alsapan

Alors que chez OSRAM, la direction a laissé un choix très "démocratique" à ses salariés (une baisse de salaire ou la porte !), ce qui entre tout à fait dans la ligne de la promesse du président de la république lors de son élection : "Travailler plus pour gagner plus !", 108 licenciements d'employés qui ont fait le mauvais choix sont donc en vue. Mais le torchon brûle aussi à Dinsheim chez ALSAPAN où 58 "reclassements" et 44 licenciements sont prévus. La circonscription Molsheim-Villé est une habituée des patrons proposant des reclassements à l'étranger depuis quelques années, puisque on y a vu des propositions de travail à 150 €/mois en Roumanie et 300 €/mois en Tunisie ! Alsapan, outre des reclassements locaux, propose des postes dans des succursales locales, mais aussi en Russie ! Aussi ne faut-il pas s'étonner que les salariés, qui ne sont pas dupes, débrayent. A Dinsheim, il ne resterait que 17 ou 18 personnes, pas de quoi assurer une quelconque production, dans cette usine de meubles en kit qui est censée être un fournisseur attitré de But, Conforama, Atlas, et même Ikéa. On attend d'ailleurs les positions des élus (député, conseiller général, maires), mais là c'est le calme plat ! la désertion même ! Il faut noter heureusement que la position des responsables politiques n'est pas aussi laxiste partout, et notamment pas à La Courtine (Creuse) où Alsapan possède aussi une succursale qui envisage aussi 36 licenciements, et ceci malgré que les comptes de ALSAPAN soient loin d'être dans le rouge. Là le conseil municipal s'est réuni en session extraordinaire et a élaboré un tract distribué à toute la population :

Le 4 juin 2009, le Conseil Municipal de La Courtine et le Conseiller Général du Canton de La Courtine ont écrit et diffusé le tract suivant :

LaCourtineTous ensemble pour combattre le chômage sur notre territoire

"Entre l’amertume des uns et la colère des autres, La Courtine subit aujourd’hui de plein fouet les ravages de la crise économique. Après la restructuration du camp militaire et ses lourdes conséquences sur l’emploi et la dynamique économique, c’est Alsapan qui annonce 36 suppressions d’emplois, soit environ 130 postes civils et militaires sur le bassin de La Courtine devant être supprimés…

On parle de rationalisation, de délocalisation, de reconversion, autant de mots qui transforment cette « Terre d’avenir » en un paysage économique qui interroge la cohésion communautaire, la dimension industrielle de la ville. Ces bouleversements majeurs alimentent la peur du chômage et habitent les esprits dans un silence assourdissant, oppressant. Pire, ils instillent sournoisement la défiance alors qu’il faudrait renforcer la solidarité et la proximité, en déterminant tous ensemble la meilleure façon d’être présents sur le terrain afin de préparer l’avenir pour sauvegarder les emplois.

De multiples questions reviennent inlassablement en boucle dans nos conversations, sur l’écran noir de nos nuits blanches, toute la journée comme :

  1. quelles seront les conséquences du chômage sur mon propre univers ?

  2. devrai-je quitter la région, mes racines ?

  3. aurai-je la possibilité de retrouver du travail ici ou ailleurs et ma famille dans ce cas pourra-t-elle suivre ?

  4. y aura-t-il un risque de dévitalisation économique ?

  5. y aura-t-il une solidarité entre nous ?

  6. la détresse économique que les habitants subissent, avec ses incidences sur l’épargne personnelle, sur les changements d’habitude de consommation, quels impacts entraîneront-ils sur le commerce local ?

  7. quelle incidence aura la diminution des revenus fiscaux sur la gestion municipale ? sur la gestion de l’intercommunalité ?

  8. les infrastructures locales seront-elles également touchées, délabrées ?

  9. le lien social pourrait-il être modifié fondamentalement face à ces ruptures ?

Alors que les évènements présents paraissaient déboucher sur aucune forme de mobilisation communautaire ou d’action collective locale pour sauver les emplois ou pour relancer le développement économique sur de nouvelles bases, les employés, les élus ont décidé de se prendre en main Vendredi 29 Mai à la salle polyvalente lors de la réunion d’information qui était organisée par les représentants syndicaux d’Alsapan.

Comment ?

  • En se mobilisant tous ensemble le Lundi 8 et le Mercredi 10 Juin à partir de 13h 30,

  • En apportant notre soutien aux salariés qui seront en grève, pour défendre tous les emplois, pour se battre afin que notre territoire reste vivant, pour refuser les licenciements abusifs de Plan Sauvetage à l’Emploi (PSE) proposé par l’entreprise Alsapan.

Afin d’organiser cette mobilisation générale et y adjoindre d’autres formes de soutien, nous vous proposons de venir nous rejoindre Vendredi 5 Juin 2009 à partir de 18h, à la salle polyvalente de La Courtine pour définir et décider des actions à mettre en place.

Le Conseil Municipal de La Courtine
Le Conseiller Général du Canton de La Courtine"

AUX DERNIERES NOUVELLES, ALSAPAN-LA COURTINE AURAIT RENONCE AUX LICENCIEMENTS ... (journal "Le Populaire" du 12/6 - article : "sortie de crise").

YES, WE CAN !

* Dernière minute : encore un conflit social dans la circonscription : Freihof à Wangen.