mercredi 31 juillet 2019

Des étudiants strasbourgeois au Togo

Construction d'un éco-village solidaire

togoSept étudiants strasbourgeois de l’INSA ont joint, cette année, un projet de solidarité internationale dans le village de Wonougba au Sud du Togo. Ils sont rentrés la semaine dernière de leur périple d’un mois visant à construire des bâtiments à moindre coût s’inspirant de techniques écologiques locales. 

A environ 1h30 de la capitale, Lomé, se trouve le village de Wonougba, touché par la pauvreté et la malnutrition. L’association togolaise SOS Vol lutte pour faire face aux difficultés sociales, sanitaires, éducatives et environnementales dans la région. Porteuse de projets humanitaires depuis une dizaine d’années, elle vient en aide à ses habitants en mobilisant des actions de solidarité internationale. L’objectif est la création d’infrastructures qui abriteront des activités solidaires : centre de restauration pour les personnes âgées et l’école, dortoirs… Mais aussi de mettre en place une activité agro-pastorale durable pour permettre au village d’être complètement autonome. Deux groupes d’étudiants français dont les Strasbourgeois de GoTogo, sont en charge de mener ce projet à bien.

Diverses compétences à mobiliser

De mi-juin à mi-juillet, Go Togo, le groupe d’étudiants strasbourgeois porté par l’association SOSVol, a œuvré à la construction d’écomaison de la solidarité pour les populations défavorisées du village de Wonougba. En amont, ils ont travaillé sur les plans et techniques de construction durable. 

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Forts de la diversité de leurs compétences, les ingénieurs en étude ont arrêté leur choix sur une technique largement utilisée en Afrique : la voute nubienne. Murs et plafonds sont faits de terre crue, un matériau écologique qu’il est facile de se procurer dans la région. Pour le financement, ils ont mis en place une cagnotte leur permettant de récolter 91 % de leur objectif. 

La saison des pluies s’éternisant, les Strasbourgeois ainsi que les bénévoles du chantier ont dû faire face à de lourdes précipitations ne permettant pas le séchage optimal du matériau - très fragile à cette étape. Ils se sont alors adaptés faisant évoluer leur projet en créant une charpente de bois - coupé à proximité -, en montant des murs de briques de terre crue puis en couvrant de taule, seul matériau disponible dans ce court laps de temps. Au cours du mois passé sur place, le dortoir et la salle polyvalente sont sortis de terre. 

Ces lieux seront des espaces d’échange, de sensibilisation et de formation à la production locale : apprendre à élever et cultiver de manière à respecter l’environnement et devenir autonome. Le projet s’inscrit dans l’objectif de lutte contre la malnutrition par la création d’une économie sociale et solidaire pérenne.

Le projet a déjà un an

L’aventure solidaire débute en 2018 avec un groupe d’étudiants bordelais qui est à l’origine de We are ready (WART). En partenariat avec l’association Solid’Earth et sur l’initiative de SOSVOL. Le groupe est en charge de la construction d’une cantine collaborative alimentée par l’agriculture et l’élevage, pour les personnes âgées n’ayant plus la force de travailler aux champs et les enfants de l’école. 

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Cette année avant leur second départ pour Wonougba, et dans le but de se financer, We are ready Togo proposait au parrainage... Des poules ! De fin mai à fin juin, WART a défriché la partie du terrain réservée au poulailler, à la machette. Ils ont débuté la construction du poulailler et de la cantine avec l’aide des bénévoles de SOSVol, de maçons et de menuisiers locaux et grâce à l’expertise d'un agronome. Ils ont aussi travaillé à la mise en place du forage pour l’alimentation en eau du village. 

Selon Adèle, étudiante en Architecture et Génie Civil à l’INSA de Strasbourg, "c’est un projet sur le long terme, le budget est morcelé, cela prendra entre 3 et 5 ans". La suite l'année prochaine... (selon ID - L'info durable)

Unknown

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mardi 30 juillet 2019

Biodiversité marine

Mayotte et ses 25 espèces de requins : un argument touristique

requins

Plusieurs études conjointes ont permis de recenser 25 types différents de requins dans le lagon de Mayotte, selon nos confrères de France Mayotte Matin. Mais contrairement à La Réunion, aucune attaque n'a été signalée depuis le début de l'année. La découverte des requins fait d'ailleurs partie des sorties mer prisées des touristes, à la recherche de sensations fortes ou de découverte marine.

