Différences : le blog de Jean-Louis BOEHLER

Villé (67220)

samedi 3 février 2007

Le découpage Molsheim-Villé : fossile d'une manoeuvre politicienne

0aLes élections législatives approchent, et suivront au mois de juin les présidentielles. Une fois de plus, le val de Villé va voter contre nature dans une circonscription qui ne le concerne guère ! Sa vie administrative, économique et politique est entièrement tournée vers le Centre-Alsace et Sélestat. Et pourtant cela fait un demi-siècle que cela dure, que la population demande son rattachement à Sélestat, que certains élus même le promettent ! Rien n'y fait ! Il faut dire que cette situation découle d'une basse manoeuvre politicienne du début de la 5ème République (1958) qui avait pour but, théoriquement de rééquilibrer deux circonscriptions voisines, et pratiquement de sauver le siège du député-maire MRP de Molsheim Henri Meck ! Alors on a transformé la circonscription Molsheim - Obernai en circonscription Molsheim - Villé !

Qui est Henri Meck ?

Henri Meck (1897 - 1966) est élu député pour la première fois au titre de  l'aile autonomiste EVP (Europäische Volkspartei) de l'UPR (Union Populaire 000Républicaine) le 28 avril 1928 avec 62 % des voix en battant le radical-socialiste Naegelen, après avoir signé dès 1926 le "manifeste du Heimatbund". Il s'est ensuite surtout mis en évidence au début de la guerre de 1939/45 en votant les pleins pouvoirs à Pétain. Après la guerre, il se "refait" une virginité politique en créant le Parti Catholique Alsacien et en rejoignant les rangs du MRP. Il reste cependant un adversaire farouche du frère Médard, qu'il traite régulièrement de "Savonarole du Stephansplatz". Le 22 novembre 1959, il accueille dans sa mairie le général De Gaulle qui visite l'Alsace et  tient des meetings en plein air après son retour au pouvoir. 6000 personnes l'attendent à Molsheim. Même les écoles sont fermées, et les élèves agitent sur son passage des drapeaux bleu-blanc-rouge garnis de la croix de Lorraine. Le député-maire Meck  se doit bien de remercier celui qui avait sauvé son siège à l'Assemblée Nationale au prix du découpage que l'on sait au grand dam de certains gaullistes locaux ! Il meurt en 1966 à Strasbourg pendant l'exercice de son mandat."Son" découpage perdure.

Posté par jl boehler à 20:24 - POLITIQUE - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires

Tiens, tiens

Tiens, tiens ! je croyais qu'il n'y avait que le député actuel qui avait suivi un itinéraire tortueux. Je vois qu'il en était déjà de même autrefois !
Quant au rattachement du Val de Villé à Molsheim, JLB, tu fais très bien de le soulever ! car dans la situation actuelle, nous sommes orphelins d'un élu national.

Posté par Pied-de-Biche, samedi 3 février 2007 à 20:59

Débat participatif

Cette question des découpages de 1958 devrait être soulevée et interpeler Ségolène Royal. Ils sont dépassés :
1) Les circonscriptions sont disproportionnées au niveau de la population qu'elles représentent.
2) La notion de rassembler dans une même circonscription une partie rurale et une partie urbaine est dépassée.
3) Alors les magouilles en plus...

Posté par Bruno, samedi 3 février 2007 à 22:43

Et aujourdhui ?

Y aurait-il moins de magouilles aujourdhui si on revoyait les découpages ? Pour une rectification en un lieu donné, ne risque-t-on pas d'en créer d'autres en des lieux différents ?

Posté par Jean-Marc, dimanche 4 février 2007 à 19:28

La magouille, c'est pas une politique

A Jean-Marc :
magouiller, c'est pas une politique.
La politique c'est défendre l'intérêt général, la magouille c'est détourner de l'intérêt général vers des intérêts particuliers.
Rattacher Villé et le Val de Villé à la circonscription va dans le sens de l'intérêt général, il faudrait donc le faire...et même de façon urgente.
Devons-nous rester éternellement les victimes d'une sale magouille de la part de quelqu'un qui voulait garder son pouvoir, alors qu'il sentait que la population ne voulait peut-être plus de lui ?

Posté par Schilles, lundi 5 février 2007 à 12:30

Incomplet

Il faudrait aussi dire ce que Meck a fait de bien : la loi Meck a maintenu le régime local de Sécurité Sociale. Je crois que cela mérite d'être relever.

Posté par Rudy, lundi 5 février 2007 à 22:14

Marcel Edmond Naegelelen n'était pas radical-socialiste, mais déjà SFIO. Né à Belfort en 1892, professeur de lettres à l'Ecole Normale de Strasbourg, il devient après-guerre ministre de l'Education Nationale, gouverneur de l'Algérie, puis résident général du Maroc. Il finit Algérie Française.
Meck a été le premier député à avoir voté les pleins pouvoirs à Pétain à retrouver ses droit civiques. En tant qu'Alsacien. Car l'Alsacien est innocent devant l'histoire. Il faut dire quand même que les Allemands avaient expulsé Meck vers la France parce qu'il avait refusé de démissionner de son mandat.

Posté par jean-pierre, mardi 13 février 2007 à 09:33

Merci à Jean-Pierre

Merci à Jean-Pierre pour les informations complémentaires concernant M-E Naegelen. Il avait été élu effectivement au conseil municipal de Strasbourg sur la liste de Jacques Peirotes, composée de radicaux et de socialistes.
Quant à Meck, je n'ai pas d'élément qui me permette de dire s'il a été expulsé ou s'il a quitté volontairement l'Alsace pour aller dans la "zone libre".

Posté par JL BOEHLER, mardi 13 février 2007 à 10:55

Autre complément

En 1942, les élus alsaciens furent conviés à Vichy pour voter l'incorporation de force des Alsaciens. Naegelen refusa de s'y rendre, selon Meck. Mais que fit ce dernier ? J'aimerais bien trouver des éléments si quelqu'un en possède.

Posté par JL BOEHLER, mardi 13 février 2007 à 11:09

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