samedi 20 avril 2019

Interdiction du glyphosate

Après le Sri Lanka, le Vietnam

roundup

Après le Sri Lanka, qui est le premier pays à avoir interdit le glyphosate en 2015, c’est au tour du Vietnam de bannir cette molécule de son territoire. Le 27 mars, le pays a annoncé qu’il interdisait l’importation d’herbicides contenant du glyphosate. La décision du Vietnam intervient suite au verdict d’un jury fédéral californien, rendu le 18 mars, estimant que le plaignant, Edwin Hardeman, avait su démontrer « par la prépondérance de la preuve » que son exposition au Roundup était « un facteur substantiel » de son cancer, un lymphome non hodgkinien.

« Dès que nous avons entendu ce second verdict selon lequel le glyphosate est lié au cancer, nous avons publié un document interdisant l’importation de nouveaux herbicides contenant l’ingrédient actif », a déclaré Hoang Trung, le chef du département de la protection des végétaux, rattaché au ministère de l’Agriculture et du Développement rural du Vietnam. Cette interdiction ne concernerait toutefois que les nouvelles commandes, les envois sous contrats déjà signés pouvant toujours être importés. « Le glyphosate sera également inscrit sur la liste des substances interdites au Vietnam dans un proche avenir. (...) Le tribunal fédéral de San Francisco fournira les preuves nécessaires au Vietnam pour accélérer ce processus », a-t-il précisé. Le ministère a également demandé aux entreprises, aux organisations et aux particuliers de signaler la production, la vente ou le stockage d’herbicides à base de glyphosate.

Le traumatisme de l'agent Orange

Cette décision du gouvernement vietnamien concernant le glyphosate est inextricablement liée aux conséquences dramatiques générées par l'agent Orange, dont Monsanto est l’un des fabricants. Ce défoliant chimique ultra-puissant contenant de la dioxine a été utilisé par l’armée américaine de 1961 à 1971 pour détruire à grande échelle la jungle vietnamienne, afin de faciliter la progression de ses troupes et de débusquer les combattants vietnamiens. Durant cette période, 80 millions de litres d'herbicides ont été pulvérisés sur 2,63 millions d’hectares de terres dans le sud du Vietnam, dont 60 % d’agent Orange, selon le ministère de la Défense du pays.

L’association vietnamienne des victimes de l’agent Orange dénombre plus de trois millions de Vietnamiens encore affectés aujourd’hui. Le Vietnam a demandé à plusieurs reprises à Monsanto et à d’autres entreprises américaines d’indemniser les victimes. En 2017, le gouvernement vietnamien a aussi annoncé l’interdiction du paraquat de Syngenta, un pesticide extrêmement dangereux, et de l’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) de Dow Chemicals, un composé organique présent dans l’agent Orange utilisé pendant la guerre du Vietnam.

Plus de 11 000 procès en attente aux Etats-Unis

Lors du procès opposant Edwin Hardeman à Monsanto, racheté par l’allemand Bayer à l’été 2018, le jury a également condamné la multinationale à verser 80,3 millions de dollars (71,5 millions d’euros) de dommages et intérêts à la victime. En août 2018, un jury californien avait déjà condamné le groupe à verser 289 millions de dollars de dommages et intérêts à Dewayne Johnson, un jardinier atteint d’un lymphome non hodgkinien qu’il attribue au Roundup. Si la peine a été ramenée à 78 millions de dollars en appel, le jugement a été maintenu sur le fond.

Bayer a immédiatement annoncé son intention de faire appel du jugement de l’affaire Hardeman et continue de défendre ardemment le glyphosate. Dans un communiqué du 9 avril, Bayer dit être « convaincu que le glyphosate est un produit sûr et continuera de défendre avec énergie ses produits qui en contiennent »« L’entreprise continuera de fournir des informations issues du corpus de science robuste qui confirme que le glyphosate et les produits à base de glyphosate sont sans risque lorsqu’ils sont utilisés dans les conditions d’emploi définies dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché, et que le glyphosate ne cause pas de cancer. » Selon le Wall Street Journal, Bayer fait face aux poursuites de 11 200 agriculteurs, jardiniers et autres utilisateurs du Roundup. La multinationale fait pour le moment le choix de dissimuler le risque, en annonçant avoir provisionné 660 millions d’euros dans son bilan pour les risques judiciaires.

