c_pe

mardi 8 octobre 2019

Steige : où étaient les élus bas-rhinois de la montagne ?

La fête de la montagne vosgienne se tient tous les ans ! Cette année c'est le Bas-Rhin qui avait le bonheur de l'accueillir à Steige. On aurait pu s'attendre à voir la visite d'un élu départemental ! Hélas, pas un ne s'est déplacé !

agriculture4

On savait que la Frédérique de Villé (bourg-centre qui n'est pas classé "zone de montagne") vice-présidente du comité de Massif s'occupait des premiers contreforts pyrénéens, et ne pouvait donc être présente. L'aérodrome de montagne du VVF d'Albé n'est pas encore opérationnel pour accueillir son avion personnel au cas où elle aurait voulu venir pour une visite éclair. 

On aurait pu s'attendre que le président du CD67 la remplace, surtout qu'il est l'élu de Schirmeck (bourg-centre de la vallée de la Bruche classé en "zone de montagne"). Va savoir pourquoi une telle différence entre ces deux bourgs-centres.

La vraie question, c'est de savoir où a passé le président Bierry. Et ce n'est pas difficile à trouver : à Schiltigheim ! avec son "ami" de la Chambre des Métiers Bernard Stalter (autrefois voyageur accompagnateur en Afrique de Guido Kennel, le président précédent du CG67) ! Déguster une bière industrielle plutôt qu'une bière artisanale de  la vallée ? Et pour refuser une médaille, comme l'attestent "Les chuchotements" de la presse régionale !

agriculture

Le lundi, c'est le jour des Chuchotements, la rubrique des indiscrétions politiques des DNA et de L'Alsace.

Coup de théâtre dimanche matin à la cérémonie de remise de diplômes et de distinctions de l’artisanat organisée par la Chambre de métiers d’Alsace (CMA), à Schiltigheim. Frédéric Bierry a refusé la médaille d’honneur en or de la CMA que le président Bernard Stalter souhaitait lui remettre. Contrairement à leur collègue, Brigitte Klinkert et Jean Rottner l’ont acceptée.

Le refus du président du Conseil départemental du Bas-Rhin « n’a pas été compris » par les 500 artisans présents, explique-t-on à la CMA. « Les artisans sont choqués et s’interrogent sur les raisons qui ont poussé à cette attitude. »

Frédéric Bierry a expliqué être « mal à l’aise avec les médailles » en proposant de décerner la médaille qui lui était destinée aux épouses et époux des artisans qui ont été honorés par la médaille de 50 années de brevet de maîtrise. « Je fais mon travail d’élu, c’est seulement normal », insiste le président du Bas-Rhin en estimant ne pas avoir besoin de médaille pour cela. À la CMA, on parle de « maladresse ». Frédéric Bierry invoque « une ligne de conduite ».

On pourrait cependant imaginer un autre scénario : ce sympathique Fredo risque en 2021 d'être immolé sur l'autel de la Collectivité Européenne d'Alsace. La solution de repli pourrait être le Sénat. Et il y a plus de grands électeurs du côté de Strasbourg et Schiltigheim qu'au fond d'une petite vallée vosgienne en voie de désertification. Ah la com avant tout et au service des intérêts politiciens, au détriment des intérêts collectifs !

agriculture2

agriculture3

  • A noter quand même parmi les personnalités présentes à Steige, le président de la comcom Jean Marc Riebel qui ne s'est jamais offusqué du fait que seule une moitié des communes de la vallée figurait en "zone de montagne". C'est vrai qu'il n'a pas l'ambition de devenir sénateur. Il a quand même publié deux photos sur sa page facebook : saluons ce courage politique de celui qui lors d'une réunion publique du PLUi a expliqué la différence entre "zone de montagne" et "zone de massif". Il fallait l'oser.

riebel1

Posté par jl boehler à 04:40 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 24 août 2019

Chez nos voisins de Sarre

Les scolytes causent encore de gros dégâts

scolyteAu cours de l'année en cours, les scolytes ont de nouveau causé des dégâts considérables dans la forêt domaniale de la Sarre.

Par rapport à l’année précédente, les experts forestiers s’attendaient à un doublement de la quantité de copeaux de bois, a déclaré le ministère de l’Environnement à Sarrebruck. Sur environ 360 hectares, 10% de la superficie d’épinettes de la forêt domaniale, des dégâts causés par les scolytes seraient signalés. On prévoit actuellement qu'une superficie totale de près de 100 hectares.

Les dégâts causés par l'attaque de scolytes auraient considérablement augmenté dans toutes les régions du pays, a rapporté le ministère. Ils continueraient d'augmenter au cours du second semestre et seraient encore plus visibles de septembre au premier trimestre de 2020. Les scolytes se propagent massivement, surtout par temps sec et chaud.

