lundi 30 avril 2018

RN 59 : des retards comme d'habitude

Il fallait s'y attendre !

rn59

A la lecture de la presse régionale des 29 et 30 avril, on peut estimer que bien naïfs sont ceux qui ont pu croire que le contournement de Châtenois sur la RN59 verrait le début des travaux fin 2017 pour être opérationnel en 2020.

Pendant des années, les retards étaient dûs (voire organisés) à des recours divers en justice. Hélas, après la dernière enquête parcellaire, malgré le projet défini dans la D.U.P. (déclaration d'utilité publique) non respecté, personne ne s'est hasardé à déposer un n-ième recours.

Il a donc fallu en haut lieu trouver un autre subterfuge, avec des travaux préalables de fouilles archéologiques à réaliser en 3 tranches en 2018 et 2019. 

Et comme par hasard, 2020 marquera la fin du Contrat de Projet Etat-Région, contre lequel le président du conseil départemental 67 Frédéric Bierry avait d'ailleurs voté. 

On peut donc s'attendre à une réinscription au futur Contrat de Plan, qui peut-être ne repoussera la réalisation du contournement qu'en 2026, si un autre subterfuge n'est pas trouvé. Et de report en report, nous arriverons peut-être à voir une route digne de ce nom en l'an 2099.

S'il est étonnant que l'AMV ne parle pas des recherches archéologiques, il est encore plus surprenant que la conseillère départementale Mozziconacci, élue (ou nommée ?) dernièrement vice-présidente du comité du massif vosgien, n'en pipe mot.   

Usagers et riverains, continuez à prendre votre mal en patience !

- A relire : Archéologie sur le contournement de Châtenois

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dimanche 29 avril 2018

Pour une sortie du mois de mai ...

... chez nos voisins vosgiens

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samedi 28 avril 2018

Lutte contre le terrorisme au Mali

La Minusma fait appel à des soldats chinois

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Des soldats chinois sont en route pour le Mali afin de renforcer les troupes de la Minusma. L'arrivée de ce contingent chinois intervient alors que la mission onusienne traverse une période très sombre dans ce pays sahélien.

A en croire les dernières statistiques, la Mission des Nations-Unies au Mali (Minusma) est en passe de devenir la mission de maintien de la paix la plus meurtrière de tous les temps, avec plus d'une centaine de Casques bleus tués dans des actes hostiles. Ce triste bilan macabre est dû aux attaques incessantes des groupes armés terroristes qui ont mis le Nord-Mali sous leur coupe depuis 2012.

Un contingent de 395 soldats chinois viendra renforcer les Casques Bleus, dès ce mois de mai, pour une durée d'un an. Ce contingent, composé entre autres d'une brigade de défense chimique, d'une unité médicale et de sapeurs-pompiers, aura pour mission de réparer des routes, des ponts et des pistes d'aéroport dans les zones de mission, protéger les quartiers généraux dans des zones de guerre, et soigner les malades et blessés.

Considérés comme très professionnels et dotés d'un excellent savoir-faire, ces soldats ne monteront cependant pas en première ligne, c'est-à-dire là où ont lieu les traques et les combats. Pour cela, les Africains (notamment les Tchadiens et les Maliens) encadrés par quelques Français continueront à faire le sale boulot.

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vendredi 27 avril 2018

Loi Collomb !

Sévèrement jugée par le Défenseur des droits comme par les ONG spécialisées qui y voient une profonde atteinte aux droits fondamentaux – c’est à dire aux protections inviolables, sorte de « lignes rouges » consacrées par le droit –, la loi sur l’asile et l’immigration est arrivée lundi sur les bancs de l’Assemblée nationale.

migrants

Dans les tuyaux depuis plusieurs semaines, le projet de loi de Gérard Collomb sur l’asile et l’immigration est arrivé ce lundi soir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Intitulé "pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif", il ne comporte finalement que très peu de changements par rapport à la version initialement présentée en Conseil des ministres le 21 février dernier, et ce malgré près de 900 amendements déposés.

La plupart n’ont pas franchi l’obstacle de la commission des lois qui examinait le projet la semaine dernière à l’Assemblée. « Le texte a été modifié à la marge mais nous n’avons rien obtenu de particulier, si ce n’est la réduction de l’allongement de la durée de rétention à 90 jours au lieu des 105 envisagés au départ » souffle-t-on du côté du Secours Catholique. Pour le reste, la teneur reste donc sensiblement la même, fidèle à une double démarche : le durcissement des mesures répressives pour les migrants en général, et un affaiblissement considérable des droits pour les demandeurs d’asile en particulier. « C’est un texte de police qui franchit la ligne rouge des droits fondamentaux », résume Vanina Rochiccioli, présidente du Gisti.

