mardi 30 novembre 2021

Crise économique en Turquie

La dévaluation rapide de la monnaie rend la vie difficile aux Turcs

turquieUn commerçant du centre-ville d'Istanbul a du mal à suivre les changements sur les étiquettes de prix. Chez le grossiste, il doit payer de plus en plus cher ses légumes, ses fruits et ses œufs à des intervalles de plus en plus rapprochés. Et il le répercute immédiatement sur ses clients. Sa facture d'électricité au magasin, qui n'était que de 150 lires par mois il n'y a pas si longtemps, est passée en peu de temps à près de mille lires en plusieurs étapes.

Mille lires, c'est presque un tiers du salaire minimum turc, avec lequel la moitié des salariés doivent vivre en Turquie. A la maison aussi, les dépenses pour les besoins de base augmentent constamment, raconte le marchand de légumes. Le salaire total d'une connaissance suffit tout juste à payer sa facture de gaz.

Depuis le début de l'année, la lire a perdu plus d'un tiers de sa valeur par rapport à l'euro et au dollar. Rien que mardi, le cours a chuté de neuf pour cent par rapport à la veille. L'inflation est officiellement de 20 pour cent, mais de nombreux citoyens et experts indépendants observent que la valeur de leur argent fond encore bien plus vite.Débiter ses cartes de crédit et vivre à crédit

C'est pourquoi les gens économisent où ils peuvent. Un cordonnier d'Istanbul dit que ses clients font réparer leurs vieilles chaussures au lieu d'en acheter de nouvelles. Dans un garage automobile, le maître et son compagnon attendent en vain les clients. Rares sont ceux qui viennent encore faire entretenir ou réparer leur voiture, dit-il. Les pièces de rechange et l'huile moteur - des produits importés de l'étranger - sont devenus presque inabordables.

Même les visites régulières chez le coiffeur sont désormais limitées par de nombreux Turcs afin de garder l'argent. Les boulangers d'Istanbul réfléchissent à une forte augmentation du prix du pain, les prix du gaz et de l'électricité ne cessent d'augmenter. Les loyers ont augmenté de plus de 20 pour cent en un an, les prix des denrées alimentaires de près de 30 pour cent.

Au début de l'année, le salaire minimum correspondait à plus de 300 euros, aujourd'hui il n'est plus que de 200 euros. Comment les gens arrivent-ils encore à joindre les deux bouts ? Le maraîcher hausse les épaules. Sa réponse : "Débiter les cartes de crédit et vivre à crédit tant que c'est possible".

Pour beaucoup, il n'est donc plus question de faire de gros achats. Autrefois, les gens de la classe moyenne inférieure achetaient un ordinateur portable d'occasion parce qu'ils n'avaient pas les moyens d'en acheter un neuf, se souvient un vendeur d'ordinateurs. Aujourd'hui, même les ordinateurs d'occasion sont inabordables. Cela a aussi des conséquences pour lui : Pour le revenu qu'il obtenait auparavant en travaillant une heure, il doit aujourd'hui travailler cinq heures. "J'en ai assez de cette crise", dit-il.

Ceux qui ont encore de l'argent placent leurs lires en or ou les échangent contre des dollars pour mettre leurs économies à l'abri. C'est pourquoi les prix de l'or sont à leur plus haut niveau historique. Les consommateurs ont en outre quelque 240 milliards de dollars en devises étrangères sous leurs oreillers, un montant jamais atteint auparavant. Le dollar est devenu la véritable monnaie en Turquie, celle à laquelle tout le monde se réfère.

Les baisses de taux d'intérêt attisent la chute de la monnaie

Pour l'opposition et de nombreux experts, la faute revient au président Recep Tayyip Erdogan. Le chef de l'Etat est convaincu que les taux bancaires doivent baisser pour lutter contre l'inflation. La grande majorité des spécialistes disent le contraire. Selon eux, une inflation élevée doit être combattue par des hausses de taux d'intérêt. Sous la pression d'Erdogan, la banque centrale turque a baissé les taux d'intérêt à plusieurs reprises au cours des derniers mois, ce qui a accéléré la chute de la lire. Semih Tümen, un ancien vice-directeur de la banque centrale renvoyé par Erdogan, qualifie le cours du président d'"expérience irrationnelle sans perspective de succès".

