stationnés à Abidjan ?

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On peut d'ailleurs se demander si dans ce pays il ne se prépare pas une nouvelle guerre civile. 

Divorce entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara

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vendredi 4 août 2017

Enlèvement d'un opposant vietnamien à Berlin

Les méthodes du KGB ne sont pas mortes

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Trinh Xuan Thanh était autrefois un homme d'affaires prospère et un haut dignitaire du Parti Communiste vietnamien. Il a dirigé une filiale de la compagnie pétrolière Petrovietnam, et des entrées à un niveau élevé au sein du ministère du Commerce et de l'Industrie. Mais depuis le 16 septembre 2016, la police vietnamienne le recherchait avec un mandat d'arrêt.

Exclu du Parti !

Il y a un an, il a été déchu de son mandat de député et Tanh a dû restituer toutes ses médailles et les primes qui y étaient affectées. Plus tard il a été exclu du Parti Communiste. Les autorités lui reprochent des faits de corruption. Il lui est reproché d'avoir été "irresponsable et négligent". Il aurait réalisé pour 145 millions de dollars de détournements vers les Etats-Unis.

Agé de 51 ans, Tanh a fui en Allemagne où il a obtenu l'asile politique. Le 23 juillet 2017, il a été enlevé. Des hommes armés, devant appartenir aux services secrets vietnamiens, l'ont entraîné vers une voiture dans les allées du Tiergarten en compagnie d'une vietnamienne, et l'auraient emmené à l'étranger.  Cette dernière, blessée à un bras, a été retrouvée dans un hôpital de Hanoï.

Grave incident diplomatique

Le gouvernement allemand a rappelé tous les représentants des services de renseignement vietnamiens leur enjoignant de quitter le territoire allemand dans les 48 heures. Mardi, 1er août, le ministre des Affaires Etrangères Markus Ederer a convoqué l'ambassadeur du Vietnam. Mercredi, 2 août, le porte-parole du Foreign Office a déclaré que l'incident était "une violation sans précédent du droit allemand et du droit international". 

En effet, en marge du sommet du G-20 à Hambourg, la délégation vietnamienne, conduite par le premier ministre Nguyen Xuan Thanh, avait affirmé publiquement que Tanh a été arrêté à Hanoï, ce qui est tout simplement impossible.

14 000 vietnamiens à Berlin

Près de 90 000 vietnamiens vivent aujourd'hui en Allemagne, dont 14 000 à Berlin. Une forte communauté est également établie dans les districts de l'est (Lichtenberg, Marzahn-Hellersdorf). Ceux-ci vivent discrètement et redoutent les représailles dûes à la conduite de leur gouvernement.

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jeudi 3 août 2017

Colombie : Les Koguis de la Sierra Nevada

Une communauté vulnérable

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Cette étendue montagneuse côtière, la Sierra Nevada, est la plus élevée au monde avec le pic de Christophe Colomb qui culmine à 5 775 mètres d’altitude et celui de Simón Bolívar qui atteint 5560 m d’altitude, cette région colombienne située entre les départements de Magdalena, Cesar et Guajira abritent aujourd’hui encore des peuples natifs parmi lesquels les Koguis, les Arhuaco et les Wiwa Kankuamo.

Ce parc naturel connu sous le nom Teyuna, « Cité perdue« , est le berceau de la civilisation Tayrona, culture indigène précolombienne louée pour son sens technique (comme ses terrasses creusées à flanc de montagnes ). La découverte de la Ciudad Perdida a été faite en 1976 par un groupe de chercheurs. Le parc a été déclaré Réserve de la biosphère par l’UNESCO en 1979 compte tenu de son réseau d’écosystèmes qui abritent d’innombrables formes de vie et abritent plusieurs communautés autochtones.

La communauté kogui occupe la partie nord de la Sierra Nevada, dans les vallées des rivières Don Diego, Palomino, San Miguel et Ancho. Ses membres vivent dans des maisons rondes appelées Bohios et sont régis sous l’autorité du Mamo, un vieil homme qui incarne la sagesse ancienne et qui représente le pont entre le spirituel et le terrestre.

La Sierra Nevada de Santa Marta est le cœur de plusieurs écorégions, lesquelles varient avec l’altitude; difficile d’accès, certains téméraires, ayant le goût de l’aventure et de l’effort, se risquent néanmoins à pénétrer ( à coup de plusieurs jours de marche) dans la selva, la forêt tropicale, pour contempler la fascinante Teyuna, le site archéologique le plus impressionnant de Colombie et l’un des plus beaux patrimoines d’Amérique du Sud.