Raccourcissement des délais jusqu'à l'absurde

La grande mesure défendue par le ministre de l’Intérieur est la réduction du temps d’instruction des demandes d’asile à six mois. Problème : censée aider les demandeurs à obtenir une réponse plus rapidement, la mesure se fera à leur détriment. « En réalité, rien n’est fait pour que l’entrée dans le droit soit rendu possible et pour que les délais soient respectés par l’administration », poursuit Vanina Rochiccioli. Ce raccourcissement des délais de procédure s’applique en fait à sens unique, contre les migrants. « Les personnes qui demanderont l’asile plus de 90 jours après leur arrivée en France verront ainsi leur demande examinée en procédure accélérée, et seront privées d’hébergement et de ressources », alerte ainsi Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade.

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Les déboutés de l’asile verront par ailleurs leur délai de recours pour contester la décision devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) divisé par deux : d’un mois, il passerait désormais à quinze jours. « Un mois, c’était déjà très court par rapport au droit commun, rappelle la présidente du Gisti. Aujourd’hui, lorsque vous souhaitez contester un permis de construire, vous avez deux mois. » Constituer un recours solide en quinze jours, compte tenu des conditions de précarité de nombreux demandeurs d’asile, deviendra très compliqué.

L'enfermement des enfants confirmé

Autre mesure très fortement contestée, le doublement du délai de rétention administrative de 45 à 90 jours. Dans le même temps, l’interdiction de la rétention des mineurs n’a finalement pas été retenue. Le mois dernier pourtant, le Défenseur des droits interpellait le Premier ministre au sujet de l’inquiétante augmentation des enfants au  centre de rétention : sur l’année 2017, la France a vu 275 enfants, « dont de nombreux nourrissons », enfermés dans ces "prisons" pour étrangers, soit autant que pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015 réunies. Une situation pour laquelle la France avait déjà été condamnée par la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en 2016, considérant alors qu’imposer à des enfants une telle privation de liberté, même aux côtés de leurs parents, était assimilable à un "traitement inhumain ou dégradant". Le Président de la République Emmanuel Macron s’est pourtant prononcé, lors de son interview du 15 avril, contre l’enfermement des mineurs isolés, mais pas contre la rétention de familles avec enfants, qui pourront donc être emprisonnés pendant trois mois.

Le projet de loi prévoit également de répartir les demandeurs dans les régions françaises en conditionnant le versement de leur allocation (l’aide aux demandes d’asile – Ada) à la résidence dans cette région – sans que ne leur soit pour autant garanti un hébergement. « Un véritable cantonnement inédit », pour la Cimade, qui dénonce aussi l’inscription dans la loi de la logique d’« un accueil sous surveillance »tel que véhiculé par la circulaire du 12 décembre qui doit permettre le contrôle de la situation administrative des personnes hébergées en accueil d’urgence. Attaquée en justice et accusée d’ouvrir la voie au tri des migrants, à rebours du principe d’inconditionnalité de l’accueil, la circulaire n’a finalement pas été suspendue par le Conseil d’État,qui s'est contenté d'en réduire la portée dans sa décision. En allongeant la durée de la « retenue pour vérification du droit au séjour » de 16 heures à 24 heures, les associations dénoncent également une « garde à vue bis dédiée aux personnes étrangères » – une privation de liberté qui est normalement attaché à un délit...

"Ce projet ne répond absolument pas aux besoins"

« Le Défenseur des droits dénonce une logique de suspicion ainsi qu’un renforcement inédit des moyens coercitifs mis au service de l’éloignement des étrangers », a fait savoir vendredi sa représentante, Anne du Quellennec, lors d’une conférence de presse organisée par les États généraux des migrations – un processus de concertations décentralisées engagées sur le sujet dans 69 départements français depuis le mois de novembre. Deux jours plus tôt, le Défenseur des droits en personne, Jacques Toubon, avait lui-même vertement tancé le projet de loi lors de son audition à l'Assemblée Nationale : « Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! » avait-il ainsi rappelé aux députés de la République en marche (LREM) sceptiques devant ses critiques répétées – dans son avis officiel en date du 15 mars -, le Défenseur des droits n’hésitait pas à parler d’un projet de loi « répressif ».