Erdogan continue malgré tout à mettre les gaz. La prochaine baisse des taux d'intérêt est attendue dès le mois de décembre. Le président veut stimuler la conjoncture avec des taux d'intérêt aussi bas que possible afin de pouvoir lutter contre le chômage à temps avant les prochaines élections dans un an et demi. Il ignore les avertissements des experts selon lesquels il pousserait les gens à la pauvreté en raison de l'inflation élevée et de la chute de la monnaie. Il veut plutôt voir derrière ces problèmes un complot international contre la Turquie. C'est pourquoi il vient de déclarer une "guerre d'indépendance économique" qu'il veut gagner "avec l'aide de Dieu et le soutien de la nation".

Même si de tels propos peuvent paraître absurdes, de nombreux Turcs croient le président et le soutiennent, malgré toutes les plaintes concernant la faiblesse de la lire et la hausse des prix. "L'étranger n'aime pas que la Turquie devienne forte", explique un menuisier. Ce vendeur d'ordinateurs est convaincu que la crise de la lire prendrait fin immédiatement si la Turquie cessait d'irriter l'étranger avec son engagement à Chypre, en Syrie, en Libye et dans le Caucase et renonçait à la recherche de gaz naturel en Méditerranée. "Ils ne veulent pas que nous gagnions la pleine indépendance" est une idée très répandue.

A cela s'ajoute le fait que de nombreux électeurs ne voient pas d'alternative à Erdogan. Selon un sondage du prestigieux institut MetroPoll, deux électeurs sur trois ne font pas confiance à l'opposition pour résoudre les problèmes économiques du pays.

(selon "der Tagesspiegel")

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lundi 29 novembre 2021

Péril djihadiste en Afrique de l’ouest

La Côte d’Ivoire mise sur la carte du multilatéralisme

c_te_d_ivoire_1Cible d’attaques armées sporadiques depuis deux ans, le nord de la Côte d’Ivoire, frontalier du Mali et du Burkina Faso, affronte une menace terroriste croissante face à laquelle les autorités prônent une réponse sécuritaire en collaboration avec les pays voisins.

A Tengrela, près de la frontière malienne, les ballets de véhicules militaires rythment désormais le quotidien des habitants. Depuis des menaces d’attaques jihadistes en 2020, directement adressées au bureau du préfet de région, une base militaire a été installée dans la ville. Une présence plutôt bien accueillie par la population.

« On est contents de voir les forces spéciales parmi nous, on sait qu’on est en sécurité », assure à l’AFP Zié Coulibaly, un chauffeur qui roule dans la zone.

« On est rassurés que les militaires soient là, si on peut en envoyer encore plus, on sera contents! », plaide Koné Zoumana président d’une coopérative d’orpaillage. Au sommet de l’Etat ivoirien, on le martèle: la situation dans le nord est sous contrôle.

« Les Ivoiriens peuvent être rassurés, les forces ont été accrues sur cette zone nord et tous les moyens de l’Etat sont mis à disposition pour sécuriser cette frontière nord », affirme le Premier ministre Patrick Achi. Plusieurs attaques contre l’armée ont toutefois secoué ces deux dernières années le nord-est du pays, vers la frontière du Burkina Faso, la plus meurtrière étant celle de Kafolo qui a coûté la vie à 14 soldats en juin 2020.

– Base arrière des jihadistes –

La région est attenante au parc de la Comoé, une forêt de 11.000 km² proche du Burkina Faso, qui sert de base arrière pour des groupes jihadistes, principalement liés à Al-Qaida, selon plusieurs sources sécuritaires. Et si la zone de Tengrela, proche de la frontière malienne, est sous étroite surveillance, elle est pour l’heure relativement épargnée par les attaques.

