Ce que les médias allemands appellent « l’effet Schulz » perdure. L’arrivée du nouveau candidat du SPD a bouleversé le paysage politique allemand.

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Pas de campagne en dessous de la ceinture. Pas de scandales personnels. Pas de casseroles. La campagne pour les législatives en Allemagne prend une tournure surprenante – on y parle de politique en opposant des approches différentes. Et Angela Merkel est de plus en plus sous pression.

Les sondages montrent clairement une tendance en Allemagne – la CDU/CSU d’Angela Merkel n’arrive plus à convaincre les Allemands et Martin Schulz est considéré comme une vraie alternative. Actuellement, le SPD se situe à son plus haut niveau depuis 2006, et talonne avec ses 32% d’intentions de vote la CDU/CSU qui reste inchangée à 33%. Et pendant que le SPD grimpe dans les sondages, ce sont les extrémistes qui en font les frais. L’extrême-droite de l’AfD perd à nouveau un point et obtiendrait 8% des votes, les Verts se situent également à 8% et Die Linke obtiendrait 7%, tandis que les libéraux du FDP pourraient retrouver le Bundestag avec 6%.

Considérant qu’avant la nomination de Martin Schulz comme candidat du SPD, on s’apprêtait à une campagne des plus ennuyeuses avec une CDU/CSU qui menait de 17% dans les sondages, l’évolution est spectaculaire. Refaire ce retard en l’espace de 6 semaines – le SPD a le vent en poupe et en vue des difficultés d’Angela Merkel dans presque tous les dossiers qu’elle doit traiter actuellement, « l’effet Schulz » risque de durer. Jusqu’au 23 septembre ?

Et il est surprenant de constater que le nouveau positionnement du SPD comme « parti de la justice sociale » constitue la meilleure réponse à une extrême-droite qui, en Allemagne comme en France, se plaît dans un discours de haine. Dès qu’une alternative crédible se présente, les électeurs et électrices se détournent de ces « porteurs d’espoir ». Car un candidat et un programme crédible, cela change la donne lors d’une campagne électorale…

Si les chiffres devaient se confirmer, une nouvelle majorité à gauche d’Angela Merkel pourrait voir le jour. Mathématiquement, il y aurait déjà une courte majorité pour une coalition « rouge-rouge-verte », donc pour le SPD, Die Linke et les Verts. Toutefois, l’Allemagne a connu exactement cette situation après les dernières élections en 2013 – mais le SPD refusait alors de se lancer dans une coopération avec Die Linke, préférant le rôle du « partenaire junior » dans la « Grande Coalition » sous Angela Merkel. Mais ce qui passait encore en 2013, ne passerait plus en 2017 – les militants du SPD s’attendent à ce que Schulz vise la gagne.

La campagne pour les législatives du 23 septembre 2017 portera sur plusieurs vecteurs principaux – la justice sociale, la gestion des réfugiés et le rôle de l’Allemagne dans une Europe en pleine mutation.

Ce qui est carrément agréable dans cette campagne en Allemagne, c’est le débat politique. Le SPD oppose une politique sociale à la politique austère de la CDU. Et les électeurs auront un véritable choix à faire. Comme quoi, une élection ne doit pas forcément ressembler à un feuilleton télévisé… (selon Eurojournalist).