Le ministère de l’agriculture et du développement rural vietnamien a annoncé, le 10 avril 2019, le retrait du glyphosate de la liste de produits autorisés dans le pays. (Sophie Chapelle, journaliste)

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lundi 8 avril 2019

Colère à Berlin

Des milliers de personnes manifestent contre la "folie des loyers"

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi 6 avril, à Berlin, contre "la folie des loyers" et la spéculation immobilière. D'autres manifestations ont eu lieu à Munich, Cologne, Francfort, Göttingen, Fribourg ou encore Mannheim.

Dans la capitale, les manifestants se sont rassemblés sur l'emblématique Alexanderplatz, d'où ils devaient gagner le quartier de Kreuzberg, en voie d'embourgeoisement et frappé par des hausses de loyers depuis plusieurs années. Les organisateurs tablaient, avant le début de la marche, sur au moins 6 000 participants.

"Pas de démolition d'immeubles habitables"

"Pas de démolition d'immeubles habitables", ont notamment lancé les manifestants. D'autres arboraient une pancarte "Surprise ! Le marché ne se régule pas de lui-même". Certains étaient déguisés en "requins de l'immobilier". Les organisateurs ont aussi lancé samedi un appel à signatures pour que soit organisé un référendum local sur l'expropriation par la mairie de Berlin des sociétés immobilières détenant plus de trois mille logements.

Les manifestants dénoncent en particulier des groupes comme Deutsche Wohnen et Vonovia, qui ont racheté des milliers d'édifices, profitant de prix bien plus bas que dans d'autres capitales européennes, avant de les louer à des loyers élevés. A Berlin, le prix du logement à la location a ainsi doublé en dix ans. Cette évolution des prix est portée par la popularité des grandes villes, où Allemands et Européens viennent s'installer par dizaines de milliers chaque année sans que l'offre ne suive.

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samedi 30 mars 2019

Un monstre au paradis

Le plastique menace toute vie aux îles Galapagos

galapagosJuste armés de gants, gardes du parc des Galapagos et bénévoles combattent un monstre créé par les humains: des tonnes de plastique que les courants marins poussent jusque dans les estomacs des animaux uniques de cet archipel de l'océan Pacifique. 