Le gouvernement ivoirien prend néanmoins la menace au sérieux et prône une collaboration renforcée avec ses voisins pour y faire face. « Aujourd’hui, le Burkina Faso et le Mali constituent l’épicentre de la menace terroriste qui descend vers la Côte d’Ivoire. Le gouvernement a tout intérêt à collaborer avec ces Etats », explique l’expert antiterroriste ivoirien Lassina Diarra.

Vendredi dernier, les chefs d’état-major de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédeao) se sont engagées à multiplier les opérations conjointes dans la région.

La Côte d’Ivoire en mène déjà certaines avec l’armée burkinabè et malienne et bénéficie en outre de l’aide de certains partenaires occidentaux. Les Etats-Unis ont par exemple débloqué 19,5 millions de dollars sur cinq ans pour le projet « Résilience pour la paix », visant à aider les communautés frontalières à lutter contre l’extrémisme, en particulier les jeunes.

Un Centre de formation de militaires, policiers, gendarmes et magistrats dans la lutte contre le « terrorisme » a été inauguré en juin à Jacqueville, près d’Abidjan, avec le soutien de la France.

La Côte d’Ivoire veut à tout prix éviter un scénario à la burkinabè où les groupes jihadistes ont gagné du terrain dans la plupart du territoire en quelques années, menant des attaques sanglantes presque chaque semaine contre civils et militaires.

-Objectif des jihadistes, le sud-

« L’objectif des terroristes est d’étendre leur hégémonie économique, culturelle et religieuse le plus possible vers le Sud », reconnaît Fidèle Sarassoro, directeur de Cabinet du président ivoirien.

Mais si la Côte d’Ivoire ne connaît pas le même niveau de violence que ses voisins, plusieurs experts mettent en garde contre l’implantation des groupes terroristes au sein des populations.

« La première forme de lutte, avant même la lutte militaire, c’est de faire en sorte que les populations sur votre sol ne s’associent pas à ce genre d’actes totalement inacceptables », concédait au début du mois le Premier ministre Patrick Achi.

« Les jihadistes proposent de fortes sommes d’argent à leurs nouvelles recrues. Confrontés au manque d’emploi et à la précarité, beaucoup de jeunes peuvent trouver dans le terrorisme jihadiste un emploi rémunérateur », pointent des travaux du Centre de recherche et d’action pour la paix (Cerap).

Alors existe t-il une réponse ivoirienne au-delà de la réponse sécuritaire? Le gouvernement assure mener des projets de développement dans le nord du pays, mais certains experts s’interrogent.

« L’Etat oppose une approche purement militaire qui ne permet pas de prendre en compte certaines dynamiques. Les groupes terroristes évoluent sur des dynamiques sociales, sur les carences structurelles de l’Etat avec des discours pouvant séduire des personnes en vue de leur recrutement », s’inquiète Lassina Diarra qui déplore également des actes de « racket » des forces de sécurité dans la région.

« Il faut d’autres approches pour éviter que le pays bascule comme ce que l’on a connu au Burkina Faso », conclut-il. (selon AFP).

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dimanche 28 novembre 2021

Bière de Noël à Breitenbach

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Des blondes, des brunes, des rousses...

La Brasserie l’Abreuvoir est une petite brasserie associative (à but non lucratif) qui compte une dizaine de membres actifs et déterminés ! Basée rue du Mont Ste Odile à Breitenbach (67), elle produit chaque mois environ 500 litres de bière.

En fonction des envies et de la saison, une recette est établie afin de satisfaire… et étonner… les papilles de nos nombreux amateurs. Tout au long de l’année nous vous invitons à faire un petit tour avec nous dans l’univers de la bière et de ses plaisirs.

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samedi 27 novembre 2021

Autriche, Pays-Bas... vers une nouvelle vague de colère ?