Le son de cloche est sensiblement similaire du côté de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), qui rendra son avis le 2 mai prochain, à en croire l’avocat Alexandre Duval-Stalla, qui en est membre : « La tonalité générale sera : "les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires". Ce projet de loi ne répond absolument pas aux besoins en la matière, et il est regrettable de ne pas respecter la tradition républicaine qui consiste à traiter les questions d’asile et celles de droit des étrangers dans des projets de loi séparés ». Au mois de mars, le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe s'était lui aussi "inquiété - de certaines dispositions du projet de loi.

Des interpellations qui rejoignent celles de nombreux autres acteurs, opposés à ce plan de « dissuasion migratoire ». Parmi les nombreuses associations engagées, on retrouve la Ligue des Droits de l’homme : « Il faut considérer les migrants comme des sujets de droit, non comme des objets. Et arrêter de faire croire que si on donne des droits aux migrants, on en retire aux français ! Plus il y a de droit dans une société, mieux elle se porte », explique la vice-présidente, Dominique Noguères. La liste des opposants va jusqu’à compter quelques députés LREM, frondeurs au sein de la majorité. A l’image de Jean-Michel Clément (Vienne) ou Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas la loi. Cela suffira-t-il à la recaler, lors du vote – probablement ce vendredi – qui clôturera les débats dans l’hémicycle ? C’est très peu probable. Pire, l’examen du projet au Sénat, pourrait encore aggraver le texte initialement présenté. Et confirmer le tournant coercitif de la France dans le régime du droit d’asile.

- selon Barnabé Binctin (Bastamag)

  • Photos : manifestation pour le droit d’asile, le 21 février 2018 à Paris.

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jeudi 26 avril 2018

Encore Montessori !

Le revers de la médaille !

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Encore une page entière dans la presse locale ! Et le même jour où dans la presse nationale apparaît une information qui émane d'un tribunal. Loin de moi l'idée que l'ensemble de ces écoles dysfonctionnent.

Force est cependant de reconnaître que ces écoles fonctionnant "hors de  tout contrat avec l'Etat" n'offrent aucune garantie ni de sécurité des locaux utilisés, ni de qualité pédagogique. 

On évoque au niveau pédagogique la méthode Montessori qui ressemble comme un jumeau aux anciennes méthodes Freinet et Steiner. Cette méthode, qui a ses qualités et ses défauts, était en vogue dans les années 60/70 dans certains secteurs de l'Education Nationale (souvent les CP et  les maternelles, puis les classes de transition). Basée sur la découverte et le rythme adapté à l'enfant à travers des activités telles le texte libre, la correspondance scolaire, le travail par groupes, elle nécessite des enseignants avec une qualité de formation très fine avec le but de "réconcilier certains élèves avec l'école".

Ce ne sont pas des parents-éducateurs ayant suivi quelques heures d'informations pendant les vacances scolaires qui y seront aptes. Au risque de tomber dans les erreurs et faiblesses de cette méthode, à savoir la "non  consolidation" des connaissances de base. 

Enfin, rappelons que cette école n'a rien de républicain : pas de gratuité (donc forcément des exclusions), des risques dans le monde rural d'accélérer les fermetures de classes et d'écoles publiques.

Quant à la laïcité, j'en doute aussi, surtout en observant que leurs responsables villois sont aussi les dirigeants d'une communauté religieuse à Strasbourg. Et surtout qu'ils veulent ouvrir leur école à la religion de façon très particulière (voir ci-dessous). On peut se demander à quelle valeur républicaine elle se réfère !

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mercredi 25 avril 2018

Danemark : quel socialisme ?

Une social-démocratie de "bofs"

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Depuis quelques mois, le vieux parti Social Démocrate et le juvénile parti DF (Parti du Peuple danois, xénophobe et populiste) né en 1995, se livrent à de tendres effusions et leurs conseillers se rencontrent sans cesse, quoique discrètement. L’amorce en a été la proposition adressée par Mette Frederiksen, dirigeante de SD, de ne pas accueillir au pays les 500 migrants qu’ imposerait une résolution de l’ ONU, mais de les installer quelque part à l’extérieur du pays, car ils risqueraient d’ôter aux Danois le smørrebrød de la bouche. Qu’est-ce à dire ? Où les rangera-t-on ? Et la SD ne dispose-t-elle donc d’aucune imagination, d’aucune inspiration aptes à intégrer des êtres humains marqués par les tragédies de l’Histoire ?