Différentes études ont recensé 24 types différents de requins présents à Mayotte dont le requin gris de récif, le requin de pointe noire ou encore le requin baleine. C'est ce que rapportent nos confrères de France Mayotte Matin. Le requin blanc lui aussi serait passé aux larges des côtes de l'île française.

Il y a quatre ans, une 25ème espèce a pu être recensée : le squale chagrin cagao. Mesurant environ un mètre pour les plus grands spécimens, il peut vivre jusqu'à 800 mètres de profondeur. Davantage connu au Mozambique, aux Comores ou en Afrique du Sud, il a été pêché accidentellement à Mayotte en 2015, ce qui a permis de le classer parmi les espèces repérables autour de l'île. Mais il se fait rare dans le lagon et les plus curieux doivent s'armer de patience.

Un gagne-pain touristique

De nombreux touristes s'aventurent dans les eaux de l'île aux parfums en espérant apercevoir des requins. Mais pour avoir la chance d'en croiser, il faut se rendre à l'extérieur du lagon, en plongée. Dans ces coins, il n'est rare de voir des bancs de requins marteaux. A noter qu'ils ne font pas partie des espèces qualifiées comme dangereuses pour l'homme, contrairement au requin blanc, le requin tigre ou encore le requin bouledogue.

Le bouledogue lui, a déjà été repéré à Mayotte mais il se fait plus rare que dans les eaux réunionnaises. Les grandes stars des excursions plongée ou bateau restent les requins marteaux ou les requins baleines.

Les sorties requins ont du succès à Mayotte. A raison de 70 euros la journée la plupart du temps, ce business équivaut à nos sorties baleines. Assez rares à croiser totalement par hasard, la technique utilisée reste de les attirer en utilisant des leurres, afin de les faire remonter jusqu'à 3 ou 5 mètres de la surface.

Rappelons qu'il existe aussi une nurserie de requins située au Nord de l'île. Elle permet notamment aux associations locales d'effectuer un gros travail de collecte de données sur les requins de l'île aux parfums.

Pas d'accident mortel

Malgré les attaques que nous connaissons à La Réunion, la plupart des requins sont inoffensifs. Et à Mayotte, la présence fréquente des nageurs n'ont pas entraîné pour autant d’accidents mortels.

Le requin à Mayotte est très peu pêché. En 2015, le préfet de l'époque, Seymour Morsy, avait signé un arrêté interdisant la commercialisation de la chair de requins tigres et bouledogues à Mayotte suite à leur contamination par des ciguatoxines, des micro-algues associées aux récifs coralliens. (selon "France Matin Réunion")

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lundi 29 juillet 2019

Super ! Le maire de Villé lit mon blog !

En date du 21 juillet, je publiais sur mon blog un article "Les oublis d'un premier magistrat". L'un des points évoquait le passage du canal, rue difficile à trouver car une couche de lierre recouvrait ce panneau. Même le facteur était dans l'incapacité de la situer. Surtout que le canal en question a disparu depuis belle lurette.

A la suite de cet article, le panneau a vu disparaître le lierre qui le recouvrait et devenait beaucoup plus lisible.

Merci à monsieur le maire, les facteurs reconnaissants !

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dimanche 28 juillet 2019

Australie: des journalistes de France 2 interpellés

Ils couvraient une manif contre une mine de charbon

australie

Une équipe de télévision française qui filmait une manifestation contre une mine de charbon géante a été interpellée lundi en Australie et inculpée pour intrusion sur une voie ferrée, a annoncé la police australienne. 

Le projet Carmichael de mine de charbon près de la grande barrière de corail est conduit par le conglomérat indien Adani et pèse plus de 20 milliards de dollars australiens (12 milliards d'euros).  

Il est depuis son origine plombé par des problèmes judiciaires et réglementaires, ainsi que par l'activisme d'organisations dénonçant sans relâche son impact environnemental.  

