Alors qu’un seul cas d’infection par le coronavirus a été signalé au Cambodge, l’industrie touristique de Siem Reap subit les effets de la peur du virus.

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Depuis le début de l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV en janvier, la ville de Siem Reap, halte obligatoire pour visiter le parc archéologique d’Angkor, a subi une nouvelle diminution de son activité. « Le tourisme a clairement baissé depuis le début de l’épidémie du nouveau coronavirus, indique Pierre-André Romano, président de la section locale de la chambre de commerce et d’industrie France-Cambodge (CCIFC) à Siem Reap. Les touristes en provenance de la Chine, des Etats-Unis et du Japon annulent en masse leurs réservations dans les hôtels. C’est un peu moins le cas pour les Français. »  Cambodia Airports note une forte diminution des arrivées à l’aéroport de Siem Reap depuis le début de la crise du coronavirus. Entre le 1er et le 4 février, le nombre de passagers a chuté de 54% par rapport à la même période l’année dernière.Un seul cas d’infection par le coronavirus a été recensé au Cambodge fin janvier dans la province de Sihanoukville.

Cette baisse du tourisme a lieu alors que l’industrie hôtelière est déjà en crise, après une année de baisse de fréquentation du parc archéologique d’Angkor. Le nombre de visiteurs a chuté de plus de 14% l’année dernière, passant de 2 590 815 tickets vendus en 2018 à 2 205 697 en 2019. Le marché chinois est le plus touché, avec une baisse de 22% du nombre de tickets vendus aux touristes chinois, tandis que cette diminution atteignait 6% pour les Français. Les arrivées à l’aéroport de Siem Reap ont baissé de 12,4% en 2019, d’après les chiffres communiqués par Cambodia Airports.

« La crise du coronavirus risque d’achever des entreprises - notamment françaises - déjà en difficulté financière, explique Florian Bohème, secrétaire général de la CCIFC à Siem Reap. Lors de l’épidémie de SRAS en 2002 et 2003, le secteur touristique avait vécu 14 mois de crise en Asie. »

Depuis plus d’un an, Siem Reap souffre d’une érosion de la clientèle conjuguée à une explosion de l’offre. Il y a quelques années, le taux d’occupation des hôtels en période haute était d’environ 85%, indique la CCIFC Siem Reap. Désormais, il atteint 65% pour les hôtels qui parviennent à tirer leur épingle du jeu. Les professionnels du tourisme notent un creusement de la saisonnalité, qui se traduit par un pic d’activité entre mi-novembre et mi-mars ainsi qu’une remontée des réservations en juillet et août.

Pour la CCIFC de Siem Reap, l’industrie touristique cambodgienne pâtit de l’absence de communication positive sur le Cambodge, en l’absence d’office de tourisme national. « Tandis que le marché du tourisme en Asie devient de plus en plus concurrentiel, avec l’ouverture de nouveaux pays comme la Birmanie, on note un manque de perception de l’attractivité touristique du Cambodge », observe Florian Bohème.

La section de la CCIFC à Siem Reap a tenu une réunion à ce sujet la semaine dernière, et prépare un plan d’action afin de prendre en main la communication sur les marchés francophones. « Si les Français ne sont pas capables de parler aux Français, c’est un souci », souligne Pierre-André Romano, qui note par ailleurs le développement des activités culturelles et de l’éco-tourisme à Siem Reap. Environ 150 000 Français visitent les temples d’Angkor chaque année.

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