C'est l'un des parasites les plus dangereux pour la forêt. Même les arbres en bonne santé peuvent mourir très rapidement en cas d'attaque. Les insectes forent des passages dans l'écorce et le bois pour la ponte - et interrompent l'alimentation entre la racine et la couronne. En Sarre, les dommages causés par le "coléoptère" en 2018 ont été estimés à environ un million d'euros.

L'été chaud et sec a provoqué dans la forêt un dommage extrême. "Au moins l'étendue de l'année précédente", a-t-on déclaré. Les résultats d'un inventaire des dégâts forestiers sont attendus dans les prochaines semaines. De nouvelles inspections ont également permis de constater des "dégâts de séchage" chez le sapin de Douglas. En outre, ce même type de dégâts sont visibles chez de vieux hêtres notamment dans le "Saarkohlenwald".

Posté par jl boehler à 02:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 4 juillet 2019

Quand un chinois achète des terres agricoles en France

Un rêve mis en faillite !

chine3

Le milliardaire Hu Keqin, PDG du conglomérat Reward, connu pour s'être emparé de terres céréalières en France, se voyait déjà en roi de la baguette en Chine. Mais son groupe a fait faillite, montrant la fragilité de certains investisseurs chinois. 

L'affaire avait fait grand bruit quand un mystérieux chinois avait racheté 1.700 hectares dans l'Indre il y a cinq ans, puis 900 hectares dans l'Allier trois ans plus tard.  
Était-ce le début d'une conquête du grenier à grains français? Les pires inquiétudes circulaient, comme souvent lorsqu'il s'agit d'investissements chinois.  
Mais finalement rien de tout cela ne s'est produit. Car Reward ("Luowa" en chinois), fondé en 1995 et spécialisé à l'origine dans le lait maternisé et les produits d'entretien, a été mis en faillite le 13 mai, selon un avis publié en ligne le 2 juin sur le registre chinois des faillites consulté par l'AFP.  
En janvier, l'agence de notation financière Fitch avait déjà tiré la sonnette d'alarme, expliquant que Reward avait été dans l'incapacité de s'acquitter d'une dette de 300 millions de yuans (38 millions d'euros) début décembre, alors qu'il assurait disposer fin septembre de... 4,15 milliards en numéraire (530 M EUR). 
Fitch déplorait au passage l'opacité entourant les comptes des firmes chinoises, la non-publication d'informations "pertinentes" et des audits notoirement incomplets... 

Du pain au pays du riz !

chine1

Et Monsieur Hu, qui annonçait à l'AFP il y a un an environ vouloir ouvrir 1.500 boulangeries en Chine en cinq ans, approvisionnées en farine française, n'a finalement ouvert que trois boutiques "Chez Blandine" à Pékin. Et elles ont déjà fermé, d'après Dianping.com, principal site de référencement de commerces et services.  

"Il y a un réel attrait pour la France parce que les produits sont bons, jouissent d'une bonne image. Ils veulent les importer en Chine mais sans doute vont-ils trop vite pour se faire une part de ce marché très concurrentiel", analyse Jean-Marc Chaumet, agro-économiste et spécialiste de la Chine à l'Institut de l'élevage. 
Avant Reward, il y avait eu le fiasco du lait. Synutra, numéro trois de la nutrition infantile en Chine, avait retiré tous ses pions l'an dernier, plongeant dans les difficultés ses partenaires, le groupe coopératif normand Les Maîtres laitiers du Cotentin et la coopérative bretonne Sodiaal, qui a dû reprendre le site construit par le chinois à Carhaix (Finistère). 
"On ne peut toutefois pas généraliser", insiste Jean-Marc Chaumet, car il y a "une volonté chinoise d'investir dans l'agroalimentaire à l'étranger" et ça peut aussi "très bien se passer" comme dans le cas de l'usine financée au tiers par le hongkongais H&H (propriétaire des laits infantiles Biostime) avec la coopérative normande Isigny-Sainte-Mère. 

Que deviennent les domaines agricoles acquis en France ?

chine5

Dans les fermes françaises de Hu Keqin, l'activité semble suivre son cours. Dans l'Allier, rien n'a changé, le travail dans les champs est toujours effectué par les anciens employés, selon la mairie de Thiel-sur-Acolin et un agriculteur du coin. 