L’année dernière, malgré la rudesse des lieux, environ 20 000 voyageurs de 85 nationalités ont foulé les lieux. Ce sont 150 hectares, dont 20 ont été fortement conditionnés par l’Homme : terrasses, murs, des escaliers et des canaux révèlent des complexes urbains importants.

Les communautés indigènes peuplant cette région reculée du pays sud-américain restent vulnérables, ainsi en mars dernier, l’Institut national de la santé (NIH) a confirmé que onze membres de la communauté indigène kogui dans la Sierra Nevada de Santa Marta (nord) ont perdu la vie victimes d’infections virales respiratoires aiguës.

Bien que l’épidémie de grippe ait été contrôlée et une équipe médicale ait été dépêchée sur place pour procéder à la vaccination de la communauté impactée, le groupe d’épidémiologistes qui s’est rendu alors sur place dans la région a également enregistré des conditions nutritionnelles difficiles, ces populations autochtones se nourrissant essentiellement d’hydrates de carbone.

La résistance des Koguis envers la médecine occidentale les expose par ailleurs à un plus grand risque sanitaire, a déclaré un conseiller juridique de la communauté. « C’est une communauté très traditionnelle, une population d’environ 200 personnes qui préservent une grande partie de sa culture traditionnelle », a déclaré Arquímedes Arias à l’occasion de cette épidémie.

« Il s’agit d’une population vulnérable […] À l’heure actuelle la communauté se nourrit de canne à sucre, de bananes et d’oiseaux sauvages », a souligné la responsable Dusakawi, Danit Bacina Izquierdo demandant aux institutions publiques, aux organisations internationales, au secteur privé et communautaire, une aide humanitaire afin d’assurer l’amélioration de la sécurité alimentaire de cette population et une meilleure offre de soins.

Les autorités colombiennes ont bien compris la richesse de ces cultures ancestrales, la tradition orale et les connaissances des Koguis sont quelques-uns des points qui font partie du savoir-faire ancestral de cette population autochtone, des manifestations culturelles uniques qui sont incluses depuis cette année sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de la Nation.

À l’heure actuelle, plus de 100 000 autochtones habitent cette région d’une grande richesse culturelle et naturelle pour le pays; confrontés à la perte de leurs terres, au narcotrafic, au conflit armé, ou encore à la maladie, ils restent un témoignage vivant et fragile du lien qui unit l’homme à la Nature.  La montagne des Koguis représente le centre du monde, un être vivant, la Mère nourricière, celle qui leur a donné la vie, celle qu’ils respectent plus que tout. (Aline TIMBERT, ActuLatino)

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dimanche 16 juillet 2017

Chine : les investissements portuaires, nouveaux avant-postes en Europe

La puissance commerciale de la Chine est en pleine expansion : elle investira 20 milliards de dollars principalement dans les ports en Asie du Sud et dans le nord de l'Europe dans les ports.

chineL'investissement commercial des entreprises chinoises à l'étranger ne se limite plus aux entreprises à technologie développée. Il s'étend de plus en plus au commerce maritime. De juillet 2016 à juin 2017, les entreprises chinoises ont annoncé des plans pour l'acquisition ou le développement de ports à l'étranger pour un montant de 20,1 milliards de dollards, selon une étude de la banque d'investissement basée à Londres Grisons Park. Le port de Hambourg est l'actuel objectif chinois.

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois précédents (9,97 milliards de dollars de juillet 2015 à juin 2016). Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant n'est pas encore chiffré.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports en Malaisie, d'autres projets sont en cours en Indonésie et au Sri Lanka.

Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les projets de la Chine, selon les experts et devrait être économiquement compétitive vers 2035.  

Cela signifierait un doublement par rapport aux douze mois auparavant, où ont annoncé des investissements selon ide les estimations du journal se sont élevées à 9,97 milliards de dollars. Le rythme de l'expansion de la Chine dans le transport maritime international pourrait être encore plus élevé. Au cours des douze derniers mois, les entreprises chinoises ont demandé le journal des investissements supplémentaires dans d'autres ports étrangers en vue, dont le montant ont, mais non chiffrée.

