dimanche 8 décembre 2019

Les Polonais défendent leurs juges

Un interminable bras de fer

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Dimanche dernier, les Polonais des villes sont descendus nombreux dans les rues pour défendre leurs juges, effectivement de plus en plus menacés par les tentatives obstinées du pouvoir national-populiste de les mettre au pas de l’exécutif, et d’en faire autant que se peut un instrument malléable. 4 années que cela dure, avec aujourd’hui une belle mobilisation des citoyens. En Pologne, les juges et le droit sont marqués au corps, comme on dit au rugby.

C’est une vieille histoire, déjà. Le gouvernement PiS avance ses pions, avec obstination, depuis presque 5 ans maintenant. Et il se heurte à une opposition consciente et résolue – bien que minoritaire : la société polonaise est clivée, toujours davantage, semble-t-il. Ville versus campagne, et dans les grandes villes mêmes, bourgeoisie branchée relativement europhile versus classes inférieures/moyennes… Mais le PiS demeure largement majoritaire, à cause de de cela précisément. La situation est donc plutôt bloquée.

Les juges polonais, en tout cas, font toujours davantage l’objet de contrôles serrés, y compris de contrôles fiscaux impromptus et arbitraires. Plus encore, le parti populiste au pouvoir, le PiS (« Droit et Justice »!) a concocté d’ingénieuses procédures disciplinaires qui peuvent aboutir à des suspensions, et même à des radiations. Le but n’est nullement d’atteindre à davantage de rigueur dans l’exercice de leur profession par les juges ; globalement, on ne voit pas ce qu’on pourrait reprocher aux magistrats polonais – pas davantage qu’à ceux de certains pays plus à l’ouest, par exemple… Non, leur but, c’est bel et bien d’articuler le législatif avec l’exécutif, national-conservateur, pour en faire un instrument de ce dernier.

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Dimanche dernier, des milliers de personnes (environ 2000 à Varsovie) sont descendues dans les rues pour défendre leurs juges, et avec eux, le droit lui-même. Ils savent bien que la soumission des magistrats aurait pour conséquence l’effacement et peut-être, la disparition des droits et de l’Etat de droit. On est d’ailleurs frappé par la différence avec les manifestations qui ont marqué les esprits en 2017, sur le même thème et avec les même revendications de défense de la justice : il y a 2 ans, les Polonais étaient beaucoup plus nombreux dans les rues, peut-être 35 000 au total, et tenaient des chandelles qui formaient symboliquement une route de lumière en ces temps de menaces et de ténèbres.

Le motto de ce dernier weekend était en somme : « Nous sommes la nation, et nous soutenons les juges ! » et comme depuis que les menaces sur l’État de droit se sont précisées (à partir du moment où le PiS s’est senti solide, hélas, sur sa base populaire et électorale), le mot Konstitucja (Constitution) ! pouvait se lire partout.

Les Polonais  plus si jeunes et ceux d’entre eux qui bénéficient de la meilleure mémoire se souviennent des combats contre le stalinisme et pour la liberté ; ils se souviennent des temps héroïques de Solidarność (qui hélas, a beaucoup changé depuis 1989!). Actuellement, ils ont la puissante impression de revenir à la case départ… Désespérant ? Non, il en faudrait plus que cela. Et la pression des institutions de l’Union européenne ne faiblit pas. C’est bien heureux pour ce pays qui, malgré ce que projettent les expectorations ultra-nationalistes qu’on y inflige sans cesse aux citoyens d’esprit ouvert, a fait un bond en avant impressionnant après son adhésion à l’UE, en 2010.

Comme dans d’autres pays d’Europe Centrale, la tâche est rude pour l’UE  : il s’agit de séduire derechef les Polonais, tout en restant intransigeant quant aux principes du droit.Quitte a parâtre arrogant ou méprisant. Rude tâche, oui. (Marc Chaudeur, "Euro-journalist")

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dimanche 1 décembre 2019

Comment l'Inde s'empare du Cachemire

Le gouvernement indien a affirmé, mercredi 20 novembre, que la situation était revenue à la “normale” au Cachemire, région himalayenne coupée du monde depuis le 5 août. Le 2 novembre, il avait publié une nouvelle carte affirmant la souveraineté de l’Inde sur les parties actuellement sous administrations pakistanaise et chinoise. Pourquoi ce vaste espace est-il aussi disputé ? Quelles sont les revendications de chaque pays ? Réponses en cartes et en textes.

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Le Cachemire est aujourd’hui l’un des imbroglios territoriaux les plus complexes de la planète. Mercredi 20 novembre, le ministre de l’intérieur indien, Amit Shah, a prétendu devant le Parlement, à Delhi, que la situation était “normale” sur place, “contrairement à une idée répandue”. Ces propos, rapportés par l’Indian Express, sont démentis par la population locale, qui vit pratiquement coupée du monde depuis le 5 août 2019.

