mercredi 31 janvier 2018

Cacao : le travail des enfants

Tous les enfants aiment-ils le Nutella ?

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Oui, sûrement...sauf ceux qui sont réduits en esclavage pour le produire. Nous sommes en 2016 et pour accroître ses bénéfices, Ferrero -- le géant du chocolat propriétaire de Nutella -- va jusqu'à tirer profit de l'asservissement de pauvres enfants. Arrachés à leurs familles et vendus aux plus offrants dans le pire des cas, ces enfants travaillent gratuitement dans des conditions extrêmement dangereuses. Le plaisir que nous prenons à déguster les tablettes de chocolat Ferrero a un prix : celui de leurs vies. Si plusieurs entreprises ont déjà pris des mesures pour lutter contre ce fléau, Ferrero ne semble pas s’émouvoir du sort de ces jeunes enfants. Il en sera ainsi tant que ses énormes bénéfices ne seront pas menacés.

Ferrero possède 8,8% du marché mondial du cacao. Avec les quatre autres plus grands groupes du monde, ils se partagent jusqu’à 100 milliards de dollars par an. C’est énorme! Mais au lieu de se servir de cet argent pour payer convenablement les producteurs locaux, Ferrero s’en met plein les poches.

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Au lieu d'aller à l'école et de profiter de leur enfance, nombre d'enfants travaillent dans les plantations de cacao où il doivent manipuler des machettes et appliquer des produits chimiques qui dégradent leur santé. Pire: des trafiquants vont même jusqu'à arracher certains enfants à leurs familles et à les réduire en esclavage. Le travail forcé des enfants est l’une des conséquences les plus graves générées par la filière du cacao.  Ils sont 2,1 millions d'enfants à y travailler -- en Afrique de l'Ouest -- selon le Département étasuniens du Travail. Pour sensibiliser les consommateurs, une ONG étasunienne - Green America - propose chaque année un classement des efforts fournis par les 6 plus grandes marques de chocolat pour régler ce problème. En 2016, l’entreprise Ferrero était encore la dernière de la classe…

Interpellée il y a plusieurs mois sur le sujet, l’entreprise Nestlé s’était engagée à prendre des mesures fermes contre le travail des enfants sur ses plantations de cacao. Au tour de Ferrero !

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mardi 30 janvier 2018

Diesel interdit dans 10 villes allemandes ?

La principale origine des oxydes d'azote sont les voitures diesel

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Selon un modèle de calcul, dans au moins dix villes allemandes, une interdiction de conduire pour les voitures diesel menace cette année. Il est peu probable que Berlin soit affectée malgré certaines rues particulièrement polluées par les oxydes d'azote à Neukölln. Selon une extrapolation du "Car Institute de l'Université de Duisburg-Essen", les dix villes sont Munich, Stuttgart, Cologne, Reutlingen, Hambourg, Heilbronn, Kiel, Düsseldorf, Darmstadt et Ludwigsburg. Dans ces villes, les limites d'oxyde d'azote fixées par l'UE sont considérablement dépassées, et les organisations de protection de l'environnement essaient donc d'imposer des interdictions de conduire des véhicules diesel.

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Entre autres choses, l'année dernière, le tribunal administratif de Stuttgart a statué que les mesures prises jusqu'à présent n'étaient pas suffisantes pour améliorer l' air de Stuttgart pollué principalement par des oxydes d'azote et des particules. Suite au verdict, les interdictions de circuler sur les vieilles voitures diesel, qui sont considérées comme la principale cause des oxydes d'azote, sont maintenant à l'ordre du jour. En raison de son importance fondamentale, le tribunal a autorisé la révision du projet de loi devant le Tribunal administratif fédéral de Leipzig, qui traitera la question le 22 février prochain.

Pendant ce temps, la Commission européenne perd lentement patience. La ministre fédérale de l'Environnement Barbara Hendricks (SPD) est attendue mardi prochain à Bruxelles. Elle veut essayer d'éviter une plainte de la commission devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) en raison des valeurs trop élevées des oxydes d'azote dans les villes allemandes. Outre l'Allemagne, huit autres États membres de l'UE sont menacés de poursuites similaires. Il y a un an, la Commission a adressé un dernier avertissement à l'Allemagne, à la France, à l'Espagne, à l'Italie et au Royaume-Uni au sujet du dépassement permanent des limites d'oxydes d'azote. En Allemagne, des dépassements persistants des valeurs limites ont été constatées dans 28 zones - plus que dans tout autre pays de l'UE.

En décembre 2017, 60 villes ont touché des aides financières du gouvernement fédéral pour développer des concepts de lutte contre les émissions de diesel.

