Les détecteurs de fumée obligatoires dans toutes les habitations d’ici janvier montrent leurs premiers signes de fatigue. La pile, le prix et surtout l’absence de la norme NF ont leur part de responsabilité.

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Tous les propriétaires de locaux à usage d’habitation se sont prémunis d’un détecteur avertisseur autonome de fumée (daaf), et ce depuis le 9 mars dernier. Ou tout au moins auraient dû l’acheter ou le commander au plus tard le 8 mars. L’appareil devant être impérativement installé avant le 1er janvier 2016. C’est déjà en grande majorité le cas. Le plafond des appartements et maisons étant ornés de ces petits objets depuis déjà plusieurs mois.

Mais qui dit technique, dit forcément risque de panne. Moins de six mois après s’être mis en règle, voilà les résidants face aux premiers tracas. Le daaf se met à émettre un petit « bip bip ». Ce signal sonore indique curieusement que la pile est déjà en fin de vie. Pourtant, bon nombre d’acheteurs avaient justement investi dans un détecteur garanti plusieurs années. « Un appareil dont l’autonomie est garantie pour une période de 5 ou 10 ans ne veut pas dire que la pile durera autant de temps. Certaines sont fichues au bout d’un an », précise-t-on dans les allées d’une enseigne de bricolage de la périphérie d’Epinal. « L’idéal est d’équiper son détecteur de fumée d’une pile au lithium, bien plus fiable », conseille-t-on chez les professionnels.

Plus ennuyeux encore. Ces dernières semaines, des riverains ont été alertés par une sirène hurlante (85 décibels) provenant de la maison de leurs voisins partis en vacances. Leur premier réflexe a bien entendu été de composer le 18. Mais une fois, les sapeurs-pompiers sur place, point de fumée. Après une rapide vérification, il s’agissait d’un dysfonctionnement du daaf. « Ça ne nous inquiète pas pour le moment. Ca reste quelque chose d’infime dans le nombre de nos interventions », rassure le commandant Didier Miller. « Il faut choisir le bon détecteur, fabriqué en Europe avec la norme NF et non pas le moins cher. Un daaf acheté cinq voire trois euros sera estampillé CE. Ce marquage n’est pas une norme et la qualité ne sera pas la même », poursuit le commandant.

L’ange gardien de vos vies

Pourtant, un appareil NF de bonne marque (vendu 23 euros) a été rappelé par le fournisseur. « Un défaut de fabrication a été constaté. Tous les clients qui l’ont rapporté ont eu un appareil neuf en excellent état de marche en échange. »

Il va sans dire que plus les détecteurs garniront les plafonds, plus les pannes iront crescendo. Les détecteurs acquis à petits prix seraient donc ceux qui montreraient le plus de signes de défaillance. Même si la vie n’a pas de prix, il est inutile de mettre des mille et des cents. « Un bon produit vaut environ 20 euros. » Garni de la norme NF et d’une bonne pile au lithium. Et pour mettre toutes les chances de son côté, votre nouvel ange gardien appréciera de temps à autre un petit dépoussiérage, « des particules trop nombreuses pouvant le déclencher bêtement. »

Rappelons-le, le détecteur vous alertera dès l’émission des premières fumées. Il sauvera des vies et l’a indéniablement prouvé ces derniers mois. A Gérardmer, Grand, Passavant-la-Rochère… il a tiré des familles de leur sommeil alors que les flammes dévoraient leur foyer.

Laurence MUNIER (Saint-Dié Info)