De 1945 au début des années 2000, le Parti SD a été en somme le parti majoritaire, le grand parti de gouvernement ; celui même qui imposait cette conception de l’Etat-providence qui faisait admirer le Danemark dans le monde entier. Un socialisme réel sans révolution sanglante, sans élucubration hallucinée et apocalyptique ou millénariste. Avec aussi l’objection de platitude et de grisaille que cette conception du socialisme entraîne nécessairement dans une certaine gauche. Comment cela a-t-il été possible ? On le sait : par l’importance de la concertation, du consensus entre décideurs économiques et travailleurs, et par l‘importance des syndicats. Le principal étant jusqu’à nos jours le 3F, qui rassemble plus de 2 millions d’adhérents. Mais plus fondamentalement, il y a la représentation sous-jacente, bien scandinave, que se font les Danois de la communauté nationale : on y pratique une solidarité très forte, qui transcende en une certaine mesure les différences de classes. Mais qui transcende rarement les différences ethniques, comme on le répétera.

Deux autres grands partis politiques dominent la vie politique du Danemark : le Parti conservateur populaire (KF) et le Parti Venstre (V). Le premier, précédé d’ailleurs par d’autres rassemblements grégaires de conservateurs, a exercé un rôle très important à partir de 1915 et jusqu’à 2011. Il est le parti bourgeois par excellence, et c’est ainsi qu’on le nomme très souvent. Le KF est membre du Parti Populaire européen, en compagnie des grandes formations de la droite européenne. Son grand-frère fondé en 1870, le parti Venstre, lui, est initialement le parti des paysans et des propriétaires terriens – un parti agrarien. Son nom signifie bizarrement « Gauche », parce qu’il se situait initialement à gauche des ligues conservatrices de la fin du XIX° siècle. C’est en réalité un parti libéral de centre-droit, qui siège auprès de ses petits camarades libéraux au Parlement européen. Venstre a été le premier parti du pays entre 2007 et 2015 ; il rassemble aujourd’hui environ 25 % de l’électorat.

Or, deux événements ont entraîné des coulées de boue dans la société danoise. Au milieu des années 1990, lorsque quelques Danois ont aperçu l’ombre subreptice de méchants migrants qui s’avançaient, le couteau entre les dents, pour violer la Frontière sacrée, on a commencé à sentir l’odeur d’une formation populiste et anti-immigrés : DF (le Parti du peuple danois) a sévi à partir de 1995. Il est devenu rapidement le 3eme plus grand parti du pays en 2000-2001.

Et un peu plus tard, la crise financière de 2008 a suscité des mouvements de fond dans l’économie et la société danoises, tout comme partout ailleurs en Europe. La droite conservateurs-libéraux est au pouvoir ; DF l’a aidée à y accéder, tout en ne participant pas au gouvernement – une stratégie assez habile qui vise à ne prêter le flanc à aucune critique sur des faits concrets de gouvernance. Et la droite met en place une politique qui mijote la destruction du vénérable Etat-providence que le Parti SD avait installé depuis de nombreuses décennies. Le welfare state à la danoise est alors démonté avec délectation et remplacé par ce qu’on a appelé la flexicurité, c’est-à-dire cet autre modèle danois qu’admirait tant cette fois la droite (modérée) européenne : une flexibilité maximale conjuguée avec un large dédommagement des chômeurs et des catégories les plus touchées par la crise . Avec un contrôle très contraignant et plutôt répressif des chômeurs, dont de nombreuses associations considèrent qu’il infantilise les personnes concernées …

Mais de 2011 à 2015, le SD est à nouveau au gouvernement. Alors, elle ne fait que continuer peu ou prou la politique de démantèlement libéral de ses frères ennemis conservateurs libéraux. Dans un contexte d’inquiétude sociale peu banal dans ce pays, arrive ce qui devait arriver : en 2015, le SD se retrouve une fois de plus dans l’opposition malgré ses 26 % aux élections, et elle ne peut rassembler de majorité au Ting (Parlement). La 2° place revient au parti d’extrême droite DF (21% des suffrages).

On assiste alors à un mouvement en tenaille : d’un côté, par pur opportunisme électoral, la SD décide de se rapprocher de DF, et cela très concrètement : en proposant des mesures démagogiques de contention de l’immigration et de limitation stricte des entrées des « non-Occidentaux ». Alors même que mus encore jusqu’en 2017 par un esprit de socialisme concret et d’ouverture, les dirigeants condamnaient avec grande force « la politique non danoise, inacceptable et xénophobe » de DF (P. Nyrup Rasmussen en 1999).