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Dans son étude actuelle, le "Duisburg Car Institute" a évalué les données de l'Agence fédérale pour l'environnement pour des villes particulières et les a extrapolées pour 2017 et 2018. "Nos résultats montrent pour l'année 2017 que ni les mises à jour logicielles, qui sont déjà largement mises en œuvre, ni la suppression des primes, n'ont conduit à une réduction significative", a déclaré l'institut dimanche. Par conséquent, il est peu probable que "quelques bus dans les villes feront une différence majeure". On ne peut donc échapper aux interdictions de conduite ou aux améliorations matérielles des voitures diesel. Les constructeurs automobiles refusent jusqu'à présent les conversions matérielles, car celles-ci sont trop chères. 

Le maintien d'une planète propre n'a pourtant pas de prix.

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lundi 29 janvier 2018

Centrafrique, des militaires français au dessus des lois ?

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Dans sa chronique, l'écrivain et journaliste Thomas Dietrich, originaire d'Altkirch (Haut-Rhin), spécialiste de l'Afrique,  revient sur le bilan peu glorieux de la France en Centrafrique. A l'occasion de l'affaire de viols d'enfants centrafricains par des militaires français, pour lesquels trois juges d’instruction ont rendu un non-lieu, il profite pour donner son point de vue sur la politique française en Afrique.

L'analyse sans concession de Thomas Dietrich

"Au plus fort de la crise centrafricaine et de l’opération Sangaris (2500 soldats hexagonaux déployés dans ce pays), des enfants furent présumés victimes d’abus sexuels de la part de militaires français, en échange de rations de nourritures ou de quelques centaines de Francs CFA. Il fallut les révélations d’un journal étranger, le britannique Guardian, pour qu’une enquête soit ouverte à Paris, puis close le 15 janvier 2018, comme si rien ne devait venir altérer l’image d’Epinal d’une France protectrice d’une de ses anciennes colonies, la République Centrafricaine.

Chemins de traverse

Le plus surprenant dans ce chapitre judiciaire, c’est qu’en rendant ce non-lieu, les magistrats ne sont même pas persuadés de l’innocence des militaires incriminés. « Il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », a souligné le parquet. Mais si les chemins de traverses de la procédure lui permettent de classer l’affaire sans trancher sur le fond, personne ne pourra remettre sérieusement en cause le témoignage accablant de dizaines d’enfants centrafricains, victimes des pires sévices par des soldats censés les protéger. Et de là à penser qu’une fois de plus, la justice française s’est rendue complice des agissements douteux de l’Etat français en Afrique, il n’y a qu’un pas.

 

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Déjà, la colonisation en RCA avait atteint des sommets de monstruosité, des dizaines de milliers de pauvres hères étant réduits en esclavage, forcés de récolter le coton ou le latex servant à fabriquer le caoutchouc. Le roman "Batouala" de René Maran, prix Goncourt 1921, se fait le témoin fidèle des exactions des colons sur une population démunie. Après l’indépendance accordée en 1960, la France ne renonça pas à son emprise sur ce pays. Du soleil des indépendances, la Centrafrique fut transportée au cœur des ténèbres de la « Françafrique ». Valery Giscard d’Estaing cautionna et finança les extravagances de Jean-Bédel Bokassa, un ancien soldat de la Coloniale qui se prenait pour Napoléon Ier, allant jusqu’à reproduire le couronnement du vainqueur d’Austerlitz dans la moiteur de Bangui. De 1981 à 1993, le président André Kolingba ne prenait aucune décision sans en référer au colonel français Mansion, qui occupait un bureau voisin du sien à la Présidence (tout en travaillant pour la DGSE). En 2003, Jacques Chirac donna son feu vert au renversement d’Ange-Félix Patassé et à son remplacement, avec l’aide du Tchad, par son ancien chef d’état-major, François Bozizé.

L’on pourrait croire que ces dernières années et notamment depuis le déclenchement de la guerre civile en 2012, le rôle de la France a été plus positif en Centrafrique. La vérité communément admise par l’opinion est celle serinée à tout bout de champ par l’ancien président François Hollande, et volontiers reprise par les médias. La France ne serait intervenue en Centrafrique que pour « sauver des vies humaines », pour « éviter un drame humanitaire ». Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, avait même affirmé en novembre 2013 que la Centrafrique « était au bord du génocide » entre chrétiens et musulmans et que la déclenchement d’une opération militaire était nécessaire pour mettre fin à cette folie meurtrière.

Sauf que la lecture interconfessionnelle du conflit centrafricain ne résiste pas à l’épreuve des faits ; pas plus que le mythe qui voudrait que la France soit un deus ex machina venu sauver les Centrafricains de leurs propres turpitudes. Au contraire, les décisions de François Hollande et de son indispensable ministre de la défense Jean-Yves Le Drian ont contribué à précipiter ce grand pays d’un peu moins de 5 millions d’habitants dans d’insondables abîmes.