Une bonne partie des téléphones portables sont toujours sans réseau et Internet reste coupé. Pour le Pakistan, cette région himalayenne a vocation à passer sous son giron, du fait de sa population majoritairement musulmane. En Inde, le Cachemire est un symbole destiné, d’après les nationalistes hindous aujourd’hui au pouvoir, à être reconquis pour former ce que ceux-ci appellent “l’Inde intégrale” (Akhand Bharat).

Pour comprendre comment on en est arrivé là, notre cartographe, Thierry Gauthé, a conçu les cartes ci-dessus, en collaboration avec Guillaume Delacroix, correspondant de Courrier nternational à Bombay.

Une région disputée depuis plus de soixante-dix ans

Tout démarre en 1947, lorsque l’Inde devient indépendante du Royaume-Uni. Les Britanniques donnent alors le choix aux multiples princes des “Indes” : rallier l’Inde ou le Pakistan, ou encore opter pour l’indépendance. Le Cachemire, dont la population est à 80 % musulmane, est dirigé par un maharajah hindou, et celui-ci refuse d’opter pour le Pakistan. Le Pakistan réagit alors en coupant les routes entre le Cachemire et l’Inde. Une action qui pousse le maharajah à appeler l’Inde à l’aide. Delhi accepte, mais à une condition : que le Cachemire lui fasse allégeance. Le maharajah obtempère. Peu après, l’armée pakistanaise investit la région. Le 1er janvier 1949, l’ONU impose finalement une ligne de cessez-le-feu qui deviendra plus tard la ligne de contrôle, en actant le principe d’un référendum d’autodétermination que l’Inde renoncera finalement à organiser. Une partie de l’ancienne principauté forme, depuis 1950, deux États de la fédération indienne : le Jammu-et-Cachemire. (selon Guillaume Delacroix, "Le Courrier international")

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jeudi 28 novembre 2019

Togo : Faure Gnassingbé joue la Russie contre la France

Tout s'est joué au sommet Russie-Afrique tenu à Sotchi

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Le Togo, tout comme 39 autres pays d’Afrique a participé du 22 au 24 Octobre dernier au sommet Russie Afrique tenue à Sotchi. Ce sommet continue de parler de lui, suscite des réactions et des réflexions. C’est vrai que pour un nombre important de Togolais, ce sommet est comme tous les autres sans incidences ni retombés directes sur les populations. Oui cela peut être une évidence, mais pour des analystes politiques, le sommet de Sotchi risque d’avoir des conséquences politiques très grave sur le Togo. Le 4ème mandat de Faure Gnassingbé pourrait être gravement négocié là-bas.

En organisant son premier sommet avec l’Afrique, Moscou met en avant la coopération militaire et de défense. Pour des experts, Moscou de Poutine se pose en défenseur de la stabilité du continent, en proie à des mouvements de contestation et au terrorisme. Ce sommet qui, durant deux (2) jours, a réuni plus d’une quarantaine de chefs d’État africains est un pari gagné par Vladimir Poutine. Le pari selon lequel, marquer le retour en force de l’ancienne puissance communiste sur le continent africain. Selon les conclusions issues de la rencontre, le président russe a promis de doubler dans les cinq ans à venir les échanges commerciaux avec l’Afrique. En 2018, ceux-ci ont été évalués à 17 milliards de dollars, bien loin des échanges commerciaux avec l’Europe (275 milliards de dollars) et avec la Chine (200 milliards de dollars). Mais outre le côté économique de la chose, qui d’ailleurs reste à vérifier, il est temps de se plancher sur le côté politique de la rencontre. Si chacun des chefs d’Etat participant à sa petite idée dans la tête, ce n’est pas le président togolais qui serait le saint. Le sommet Russie Afrique, il y a le visible mais aussi les non-dits. Il y a les évidences et les analyses.

Très longtemps effacée de la scène, la Russie après s’être imposée en Europe, veut s’attaquer à l’Afrique, et ce, par tous les moyens. Et cela fait visiblement craindre. De l’URSS à la Russie actuelle, Il n’est un secret pour personne que le régime est totalitaire pour ne pas dire dictatorial. C’est le président ou rien, Poutine est le seul maitre. Et dans cette logique, il compte emmener d’autres dirigeants, surtout africains. Les présidents africains, la plupart étant des accros au pouvoir pourraient facilement se faire enrôler par la Russie de Poutine qui se donnerait le plaisir de les porter sur ses ailes. Il y en a qui n’ont aucune intention de quitter le pouvoir, et pour ça, ils sont capables de tout. Et si dans ce cas, on pourra compter sur une force externe ou étrangère de la trempe de la Russie, ce serait l’ouverture du boulevard pour les mandats illimités. La présence de la Russie en Afrique représente un risque et la France le sait : ‘’l’influence grandissante de la Russie dans un pays d’Afrique francophone, pré carré de la France, inquiète Paris. « Il y a eu un certain effet d’optique ces derniers mois avec l’apparition d’une présence russe en Afrique francophone à laquelle on n’était pas habitué, explique Igor Delanoë, Directeur-adjoint, Observatoire franco-russe. Moscou a profité d’une brèche ouverte en 2017 par l’allègement de l’embargo décidé par l’ONU [contre la Centrafrique] pour mettre un pied là où elle avait déjà une forme de présence », a détaillé Arnaud Kalika, spécialiste de l’Afrique.Des dictatures africaines ont déjà ouvertement le soutien de la Russie, et le cas du Togo ne pourrait être écarté.