Alors que l'Europe fait face à une nouvelle vague de Covid-19, plusieurs pays ont mis en place de nouvelles restrictions à l'origine de manifestations.

pays_basLa cinquième vague amènera-t-elle avec elle une vague de colère ? A l'approche de l'hiver, l'Europe est de nouveau l'épicentre de la pandémie de Covid-19. La circulation de plus en plus forte du virus oblige de nombreux pays à serrer la vis. En France, l'heure est à la "vigilance absolue", selon les mots du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, alors que le pays a dépassé le seuil des 20 000 cas quotidiens. Mais la forte couverture vaccinale (75% de Français totalement vaccinés) donne l'espoir de pouvoir traverser la cinquième vague sans saturation dans les hôpitaux. 

Ailleurs en Europe, il s'agit de réagir vite et fort dans plusieurs pays. Les Pays-Bas ont réintroduit la semaine dernière un confinement partiel. Le gouvernement néerlandais envisage aussi de restreindre l'accès aux lieux de restauration et de loisirs après une période de trois semaines aux seules personnes vaccinées ou guéries de la maladie. L'Autriche de son côté va confiner lundi l'ensemble de sa population et a opté pour la "vaccination obligatoire" à partir de février, une première dans l'Union européenne. Face à ces mesures radicales, la contestation monte. Et de l'autre côté de l'Atlantique, dans les Antilles françaises, des scènes de violence et de vandalisme se produisent aussi en Guadeloupe.

guadeloupe

  • Aux Pays-Bas, une manifestation dégénère

Les contaminations continuent de grimper sur le vieux Continent. Les Pays-Bas font notamment face à une flambée, avec plus de 21 000 nouvelles infections enregistrées vendredi. Le 12 novembre, des restrictions ont été annoncées, avec notamment le retour du confinement partiel. Les annonces ont déclenché des affrontements entre manifestants et policiers devant le ministère de la Justice à La Haye.  

La tension est encore montée d'un cran dernièrement. Des tirs de la police néerlandaise ont fait plusieurs blessés vendredi dans la ville portuaire de Rotterdam. Les émeutiers qui protestaient contre les restrictions ont incendié une voiture de police, lancé des pierres et déclenché des feux d'artifice. La police anti-émeute a repoussé les manifestants en déployant notamment un canon à eau. 

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et au moins sept personnes ont été blessées. "Des coups de semonce ont été tirés à plusieurs reprises. À un moment donné, la situation est devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles", a indiqué la police. Le maire de Rotterdam Ahmed Aboutaleb a qualifié les incidents d'"orgie de violence". 

Face à une situation "très grave", les autorités locales ont interdit les rassemblements dans la zone pour éviter de futurs débordements. Ce samedi, plusieurs milliers de personnes sont attendues à des manifestations prévues à Amsterdam et dans la ville méridionale de Breda, selon les médias locaux. Pour rappel, des  émeutes avaient déjà éclaté en janvier  dernier pour protester contre la mise en place d'un couvre-feu.  

  • Manifestation contre le confinement en Autriche

Ailleurs sur le Vieux Continent, des mesures radicales sont prises pour freiner la progression du virus. L'Autriche va ainsi confiner dès lundi l'ensemble de sa population et a décidé de rendre la "vaccination obligatoire" à partir de février, une première dans l'Union européenne. Il faut "regarder la réalité en face", a déclaré le chancelier conservateur Alexander Schallenberg lors d'une conférence de presse, après des discussions avec l'ensemble des gouverneurs de régions.  

Lundi dernier, le pays avait opté pour un confinement des non-vaccinés. La mesure est donc étendue aux 8,9 millions d'habitants jusqu'au 13 décembre. Le chancelier a expliqué être conscient qu'on demandait "énormément" aux vaccinés, "parce que trop de gens n'ont pas fait preuve de solidarité". "Nous avons trop de forces politiques dans ce pays qui s'opposent avec véhémence" à la vaccination, a lancé le chancelier, dénonçant un "attentat contre notre système de santé".  

