Des millions protestent contre Sarkozy

12850168_p_349_261Voici la journée du 19 mars vue à travers le journal allemand "Berliner Zeitung" : Ce sont les manifestations et les grèves les plus importantes auxquelles le président Nicolas Sarkozy a été confronté depuis le début de son mandat. Selon la police, 1,2 millions de personnes ont participé à environ 220 manifestations à travers tout le pays. Les syndicats parlent de 3 millions de manifestants. En plus de la fonction publique, de nombreuses grèves ont été observées dans le privé, notamment dans les industries de l'automobile, de l'énergie et de l'électro-ménager. "Cette journée de protestation est une réussite, a déclaré le responsable de la CFDT François Chérèque, maintenant le gouvernement doit négocier. Le silence n'est pas une réponse." Le premier ministre François Fillon a renoncé à son voyage à Bruxelles pour l'ouverture du sommet européen. Il réaffirme qu'il n'est pas question pour le gouvernement de creuser davantage le déficit de l'Etat (il avait déjà concédé 26 milliards supplémentaires aux syndicats après la journée du 29 janvier, pour des mesures sociales. Le DGB (Deutsche Gewerschaftsbund) soutient la lutte des huit syndicats français. "Des signes forts pour encourager la croissance et l'activité, la formation, l'environnement et la justice sociale ont été donnés" a écrit le responsable du DGB Michael Sommer à ses collègues français. Les syndicats européens n'accepteront pas que les salariés paient le prix de la crise provoquée par des pratiques irresponsables d'autres. (...) La direction du MEDEF a condamné la grève qu'elle trouve démagogique et qui coûte cher. Le responsable de la CGT a répondu en traitant le MEDEF de rétrograde. Les syndicats enseignants prévoient de nouvelles grèves pour fin mars et avril. En conclusion, depuis la dernière journée de protestation du 29 janvier, l'ambiance sociale s'est considérablement dégradée en France. La raison en est la montée à la vitesse grand V du nombre de chômeurs et les annonces de gains et de dividendes énormes pris par certains acteurs économiques sur les bénéfices de 2008. Les grèves et manifestations qui ont duré de longues semaines dans l'outremer ont aussi contribué à "chauffer l'atmosphère". Et pendant ce temps, le gouvernement français s'est limité à un engagement auprès de ses partenaires européens à ne pas laisser filer le déficit. Selon : DPA (Deutsche Presse Agentur)