A un millier de kilomètres des côtes d'Equateur, s'est engagée une guerre inégale, mais décisive pour la protection d'un éden qui a inspiré sa théorie de l'évolution à Charles Darwin, un éco-système inédit sur la planète. 
Les déchets des grandes métropoles parviennent jusqu'aux îles, dégradés en micro-particules de plastique, une menace majeure pour les iguanes, les tortues, les poissons et les oiseaux qui n'existent nulle part ailleurs. 
Ce micro-plastique "en arrive à pénétrer l'organisme d'espèces dont nous nous alimentons ensuite", a expliqué en outre à l'AFP la biologiste Jennifer Suarez, experte en éco-systèmes marins du Parc national des Galapagos (PNG). 
Les radiations solaires et la salinité des mers détériorent bouteilles, bouchons, emballages, filets de pêche, etc. D'abord dur comme une pierre, le plastique se désintègre, au contact des rochers et par la force de l'eau, en micro-particules qu'ingère la faune. 
Chaque année, sous un soleil implacable, des "commandos" de nettoyage débarquent sur les plages et les zones rocheuses pour tenter de limiter les dégâts. 
Un inventaire de bazar
Des ordures de plastique de toutes sortes se mêlent et s'accumulent face aux côtes, s'infiltrent jusque dans les fissures des couches de lave volcanique pétrifiée des Galapagos.  
Gadgets sexuels, sandales, briquets, stylos, brosses à dents, bouées, mais aussi canettes en aluminium polluent les zones de repos des animaux, dont certains sont en danger d'extinction. 
Dans des parties inhabitées, comme Punta Albemarle, à l'extrême nord de l'île Isabela où est parvenue l'AFP, les nettoyeurs ramassent des déchets issus d'ailleurs, parfois de l'autre côté de la planète. 
L'archipel équatorien, qui compte environ 25.000 habitants, a restreint ces dernières années l'entrée du plastique sur son territoire et son usage. 
"Plus de 90% des résidus que nous collectons ne proviennent pas d'activités productives aux Galapagos, mais d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, et même une grande quantité de déchets sont de marques asiatiques", précise Jorge Carrion, directeur du PNG. 
Ces résidus viennent "probablement de flottes de pêche originaires d'Asie qui opèrent autour de la zone économique exclusive des Galapagos", ajoute-t-il, debout sur le quai du parc à Puerto Ayora, chef-lieu de l'île Santa Cruz. 
Depuis 1996, des artisans pêcheurs nettoient aussi les îles les plus éloignées et depuis trois ans, les déchets collectés sont notés dans un registre. 
"Cela nous sert à identifier l'origine des ordures qui arrive sur les côtes non peuplées. Il a été répertorié que la plus grande quantité de marques sont péruviennes et chinoises", précise Jennifer Suarez. 
Bien qu'il n'existe encore aucune législation, l'idée est que ce recensement permette un jour de réclamer des compensations pour dégâts environnementaux. 
Au cours du premier trimestre de 2019, huit tonnes de déchets ont été ramassés, 24,23 tonnes pour toute l'année 2018 et 6,47 tonnes en 2017. 
Des sacs pris pour des méduses
 Les gardes font un autre inventaire, plus affligeant, des animaux affectés, tels les cormorans, qui édifient leur nids avec des couches-culottes, ou le cadavre d'un fou à pattes rouge enfoui dans des ordures. 
Indignés, les nettoyeurs trouvent des sacs de plastique marqués de morsures de tortues marine, qui les confondent avec les méduses dont elles s'alimentent. 
"Nous jetons tant d'ordures à la mer et elles arrivent sur des côtes où il n'y a même pas de gens!", déplore Sharlyn Zuñiga, 24 ans, bénévole. 
Cette étudiante de la région amazonienne de Pastaza a découvert aux Galapagos des plages vierges, au sable blanc jonché de déchets. 
"C'est très dur! Nous ne voyons jamais que la face la plus belle des Galapagos, en photos, en cartes postales", s'indigne-t-elle. 
Bien que les vagues ne cessent de déverser des résidus, les nettoyeurs s'acharnent et défendent leur tâche, qui semble sans fin sur ces îles classés au Patrimoine naturel de l'humanité par l'Unesco. 
En fin de mission, d'énormes sacs de déchets de plastique sont chargés à bord d'un bateau qui met le cap sur Puerto Ayora, d'où ils seront expédiés sur le continent pour y être incinérés. 
"Nous éliminons les ordures qui s'accumulent sur ces sites, évitant ainsi qu'elles continuent à se dégrader en micro-particules", ajoute la biologiste Jennifer Suarez. 
"Nous devons aller plus loin que le seul ramassage des résidus. Nous devons en appeler aux consciences à l'échelle mondiale afin d'arrêter de jeter des ordures en milieu marin", estime le directeur du PNG. (selon AFP)

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samedi 23 mars 2019

Mongolie: l'air vicié force des milliers d'enfants à l'exode

La Mongolie, ses steppes à perte de vue, ses lacs et ses nomades... Un paysage de carte postale caché l'hiver par l'épais brouillard toxique qui englobe la capitale, où des milliers d'enfants sont contraints à l'exil à cause des risques pour leur santé. 

mongolieOulan-Bator, où vit près de la moitié de la population de ce pays de plus de 3 millions d'habitants, est l'une des villes les plus polluées du monde, victime du chauffage au charbon encore couramment utilisé. 
La majorité des habitants résident dans des bidonvilles en périphérie, dans des tentes traditionnelles – les yourtes – sans eau courante ni système d'évacuation. 
Pour des milliers de parents, le dilemme est cornélien: garder ses enfants auprès de soi au risque de mettre leur vie en danger ou les envoyer vivre au vert pour les préserver de la pollution? 
Dans ce pays enclavé entre la Russie et la Chine et grand comme trois fois la France, l'air toxique provoque un véritable exode hors de la capitale. Les experts préviennent que la pollution est désastreuse pour les enfants, pouvant causer retard de développement, maladies chroniques, voire la mort. L'hiver, les hôpitaux sont pleins. 
La fille de Naranchimeg Erdene a vu son système immunitaire affaibli par l'air toxique d'Oulan-Bator, où les systèmes de chauffage domestique brûlent du charbon et même du plastique dans les bidonvilles, alors que les températures plongent allègrement sous la barre des -40 degrés en hiver. 