La majeure partie de l'investissement est réalisé en Asie du Sud. dans les ports seuls en Malaisie Chine met donc plus de 11,5 milliards de dollars américains: dans la porte d'entrée Melaka 7,2 milliards, dans le Kuala Linggi-Port 2,8 milliards, dans le port de Penang 1,4 milliard et dans le port Kuantan 177 millions de dollars américains. D'autres projets sont en Indonésie et au Sri Lanka.

La route du Grand-Nord

arctique

Apparemment, une route maritime joue un rôle stratégique dans les plans de la Chine (selon les experts, le passage du Nord au large de la côte russe à travers l'océan Arctique) devrait être économiquement compétitif en 2035. Dans ce but, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique, et a un programme. de pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ainsi, l'opérateur portuaire China Merchants a investi dans le port lituanien de Klaipeda, ce qui est favorable pour les routes de transport à travers l'Arctique. donne également le journal des pourparlers sur l' investissement dans le port norvégien de Kirkenes et deux ports en Islande.

Ailleurs en Europe, la Chine est un investisseur important dans les ports. La compagnie maritime chinoise Cosco a acheté environ les deux tiers du port du Pirée (Athènes) pour environ 370 millions d'euros. Cette acquisition a été réalisée au printemps 2016.

Jeudi, la Chine a présenté des plans pour construire un troisième terminal à conteneurs entièrement automatisé dans le port de Hambourg. Le syndicat Ver.di a annoncé une opposition ferme au projet. De plus, en Allemagne et en Europe, la préoccupation à propos de l'achat des entreprises technologiquement avancées par la Chine se développe. Le gouvernement fédéral a mis cette semaine son veto pour protéger ses infrastructures. Cela devrait permettre d' éviter la migration d'un savoir-faire d'importance. La Commission européenne a annoncé en mars  une session pour examiner les acquisitions par des investisseurs extérieurs à l'Union européenne.

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jeudi 13 juillet 2017

Guillaume Soro, le nouvel ami africain de Macron

Soro, chargé d'instruire Ferrand ?

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La République "En Marche" vient de tenir son premier grand congrès. Alors c'est normal, on invite des personnalités étrangères amies ... comme Guillaume Soro, président de l'assemblée nationale de Côte d'Ivoire.

On sait le poids que peut avoir la France sur la nomination ... pardon, l'élection (ma langue a fourché) des chefs d'Etat africains. Voyez la place prise par Sarkozy en 2011 pour le "couronnement" d'un certain Alassane Ouattara. Et il se dit que Guillaume Soro ambitionne la présidence dans son pays à l'horizon 2020. Ne vient-il pas, comme Macron, de créer son propre parti !

On pensait malgré tout ce genre de pratique terminée. Il semble qu'il n'en est rien. Mais que penser lorsqu'on sait que Guillaume Soro est impliqué dans de nombreuses affaires, y compris en France où un juge d'instruction l'attend toujours pour l'entendre dans des affaires d'enlèvement, de séquestration ou d'esclavagisme. Excusez du peu. Mais voyez la video ci-dessous ! Mieux qu'un long discours !

Mais peut-être a-t-il été invité par certains responsables LREM pour qu'il leur explique comment échapper à la justice ?

Quand le parti d'Emmanuel Macron adoube Guillaume Soro...

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jeudi 6 juillet 2017

Affaire Kieffer : vers de nouvelles pistes ?

Un rôle joué par la Guinée-Bissau ?

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Cinq pages de révélations surprenantes, et ce n'est pas fini ! Les prochains numéros de "L'éléphant déchaîné" nous réservent encore des surprises. Jusqu'à maintenant, tout le monde s'était accordé sur le fait que l'enlèvement et l'assassinat  de Guy-André Kieffer était lié à la corruption ambiante dans la filière café-cacao. Oui mais voilà ! De nouvelles pistes sont évoquées (au moins quatre) dont la plus importante est la Guinée-Bissau. D'ailleurs, "l'éléphant déchaîné" arrive à la conclusion :  "Enfin Guy André Kieffer (GAK) travaillait sur le paiement des salaires, par le régime Gbagbo, à hauteur de 1,5 milliard de FCFA, des fonctionnaires de la Guinée Bissau, en mars 2004. « L’Eléphant» est en mesure d’affirmer aujourd’hui que c’est cette dernière enquête dont beaucoup de confrères ont déjà parlé, qui a emporté le journaliste." Une sombre histoire de 18 millions de dollars, donnés par un pays exsangue à un pays voisin, pour payer les salaires de ses fonctionnaires. On croit rêver. Et celle-ci arrive le jour où Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères, délègue à Abidjan ses deux "spécialistes" de l'Afrique, Nathalie Delapalme et Bruno Joubert. Curieux, au point qu'on se demande si cette affaire n'est pas franco-française, et n'aurait rien à voir avec la Côte d'Ivoire. A ce titre, il serait intéressant de savoir d'où venaient ces 18 millions de dollars : de l'Etat français ? du trafic d'armes ? ou d'autres filières encore ?