Ce samedi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Vienne pour protester contre ces mesures. La manifestation était organisée à l'appel du parti d'extrême droite FPÖ, même si son chef Herbert Kickl, testé positif au coronavirus, était absent. La foule, réunie au coeur de la capitale autrichienne à deux pas de la chancellerie, agitait des banderoles dénonçant "la corona-dictature" ou encore disant "non à la division de la société". 

  • La question de l'acceptabilité

Reste à savoir si des manifestations similaires pourraient se produire dans d'autres pays européens. En effet, de plus en plus optent pour des restrictions. Les Etats régionaux allemands de Bavière et de Saxe, faisant face à une forte reprise épidémique, ont par exemple annoncé vendredi l'annulation de tous les marchés de Noël (une institution dans le pays), en plus d'autres restrictions. Le Land de Saxe, dans l'est du pays, a entre autres interdit aux personnes non-vaccinées l'accès aux magasins non essentiels et aux salons de coiffure. 

La situation est déjà explosive dans les Antilles françaises, en Guadeloupe. La mobilisation contre le passe sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants, lancée cette semaine par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes, a conduit à des scènes de violence. Quatre immeubles de Pointe-à-Pitre, le chef-lieu, sont partis en fumée, selon les pompiers, et les manifestants ont affronté la police à coups de pierres ou de tirs de mortier. "Compte tenu des mouvements sociaux en cours dans le département et des actes de vandalisme", le préfet a annoncé vendredi l'instauration d'un couvre-feu immédiat entre 18 heures et 5 heures, et ce jusqu'à mardi.  

En France métropolitaine, le gouvernement le répète, aucun confinement n'est prévu à l'heure actuelle, et la forte couverture vaccinale donne l'espoir de pouvoir traverser la vague épidémique sans saturation dans les hôpitaux. Mais ces questions sur les tensions et la contestation face aux restrictions ne sont pas nouvelles.  

Début janvier, alors qu'un troisième confinement était de plus en plus évoqué face à la hausse des cas, le pouvoir s'inquiétait des appels de plus en plus nombreux à ne pas respecter les restrictions. "On est sur un terrain glissant. Le risque en refermant le pays, c'est la désobéissance civile de certains", estimait alors Christophe Castaner, patron des députés LREM, selon Le Parisien.  

"Tout mouvement social accouche d'une génération dite 'radicale' et d'une avant-garde violente", soulignait à cette période auprès de L'Express Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers. "Les mouvements se déclenchent en fonction de deux critères : le manque de confiance et la lassitude - l'énervement, l'agacement, le pourrissement". 

Selon lui, les scènes d'émeute que l'on observait déjà aux Pays-Bas était possibles en France, "pays des Grandes Jacqueries depuis 1358 et qui en fait régulièrement une tous les 10/20 ans peut parfaitement être en situation de rébellion ; mais cette rébellion n'est possible que du fait de l'incohérence de la communication", expliquait-il. (selon L'Express)

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vendredi 26 novembre 2021

Côte d’Ivoire : la corruption des forces de l’ordre en procès

Le procès d’une quarantaine de policiers et gendarmes pour des faits de corruption s’ouvre vendredi au tribunal militaire d’Abidjan.

abidjan1Sept policiers et gendarmes comparaissent vendredi 5 novembre devant le tribunal militaire d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, pour « extorsion de fonds ». Au total, quarante-trois membres des forces de l’ordre sont appelés à prendre place dans le box des accusés ces prochaines semaines pour des faits de « racket ». Un nombre de procès inédit pour ce tribunal militaire qui jugeait en moyenne jusqu’ici chaque année une trentaine de cas de ce genre.

Cette subite profusion découle de l’opération « coup de poing » menée au sein des services publics par les autorités ivoiriennes. Première cible dans le viseur de l’ancien juge Epiphane Zoro Bi Ballo, ministre de la promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption : les contrôles routiers « payants » menés par les forces de l’ordre.