Destination: air pur

"Nous faisions constamment des allers-retours à l'hôpital", explique Mme Erdene à l'AFP. Sa fille Amina a souffert d'une pneumoconiose (maladie pulmonaire causée par l'inhalation de poussières dangereuses) à deux reprises à l'âge de deux ans, nécessitant plusieurs traitements antibiotiques. 
Seul remède possible, selon les médecins: envoyer la fillette à la campagne. Aujourd'hui, Amina vit avec ses grands-parents à Bornuur Sum, un village situé à 135 kilomètres de la capitale. 
"Elle n'est plus tombée malade depuis qu'elle vit ici", s'enthousiasme Mme Erdene, qui ne voit son enfant qu'une fois par semaine, au prix d'un trajet de trois heures aller-retour. 
"C'était vraiment difficile les premiers mois (...), on pleurait au téléphone", se rappelle la maman qui, comme beaucoup de parents d'Oulan-Bator, a dû se résoudre à ce choix de vie pour protéger sa fille. 
Selon certaines mesures, Oulan-Bator, capitale la plus froide du monde, est aussi la plus polluée, avec des niveaux records de PM2,5. Ces particules fines, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, sont nocives car elles pénètrent profondément dans les poumons. Leur concentration atteignait 3.320 microgrammes par m3 en janvier, soit 133 fois la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Fuir à l'étranger

De quoi attiser les tensions sociales. Les habitants les plus fortunés d'Oulan-Bator n'hésitent pas à accuser les migrants des bidonvilles et à réclamer leur expulsion. 
Mais pour ces derniers, le chauffage au charbon est le seul accessible. 
"Les gens viennent s'installer dans la capitale parce qu'ils ont besoin d'un revenu régulier (...) Ce n'est pas de leur faute", s'indigne Dorjdagva Adiyasuren, une mère de famille qui vit dans une yourte avec six enfants. 
Pour tenter d'enrayer le problème, les autorités ont interdit les mouvements migratoires à l'intérieur du pays en 2017. Et depuis mai 2018, le chauffage au charbon n'est théoriquement plus autorisé. Sans résultat probant pour le moment. 
Les habitants qui en ont les moyens, eux, fuient à l'étranger durant les périodes de forte pollution, à l'image de Luvsangombo Chinchuluun. Cette militante associative n'a pas hésité à emprunter de l'argent pour emmener sa petite-fille en Thaïlande pendant tout le mois de janvier.

Poumons et cerveau atteints

Les effets de la pollution sont désastreux pour les adultes, mais les enfants sont encore plus vulnérables, en partie parce qu'ils respirent plus vite et absorbent plus d'air et de polluants stagnant au ras du sol. 
Malgré les risques pour la santé, Badamkhand Buyan-Ulzii et son mari n'ont d'autre choix que rester dans la capitale pour travailler. Mais ils ont décidé d'expédier Temuulen, leur fils de deux ans, à plus de 1.000 kilomètres. 
La maman de 35 ans a longuement hésité à prendre cette décision, préférant d'abord déménager d'un district à l'autre dans l'espoir que la santé de son fils s'améliore. En vain. Plusieurs ennuis de santé, dont une bronchite qui a duré toute une année, l'ont finalement convaincue d'envoyer Temuulen chez ses grands-parents. 
"Peu importe s'il me manque et qui l'élève, tant qu'il est en bonne santé, je suis contente." 
Le résultat est convaincant, assure Mme Buyan-Ulzii: "Ma belle-mère m'a demandé s'il était toujours nécessaire de lui donner des médicaments, parce qu'il ne tousse plus". 
Certains considèrent la pollution comme un facteur rédhibitoire, qui hypothèque leur avenir. "C'est risqué d'avoir un enfant: qui sait ce qu'il lui arrivera une fois né?", se désespère ainsi Mme Erdene. Cette mère de famille se dit "effrayée" à l'idée d'être de nouveau enceinte. (selon AFP)