Poutine et le 4ème mandat de Faure Gnassingbé…

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S’il y a un sujet qui divise l’opinion depuis un moment, c’est sans doute la question politique, notamment celle liée à un quatrième mandat de Faure Gnassingbé à la tête du Togo.Et sur ce sujet, même les puissances comme la France ne s’est pas encore prononcée puisque dans les pays francophones, l’histoire a fini par montrer que c’est la France qui choisit les dirigeants. La France pour peut-être faire semblant de satisfaire le peuple togolais tout en protégeant ses intérêts, peut demander à UNIR de présenter un autre candidat que Faure Gnassingbé. Mais, avec l’ivresse du pouvoir dont fait preuve le locataire du palais de la marina, doublé de la présence de la Russie qui inquiète la France, les donnes risquent de changer.Qu’est-ce que cela donnerait si on veut faire une petite réflexion sur le Togo. Aujourd’hui, le destin politique de Faure Gnassingbé est dans les mains de la France. Et selon des analystes, le président togolais, dans le but d’assouvir sa gourmandise pour le pouvoir, peut s’offrir les garanties de la Russie de Poutine si jamais la France change de langage. Les scénarios possibles…, soit la France joue avec Faure Gnassingbé et garde ses intérêts qui sont au même moment menacé par la Russie, une chose qui sera visiblement difficile puisque cela risque de ne pas durer et la France perdra tout au profit de la Russie. Soit la France montre son refus catégorique pour un quatrième mandat tout en protégeant aussi ses intérêts et soutenir un candidat de l’opposition. Ou le troisième scénario, s’y prendre tôt pour couper l’herbe sous les pieds de Faure Gnassingbé.Dans toutes les situations, il risque de se poser une question de rapport de force entre la France et la Russie.

La Russie veut des territoires, et le Togo ne sera pas son premier. Pour exemple, en janvier 2019, lors d’un discours officiel, Alexandre Bregadzé, ancien ambassadeur de la Russie en Guinée-Conakry, a soutenu ouvertement le projet de révision de la Constitution qui pourrait permettre à Alpha Condé de se représenter pour un troisième mandat. « Les Constitutions ne sont ni des dogmes, ni la Bible, ni le Coran. Elles s’adaptent à la réalité. Nous vous soutenons, Monsieur le président, la Guinée a besoin de vous », avait-il déclaré. Si la Russie soutient Alpha Condé dans cette forfaiture, rien ne pourra l’empêcher au Togo. Faure Gnassingbé a besoin de soutien, et si ça proviendrait de la Russie, il ne peut que dire ‘’благодаря путину’’ (merci à Poutine). Mais, même si la Russie peut garantir un quatrième mandat à Faure Gnassingbé, c’est sans compter avec la détermination et une aspiration d’une jeunesse africaine plus favorable aux alternances et aux valeurs démocratiques. La Russie en a déjà fait les frais au Soudan avec le renversement d’Omar el-Béchir pourtant proche de Moscou. Et la jeunesse togolaise en est une puisqu’elle développe de plus en plus l’idée d’une alternance à la tête du pays. En clair, la France peut proposer, la Russie peut reproposer, mais c’est le peuple qui décide. Le quatrième mandat de Faure Gnassingbé, c’est le peuple qui décidera, même s’il se joue entre la France et la Russie. (Richard Aziague, Source : L’Indépendant Express)

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mercredi 20 novembre 2019

La Hongrie, bientôt une colonie russe ?

Poutine chez Orban pour la neuvième fois

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L’appartenance de la Hongrie national-populiste à l’Union Européenne pose de plus en plus problème. Les relations d’Orbán avec son ami Poutine, en revanche, vont très bien, merci, comme en témoigne la visite de Poutine à Budapest avant-hier mercredi : relance d’un chantier nucléaire, faveurs prodiguées par Gazprom et par la russe et fort louche Banque Internationale d’Investissement,… Les années qui viennent ne manqueront décidément pas d’intérêt et de suspens.

