Peu de naissances, peu d’apports de populations, la démographie du Grand Est poursuit sa lente dégringolade. Selon l’Insee, au 1er  janvier 2019, la grande région comptait 13 100 habitants de moins qu’à la même période de 2018. Une dégradation douce, mais obtuse.

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Au boulot ! Le Grand Est ne fait pas assez de bébés et n’attire pas suffisamment de candidats à l’installation. Conséquence, l’action croisée de ces deux phénomènes fait que la population baisse et vieillit d’année en année. La dernière note de conjoncture de l’Insee sur l’évolution de la démographique en région Grand Est de 2007 à 2017 l’avait déjà révélé en décembre dernier, la dégradation démographique est continue. L’Institut national de la statistique vient de confirmer cette tendance.

Selon sa dernière étude, au 1er janvier 2019, le Grand Est comptait 5 525 300 habitants, soit 13 100 de moins qu’à la même période de 2018. Le vaste territoire qui va de Reims à Strasbourg en passant par Nancy, Metz, Verdun et Épinal rassemble 8,5 % de la population de la métropole. La diminution sur un an est de -0,24 %, alors que dans le même temps, la population française progressait de +0.13 %.

L’Insee note tout de même une évolution positive depuis 2008 : « En dix ans, le Grand Est a gagné 17 000 habitants, soit + 0,03 % par an en moyenne, pour + 0,41 % en métropole », mais constate que cette croissance demeure faible par rapport aux autres régions françaises.

L’Alsace épargnée

Le Grand Est occupe, en effet, la dernière place derrière la Bourgogne Franche-Comté. La démographie est tirée vers le bas par les départements qui désertifient.

« La population augmente ou se stabilise dans les départements les plus densément peuplés, tandis qu’elle diminue fortement dans les plus ruraux », observe l’Insee. Haute-Marne, Ardennes, Meuse et Vosges sont pris dans une spirale descendante. « Ils perdent entre 0,41 % et 0,72 % de leurs habitants chaque année depuis 2008 », indique l’Insee. Le contraste est marqué entre les départements alsaciens, qui conservent une dynamique forte liée en partie à leur attractivité et à leur robustesse économique, et leurs voisins. « Seuls les départements alsaciens (Haut-Rhin et Bas-Rhin) et l’Aube gagnent des habitants sur dix ans (entre + 0,24 % et + 0,34 % par an) », souligne l’Insee. Par ailleurs, la stagnation de la natalité conjuguée à une hausse de la mortalité fait que le « solde naturel s’amenuise ». N’étant pas aidée par l’implantation de nouveaux résidents, la démographie fléchit ainsi depuis une dizaine d’années.

Une région peu féconde

Autre répercussion de ce déficit des naissances, le vieillissement de la population. Une population qui ne se renouvelle pas ou peu, prend de l’âge et décline naturellement. Le problème est général en France, mais plus saillant en Grand Est. Ce qui l’est tout autant, c’est la baisse de la natalité. Il est dû à deux principaux facteurs, selon l’Insee : un, le vieillissement de la population, rapport de causalité ; deux, la faible fécondité des femmes.

La région est, en effet, la moins de féconde de France. Elle se situe derrière la Corse et la Nouvelle Aquitaine avec 1,71 enfant par femme en 2018, contre 1,84 en France métropolitaine. « Avec 10,1 naissances pour 1 000 habitants, le taux de natalité se stabilise à son plus bas niveau depuis 1975, un point en dessous du niveau national », pointe l’Insee qui ajoute : « Dans le Grand Est, 41 % des femmes ont entre 15 et 49 ans, soit 5 points de moins qu’il y a dix ans. Leur nombre se réduit plus fortement dans la région qu’en France métropolitaine. » Depuis 2015, cette caractéristique fait perdre 500 naissances par an à la grande région.

Thierry Fedrigo (Le quotidien du Luxembourg)