« Cette forme de harcèlement des transporteurs de marchandises a une incidence directe sur le coût de la vie et donc sur le quotidien de nos concitoyens », a-t-il expliqué au Monde Afrique, en allusion à l’inflation générée par ces pratiques sur le prix de certains produits vivriers.

Ces « arrangements financiers » sont le quotidien des Ivoiriens, à tel point que dans son enquête datée de 2019, le rapport Afrobaromètre (réseau panafricain indépendant) concluait que « la police est l’administration publique la plus impliquée dans la corruption en Côte d’Ivoire ».

Réalité vécue ou « ressenti collectif » ?

L’étude révélait également que plus de la moitié des personnes interrogées admettait avoir versé un pot-de-vin à un agent de police au cours des douze derniers mois afin « d’éviter des problèmes ». 42 % des sondés indiquaient avoir fait de même pour « obtenir une assistance » des forces de l’ordre au cours de la même période.

Selon l’indice de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International, la Côte d’Ivoire figurait en 2020 à la 104place sur 180 pays, une performance certes meilleure qu’il y a dix ans mais qui reste embarrassante pour l’une des principales puissances économiques d’Afrique de l’Ouest.

D’autant plus que dans son rapport, l’ONG indiquait que 40 % des Ivoiriens considéraient que la corruption avait empiré par rapport à l’année précédente. Qu’il s’agisse d’une réalité vécue ou d’un simple « ressenti collectif » – comme défend le ministre –, la corruption empoisonne la vie des Ivoiriens et ces données alarmantes expliquent en partie l’offensive, notamment médiatique, du pouvoir contre ce phénomène.

Le mal est profond : aucun secteur, même les plus essentiels comme la santé, l’éducation ou la justice, n’y échappe et les professionnels de ces milieux sont régulièrement accusés de s’enrichir au lieu d’assurer leur mission de service public. « La corruption est devenue la norme, notamment dans le secteur public où tous les services deviennent des marchandises ; cela encourage l’incompétence et l’irresponsabilité », prévient le sociologue Francis Akindès.

La « petite corruption du quotidien »

Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus les témoignages d’étudiants en colère après avoir échoué à un concours faute d’avoir pu soudoyer leurs examinateurs. Mais si pour le chercheur, dénoncer la « petite corruption du quotidien » est essentiel, une lutte efficace contre ce phénomène qui « désorganise la société » nécessite de « s’attaquer aux intouchables qui se cachent derrière leur totem d’immunité ».

Cette critique de l’impunité des puissants est lancinante en Côte d’Ivoire, mais elle ne semble avoir été entendue par les autorités que dernièrement. Depuis le mois de juillet et le lancement de l’opération « mains propres », plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques et parapubliques ont été suspendus. Des audits ont été lancés pour identifier d’éventuels cas de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite. Une affaire que suivent de près les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire.

« Les bonnes performances économiques du président Ouattara avaient jusque-là permis de masquer les problèmes majeurs de gouvernance, mais la dernière présidentielle a laissé des traces », analyse un diplomate en poste à Abidjan, en référence à l’élection d’octobre 2020, tenue dans un climat de tension et qui a vu le président être réélu pour un troisième mandat controversé.

Passé par les organisations internationales, le chef de l’Etat est conscient que les partenaires internationaux attachent désormais autant d’importance aux enjeux de gouvernance qu’au respect des règles démocratiques. « En s’attaquant bruyamment au phénomène de la corruption, il se rachète une image à peu de frais », commente le même diplomate.

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jeudi 25 novembre 2021

Mali : environ 150 personnalités sanctionnées par la Cédéao, dont le premier ministre

Le colonel Assimi Goïta, président de transition et chef de la junte, et le ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, sont absents de cette liste.

maliLe premier ministre de transition malien, Choguel Maïga, et la quasi-totalité de son gouvernement figurent parmi environ 150 personnalités visées par des sanctions individuelles infligées récemment par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), révèle un document officiel de l’organisation régionale obtenu mercredi 17 novembre par plusieurs médias, dont l’AFP et Le Monde Afrique. Les avoirs financiers de tous ceux qui se trouvent sur la liste – dont les 121 membres du Conseil national de la transition, qui fait office d’organe législatif – sont gelés et ils ont l’interdiction de voyager au sein de la Cédéao. Ces sanctions frappent aussi les membres de leur famille.