Dans la Drôme, les actionnaires familiaux historiques du Châtelard 1802 ont claqué la porte en septembre. Car "rien de ce qui avait été évoqué à l’époque en matière d’investissements dans l'outil de production, le développement de la gamme ou bien encore l'ouverture de nouvelles boutiques n’a été réalisé", expliquaient alors les frères Montaud dans la presse locale. 
Mais en avril, dans le quotidien régional Le Dauphiné Libéré, la nouvelle direction assurait tenir le cap: "Outre le fait de continuer à développer l’export et le grand export, nous commençons à distribuer nos produits dans les canaux du groupe en Chine". 
Depuis cet épisode, l’État français a promis des verrous réglementaires pour éviter que des terres stratégiques ne passent aux mains de puissances étrangères. Mais le secteur attend toujours une loi foncière qui les mettra en place. Dans nos régions viticoles, en Bourgogne et dans le Bordelais notamment, aussi on attend. Car l'empire Hu Keqin s'étend aujourd'hui bien au-delà des domaines céréaliers.

chine2

Les Chinois possèdent plus de 100 châteaux et domaines dans le Bordelais

La Chine à l’assaut des campagnes françaises ?

Posté par jl boehler à 00:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 12 juin 2019

Un colloque pour le massif vosgien

40 années de reconquête agricole remises en question ?

La loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt marque un sévère coup d’arrêt à la politique de reconquête agricole et paysagère mise en place dans le massif vosgien depuis 40 ans. Un colloque organisé à Munster ce jour devrait permettre de mettre la problématique à plat et de déboucher sur des solutions. Nul doute que notre conseillère départementale villoise, vice-présidente du Comité de Massif des Vosges, y sera pour défendre nos vallées.

storckensohn«  Il y a une quarantaine d’années, la forêt avait pris beaucoup de place dans le massif vosgien et poussait quasiment jusqu’aux premières maisons des villages. Avec la disparition de l’ouvrier paysan qui, en plus de son travail à l’usine, avait une petite activité agricole, la friche s’est progressivement installée à la place des pâturages et des champs existants à l’époque , explique François Tacquard, vice-président de l’association du massif vosgien. Puis, à partir de 1946, on subventionnait la plantation de conifères – principalement des épicéas — par l’entremise du fonds forestier national  »…

Ces forêts, plantées souvent sur de bonnes terres agricoles, n’ont pas donné les résultats escomptés, bien au contraire. Les paysages se sont refermés, et les villages se sont retrouvés « emprisonnés » par la végétation : humidité, manque d’ensoleillement, perte des repères locaux, rien de bien réjouissant pour les habitants… Selon les vallées, on pouvait arriver à près de 80 %, voire plus de taux de fermeture du paysage…

Une prise de conscience quasi générale a permis la mise en œuvre d’une politique volontariste et extrêmement active d’ouverture des paysages conjuguée avec l’installation d’agriculteurs pour entretenir ces espaces.

Le premier plan paysage a vu le jour en 1990 dans la vallée de la Bruche. Il a permis des ouvertures paysagères et le développement d’une agriculture de qualité. La vallée de Saint-Amarin a fait de même en 1993 et a été pionnière, avec l’appui du Parc des Ballons, en matière de Mesure Agri Environnementale (MAE). Tout le massif s’est lancé dans la même démarche au cours de cette période. «  Cette réouverture pastorale a présenté de nombreux avantages , explique Laurent Seguin, président du Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Des agriculteurs se sont installés, proposant des productions respectueuses de l’environnement et favorisant les circuits courts. L’impact touristique a aussi été très important : les gens aiment nos paysages ouverts…  »

Mais depuis 2014, l’État, qui souscrivait pleinement à la politique de reconquête des paysages, a changé de regard sur la montagne. En effet, la loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt remet tout en question. «  L’argument est simpliste , estime François Tacquard. Au prétexte que la forêt protège l’environnement et capte du carbone, il ne faut plus y toucher. Or ces plantations d’épicéas en rang militaire sont des désastres écologiques. »

colroye_514x385

200 espèces à l’hectare dans un pâturage réhabilité

Selon les acteurs locaux, depuis cette loi, «  tout bloque, tout est verrouillé, les techniciens de la direction de l’environnement appliquent le texte à la lettre, méconnaissant les réalités du terrain.  »

Or, les spécialistes s’accordent à dire qu’un pâturage réhabilité contient 200 espèces différentes à l’hectare ; une forêt d’épicéas en compte une. «  Ça ne va plus, il faut tout remettre sur la table  », tempête François Tacquard. «  Certes il y a eu des abus de défrichements forestiers, notamment autour des villes, mais là, on est dans l’extrémisme. »

L’objectif du colloque du 12 juin est d’inviter les élus et techniciens et de montrer ce qui a été fait avec l’argent public et ce qui resterait à faire dans le massif vosgien. «  Nous voulons montrer que nous sommes des gens raisonnables, soucieux de l’équilibre sylvo-pastoral et du bien-être des habitants. Nous voulons aussi dialoguer pour mettre en place des procédures efficaces, proches des besoins du terrain et respectueuses des milieux naturels et des paysages  », insistent les organisateurs.(DNA du 11/6)