Le journaliste Hugo Clément, parti du site français Konbini pour la chaîne publique France 2, pour qui il va réaliser des documentaires sur l'environnement, et trois membres de son équipe de tournage figurent parmi sept personnes interpellées lors de la manifestation organisée dans l'Etat du Queensland (nord-est), à Abbot Point, d'où doit être exporté le charbon. Le groupe a été inculpé d'intrusion sur une voie ferrée, selon la police. 

"On était juste en train de filmer l'action de ces gens et on ne sait pas pourquoi, la police a décidé de nous arrêter", a déclaré Hugo Clément à la chaîne publique ABC. "On ne faisait pas partie de l'action, on n'est pas des militants, juste des journalistes". 

D'après ABC, le journaliste a été libéré sous caution avec l'interdiction de se rendre dans un rayon de 20 kilomètres autour du site de la mine. Les journalistes devront comparaître devant un tribunal à Bowen le 3 septembre. 

Le mois dernier, le gouvernement du Queensland avait levé le dernier obstacle environnemental à la construction de la mine, qui doit produire 27 millions de tonnes de charbon par an.  

Les écologistes font valoir que le charbon produit contribuera au réchauffement climatique global qui dégrade la Grande barrière. La matière première devra en outre transiter par le port proche d'Abbot Point. 

La Grande barrière de corail, classée au Patrimoine mondial, est déjà menacée par les ruissellements agricoles et le développement et la prolifération des acanthasters, étoiles de mer dévoreuses de coraux. 

Elle vient de subir plusieurs graves épisodes consécutifs de blanchissement imputés au réchauffement climatique. 

Les partisans du projet font valoir qu'il créera des centaines d'emplois. (selon AFP)

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samedi 27 juillet 2019

Le Conseil Départemental marche-t-il sur la tête ?

Un compte-rendu, mais pas de réunion !

J'attendais avec impatience le compte-rendu de la réunion de la dernière commission permanente. Et voilà que je reçois les chiffres pour ce qui concerne notre canton de Mutzig-Villé d'une réunion du 8 juillet ! Ayant vérifié auprès de sources sûres, il n'y avait pas de réunion au département ce jour-là, la dernière réunion plénière remonte au 24 juin  et la commission permanente au 15 juillet. Il n'y avait donc pas de réunion correspondant au compte-rendu publié. 

Au vu du contenu, notre tandem d'élus a fourni des chiffres établis lors du 1er semestre et, pour l'affaire du tourisme au Champ  du Feu, celle-ci n'a  été présentée que la semaine suivante.

Décidément, il y a des élus qui ont un besoin urgent de vacances.

Quant à notre conseillère villoise qui ignore même les dates des réunions, comment fait-elle pour donner sa procuration ?

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vendredi 26 juillet 2019

Haïti : Sous-alimentation

La population haïtienne la plus touchée d’Amérique latine et des Caraïbes

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La faim touche 42,5 millions de personnes en Amérique latine et dans les Caraïbes en 2018. L’Amérique du Sud accueille la majorité des personnes sous-alimentées en raison du recul de la sécurité alimentaire au Venezuela, indique le nouveau rapport de l’ONU réalisé conjointement par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), intitulé « État de l'insécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019 ».

Selon ce rapport, au cours des cinq dernières années (2014-2018), la sous-alimentation en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté principalement en raison de la situation en Amérique du Sud, où le pourcentage de personnes souffrant de la faim est passé de 4,6% en 2013 à 5,5% en 2018. L’Amérique du Sud héberge 55% des personnes sous-alimentées de la région, et l’augmentation observée est principalement due à la détérioration de la sécurité alimentaire au Venezuela, où la prévalence de la sous-alimentation a été multipliée par quatre, passant de 6,4% à en 2012-2014 à 21,2 % en 2016-2018.

En revanche, le pourcentage de sous-alimentation en Amérique centrale (6,1%) est en baisse depuis 2013, même s'il est supérieur à celui de l'Amérique du Sud (5,5%).

