mercredi 23 mars 2022

Russes et Ukrainiens ne partiront plus en vacances en Egypte

L’Égypte, victime collatérale de la guerre en Ukraine

egypteD’une façon assez surprenante puisque c’est le tourisme égyptien qui est touché en plein cœur par cette guerre. Russes et Ukrainiens représentaient les deux-tiers des vacanciers dans les villes balnéaires d’Hurghada et de Sharm El-Sheikh.

Inutile de préciser que la fermeture, fin février, des espaces aériens ukrainiens puis russe, est un coup très dur portés aux stations balnéaires de la Mer Rouge qui s’étaient spécialisées ces dernières années dans l’accueil de cette clientèle.

En janvier, les hôtels de la « Riviera égyptienne » affichaient encore un taux d’occupation de 60 à 70%. Ces derniers jours, il est tombé à moins de 30% alors même que l’hiver est d’ordinaire une période propice pour le tourisme venu de Russie et d’Ukraine.

Si les Russes et Ukrainiens sont si nombreux à aller en Égypte, c'est parce que les Occidentaux et les Israéliens, qui formaient le gros des contingents du tourisme balnéaire en Égypte, ont déserté cette destination.

D’abord après la Révolution égyptienne de janvier 2011 et ensuite, à cause de la situation sécuritaire dans le Sinaï.

Donc l’industrie locale du tourisme – aidée par les autorités égyptiennes – ont cherché une autre clientèle moins effrayée par le terrorisme et tout aussi avide de sable blanc, de fonds marins d’exception et de température estivale quand il gèle en Europe.

Les Russes et les Ukrainiens ont donc petit à petit comblé le vide. Surtout les Ukrainiens d’ailleurs : l’an dernier, 3 millions d’entre eux ont plébiscité l’Égypte et ont dépensé 3,5 milliards de dollars à eux-seuls, soit un tiers des recettes touristiques du pays !

Pour les Russes, c'est plus compliqué. En 2015, eux-aussi avait été 3 millions à se prélasser sur les rives de la Mer Rouge. Mais le 31 octobre de cette année-là, un avion de la compagnie russe Metrojet se désintégrait en vol au-dessus du Sinaï. Une bombe avait été placée en soute.

Tous les 224 passagers et membres d’équipage, presque tous russes, ont péri dans cet attentat revendiqué par une branche locale de l’État islamique. La Russie, en représailles, a interrompu toutes ses liaisons aériennes avec l’Égypte jusqu’en 2018.

Mais en fait, les vols directs entre la Russie et les cités balnéaires égyptiennes n’ont été rétablis qu’en août dernier. L’espoir était donc grand pour cet hiver et l’été à venir. Jusqu’au 24 février, évidemment. Tout à coup, l’urgence était tout autre.

L'urgence, c'était le début de la guerre en Ukraine et donc des touristes des deux pays à rapatrier. Fin février, une vingtaine de milliers d’Ukrainiens et probablement autant de Russes se sont retrouvé coincés en Égypte, sans pouvoir prendre leur avion du retour.

D’abord, le ministère du Tourisme égyptien a pris en charge les nuitées supplémentaires. Ensuite, il a fallu affréter des avions pour ramener les touristes dans des pays frontaliers de la Russie et de l’Ukraine.

Il reste encore, selon Le Caire, 4 000 Ukrainiens sur place qui tous, à lire leurs témoignages dans la presse égyptienne, font l’expérience de l’émouvante solidarité des Égyptiens qui les hébergent et les nourrissent et tentent de les réconforter. (selon "France-Inter")

Posté par jl boehler à 06:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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