  • Colloque organisé par l’association de massif vosgien, le parc naturel des Ballons des Vosges et le parc des Vosges du Nord, mercredi 12 juin de 9 h à 13 h, salle de la Laub, 12, rue Saint-Grégoire à Munster.

    munster

Posté par jl boehler à 00:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 14 mai 2019

De la Chine au bassin du Congo, la mafia du bois

L’ONG  britannique « Environmental Investigation Agency  INC »vient de mettre à jour une filière « criminelle »  du commerce  international du bois en Afrique centrale dont un groupe chinois, Dejia Group, est le maitre d’oeuvre. 

Bois_2

Il en est du bois précieux tel l’Okoumé, comme de l’héroïne.  Son commerce – illicite- peut rapporter énormément d’argent. Des millions de $ selon l’ONG  britannique « Environmental Investigation Agency  INC» (sic !) qui vient de rendre public un rapport de 80 pages qui es tle fruit d’une *enquête de quatre longues années

Cette ONG spécialisée dans la dénonciation des « crimes environnementaux »  présente la particularité, afin  de remplir sa mission,  de recourir aux « undercover investigations » soit d’utiliser des « infiltrés » sur le même modèle donc, que les services spécialisés dans la lutte contre les narcos -trafiquants. 

Ses récentes investigations mettent en cause de hautes personnalités gabonaises et congolaises, mais aussi le groupe chinois Dejia Group, un des leaders mondial  du secteur forestier. 

Le bois américain contaminé

Rien de vraiment nouveau sous le soleil, estimeront certains. Pourtant l’enquête d’EIA ne se limite pas à ce constat. Elle tend a démonter que, du  bassin du  Congo, en passant par l’empire du Milieu, c’est aujourd’hui une bonne partie de la filière bois des Etats unis qui aujourd’hui est contaminée avec un bois ou ses dérivés, coupés ou exporté illégalement, ceci suite à la mise en place  d’une vaste entreprise de corruption des responsables gabonais ou congolais ;

Bref un bois présentant tous les divers labels exigés par la réglementation internationale mais pourtant pourri de la tête aux pieds :

Il semble que même sous le règne du très climato sceptique Donald Trump – et à l’aune des relations sino –américaines- cela ne fasse pas rire les Yankee dont les « Bricorama » locaux proposent désormais aux consommateurs américains, attelés à se construire une petite maison dans la prairie, toute les déclinaisons d’un bois 100 %  « made in  corruption ». 

1,5 million d’hectares

bois4

Cible principale de l’ONG  le groupe Dejia, contrôlé par le magnat chinois Xu Gong De,  qui gère au bas mot  1, 5 millions d’hectares de forêts tropicales au Gabon et au Congo. (La chine est le principal importateur de bois du bassin du Congo, ce pour une valeur estimée à 800 millions de $. Aucune loi n’y régit l’importation de bois illégal).  C’est l’un des groupes forestiers les plus influents d’Afrique. M. Xu est présent dans la région et tout spécialement  au Gabon depuis le début la fin des années 80 où il a été « attiré à l’époque par son proche parent, » Jean Ping le chef de cabinet alors d’Omar Bongo devenu depuis l’opposant principal d’Ali Bongo (1). 

Ainsi les enquêteurs « sous couverts » d’EIA,  reprochent t-ils   à son groupe, entre autres délits et crimes,  d’avoir manipulé en 2016  le processus d’attribution de la concession forestière de Lebama au Congo (140 000 hectares), mais aussi la surexploitation illégale  d’espèces réglementées (15 000 arbres pour une seule filiale congolaise), et encore l’exportation d’agrumes  pour 80 millions de $ du Congo au-dessus du quota légal. (Entre 2013 et 2016). 

Enfin et pour faire bonne mesure,  la soustraction au titre de l’impôt au Gabon au Congo pour plusieurs millions de $. (3 à  7 millions de $ par an selon l’estimation plancher d’EIA)

bois6

 

Autant de délits, qui bien que mis à jour localement,  sont restés impunis « à cause des pots de vin (versés par Dejia) régulièrement à des fonctionnaires de tous niveaux et aux décideurs, y compris certains ministres » précise l’ONG.