Revenons en 2012

En 2012, François Bozizé était alors au pouvoir depuis près de 10 ans. J’ai bien connu la Centrafrique de ces années-là, pour avoir longtemps séjourné à Bangui entre 2009 et 2011. La capitale était tranquille, les salaires de la fonction publique régulièrement payés ; sauf que le régime devenait de plus en plus autoritaire, suite à des élections législatives boycottées qui avaient donné 100 % des sièges au parti au pouvoir, le KNK (Kwa na Kwa). Le président en place songeait à faire modifier la constitution pour pouvoir se représenter. Au nord et à l’est, des rébellions faisaient entendre leurs bruits de bottes. Surtout, François Bozizé avait maille à partir avec à peu près tout le monde. Nicolas Sarkozy avait peu apprécié ses ruses et sa cupidité dans l’affaire de l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma par Areva. Et le Tchad, son voisin et protecteur, venait de retirer ses soldats de la garde personnelle du président centrafricain.

 

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Il y avait de multiples raisons à ce revirement d’Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990 à Ndjamena. Des commerçants tchadiens avaient été victimes d’une émeute au PK5 (quartier à majorité musulmane de Bangui), au mois de juin 2011, et Deby avait peu apprécié que le pouvoir centrafricain ne vole pas à leur secours. Mais surtout, le président tchadien avait des visées hégémoniques sur la Centrafrique. Après avoir défait sa propre rébellion en 2010 et profitant de la place vacante laissée par la mort de Kadhafi, Deby s’était vu comme le nouveau maître de l’Afrique, ou tout du moins de l’Afrique centrale. Il entendait faire main basse sur ce pays frontalier qu’il considère comme « la 24ème région du Tchad » ; et tirer profit des immenses richesses de son sous-sol, uranium, or, diamants, manganèse, coltan mais aussi pétrole. En effet, les champs pétrolifères de Doba, au sud du Tchad, ne se révélaient pas aussi riches que prévus et Idriss Deby lorgnait sur le gisement de Boromata, au nord-est de la Centrafrique, dans une préfecture de Bamingui-Bangoran frontalière du territoire tchadien.

Le pacte avec le diable...Déby

Un événement allait précipiter la réalisation du plan de Deby et convaincre définitivement ses alliés français d’y participer. Fin 2012, à plusieurs milliers de kilomètres à l’ouest, au Mali, les djihadistes d’AQMI (Al-Qaeda au Maghreb Islamique) se mirent en marche vers la capitale Bamako. François Hollande ne pouvait faire autrement qu’engager ses troupes pour contrer la menace terroriste. Et pour ne pas risquer la vie de trop de militaires français sur le théâtre des opérations, il avait besoin de l’appui de l’armée tchadienne, dont les soldats sont réputés (à juste titre) pour être les meilleurs d’Afrique.

Lors d’une rencontre à l’Elysée avec Deby le 5 décembre 2012, le pacte fut scellé. Le Tchad enverrait des supplétifs affronter AQMI dans le désert malien, et en échange, la France donnait sa bénédiction à Idriss Deby pour renverser François Bozizé. Il faut dire que ce dernier n’avait jamais retrouvé grâce aux yeux de Paris, qui souhaitait depuis longtemps son remplacement par un dirigeant plus docile.

Quelques jours à peine après l’entrevue de l’Elysée, une rébellion apparut comme par enchantement aux marches de la Centrafrique, dans la région dite des « trois frontières ». Elle s’était baptisée « Seleka », ce qui veut dire alliance en langue nationale sango. Téléguidée depuis Ndjamena, armée par le régime du pays du Toumaï (les véhicules de la Seleka étaient des 4x4 de la gendarmerie tchadienne hâtivement maquillés), elle était majoritairement composée de mercenaires tchadiens et soudanais. Bénéficiant de la débâcle de l’armée centrafricaine (FACA), elle fondit sur Bangui et ne se heurta qu’à la résistance d’un contingent sud-africain, appelé à la rescousse par François Bozizé. Une fois les sud-africains défaits avec le concours des hélicoptères de l’armée tchadienne, la Seleka pénétra dans la capitale le 24 mars 2013. Ces mercenaires étaient si peu coutumiers de Bangui, qu’ils confondirent l’hôpital de l’Amitié, construit par la coopération chinoise, avec la Présidence et entreprirent de l’assiéger.

Place à l'Etat Séléka

A cette époque, la France possédait environ 300 soldats sur place, dans le cadre de l’opération Boali. Lors de la déferlante de la Séléka, elle resta armes au pied. Pire, durant toute l’avancée de cette horde de mercenaires, elle fournit de précieux renseignements à la partie tchadienne sur l’état et les mouvements de l’armée centrafricaine en déroute. Bien sûr, les services tchadiens s’empressaient de transmettre les informations à la Seleka ; ce que la France ne pouvait ignorer.

