Suite à la naturalisation le 15 avril par François Hollande de 27 tirailleurs sénégalais, l’association internationale "Mémoires & Partages" basée à Dakar et à Bordeaux, tient à regretter une mesure politicienne qui ne soulagera qu’une infime partie des requérants. 

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François Hollande avait profité de la visite officielle du chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, le 20 décembre dernier pour annoncer son intention de faciliter l’octroi de la nationalité française aux tirailleurs sénégalais, ces soldats d’Afrique subsaharienne qui ont combattu dans les rangs de l’armée française. « J’ai demandé qu’il y ait des instructions très claires qui soient données pour qu’il y ait toutes les facilités pour leur permettre d’accéder à la nationalité française… C’est eux qui formeront cette demande mais on compte bien marquer la reconnaissance. Il n’y a pas plus belle reconnaissance que de pouvoir accueillir ces anciens combattants dans la nationalité française », a déclaré le chef de l’Etat à l’issue d’un entretien à Paris avec le Président sénégalais Macky Sall, en visite d’Etat à Paris.

"Mémoires & Partages" (M &P) qui avait fait partie des initiateurs d'une pétition en faveur d'une telle mesure, avait aussitôt réagi en décidant d’assister les tirailleurs sénégalais concernés par cette annonce par l’installation d’un guichet dans ses services à Bordeaux pour répertorier, préparer et accompagner les dossiers de demande de naturalisation des tirailleurs sénégalais.

Karfa Sira Diallo, son directeur, qui avait prévenu « des incertitudes qui pèsent sur une annonce aux périmètres et conditions floues », constate « une précipitation certaine dans l’annonce de cette cérémonie de naturalisation par l’Elysée…Et cela n’augure rien de bon pour les nombreux demandeurs qui continuent de se manifester ».

Et Karfa Diallo d’apporter d’autres éléments « Sans qu’il n’y ait eu aucune coordination avec les services du ministère de l’intérieur qui sont restés sourds à nos demandes, malgré la transmission d’une vingtaine de dossiers, l’Etat français annonce que 27 tirailleurs, tirés on ne sait par quel sort, ont bénéficié de cette décision présidentielle avant que François Hollande ne quitte définitivement ses fonctions. Il y a de quoi douter sur la continuité d’une telle mesure dans le climat de xénophobie ambiant qui règne en France ».

Invité par l’Elysée à cette cérémonie, le directeur de Mémoires & Partages qui est en Afrique occidentale pour un plaidoyer déclarant la traite des noirs et l’esclavage crimes contre l’humanité, dénonce « les nombreuses trahisons d’une classe politique française qui, du droit de vote des immigrés aux tirailleurs continue de lâcher en rase campagne les descendants d’immigrés ».