Le ministère des mallettes 

Mister XU et son groupe entretiennent aussi les meilleures relations avec les dirigeants du Congo-Brazza : Denis Sassou N’Guesso et son inamovible  ministre de l’économie forestière Henri Djombo, (19 ans titulaire du poste). Mr Djombo a ainsi occupé ou occupe d’éminentes fonctions internationales : président de l’Organisation africaine du bois,  Président la Commission des Forêts d’Afrique Centrale, président du Bureau du conseil international de coordination du Programme sur l’homme et la biosphère de l’UNESCO. 

bois8

Mr Djombo s’avère donc être l’une des plus éminente figure de la préservation de la forêt du bassin du Congo, deuxième massif forestier du monde après celui de l’Amazonie.  

Une sommité dont l’ EIA rapporte devenue  « l’un des proches alliés de la famille» XU et qu’ « en échange de ses services», une « mallette pleine d’argent liquide (lui) était fréquemment remise ». 

Selon les détails rapportés par les taupes d’EIA,  une « mallette » ne saurait contenir moins de 157 000 $.

Henri Djombo, vieux crocodile du Parti congolais du Travail (PCT),  ne serait donc  pas « de bois » et la « fréquence » évoquée  explique  comment en 2016, une filiale du groupe chinois, la Sicofor, a remporté haut la main, l’appel d’offre de « la dernière zone forestière disponible» en République du Congo. 

L’erreur d’Henri Djombo (recyclé depuis comme Ministre d’ Etat à l’Agriculture) est d’avoir été insuffisamment partageux. Nombre des informations ayant alimentées les investigations d’EIA « viennent tout droit de son ministère» assure à Mondafrique une source proche du dossier. 

« L’infâme association » 

Quoi qu’il en soit, le groupe chinois fort des services ainsi rendus pèse 36 % de tout le bois exporté du Gabon et du Congo Brazzaville vers les Etats-Unis et 40 % de l’Okoumé , (une essence particulièrement protégé ) utilisée par les consommateurs américains. Ceci à partir de filiales off shore basées à Hong Kong : «  Le groupe Djeia a pu introduire environ 25 millions de $ de produits de source illégale aux Etats Unis au cours des dix dernières années » estime EIA. 

bois

Certes  nombre des clients Yankee de Djeia ne découvrent ni  l’eau humide ni le caractère illégal de ces importations : Ainsi, Jim Green, patron d’Evergreen, premier importateur US d’Okoumé, n’abuse t-il pas lui de la langue de bois : «  Tout le monde réclame un pot de vin ; toute la machine doit être graissée pour que les choses marchent bien. Je m’en fiche, je le comprends, c’est comme ca que ca fonctionne. Je le fais ». 

« Business is business » certes, mais cette relation commerciale n’en est pas moins qualifiée d’ « infâme association » par EIA qui relève que ,de fait, c’est l’ensemble la chaîne d’approvisionnement en bois des Etats Unis qui est contaminée. Des millions de consommateurs américains participent, malgré eux, par leurs achats d’un bois certifié « vert » à la pérennisation d’un vaste système de corruption, d’exploitation illégale de la forêt et d’évasion fiscale massive.

bois7

Ce soutient indirect à la « mafia chinoise du bois » irrite d’autant plus l’administration US que Washington est en pleine guerre commerciale avec Pékin. La publication du rapport  intervient alors même que Brazzaville est depuis des mois en pleine renégociation de sa dette avec le FMI, soit près de 10 milliards de $ et dont les chinois détienne au bas mot  30 %. Et  les USA sont aussi les premiers contributeurs financiers du  FMI… 

Dans ce contexte explique à Mondafriqueun opposant congolais qui a suivi de près et participé à l’enquête d’EIA, « cette affaire de bois toxique est explosive. Au delà des considérations environnementales et réglementaires, renflouer Brazzaville, revient pour les américains à financer les fraudes fiscales  des entreprises chinoises au détriment de l’Etat congolais »

Autrement dit Washington devrait ainsi subventionner les exportation frauduleuses chinoises sur son propre territoire. 

Et d’en déduire que  « ne va pas passer comme une lettre à la poste !

(1) Jean Ping est le neveu de Mister XU,  magnat du groupe Dejia, et «principal contributeur de sa dernière campagne présidentielle » selon des confidences recueillies par l’ONG. 

A Libreville on promet de  « recouper », à Brazzaville on reste de marbre.   

Dans un communiqué alambiqué en date du 29 mars 2019,  le ministre Gabonais des Forets et de l’Environnement, Guy-Bertrand Mapangou, indique  s’interroger  « sur les véritables objectifs poursuivis par les auteurs de cette enquête à charge et au caractère inquisitoire, alors que la règle en la matière impose l’impartialité qui suppose le respect des principes tels que la présomption d’innocence, le contradictoire, etc. » (sic).

bois1

Mais c’est pour préciser ensuite  que : «  le Gouvernement gabonais rejette ces accusations et la tentative maladroite des auteurs de l’enquête menée, visant à discréditer le Gabon à partir d’actes isolés qu’aurait commis un opérateur privé ». 