Une fois au pouvoir, l’Etat-Seleka, avec à sa tête Michel Djotodia, fut traité avec beaucoup d’égards par l’Elysée. Les autorités hexagonales fermèrent de longs mois les yeux sur les exactions des différentes factions de la Seleka, et notamment celle du plus puissant d’entre tous, Nourredine Adam, Ministre de la sécurité publique et homme-lige de Deby en Centrafrique. C’est notamment à cause de l’arrivée de la Seleka que le tissu social centrafricain se déchira. Avant 2012, les musulmans (environ 15 % de la population) et les chrétiens (85 %) avaient de tous temps vécus en bonne harmonie. Les mariages mixtes étaient fréquents et aucun pogrom à caractère religieux n’était à déplorer. Sauf les violences de « l’Alliance » dirigées quasi-exclusivement contre des chrétiens entraînèrent une réaction de ces derniers. Instrumentalisés par François Bozizé depuis son exil camerounais puis ougandais, ils se constituèrent en milices, les anti-balakas, qui à son tour s’en prirent aux musulmans. Néanmoins, ces bandes armées ne s’attaquèrent pas uniquement aux combattants de la Seleka, mais aussi aux centrafricains de confession musulmane qui avaient toujours vécu à leurs côtés, en paix. Ce regrettable amalgame entraîna une escalade de violence, qui contraignit la France à déclencher l’opération Sangaris au mois de décembre 2013.

 

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Contrairement aux dires de Hollande, l’opération Sangaris est loin d’avoir relevé la Centrafrique. L’armée française n’a nullement désarmé les milices armées, Seleka ou anti-balaka. Elle en aurait eu les moyens pourtant, forte de ses 2500 hommes. Mais, a contrario, elle a entretenu des liens troubles avec ces bandes armées qui font régner la terreur partout dans le pays. Après leur éviction du pouvoir au début 2014, les principales composantes de la Seleka se sont repliées dans le nord-est, où elles contrôlent les villes de Birao, Ndélé ou encore Bria et prospèrent jusqu’à l’heure actuelle, sans que les français n’y trouvent rien à redire. Quant aux anti-balaka, les militaires hexagonaux ont souvent été accusés d’entretenir avec ces bandes armées des liens de connivence. A Bangui même, lors d’attaques de quartiers musulmans par les anti-balaka en 2014, les soldats français sont restés passifs, rappelant au monde le terrible souvenir de l’inaction des grandes puissances lors du génocide rwandais.

Aujourd’hui, alors que l’opération Sangaris s’est piteusement achevée en 2016, l’ancien colonisateur est vu par la grande majorité des Centrafricains comme étant l’une des causes principales de leur malheur. D’autant que le comportement de certains officiels français au pays de Bokassa fut loin d’être exemplaire ; en plus des suspicions de viols d’enfants, l’opinion centrafricaine peine à oublier les frasques de l’ambassadeur Charles Malinas, en poste de 2013 à 2016, qui est suspecté d’avoir vendu des visas pour la France à des salafistes radicalisés. Une enquête a d’ailleurs été ouverte contre lui par l’inspection générale du Quai d’Orsay, et l’ambassadeur a été rappelé de son nouveau poste à Prague.

La Centrafrique de 2018 rappelle étrangement la République Démocratique du Congo (RDC) de la fin des années 90, après la chute de Mobutu. Un pays complétement démembré, dépossédé de sa souveraineté nationale au profit de puissances étrangères. La France a réduit sa présence à une centaine de militaires en poste à Bangui, mais un centre d’écoutes est installé au sous-sol de l’Ambassade et permet d’écouter, de manière totalement illégale, l’ensemble de la classe politique centrafricaine.

Prédateurs et trafiquants

Le Tchad reste bien évidemment présent, continuant tout comme le Soudan à soutenir les ex-Seleka, désormais regroupés dans le FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique). Les troupes de Nourredine Adam campent d’ailleurs très régulièrement à l’intérieur du territoire tchadien. Le chef rebelle et ancien garde du corps de l’émir d’Abou Dabi se rend tous les quatre matins à Ndjamena, quand il ne visite pas le chef de Boko Haram, avec lequel le Tchad est accusé de jouer double jeu.

Des divisions au sein des ex-Seleka apparaissent, sur fond de rivalités pour le contrôle des matières premières. Dernier épisode en date : l’affrontement entre Nourredine Adam et Ali Darassa, le seigneur de guerre qui contrôle Bambari. Car ces milices tirent des revenus conséquents de la vente de diamants, d’or ou encore du racket des commerçants qui s’en vont vendre leurs bambous ou leurs cafés au Soudan.

Les forces de la MINUSCA (Mission des Nations Unies en Centrafrique), composées de 11 200 soldats issus de 10 pays, n’agissent pas différemment. Comme en RDC, les troupes onusiennes ne protègent pas les populations civiles mais s’ingénient plutôt à piller les richesses locales et à tisser des liens avec les milices, le plus souvent en fonction de leur appartenance religieuse. Les casques bleus originaires du Congo-Brazzaville sont par exemple accusés d’organiser le pillage du bois précieux des forêts de la Lobaye (sud de la RCA), et de soutenir certains groupes affiliés aux anti-balaka. Denis Sassou-Nguesso, le leader congolais, possède en outre une influence non-négligeable à Bangui, le président de l’Assemblée nationale Abdou-Karim Meckassoua étant l’un de ses protégés. Enfin, à l’est, dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou, un contingent de l’armée ougandaise vient tout juste de se retirer après 10 ans passés à traquer l’insaisissable Joseph Kony, le leader d’une Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui continue à terroriser les populations.

