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Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER
13 mars 2014

Friche des FTV : le dossier et les responsabilités de nos élus

ftv

Les "Filatures et Tissages de Villé" c'est un peu l'histoire industrielle du vingtième siècle dans le Val de Villé, comme dans bien d'autres vallées vosgiennes, et 60% des salariés travaillaient dans l'industrie textile. Et comme par hasard aujourd'hui, après de nombreuses crises, 60% des salariés travaillent hors de la vallée.

L'activité a disparu, les friches restent !

Les derniers 28 salariés de l'entreprise SATIG (qui avait remplacé les FTV) ont été licenciés avec effet du 31 mars 2002 ! Le directeur avait pris comme argument les évènements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis qui auraient entraîné une chute des ventes à l'exportation vers les Etats-Unis ! L'usine FTV devenait une friche, et en est encore une aujourd'hui ! Et personne n'a encore réussi à trouver une solution.

Où sont les responsabilités ?

Elles sont diverses. D'abord la société SATIG elle-même ! En effet, dès 2001, on sentait la catastrophe arriver. En tant que président de la commission Industrie, j'étais intervenu le 30 mai 2001 car une entreprise du nom de ZARKA était à la recherche de locaux et était prête à occuper la partie non occupée des locaux de FTV. Réponse de la direction : tout est occupé. On a vu la suite. Une entreprise de traitement de matières plastiques nous échappait, avec 20 créations d'emploi à la clé.

Mais l'histoire de la friche ne s'arrête pas là. Le 20 octobre 2003, la friche devient propriété d'une société "La Sélestadienne de Participations" dont l'actionnaire principal est Madame Alice Bigart (Sélestat), les autres actionnaires étant Mr. Philippe Baly (Schirmeck), Mr. Jean-Paul Jost (Lalaye), Mme Claude Preiss (Colmar). L'administrateur est Mr. Jacques Simon-Bigart (fils de Mme Alice Bigart). Cette société est spécialisée dans le rachat des friches industrielles et la gestion de biens immobiliers à travers toute l'Alsace, et souvent on parle de Jacques Simon-Bigart comme du "Bernard Tapie alsacien".

Les réactions des élus !

Toujours en tant que président de la commission Industrie de la municipalité, j'ai appelé à la visite de friches reconverties et à la rencontre d'élus ayant obtenu des résultats dans ce domaine. L'une des plus belles réussites que nous avons pu visiter a été à Fraize où la friche textile a laissé la place à une usine de fabrication de meubles. Le député-maire Claude Jacquot, vers lequel nous avait orienté le ministre de l'industrie Christian Pierret, a même expliqué dans le détail le processus administratif permettant la dépollution du site et la revente sans aucune casse financière pour la commune. Mais à Villé, des blocages divers sont intervenus.

 

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Une réunion secrète !

Tout d'abord, le gérant Jacques Simon-Bigart (je dis bien gérant et non propriétaire) fut reçu en septembre 2003 à la mairie de Villé par le maire André Frantz en présence de la commission Industrie. Celui-ci d'emblée demandait qu'il n'y ait pas de compte-rendu de cette réunion et que rien ne soit divulgué. Je ne me suis pas gêné malgré cela d'en informer le conseil municipal. Je vais dont résumer ici encore une fois le contenu de la réunion ku-klux-klanesque et des questions posées (et certaines le restent encore aujourd'hui) :

1) Mr. Jacques Simon-Bigart est-il propriétaire des FTV ?

Réponse évasive : la SA Sélestadienne de Participation a racheté des parts majoritaires de la SCI Filatures et Tissages de Villé. Elle comprend 20 actionnaires. Le processus est réalisé à 90 %. Silence sur les 10 % restants. En réalité, Mr. Jacques Simon-Bigart n'est même pas directeur-général, c'est sa mère. Bref, on ne peut pas dire que Mr. Simon-Bigart, qui reconnaît qu'il n'a pas d'argent, est propriétaire des FTV.

2) Que détient la SA Sélestadienne de Participation ?

Selon Simon-Bigart, elle possède les Filatures de Sélestat, les Meubles Bigart, EHALT Fegersheim, la Filature de Mulhouse, Menzer Sélestat, des sites à Paris et dans le Midi, le Pavillon Espagnol à Hanovre. Trois sites sont en réfection, dont la filature Florival à Guebwiller. 

3) Quels sont ses projets pour Villé ?

Mr. Simon-Bigart a en réalité deux projets : un projet de réfection industrielle  des anciennes F.T.V. et un projet hôtelier envisagé par un autre actionnaire que la SA Sélestadienne, dont Mr. Simon-Bigart refuse de donner le nom. Le projet industriel comprend : la remise en état des anciens locaux et location à des artisans par lots. Construction de bureaux. Quant au projet hôtelier, il est carrément pharaonique : un centre touristique "populaire au niveau du prix", 15 chambres "3 étoiles", 90 chambres (50 studios et 40 une pièce/cuisine. Construction d'une salle des fêtes et d'une maison pour le troisième âge, et un centre commercial (magasin de souvenirs, MacDonald, etc...). Une vraie gestion à l'américaine...