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La thèse de l'assassinat commandité par Simone Gbagbo est de plus en plus mise à mal. Quand bien même aujourd'hui, pour des raisons d'opportunité le régime Ouattara la maintient derrière les barreaux. Il est vrai que le beau-frère de la première dame, Michel Legré, qui devait rencontrer Kieffer le jour de son enlèvement est aujourd'hui décédé et ne témoignera plus. L'article de "l'éléphant déchaîné" conclut par ailleurs : "Pourquoi avec toutes les informations très précises et très rapidement obtenues, les autorités françaises, notamment celles du Quai d’Orsay, ont-elles fait preuve d’une incroyable mollesse dans le traitement du dossier de la disparition de Guy André Kieffer?" Plus d'éclaircissements dans un prochain numéro.

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mardi 4 juillet 2017

Allemagne : ce sont les plus faibles qui paieront l’ardoise

La précarité des personnes âgées devient un problème majeur dans la société allemande. Les beaux chiffres de l’économie ont un prix – que payent les plus démunis.

Une étude menée par les instituts de recherche sur le monde économique DIW et ZEW tire la sonnette d’alarme. L’Allemagne se dirige vers une précarité des retraités qui menace un nombre croissant de personnes – et cette évolution est le résultat de différentes mesures prises dès les années 90 pour combattre le chômage. Si, à l’époque, ces mesures avaient un certain succès, elles conduisent un retraité sur cinq vers la précarité. Le « modèle allemand », à bien y regarder, n’est pas aussi efficace qu’on ne puisse le penser.

vieux

Dans les années 90, l’Allemagne avait mis en œuvre des mesures visant à réduire le chômage, comme les « mini-jobs » (avec un salaire ne dépassant pas les 400 €, mais faisant « disparaître » les personnes concernées des statistiques du chômage). Après, l’Allemagne a connu « l’agenda 2010 », qui introduisait les « jobs à 1 euro », le tristement célèbre « Hartz IV » (une sorte de RMI) et toutes les personnes qui « bénéficiaient » de ces mesures, sont concernées par cette précarité des personnes âgées.

A partir de 2036, un nombre croissant de personnes concernées arriveront à l‘âge de la retraite – et resteront condamnées à ce minimum de survie qui est le « Hartz IV », pas assez pour vivre, trop pour mourir, loin d’être assez pour mener une vie digne pourtant garantie par l’article 1 de la constitution allemande.

Actuellement, pour les personnes atteignant l’âge de la retraite, le risque de précarité augmente de 16,2% à 20,2% – et cette précarité est définie par les institutions internationales comme suit : « Est menacée de précarité toute personne disposant de moins de 60% du revenu médian de la population ».

Mais que vaut une société qui laisse ses vieux en rade ? Que vaut une société qui accepte qu’un cinquième de ses personnes âgées végètent à l’âge de la retraite sans pouvoir participer encore à la vie de société ? Il faudra absolument revoir cette politique d’exclusion qui touche déjà trop de groupes de la population. Une politique sociale digne de ce nom doit assurer un revenu minimum correct aux personnes âgées – un dossier à revoir rapidement. Et un avertissement à tous ceux qui pensent qu’il faille suivre « l’exemple allemand » – les formidables chiffres présentés depuis des années, ne dévoilent pas toute la vérité… (selon "eurojournalist")

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samedi 1 juillet 2017

Brouteurs.com

La troisième saison de "Brouteurs.com" arrivera en novembre sur la télévision ivoirienne et sur TV5Monde.

brouteurs1

Le destin du réalisateur est lié à celui des brouteurs. En 1998, alors qu'internet en était encore à ses balbutiements en Afrique, Alain Guikou, qui n'imaginait pas alors faire du cinéma, tenait un des premiers cybercafés d'Abidjan, à Yopougon, un des deux grands quartiers populaires de la capitale économique ivoirienne.