Noirceur désespérante

Les Centrafricains semblent comme interdits de présider aux destinées de leur propre pays. Le Président en exercice Touadéra n’a pas les moyens d’action que la légitimité populaire et son honnêteté avérée devraient lui conférer. Peut-être que le plus urgent serait de rendre à la Centrafrique une armée nationale digne de ce nom, des FACA capables de vaincre les seigneurs de guerre, ce que ni la France ni la MINUSCA n’ont pu ou n’ont voulu faire. A ce titre, la livraison d’armes aux FACA par les russes est une nouvelle à saluer, même si celles-ci proviennent de l’arsenal de l’autocrate Poutine. Car ce n’est que en ramenant la sécurité qu’une réconciliation de tous les Centrafricains sera possible, qu’ils soient chrétiens, musulmans, ex-Seleka, anti-Balaka ou même éleveurs peuls mbororo. Et que ce pays du cœur de l’Afrique pourra se remettre sur les rails du développement, fidèle à la devise de leur père fondateur Barthélémy Boganda, « Nourrir - Vêtir – Guérir – Instruire – Loger »."

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dimanche 28 janvier 2018

Plainte de Bolloré au tribunal de grande instance de Paris (suite)

C'est la Société camerounaise de palmeraies, SOCAPALM, avec siège au Luxembourg, qui a porté plainte contre plusieurs journaux français dont Médiapart, l'Obs et Le Point.

Deux ONG, SHERPA et REACT sont également poursuivis.

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La SOCAPALM, la plus grande entreprise de production d'huile de palme du Cameroun, poursuit ces médias pour diffamation.

Dans des reportages publiés en 2015 par ces médias, des villageois camerounais accusent l'entreprise d'avoir accaparé leurs terres.

La SOCAPALM est une filiale du groupe luxembourgeois SOCFIN, dont l'industriel français VINCENT BOLLORE détient 40% du capital.

Selon le journal Médiapart, 6 000 villageois camerounais se mobilisent depuis une dizaine d'années contre, l'accaparement par la SOCAPALM de 40 000 hectares de terres leur appartenant.

La SOCAPALM, réfute formellement les accusations de vol de terres, et parle de diffamation.

La première journée d'audience a été consacrée à l'audition des témoins des deux parties.

Le procès s'est achevé ce vendredi. La SOCAPALM demande un euro de dommages et intérêts aux médias et aux ONG accusés, ainsi que la publication du jugement dans les journaux concernés. Le jugement est mis en délibéré.

La position d'Edwy Plenel, de Mediapart 

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"L'objectif c'est de nous empêcher de dire ce que les populations concernées au Cameroun, au Nigéria, en Côte d’Ivoire ou au Libéria disent sur les pratiques du groupe Bolloré via une entreprise basée au Luxembourg. Une holding, Socfin, dont il possède 39 %. Nous sommes simplement poursuivis pour avoir fait état de la déclaration de ces populations, de ces collectifs regroupés dans une association, une ONG qui s’appelle ReAct et qui parle d’accaparement aveugle des terres qui ne laisse aux riverains aucun espace vital, de faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines, de mauvais traitements des populations par des escouades de gendarmes, et ainsi de suite… Tout ça, c’est simplement un communiqué qui a été remis en mains propres à Monsieur Bolloré devant le groupe Bolloré en 2013. A ce moment-là, Monsieur Bolloré n’a rien trouvé de diffamatoire et il n’a pas poursuivi. Simplement, nous en avons refait état et ces populations, comme des syndicats. Et là, tout d’un coup, Monsieur Bolloré s’est réveillé sur un nouvel article de 2015 et il nous poursuit. Simplement pour nous empêcher de faire état de cet intérêt public. C’est ce que nous avons appelé avec nos avocats et tous les médias concernés des procédures bâillon".

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samedi 27 janvier 2018

Arrosage automatique sur le terrain de football à Elzach

 A Villé, il y a 35 ans

inauguration

En 1983, l'AS Villé avait bénéficié de conditions exceptionnelles pour l'aménagement d'un nouveau terrain de football et de l'arrosage automatique : l'entreprise voisine de l'ancien terrain de football Signal-Lux souhaitant s'agrandir, a racheté les installations (stade, hall d'entrainement, vestiaires). La commune garantissait au club de nouvelles installations, et c'est ainsi que l'AS Villé put bénéficier du stade le plus moderne de la région, sur lequel furent même accueillies des équipes professsionnelles telle le Racing-Club de Strasbourg, l'AJ Auxerre de Guy Roux ou le FV Karlsruhe.

