Une fillette de deux ans comparaît seule devant un tribunal américain

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Elle n'a que deux ans, mais Fernanda Jacqueline Davila, une petite migrante originaire du Honduras, a dû comparaître seule devant un tribunal américain. Une situation ubuesque qui scandalise une partie des Américains.

Une situation à peine croyable

La petite Fernanda et sa grand-mère sont entrées illégalement aux États-Unis au mois de juillet dernier, dans l’espoir de trouver une vie meilleure. En vain: la gamine s'est retrouvée dans une situation à peine croyable, face à la justice américaine... 

Le New York Times a rencontré la grand-mère: "J’avais décidé de l’emmener en Amérique pour qu’elle vive dans un meilleur environnement et qu’elle ait surtout un avenir."

Mais c'était compter sans la très dure politique migratoire de l’administration Trump: la fillette de deux ans a été séparée de force de sa mamie... avant d'être placée dans un centre de détention pour enfants migrants.

Renvoyée au Honduras

Lundi 8 octobre, Fernanda a dû comparaître devant la justice américaine... Face à la cour, il a été établi qu'elle ne parlait pas anglais, ce qui devait motiver son renvoi.

Dans son siège trop grand pour elle, l'enfant, accompagnée par une assistante sociale inconnue mais sans sa grand-mère, a d'abord pleuré...

"Quel âge avez-vous?", lui a demandé la juge Zagzoug, quand elle a cessé de pleurer. Avant d'enchaîner: "Parles-tu espagnol?Un interprète s'est penché vers l'enfant, lui posant la question en espagnol. Fernanda est restée silencieuse, "hochant la tête", selon l'interprète, visiblement gênée par ce cas inédit.

La juge a fait comparaître une trentaine d'enfants, âgés de 2 à 17 ans. Fernanda est passée en 26e position. 

Le jugement est tombé : expulsion. Il a été décidé qu'elle rejoindrait ses grands-parents dans son pays d'origine - lesquels ont d'ailleurs tout fait, depuis plusieurs mois, pour récupérer l'enfant. 

Jusqu’ici, Fernanda Jacqueline Davila est la plus jeune migrante à comparaître - seule - devant la justice américaine. Mais elle est loin d’être la seule : de nombreux enfants migrants sont arrachés à leurs parents et vivent un véritable traumatisme depuis le durcissement de la politique migratoire de Donald Trump.