Depuis 2012, Poutine a eu… 9 entretiens avec Viktor Orbán (11 avec Angela Merkel, à titre de comparaison) et 8 fois avec les dirigeants chinois, les grands présents en Europe centrale et orientale. Significatif, bien sûr : contrairement aux dénégations d’Orbán, la Hongrie est devenue le rossignol du Tsar Poutine en Europe. Et il ne s’agit nullement là d’une relation d’égale à égale, bien évidemment. La Russie exporte son gaz en Hongrie, pays de passage du gazoduc Turkstream, qui traverse les Balkans et la Bulgarie jusqu’à la Slovaquie ; et les deux pays ont signé des accords commerciaux importants. Le tout représente 6 milliards d’euros.

Les échanges ont donc repris de plus belle entre la Russie et son ancien satellite hérissé d’épines, 5 ans après l’annexion de la Crimée par Moscou – occasion alors pour la Commission européenne de lui infliger des sanctions. Orbán déclare qu’il ne voit pas pourquoi il s’interdirait une « coopération politique » avec Poutine, bien que la Hongrie soit membre de l’UE et de l’OTAN… Il est vrai que les deux dirigeants partagent une conception très autoritaire et ultra-conservatrice de la politique, et s’entendent ainsi comme larrons en foire.

Mais l’opposition ne voit pas les choses de cet œil. Gyurcsány Ferenc, homme politique de gauche (plutôt controversé par ailleurs, à cause de déclarations mensongères durant la campagne électorale du printemps 2006), qui fut Premier ministre et qui dirige actuellement la Coalition démocratique (un parti issu d’une scission avec le Parti socialiste) estime que pour la Russie, la Hongrie ne peut être se hausser au niveau de la Russie, mais devenir plutôt, selon sa formule pertinente et frappante, « un vassal vulnérable » (https://courrierdeuropecentrale.fr). Le maire écologiste de Budapest,lui, tout récemment élu, Karácsony Gergely, pointe avec virulence l’inclination d’Orbán pour les chefs d’Etat qui maltraitent les journalistes, fomentent des guerres et empêchent toute vie politique vraiment démocratique des citoyens. Et le parti de Karácsony, Parbeszed, enfonce le clou : il rappelle qu’est prévu l’élargissement de la centrale nucléaire de Paks, au centre du pays, décidé autoritairement en 2014 par le Premier ministre hongrois sans consultation aucune des citoyens (certes,on connaît bien cela dans d’autres pays!). Coût du chantier : 12,6 milliards d’euros pour 2 réacteurs tout beaux et tout neufs ; 10 milliards proviendront… d’un prêt russe, ce qui ne rassure personne, pas davantage que l’objet même de cette opération.

Autre motif majeur de préoccupation : l’installation à Budapest de la IIB (Banque internationale d’investissement), notoirement et intimement liée aux services secrets moscovites… Un vieille histoire, qui demeure cependant toujours neuve ! Fin septembre, aux Etats-Unis, des sénateurs ont même fait part de leurs préoccupations à l’ambassadeur américain à Budapest et rappelé les relations déjà anciennes de cette banque avec le SVB (les services secrets extérieurs russes). Mais il y a mieux encore : l’implantation de la BII avait déjà fait l’objet, le 4 mars dernier, d’une Question avec demande de réponse écrite à la Commission européenne (E-001140-19). 4 députés membres du groupe européen ALDE ( libéraux, aujourd’hui Renew), font remarquer dans le texte que la majeure partie du capital de la BII est détenue par un petit nombre d’Etats membres, et que l’implantation à Budapest soulève des inquiétudes « quant à la politique de la banque en matière de concurrence et de blanchiment ». Car en effet, l’accord entre Budapest et BII permet des privilèges et immunités, qui sont potentiellement incompatibles avec la législation européenne… et avec l’organisation de la lutte européenne contre le blanchiment !

Voilà qui promet de beaux jours… L’Union Européenne, en tout cas, doit absolument faire preuve de clarté et exprimer nettement ce qu’elle attend du Fidesz et du gouvernement de Viktor Orbán. (selon Euro-journalist)

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dimanche 10 novembre 2019

Angela Merkel exhorte l'Europe à défendre ses valeurs

Samedi, à l'occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin, la chancelière a rappelé que le modèle de démocratie libérale est de plus en plus mis en cause. Elle a aussi pris ses distances avec le jugement d'Emmanuel Macron sur l'OTAN.

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La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté l'Europe à défendre ses valeurs fondamentales comme «la démocratie et la liberté» face aux contestations grandissantes, samedi à l'occasion du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui avait mis fin au Rideau de fer sur le Vieux continent.

«Les valeurs qui fondent l'Europe, la liberté, la démocratie, l'égalité, l'Etat de droit et la préservation des droits de l'homme ne vont de soi» et «doivent toujours être défendues», a-t-elle assuré dans la chapelle de la Réconciliation, un des lieux de mémoire de la division de la ville qui dura de 1961 au 9 novembre 1989.