Aujourd'hui, Oberprechtal-Elzach

A Elzach, c'est avec 35 ans de retard que le FSV Oberprechtal-Elzach va pouvoir bénéficier d'une telle infrastructure. Evidemment les conditions de financement ne sont pas les mêmes. L'arrosage composé de 13 gicleurs répartis sur l'ensemble du terrain, le grillage et les filets de protection permettant de rattraper plus rapidement les ballons qui sortent, coûteront 51.000 €, dont 21.000 € obtenus par des subventions de la BSF (Baden Sports Federation) et de la municiplité, 20.000 € restant à trouver par le club. Finalement, l'ensemble du club a décidé de s'investir en cherchant de nouveaux sponsors et le club  a réalisé le prêt bancaire pour rendre les 20.000 € disponibles de suite. Et c'est ainsi que d'ici peu le FSV Oberprechtal (qui recevait régulièrement les équipes de jeunes de l'AS Villé - minimes, cadets, juniors -) bénéficiera d'installations compétitives.

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NB : ci-dessus le stade actuel d'Oberprechtal (annexe d'Elzach), qui bénéficiera de l'aménagement de l'arrosage automatique et de clôture et filets de protection.

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vendredi 26 janvier 2018

Bolloré en procès contre des journalistes et des ONG qui dénoncent sa politique africaine

La multinationale Bolloré a engagé des poursuites judiciaires contre plusieurs médias français et des ONG. L’un de ces nombreux procès s’est ouvert ce jeudi 25 janvier 2018 à Paris. 

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Ce jeudi 25 janvier s’est ouvert un procès contre trois journaux (Mediapart, L’Obs, Le Point) et deux ONG (Sherpa et ReAct), attaqués en diffamation par la holding luxembourgeoise Socfin et sa filiale camerounaise Socapalm, pour des articles relatant les mobilisations de villageois et d’agriculteurs ouest-africains voisins d’exploitations gérées par ces deux sociétés. Celles-ci sont fortement liées au groupe Bolloré, Vincent Bolloré lui-même siégeant au sein de leur conseil d’administration.

Ce procès marque une nouvelle étape dans les poursuites judiciaires lancées par le groupe Bolloré et ses partenaires contre des médias, des organisations non gouvernementales ou des journalistes, qui ont évoqué les coulisses de ses activités économiques et commerciales en Afrique, ses liens avec la holding luxembourgeoise Socfin et les conséquences des acquisitions de terre à grande échelle.

Depuis 2009, pas moins d’une vingtaine de procédures en diffamation ont ainsi été lancées par Bolloré ou la Socfin en France et à l’étranger – pour contourner la loi de 1881 sur la liberté de la presse – contre des articles, des reportages audiovisuels, des rapports d’organisations non gouvernementales, et même un livre. France Inter, France Culture, France Info, France 2, Bastamag, Libération, Mediapart, L’Obs, Le Point, Rue 89, Greenpeace, React, Sherpa… Plus d’une quarantaine de journalistes, d’avocats, de photographes, de responsables d’ONG et de directeurs de médias, ont été visés par Bolloré et ses partenaires !

Le groupe Bolloré a transformé la justice française en agent de dissuasion contre tous ceux qui évoquent publiquement ses activités africaines. Ces attaques en justice contre les journalistes viennent s’ajouter à d’autres types d’entraves à la liberté de la presse dont est désormais coutumier le groupe Bolloré. En 2014, son agence de communication Havas avait par exemple supprimé 7 millions d’euros de publicité au journal Le Monde suite à une enquête sur ses activités en Côte d’Ivoire. Sans oublier la déprogrammation ou la censure de plusieurs documentaires que Canal+ (groupe Vivendi) devait diffuser.

Ces poursuites systématiques visent à faire pression, à fragiliser financièrement, à isoler tout journaliste, lanceur d’alerte ou organisation qui mettrait en lumière les activités et pratiques contestables de géants économiques comme le groupe Bolloré. 

Historique des poursuites entreprises par Bolloré 

- Plainte en diffamation de Bolloré contre l’Agence Ecofin (Agence africaine d’informations économiques et financières). Relaxe le 15 juin 2016, Relaxe confirmée en appel le 7 juin 2017
- Plainte en diffamation de Bolloré contre Maureen Grisot et Renaud Candelier (France Culture) : retrait de la plainte le 10 mars 2016 (21jours avant l’audience prévue le 31 mars 2016)
- Plainte en diffamation de Bolloré et Socapalm (filiale Socfin) contre France Inter et Benoît Collombat : condamnation le 6 mai 2010 avec relaxe concernant la Socapalm.
- Plainte en diffamation de Bolloré contre France Inter et Isabelle Ricq : retrait de la plainte le 18 juin 2010 (14 jours avant l’audience prévue prévue le 2 juillet 2010)
- Plainte en diffamation de Bolloré contre l’association Sherpa : retrait de la plainte le 5 juin 2013
- Plainte en diffamation de Bolloré contre Benoît Collombat et David Servenay (Rue 89) : retrait de la plainte le 7 janvier 2014.
- Plainte en diffamation de Bolloré contre Martine Orange (Mediapart) : retrait de la plainte le 9 décembre 2013
- Plainte en diffamation de Bolloré contre Libération et Fanny Pigeaud : condamnation de Libération pour la légende de la photo en novembre 2014, relaxe de Fanny Pigeaud.