Et d’expliquer que les autorités ont ouvert  leur propre enquête « afin de mieux recouper ces allégations et se réserve le droit de poursuivre les auteurs de tous ces actes répréhensibles, dès que la lumière sera faite ».

Du pain sur la planche pour le ministre déjà mobilisé par l’opération anti-corruption baptisée  « Mamba » et initiée peu avant les révélations d’EIA avec pour objet d’éradiquer « la mafia »,  selon les propres termes du ministre, qui gangrénerait son administration.  

Les tentatives de Mondafrique d’obtenir une réaction de la SICOFOR  à Pointe Noire et de M. Henri Djombo (auteur d’un ouvrage joliment titré «  les bénévoles »)  sont restées infructueuses. (Une enquête d’Eric Laffitte, journaliste à "Mondafrique")

Bois_1_1024x435

Posté par jl boehler à 05:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 10 avril 2019

La forêt ivoirienne

Cacao, les enfants pris au piège

De Franceinfo, publié le 10 janv. 2019. Le travail des enfants dans les plantations a-t-il disparu, comme s'y est engagée l'industrie du chocolat en 2001 ? "Envoyé spécial" a enquêté en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao.

CACAO_sans_cnc_aff1

cacao1

cacao

Posté par jl boehler à 09:42 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

dimanche 17 février 2019

Paul François, "porte-étendard" du combat contre Monsanto

Procès pour l'agriculteur !

monsanto

"Je me retrouve porte-étendard bien malgré moi": l'agriculteur Paul François fait face pour la quatrième fois à Monsanto devant la justice, mercredi, pour tenter de faire reconnaître la responsabilité de l'entreprise américaine dans son intoxication à un herbicide en 2004.

"On continuera (le combat) jusqu'au bout mais je suis fatigué", a déclaré mercredi le Charentais lors d'une conférence de presse à Lyon avant cette nouvelle audience devant la cour d'appel.  
Ce céréalier de Charente avait été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto. Après plusieurs malaises, M. François avait été longuement hospitalisé et frôlera même la mort. Il souffre toujours de graves troubles neurologiques. 
Une fois son mal reconnu comme maladie professionnelle, l'agriculteur s'est lancé en 2007 dans un combat judiciaire contre le géant américain, filiale de l'allemand Bayer depuis 2018. Il réclame "plus de un million d'euros" à Monsanto. 
M. François avait obtenu gain de cause en première instance et en appel. Mais l'affaire a été de nouveau renvoyée l'année dernière devant la cour d'appel par la Cour de cassation. 
Celle-ci a estimé nécessaire le réexamen de l'affaire en se basant non pas sur un fondement de droit commun - le "défaut d'information" - mais sur la responsabilité de produits défectueux. 
Pour la sociologue du travail Annie Thebaud-Mony, fervent soutien de l'agriculteur, "ce procès est une brèche dans l'impunité" des industriels qui saisissent les juridictions "indéfiniment", tandis que les juges ont "déjà dit que +Oui, Monsanto a intoxiqué Paul François+". 
La chercheuse à l'Inserm a également jugé "scandaleux" que "les industriels paient des scientifiques - ce qui fait la honte de la communauté scientifique - pour produire le doute là où il n'y en a plus" sur la dangerosité des pesticides. 
"Dire que les pesticides ne sont pas dangereux, c'est dire n'importe quoi et c'est faire de l'expérimentation humaine", a-t-elle fustigé. 
Interdit en France depuis novembre 2007, l'herbicide Lasso incriminé par M. François a été jugé dangereux et retiré du marché au Canada dès 1985, puis en 1992 en Belgique et au Royaume-Uni.

Manque de courage politique !

Le groupe Bayer s'est dit mardi "attaché à une juste compréhension des situations". 
"Nous souhaitons également rappeler que l’utilisation de produits phytosanitaires ne présente pas de risque pour la santé humaine lorsque ceux-ci sont utilisés dans les conditions d’emploi définies dans le cadre de leur autorisation de mise sur le marché", a poursuivi l'entreprise. 
Président de l'association Phyto-victimes, Paul François réclame la mise en place d'un fonds d'indemnisation pour les victimes de pesticides, voté à l'unanimité au Sénat mais qui n'a depuis pas été voté à l'Assemblée nationale, la ministre de la Santé Agnès Buzyn ayant "mis tout son poids" pour empêcher ce vote. 
"C'est scandaleux pour les milliers de personnes qui n'ont pas obtenu d'indemnisation, ça montre vraiment que le problème des pesticides n'est pas pris en compte", a dénoncé le céréalier. 
A la tête d'une exploitation de plus de 200 ha, M. François s'est converti en bio à partir de 2015, assurant dégager depuis "de la rentabilité", avoir maintenu un emploi et avoir "aussi repris (sa) liberté d'agriculteur". 
"Il ne s'agit pas de sortir des pesticides du jour au lendemain mais sortir sur les quinze prochaines années, c'est réalisable et c'est là que les politiques manquent de courage", a assuré le céréalier. 
S'agissant du glyphosate, autre herbicide commercialisé par Monsanto, le président Emmanuel Macron avait déclaré le 25 janvier lors d'un débat-citoyen dans la Drôme que la France ne parviendrait pas à se passer "à 100%" du glyphosate dans les trois ans comme il s'y est engagé. (selon AFP)