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jeudi 21 mars 2019

A propos des aborigènes d'Australie

La Haute cour d'Australie a jugé mercredi que les Aborigènes spoliés de leurs terres devaient être indemnisés en particulier pour la "perte culturelle" et la  "souffrance spirituelle" endurées, une décision qui fera date et pourrait déclencher une série de procès dans le pays. 

aborig_nes1La cour a jugé que les peuples Ngaliwurru et Nungali, du Territoire du Nord, avaient le droit d'être indemnisés après avoir été privés de leurs terres par le gouvernement régional. 
A Timber Creek, ville isolée dans le nord, l'utilisation de terres par le gouvernement régional pour y bâtir des infrastructures a empiété sur les "droits fonciers des autochtones", a jugé la Haute cour. 
Cette dernière a rejeté un appel du gouvernement contre un précédent jugement estimant que les aborigènes devaient être indemnisés non seulement pour la valeur des terres perdues mais également pour "la perte culturelle". Le gouvernement estimait "manifestement excessive" une indemnisation pour cette perte culturelle. 
La cour a octroyé 1,3 million de dollars australiens (920.000 dollars US ou 813.000 euros) d'indemnisation pour cette seule "perte culturelle", soulignant avoir évalué "la relation spirituelle" des groupes concernés avec leur terre et "la souffrance spirituelle" infligée par la rupture de ce lien qu'ils ont subie. 
Le versement des indemnités s'effectuera individuellement en fonction des détenteurs de droits fonciers et de leurs liens avec la terre ou les eaux. 
Avant le jugement, des experts en droit de l'Université du Queensland avaient estimé dans une étude qu'il aurait d'"énormes conséquences" pour les peuples indigènes. 
"Pour les Etats du Queensland et d'Australie occidentale en particulier, la décision devrait clarifier les montants significatifs des indemnités qui pourraient leur être réclamées à l'avenir", ont-ils écrit. Ces deux Etats sont riches en ressources naturelles et minières. 
Des responsables gouvernementaux auraient évalué le coût des demandes potentielles de dédommagements à plus d'un milliard de dollars australiens (700 millions USD ou 625 millions d'euros).  
Pour l'ensemble de l'Australie, la somme pourrait atteindre "des milliards de dollars", selon un avocat, Tony Denholder, même s'il reste encore des "complexités légales" pour évaluer le montant des compensations.  
Le jugement de mercredi dernier "va probablement déclencher des demandes d'indemnisation de la part de beaucoup des centaines de groupes de détenteurs aborigènes de droits fonciers dans toute l'Australie, qui ont enfin des éclaircissements -- quoique limités -- sur la façon dont ils pourraient quantifier la compensation qui leur est due", a prédit M. Denholder.     
Les aborigènes, dont le nombre était estimé à un million lors de l'arrivée des colons britanniques en 1788, ne représentent plus que 3% des 24 millions d'Australiens. Ils sont donc aujourd'hui moins nombreux qu'au début de la colonisation.  
Les aborigènes restent de loin la population la plus défavorisée du pays avec en particulier des taux de pauvreté et d'incarcération plus élevés. Ils sont en moins bonne santé que la population générale.(selon AFP)

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mercredi 20 mars 2019

132 quartiers précaires à Abidjan

Le gouvernement ivoirien initie un projet de démolition d’une partie des quartiers précaires à Abidjan qui ne pourront faire partie des projets de réhabilitation.

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L’annonce de ce projet a été faite vendredi par le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme Bruno Koné. Selon les autorités ivoiriennes, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Abidjan compte environ cinq millions d’habitants, dont plus d’un cinquième vivent dans ces quartiers « précaires ». 1,2 million d’habitants occupent dans la seule ville d’Abidjan 132 quartiers précaires a révélé Bruno Koné lors de la présentation d’un salon de l’architecture qui doit se tenir prochainement en Côte d’Ivoire.