Le colonel Assimi Goïta, président de transition et chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 18 août 2020, et le ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, sont en revanche absents de cette liste, sur laquelle se trouvent 27 ministres en plus du chef du gouvernement. Aucune explication officielle n’est fournie à leur absence dans le document de la Cédéao. Mais selon plusieurs sources, Assimi Goïta et Abdoulaye Diop auraient été écartés pour permettre aux autorités de transition de se faire représenter aux futures réunions de l’organe ouest-africain et ainsi maintenir le dialogue entre les deux parties.

Les dirigeants de l’organisation, réunis en sommet le 7 novembre, avaient décidé d’infliger des sanctions individuelles à ceux qui, après deux coups d’Etat en un an dans ce pays plongé dans une crise profonde, retardaient selon eux la tenue d’élections pour un retour des civils au pouvoir. La Cédéao avait indiqué lors de ce sommet avoir reçu la confirmation officielle de la part des autorités maliennes qu’elles ne seraient pas en capacité d’organiser des élections présidentielle et législatives en février 2022, comme la junte s’y était préalablement engagée.

Des « incertitudes politiques accrues »

Le gouvernement malien invoque l’insécurité persistante dans ce pays pauvre et enclavé, livré depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda ou à l’organisation Etat islamique (EI) et aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices d’autodéfense autoproclamées et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d’exactions. Les deux tiers du pays échappent au contrôle des autorités. Dans le document, la Cédéao constate « l’absence de progrès dans la préparation des élections, notamment l’absence d’un calendrier détaillé » en vue de la tenue de ces scrutins « aux dates convenues ». Le non-respect de l’échéance est « constitutif de la remise en cause des fondements essentiels » de l’organisation, dit la Cédéao, qui note que les « incertitudes politiques accrues » au Mali contribuent à la « détérioration de la situation sécuritaire », elle-même de nature à compromettre la stabilité de la région.

Les sanctions de la Cédéao pourraient servir de référence à un certain nombre de partenaires qui soutiennent le Mali dans la crise. A commencer par l’Union européenne (UE), qui a toujours annoncé qu’elle s’alignerait sur les positions des chefs d’Etat ouest-africains dans la gestion du dossier malien. Le 15 novembre, la diplomatie de l’UE avait annoncé vouloir prendre des sanctions contre les membres de la transition. Leur nature devrait être précisée dans les prochains jours.

La France, engagée militairement au Mali et au Sahel depuis 2013, plaide également pour l’adoption de sanctions européennes dans le sillage de la Cédéao, comme l’avait indiqué dimanche la porte-parole de la diplomatie française. (selon AFP)

cedeao

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mercredi 24 novembre 2021

Quatre marchés à Saint-Martin

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mardi 23 novembre 2021

Cinéma à Hong Kong

Hong Kong a adopté une loi qui permet aux autorités d'interdire des films qui menaceraient la "sécurité nationale". 

hong_kongLe cinéma de Hong Kong est entré dans la mémoire collective. Il y a les coups puissants d’un Bruce Lee. Il y a cette valse lancinante qui reste en tête, la musique magnifique, d’un film magnifique : In the mood for love. Réalisateur : Wong Kar-Wai.

On pourrait citer aussi John Woo, Jackie Chan, Stephen Show ou Tsui Hark. On en oublie beaucoup. Il est loin le temps du septième art florissant à Hong Kong, du cinéma cantonais de classe mondiale pendant la seconde moitié du XXe siècle. Et cette loi récente ne va pas l'aider à se redresser.

