Le Bade-Wurtemberg est l'un des grands partenaires économiques de la France. Les connections terrestres, la coopération universitaire et high tech avec l’Alsace, font du Land une destination affaires de prédilection. Et le projet Stuttgart 21 va renforcer le statut du Land en tant que plaque-tournante économique entre Est et Ouest.

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« Pandémie, quelle pandémie ? », serait-on tenté de dire lorsque l’on déambule dans les rues de Stuttgart. La métropole du sud-ouest de l’Allemagne semble de fait totalement ignorer la crise. Les terrasses des cafés et restaurants grouillent de monde en cette fin d’été, la vie culturelle bat son plein, tandis que Mercedes et autres voitures de luxe s’alignent le long des trottoirs de cette ville de plus de 600 000 habitants.

Tout ici respire l’opulence, mais une opulence que l’on souhaite de bon aloi. « Stuttgart est une des villes les plus riches d’Allemagne, avec une opulence que l’on veut discrète, solide. Ici, on n’étale pas ses richesses. C’est une force pour cette ville et un attrait pour les voyageurs d’affaires », explique Armin Dellnitz, Directeur Général de l’agence de promotion touristique Stuttgart Marketing GmbH. Transfuge du nord de l’Allemagne, Armin Dellnitz est directeur depuis plus de 12 ans de l’office de tourisme. « Stuttgart séduit en fait par son pragmatisme et son esprit d’ouverture à tous les courants, à toutes les cultures », décrit-il.

Une impression qui se retrouve d’ailleurs dans les autres grandes villes du Land. A Karlsruhe, Mannheim, Fribourg ou encore Heidelberg, la vie quotidienne a repris un cours quasi-normale après des mois de confinement dus au covid.

Avec ses 11 millions d’habitants – autant que la Belgique -, un PIB par habitant de 47 290 euros, un pouvoir d’achat de près de 40% supérieur à la moyenne de l’Union Européenne et un chômage qui ne touche que 2,4% de la population, le Bade-Wurtemberg est de fait un poids lourd économique en Allemagne. Il génère à lui seul 15,3 % du PIB de la République Fédérale. Le secret de cette réussite économique : des milieux politiques et économiques qui travaillent en bonne entente. Ainsi, les grands noms de l’industrie allemande – Bosch, Daimler Benz, Kärcher, Porsche – sont basés à Stuttgart. Mais ils ne sont pas les seuls : ABB, Hewlett-Packard, Michelin, Roche ou Samsung ont également élu le Bade-Wurtemberg pour leur présence allemande. A Karlsruhe, on trouve par exemple le siège local de L’Oréal.

Le dynamisme de la région se reflète aussi par la densité du tissu de PME. Beaucoup se regroupent au sein de « clusters » spécifiques. On en compte 110 à travers le Land et ils favorisent les contacts entre PME, centres de recherche et services. Les acteurs économiques et politiques du Land font donc preuve de pragmatisme face à une situation économique brillante, à peine entachée par l’épidémie de Covid. Si les élections de mars dernier ont apporté un changement politique notable, avec une coalition des plus hétéroclites entre conservateurs de la CDU et écologistes, la révolution n’a pas eu lieu.
« En France, une telle association serait un peu comme l’eau et le feu. Ici, on a peut-être plus qu’ailleurs le sens de ce qui est bon pour la région. La nouvelle coalition a signé un programme de gouvernance. Et il est appliqué à la lettre, comme le serait un contrat. Et cela toujours au nom de cette approche pragmatique », décrit Catherine Veber, Consule Générale de France à Stuttgart. Car, quelle que soit la tendance politique, les partis au pouvoir connaissent très bien les atouts de la région.

La première région d’Europe pour l’innovation

De fait, le Bade Wurtemberg est considéré comme la première région d’Europe pour l’innovation. Associés à la Bavière, les deux Länder génèrent près de 50 % de toutes les dépenses en Allemagne dans la recherche et le développement – dont 27 % pour le seul Bade Wurtemberg. Le Land consacre ainsi près de 6 % de son PIB à la recherche, presque le double de la moyenne allemande et très loin devant la Chine, le Japon ou les Etats-Unis. Fribourg, Heidelberg, Heilbronn ou Karlsruhe sont de fait d’importants pôles de recherche, notamment dans la mobilité durable et l’environnement, la santé ou les technologies d’information et de communication.

Karlsruhe abrite par exemple l’Institut de Technologie de Karlsruhe (KIT), l’un des premiers d’Allemagne avec plus de 9 000 chercheurs et 25 000 étudiants. Une institution qui a permis à la ville de s’affirmer comme la capitale allemande des technologies de l’information et de l’internet.

La région est idéale, donc, pour les voyageurs d’affaires français de par sa proximité comme son sens de l’innovation. Il existe ainsi une coopération très active pour le Rhin supérieur impliquant Alsace, Bade-Wurtemberg et Rhénanie Palatinat en Allemagne, ainsi que la région de Bâle en Suisse. Lutte contre le réchauffement climatique, infrastructures ferroviaires communes, parcs d’activités transfrontaliers et coopération universitaire et scientifique sont quelques- uns des sujets que traite cette entité supra-régionale. Et qui aide à positionner le Bade-Wurtemberg comme le partenaire incontournable des entreprises françaises en Allemagne. '(selon "Voyages d'affaires")