Les quartiers précaires d’Abidjan sont situés dans des zones à risque (bas-fonds, zones inondables, passage de ligne de haute tension…) et exposés aux catastrophes, notamment les inondations pendant la grande saison pluvieuse qui dure de juin à août. Des dizaines de milliers de personnes, pauvres ou issues de la classe moyenne, s’entassent sur ces sites. Les autorités ont prévu un Projet d’aménagement des quartiers restructurés d’Abidjan (PAQRA), soutenu par la Banque mondiale, mais tous les quartiers ne pourront pas être ainsi réhabilités.

Le président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011 a lancé plusieurs opérations de déguerpissement. Des opérations qui ont jeté à la rue des milliers de personnes et qui ont été critiqué pour n’avoir pas été accompagnés de plans sociaux de relogement. Pire sur les sites des quartiers précaires jugés impropres à toute présence humaine des entreprises et investisseurs ont fait sortir de terre des bâtiments et commerces.

Ebony T. Christian

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mardi 12 mars 2019

Indonésie : torture au serpent

La police enroule un serpent autour d’un suspect pour le pousser aux aveux.

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Les autorités indonésiennes ont lancé une enquête lundi après qu’un responsable de la police a reconnu qu’un serpent avait été enroulé autour d’un suspect pour l’effrayer et le forcer à avouer des vols, dans un poste de police de Papouasie, dans l’est du pays.

Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux montre un homme soupçonné d’être un pickpocket, assis par terre et menotté, encerclé par un serpent.

Il hurle alors qu’un policier l’insulte: « Combien de fois as-tu volé des téléphones mobiles ? », crie-t-il. « Juste deux fois », répond-il.

Le policier semble vouloir placer le serpent dans la bouche du suspect tandis que ses collègues rient, selon les images de cette vidéo qui n’est pas datée.

« Un policier est actuellement interrogé par la division des affaires internes de la police de Papouasie », a confirmé à l’AFP lundi un porte-parole de la police, Ahmad Mustofa Kamal. Il n’a pas identifié le policier en question ni précisé si d’autres feraient l’objet d’enquêtes.

Tonny Ananda Swadaya, le chef de la police du district de Jayawijaya où s’est produit l’incident, a présenté des excuses, dans un communiqué.

Il a précisé que le suspect n’avait pas été mis en danger. « Le serpent était apprivoisé et n’était pas venimeux ou dangereux ». Les policiers ont eu cette idée « pour obtenir des aveux aussi rapidement que possible ».

Mais « nous travaillerons de façon plus professionnelle à l’avenir », a-t-il promis.

Les forces de sécurité indonésiennes ont été accusées à de nombreuses reprises d’abus contre la population mélanésienne de Papouasie. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont rapporté des assassinats extrajudiciaires d’activistes et de manifestants.

Selon l’avocate et défenseure des droits de l’Homme Veronica Koman, cette vidéo vient corroborer des témoignages d’activistes papous.

« Ils savent depuis longtemps que des serpents sont utilisés par la police et par l’armée » au cours d’interrogatoires, a-t-elle indiqué à l’AFP.

La province isolée de Papouasie est l’une des régions les plus pauvres d’Indonésie. Elle a connu plusieurs accès de violences ces dernières années avec notamment l’assassinat par des rebelles indépendantistes de 16 ouvriers d’une compagnie publique employés à construire des ponts et des routes dans un projet majeur d’infrastructure. (selon AFP)

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vendredi 8 mars 2019

Côte d'Ivoire : La Françafrique "à la Macron".

Des soldats français débarquent à Abidjan, les vraies raisons ?

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Deux semaines après la visite du président Ouattara à l'Elysée, voilà que de nouveaux militaires français viennent renforcer l'effectif. Est-ce vraiment l'effet du hasard ? ou faut-il se demander ce qui se trame derrière ça. On se rappelle que c'est l'armée française, sous Sarkozy, qui a mis en place Ouattara. Macron et Ouattara préparent-ils son maintien en place après 2020, année de nouvelles élections dans ce pays africain ? avec une ingérence française supplémentaire de la France macronienne ? Cette présence a en tous cas donné lieu à de multiples supputations sur les rives de la lagune Ebrié.

