vendredi 6 septembre 2019

Bolsonaro s'en prend à l'ancienne présidente du Chili et fait l'apologie de Pinochet

Le père de Michelle Bachelet, actuelle haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU et ex-présidente du Chili, est mort en prison sous la dictature chilienne.

bachelet

Les ennemis du président brésilien s'accumulent. Jair Bolsonaro a ouvert une nouvelle polémique mercredi en faisant l'apologie du régime Pinochet pour rejeter les critiques de Michelle Bachelet, haut-commissaire aux droits de l'homme à l'ONU et ex-présidente du Chili, personnellement marquée par la dictature. 

Jair Bolsonaro a dénoncé mercredi "l'ingérence, de la ligne Macron de l'ONU dans les affaires intérieures et la souveraineté" du Brésil. Une attaque envoyée en réaction à la déclaration de Michelle Bachelet qui a déploré un "rétrécissement de l'espace démocratique" au Brésil sous sa présidence d'extrême droite.

Jair Bolsonaro a accusé sur Twitter Michelle Bachelet de défendre "les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires" alors qu'elle s'était inquiétée des exécutions extra-judiciaires par les forces de l'ordre. Le président brésilien l'a ensuite attaquée personnellement sur Facebook : "Elle oublie que le Chili n'est pas devenu un (nouveau) Cuba communiste grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, et que son père était un de ces communistes".  

Le père de Michelle Bachelet, Alberto Bachelet, un général d'aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d'État d'Augusto Pinochet. 

Le Chili choqué

Les remarques sur Pinochet ont choqué au Chili où le président Sebastian Pinera a indiqué, dans une déclaration publique : "Je n'adhère en aucun cas à l'allusion faite par le président Bolsonaro concernant une ex-présidente du Chili, et en particulier sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père". 

"Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l'espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l'homme, des restrictions imposées au travail de la société civile", avait déclaré Michelle Bachelet à Genève. Elle avait aussi fait état d'une "augmentation" du nombre des personnes tuées par des policiers au Brésil, soulignant que cette violence touchait surtout les Afro-Brésiliens et les habitants des favelas. 

Le ministère des Affaires étrangères du Brésil a dit avoir reçu "avec indignation" ces commentaires et a demandé à ses services d'éviter "les précipitations, mensonges et citations inappropriées au moment de commenter la politique intérieure d'un pays démocratique comme le Brésil". Ces attaques interviennent trois semaines avant que Jair Bolsonaro ne prononce le premier discours de l'assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre à New York. (Selon "L'express")

Posté par jl boehler à 06:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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