AfD1

La liberté de la presse compte parmi les piliers de la démocratie, elle est indispensable au bon fonctionnement de la société et en Europe, on y attache une importance majeure. Et nous critiquons tous, à juste titre, les atteintes à cette liberté de presse en Turquie où le président-dictateur Erdogan a fermé ces derniers mois environ 170 médias, arrêté de nombreux journalistes considérés comme critiques, abolissant dans les fait cette liberté de la presse. Si toute l’Europe s’est insurgée contre cette violation des principes démocratiques, l’extrême-droite allemande voit les choses comme Recep Tayyip Erdogan. Elle veut museler la presse.

Lors du congrès régional de l’AfD 'Alternative für Deutschland) ce week-end à Kehl, la presse a été exclue – et l’AfD montre ainsi son visage d’un parti qui se fiche des règles démocratiques. C’est l’extrême-droite qui a inventé le terme « Lügenpresse » (presse mensongère) – l’extrême-droite ne veut pas informer, mais manipuler les gens par des communications. L’exclusion de la presse du congrès d’un parti politique, ce n’est pas anodin et montre que cette extrême-droite constitue une vraie menace pour la démocratie.

La justification donnée pour cette exclusion de la presse par l’AfD est surprenante : le parti craint que des militants défendant des « opinions aberrantes » puissent s’exprimer au micro pour se porter candidat pour les élections en 2017. Et puisque les méchants médias risquent de relater ces « opinions aberrantes », le parti craint une mauvaise presse. Conséquence – l’AfD a fermé la porte aux journalistes.

Au moins, par cette exclusion de la presse et cette attaque sur la liberté de la presse, l’AfD vient d’avouer publiquement qu’une partie de ses militants défend des « opinions aberrantes ». Si tous ceux qui ne sont pas sensibles aux slogans populistes de l’AfD avaient déjà cette sensation que les militants de ce parti défendent des opinions aberrantes, il est intéressant que le parti lui-même l’avoue et ce, pour justifier une attaque sur l’un des piliers de la démocratie.

kehl

Les médias auront quand même parlé de ce congrès de l’AfD à Kehl. Ils ont mis l'accent sur l’exclusion de la presse, sur la lettre ouverte que les citoyens kehlois ont adressé aux militants de l’extrême-droite qui se rendront à Kehl ce week-end, sur les manifestations contre l’AfD ce week-end dans la petite ville frontalière. Et plusieurs fédérations de journalistes ont protesté contre ces agissements antidémocratiques – on verra si elles obtiennent gain de cause par le biais d’un jugement en référé.

Et qu’on se le dise lors des prochaines échéances électorales – une extrême-droite qui veut abolir des valeurs fondamentales d’une démocratie éclairée, constitue un vrai danger. Et il ne faut argumenter « bof, ils ne pourront pas faire pire que les autres… » – si, ils peuvent faire pire. La preuve, l’extrême-droite s’attaque aux fondamentaux de la démocratie. Comme Erdogan en Turquie. (Selon "Euro-journaliste")