Elle est édifiée sur le terrain d'une ancienne église détruite sous la dictature communiste est-allemande parce qu'elle se trouvait dans la zone du no man's land entre les deux parties de la ville.

«A l'avenir il convient de s'engager» pour défendre les valeurs de l'Europe, a ajouté la chancelière, alors que le modèle de démocratie libérale est de plus en plus mis en cause dans le monde, mais aussi dans une certaine mesure sur le continent même.

Certains pays d'Europe de l'Est comme la Hongrie ou la Pologne, pourtant pionniers dans la contestation de la dictature communiste dans les années 1980, se voient aujourd'hui accusés par l'Union européenne de ne pas respecter pleinement les règles de l'Etat de droit.

La tentation du nationalisme

«La démocratie libérale est contestée et remise en question», a également jugé le chef de l'Etat allemand, Frank-Walter Steinmeier, dans une allocution en présence des présidents de Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie, quatre pays ayant jadis préparé le terrain à la chute du mur de Berlin.

«Le 9 novembre nous rappelle qu'il faut combattre la haine, le racisme et l'antisémitisme», a aussi dit pour sa part la chancelière. Cette journée marque en parallèle en Allemagne l'anniversaire de la Nuit de Cristal de 1938 durant laquelle les nazis incendièrent les synagogues du pays.

La chute du Mur de Berlin s'était déroulée à la suite d'une révolution pacifique et les images des Allemands, exultant de joie et tombant dans les bras les uns des autres avaient fait le tour du monde. Les coups de pioche dans cet édifice de béton de plus de 150 kilomètres de long avaient marqué la fin d'un monde coupé en deux durant la Guerre froide et fait à l'époque espérer une longue ère de détente et d'unité. Ces espoirs se sont aujourd'hui dissipés, avec un parfum de résurgence de la Guerre froide entre Occidentaux d'une part, Russie et Chinois de l'autre.

Vendredi à Berlin, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a enjoint à «prendre conscience que nous sommes dans une compétition de valeurs avec les nations non-libres», montrant du doigt tout particulièrement la Chine et la Russie.

Le jugement «intempestif» d'Emmanuel Macron

Deux jours avant le 30ème Jubilé de la fin du mur de Berlin, le chef de l'Etat français Emmanuel Macron a jeté un pavé dans la mare diplomatique en diagnostiquant que l'Otan était «en état de mort cérébrale». Il a notamment déploré l'absence de coordination entre les Etats-Unis et les partenaires de l'Alliance atlantique et le cavalier seul de la Turquie, membre de l'organisation, intervenue récemment dans le nord de la Syrie.

Abandonnant son habituel ton policé, Angela Merkel, depuis toujours très atlantiste, a assuré ne pas partager la vision «radicale» et le «jugement intempestif» d'Emmanuel Macron.

Sur le plan intérieur aussi, l'Allemagne est loin d'afficher le même optimisme qu'il y a 30 ans. La fracture politique et économique entre l'Est et l'Ouest du pays, plus riche, reste d'une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans l'ex-RDA communiste.

De nombreux citoyens de l'ancienne Allemagne ont toujours aujourd'hui le sentiment d'être traités comme des citoyens de seconde classe. (selon "LE TEMPS")

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mardi 5 novembre 2019

Vers la disparition du franc CFA ?

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L'ECO en remplacement, c'est quoi ? 

 

L'ECO DE OUATTARA: et de MACRON : une arnaque pour s'acheter l'AFRIQUE

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dimanche 3 novembre 2019

Rojava : tout bon pour Poutine

"Les Pieds Nickelés" tiercé gagnant, sur le dos des Kurdes

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L’UE n’a rien fait pour intervenir et jouer le rôle de conciliateur entre Turquie et Syrie, alors même qu’elle aurait pu, et dû, imposer son rôle de médiatrice depuis au moins un an, et essayer d’empêcher ce qui était hautement prévisible. La Russie, en tout cas, est gagnante, et avec elle, ses deux compères.

Le Tsar Poutine s’affirme et se réaffirme comme le grand allié de Bachar al Assad, et s’impose comme l’interlocuteur indispensable dans toutes les négociations importantes : la place de la Russie dans la région doit être solidifiée et assurée durablement.Pour ce qui est des Kurdes, les émissaires russes ont réaffirmé en septembre dernier (ils l’ont dit plusieurs fois depuis 2013) qu’une autonomie était possible (ce qui est potentiellement vrai aussi pour d’autres minorités à l’intérieur des frontières syriennes), mais si et seulement si on reconnaît l’autorité de Bachar al Assad… Ce qui revient de fait à reconnaître le rôle fondamental et indispensable de Moscou.