D’un autre côté, de nombreux électeurs DF, d’ailleurs venus parfois des rangs de la SD, rejoignent celle-ci dans la défense de l’Etat-providence. Il existe une grande similitude dans l’origine sociologique de ces électeurs, qui appartiennent majoritairement au grand syndicat 3F, grand artisan paradoxal et quelque peu tortueux du rapprochement SD-DF. « Il s’agit d’ouvrir des portes. C’est ce que nous faisons. », déclare Thulesen Dahl, le dirigeant de 3F, en février 2017. Mais ouvrir des portes à quoi ?

Ce « pragmatisme » cynique et dénué de scrupules semble atteindre son but : les sondages créditent actuellement SD de 30% environ des voix . Des électeurs SD partis chez DF reviennent ; d’autres, tentés d’abord par DF, joignent les rangs de SD.

Pourquoi cette xénophobie ? Pour les mêmes raisons qu’ailleurs en Europe. Mais s’y ajoute un vieux fond culturel scandinave : le sens profondément enraciné de la communauté. Une communauté formée des familles, des voisins proches, de cette société longtemps très homogène (et donc fort ennuyeuse). Une communauté exclusive, aussi : les étrangers différents n’y sont guère bienvenus.

Opération réussie, donc. Mais à quel prix ! Au prix peut-être de ce qui fait la substance même de la social-démocratie. Les petits partis de gauche (SF, RV, Alliance rouge-verte) devront réveiller l’imagination sociale de la SD, et envisager avec elle de vraies solutions aux maux de cette époque de mondialisation et de structuration européenne. (selon "eurojournalist")

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mardi 24 avril 2018

Jeunes réfugiés non accompagnés au Bade-Würtemberg

Une enquête de "Badische Zeitung" : 6766 mineurs immigrés vivent dans le Land

r_fugi_sS'occuper de jeunes réfugiés non accompagnés est une tâche ardue. L'Etat allemand dépense jusqu'à 50.000 € par jeune et par an. La grande préocuppation est leur intégration. 

Près de trois ans se sont écoulés depuis  la grande vague d'arrivée de réfugiés. "Badische Zeitung" a étudié comment la coexistence de ces arrivants fonctionne aujourd'hui. Qu'est-ce qui se passe bien ? Où sont les problèmes ? Est-ce que les Allemands, à cause des réfugiés (comme ils le craignent parfois) étaient handicapés par rapport aux autres Européens ? Comment s'occuper des jeunes qui sont venus sans leur famille ?

Une rencontre avec un jeune afghan, Sami.

Nous nous rendons au centre de protection de l'enfance et de la jeunesse à Karlsruhe, où sont logés un certain nombre de jeunes UMA (nb : appellation allemande des "mineurs non accompagnés"). Dans toutes les pièces, le lit, l'armoire et la table ont un aspect fonctionnel. Le jeune Sami, 19 ans, à qui nous rendons visite a agrémenté sa chambre de plantes vertes en pots. "Une vieille dame m'a donné un tapis" raconte-t-il.

Sami nous raconte son histoire. Elle est tout sauf brillante. Il rapporte les menaces et la violence qui règne dans son pays, et comment sa famille s'est résolue à fuir à l'étranger. Il est arrivé en Allemagne il y  a deux ans, via le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce et la route des Balkans. 

La vague de réfugiés mineurs a amené plus de 50.000 étrangers mineurs en Allemagne, dont 6766 dans le Pays de Bade. Ces UMA viennent d'Afghanistan, de Somalie, de Syrie, d'Erythrée, de Gambie, de Guinée, d'Irak, d'Ethiopie, du Sénégal, de Côte d'Ivoire, du Niger.

Le groupe de Sami est un mélange de toutes ces nationalités.  Le domaine où ils habitent (centre de Leonberg) est géré par le ministère des affaires sociales. Dans le groupe des moins de 18 ans, sept éducateurs travaillent avec 10 mineurs, veillent à ce qu'ils aillent à l'école, les aident dans la vie de tous les jours, contrôlent le couvre-feu. Les aînés vivent de façon plus indépendante, mais ont aussi des éducateurs à leur disposition.

Mieux protégés que les adultes contre les expulsions.

