Des syndicats de fonctionnaires ont défilé le 2 août à Caracas, pour dénoncer des nouvelles coupes budgétaires, alors que le pays subit toujours la crise économique. Des protestations désormais quotidiennes qui renforcent la pression sur le président Nicolás Maduro.

venezuela1Énième manifestation sur fond de crise économique sans fin au Venezuela. Au bruit des casseroles et des poêles martelées, plusieurs centaines de Vénézuéliens ont fait le 2 août une « marche des casseroles vides » dans les rues de Caracas. Menés par des syndicats du secteur public, professeurs, infirmiers et retraités ont défilé devant le ministère du travail. Ils réclament le versement de plusieurs primes par le gouvernement de Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2014 : la prime des vacances - 1,48 euro par mois - aux enseignants, qui devait être accordée en juillet, ne l’a pas été.

22 manifestations par jour

Le calcul de celle-ci, versées aux employés de l’éducation à la fin de l’année scolaire, a été faite sur la base des salaires de 2021 par l’Office national du budget (Onapre). Les syndicats assurent eux, ne pas avoir perçu cette prime (comme d’autres) et dénoncent une «violation » de leurs droits du travail.

Loin d’être un épiphénomène, c’est une nouvelle manifestation de la colère qui s’exprime désormais quotidiennement dans le pays. Au premier semestre de 2022, l’observatoire vénézuélien des conflits sociaux en a enregistré 3 892 dans le pays. Plus de 1 600 d’entre elles ont eu lieu pour réclamer des salaires décents. Des chiffres qui donnent le tournis : en moyenne, cela représente 22 manifestations par jour, soit une hausse de 15 % par rapport à l’année passée.

Le pays traverse une profonde crise économique depuis 2015, provoquée initialement par la baisse du coût du pétrole, principale ressource économique du pays. Les sanctions américaines, la mauvaise gestion de l’économie due à la corruption ont provoqué une hyperinflation (jusqu’à 3 000 % en 2020) et plongé les habitants dans la misère. Trois quarts de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté. L’économie est exsangue : en neuf ans, le PIB national a chuté de 80 %.

Menaces sur la rentrée scolaire

Début de 2022 une légère reprise a été enregistrée avec la remontée des prix du pétrole liée à la guerre en Ukraine et à l’adoption généralisée du dollar américain. Mais alors que l’inflation grimpe toujours (53 % en 2022), les salaires ont stagné. Pour un professeur, le revenu moyen avoisine les 50 dollars (48,5 euros) par mois depuis mars dernier. Une somme dérisoire, alors que le prix du panier alimentaire moyen d’un Vénézuélien est presque huit fois plus élevé. Et reste inaccessible pour la plupart des ménages.

À Caracas, hier, les manifestants ont remis leurs demandes au ministère du travail et annoncé qu’ils resteront dans les rues jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse des autorités. La fédération des enseignants du Venezuela, qui regroupe une grande partie des professeurs, a déclaré se préparer à ne pas assurer la rentrée scolaire en septembre, si le gouvernement de Maduro ne remplit pas ses obligations​ envers le corps enseignant. (selon "Ouest-France")

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