En ce sens, les fameux 70 à 90 000 prisonniers DAESH représentent une carte considérable pour ceux qui seront censés les garder à l’avenir, à savoir… Assad et l’armée russe : plutôt atout que mistigri, puisque le rôle de garde-chiourme qui leur est dévolu devient un moyen de pression intéressant à l’égard des Occidentaux – et surtout des Européens, qui ne tiennent pas à voir des masses de barbares sanglants débarquer chez eux, même lorsqu’ils sont en partie des « nationaux », le produit de leur culture déclinante et discriminante.

Ce que souhaitent depuis longtemps les Russes est en train de se réaliser : grâce à l’invasion turque, les Kurdes se jettent, certes mollement et en se bouchant le nez, dans les bras d’Assad. Moscou discute en effet depuis plus de 2 ans, avec Assad et l’Iran, d’un projet de Constitution depuis 2 ans (dans le cadre du soi-disant Processus d’Astana). Ce projet prévoit une large autonomie des Kurdes, mais… sous l’égide du gouvernement Syrien d’Assad. Cela posé, l’invasion turque permet de surcroît aux Russes de se rapprocher de la Turquie, et d’assurer plus solidement leur rôle de médiateurs en Syrie. Au détriment de l’Union Européenne, tragiquement absente et inactive, le nez rivé sur le handlebar du Brexit.

Et il ne faut pas s’y tromper : les Russes et les Turcs, bien qu’ils jouent la confrontation, sont en discussion permanente et étroite. Plus encore, les Russes jouent bien évidemment le rôle de pivot dans une négociation quadripartite : des tractations ont eu lieu (et auront lieu…) entre le gouvernement Assad et les Kurdes sur la base russe de Hmeimim, à Latakié, la région natale d’Assad, Poutine est indispensable pour les 3 parties, en somme.

Le général en chef syrien pour cette campagne vers le Nord est d’ailleurs Souhail al Hassan, un grand ami des Russes. En 2015, Poutine lui a fait décerner l’ordre de l’Amitié entre les peuples, et deux ans plus tard, le chef d’état-major Gerassimoff lui a offert solennellement un sabre. A cette occasion, Al Hassan a béni « tous les pays russes du Sud au Pole Nord »…

Que veut Poutine, au juste ? C’est assez limpide : Bachar al Assad sait bien que sans Poutine, il ne pourra pas contenir la puissante armée turque. Il a donc besoin des Russes. Et Poutine veut essentiellement 2 choses : asseoir tous les deux, Assad et Erdogan, à la table des négociations, et gagner le plus de terrain possible pour son vieil allié Assad.

Les choses sont conclues d’avance. C’est en ce sens qu’Erdogan a assuré récemment : « Il n’y aura pas de problème à Kobane ». Cela traduit une entente préalable, qui ne sera pas rompue. Poutine accepte bien évidemment les conditions posées par le dirigeant d’Ankara pour ce qui est de la sécurité nationale de l’Etat  turc. Il prend pour base les Accords d’Adana de 1998 entre la Syrie et la Turquie, qui stipulaient que le PKK ne devait pas recevoir d’aide de la Syrie. Ces Accords ont d’ailleurs autorisé et légitimé, aux yeux du dirigeant turc, l’invasion actuelle…

Et Poutine apparaît une fois de plus comme l’ interlocuteur fiable – au contraire des Etats-Unis, qui ont commis une véritable forfaiture, et de l’Union Européenne, le visage plongé dans la vase de la Tamise.

Erdogan est plutôt tranquille ; il ne risque nullement un embargo des armes russes. D’ailleurs, voici à peine quelques mois, Poutine a livré à la Turquie un système anti-aérien S-400. L’installation d’une zone d’exclusion aérienne, comme le demandent les Kurdes, ne serait au fond pas plus gênante pour la Turquie : elle pourrait fort bien attaquer le Rojava kurde à partir de son propre espace aérien.

« Les droits des minorités doivent être assurés », dit Poutine. Mais cela supposerait que les Kurdes disposent d’une monnaie d’échange, dans ce contexte d’un pouvoir dictatorial extrême. En ont-ils une ? Non, ils n’en ont pas.

C’est tout bon pour le Tsar Vladimir et pour ses deux complices. (selon Marc Chaudeur, "euro-journalist")

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lundi 28 octobre 2019

Chili: la crise sociale perdure

L'ONU envoie une mission d'enquête

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Des dizaines de milliers de personnes ont une nouvelle fois manifesté jeudi contre les inégalités sociales au Chili où l'ONU a décidé d'envoyer une mission pour enquêter sur de présumées violations des droits humains.