Les lois protègent bien mieux ces jeunes contre les expulsions que les adultes. Ils obtiennent aussi - sur la base de la loi de protection de la jeunesse - plus d'avantages de la part de l'Etat. Les UMA bénéficient d'un hébergement avantageux, et d'aides socio-éducatives et psychologiques. Jusqu'à l'âge de 21 ans, ils bénéficient d'une aide financière de l'Etat. L'accueil de chacun de ces jeunes revient à 40.000 à 50.000 €/an. Au cours de l'exercice 2017, le Land du Bade-Würtemberg a dépensé pour eux 323 millions d'€, et estime des dépenses de 184 millions d'€{ pour 2018, sous réserve que leur nombre n'augmente plus.

Le statut d'UMA étant attractif, les passeurs conseillent aux réfugiés de se faire passer pour des mineurs. Mais la fraude à ce niveau n'est pas devenue un phénomène de masse. Récemment, un groupe de fraudeurs marocains a été découvert à Mannheim. 18 avaient menti sur leur âge. Le ministre des affaires sociales Lucha a pris un arrêté : les personnes dont on n'arrive pas à déterminer l'âge sont déclarées majeures.

90% des jeunes font de grands efforts.

Pour terminer, Sami nous fait remarquer : les premiers temps au centre de Leonberg ont été difficiles (troubles du sommeil, crises d'anxiété). Mais il s'est pris en charge et a commencé une formation d'infirmier. Le ministre Lucha souligne que "Plus de 90% des jeunes se mettent en quatre pour faire des efforts". Selon le ministre, les réfugiés arrivés participent activement au développement du pays. (enquête réalisée par Jens Schmitz et Axel Habermehl)

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lundi 23 avril 2018

Allemagne : du nouveau au SPD

Andrea Nahles, première femme à la tête du Parti social-démocrate

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En Allemagne, le plus vieux parti du pays, pour la première fois de sa longue histoire, une femme, l'ancienne ministre du Travail Andrea Nahles a été portée ce dimanche 22 avril à la tête du parti social-démocrate.Sa mission sera de sortir le SPD de la crise politique.

Le SPD revient de loin, après une défaite historique aux dernières élections générales en septembre dernier. Il a été secoué par d’importants débats ces derniers mois sur une nouvelle grande coalition avec les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel.

La base est en partie remontée contre une direction à qui elle reproche des volte-face et un style trop autoritaire. La situation n’est donc pas des plus simples. Andrea Nahles, ancienne ministre du Travail d’Angela Merkel durant la précédente législature, a certes été élue à la tête du SPD mais avec un score décevant : les deux tiers des délégués ont voté pour elle.

Séduire les déçus du SPD

Il est vrai qu’elle n’a jamais eu de résultat flamboyant lors du congrès de son parti et qu’elle avait aussi, face à elle, une concurrente qui a sans doute su séduire cette grogne.

Il va donc falloir se renouveler en interne pour essayer de séduire les déçus au sein du parti et à l'extérieur également, pour prouver que le SPD a encore un rôle à jouer en Allemagne.

Andrea Nahles a beaucoup parlé de solidarité dans son discours. Elle est aussi depuis trente ans membre active du SPD et doit donc évidemment prouver qu’elle peut à la fois avoir un pied dans le gouvernement en étant présidente du groupe parlementaire SPD et être capable de renouveler ce parti avec une ligne plus à gauche.

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dimanche 22 avril 2018

Le printemps de Bassemberg

Et surtout, le samedi soir, n'oubliez pas de vous régaler avec les bonnes blagues de Albert de Munster !

printemps

Gérard et le curé de Albert l'Alsacien

Je m'appelle Albert

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samedi 21 avril 2018

Que deviennent les églises désaffectées au Maroc ?

Des cessions apaisées

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Lors des années de protectorat, les chrétiens du Maroc avaient construit par leurs propres moyens (séparation de l’église et de l’Etat oblige) des églises dans le pays. La «Résidence» française accordait la construction de ces lieux de culte sur des terrains appartenant aux pouvoirs publics.

Dès 1956 et un peu plus tard dans les années 70, un grand nombre de chrétiens quittèrent le Maroc laissant derrière eux ce patrimoine religieux. A partir de là les autorités diocésaines se séparent de la majorité des églises édifiées dans les années du protectorat.

Dans ce contexte, l’archevêché propose aux autorités marocaines que «les églises quand elles ne sont pas démolies, soient réservées à des activités spirituelles, sociales ou culturelles». Dans ce cadre, l’Eglise des Roches Noires à Casablanca est devenue une mosquée, celle de Safi accueille les personnes handicapées, celle de Khouribga est un musée d’OCP, et l’Eglise Saint Antoine de Maarif est un centre culturel.

Et tout se passe sans accroc...

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