Le blogueur Merzoug Touati est en détention depuis plus d’une année à Béjaïa (Bougie). Ce jeune homme risque une condamnation à mort pour «espionnage».

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Une accusation infondée, estime Amnesty International (AI) dans un communiqué rendu public hier : «Cette accusation est forgée de toutes pièces sur la base de publications en ligne.» L’ONG souligne que cette affaire ne fera que «ternir un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains». L’organisation rappelle, dans ce sens, que Merzoug Touati «est inculpé de charges liées à un message publié sur Facebook et à une vidéo publiée sur YouTube qui, selon les autorités, ont encouragé les troubles civils».

Une charge qui ne tient pas la route, selon la même source : «Amnesty International a examiné les pièces judiciaires qui répertorient à titre de ‘‘preuves’’ les commentaires publiés par Merzoug Touati avant que son compte Facebook et son site internet ne soient supprimés. Elle a conclu qu’ils ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et que ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen.»

Pour AI, Merzoug Touati est «un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exprimé ses opinions pacifiques». «Chaque jour que Merzoug Touati passe en prison est un jour de trop et entache un peu plus le bilan de l’Algérie en termes de droits humains.

Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort», affirme AI dans son communiqué. Merzoug Touati, lit-on dans le même communiqué, «incarne les rêves brisés d’une génération dans un pays où la liberté d’expression est régulièrement mise à mal»

A la veille du procès, Amnesty appelle les autorités algériennes à «libérer immédiatement ce prisonnier d’opinion dans l’attente de son procès pour ses publications en ligne». Il est à rappeler que Merzoug Touati, détenu depuis le 22 janvier 2017, se trouve actuellement à la prison d’El Khemis, à Béjaïa. Il a observé au moins trois grèves de la faim pour protester contre le prolongement de sa détention.