Face à la multiplication des allégations sur le sujet, dans un pays dont plusieurs régions et la capitale Santiago restent placées sous état d'urgence, la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme des Nations unies Michelle Bachelet, qui a été à deux reprises présidente du Chili, a annoncé l'envoi d'enquêteurs. 
"Les parlementaires et le gouvernement (chiliens) ont tous exprimé le désir d'une mission des droits de l'Homme de l'ONU", a-t-elle ajouté dans un tweet. 
Près d'une semaine après le début de la fronde sociale, quelque 20.000 militaires et policiers restaient déployés dans le pays. Mercredi, le gouvernement avait annoncé le rappel de réservistes de l'armée pour des tâches administratives.
Pour tenter d'apaiser la situation, le président conservateur Sebastian Pinera a entrouvert jeudi la porte à une levée prochaine des mesures d'exception. "Nous travaillons à un plan de normalisation de la vie de notre pays (...) pour pouvoir cesser le recours au couvre-feu et, nous l'espérons, lever l'état d'urgence", a-t-il déclaré.
Le couvre-feu, reconduit jeudi pour la sixième nuit consécutive, avait d'ores et déjà été réduit la veille à six heures, de 22H00 à 04H00 (01H00-07H00 GMT), contre dix heures les nuits précédentes. 
Le gouvernement a également annoncé une diminution des incidents violents au cours des dernières 24 heures pendant lesquelles aucun décès n'a été rapporté. Le nombre d'arrestations, 735, était aussi en baisse 
Mais des affrontements avec les forces de l'ordre et des pillages avaient toujours lieu dans plusieurs villes du pays et en divers endroits de la capitale, en particulier dans la périphérie.
 

"Je vais continuer"

 
Déterminés à maintenir la pression sur le gouvernement, des dizaines de milliers de personnes ont répondu pour la deuxième journée consécutive à l'appel à la grève générale lancé par des organisations syndicales et une vingtaine d'autres mouvements. 
"Les problèmes n'ont jamais été résolus au fil du temps, avec tous les partis politiques c'est la même chose (...) Je suis ici depuis trois jours et je vais continuer à manifester", a déclaré à l'AFP Pamela Rosas, 26 ans, dans le centre de la capitale.
Mercredi, les Chiliens avaient été plus de 400.000 à manifester, selon les autorités.
Les protestataires réclament le retrait des rues des militaires déployés pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), ainsi que des réponses à la pire crise sociale traversée par le Chili en trente ans.
Depuis le début des troubles, le 18 octobre, dix-huit personnes sont mortes, dont cinq tuées par des tirs des forces de l'ordre, selon des chiffres officiels. L'Institut national des droits humains (INDH) a recensé 584 personnes blessées, dont 245 par armes à feu.
Devant la presse, le ministre de la Défense, Alberto Espina, a déclaré jeudi que l'armée agissait pour protéger les droits humains des Chiliens, non pour les violer. 
Outre la mission onusienne annoncée par Mme Bachelet, le président Pinera a invité sa prédecesseure et José Miguel Vivanco, le directeur de la division Amériques de l'ONG Human Rights Watch, à se rendre au Chili.
Le père de Mme Bachelet, arrêté et torturé après s'être opposé au coup d'Etat de Pinochet, est mort en prison en 1974. Elle-même a également été torturée avant de partir en exil.
 

Sommet de l'Apec maintenu

 
Parallèlement aux mobilisations, de nombreux habitants de Santiago ont tenté de reprendre leurs activités. Environ 6.000 autobus ont été déployés pour faire face à la paralysie du métro, où seules trois lignes fonctionnaient jeudi. Certains supermarchés ont rouvert quelques heures et la plupart des écoles publiques ont accueilli leurs élèves. 
La crise sociale a été déclenchée par l'annonce d'une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale, mais n'est pas retombée après l'annonce de la suspension de cette mesure.
Le mouvement, hétérogène et sans dirigeants identifiables, s'est amplifié, nourri par le ressentiment face à la situation socio-économique et aux inégalités dans ce pays de 18 millions d'habitants.
L'annonce d'une série de mesures sociales mardi par M. Pinera ne semble pas avoir eu l'effet désiré.
Malgré l'intensité de la crise, le gouvernement a confirmé la tenue du 13 au 17 novembre à Santiago du sommet du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), où sont notamment attendus les présidents américain Donald Trump, russe Vladimir Poutine et le Chinois Xi Jinping.(selon AFP)

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vendredi 25 octobre 2019

Neuf pays appellent à la fermeture des marchés d’ivoire

Neuf pays – notamment africains – demandent à l’Europe de fermer son marché intérieur d’ivoire pour mieux protéger les éléphants. Ces pays estiment que même vendu de manière légale, le négoce de l’ivoire reste un danger pour les éléphants dont le nombre ne fait que baisser au fil des années.

elephants_701x430La population d’éléphants est passée de plusieurs millions au début du XXe siècle à environ 400.000 en 2015 sur le continent africain, décimée par le braconnage. « 60% des décès d’éléphants constatés sont dus au braconnage », selon la WWF. En théorie, seuls les objets en ivoire datant d’avant 1947 peuvent être commercialisés librement dans l’UE, force est de constater. Entre 1947 et 1990, il faut un certificat pour les objets travaillés. Cependant en 2018, une étude réalisée par l’ONG Avaaz et l’université d’Oxford sur des pièces en ivoire montrait qu’un cinquième était issu d’éléphants tués après l’interdiction mondiale du commerce d’ivoire en 1989.