Une loi adoptée cette semaine par l'assemblée législative, dépourvue d'opposition et acquise à Pékin, autorise les autorités à révoquer la licence de projection de tout film "jugé contraire aux intérêts de la sécurité nationale". C'est suffisamment flou pour permettre une censure qui ratisse large. Le secrétaire d'État au commerce à Hong Kong, veut croire "que cela aidera l'industrie du cinéma à éviter de marcher au-delà des lignes rouges". Lignes rouges précisées dans une autre loi, celle sur "la sécurité nationale" donc, qui interdit notamment tout ce qui est considéré comme de la sécession, de la subversion. Une réponse directe au mouvement pro-démocratie, massif, en 2019.

Interdire les films déjà sortis

Les censeurs ont même le droit d'interdire les films d'avant. Les films déjà sortis, qui avaient reçu un feu vert, vont être revérifiés pour voir si ils sont conformes. Les inspecteurs peuvent aussi fouiller sans mandat tous les locaux soupçonnés de projeter des films non autorisés. Les peines maximales pour la projection d'un film sans licence ont été portées à trois ans de prison et une amende un million de dollars hong-kongais, environ 110 000 euros. Avec cette loi, c'est la fin d'une exception culturelle à Hong Kong, qui se rapproche des règles de censures imposées en Chine continentale.

Une faille dans la censure

La loi pour l'instant n'interdit pas à Hong Kong, les plateformes de streaming comme Amazon ou Netflix. Si vous avez un abonnement Netflix, vous pouvez en ce moment jeter un œil au documentaire Joshua contre une superpuissance.

Le portrait de Joshua Wong, célèbre militant pro-démocratie, emprisonné plusieurs fois, il a participé à la "Révolution des parapluies" en 2014. Espérons que ce documentaire soit toujours accessible sur cette plateforme à Hong Kong. Si c'est le cas, ce serait une petite claque pour la censure. (selon Franceinfo)

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lundi 22 novembre 2021

La pandémie entraîne une hausse des fraudes sur internet

La pandémie de coronavirus a entraîné une forte augmentation de la fraude aux achats en ligne, les criminels ciblant notamment les personnes faisant du télétravail, a annoncé jeudi Europol, l’agence européenne de police.

fraudes« La crise exceptionnelle du covid-19 a alimenté l’augmentation de la cybercriminalité sous toutes ses formes », a déclaré dans un communiqué Europol, qui publiait son rapport annuel sur la cybercriminalité.

« L’extension des confinements dans toute l’Europe a apporté un certain nombre de nouvelles opportunités de commerce en ligne, qui se sont souvent révélées être une cible pour les criminels », a indiqué dans ce rapport l’agence, basée à La Haye.

« Les criminels proposent des biens et reçoivent des paiements sans livraison, escroquent les boutiques en ligne ayant des mesures de sécurité faibles ou utilisent les services de livraison comme leurres de phishing (hameçonnage) », ajoute l’agence.

Les criminels visent particulièrement les téléphones portables en se faisant passer pour des services de livraison prétendant offrir des informations sur un colis, mais espérant en réalité obtenir le compte de la victime et les détails de sa carte de crédit. Ils utilisent notamment la méthode de « smishing », soit l’envoi de messages par SMS vers des téléphones portables.

Le dark web, une version parallèle d’internet où l’anonymat des utilisateurs est garanti, continue d’être le principal marché pour les activités illicites, malgré les récents coups de filet des forces de l’ordre dans le monde entier, dont le démantèlement en janvier de la plateforme « DarkMarket » présentée alors comme le « plus vaste » point de vente du cybermarché noir.

Les cryptomonnaies comme Bitcoin et Monero restent la forme de paiement privilégiée par les criminels sur le dark web, où le commerce d’armes est à la hausse, notamment les armes conçues avec des imprimantes 3D, selon Europol. (selon "Le quotidien de Luxembourg")

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dimanche 21 novembre 2021

Noël à Thanvillé

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