Et cette situation socio-politique ivoirienne est quelque peu tendue ces derniers temps. Le divorce entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, l'acquittement et la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé par la CPI et leur probable retour en Côte d'Ivoire, la démission de Guillaume Soro de la présidence de l'Assemblée nationale. Voici autant de facteurs qui font monter l'adrénaline à l'approche de la présidentielle de 2020. Le président Ouattara, qui plus est, "réfléchit" à la modification de la constitution pour lui permettre de se présenter pour un troisième mandat. Sans oublier les grèves qui se déclenchent de plus en plus fréquemment, et spontanément, comme celles des enseignants. Et c'est dans cette période d'incertitudes que 500 soldats français débarquent dans la capitale ivoirienne. Pour faire quoi ? Eviter à Ouattara une situation à la "Bouteflika"?

Le rapprochement entre tous ces évènements suscite des craintes au sein de la population ivoirienne. Quelle est donc la mission de ces militaires français arrivés en Côte d'Ivoire ? Telle est l'interrogation qui taraude les esprits des observateurs du paysage politique ivoirien. Il n'y a pourtant pas le feu en la demeure. Mais on ne sait jamais : Ouattara et Macron préfèrent être prévoyants.

A en croire un officier de cette force française, il s'agit d'une opération périodique de relèvement des troupes. « C’est une opération de routine. C’est la relève habituelle chaque mois. Il n’y a pas de raison de s’alarmer », s'est-il expliqué. Il faut rappeler qu'en vertu de l'accord de défense signé entre la France et la Côte d'Ivoire au lendemain des indépendances, les autorités françaises ont entrepris d'installer une base militaire en Côte d'Ivoire. Ainsi, le 43e Bataillon d'infanterie de marine (43ème BIMA) a son garnison à Port-Bouët, non loin de l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny. Rebaptisé Forces françaises en Côte d'Ivoire (TFCI), cette troupe est plus active dans la lutte contre l'insécurité et le terrorisme dans la sous-région ouest-africaine. Mais ça, c'est la théorie. La pratique en est souvent bien loin. Après tout, n'est-ce pas la "Force Licorne" qui en 2011 a anéanti la flotte aérienne forte de quelques hélicoptères pour permettre au "rebelle Ouattara" de prendre le pouvoir ?

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mercredi 6 mars 2019

Une nouvelle destination pour les francophones : Hanoï.

Le 22 février, le Département de langue et de civilisation françaises de l'Université de langues et d’études internationales (ULIS) a organisé l'inauguration de l'Espace France de Hanoï avec la présence de l'ambassadeur de France au Vietnam, Bertrand Lortholary.

hano_Après Vinh (province de Nghê An, Centre), Hô Chi Minh-Ville et Cân Tho (Sud), l'ambassade de France au Vietnam ouvre son 4e Espace France à Hanoï, qui cherche à présenter les valeurs françaises à tous les amoureux de l’Hexagone. Cette fois, l'Espace France se place à l'intérieur du Département de langue et de civilisation françaises de l’ULIS, dépendant de l'Université nationale de Hanoï.

À la cérémonie d'inauguration de l’Espace France de Hanoï du 22 février, l'ambassadeur de France au Vietnam, Bertrand Lortholary, a remercié la collaboration de l’ULIS dans l’ouverture de cet endroit en tant qu'"un lieu d’échange, de culture autour de la France, de la langue française et de la Francophonie".

Mis en fonction depuis novembre 2018, l'Espace France de Hanoï consiste en une salle d'une dizaine de mètres carrés, remplie de documents, de livres, d’ouvrages, de magazines, de photos et d'autres images de la France. Après quelques mois d'activités, ce lieu a d’ores et déjà enregistré un certain succès avec de nombreuses visites quotidiennes.