Pour protéger le plus grand mammifère terrestre, le commerce international de l’ivoire est interdit depuis 1989, à l’exception de très rares dérogations. Pour le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Gabon, le Kenya, le Libéria, le Niger, le Nigeria et la Syrie, ces rares dérogations ne militent pas en faveur de la protection des éléphants. C’est la raison pour laquelle ils demandent la fermeture des marchés intérieurs. C’est déjà le cas en Chine et aux Etats-Unis. Les USA ont fermé en 2016 leur marché intérieur d’ivoire, à part quelques exceptions, suivis en 2017 par la Chine.

En dehors de ces deux grands marchés, d’autres régions et pays du monde autorisent toujours la vente d’ivoire, comme le Japon et l’Union européenne. Afin de fermer le marché intérieur d’ivoire au sein de l’Union Européenne, des ONG et la France mènent un plaidoyer. Les neuf pays demandent à la CITES « d’appeler en urgence à la fermeture de tous les marchés intérieurs de l’ivoire restants ». Mais la CITES, (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) n’a pas voulu trancher. La CITES fixe les règles du commerce international de plus de 35.000 espèces de faune et de flore sauvages.

La question de la fermeture du marché intérieur européen de l’ivoire était à l’ordre du jour mercredi lors de la conférence de l’ONU sur les espèces menacées. La rencontre se tient depuis samedi et jusqu’au 28 août à Genève, en Suisse. Pour les pays qui militent en faveur de la fermeture totale des marché intérieur « le maintien d’un marché de l’ivoire crée des opportunités de blanchiment d’ivoire illégalement acquis, pose des problèmes de suivi et d’application et compromet les interdictions dans d’autres pays en fournissant un débouché alternatif aux fournisseurs et trafiquants ».

Afin de les pousser à fermer leurs marchés intérieurs d’ivoire, une coalition de 17 ONG, a lancé une campagne pour faire pression sur l'UE et le Japon.

Anderson Diédri (Eburnie today)

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jeudi 24 octobre 2019

Thaïlande : la présence française est méconnue

À l’occasion du 333e anniversaire la première visite diplomatique thaïlandaise en France, le site Khaosod s’est entretenu avec l’ambassadeur de France. Ce dernier regrette que la présence française dans le royaume soit paradoxalement éclipsée par ce qui fait la notoriété de la France. 

thailande

Les galeries commerciales de luxe de Bangkok, avec leurs boutiques de vêtements haut de gamme comme Chanel et Hermès, constituent une véritable publicité pour la présence française en Thaïlande", peut-on lire sur le site d'information Khaossod. "Ce que l’on sait moins, c’est qu’on trouve tout autant de noms français dans les usines thaïlandaises.

Aux yeux des Thaïlandais, la France se résumerait-elle à une poignée de grandes marques, à sa gastronomie et à la tour Eiffel ? C’est ce que pense l’ambassadeur Jacques Lapouge, pour qui la Thaïlande souffre elle aussi des mêmes stéréotypes. “Nous sommes de magnifiques pays, tous deux prisés comme destination touristique. Nous sommes fiers d’être appréciés pour notre gastronomie et notre langue”, relève le diplomate, interrogé par Khaosod. “Mais nous ne sommes pas seulement un bel endroit.”

300 entreprises françaises

Mais aussi des puissances économiques, insiste l’ambassadeur.

Une présence française qui repose sur l’implantation de quelque 300 entreprises françaises en Thaïlande, dont Michelin, Saint-Gobain, L’Oréal, Accor… Et sur 13 500 expatriés français officiellement enregistrés auprès des autorités consulaires, même si ce chiffre est plutôt estimé entre 30 000 et 40 000 personnes. “Beaucoup travaillent pour ces 300 sociétés françaises mais on compte aussi des enseignants, des entrepreneurs ainsi que des retraités”, note le site, avant d’évoquer également “un grand nombre de mariages entre Français et Thaïlandaises”.

Les relations entre les deux pays remontent à Louis XIV. Il y a 333 ans, en 1686, la cour siamoise avait dépêché une ambassade auprès du Roi-Soleil. Mais ce n’est qu’en 1856 que les deux pays signeront un traité d’amitié et de commerce, précise le site internet de l'ambassade à Bangkok. “La Thaïlande est historiquement le partenaire le plus ancien de la France en Asie du Sud-Est.”

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