De 2000 à 2015, l'Amérique latine et les Caraïbes ont réduit de moitié la sous-alimentation de leur population. Mais le nombre de personnes souffrant de la faim en Amérique latine et dans les Caraïbes a augmenté en 2018 pour la troisième année consécutive en partie à cause du ralentissement économique et de la situation au Venezuela, selon les Nations Unies (ONU). Le nouveau rapport sur la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, présenté par cinq agences des Nations Unies, affirme que le pourcentage de personnes souffrant de la faim dans la région est passé de 6,2% de la population en 2015 à 6,5% en 2017, niveau qui a été maintenu en 2018


Classement des pays en Amérique latine et Caraïbes : 

(En % de la population touchée par la sous alimentation)

1 - Haïti 49,3%
2 - Venezuela 21,2%
3 - Bolivie 17,1%
4 - Nicaragua 17%
5 - Guatemala 15,2%
6 - Honduras 12,9%
7 - Paraguay 10,7%
8 - Panama 10%
9 - Pérou 9,7%
10 - République dominicaine 9,5%
11 - El Salvador 9%
12 - Suriname 8,5%
13 - Guyana 8,1%
14 - Jamaïque 8%
15 - Équateur 7,9%
16 - Belize 7,5%
17 - Dominique 6,2%
18 - Saint-Vincent-et-les Grenadines 5,7%
19 -Trinité et Tobago 5,5%
20 - Colombie et Costa Rica 4,8%
21 - Argentine 4,6%
22 - Barbade 3,9%
23 - Mexique 3,6%
24 - Chili 2,7%
25 - Cuba < 2,5%
26 - Brésil < 2,5%
27 - Uruguay < 2,5%

(Source : "Haïti Libre")

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jeudi 25 juillet 2019

Une intervention du conseil départemental pour la vallée

Une stratégie pour le tourisme !

champ_du_feu

Pas de publication ce mois de juillet, après la réunion de la Commission Permanente, du traditionnel bulletin cantonal de nos élus Frédéric Bierry et Frédérique Mozziconacci ?

Il est vrai qu'avec l'acte de vente réalisé entre le département et la commune de Villé, il n'y a pas de quoi pavoiser (voir mon article du 19/7/2019 : "Pommiers 2" à Villé : à tomber dans les... pommes !).

Il y a pourtant aussi du positif, à savoir le contrat départemental pour la stratégie touristique du massif du Champ du Feu. Mais, évidemment, chère conseillère départementale et municipale (à Villé), vice-présidente de surcroît du très officiel Comité du massif vosgien, une fois de plus absente, tout le monde comprend que vous ne pouvez pas toujours être au four et au moulin. 

Voici donc, malgré votre défaillance, l'extrait de délibération du 15 juillet qui concerne notre vallée, notamment la commune de Breitenbach :

breitenbach1

Breitenbach2

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mercredi 24 juillet 2019

La CPI acquitte Laurent Gbagbo

Le jugement contredit la propagande occidentale

CPI

L’acquittement de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, constitue une gifle pour les Occidentaux, qui avaient militairement contribué à son éviction du pouvoir. Rappelons-nous, c'est le président Sarkozy qui avait ordonné la destruction de l'aviation ivoirienne.

L’événement est passé assez inaperçu. Il est pourtant d’une grande importance, et constitue un lourd désaveu du camp occidental : la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté l’ancien chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, ainsi qu’un de ses proches. Les deux hommes étaient accusés de « crimes contre l’humanité ».

Le verdict était connu depuis plusieurs mois, mais le 16 juillet, les juges ont publié le détail de leur jugement motivé. Celui-ci sonne comme un désaveu cinglant de ceux qui avaient militairement soutenu le rival de M. Gbagbo à l’élection présidentielle de décembre 2010.

Bref retour en arrière : à l’issue du second tour de ce scrutin, le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire avait déclaré le président sortant réélu. Mais, sur fond d’histoire mouvementée et de conflits exacerbés dans les années précédentes, son adversaire s’est également proclamé élu, s’appuyant sur les décomptes d’une Commission électorale indépendante.