4) Qu'est-il demandé à la commune de Villé ?

- Achat d'un terrain (entre la caserne des pompiers et l'usine).

- Modification du P.O.S. pour la partie hôtelière.

- Déplacement du Giessen.

- Chemin à aménager entre les FTV et l'aire de loisirs de la Comcom.

- Aménagement d'un giratoire à l'entrée des FTV à la hauteur des routes de Breitenau et de Bassemberg.

Bref, un projet mort-né rien qu'à voir son énoncé.

Vers une solution plus réaliste !

L'affaire n'eut pas beaucoup de suites, si ce n'est l'exclusion de Jean-Louis Boehler de la commission Industrie de la Comcom ! Trop remuant paraît-il et faisant paraître ses idées sur son blog ? Ou petite vengeance personnelle pour avoir eu le culot de se présenter aux cantonales de 2004 ? Ou les deux ?

Jusqu'au jour où une opportunité se présenta et que j'ai exposée au conseil municipal du 25 avril 2006.

Extrait :

exclu

Le courage politique de Monsieur le Maire ne l'a pas autorisé à inscrire l'intégralité de mon intervention que voici :

"L'Etat et le Conseil Régional viennent de mettre en place les premières directives concernant le prochain Contrat de Plan Etat/Région (devenu maintenant le Contrat de Projet) pour la durée 2007 - 2013 ! Ce contrat sera finalisé dans le premier trimestre 2007, mais s'élabore dès maintenant ! Dans le Contrat de Plan 2000 - 2006, le Val de Villé a brillé par son absence, alors que la vallée voisine de Ste-Marie-aux-Mines obtenait son "parc minier". Les documents d'élaboration proposent : des actions d'accompagnement des mutations économiques dans les bassins d'activités lourdement affectés, des actions de rénovation urbaine et de développement dans les massifs de montagne. Comme en Lorraine, il est temps dans ce cadre d'obtenir de l'Etat et de la Région l'inscription de l'achat, de la dépollution de la friche des FTV (Filatures et Textiles de Villé) et de sa réaffectation ! Avec une prise en charge de 50 % par l'Etat et 50 % par la Région, qu'attendons-nous ? Et pourquoi n'interpellerions-nous pas les principaux acteurs du contrat de plan (Adrien Zeller et Philippe Richert) qui viennent à Villé le 13 mai prochain pour l'inauguration du sentier multiactivités ? Je demande au conseil municipal de donner son accord pour défendre ce dossier en commission de la communauté des communes."

Et aujourd'hui, plus que jamais, la friche FTV est à l'abandon ! Le maire et la comcom dont il est vice-président portent une large responsabilité dans cette affaire ! Le conseil municipal était unanime, mais le premier magistrat n'a pas répercuté l'avis des conseillers ! et ne s'est même pas penché sur l'inscription de la dépollution du site au contrat de projet Etat/Région 2014-2020.

 

ftvbreg

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Commentaires
C
Les informations sont pertinentes,en fait la conception et la réalisation d'un meuble demandent un grand savoir faire en la matière pour que ce soit une réussite
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C
faut faire comme à CHATEAUVILLAIN(52) sur l'emplacement des bottes "le chameau" mettre des entreprises , un centre socio culturel ou des locaux associatifs.
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T
Si mes souvenirs sont exacts, le soi-disant "pauvre" est surtout riche en procès perdus. Et son projet plus rocambolesque que pharaonique, c'est juste pour faire monter les enchères !
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G
Il est incompréhensible qu’un soit disant pauvre puisse a ce point garder cet emplacement de friche industrielle tout ceci pour essayer de vendre avec des plus valus conséquentes, le gouvernement de la vallée devrait pouvoir sévir et simplement acquérir cette usine pour en faire de quoi un attrait commercial, hôtelier, ou industrriel pour le val de villé; d'autre part, la maison de retraite EPHD aurait certainement été plus saine a cet endroit que là ou elle a été mise en zone inondable et a fleur d'eau, il n'y a qu'a voir lors de grande pluies la gadoue environnante.<br /> <br /> Incompréhensibilité, si un commun des mortels avait voulu construire a cet endroit, jamais le permis de construire lui aurait été accordé.
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C
Un autre rappel :<br /> <br /> En 2002, les salariés de SATIG se sont mis en grève ! Le seul conseiller municipal qui est allé à leur rencontre était JLB !<br /> <br /> Le maire, comme toujours, aux abonnés absents !<br /> <br /> Le 23 mars, il y en a encore qui s'en souviendront.
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