"J'avais un client particulier qui passait sa journée à envoyer des mails, à passer des coups de téléphone. Il me faisait la recette quotidienne", raconte-t-il. L'homme était en réalité un brouteur, un cyber-escroc à la sauce ivoirienne.

"Il voulait absolument pouvoir venir 24/24h, 7/7j. Il m'a même offert 500.000 F CFA par mois (760 euros)", une somme importante pour le pays.

Selon Alain Guikou, ce "client" coule désormais des jours heureux en Europe, où il a disparu après avoir fait fortune en délestant des "pigeons" de leur argent...

Le phénomène s'est amplifié dans les années 2000 pour devenir une sorte de spécialité ivoirienne, même si le Nigeria et le Cameroun ont aussi leurs cyber-aigrefins.

Propositions de mariages, d'investissements, usurpations d'identité, fraudes à la carte bancaire, fausses factures, affaires louches... Les arnaqueurs, souvent qualifiés d'arnacoeurs, rivalisent d'imagination pour leurs escroqueries. Des scénarios qui constituent autant d'épisodes de Brouteurs.com.

"C'est un peu comme quand Al Pacino rencontrait les mafieux de New-York pour s'en inspirer. Les mecs étaient fiers de lui raconter leurs histoires. Ici aussi, ils sont fiers de me raconter ce qu'ils font", assure ce fan des films de mafia, qui raconte qu'aujourd'hui certains "sont prêts à (le) payer pour apparaître" dans la série.

Le parc Banco vendu à prix d'or 

banco

Après le succès d'une première série policière (Signature, 2007), l'autodidacte Alain Guikou débute en 2010 le tournage des 26 premiers épisodes de "Brouteurs.com" avec des budgets maigrelets, qui s'étoffent avec le succès.

"On m'a même raconté qu'au Canada, la diaspora africaine se rassemble pour regarder la série", assure l'un des acteurs de la série, Franck Vléhi.

Avant d'incarner Géraud, l'escroc en chef, Franck Vléhi a rencontré un des brouteurs mythiques du pays dont la légende veut qu'il ait vendu le Banco, le parc national protégé situé dans Abidjan, à un Qatari pour "8 milliards de F CFA" (12,2 millions d'euros) !"

"Je voulais comprendre leur psychologie", affirme l'acteur. "Il m'a dit : +quand tu pars à la pêche et que tu veux pêcher un tilapia, un ver de terre suffit. Mais quand tu veux pêcher un requin, il faut carrément le capitaine (gros poisson des eaux africaines) !+"

"Arrivée en jet privé au Qatar, vêtu de blanc ! Suite dans un hôtel de luxe... Il (le brouteur) s'est fait passer pour un riche héritier ivoirien" faisant du business.

Dans la série, Géraud escroque dès la saison 1 un riche Saoudien de 400 millions de F CFA (610 00 euros).

Honte, ruine, suicide

brouteurs

L'actrice Aurélie Eliam, qui tient le rôle du lieutenant de police Cynthia, a elle-même eu à souffrir des brouteurs.

En 2008, des arnaqueurs se sont servis d'anciennes photos d'elle posant comme mannequin pour "appâter" des amoureux argentés.

"Un monsieur a failli porter plainte contre moi auprès d'Interpol... Je me suis aperçue qu'on parlait de moi sur un forum: +Aurélie Eliam, actrice et arnaqueuse+ On disait que j'avais volé plusieurs milliers d'euros", explique-t-elle.

On voit souvent les arnaques comme "une histoire marrante", souligne Alain Guikou qui rappelle toutefois les conséquences tragiques pour les victimes, de la honte à la ruine et même parfois au suicide.

"Un jour, je me suis retrouvé au maquis (restaurant populaire) avec un brouteur qui s'esclaffait à propos d'un pigeon qu'il avait au téléphone: +Ecoute ça, le Mugu (victime) est en train de pleurer !", raconte le réalisateur.

En braquant les projecteurs sur ces arnaques, la série a eu un effet collatéral: certains brouteurs craignent désormais de se faire démasquer.

"Quand j'étais en vacances à Washington DC", raconte ainsi Franck Vléhi, "un mec" l'ayant reconnu lui a glissé à l'oreille: "+Maintenant arrêtez de dévoiler nos plans ! ça nous tue et ça tue notre business !+"

 selon AFP

 

Posté par jl boehler à 00:53 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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