La « communauté internationale » accuse alors le président sortant de fraudes. L’Union européenne menace le pays de sanctions si Laurent Gbagbo ne quitte pas ses fonctions. La tension croît et dégénère en conflit armé en février 2011. C’est également le moment où les Occidentaux – France et Royaume-Uni, soutenus par les Etats-Unis – interviennent militairement en Libye pour « protéger » le peuple de ce pays en cachant à peine leur objectif : se débarrasser du colonel Kadhafi. A Paris, Londres, Bruxelles et Washington, l’air du temps est à la canonnière.

En Côte d’Ivoire, la préférence occidentale va de soi. D’un côté, Laurent Gbagbo, longtemps membre de l’Internationale socialiste, est de plus en plus mal vu par les dirigeants du « monde libre » qui le qualifient de « nationaliste ». En clair, ils le soupçonnent de vouloir préserver les richesses nationales, et donc de ne pas faire preuve d’assez de compréhension pour les intérêts des firmes européennes, françaises en particulier (la Côte d’Ivoire a longtemps été une colonie française).

De l’autre, Alassane Ouattara, une économiste formé notamment à l’université américaine de Pennsylvanie, et qui entra en 1968 au Fonds monétaire international (FMI). En novembre 1984, il prend la direction du département Afrique de cette institution. Accessoirement, il épouse une riche femme d’affaires peu après : la cérémonie a lieu à Paris, avec, parmi les amis, Martin Bouygues, un des plus puissants oligarques français (bâtiment et télécommunications).

C’est donc peu dire que M. Ouattara fait figure de candidat des Occidentaux. En mars 2011 donc, les combats s’intensifient entre les deux camps. Discrètement soutenues par le détachement de l’ONU, les forces pro-Ouattara, qui ne lésinent pas sur les exactions, pénètrent dans la capitale administrative, Yamoussoukro.

Et le 11 avril, elles assiègent puis font prisonnier Laurent Gbagbo et ses proches. Sous couvert de l’ONU, les troupes françaises leur prêtent une aide discrète mais décisive, selon de nombreux témoignages.

Le président sortant – qui continue à proclamer sa légitimité – est alors transféré à prison internationale de La Haye dans l’attente du procès que prépare la CPI. C’est donc le résultat de celui-ci, huit ans plus tard, qui vient d’être rendu public.

Première déconvenue pour les Occidentaux, le président de la Chambre, l’Italien Cuno Tarfusser, affirme qu’un procès n’est pas fait « pour juger l’Histoire d’un pays », et qu’il n’a nullement le droit de « prendre position sur la responsabilité morale ou politique » des accusés.

Par ailleurs, l’accusation formulée par le procureur, selon laquelle ceux-ci auraient mis en œuvre une stratégie visant massivement les civils favorables à M. Ouattara, repose, selon deux des trois juges, sur « des bases incertaines et douteuses, inspirées par un récit manichéen et simpliste ». Dans les mille pages d’attendus, on peut lire que « rien ne permet de penser que Laurent Gbagbo aurait refusé de se retirer parce que son plan était de rester au pouvoir à tout prix ». Ce qui était précisément la thèse autour de laquelle s’est organisée l’intense propagande déployée à l’époque par les médias dominants, en France en particulier.

Au contraire, notent les juges, les forces loyalistes étaient confrontées à « une guérilla urbaine », et étaient en position défensive. Le texte du jugement souligne en outre la non-neutralité des forces onusiennes (dont le mandat n’était pourtant pas de prendre parti), et évoque même la présence de tanks français tirant sur les soldats restés fidèles au président.

Enfin, une révélation s’avère particulièrement gênante pour ceux qui rêvaient de mettre en scène une justice internationale sanctionnant de manière impartiale un auteur de crimes contre l’humanité (crimes dont la réalité a été finalement démentie). Selon les juges, le procureur a pris « de premiers contacts avec certains témoins »... avant même d’avoir été légalement autorisé à enquêter. Une entorse plutôt problématique pour tous ceux qui – à commencer par l’Union européenne – ne cessent de se draper dans l’« Etat de droit ».

On ne peut que se réjouir que des juristes professionnels et intègres aient refusé de jouer le rôle que les dirigeants américains et européens voulaient leur attribuer. Mais si Laurent Gbagbo a été libéré de prison, il reste en résidence surveillée à Bruxelles, au cas où le procureur ferait appel. Surtout, il y a une énorme disproportion entre les tombereaux de propagande occidentale déversés en 2011, justifiant une intervention militaire à peine déguisée, et la discrétion médiatique quant au démenti qui a été finalement apporté à celle-ci.

