La Suisse vient de voter une loi qui est censée adoucir la mort des homards. Mais est-ce que ces animaux seront au moins reconnaissants ?

homard

La vie d’un homard se partage en deux phases. Dans un premier temps, le crustacé grandit en mer, se balade dans son territoire et cherche à se reproduire. Les journées se passent agréablement jusqu’au début de la deuxième phase qui aboutit dans nos assiettes. L’étape la moins cool est la mise à mort dans l’eau bouillante, considérée désormais en Suisse comme un crime. Par conséquent, les restaurateurs suisses sont soumis à l’obligation d’endormir le homard avant de le glisser (délicatement !) dans l’eau bouillante. On espère que le homard appréciera, mais en tout cas, les gastronomes suisses auront une meilleure conscience.

Selon les scientifiques, les crustacés disposent d’un système nerveux sophistiqué qui leur permet de ressentir la douleur. Pour endormir le homard avant de le bouillir, la méthode préconisée est l’électrochoc. C’est un peu la chaise électrique avant l’ébouillantage. Chatouiller à mort ou ennuyer à mort représentaient sans doute des méthodes trop onéreuses ; la fin d’un homard ayant eu la chance d’atterrir dans un restaurant suisse ressemblera à une exécution à l’américaine.

Les homards peuvent applaudir des deux pinces, car non seulement, ils seront protégés du chaud, mais aussi du froid : dès le 1er mars entre en vigueur la nouvelle loi qui interdit aussi de les transporter sur de la glace ou dans l’eau glacée.

 En tout cas, il est rassurant de voir que, pendant que d’autres gouvernements se limitent à briller dans la communication politique, la Suisse se penche sur les questions vraiment importantes. Les homards finiront mangés, comme auparavant, mais les Helvètes les dégusteront avec la bonne conscience qu’autorise une mise à mort pleine d’humanité. Heureusement que le ridicule ne tue pas… (selon "Eurojournalist.com")