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jeudi 25 janvier 2018

Mexique : des peuplades autochtones malmenées par les cartels de la drogue

Après une tournée de dix jours au Mexique, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz, s’est déclarée « particulièrement préoccupée » par la situation des mineurs autochtones dans le pays. Terrible constat, les cartels de la drogue et d’autres groupes criminels recrutent de force des enfants et des adolescent(e)s autochtones, nombreux sont ceux qui « disparaissent », une réalité préoccupante dénoncée par la représentante des Nations Unies.

mexique

Victoria Tauli-Corpuz révèle avoir reçu des plaintes concernant le recrutement forcé de mineurs dans des zones dominées par le narcotrafic « dans les zones touchées par le crime organisé et par la production de drogue et le trafic, la seule option laissée aux jeunes est de rejoindre ces groupes ou d’être torturés, enlevés ou assassinés », a-t-elle déclaré.

À Tlapa, dans l’État de Guerrero, elle a ainsi rencontré des femmes autochtones qui lui ont confié que « leurs enfants avaient été recrutés par le crime organisé » engendrant de nombreuses disparitions, qui ne font pas l’objet d’un chiffrage précis à ce jour.

Cette situation de violence envers les plus fragiles aurait été engendrée par l’opération militaire antidrogue controversée lancée en décembre 2006 qui a conduit à une vague de terreur à l’origine d’au moins 190 000 morts, plus le nombre de disparitions qui a lui aussi augmenté de façon dramatique. Les violations contre les droits des communautés natives sont en hausse, l’éventail des plaintes est vaste.

« Cela comprend des allégations de massacres, des meurtres, des disparitions forcées, des viols, des actes de torture et du travail forcé, ces actes sont attribués au crime organisé, aux responsables paramilitaires et militaires, souvent dans le cadre de projets de développement affectant leurs terres et leurs ressources », a affirmé Tauli-Corpuz.

Au Mexique, 7,3 millions de personnes sont d’origine indigène, soit 6,5 % de la population totale, selon une enquête officielle de 2015, 61,9 % des autochtones vivent dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté. Les groupes du crime organisé au Mexique profitent donc de la situation d’isolement et de dénuement dans laquelle vivent certaines communautés indigènes pour s’approprier leurs terres à des fins illégales, ainsi que pour recruter des enfants pour la chaîne de production et de distribution de stupéfiants.

« Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que le crime organisé soit combattu et qu’il n’affecte plus les communautés autochtones » en pointant du doigt les difficultés qui pourraient surgir en raison des ramifications qui existent parfois entre les autorités, la police et le crime organisé sous fond de corruption.

En soulignant les niveaux élevés d’impunité et de violence subie par la population en général et la population indigène en particulier, Tauli-Corpuz a ajouté qu‘ »il y a un manque de capacité institutionnelle pour s’attaquer à la problématique » et évoque même plus directement « un manque de volonté politique », pour résoudre ce phénomène dramatique.

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mercredi 24 janvier 2018

Nicolas Sarkozy de retour en Côte d’Ivoire

Que cachent toutes ces visites éclair de Nicolas Sarkozy ?

bollore

Nicolas Sarkozy a effectué une visite à Kigali (Rwanda) le 15 janvier 2018 avant de gagner Abidjan le lendemain. Ces visites express de l’ancien président dans la capitale soulèvent bien des interrogations. Serait-il devenu le nouveau ministre des affaires étrangères de Macron ? Le Drian a-t-il été viré ? Ou veut-il saboter la politique de Macron au moment où ce dernier réunit des chefs d'entreprise à Versailles ?

On sait que l’ancien chef d’État français Nicolas Sarkozy entretient un lien de confiance avec le président Alassane Ouattara. Il est régulièrement venu en Côte d'Ivoire depuis l'accession de ce dernier au pouvoir et a même décroché d'importants contrats pour certains industriels français.

L’ex-président français a même été coopté par le Chef d'État ivoirien pour le renforcement de la coopération entre Abidjan et Doha (capitale du Qatar). Et lors de la crise postélectorale de 2011, l'ancien locataire de l'Élysée avait fait intervenir les troupes françaises de l'opération Licorne (destinées à protéger les expatriés européens) en soutien aux forces pro-Ouattara pour déloger le président Laurent Gbagbo. Voir donc l'ex-président régulièrement aux côtés du président ivoirien passe mal aux yeux de l'opposition ivoirienne et des milieux politiques français.

Mardi 16 janvier 2018, Nicolas Sarkozy a effectué une visite éclair à Abidjan. Le jet privé à bord duquel il voyageait a atterri dans la capitale ivoirienne très tôt dans la matinée. Il a eu un tête-à-tête à la présidence avec son ami Alassane Ouattara avant d’être rejoint par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko et Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence.