La CPI avait été créée en 2002 pour légitimer le « droit d’ingérence », concept dont le but réel est de subordonner la souveraineté des Etats au bon vouloir de ladite « communauté internationale », c’est-à-dire des élites mondialisées.

Au-delà de l’honnêteté de quelques juges, qu’il faut saluer, il faut aussi et surtout remarquer que le monde qui s’esquissait « unipolaire » au tout début du siècle, a, depuis lors, quelque peu changé... (Selon Pierre Levy, rédacteur en chef du mensuel "Ruptures").

  • A noter que samedi dernier, des ressortissants ivoiriens ont manifesté pacifiquement en bicyclette dans les rues de Paris pour exiger le retour de Gbagbo à Abidjan. Dans la capitale ivoirienne, plus de 100.000 personnes ont manifesté dans le quartier populaire de Yopougon. La presse française n'a évidemment parlé que des débordements des supporters algériens après la victoire de leur équipe nationale à la CAN, c'est plus facile à justifier.

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mardi 23 juillet 2019

Frites belges ?

Il n'avait pas la patate ?

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Samedi, de bon matin, sur le parking d'un supermarché de Villé un camping-car est en stationnement. Je précise "immatriculé en Belgique". Le chauffeur attend l'ouverture du magasin pour se ruer avec son caddie vers les surgelés et le remplir de frites prêtes à la consommation.

Quelle ne fut pas la surprise de cette caissière qui, venue en soirée au marché des créateurs dans le bourg-centre, aperçut "son belge" à un stand vendant des frites. Heureusement, il n'avait pas affiché "made in Belgium". Mais cette caissière a quand même été bien surprise et a pensé que ce belge, pour éviter toute ambiguïté, aurait pu mettre sur son affiche "production alsacienne".

Et après tout, pourquoi pas un plus traditionnel "made in China"? 

Mais au fait, vous les lécheurs de plats (blattaschlacker), connaissez-vous le surnom des habitants de vos presque jumelés de Thimister ? Ce sont les "éplucheurs de topinambours" (sic) ! Pas de quoi en faire une histoire de frites ?

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lundi 22 juillet 2019

Massacre de Srebrenica

La responsabilité réduite des Pays-Bas

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Le massacre de Srebrenica, désigne l'assassinat de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques dans la région de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine au mois de juillet 1995. Les tueries ont été perpétrées par des unités de l'armée serbe de Bosniesous le commandement du général Ratko Mladic, dans une ville déclarée « zone de sécurité » par l'ONU. Cette dernière y maintenait une force d'environ 400 casques bleus néerlandais, présents dans la région de Srebrenica au moment du massacre. En juin 2017, les Pays-Bas furent d'ailleurs jugés responsable partiellement car ils ont fait le partage entre hommes et femmes, avant que les hommes soient fusillés et les femmes libérées.

Mais les Pays-Bas ont été partiellement exonérés par un jugement du 18 juillet 2019 : selon la Cour Suprême du pays, l’État néerlandais n'a qu'une responsabilité "très limitée" dans la mort de 350 hommes musulmans.

Cette responsabilité a été évaluée à 10% car le tribunal considère que les victimes n'avaient que 10% de chances d'échapper à la mort. En 2017, la Cour d'appel avait jugé cette probabilité à 30%.

L'enclave de Srebrenica, limitrophe de la Serbie, était placée sous la protection de l'ONU lorsqu'elle a été prise le 11 juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie.

Connues sous le nom de "Dutchbat" et retranchés dans leur base, les Casques bleus néerlandais avaient recueilli des milliers de réfugiés dans l'enclave des Nations unies.

Mais submergés, ils avaient permis aux Serbes d'évacuer les réfugiés. Les hommes et les garçons avaient alors été séparés et mis dans des bus.

Le massacre de Srebrenica, au cours duquel près de 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués, est une des pages les plus noires de l'histoire des Pays-Bas, mais aussi de la guerre de Bosnie (1992-1995).

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