Depuis le 1er Juillet 2018, les poids lourds doivent payer un droit de péage non seulement sur les autoroutes allemandes, mais aussi sur la totalité des routes nationales. L’Allemagne devient chère…

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Voilà une décision que le monde politique aime bien placer en pleine période de vacances et de Coupe du Monde : le 1er Juillet 2018, le réseau routier payant en Allemagne a été élargi de 39000 km, à savoir la totalité du réseau des routes nationales, en plus des autoroutes. Ainsi, les transporteurs qui laissaient rouler leurs camions sur les routes secondaires allemandes se voient privés de la dernière possibilité de traverser l’Allemagne sans passer par la caisse. Pour l’Allemagne, il s’agit d’une excellente source de revenus.

A l’occasion de l’introduction du droit de péage pour les camions de plus de 7,5 tonnes en 2005, certaines grandes routes nationales faisaient partie des tronçons payants. 2300 km de routes nationales étaient déjà concernées par ce droit de péage (Maut), mais désormais, ce sont les 39000 km du réseau des routes nationales qui sont payants. Le gouvernement allemand table sur des recettes d’environ 7,2 milliards d’euros, un plus de 2,5 milliards.

Le marché du transport, déjà hautement concurrentiel, doit désormais composer avec cette nouvelle donne qui risque d’avoir des répercussions sur les calculs de tous les transporteurs qui desservent l’axe nord-sud européen. Le droit de péage, lui, est assez compliqué. L’état tient compte de la classe de pollution du véhicule (A à F) ainsi que du nombre d’axes du véhicule. Le droit de péage se situe entre 8,1 cent/km et 21,8 cent/km et les transporteurs doivent doter leurs chauffeurs d’une série de nouveaux documents, car ce sont les chauffeurs qui doivent être en mesure de justifier à tout moment de s’être acquittés de la bonne somme.

Avec de tels droits de péage, il est évident que le prix du transport à travers l’Allemagne augmentera, puisque logiquement, les transporteurs passeront ce surcoût à leurs clients. Si on comprend aisément que l’Allemagne cherche à financer la rénovation urgente de son réseau routier par le biais d’un tel droit de péage, la situation est particulièrement ennuyeuse  pour toutes les régions frontalières de l’Allemagne où les échanges économiques avec les pays limitrophes risquent de s’en trouver alourdis. Pourtant, au début de la discussion, plusieurs ministres-présidents de Länder frontaliers  avaient demandé une dérogation dans les régions frontalières, il n’y en aura pas.

A terme, les usagers du réseau routier sur l’axe nord-sud européen choisiront leur itinéraire selon le paramètre du coût – et il y aura davantage de circulation sur le réseau français, si les tarifs devaient se situer en-dessous des tarifs allemands. En tout cas, ce sera un groupe français qui régulera ce flux de la circulation. Outre le GCO à hauteur de Strasbourg, le groupe Vinci s’est également assuré d’un goulot d’étranglement sur l’autoroute allemande A5 entre Malsch et Offenburg. Et qu’importe l’itinéraire choisi par les transporteurs entre les pays scandinaves, baltes et de l’Europe Centrale et les pays du sud de l’Europe : tout le monde paiera chez Vinci. C’est aussi ça, l’Europe… (selon "Euro.journalist")

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