Où est le caractère légal de la dépense ?

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Emmanuel Macron carbure-t-il aux fraises Tagada ? Les citoyens sont en droit de se poser la question, après l’apparition dans le dossier des comptes de la dernière campagne des présidentielles 2017 d’une étrange facture : l’achat de 17,8 kg de ces fameux bonbons pour un montant de 102,80 euros.

Les sucreries ont été achetées le 1er mars 2017 par le député La République en Marche (LREM) Mickaël Nogal, comme l’indique une facture publiée mercredi 2 mai par La Dépêche du Midi. L’élu s’est fourni dans la boutique Haribo de Nailloux, au sud de Toulouse (Haute-Garonne).

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Contacté par le quotidien occitan, Mickaël Nogal a précisé que ces fraises « n’étaient pas destinées au futur président de la République », ni même aux « marcheurs » mais aux citoyens toulousains. Elles devaient être distribuées à l’occasion d’une opération de tractage dans les rues de la Ville rose. Une manière habile de faire passer un message politique auprès des gourmands.

« À l’occasion de la journée du droit des femmes du 8 mars, nous présentions aux Toulousains les propositions d’Emmanuel Macron sur ce sujet, explique le député. Nous avions distribué des flyers pour la venue de Marlène Schiappa (actuelle secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, NDLR), et les militants avaient eu comme idée de les accompagner de petits sachets de fraises Tagada ».

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La dépense a en tout cas été jugée quelque peu inappropriée par l’instance responsable du contrôle des comptes de campagne. « Veuillez fournir des éléments démontrant le caractère électoral de cette dépense », a demandé la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP) à l’équipe électorale d’Emmanuel Macron.

Si cette dernière ne parvient pas à produire ces justificatifs, il leur faudra payer toutes ces fraises Tagada de leur poche.

Et si le candidat Macron était venu dans le Val de Villé ? Combien de litres de kirsch ou de whisky aurait-il acheté pour les distribuer sous forme d'échantillon avec une invitation à un grand meeting au Saint-Gilles ou dans la salle festive de Villé ? Evidemment il aurait pris la dépense sur ses deniers personnels et non sur les impôts du contribuable. Les référents d'En Marche du Val de Villé, que tout le monde connaît, s'en seraient portés garants.

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