Si l’on ignore concrètement l’objectif de cette rencontre, il apparaît qu’elle avait pour but de connecter les chefs d'entreprises français aux dirigeants ivoiriens pour la signature de contrats d'affaires. À noter que la veille, Nicolas Sarkozy avait rencontré le Président Paul Kagamé à Kigali (Rwanda). Il était accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires français, dont Cyrille Bolloré, fils de l'industriel français bien connu (le grand à droite sur la photo). Bolloré ! Voilà un nom français qui revenait souvent en Côte d'Ivoire au temps de Sarkozy président, remplacé par Bouygues -semble-t-il- sous l'ère Macron. Et si cette visite était tout simplement un épisode de la guerre franco-française pour contrer Bouygues qui vient de remporter, avec l'appui de Macron, le juteux marché pour la construction du métro d'Abidjan ?

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mardi 23 janvier 2018

La fin de Notre-Dame des Landes, une opportunité pour Mayotte

Quelques centaines de personnes ont manifesté samedi à Mayotte pour réclamer l'allongement de la piste de l’aéroport.

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Le projet d'une piste longue à Mayotte, qui permettrait des liaisons directes Mayotte-métropole avec des avions gros porteurs, est évoqué depuis de nombreuses années, mais n'a jamais abouti. 

A l'appel d'un Collectif de citoyens de Mayotte, regroupant plusieurs associations, quelques centaines de Mahorais, arborant parfois drapeaux français et drapeaux européens, ont défilé en Petite-Terre, près de l’aéroport de Pamandzi, pour réclamer la construction de la piste longue, au nom de "la sécurité des usagers", du "désenclavement de l'île" et du "développement économique". 
Alors que le projet Notre-Dame-des-Landes vient d'être abandonné, ils estiment que "c'est une opportunité" et souhaitent que "les élus se rapprochent de l'Etat afin de voir dans quelle mesure la solidarité de l'Etat peut jouer afin que les fonds qui étaient prévus pour Notre-Dame-des-Landes soient orientés vers Mayotte", a expliqué sur Mayotte 1ere l'un des organisateurs de la manifestation, Foumo Sihali. 
Dans un communiqué, le député LR Mansour Kamardine a salué cette manifestation. "Parmi les grands investissements structurant dont Mayotte a besoin, la piste longue est +la+ priorité", a-t-il insisté, demandant "la mobilisation des fonds européens pour couvrir la plus grande partie de son financement, qui est évalué à 200 millions d’euros environ". 
Actuellement, la plupart des vols sont contraints de faire une escale à La Réunion, car la longueur de la piste de l'aéroport de Pamandzi (moins de deux kilomètres), ne permet que des vols de moyenne distance, sauf si l'avion dispose de réacteurs puissants adaptés aux pistes courtes. 
Le projet d’une piste plus longue avait été officialisé par une convention de développement pour Mayotte signée en 2003, qui indiquait que "le développement économique de Mayotte nécessitait l'établissement d'une liaison aérienne directe par gros porteur", impliquant que l'aéroport "soit doté d'une piste longue".  
Mais le projet était contesté par des associations de défense de l'environnement, estimant qu'il mettait en danger le lagon et son récif corallien, qui aurait été enseveli par des millions de m3 de remblais. 
Il avait fait l'objet d'un débat public en 2012, mais en 2013, le rapport Duron, chargé de faire le tri sur les grands projets d'infrastructures de transport, l'avait renvoyé à un "horizon lointain".

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lundi 22 janvier 2018

Plainte : Qui peut classer "sans suites" ?

La loi est-elle identique si on se réfère à Klinkert ou Bierry ?

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Lu dans une certaine presse dite "locale" :

"Vendredi dernier vers 10h, une délégation d’Unser Land s’est présentée devant la gendarmerie de Marmoutier, en soutien à une membre de ce parti régionaliste qui y était convoquée pour outrage à agent public. Habitante de Neuwiller-lès-Saverne, elle avait eu maille à partir avec un agent circulant dans une voiture siglée Grand Est, en gare de Saverne. Considérant que la voiture en question gênait la circulation des bus, elle l’a fait savoir à l’agent qui la conduisait. La discussion, s’envenimant, s’est conclue par une référence disgracieuse à la région Grand Est de la part de la militante.

L’agent a ensuite déposé plainte à la gendarmerie. Pour Jean-Marie Lorber, secrétaire de la « section Zawere - Krumme Elsass » d’Unser Land, la mobilisation d’hier était « l’occasion de montrer qu’il n’y a pas lieu de se résigner. C’est notre manière de soutenir l’initiative de Frédéric Bierry et de Brigitte Klinkert pour créer une collectivité à statut spécifique en Alsace ».

Pour la petite histoire, la plainte a été classée sans suite à la gendarmerie."

Pour la grande histoire, un gendarme peut-il classer une plainte sans suite ? Bien sûr que non : il la transmet au procureur de la république qui est seul habilité à prendre une décision à ce sujet. Mais avec l'intervention d'hommes politiques, on ne sait jamais ...

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