Depuis sa mise en place dans le programme de l’ULIS il y a près de 60 ans, le français est une des premières langues étrangères enseignées. La cérémonie est aussi l'occasion pour cette université de confirmer le rôle du français dans sa direction éducative.

"Il est certain que de nombreux francophones de la capitale ont été et sont actuellement formés au sein de notre établissement. Il est donc nécessaire de posséder un tel Espace France ici, afin de renforcer la qualité de l’enseignement du français", a indiqué le DDô Tuân Minh, président de l’ULIS.

De son côté, l’ambassadeur français a également précisé le rôle principal de l’Espace France de Hanoï, qui sert à "diffuser les informations sur ce qu’est la France aujourd’hui" et à apporter aux étudiants "la possibilité d’étudier dans un autre pays".

Particulièrement, M. Lortholary a estimé que les Espaces France au Vietnam sont devenus "un lien supplémentaire" entre les deux pays, "et tout particulièrement avec la jeunesse, car en s’appuyant sur la jeunesse de la France et celle du Vietnam, nous pourrons faire vivre notre héritage commun"."Cet endroit me permet de rencontrer de nouveaux amis, a partagé Luong Minh Ngoc, étudiante en 3e année de langue française à l’ULIS. J’y apprends de nombreuses informations qui sont très pratiques pour mes études à l’université".

Après Hanoï, le 5e Espace France ouvrira prochainement ses portes dans la ville portuaire de Hai Phong (Nord). (selon "Le courrier du Vietnam")

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mercredi 27 février 2019

Franc CFA : Ouattara aux ordres de Macron pour lancer un contre-feu

Ouattara souhaite que "cesse ce faux débat"

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Le président ivoirien Alassane Ouattara a souhaité vendredi soir à Paris, que "cesse le faux débat" sur le franc CFA,"une monnaie solide" utilisée par environ 155 millions de personnes dans 14 pays africains dont 12 anciennes colonies françaises, après un entretien avec son homologue Emmanuel Macron.

"J’ai entendu beaucoup de déclarations sur le franc CFA (...) Je ne comprends pas ce faux débat", a déclaré M. Ouattara à la presse à l’issue de l’entretien à l’Elysée, estimant qu’il faut que ce débat cesse, les gens en parlent sans savoir de quoi ils parlent."

Les propos du chef de l’Etat ivoirien, interviennent quelques semaines après les critiques du vice-président du Conseil italien et leader du Mouvement cinq étoiles (M5S), Luigi di Maio, qui a accusé la France d’appauvrir l’Afrique par sa politique monétaire et de favoriser la crise migratoire en Europe.

"La France est l'un de ces pays qui, en émettant une monnaie pour 14 pays africains, empêche leur développement économique et contribue au fait que les réfugiés partent de leurs pays et meurent ensuite en mer ou arrivent sur nos côtes", a déclaré M. Di Maio.

Établi en 1945, une quinzaine d’années avant l’indépendance des colonies françaises et imprimé à Chamalières (centre France), fief de l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, le franc CFA fait l’objet de critiques régulières. Paris soutient que le maintien ou non d'un pays dans la zone CFA est du ressort de la souveraineté de chaque pays.

Le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron avait soutenu, dans un discours à Ouagadougou : "Le franc CFA, la France n’en n’est pas le maître, elle en est le garant."

Etabli en 1945, une quinzaine d’années avant l’indépendance des colonies françaises et imprimé à Chamalières (centre France), fief de l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, le franc CFA fait l’objet de critiques régulières.

"Le franc CFA est notre monnaie, c’est la monnaie de pays qui l’ont librement consentie, et mise en place de manière souveraine, et ce, depuis l’indépendance (1960)", précisant que la monnaie est "solide, gérée uniquement par des Africains."

Arrimé à l'euro, depuis 1999, avec le soutien financier du Trésor français, le franc CFA, est utilisé dans deux zones monétaires distinctes : l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo)) et la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad).

"C’est notre affaire", a ajouté Ouattara, soutenant que "c'est une monnaie pour laquelle nous allons faire des réformes en temps opportun." Ah bon ?  Et moi qui croyais que le franc CFA était géré par la Banque de France !

Posté par jl boehler à 00:51 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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