Posté par jl boehler à 04:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 5 février 2019

Nouvelle-Calédonie : la mangue gagne en goût et en variétés

Star de l’été, la mangue est en pleine récolte. La production commerciale est toujours limitée sur le Caillou, mais elle a gagné en qualité.

Mangue_steph4

Le Kopéto d’un côté, le Koniambo, de l’autre, le lagon à l’horizon… Depuis l’exploitation de Stéphane Soury-Lavergne, la vue est exceptionnelle, mais l’agriculteur, originaire de La Foa et installé à Pouembout depuis presque dix ans, se concentre sur la terre qu’il a sous les pieds. C’est qu’il y a à faire. Plusieurs hectares d’ananas, de grandes parcelles maraîchères, où se croisent pastèques, concombres ou melons, des ignames et des patates douces un peu plus loin… À chaque fois, un effort pour s’interdire les produits chimiques - certifiée responsable, l’exploitation est à deux pas du bio - et beaucoup de travail pour relever le défi de l’eau, les systèmes de goutte-à-goutte courant sur plusieurs kilomètres sous le paillage. Les manguiers eux, « mobilisent de la terre, mais ne coûtent pas grand-chose en entretien, explique le cultivateur. J’ai voulu en faire parce que c’est un arbre résistant : après quatre ans de grosses sécheresses, j’en ai perdu très peu ». La Broméliade, sa société, alimente depuis la fin novembre les étals du Grand Nouméa, via la Coop1, dont Stéphane est le vice-président et devrait produire jusqu’au mois de mars. Il peut compter sur dix hectares de manguiers, soit près de 2000 arbres, dont une bonne partie a les branches chargées en ce début janvier. Stéphane le sait : comme les letchis, la saison des mangues est attendue avec impatience en été. Et pour conquérir le consommateur, « il faut des produits qui attirent tout de suite l’œil ».

 Ronde ou oblongue, rouge, jaune ou verte…

Car comme les letchis, les mangues causent, chez les Calédoniens qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin, bien des frustrations. « C’est un fruit qui est facile à trouver chez les amis ou sur les bords de route, alors les consommateurs les trouvent souvent trop chers en magasin, note un technicien de la chambre. C’est que l’effort a surtout été fait sur la qualité : les mangues qui se vendent aujourd’hui sont bien plus belles et plus bonnes qu’il y a dix ou quinze ans ». Une affaire de variétés. A Pouembout, Stéphane Soury-Lavergne découpe, non sans fierté, un fruit bien rouge, au noyau fin et à la chair sans fibres. « Celle-là, c’est une Irwin, ma préférée, mais chacun a son goût pour les mangues, sourit-il. Et puis, tous les arbres n’ont pas la même résistance. C’est pour ça que j’ai planté différentes variétés : pour ne pas mettre tous les œufs dans le même panier ». Nam Doc Mai, verte et jaune à la forme oblongue, Tommy Atkins, ronde et tachetée, les grosses Van Dyke, Labbé sur les hauteurs… La production calédonienne brille par sa diversité mais le marché est loin de la saturation. Produire plus pour faire baisser les prix ? Oui, mais à condition d’accompagner et d’organiser le zonage de la production, estiment les spécialistes. « La mangue, ça marche bien dans les coins secs. Quand il fait humide pour la floraison, il y a des maladies, et les fleurs coulent », reprend Stéphane Soury-Lavergne. Quant aux mouches de fruits, les pièges ne suffisent pas. « Il faut que le pied reste propre, ne pas laisser de fruits à terre », explique le spécialiste. Or, beaucoup de mangues tombent : « Pour produire un kilo, il faut en jeter un ». Les chutes, Stéphane les confie à son frère Yann, qui valorise les joues et la pulpe pour les restaurants, glaciers ou transformateur. « Il y a d’autres débouchés, mais il faut que chacun développe ses idées », note l’agriculteur, qui espère à terme produire 20 tonnes par hectare. Un travail de longue haleine : certains de ses manguiers, âgés de neuf ans, ne produisent pas encore.

Selon Charlie Réné - "Nouvelles calédoniennes"

Posté par jl boehler à 04:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 27 janvier 2019

"Initiative citoyenne" à Müllheim (Pays de Bade)

Résistance à l'abattage massif dans la forêt "Eichwald"

m_llheimIl y a quelques jours, est née à Müllheim (Pays de Bade) une "initiative citoyenne" contre la décision de l'administration municipale de procéder à un abattage massif dans la forêt "Eichwald". L'initiative appelle à l'arrêt immédiat des travaux. 50 manifestants ont protesté devant l'hôtel de ville. Lors du conseil municipal, le maire a annoncé la poursuite des travaux, malgré de nombreuses critiques issues de tous les groupes politiques.

L'initiative a déjà recueilli plus de 500 signatures, à travers une pétition. Si elle manque encore de structure, elle est malgré tout soutenue par la chercheuse en sciences forestières Beate Kohler (diplômée en droit forestier), qui enseigne à l'université de Fribourg. Sur les affiches et banderoles apparaissaient les slogans : "Sauvez le Eichwald", "Arrêt immédiat de l'abattage", "Ne touchez pas aux vieux arbres", "Eichwald = zone de loisirs". La pétition de l'initiative citoyenne commence : "Nous, citoyens de Müllheim, exigeons de la ville et de l'administration forestière la protection des plus vieux chênes de l'Eichwald, et une importante réduction des coupes prévues." L'initiative citoyenne, outre le côté écologique et environnemental, estime aussi que le côté "loisirs", pourtant prévu dans les orientations municipales, n'a pas été respecté. Le groupe "die Grünen" dénonce le fait que le maire ne voit que le côté "commercial" de l'exploitation. Le groupe SPD a renchéri en dénonçant le désastre climatique de l'affaire.

m_llheim3

m_llheim4

Posté par jl boehler à 00:10 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 16 novembre 2018

Le GCO passera-t-il par des forêts du Val de Villé ?

De nouveaux chemins forestiers aux dimensions d'une autoroute.

DSCF0562Nos chers ZADistes de la forêt du GCO (grand contournement ouest) vont bientôt devoir déguerpir. Après Notre-Dame des Landes, les voilà obligés de subir les assauts des forces de l'ordre sur le tracé de la future autoroute au nord de Strasbourg. Ils vont devoir trouver une autre forêt à défendre. Très certainement ils vont arriver en nombre dans le Val de Villé, où ils remonteront le "chemin des ânes" qui mène de Villé au Hohwald. Et c'est là qu'ils découvriront un nombre incalculable d'arbres abattus provocant des ouvertures aussi larges dans le massif vosgien qu'à Kolbsheim. 

Et que se passe-t-il donc là ? Une petite commune du Val de Villé, en l'occurrence Albé, a décidé de créer de nouveaux chemins pour l'exploitation forestière. Alors, on a trouvé une société avec de gros engins pour réaliser le tout, en un véritable travail d'artiste :

- Aucun respect des limites parcellaires ! Le bornage des propriétés des particuliers est devenu invisible, voire inexistant. D'ailleurs la société n'a que faire de ces bornes puisqu'elle se base sur un soi-disant repérage satellitaire. Alors les coupes de bois empiétant de près de 5 à 10 mètres dans les parcelles, aucune importance.

- Quant à la technique de coupe, elle est très professionnelle : des souches subsistent de 50 cm à 1 mètre au-dessus du sol ! Les bûcherons de métier apprécieront. Mais très certainement, la vitesse d'exécution pour rentabiliser le chantier a dû donner des courbatures et des hernies discales à certains ?

- Et le comble ! Cette société s'est engagée auprès de la commune à récupérer les arbres abattus, y compris ceux poussant sur les parcelles privées, pour en faire des pellets revendus en bois de chauffage. En échange, la commune ne déboursera rien pour l'aménagement du chemin. On comprend mieux qu'il est de l'intérêt des municipalités de laisser faire en fermant les yeux. Conseil est d'ailleurs donné aux propriétaires récalcitrants et qui osent  se présenter en mairie, d'attendre la fin des travaux qui doit intervenir dans trois ans au mieux. Le seul lésé sera le privé qui n'aura que ses yeux pour pleurer.

Et la seule promesse obtenue de la mairie : le bornage sera refait après la fin des travaux. Pour le reste, passez, il n'y a rien à voir ! Même Alsace-Nature n'a pas de dossier sur ce sujet : les routes GCO et RN59 ont plus d'impact médiatique que des chemins ruraux et forestiers ! 

Posté par jl boehler à 00:59 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,